◘ PRIX LITTÉRAIRES … DES AUTEURS DISTINGUÉS (JUILLET 2016)

PANORAMA DES PRIX LITTÉRAIRES

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Le Bourbonnais, comme l’Auvergne, n’échappe pas à l’inflation des prix littéraires. Vu du Bourbonnais en a répertorié près d’une quinzaine pour le premier semestre 2016. Si quelques-uns peuvent susciter des échos dans les médias nationaux, la plupart ne dépassent pas en notoriété les frontières régionales. Ils ont toutefois le mérite de mettre à l’honneur des auteurs dont les publications sont souvent le fruit d’un long et difficile parcours.

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Hédi Kaddour

Le 50ème prix Valery Larbaud a été décerné à Hédi Kaddour, enseignant, né en 1945, pour Les Prépondérants (éd. Gallimard,  2015, 463 p., 21 €). « L’idée de départ, confie l’auteur,  était de faire un roman monde où poser un face à face entre colonisés et colonisateurs ». Il a choisi de situer l’intrigue dans les années 1920, dans un pays du Maghreb colonisé. C’est alors que débarque une équipe de tournage américaine qui va se charger de mettre le désordre dans un monde jusque là trop bien ordonné. De quoi « jeter un trouble dans la vie quotidienne ». Le titre du roman fait allusion au Cercle des Prépondérants, un groupe de pression particulièrement efficace, qui a réussi pendant un demi-siècle à briser tous les mouvements  qui cherchaient à instiller le changement dans le monde des colonies. En 2015, ce livre avait déjà été couronné par le  Grand prix du roman de l’Académie française et par  le prix Jean Freustié. C’est le  sénateur-maire de Vichy,  Claude Malhuret, qui a remis le prix au lauréat à la Médiathèque Valery Larbaud, le 27 mai. Auparavant, avait eu lieu un débat animé par Jean-Marie Laclavetine, président de l’association des Amis de Valery Larbaud, autour de la création littéraire contemporaine. Y participaient  Hédi Kaddour et trois anciens lauréats du prix Valery-Larbaud : Lakis Proguidis (2003), Pierre Jourde (2006) et Frédéric Verger (2014)

Le prix Albert Londres 2016 (catégorie presse écrite) a été attribué à Claire Meynier, journaliste au Point. Dans la catégorie presse écrite, Sophie Nivelle-Cardinale et Étienne Huver ont été distingués, pour leur reportage « Disparus, la guerre invisible de Syrie », diffusé sur la chaîne ARTE.

page_10Le prix René Fallet 2016... Les 28èmes Journées littéraires se sont déroulées à la salle socioculturelle de Jaligny, les 11 et 12 juin. Parallèlement aux animations, dont le Salon du livre, le prix René Fallet a été décerné à Eric le Guilloux pour Les haines en moins, publié en septembre 2015 par les éditions Daphnis et Chloé.  Quatre autres  livres étaient en lice pour ce prix qui récompense le premier roman d’un auteur de moins de 45 ans,  écrit de préférence avec une dose d’humour, de poésie ou de sens critique, au plus près de l’esprit de Fallet. Il s’agissait de Le Dagobert optique (Isabelle Bergeoend),  La petite Barbare (Astrid Manfredi), Djibouti (Pierre Deram) et Comment les grands de ce monde se promènent en bateau (Mélanie Sadler). Dans une interview publiée dans La Montagne (12/06), Eric le Guilloux dit « avoir eu envie d’être impudique et de se mettre à poil devant tout le monde ».

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• Résumé de l’intrigue par son auteur : « C’est l’histoire de Sacha, hospitalisé. Il revoit sa courte vie. Une pute l’a sauvé. Il est fils, il devient père. C’est l’histoire de la relation avec l’autre. Sacha est éducateur. On parle forcément de soi dans un roman. Peut-être par paresse, peut-être parce que c’est le personnage qu’on connaît le mieux. La double détonation Panpan,  avec les « haines » (n) en moins, ça fait papa ». Trois semaines auparavant, l’ouvrage avait déjà été distingué par le prix Jeune Mousquetaire décerné dans le Gers,.

Trois autres prix littéraires ont été également attribués lors de ces Journées :

◘ Le prix Agir  est allé à Fabien Granier et Emmanuel Dubost, auteurs de  Footsbarn Travelling théâtre (éditions Hérisson Social Club), « pour soutenir leur combat destiné à sauvegarder leur théâtre ».

◘ Le prix Daniel Bayon a été attribué à  Jean-Claude Fournier pour son 2ème roman, Hollywood-sur-Cher (éditions Marivole, 247 p., 20€). Né en  1943, cet écrivain montluçonnais a été instituteur spécialisé pour enfants déficients intellectuels. L’action de ce roman se situe principalement à Montluçon, mais aussi en Montagne bourbonnaise. Le premier livre de Jean-Claude Fournier, dans lequel il est aussi question de l’Allier,  s’intitulait : Le prince des parquets – salons.

Le prix du Bourbonnais, enfin,  a salué Jean Ducléroir pour son album autoédité  Arbeauterre. Dans cet ouvrage, il célèbre la Sologne Bourbonnaise, « vaste étendue entre Loire et Allier dont les coins négligés servent de refuge à la poésie ». En 2009, il s’était vu déjà décerner le prix Daniel Bayon.▼

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Jean Ducléroir

► Toujours lors de ces mêmes journées, Jean-Luc Franck a remporté le concours d’écriture. Cette année, il fallait imaginer le retour sur terre du Glaude, un des héros de la Soupe aux choux, après 35 ans passés sur la planète Oxo. Sous le titre Quand le Glaude rencontre une CouguarLa Montagne (13/06) a publié le texte intégral de la nouvelle.

► Les 29èmes Journées littéraires auront-elles lieu en 2017 ? Faute d’avoir obtenu des réponses aux demandes de subventions déposées auprès des conseils départemental et régional, Monique Bouillot, présidente d’Agir en pays jalignois, a laissé entendre en juin que cette 28ème édition   pourrait bien être la dernière.  Avis aux élus…

►Depuis 2008, le conseil général devenu conseil départemental, décerne un Grand prix de l’illustration doté de 300 €. Il est  destiné à récompenser un ouvrage se distinguant par ses qualités esthétiques et créatives. La lauréate 2016 est Emmanuelle Houdart pour son album jeunesse  Ma mère, publié par les éditions Thierry Magnier, avec des textes de Stéphane Servant. L’auteure s’est également vu remettre un trophée réalisé par les élèves de la classe terminale CAP Arts et techniques du verre du lycée Jean-Monnet d’Yzeure.

prix-vialatte-2016_2571604► Le jury du prix Alexandre Vialatte  a distingué  Eric Laurrent pour son roman Un beau début, publié en mars, aux éditions de Minuit.  Il est doté de 6 105 €, soit « la somme de la hauteur du Puy-de-Dôme et de la longueur du fleuve Congo ». Eric Laurrent a rappelé que « dans leur très grande majorité les écrivains aiment les prix. C’est une de leurs faiblesses. A quelques exceptions près  dont Jean-Paul Sartre et Julien Gracq, ils acceptent volontiers ceux qu’on veut bien leur donner ». Conclusion de l’auteur en forme de clin d’œil : « J’ai l’outrecuidance de penser  que vous avez distingué mon dernier roman en vertu de ses seules qualités littéraires ». Ce roman raconte l’histoire d’une jeune fille, Nicole Sauxillange, qui va grandir dans un milieu déchiré et brutal, jusqu’à devenir Nicky Soks, une star adulée, icône du porno glamour.C’est en 2011, à l’initiative de Jean-Pierre Caillard, P-DG de La Montagne, que le prix a été crée, en hommage au romancier, traducteur, journaliste et chroniqueur que fut Vialatte. Ses chroniques publiés pendant deux décennies ont été réunies sous le titre Les chroniques de la Montagne (éditions Laffont – Bouquins).

Le prix Sivet de l’académie française a été décerné à Dany Hadjadj, maître d’œuvre de la publication de la correspondance qu’ont entretenue, entre 1916 et 1959, Henri Pourrat (1887-1959) et Alexandre Vialatte (1901-1971). Leur toute première rencontre remonte à 1915 et elle marque le point de départ d’une solide amitié qui ne cessera qu’avec la disparition de Pourrat.

Alexandre Vialatte
Alexandre Vialatte
Henri Pourrat
Henri Pourrat

Comme l’écrit Daniel Martin (La Montagne, 8/07),« les deux hommes que 15 ans séparent, se lient d’une amitié indéfectible, solide, parfois agitée de différends : Vialatte, trublion fantaisiste, échappera toujours aux règles et conseils que tente de lui imposer son aîné ». Les deux derniers volumes publiés couvrent les années 1939-1946, incluant la période de l’Etat Français, source de divergences entre les deux hommes : Pourrat « pétainiste avant Pétain » s’accommode du nouveau régime, alors que Vialatte, en poste à Vichy, démissionne et prend ses distances vis-à-vis de l’Etat français.

Correspondance  Henri Pourrat – Alexandre  Vialatte (publiée par Dany Hadjadj) : Tome V et VI : Les temps noirs  – 1ère partie :1939-1942. 2ème partie : 1942-1946. 2 vol, 350 p chacun, éd. Presses universitaires Blaise-Pascal (Clermont-Ferrand), 25 € chacun.

Prix Lucien Gachon…Après Roland Decriaud en 2015 pour L’homme aux mains de feu, c’est la romancière  Claude Lafaye qui a été couronnée en juin par le prix Lucien Gachon 2016 pour son roman La belle illusion (éditions Lucien Souny, 236 p, 18,50 €).

L’auteure s’est dite « heureuse de voir que l’attache au terroir est encore d’actualité ». Selon elle, «  Lucien Gachon est une figure qui représente quelque chose d’important ». Le prix Lucien Gachon est né en 1994, de la volonté conjointe de Gérard Georges, écrivain et principal de collège, et de Louis Gachon, fils de l’écrivain. Le jury, qui s’appuie sur un important réseau de lecteurs, a été séduit par l’ancrage profond du roman de Claude Lafaye dans le terroir creusois. De quoi l’inscrire ainsi « dans l’esprit de Lucien Gachon ».

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Daniel Crozes

► Pour son roman Un été d’herbes sèches (éditions du Rouergue), Daniel Crozes a décroché le prix Arverne 2016 décerné par la Ligue auvergnate et du Massif central. Dans ce roman, Daniel Crozes s’est inspiré de son expérience de jeune Aveyronnais répondant, au cœur de l’été 1970, à une demande de ses parents : aller aider son oncle à la fenaison,  dans une ferme de quelques hectares et 4 vaches, dans « une France bosselée et désertée ». Il devient ainsi le témoin  d’un monde paysan qui s’éteint peu à peu, tandis que d’autres exploitations voisines  ont pris le virage de la modernisation et de l’agriculture productiviste. Dans une production abondante qui compte une cinquantaine de titres, entre essais, biographies et romans, Daniel Crozes accorde une place particulière à son dernier ouvrage qui « permet aussi bien à son auteur comme à ses lecteurs de garder une trace  de ce pan de l’histoire rurale ».

Prix Goncourt de la nouvelle...À lire dans le Magazine littéraire (juin 2016) un  « Portrait de Marie-Hélène Lafon : d’un Cantal natal et mortel, fille de paysans, professeur de lettres classiques, elle a quitté grâce aux mots ce pays enclavé ; elle y revient par le même biais, en creusant sans relâche dans une terre âpre et noire ».  Goncourt de la nouvelle 2016 pour son recueil Histoires (Buchet-Chastel), elle était l’invitée de la librairie A la page, à Vichy le 17 juin 2016 (entretien paru dans La Montagne, 16 et 19 juin 2016).

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