ÉDITIONS ET ÉDITEURS (JUILLET 2016)

 Le monde de l’édition en Bourbonnais

et dans les provinces voisines

contacts: allier-infos@sfr.fr

 Il n’est pas d’éditeurs qu’à Paris…Même si l’activité éditoriale en province est de plus en plus périlleuse, elle n’en reste pas moins vivante, surfant entre les difficultés qui s’accumulent. Des difficultés qui ont affecté entre l’été 2015 et l’été 2016,  plusieurs éditeurs, notamment bourbonnais, jusqu’à les contraindre parfois à la fermeture ou au dépôt de bilan…Panorama des dix-huit derniers mois…

Le Bourbonnais, jadis terre d’édition,  est-il en train de devenir un cimetière éditorial ?

• La question mérite d’être posée au vu des difficultés qui assaillent les maisons d’édition, au point que deux d’entre elles, Des Figures & des lieux et les éditions des Cahiers Bourbonnais ont mis la clef sous la porte, au cours des douze derniers mois. Quant à celles qui arrivent à survivre, elles n’affichent pas forcément une  santé financière étincelante, si l’on excepte les toutes jeunes Rebelle édition. Coup d’œil sur un paysage en pleine mutation…

Des Figures & des Lieux : on ferme…

• La maison d’édition associative qui  avait été créée en 2002 à Dompierre-sur-Besbre, par Isabelle Lardot et Anne-Catherine Heinisch, a décidé de cesser ses activités. Toutes les deux avaient en commun l’amour des livres et le désir d’accompagner des auteurs pour mener à bien leurs projets d’écriture, tout  en les impliquant le plus possible dans la réalisation, la promotion et la distribution de leurs ouvrages. Avec une dizaine de passionnés de livres et de lecture, Des Figures & des lieux aura réussi à publier, bon an mal an, entre trois et cinq titres. De quoi constituer en une douzaine d’années, un catalogue riche d’une quarantaine de titres : des biographies ou des autobiographies, des livres d’entretiens, des correspondances, des mémoires et journaux de personnes connues ou inconnues, d’ici ou d’ailleurs. Il faut y ajouter des descriptions historiques, des documentaire ou des  romans ancrés dans un territoire, dont plusieurs ont été couronnées par des prix littéraires.

Isabelle Lardot
Isabelle Lardot, cofondatrice des éditions Des figures & des lieux

• Pour Isabelle Lardot, «  ce fut une belle aventure », ponctuée « de belles rencontres ». Les membres de l’association  « ont donné beaucoup d’eux-mêmes  pour dénicher les manuscrits, les lire et les relire, rencontrer les auteur, écrire aussi, chacun contribuant à faire de la maison d’édition ce qu’elle est devenue ». Elle se remémore des discussions passionnantes avec Jeanne Cressanges, lors de la réédition de La feuille de Bêtel, ou avec Jean Duclairoir et Jacques Paris, « deux plumes, deux personnalités ». La vie de la maison d’édition n’a pourtant pas toujours été qu’un long fleuve tranquille, « avec des hauts et des bas, des bonnes et des mauvaises années, de grandes satisfactions mais aussi des périodes de découragement ».

• C’est le contexte général et une certaine lassitude qui expliquent la décision « mûrement réfléchie » de fermeture : manque de soutien public  dans une période de restrictions budgétaires, difficultés de plus en plus grandes pour promouvoir la culture en milieu rural mais aussi raréfaction des manuscrits, de plus en plus d’auteurs optant pour l’édition en ligne. Quant au réseau de vente, avec ses petites librairies locales, ses tabac-presse, voire l’épicerie de village, avec lesquels l’éditeur travaillait, il s’est étiolé au fil du temps : là où des Figures & des lieux disposait en 2001 d’une quarantaine de points de vente en Bourbonnais, ils de dépassaient pas la moitié  en 2015. Enfin, faute de moyens pour embaucher un comptable, la gestion était devenue de plus en plus lourde : « Nous n’avons plus l’énergie de nous battre », conclut Isabelle Lardot. Une belle et courageuse aventure qui s’est achevée à la fin de 2015 par la dissolution de l’association .

Les éditions des Cahiers bourbonnais–ECB: on  ferme…(bis)  

• Le printemps 2016 a été également fatal aux Cahiers bourbonnais, à la fois à  la revue trimestrielle et à la maison d’édition installées à Charroux qui ont cessé toute activité, le 30 avril 2016. Dès leur fondation par Marcel Genermont, en 1957 à Moulins, les Cahiers Bourbonnais avaient développé une activité d’édition, le plus souvent à compte d’auteurs. Après la reprise par Jean-Pierre Petit en 1984, cette activité avait connu un développement important, avec près de 130 titres publiés en 30 ans, certains à compte d’auteurs, d’autres en édition « classique ».

Jean-Pierre Petit
Jean-Pierre Petit à la tête des éditions des Cahiers Bourbonnais  de 1984 à 2016

• Parmi les ultimes parutions, on trouve la monumentale bio – bibliographie de Maurice Sarazin, Les Bourbonnais célèbres et remarquables, des origines à la fin du XXème siècle. Fruit de deux décennies de recherches, elle ne compte pas moins de trois tomes, avec les arrondissements de Vichy (670 biographies), de Moulins (980 biographies) et de Montluçon (690 biographie), le tout totalisant plus de 1 000 pages particulièrement denses. Depuis plusieurs années, la maison d’édition avait vu son chiffre d’affaires diminuer régulièrement. Après avoir atteint 156 000 € en 2006, il était tombé  à 60 500 € en 2013 (derniers chiffres connus).  Pour en savoir plus sur la disparition de la revue éponyme, on pourra se reporter à la rubrique La presse et les revues sur ce blog.

 ◘ Bleu Autour :  Toujours une dizaine de nouveautés par an…

• Parmi les maisons d’édition « rescapées », figure à Saint-Pourçain-sur-Sioule  Bleu Autour dirigé, depuis 27 ans par Patrice Rötig. Né en 1953 à Paris,  il a vécu à Istanbul, de 1956 à 1960. C’est après des études d’histoire et de journalisme qu’il s’est installé dans l’Allier en 1977. Il a lancé différentes publications en créant une société de presse, Noir sur Blanc, installée dans les locaux de l’ancienne école de Contigny. Certains se souviennent de sa Lettre de l’Allier au ton parfois iconoclaste qui fut  à partir de l’automne 1985  le « poil à gratter » des élus et des décideurs bourbonnais, avant de disparaître au début des années 1990, au terme d’une quarantaine de numéros. C’est également lui qui avait lancé L’Almanach nouveau du Bourbonnais qui ne connut que deux éditions (1981 et 1982).

• Pour conforter l’entreprise, Noir sur blanc avait aussi développé des activités de prestation journalistique en apportant son expérience à la publication de différentes revues: des entreprises (Le Rechampi pour la Sogeb Mazet à Montluçon),  des pays ruraux et collectivités (Action 13 dans le canton de Marcillat, La Quinaude en Montagne Bourbonnaise ou Info 30 dans le canton de Lapalisse), la CCI de Moulins Vichy (Moulins-Vichy économique) ont alors fait appel à Noir sur Blanc. Autre tentative audacieuse, à l’aube des années 2000, celle de la création de Jim, Journal intime du Massif central. Il s’agissait d’une revue thématique bisannuelle à dominante littéraire qui connut une dizaine de numéros sur des thèmes aussi divers que L’herbe, Rouge, A vélo,Le cochonEn train,  Vichy toujours,  Le café et L’étranger.

Patric Rötig
Patrice Rötig

• Au-delà de la revue, c’est avec  Vichy – Tombouctou dans la tête , de Jean-Michel Belorgey, et  Le village et enfin  de Luc Baptiste que s’est ouverte  la voie de l’édition livresque. Pour étoffer son catalogue qui compte déjà 130 titres, Bleu Autour publie une dizaine de nouveautés par an, réparties entre ses collections D’un lieu, l’autre, D’un regard l’autre ou encore La petite collection de Bleu Autour, ouverte aux essais, aux rééditions et à la littérature, et enfin,  Poésie étrangère. La littérature française constitue un des piliers du catalogue:  des romans, des récits ou des rééditions de « classiques » tels que les Visites aux paysans du centre, de Daniel Halévy, Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier, Pêcheur d’Islande de Pierre Loti ou, plus récemment, Allen de Valery Larbaud. Dans ces derniers cas, les ouvrages sont complétés par un important appareil de notes ainsi que par des textes signés par des spécialistes de la question, sans oublier une iconographie abondante et souvent originale.

telechargement• La littérature étrangère est l’autre « marque de fabrique » de Bleu Autour, avec des traductions de l’allemand, de l’anglais, voire de l’ouzbek ou du turc…Selon le site de l’éditeur, ce sont « des ouvrages qui décrivent des géographies intérieures, qui explorent des mémoires, qui disent l’exil, qui tissent des liens entre les lieux et les temps. Des récits littéraires plus que des romans. Des ouvrages mariant textes et images, voire construits autour de corpus d’images ». Enfin, Bleu Autour s’est aussi aventuré sur le terrain des sciences humaines (féminisme, grands reportages, colonialisme…), des beaux livres, dont un catalogue d’exposition coédité avec le CNCS, et de la poésie avec la collection « Poésie étrangère ». Quant au chiffre d’affaires réalisé, il oscille entre 186 000 € en 2011 et 126 300 € en 2014.  L’équipe de Bleu Autour emploie aujourd’hui 2 salariés.

◘ « Passion, absolu, liberté. Trois mots avec lesquels Patrice Rötig compose ses phrases, lorsqu’on lui demande l’origine de Bleu Autour », écrivait Mathieu Villeroy dans La Montagne, lors du salon du Livre 2016. Il définit son travail d’éditeur comme celui d’un « bénédictin », avec des choix éditoriaux qui sont souvent le fruit de « rencontres et de fidélité à ces rencontres ». Selon lui, « les livres revêtent quelque chose de sacré. Ils restent, permettent d’aller au bout d’une pensée ». Quant à l’audace qu’il met à débusquer des auteurs, elle ne se traduit pas forcément par un succès grand public : « En littérature étrangère, quand je passe le cap des 1 000 exemplaires, je suis satisfait », ce qui ne veut pas dire que le seuil de rentabilité, qu’il estime à 2 000 exemplaires, soit atteint. Le Fou de l’écrivain arménien Raffi a constitué une heureuse surprise avec  plus de 3 000 exemplaires vendus.

telechargement-4Des projets éditoriaux pour les mois qui viennent, Patrice Rötig en a, si l’on en juge par les nouveautés programmées avant la fin de 2016. Après Une enfance dans la guerre – Algérie 1954-1962, recueil de 44 récits d’enfance rassemblés par Leïla Sebbar, préfacé de Jean-Marie Borzeix,  L’enfance de Chanel,  essai de Henri Ponchon, préfacé par Jean Lebrun et Allen, de Valery Larbaud, le catalogue devrait s’enrichir d’au moins 3 nouveaux titres :  

  • Les Enfants du Romanestan, un roman de Moris Farhi, traduit de l’anglais par Martine Chard-Hutchinson et Agnès Chevallier (août 2016).
  • De la séduction – Cartes postales de la Belle Époque et des Années Folles, un beau livre illustré préfacé par Marie-Hélène Lafon et publié sous la direction de Marie-Paule Caire-Jabinet, avec des textes signés par Corinne Legoy, Alain Quella-Villéger, Juliette Rennes, Marianne Rötig, Aïcha Salmon, Christelle Taraud et Sylvain Venayre (septembre)
  • Je ne parle pas la langue de mon père, suivi deL’arabe comme un chant secret, réédition illustrée par Sébastien Pignon, préfacée par Marie-Hélène Lafon et commentée par Pierre Assouline, Martine Mathieu-Job, Milfred Mortimer, Manon Paillot, Rosie Pinhas-Delpuech et Nourredine Saadi (octobre)

 Rebelle édition :   Une jeune maison mais  une “ insolente santé”

• Dernière venue dans le paysage éditorial bourbonnais, Rebelle édition fondée en 2011 par Astrid Lafleur fait un peu figure d’Ovni, à la fois par son chiffre d’affaires, sa rentabilité et le nombre de titres publiés. Son catalogue compte actuellement 50 auteurs et 120 000 ouvrages, toutes collections et tous titres confondus, Logo Rebelleont été vendus en moins de 5 ans.  D’abord installée à Désertines, la maison d’édition a migré à Montluçon, au 29 avenue des Guineberts et depuis 2013 elle participe chaque année au Salon du livre de Paris, porte de Versailles. La créatrice est partie de « presque rien », avec pour associés ses parents et un portefeuille d’auteurs réduit à un seul, Sophie Jomain qui, a fait depuis son chemin. Rebelle éditions dispose aujourd’hui d’un comité  de lecture fort de 70 personnes qui separtagent la lecture des nombreux manuscrits reçus.

Astrid Lafleur
Astrid Lafleur, fondatrice de Rebelle éditions

• En mars 2016, le programme d’édition était déjà bouclé pour 2017 et Astrid Lafleur commençait à planter les premiers repères pour…2018. De 4 titres par mois actuellement, Rebelle édition compte atteindre le rythme d’une dizaine par mois. En juillet 2015, une illustratrice a été embauchée, ce qui a permis de refondre les graphisme et les formats. Une fois les frais de correction, d’impression et de distribution réglés et après versement des droits d’auteur, Rebelle édition arrive à dégager une marge de 12%. Son chiffre d’affaires  a plus que doublé en passant de 119 000 € en 2012 à 241 400 € en 2014, pour un résultat net de plus de 49 000 €. Dans La Montagne, à l’occasion du salon du livre, Astrid Lafleur annonçait un chiffre d’affaires de 350 000 €.

◘ PHR éditions :   Se faire une place dans le monde de la BD...

• Autre maison d’édition installée à Montluçon (60 rue Frédéric-Mistral)  depuis 2011, PHR éditions est dirigée par Philippe Reyt. Elle est spécialisée dans la publication d’albums de bandes dessinés dont la série des Cinq à table. Dessinée par Philippe Reyt lui-même, elle a été reprise dans le Petit Corsair, le magazine famille de la compagnie aérienne éponyme diffusé à 200 000 exemplaires.

Philippe Reyt
Philippe Reyt

• Parmi les autres titres, on trouve une Abécédaire à l’usage des militants politiques et de leurs enfants (120 pages, 18 €). Signé par le Vichyssois Thierry Rocher, il est préfacé par Bernard Mabille et illustré par Babouse. L’ouvrage, sorti en 2014,  propose en fait deux Abécédaires portés par la même irrévérence du chansonnier. Le premier comporte 26 noms communs déclinés chacun en trois points de vue (droite, centre et gauche), le second décline 26 célébrités passées à la moulinette, de Aubry (Martine) à Zidane (Zinédine): « N’épargnant aucun sujet, il prend un malin plaisir à choisir ceux qui fâchent, il le peut ayant refusé toute attache », note Bernard Mabille dans la préface. Dans un genre différent, PHR éditions a également publié Marx Dormoy, la force des racines, signé par Daniel Dugléry, maire de Montluçon et…beau-père de l’éditeur.

Même les géants de l’édition régionale peuvent s’effondrer: Le cas de De Borée

• C’est ce qui est arrivé au groupe de Borée dont les filiales d’édition, de diffusion et de distribution ont été placées en redressement judiciaire le 30 septembre 2015. La seule activité de distribution avait généré 11,3 millions € de chiffre d’affaires  pour l’année 2014, tandis que celui de l’activité édition avait chuté de 50% entre 2013 et 2014, en passant de 6,8 M€ à 3,4 M€.

logo de borée

Fondées en 1989 par Gérard Tisserand et Gérald Layani, deux anciens des éditions roannaises puis lyonnaises  Horvath, les éditions de Borée avaient fini par s’installer route d’Argnat, à Sayat dans le Puy-de-Dôme. Outre la marque De Borée, le groupe avait intégré 3 autres maisons d’édition : Cerise Bleue, Encre violette et Terres éditions. Au fil des années, le catalogue s’était régulièrement enrichi pour atteindre 2 500 titres à la fin de 2015, avec un rythme annuel de 250 nouveautés. Les beaux livres, le régionalisme, avec notamment les collections Romans et récits de terroir et Terres de poche, les livres pour enfants et les ouvrages pratiques  constituaient l’essentiel du fonds.

• Cette profusion de publications nouvelles, jointe à des détournements de fonds réalisés  par une employée (250 000 Є) et un redressement fiscal particulièrement lourd (1,2 M€)  expliquent en partie la déconfiture du groupe qui employait 65 salariés dont une quinzaine pour la seule activité d’édition.  Finalement, le 18 décembre 2015, le tribunal de commerce a écarté les dossiers de 4 candidats à la reprise pour ne retenir que celui de La Montagne Centre France. Bien qu’il ne soit pas le mieux disant en terme d’emplois (15 salariés sur 65), il a été jugé le plus crédible à moyen et à long terme, y compris par une partie du personnel.

telechargement-1• L’offre du groupe de presse, à hauteur de 200 000 € ne portait que sur l’activité d’édition. A l’image d’autres groupes de presse régionaux comme Ouest-France à Rennes ou Sud-Ouest à Bordeaux, Centre France compte développer son activité d’édition et faire jouer les synergies avec l’activité presse : « De Borée est une marque reconnue que nous allons conserver, avec un catalogue de qualité, basé sur les valeurs de notre région », a déclaré Nicolas Corneau, directeur général adjoint de Centre France, chargé du dossier. « Nos ADN sont compatibles et il y a des synergies logistiques et commerciales réelles ». Selon lui, après le « coma artificiel» dans lequel avait été plongé De Borée par la procédure de redressement, « il va falloir gérer le réveil et réussir la greffe (…) tout en conservant l’identité de De Borée ».

nouveaux_logos_2016_v2• Parmi les premières mesures envisagées, étaient envisagés l’abandon des bureaux et entrepôts que louait de Borée à Sayat et le rapatriement dans les locaux historiques de La Montagne, rue Morel-Ladeuil, à Clermont-Ferrand. Depuis cette reprise,  De Borée dont la marque a été conservée est devenu Centre France Livres pour la partie édition et Centre France diffusion – distribution pour la diffusion – distribution. Ces deux filiales du groupe Centre France sont dirigées par Nicolas Corneau.

◘ « Nous allons continuer la publication de beaux livres, à travers les marques De Borée, Terre Éditions et la marque jeunesse Cerise Bleue » c’est ce qu’a déclaré sur le site GraphiLine.com Christophe Matho, directeur des collections de Centre France Livres.  Pour ce faire,  Centre France Livres veut  s’appuyer sur de nouvelles collaborations en faisant « appel   à la créativité de graphistes indépendants pour renouveler la création». Selon le même site, « De Borée compte développer les beaux livres dans les catégories nature/jardin, patrimoine/objets/collections, animaux et régions », avec  20 à 30 beaux livres publiés par an.

telechargement-2◘ Parmi ces nouveautés, se trouve Jacques Chirac, instantané(s), recueil de photographies de Christian Vioujard. Recruté au début des années 1970 par l’agence Gamma, il a suivi jacques Chirac jusqu’à son élection à la présidence de la république en 1995. L’ouvrage se veut le prolongement d’une exposition de photos inédites ou rarement présentées organisée au Musée du septennat de Sarran (Corrèze), à l’occasion du 20ème anniversaire de l’accession de Jacques Chirac à la présidence de la république. On y redécouvre l’homme politique à travers une série de portraits qui font la part belle à l’intime, à la jeunesse, à la Corrèze. On y retrouve aussi « les campagnes électorales, les voyages officiels à l’étranger qui ont nourri les passions de l’homme et son engagement pour le dialogue des cultures. De regards en poignées de mains, d’accolades en baisers, le sourire est chaleureux et charmeur, la tape est amicale, l’oeil est vif et franc. Charisme, allure de jeune premier, de grandes enjambées, le mouvement toujours, le geste » annonce l’éditeur sur son site… Bref Jacques Chirac…faisant du Chirac (1 volume relié, 192 p, 200 photographies, à paraître en septembre 2016, 29,90 €).

► Au-delà des romans (Terre de poche), les éditions De Borée nouvelle formule  vont poursuivre la publication de collections  « départementales » qui on un public fidèle, comme Les mystères de..., Les grands évènements et Un siècle de faits divers. Cette dernière collection, créée en 2012, compte déjà 12 titres dont ceux dédiés à la Corrèze (Jean-Michel Valade) et au Cantal (Christian Estève et Jean-Pierre Serre).

Page nostalgie…

les Albums du père Castor en exposition 

► « Père Castor, raconte-nous ton histoire »… Une exposition à ne pas manquer…Qui n’a pas lu dans son enfance les Albums du Père Castor, avec  Bourru l’ours, Michka, le petit poisson d’or, la vache orange  ou Poule Rousse ?  Pour retracer l’histoire de cette collection  d’albums illustrés,  dont les origines remontent aux années 1930, le Musée de l’illustration Jeunesse à Moulins lui consacre une exposition du  13 juillet 2016 au 4 janvier 2017. C’est Paul Faucher, né en 1898 dans la Nièvre, fervent défenseur du courant de la nouvelle éducation,  qui fut à l’origine de cette collection à vocation autant esthétique que pédagogique, qui compte aujourd’hui plus de 2 000 titres. En 1967, il devait  céder la place à son fils,  François Faucher, qui jusqu’en 1996 les éditions du Père Castor, intégrées dès leur origine aux éditions Flammarion.

telechargement-3• Tous les albums  accordent une grande importance à tout ce qui peut développer les aptitudes de l’enfant, susciter une activité, stimuler, favoriser l’autonomie. Ils lui permettent aussi de construire sa personnalité et ses savoirs. De salle en salle, le Musée de l’illustration Jeunesse a opté pour un parcours thématique scénographié : Enfants d’ici et d’ailleurs, animaux, jeux, petits faits de l’enfance, contes et belles histoires. De quoi pousser les enfants à mobiliser leur attention, leur sens de l’observation des images, leur capacité de réflexion et leur adresse au jeu. Outre une  sélection de documents, dont certains proviennent de fonds familiaux, l’exposition donne un coup de projecteur sur certains titres parmi les plus emblématiques de la collection.

Éditer autrement, à Vichy… Pour échapper aux pièges de l’édition à compte d’auteur.

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Frédéric Fossaert

Les éditions de l’Atelier d’écriture, installées à Vichy,  entendent promouvoir une autre façon d’éditer. L’objectif  de cette nouvelle maison d’édition associative est d’éditer des ouvrages d’une certaine qualité littéraire : romans, recueils de nouvelles, prose, poésie ou encore  contes pour enfants et livres illustrés. Face aux difficultés que rencontrent les auteurs peu ou pas connus pour attirer l’attention des maisons d’édition classiques, L’Atelier d’écriture leur propose un véritable accompagnement personnalisé. Chaque texte  reçu, passe d’abord  par un comité de lecture. Celui-ci décide ensuite s’il peut êtrepublié ou pas, avec éventuellement une amélioration du travail initial. Si l’ouvrage est susceptible d’intéresser un lectorat en quête d’une « littérature de délassement », il sera imprimé avec un tirage de base à 50 exemplaires et à prix coûtant que l’auteur devra prendre en charge. Contrairement à l’édition à compte d’auteur, dont le travail s’arrête à la livraison des ouvrages, les auteurs bénéficieront d’un véritable  accompagnement, avec participation à des salons et recherche de partenariat avec les librairies.  Premières parutions : un roman policier de Frédéric Fossaert, Quittance, et un drame psychologique : Echec et rapt, par Adrienne Dauprat Contact : fredericfossaert@sfr.fr.

Utopique édition…Un projet pas si utopique que cela…

►En  2009, dans un monde de la littérature jeunesse pourtant pléthorique,  Didier Jean et  l’auteure – illustratrice  Zad ont fondé Utopique édition. Depuis la « cabane d’édition » montée à l’époque autour de 2 livres, l’entreprise basée à Albussac (Corrèze) a grandi et son catalogue aligne désormais  une trentaine de titres. Ils se répartissent dans 3 collections : Bisous de famille, Il était une voix et  Gaufrettes et nougat. L’objectif n’a pas varié depuis les origines :

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Page d’accueil du site Utopique.fr

« Parler autrement aux enfant de deux ans et, au-delà, leur raconter des histoires sérieuses, leur transmettre des valeurs d’humanité, de solidarité, de raison, sans oublier la fibre poétique », écrit Blandine Hutin-Mercier dans La Montagne (22/04). De la masse des manuscrits qui affluent à  Albussac, Didier Jean et Zad  en retiennent  5 qui seront publiés sur une année, avec un tirage à 2000 exemplaires,  et réimpression(s) éventuelle(s) en cas de succès. Parmi les dernières parutions, on trouve  Tous les cauchemars ont peur des bisous de Caroline Lechevallier et Philippine  Murakami . Contacts : utopique.fr.

Le classement de l’édition 2016…

telechargement►Dans son 20ème classement des éditeurs français, le magazine Livres Hebdo (n°1091 – 24 juin 2016) en a recensé 197 affichant un chiffre d’affaires supérieur à un million d’euros. Ils étaient 204 en 2015 et 222 en 2014. En France et à l’étranger, ils réalisent à eux tous 5,5 milliards d’euros de CA cumulé contre 5,9 en 2015. L’étude note que les dix principaux groupes d’édition représentent à eux seuls 87,5% de l’ensemble des activités des entreprises classées. Hachette Livre arrive largement en tête avec 2,2 milliard d’euros de CA, devant Editis (722 M€) et le groupe Madrigall (438 M €).

© Jean-Paul PERRIN

contact: allier-infos@sfr.fr

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