L’ ACTUALITÉ DES AUTEURS…N° 1 (JUILLET 2016)

vu du Bourbonnais

contacts: allier-infos@sfr.fr

L’actualité des auteurs, leurs publications récentes ou leurs projets, accompagnés d’une revue de presse des articles qui leur ont été consacrés dans les médias régionaux ou nationaux…

 Valery Larbaud…Allen et Espérance réédités

Après les rééditions des Visites aux paysans du Centre de Daniel Halévy, du  Grand Meaulnes d’Alain-Fournier et de Pêcheur d’Islande de Pierre Loti,  Patrice Rötig et les éditions Bleu Autour ont récidivé avec la publication dans la collection Classiques Bleu Autour  de Allen, suivi de Espérance, deux oeuvres maîtresses de Valery Larbaud.

Valery Larbaud◘ Parue initialement en 1927, cette œuvre emblématique de Larbaud est rééditée avec des bois de Paul Devaux, une préface de Christian Giudicelli et des commentaires.  Espérance est constitué d’une suite que Larbaud avait préparée avant que la maladie ne l’entrave. Le texte est rehaussé de nombreuses aquarelles et gravures, pour partie inédites, de Paul Devaux. Contient également: Marie-Paule Caire-Jabinet : Introduction et « Une vie pour la littérature »Fabienne Pouradier-Duteil : « Histoire du livre, »,  « Les résidences bourbonnaises de Valery Larbaud » et « Paul Devaux, un illustrateur vichyssois », « Valery. Larbaud bibliothécaire » – François Colcombet : « Allen : du gaga forézien à la Marseillaise – « Cerfs ailés et autres merveilles » ; « Somnole-sur-Lente » ; « Morand, Larbaud,la vitesse,la lenteur ». Postface. – Emmanuel Pollaud-Dulian : « Le parfum des fleurs séchées, ou Valery Larbaud illustré » – Olivier Belin : « Valery Larbaud ou la bibliothèque à l’œuvre ». – Sylvain Venayre : « Modernité du pays natal ». – Didier Arrachat : « L’automobile, belle comme une pensée ». (1 volume broché, 318 p, ill., éd. Bleu Autour, 28 €)

À propos de cette réédition d’Allen…Selon Joël Cornuault  « Larbaud eût aimé cette édition, augmentée comme elle l’est par Espérance, un projet mené en collaboration avec son ami le graveur Paul Devaux. Ce n’est pas la seule bonne surprise de cette édition qui comporte, outre de nombreuses gravures rares de Devaux, des études fouillées autour de Larbaud et de son Bourbonnais intérieur : Allen. » .

alain_fournier Alain-Fournier …Ses plus belles lettres publiées

Autre auteur à l’honneur, Alain-Fournier, avec la publication de Les plus belles lettres d’Alain-Fournier : à l’ombre du Grand Meaulnes,choisies et présentées par Jean Pierre Guéno. (éditions Le Passeur, 2016.  172 p., 11,90 €). Alain-Fournier n’avait que 27 ans lorsqu’il fut fauché par la guerre. Trois femmes se sont succédé dans sa courte vie : Yvonne, Jeanne et Pauline. Un chapitre du Grand Meaulnes, supprimé de la version finale du roman, dessine les contours de la vie sentimentale de l’écrivain.

 Alexandre Vialatte…Archives préservées

Pierre Vialatte, fils de l’écrivain, a décidé de céder gracieusement les archives de son père à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, à charge pour elle de les conserver, évitant ainsi leur dispersion. L’ensemble Alexandre Vialattecompte 120 boîtes d’archives. On y trouve presque tous les manuscrits de Vialatte, ses chroniques pour la presse, dont celles de La Montagne,ainsi que des photos et des archives audiovisuelles d’émissions de radio et de télévision. Le « trésor » renferme également son journal intime qui court des années  1920 à 1945. Y figurent aussi  sa correspondance avec Jean Paulhan ou Jean Dubuffet, ainsi que ses échanges avec Ferny Besson. Une soirée – lecture a été organisée à La Sorbonne, le 12 mai, à l’occasion de la réception officielle des archives. L’écrivain Pierre Jourde en était le maître de cérémonie.

temoignage-d-un-baby-boomer-des-combrailles Henri Alexis Sol, de son vrai nom Roland Perrin, né à Servant, a vécu toute son enfance dans cette petite commune aux confins du Puy-de-Dôme et de l’Allier. Dans Témoignage d’un « baby-boomer » des Combrailles roman (Edilivre, 2016, 206 p., 20,50€), il  fait revivre les évènements survenus dans la vie des baby-boomers pendant leur jeunesse, avec un éclairage marqué par l’éloignement, les bouleversements de l’époque atteignant les Combrailles avec du retard. Un nouvel ouvrage devrait paraître fin août : il sera consacré  à l’entreprise montluçonnaise Landis+Gyr, où Henri Alexis Sol est entré en 1970 et  a travaillé pendant une quarantaine d’années. Le récit sera étayé de nombreuses photographies et d’explications techniques.

Élise Humbert, ex – enseignante née en 1947,  est l’auteure d’un livre qui retrace l’histoire du sanctuaire marial du Puy-en-Velay : Notre-Dame du Puy, histoire et fioretti (Ed. de Chiré, 2016, 240 p., 20 €). L’ouvrage est préfacé par le R. P. Jean-Jacques Marziac.

►Les actes des 8ème  Rencontres de Chaminadour, qui avaient eu lieu à Guéret en 2013, viennent d’être publiés par les Éditions du Seuil (313 p., 22 €). Ils  concernent l’écrivain Patrick Deville, né en 1957.

James Joyce et le Bourbonnais

L’édition 2016 du  Jour d’Ulysse  a eu lieu à Saint-Gérand-le-Puy, le 18 juin. Le programme concocté par l’association James Joyce à Saint-Gérand-le-Puy  débutait dès  9 h, avec un petit déjeuner irlandais, pour s’achever à   18 h 30, avec un vin d’honneur offert par la municipalité,  au musée James Joyce. A l’affiche figuraient notamment  une animation musicaleJames Joyce par les J.J. Minstrels et la chorale des Musikeurs,  un spectacle donné par la compagnie Gang Mouraï, ainsi qu’un débat sur le monologue de Molly.  Alain Daudier  a donné une conférence  sur Finnegans Wake, roman de Joyce réputé « illisible » Au final, une journée qui a été une belle réussite, avec un mélange de littérature, de gastronomie et musique irlandaises, de spectacle et de  balade sur les pas de l’écrivain dans le village (http:// jamesjoyce-a-saintgerandlepuy.com).

◘  Dans le magazine  Lire (juin 2016, p. 98-101), l’écrivain irlandais est l’objet d’un article de  Jean Montenot : « James Joyce, plus souvent révéré que lu et réputé « difficile » : l’Irlandais solitaire a subverti toutes les formes traditionnelles de l’écriture romanesque ». Jean Montenot en conclut que  « Lire Joyce est une aventure dont on ne sort pas indemne : il n’a rien fait, bien au contraire, pour cela ».

« L’odyssée d’Ulysses »...A propos de Joyce, Josyane Savigneau écrit dans M le magazine du Monde (16 juillet) : « Avant de connaître la consécration, certaines oeuvres ont été mal reçues, voire vilipendées. En 1921, jugé obscène, “Ulysses” de James Joyce est interdit de publication. Le roman finit par paraître en 1934, suscitant une vive controverse parmi les critiques ». L’article rappelle le combat menée par Sylvia Beach, une Américaine vivant à Paris où elle était  libraire et éditrice, et par Adrienne Monnier qui dirigeait alors la Maison des amis des livres.  Sylvia Beach a réussi à faire publier Ulysses en anglais  dès 1922. Quelques mois plus tôt, Valery Larbaud qui avait eu connaissance du projet,  avait écrit à Jacques Rivière, directeur de la Nouvelle Revue Française : «  Il y a dans la littérature anglaise nouvelle un seul grand écrivain : James Joyce. Une fois “Ulysses” publié (cet hiver), Joyce sera  l’écrivain le plus célèbre, le plus scandaleusement célèbre du monde (…). Une belle occasion perdue pour la NRF, » déplore Larbaud. C’est finalement Adrienne Monnier qui publiera en 1929 Ulysse, à la maison des amis du livre, au terme de huit années de lutte. Pour la traduction, elle a fait appel à Auguste Morel, assisté par Stuart Gilbert qui s’attèlent à la tâche dès 1924. Cette traduction sera révisée par Valéry Larbaud et par James Joyce en personne. En 1937, Gallimard publiera une nouvelle édition d’Ulysse, dans cette même traduction. Il faudra ensuite attendre  70 ans pour qu’une nouvelle traduction, confiée  à huit traducteurs, sous la direction de Jacques Aubert, soit publiée.

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Josyane Savigneau

◘ Dans son article, Josyane Savigneau rappelle que si Adrienne Monnier « avouait ne rien comprendre à ce te xte, (elle) a combattu pour qu’il existe ». Rares ont été ceux qui « ont défendu Joyce sans aucune arrière pensée et sans revirement ». Selon Pierre Guglielmina,éditeur et traducteur, « outre ses traducteurs et Valery Larbaud, (ils) ne sont même pas dix ». Parmi eux, il cite  Philippe Soupault Marcel Brion, Samuel Becket ou Eugène Jolas. Finalement, Joyce et son Ulysse sont-il vraiment « illisibles » ? En rendant compte de la publication de la nouvelle traduction en 2004, Philippe Sollers écrivait dans Le Monde : « “Joyce a voulu dérégler le langage”, entend-on. Mais pas du tout : il a voulu, au contraire, le régler autrement, à la mesure d’un monde en plein dérèglement (et ça continue de plus belle) ». 94 ans après la publication du livre par Sylvia Beach et 75 ans après la mort de Joyce, «que  le combat continue », souhaite Josyane Savigneau.

►Sous le titre  Le journaliste syrien Omar Youssef Souleimane dans l’Allier : « Écrire, c’est continuer la révolution », La Montagne du (18/06) a publié un entretien avec ce poète. Né en 1987, il est l’auteur de  La mort ne séduit pas les ivrognes,  traduit de l’arabe par Lionel Donnadieu (Éditions de l’ Oreille du loup, 2014, 99 p., 10 €).

Ginette Briant et Adrienne Dauprat : deux romancières vichyssoises… mais dans des genres différents…

◘ Avec Suspicion (Creuzier-le-Vieux : édité par l’auteure – 301 p. – 20€), Ginette Briant vient d’ajouter un nouveau titre à une bibliographie déjà particulièrement fournie. C’est un  « suspense romantique, que le cadre grandiose des paysages écossais intensifie encore ».  Le Figaro littéraire écrivait à propos de cette romancière, confirmée depuis longtemps  : « Ginette Briant excelle à jeter ses lecteurs des tumultes de l’amour aux tisons de la jalousie ou au glaciers de l’abandon, au risque de leur rompre le cœur ». Ginette BriantGinette Briant  est auteur d’une soixantaine  de romans publiés notamment aux Presses de la Cité et son œuvre est régulièrement primée par la Société des Gens de Lettres. Plusieurs de ses titres ont fait l’objet de publication sous forme de feuilletons dans la presse régionale, y compris dans les colonnes de La Montagne.  C’est en 1961 que son tout premier roman, Il me suffit d’un été a été publié. Depuis, elle a enchaîné les titres, exploitant d’abord la veine  des romans sentimentaux avant de privilégier les romans policiers en puisant, entre autre, son inspiration dans la littérature anglaise. :

dscn3336◘ De son côté, Adrienne Dauprat, a publié Fin? Nouvelles. (Saint-Denis : Edilivre, 2015. – 238 p., 18, 50 €). Montaigne disait : « Tous les jours mènent à la mort, le dernier y arrive » ; certes, mais où, quand, comment?  C’est ce que se proposent de raconter ces nouvelles qui abordent ces questions sous différents angles, de l’intimisme au fantastique.  Rien ne prédisposait l’auteure, scientifique de formation, à se lancer dans l’écriture et pourtant… après deux années studieuses en atelier d’écriture, elle s’est attelée à la rédaction de ce recueil surprenant. Le sujet, le style, l’écriture exigeante, tout concourt à penser qu’une auteure est née », lit-on sur la quatrième de couverture. Une photo de la galerie couverte du parc des sources à Vichy orne la couverture.

Charles-Louis Philippe, un écrivain à (re)découvrir.

◘ Depuis 1937, le musée Charles-Louis Philippe (1874-1909) hébergé dans sa maison natale, à Cérilly,   entretient la mémoire de l’auteur de Bubu de Montparnasse, prématurément disparu, à l’âge de  35 ans. Avec son mobilier d’origine, l’atelier de sabotier de son père, ou les objets de la vie quotidienne de Philippe, il permet aux visiteurs de s’immerger dans son univers de jeunesse. Le rez-de-chaussée s’attache essentiellement à l’enfance de l’écrivain, tandis que l’étage est centré sur sa vie parisienne. Ouvert tous les jours en juillet et août, de 15 à 18 h 00, il draine chaque été  plus de 200 visiteurs (Contact: 04 70 67 52 00). 

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◘ Entre 12 et 17 ans, Philippe fut élève boursier au lycée de Montluçon où il décrocha le bac, avant de terminer ses études à Moulins. Il comptait  préparer le concours d’entrée à Polytechnique mais sa petite taille (il mesurait 1,53 m) et et une enfance maladive devaient lui en fermer les portes. Mais c’est  aussi un niveau jugé insuffisant en mathématique qui contraria ses projets. Suite à cet échec, il devint employé de la mairie de Paris. Les divers postes qu’il occupa alors  lui assurèrent un traitement, certes modeste, mais lui permettant de subvenir à ses besoins. Tout en s’adonnant à l’écriture de ses romans et en donnant des  articles à divers journaux et revues. A son décès, dans son domicile de l’île Saint-Louis, le 21 décembre 1909, des suites  d’une fièvre thyphoïde compliquée d’une méningite et d’une syphilis contractée avec la fréquentation des « maisons closes« ,  il avait déjà publié 7 romans, parmi lesquels: La mère et l’enfant (1900), Bubu de Montparanasse (1901), Le père Perdrix (1902), Marie Donadieu (1904 et Croquignole (1906). Plusieurs œuvres inédites et des correspondances ont été publiées après sa mort, dont Dans la petite ville (1910),  les Contes du matin (1916), ainsi que Charles Blanchard (1913), son ultime livre resté inachevé.

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La maison natale de Charles-Louis Philippe à Cérilly, devenue musée

◘ Charles-Louis Philippe a fait l’objet de plusieurs biographies. Après Charles-Louis Philippe, Souvenirs et impressions de Georges Bodard (Les Cahiers du centre, 1935), et Charles-Louis Philippe mon ami d’Émile Guillaumin  (Grasset 1942), la biographie la plus récente, sortie en avril 2011,  est celle de Bruno Vercier, La mauvaise fortune, Charles-Louis Philippe (Gallimard, 240 p, collection L’un et l’autre): « On y suit la courte vie  de Philippe et les étapes de sa brève carrière. Ses premiers livres publiés à compte d’auteur, puis Bubu et ses rencontres dans le tout Paris intellectuel, dont celle déterminante, avec André Gide qui le fait publier dans la NRF, dès le tout premier numéro, puis chez Gallimard et le soutiendra toujours« . Le même Gide lui dédiera un numéro spécial d’hommage de la  NRF, dès 1910 et c’est lui qui fera republier La mère et l’enfant chez Gallimard, dans la version longue qu’aurait souhaitée l’écrivain bourbonnais,  avant Charles Blanchard en 1913, le roman inachevé sur son père.

◘ En 1985, à l’initiative des Amis du théâtre populaire de Montluçon, les éditions moulinoises Ipomée ont publié  la première édition complète de ses œuvres, en 4 volumes reliés et illustrés par Jacky Poinson. Rappelons que depuis 1935, il existe une association des Amis de Charles-Louis Philippe, créée à l’instigation de Henri Buriot-Darsiles.

Son tout premier président fut Émile Guillaumin. Elle publie  un bulletin annuel dont la rédaction est assurée par l’universitaire David Roe. Il est composé de documents divers – textes, lettres, articles de fond, recensement de publications concernant le romancier , ses amis, ses relations, tous impliqués dans l’effervescence littéraire parisienne des années 1900. Y figurent aussi la vie de l’association, une chronique bibliographique…L’association est présidée actuellement  par Jean-Louis Aurat (contacts: aurat.jean-louis@wanadoo.fr).

 Claude Ferrieux: de “Bourbonnais se déchaîne” à “Michelle”…

AVT_Claude-Ferrieux_2077Originaire de Varennes-sur-Allier, Claude Ferrieux est, à l’image de Jean Anglade, un  ancien professeur agrégé d’italien, qui verse dans le roman. Il avait ainsi publié en 2015  Bourbonnais se déchaîne : meurtre et blanchiment en Berry et dans l’Allier (Ed. du Petit Pavé, 129 p., 14 €). Son nouveau livre Michelle raconte la vie d’une femme en mai 1968 avec pour cadre l’Auvergne et le Bourbonnais principalement. Outre l’évolution des mœurs, ce livre aborde les changements de société et les bouleversement techniques, notamment dans le domaine agricole.

« Albert Bonneau [1898-1967] infatigable voyageur »…

C’est le thème de l’exposition réalisée par l’association LACME que préside Joël Talon. Préparée en collaboration avec l’association des Amis d’Albert Bonneau et  avec l’appui d’Odile Bonneau, fille de l’écrivain, elle est visible à Moulins du 7 juillet au 26 août 2016. Une occasion de  (re)découvrir un écrivain particulièrement prolifique mais tombé dans l’oubli. Né en 1898, à Moulins, Albert Bonneau a à son actif pas moins de 500 titres, entre Nicolas la tempête, son tout premier roman, et Albert Bonneau Catamount chez les Mormons, son ultime livre. Il faudrait y ajouter une quinzaine de manuscrits qui ont été détruits lors de l’inondation de sa résidence de Chambon-sur-Voueize. Roman policiers, romans sentimentaux, science-fiction,  western ou littérature de cape et d’épée, en passant par la bande dessinée, Albert Bonneau a tâté de tous les genres romanesques. Outre les titres publiés sous son nom, il a aussi utilisé divers pseudonymes comme Maurice de Moulins, Jean Voussac, Jacques Chambon, Maurice de Champagne,  capitaine Francoeur ou Lucien Farnay. Bien qu’il n’ait guère franchi les limites du Bourbonnais, Albert Bonneau, qui était passionné d’histoire et de géographie, a pu écrire des romans aux titres évocateurs, qui ont fait l’objet de traductions dans divers pays : À la poursuite de la mort, la Maison du cauchemar, la Diligence fatale ou encore la Revanche du Boucanier. C’est ce qui avait amené les organisateurs d’une exposition qui lui avait été dédié en 1998 à Moulins, à l’intituler « Albert Bonneau, le voyageur immobile ».

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Nanti d’un baccalauréat décroché en 1917, il avait été critique  littéraire et cinématographique à Comœdia et à Cinémagazine dans les années 1920. C’est en 1923 qu’il a publié  Nicolas la tempête, frère de la côte, son tout premier roman. Après le Petit Riquet, personnage récurrent dans la presse enfantine, il a  lancé la série des Catamount, romans d’aventures se déroulant au far west, qui alignera une cinquantaine de titres. Catamount,Catamount « l’homme aux yeux clairs » est un ancien hors la loi repenti qui se mue en « défenseur de la veuve et de l’orphelin ». Il connaîtra une grande popularité auprès du public adolescent des années 1920-1950.  S’y ajoutent la quarantaine de titres de la série des Aventures au far west. Maurice Sarazin, qui lui a consacré une notice biographique dans Les Bourbonnais célèbres et remarquables (Tome II – Moulins) note qu’Albert Bonneau totalise 582 notices bibliographiques sur le site de la Bibliothèque nationale de France. La plupart de ses livres ont été publiés par les éditions Tallandier, en même temps qu’un autre auteur lui aussi très prolifique, un certain… Georges Simenon. D’autres grands éditeurs nationaux, tels que Fernand Nathan,  la Renaissance du livre ou Ferenczy l’ont également compté parmi leurs auteurs.   Maurice Malleret dans son  Encyclopédie des auteurs du pays montluçonnais signale que deux de ses romans ont pour cadre Chambon-sur-Voueize. Il s’agit de  Ma chère petite ville et Le puy des auberges, publiés en 1938.  Après avoir connu une grande popularité, l’écrivain et ses romans « un peu surannés » sont tombés dans l’oubli, même si quelques-uns de ses titres ont pu faire l’objet de rééditions récentes. Albert Bonneau est décédé à Chambon-sur-Voueize  en 1967, dans la maison de ses grands-parents où il s’était établi en 1937. L’exposition, avec une présentation de ses livres, ainsi que des manuscrits, photos et coupures de presse, est une belle occasion pour le redécouvrir.

Louis Neillot
Louis NEILLOT, Autoportrait.

Colette Manigand-Neillot, fille du peintre Louis Neillot (1898-1973), est décédée à l’âge de 89 ans. Ses obsèques ont eu lieu en l’église de Saint-Pourçain-sur-Sioule suivies de l’inhumation au cimetière de Saulcet. Avec Juliette Constant-Neillot, elle était la co-auteure  du Catalogue raisonné de l’œuvre du peintre Louis Neillot (1898-1973) (Paris, imprimerie Mussot, 1997, 184 p.).

►L’association  Les cheminements littéraires en Bourbonnais vise à  mettre en réseau  ceux qui souhaitent exalter le souvenir d’un écrivain attaché au Bourbonnais. Du 18 juin au  16 octobre, elle a programmé des manifestations consacrées à James Joyce, Albert Bonneau,  Charles-Louis Philippe, Philippe Valette, Émile Guillaumin et Jeanne Cressanges.

► Avec L’affaire des Pions : la Montagne bourbonnaise sous l’Ancien régime (Vichy : imprimerie Espace Repro, 2016. – 201 p), Michèle Sternberg retrace sous forme romancée l’histoire de Marie Barsaud, condamnée pour homicide, enlevée par les membres de son clan. Elle relate ensuite, les conséquences de cette affaire (1764-1765): les acteurs du drame, leur procès, leur emprisonnement  à Moulins, puis à la Conciergerie à Paris, jusqu’à l’envoi au  bagne de Brest pour l’un d’eux  et la pendaison pour trois autres, place des Lices à Moulins.

► L’exposition « Les fleurs de la gloire, pour les fondateurs de la Visitation », au Musée de la Visitation, à Moulins, est visible du 9 mai au 24 décembre 2016. Le Musée a publié à cette occasion un ouvrage rédigé par David Marguin, gestionnaire du patrimoine, Gérard Picaud, administrateur des collections du musée, et Jean Foisselon,vice-président du musée :  Aux sources de la Visitation : François de Salles et Jeanne de Chantal. (Paris, éditions Somogy, 2016, 207 p., ill. en coul. – 35 €).   François de Salles (1567-1622), évêque de Genève,  directeur de conscience de Jeanne de Chantal (1572-1641), fonda avec celle-ci l’ordre de la Visitation Sainte-Marie en 1610. Cette exposition fait partager le quotidien de ces deux personnalités, avec aussi des objets de la vie courante, vêtements liturgiques,reliquaires, œuvres d ‘art exécutées en l’honneur des deux saints.

 Henri Ponchon revisite la biographie de Coco Chanel

De Coco Chanel, on croyait tout savoir…Ce n’est pourtant pas l’avis d’Henri Ponchon qui « perturbe les certitudes des guides touristiques ». Pour ce faire, il propose de revisiter sa biographie avec L’enfance de Chanel : enquête et découvertes (éditions Bleu autour, collection d’Un lieu, l’autre, 208 p. illustrations, 16€). L’ouvrage est préfacé par Jean Lebrun, auteur de Notre Chanel, prix Goncourt 2014 de la biographie .

05_ax022051_medium◘ Né en 1940 à Augerolles (Puy-de-Dôme), Henri Ponchon est un ancien ingénieur EDF, qui s’est livré à des recherches approfondies dans les archives, dans le cadre de recherches généalogiques entamées il y a quarante ans.  Il en a retiré des informations qui  amènent à « oublier » le séjour de Gabrielle à Aubazine et  l’histoire de Coco Chanel chantant à La Rotonde, à Moulins, puis donneuse d’eau à Vichy : « Le long chapitre qu’Edmonde Charles-Roux – dans L’Irrégulière – consacre à Moulins puis à Vichy manque de dates crédibles et de sources identifiées ». Mais Henri Ponchon a découvert que Gabrielle Chanel, à 13 ans,  avait été bonne d’enfant et domestique à Thiers chez ses tantes, de 1896 à 1900, et il insiste sur l’importance de ce séjour de Gabrielle dans cette ville. « Les 3 ou 4 années qui séparent le séjour de Gabrielle chez les tantes de Thiers et la rencontre à Vichy de Coco avec Balsan resteront sans doute pour toujours un mystère ». C’est la principale révélation de ce livre, qui fournit aussi nombre de renseignements précis sur la famille de Coco Chanel, dont plusieurs membres vécurent dans l’Allier. Sous le titre « Henri Ponchon bouscule la légende de l’enfance de Coco forgée par ses biographes », un entretien avec l’auteur a été publié par  Centre France, dans son édition du 12  juin 2016.

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Henri Ponchon

Comment expliquer que la plupart des biographes de Coco Chanel aient repris sans sourciller la thèse de sa présence à l’orphelinat d’Aubazine, où elle serait arrivée en 1895, après la mort de sa mère ? Pour Henri Ponchon, ses différents biographes  « Paul Morand, Louise de Vilmorin, Pierre Galante ont surtout reproduit la parole de Coco Chanel. Sans croire toujours à ce qu’elle racontait ». Mais c’est surtout avec la romancière Edmonde Charles-Roux que « l’on a commencé à interpréter la parole de Coco et à créer une légende. Toutes les biographies des années 1980, y compris les films, ont ensuite repris ces histoires ».

Jean Duclairoir... Dans son album de bandes dessinées Moulins avant. (Yzeure : LACME, 2016. – 62 p. ill., 15 €), l’ancien professeur de dessin guide les lecteurs à travers les siècles pour parler de Moulins depuis  ses origines jusqu’à la création du CNCS.

moulinetDaniel Moulinet, né en 1957 à Montluçon, est professeur à l’Université catholique de Lyon et prêtre modérateur de Gannat. Avec L’Église, la guerre et la paix : histoire et doctrines (Paris : Ed. du Cerf, 2016. – 260 p.– 24 €), ouvrage issu d’un séminaire de master à la Faculté de théologie de Lyon, il offre une synthèse de la revendication de la paix portée par  des papes, de Benoit XV pendant la 1ère guerre mondiale en passant par le soutien de Jean-Paul II aux syndicats polonais pendant la guerre froide.

David Laurent s’est penché sur la  Correspondance entre Saint François de Sales (1567-1622) et Sainte Jeanne de Chantal (1572-1641). L’ouvrage, qui bénéficie d’une introduction de Max Huot de Longchamp, fait le point sur 18 ans de correspondance entre l’évêque de Genève et la fondatrice de la Visitation, morte à Moulins, deux  acteurs essentiels du relèvement catholique dans l’Europe de la Contre-Réforme. (Paris : Desclée de Brouwer, 2016 – 900 p – 29 €)

► En 1889, le Comte Irisson d’Hérisson (1859-1893) avait publié aux éditions Ollendorf  un Nouveau journal d’un officier d’ordonnance : la Commune. Les éditions les Mauvais jours en proposent une réédition (Puyloubier –  2016. – 374 p. – 15 €). L’auteur, officier de carrière, avait été pendant quelques années propriétaire du château d’Hérisson (Allier). Dans ce livre, transparaît une certaine compréhension du mouvement insurrectionnel, sentiment patriotique dévoyé, et une hostilité totale à Thiers.

►Pour la 8ème  année consécutive, le Groupement des utilisateurs du Grand marché et la ville de Vichy ont organisé  le « Salon des auteurs » qui s’est tenu les samedi 23 et dimanche 24  juillet sur la mezzanine du Grand marché. Tous les genres littéraires étaient représentés. Parmi les écrivains présents, Dominique Letellier présentait son 3ème  roman, Enquête chez les Complicatorts, dont une part de l’intrigue se déroule à Vichy.

Jean-Charles Gaumé a publié MoulinStar, « Flâneries littéraires décalées  (1 vol., 20 p, Imprimeries réunies,  Moulins, 5€).   L’ouvrage, illustré par Florine Corbara, propose une série de textes qui invitent à revisiter ou à découvrir la capitale du Bourbonnais. Un hymne à la place d’Allier situe « la ville du Sud la plus au Nord » parmi les cités où il fait bon vivre.

couverture.jpgRémy Janner vient de faire paraître Quinze heures par jour : la condition ouvrière en Bourbonnais à la fin du XIXe siècle (Angerville-la-Campagne : Ed. Maïeutica, 2016. – 516 p. : ill., 20 €). Né en 1958 à Montluçon, il est conseiller de la Chambre régionale des comptes et ancien inspecteur des impôts. Cet ouvrage propose un choix de 7 textes oubliés permettant de découvrir les principales facettes de la condition des ouvrières et des ouvriers qui travaillaient dans le mines et les usines du département de l’Allier, dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ils sont dus à des observateurs souvent impliqués, tels les médecins du travail de la mine de Commentry, le docteur Fabre ou celui de la Glacerie de Montluçon, le docteur Dechaux. On trouve  également trois monographies, inspirées du modèle mis au point par Frédéric Le Play et les « ingénieurs sociaux », dues à Louis Reybaud, Fénelon Gibon et Henri Fayol. Sur le thème des femmes au travail, la parole est donnée à  Hubertine Auclert, née à Montmarault, qui se battit notamment pour le droit de vote des femmes. Ces textes apportent une  vision aussi diversifiée que possible de la condition ouvrière. Il en émerge également quelques figures anonymes, des mineurs, des ouvriers, des mères de famille et des épouses qui firent tous preuve d’un courage exceptionnel. La présentation et les commentaires qui complètent ces textes dressent la toile de fond, à la fois nationale et locale, des évènements qu’ils décrivent.Ils abordent leurs conditions de vie quotidienne et de travail, leurs revenus, leur santé, leur éducation, leur vie sociale.

Franck Morel, 47 ans, avocat, ancien inspecteur du travail, puis directeur adjoint du cabinet du ministre du Travail, est avec Bertrand Martinot, économiste, le coauteur de Un autre droit du travail est possible (éditions Fayard, 2016). Il était l’invité des Carrefour de Bransat, le lundi 4 juillet, pour traiter du thème « Droit du travail, droit au travail? ».

►Dans le cadre de ses rencontres avec un auteur, l’association Andra a reçu Josie Hack, Gannatoise d’adoption née en 1978. Elle était venue présenter son dernier ouvrage Randonnée meurtrière en Auvergne. Cette auteure s’est vu décerner un 2ème  prix lors du Salon de Combronde. Ses précédents ouvrages, parus en 2015 aux éditions du Chardon, s’intitulaient Le bar de l’elfe (215 p., 12 €),  Enquête au gour de Tazenat (200 p., 14 €)  et Blues mortel (181 p., 12 €).

Antoinette Ehrard, dont les obsèques ont eu lieu le 7 juillet 2016 au cimetière de Riom, était née à Paris en 1932 et elle avait  enseigné l’histoire de l’art à l’Université de Clermont-Ferrand de 1967 à 1992. Son dernier ouvrage s ‘intitule : Portraits de Montesquieu, répertoire analytique (Presses universitaire Blaise Pascal, 2014, 286 p.). Son mari, Jean Ehrard , professeur émérite de l’Université, fut maire de Riom de 1977 à 1989.

 363 romans en français,  dont 66 premiers romans, et 197 romans étrangers

telechargement► C’est la « déferlante » à laquelle devront faire face les libraires, les critiques mais aussi les lecteurs, lors de la rentrée littéraire 2016 Par rapport aux années précédentes, la tendance est à la baisse, surtout si l’on se réfère aux pics des années 2007 (727 titres dont 493 romans français et 234 romans étrangers) et  2010 (701 titres dont 497 romans français et  204 romans étrangers).

◘ A propos de ces premiers romans, Fabrice Piault, rédacteur en chef de Livres Hebdo (n°1092) écrit : «  Quête de soi et premières amours fournissent cette année encore la matière de la majorité d’entre eux. Mais ils apportent, du coup, une touche de fraîcheur dans une production qui s’annonce plutôt sombre ».  Le même ajoute que « plusieurs dizaines de romans de la rentrée résonnent de l’écho des attentats et des chocs géopolitiques du temps. Le terrorisme, la radicalisation, la violence, les discriminations y tiennent  une bonne place, certains  se projetant même dans un futur apocalyptique. Prémonitoire ou conjuratoire ? ».

◘ Pour en savoir plus, on pourra se reporter à l’important dossier de plus de cinquante pages que Livres Hebdo (n° 1092 – 1er juillet 2016) a publié sous le titre : Rentrée littéraire : la fiction d’après. Pour chacun des 560 titres annoncés, figure un bref résumé. S’y ajoute une bibliographie recensant 87 essais littéraires et mémoires.

 Maurice Roche, un futur préfet entré en résistance

En juin  1944, le Montluçonnais Maurice Roche (1914-1983) occupait les fonctions de secrétaire général de la préfecture de la Corrèze, à Tulle. 72 ans après le martyr des 99 Tullistes qui furent pendus le 9 juin par les SS de la division Das Reich, les mêmes qui devaient opérer à Oradour-sur-Glane le lendemain,  son fils, Joël Roche et l’historien Nicolas Mangus ont exhumé son témoignage de ses archives. Arrivé à Tulle, le 25 octobre 1943, Maurice Roche, bachelier à 14 ans,licencié en droit et en philosophie, parlait plusieurs  langues, dont l’allemand. Il avait intégré la préfectorale en novembre 1940 en tant que chef de cabinet intérimaire du préfet de l’Allier.  carte-officielle-maurice-roche-tulle-1944_2671127Dans Les archives inédites de Maurice Roche : la résistance d’un secrétaire général de préfecture (L’Ami hebdo – 30 rue Thomann 67082 Strasbourg, 68 p, 9,90 €), il raconte comment il dut faire face aux SS qui avaient décidé d’exécuter  par pendaison « 120 terroristes ». Le témoignage de Maurice Roche se referme sur une série de considérations plus personnelles : « On nous avait contesté même le besoin d’une ultime prière. Etait-ce cruauté systématique ou inconscience ? Je le demande encore… », écrit-il. Le 16 août 1944, lors de la capitulation des troupes allemandes, il devait à nouveau montrer ses talents de diplomates. Bien qu’il ait été en poste sous l’État Français,  il fut localement  le seul fonctionnaire de ce rang à être maintenu en poste après la libération. Après avoir quitté le Corrèze en juillet 1945,  il poursuivit sa carrière en Gironde, affecté à l’encadrement des prisonniers de guerre chargés du déminage. Sa carrière de secrétaire général de préfecture devait se poursuivre à Tours, Nantes et Strasbourg, avant qu’il ne soit nommé préfet de la Savoie et de l’Ardèche. Georges Pompidou l’avait ensuite nommé préfet délégué général aux célébrations nationales, au ministère des affaires culturelles, en 1970. Maurice Roche, qui était propriétaire du donjon de la Souche à Doyet, est décédé en avril 1983.

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