◘ LIBRAIRES ET LIBRAIRIES (AOÛT 2016)

Entre Internet, avec le géant Amazon,  et les chaînes de librairies  telles que Leclerc ou Cultura qui peuvent s’adosser à des groupes puissants, la librairie indépendante souffre et depuis une vingtaine d’années, les fermetures l’ont emporté sur les créations. Le Bourbonnais et l’Auvergne n’y échappent pas et  leur réseau s’est  singulièrement rétréci, ce qui n’empêche pas quelques courageuses initiatives. La reprise réussie des Volcans, à Clermont-Ferrand,  par ses salariés en témoigne. Cas emblématique ou  arbre qui cache la forêt ?

QUID DE LA LIBRAIRIE INDÉPENDANTE EN AUVERGNE?

► L’agence régionale de développement culturel, Le Transfo, a réalisé en 2015 une étude portant sur les librairies indépendantes en Auvergne. Sur les 49 commerces étudiés, la moitié ont été crées il y a moins de 15 ans. Globalement, les 4 départements de la région Le transfocomptent 1 librairie indépendante pour 27 665 habitants. Rien d’original du côté des problèmes que connaissent ces librairies qui sont à l’image des librairies indépendantes françaises : une trésorerie souvent fragile ou négative, des gérants qui n’arrivent pas à se rémunérer régulièrement, un accès aux marchés publics de plus en plus compliqué et aléatoire, ou encore une faible présence sur le numérique ou la vente en ligne.

LE CLASSEMENT DES 400 PREMIÈRES LIBRAIRIES FRANÇAISES

► La revue professionnelle Livres Hebdo a publié son traditionnel classement des 400 premières librairies françaises qui comptait, cette année, une trentaine d’entrées nouvelles (n° 1086 – 20 mai 2016). Gibert Joseph Saint-Michel à Paris caracole en tête  avec un chiffre d’affaires total de 49,9 M€ dont 35,4 M€ pour le seul secteur livre. Elle compte 110 salariés et propose 350.000 ouvrages en rayons sur 3 5000 m2 de surface de vente. Derrière, figure le Bordelais Mollat avec 25,9 M€ de CA livres.

telechargement• Pour la région d’Auvergne, il faut noter la très  belle performance des Volcans, à Clermont-Ferrand qui remonte de la 94ème place en 2015 à la 24ème place en 2016. La librairie qui avait failli sombrer après la déconfiture du réseau Chapitre a été sauvée grâce au combat de ses salariés, épaulés par la mobilisation des clients. Elle a pu ainsi redémarrer sous la forme d’une Scop. Elle a doublé son chiffre d’affaires qui s’élève à  5,92 M€ dont 4,88 M€ pour le livre. Elle emploie 36 salariés et propose  136 000 ouvrages en rayon sur près de 1 700 m2 de surface. Gibert Joseph, toujours à Clermont-Ferrand, arrive en 147ème position  avec 2,33 M€ de CA (1,59 M€ pour le livre).

• Au fil du classement, on note aussi Pôle Arts 58 (254ème), à Nevers, autre librairie ex-Chapitre, reprise par les Montluçonnais Didier Pszonak et Marie Bournet de la Librairie des écoles (Montluçon). Pôle Arts affiche 1,49 M€ de CA dont 0,87 M€ pour le livre. En 264ème position figure Le Cyprès, toujours à Nevers, avec 0,81 M€ de CA livres. L’espace culturel Leclerc à Guéret (Creuse) se classe  288ème, avec  1,72 M€ de CA dont seulement 0,7 M€ pour le livre. On notera qu’aucune librairie bourbonnaise ne figure au classement. La Librairie des Ecole (Montluçon) avait réalisé 1,11 M de CA (exercice clos au 31 janvier 2015). Quant à la librairie vichyssoise À la page, ses derniers comptes publiés remontent à 2014 (exercice clos le 31 mars 2014), avec 0,69 M€ de CA.

LES VOLCANS D’AUVERGNE: CHRONIQUE D’UNE REPRISE RÉUSSIE

volcans► Coup de projecteur sur la Librairie des Volcans… Après « avoir pris leur caméra sur un coup de tête » pour suivre l’aventure des Volcans d’Auvergne, l’ex-librairie Chapitre de Clermont-Ferrand reprise en 2014 par des salariés rassemblés en coopérative (Scop), les journalistes Marie Serve et Eric Morschhauser ont réalisé Tournez la page . Le film retrace l’aventure des 12 salariés décidés à ne pas voir mourir les Volcans. Certains des associés ne cachaient pas leur appréhension de devoir « revenir sur ces moments parfois douloureux ». Pour Martine Lebeau, directrice du magasin « le résultat est très réussi. C’est un très beau témoignage qui couronne habilement cette année de travail ».  Le film qui dure  une soixantaine de minutes, est composé d’images «brutes», sans pathos ni voix off, « afin de laisser toute la place aux libraires ». Il retrace le long parcours de six mois, depuis l’enclenchement du processus de reprise jusqu’à la réouverture de la librairie le 18 août 2014. On y voit les associés avancer dans le projet, mesurer son ampleur et apprendre à travailler collectivement. Il était prévu que le film, après diffusion dans divers festivals, sorte  en DVD à la rentrée 2015, avant d’être mis en ligne sur le blog Docuvolcans. over-blog.com.

contacts: allier-infos@sfr.fr

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