VICHY 1940-1944: UN NOUVEAU REGARD

756607351310923-jpgUNE ASSOCIATION ET UN COLLOQUE  AUTOUR DE  « LA FRANCE DES ANNÉES 1940-1944 ».

Excellente nouvelle pour les historiens qui s’intéressent à l’histoire de la France entre 1940 et 1944 en général, et plus particulièrement à celle de l’Etat français ou Régime de Vichy : un arrêté publié au Journal officiel, le 27 décembre 2015, permet la consultation des «archives relatives à la Seconde guerre mondiale, émanant principalement des ministères des affaires étrangères, de la Justice et de l’Intérieur ». Désormais, les administrations, comme les  chercheurs et les historiens, tout comme les simples citoyens,  pourront y avoir accès. Une véritable mine à explorer, lorsqu’on sait que ces fonds, dont certains documents pouvaient être classés « secret défense« ,  recèlent les dossiers de l’administration centrale  du ministère de la justice, aussi bien sous le maréchal Pétain que sous le GPRF (Gouvernement provisoire de la république française). Autre « trésor » : l’ensemble des enquêtes réalisées par les services de police judiciaire entre le 3 septembre 1939 et le 8 mai 1945. En fait, les universitaires pouvaient déjà y avoir accès dans le cadre de leurs travaux et par dérogation et la grande nouveauté c’est donc l’élargissement de cette consultation à tous.

Centre international
Les initiateurs du Centre d’études: Michel Promérat, Denis Wahl, Jacques Thierry, Paul Peyronnet et André Fidan

Cette ouverture annoncée a eu une première conséquence : la création du Centre international d’études et de recherches de  Vichy sur l’histoire de France de 1939 à 1945, association loi de 1901. À la manœuvre, on trouve  Jacques Thierry, Michel Promérat, Paul Peyronnet, André Fidan et Monique Léger. Pour Jacques Thierry, « cette association devait être créée à Vichy et pas ailleurs. Nous souhaitons, ajoute-t-il, développer des réflexions sur cette période de l’histoire nationale ». De son côté, Michel Promérat, agrégé d’histoire et ancien Inspecteur pédagogique régional, insiste sur le fait  « qu’il reste des évènements à comprendre et (que) les sujets ne sont pas analysés de la même manière, il y a 10,20 ou 30 ans ».

Robert Paxton
Robert Paxton

Le Centre international d’études qui annonçait déjà plus d’une centaine d’adhérents  fin avril, compte développer ses actions au-delà des frontières, en créant un réseau de correspondants  qui auront pour mission de diffuser  dans leur pays respectif les résultats des travaux et recherches engagés par le Centre. Tout en s’interrogeant sur la dénomination « Régime de Vichy » qui continue de prévaloir pour cette période de l’État français, les fondateurs de l’association insistent sur son indispensable apolitisme : « Nous veillerons à ce qu’aucune incidence politique n’intervienne dans le débat. Si nous acceptions, cette interférence ruinerait l’objectivité des échanges », prévient  Jacques Thierry. Autre précision, de taille: « Il ne s’agit pas  de réhabiliter le gouvernement de l’État Français de 1940 à 1944, mais de porter un regard neuf sur cette période à la lumière de ces archives désormais entièrement ouvertes. »

À peine l’assemblée générale constitutive terminée, le Centre international d’études et de recherches de Vichy a annoncé son premier projet…de taille : l’organisation des Rencontres de Vichy : La France des années 1940-1944, le 26  novembre, à l’hôtel Aletti. Deux grands universitaires nord-américains, spécialistes de la question, ont accepté de parrainer l’évènement: Robert Paxton,professeur émérite à l’université de Columbia, auteur de La France de Vichy qui a totalement renouvelé l’analyse du régime de l’Etat français,  et Michaël Marrus, de l’université de Toronto, coauteur avec Paxton de Vichy et les juifs. Le programme de la journée propose une série de conférences et une table ronde finale. Devraient ainsi intervenir :

Le matin :

Mathias Bernard (président de l’université Blaise-Pascal) : La place des années 1940-1944  dans l’histoire des droites françaises.

Olivier Wieviorka (professeur à l’E.N.S. de Cachan) : La trajectoire  politique des parlementaires du 10 juillet 1940.

Pascal Gibert (Professeur CPGE au lycée Mme-de-Staël à Montluçon) : L’Épuration dans la région de Vichy.

L’après-midi :

Gille Morin, professeur à la Sorbonne et président de l’association des usagers du service public des archives nationales) : Les collaborationnistes parisiens et le gouvernement de l’État français.

Table ronde finale sur le thème :  L’ouverture de nouvelles archives de la période 1939-1945 : quelles avancée pour la recherche ? Avec la participation de Jean-Pierre Rioux (inspecteur général honoraire de l’éducation nationale), Pascal Gibert, Bénédicte Vergez-Chaignon, Mathias Bernard, Gilles Morin ,Olivier Wieviorka, Michèle et Jean-Paul Cointet :

◘ Contacts :

  • Jacques Thierry: 37 Boulevard de la Salle 03200 Vichy (thiervichy@orange.fr) – tél : 06 81 37 86 98
  • Michel Promérat: 20 rue de la Croix-de-pierre 03200 Le Vernet

Le montant de l’adhésion à l’association,  fixé à 10 €,  donne droit à l’entrée gratuite aux Rencontres du 26 novembre 2016

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Henry Rousso

►Venu à Vichy, le 14 juin,  pour participer à une émission radiophonique sur RFI, l’historien Henry Rousso, spécialiste de la 2ème guerre mondiale,  a rencontré les initiateurs du Centre International d’études et de recherches de Vichy.  Il a également parcouru les rues de la station thermale et leurs sites emblématiques sous le régime de l’État français. Sa conclusion : « On constate une absence de trace stupéfiante. Elle rend encore plus présente la mémoire de cette période. Le fait que les autorités municipales, qui se sont succédé, n’aient pas voulu marquer l’espace urbain de cette présence de l’histoire,éclate à la figure. Or, Vichy est un endroit important pour la France. Avec cette absence de traces, de mémoriaux, de manifestations, elle est à contre-courant de ce qui existe dans différentes villes européennes. C’est un choix politique sur lequel je ne porte pas de jugement. Ce qui me frappe,c’est cette exception. Le tourisme de mémoire se développe partout. À Vichy, je pense que cette absence ne durera pas. La nouvelle génération a tout à y gagner (…) S’il y avait un musée sur l’Occupation, il serait attractif ».

 

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