LE BOURBONNAIS, TERRE D’AUTEURS?…

CERTES…MAIS COMMENT   LE FAIRE SAVOIR…

semaine-d-elallier-grands-auteurs►Dans son 600ème numéro (29 septembre 2016), La semaine de l’Allier a publié un dossier sur Le Bourbonnais, terre d’auteurs : « Ils sont partout, mais mal vendus, lit-on en introduction. L’Allier, terre des châteaux, mais aussi d’écrivains. Une étude, réalisée par un Québécois, atteste que l’Allier regorge d’auteurs connus et passionnés. Reste à optimiser cet atout ».  Une optimisation qui passe aussi  par un bon réseau d’éditeurs et de libraires, dont on sait qu’ils ne sont pas au mieux de leur forme en Bourbonnais… Depuis une décennie, le cimetière des publications, des maisons d’éditions et des libraires bourbonnais n’ayant fait que s’agrandir, le tout dans une relative indifférence des pouvoirs publics.

► Le dossier propose une « balade littéraire » pour découvrir ou redécouvrir une douzaine d’auteurs, tous nés en Bourbonnais ou ayant un lien étroit avec le Bourbonnais. Sont ainsi mis à l’honneur : Alain-Fournier, Charles-Louis Philippe, Émile Guillaumin, Jeanne Cressanges , Albert Bonneau, Philippe Valette, Albert Londres, George Sand,  Ernest Montusès, Albert Londres, Valéry Larbaud ainsi que Georges Simenon et James Joyce. On remarquera que la liste ne comporte qu’un seul auteur en vie, Jeanne Cressanges.

POUR UNE BALADE LITTÉRAIRE  EN BOURBONNAIS…

Carte publié par Cheminements littéraires en Bourbonnais
Carte publiée par Cheminements littéraires en Bourbonnais

► Cette sélection est basée sur le travail réalisé par la jeune association  Cheminements littéraires en Bourbonnais. Fondée par Jean-Claude Mairal, ancien président du conseil général entre 1998  et 2001, elle fédère plusieurs petites structures associatives créées pour promouvoir des auteurs bourbonnais, comme les Amis de Charles-Louis Philippe ou  Sur les pas d’Albert Londres :

Jean-Claude Mairal
Jean-Claude Mairal

• « Cette association fédératrice aura pour objet de faire connaître et valoriser le patrimoine littéraire du Bourbonnais, en diffusant et en partageant dans l’Allier et à l’extérieur, les informations et les manifestations des associations locales porteuses de l’œuvre  d’un auteur », déclare Jean-Claude Mairal. Première étape concrètes : une carte a été publié par Cheminements littéraires en Bourbonnais afin de valoriser le tourisme littéraire. En attendant la création d’un site Internet,  une page Facebook Cheminements littéraires en Bourbonnais a été ouverte : « Toutes les associations sont les bienvenues », ajoute son créateur

LE REGARD D’UN CHERCHEUR QUÉBÉCOIS SUR LE PATRIMOINE LITTÉRAIRE

► Quel regard peut bien porter un chercheur québécois sur ce patrimoine littéraire ? Pour Pierre-Mathieu Le Bel, « L’Allier a ceci d’unique, y compris en le comparant  à l’échelle mondiale, qu’on y trouve un tissu particulièrement riche d’auteurs qui défendent le patrimoine littéraire local, ainsi qu’une ressource littéraire variée en termes de styles, de lieux, et d’époques ». Si le Bourbonnais littéraire « a de l’or dans les mains », encore faut-il être en capacité de le valoriser : « Certains de ces héritages littéraires ont connu un début de patrimonalisation, écrit le chercheur québécois.

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La maison natale d’Albert Londres, à Vichy

Il cite en exemples les maisons d’écrivains muées en musées, telles que celles d’Émile Guillaumin, à Ygrande, ou de Charles-Louis Philippe, à Cérilly. Il mentionne aussi l’achat récent de la maison natale d’Albert Londres, à Vichy par l’association Sur les pas d’Albert Londres, ou encore les formidables ressources que peut offrir le fonds Valery Larbaud. Propriété de la ville de Vichy depuis novembre 1948, il recèle plus de 12 000 livres, auxquels il faut ajouter 200 manuscrits, 8 800 lettres, 540 revues littéraires,  ainsi que 2 000 photographies et de nombreuses cartes et estampes. Ce fonds exceptionnel est bien connu des chercheurs, y compris au-delà des frontières de l’Hexagone. Une occasion de rappeler le travail exceptionnel qu’a réalisé Monique Kuntz, récemment disparue.

telechargementAutre valorisation, celle apportée par les prix littéraires comme le Prix René Fallet ou le prix Valery Larbaud, qui jouit d’une relative aura nationale. Seul bémol à toutes ces bonnes volontés : « Ces initiatives restent modestes et dispersées ». Leur salut passe donc par un vrai travail en commun, à commencer par le tourisme littéraire, pour lequel une vraie demande existe. Au-delà de la passion des promoteurs de toutes ces actions, avec comme objectif la création d’un site Internet commun, il reste que la question du nerf de la guerre, à savoir des moyens financiers, ne saurait être éludée. Message adressé à Gérard Dériot, président du conseil départemental, et à son vice-président chargé de la culture.

RENÉ FALLET, ENTRE GOUBY, LE BREDIN, ET L’GLAUDE DE LA SOUPE AUX CHOUX

La semaine de l’Allier propose aussi quelques zooms, d’abord sur René Fallet, écrivain qui se revendiquait bourbonnais, bien qu’il soit né en 1927, à Villeneuve-Saint-Georges, en banlieue parisienne : « À Jaligny où il avait ses attaches, l’écrivain a  laissé sa trace. Une exposition permanente lui est consacrée à la médiathèque communautaire, Les pieds dans l’eau. Elle retrace la vie et l’œuvre de l’auteur », écrit Tristan Potelle. Fallet, fils d’un cheminot  originaire de Jaligny, a publié 23 romans, dont plusieurs ont pour cadre le Bourbonnais et plus particulièrement Jaligny et la vallée de la Besbre.

renc3a9-fallet• Certains ont même été popularisés, avec plus ou moins de réussite, par le cinéma : Un idiot à Paris, de Serge Korber, avec des dialogues de Michel Audiard, où le bredin Gouby, enfant de l’assistance (Jean Lefebvre), abandonné en plein quartier des Halles, est pris en amitié  par Bernard Blier, grossiste en viande, lui aussi issu de l’Assistance. Gouby tombe amoureux d’une prostituée, La Fleur (Dany Carel).

• Dans Les vieux de la vieille (1960), mis en scène par Gilles Grangier, le trio Noël-Noël, Jean Gabin et Pierre Fresnay, en route pour l’hospice de Gouyette, avant de  s’en échapper, met Jaligny sens dessus dessous.

• Enfin, parce qu’il est le plus souvent rediffusé à la télévision, mais pas forcément le plus réussi, on ne passera pas sous silence  La soupe aux choux, de Jean Girault, réalisateur de la série des Gendarmes… avec un autre trio : Louis de Funès (L’Glaude), Jean Carmet (Le Bombé) et  Jacques Villeret (La Denrée). Ajoutons-y La Francine interprétée par Christine Dejoux et la musique devenue culte de Raymond Lefebvre.

LARBAUD, LE BIBLIOPHILE

Valery Larbaud
Valery Larbaud, jeune

► Le dossier de l’hebdomadaire revient aussi sur « Valery Larbaud, le bibliophile », qualifié « d’acheteur compulsif »,  sous la plume de Jean-Baptiste Deberry : « Écrivain et amoureux des lettres, Valery Larbaud est avant tout un passionné des livres. Il en a possédé plus de 12 000 ». L’écrivain n’hésitait pas à parler de « la lecture, ce vice impuni« . Le  journaliste rappelle que le rapport de Larbaud avec le livre a évolué au fil des années: lui qui était « d’abord préoccupé par la conservation des livres » et qui faisait appel pour cela  à des relieurs parisiens ou moulinois, « s’intéresse (ensuite) davantage à l’usage qu’il fait de sa bibliothèque. Il ressent la nécessité de soigneusement l’organiser afin d’y trouver rapidement les ouvrages dont il a besoin« . Des soucis financiers l’ont toutefois contraint à se séparer de certains livres, notamment en 1901 et dans les années 1930,  victime d’un accident cérébral qui l’empêchera désormais de tenir la plume. Après avoir d’abord envisagé en 1935 de léguer sa bibliothèque à la Société d’émulation du Bourbonnais, il finira par changer d’avis en 1948. Cette année-là, la ville de Vichy se portera acquéreur de l’ensemble de ses livres, manuscrits et lettres pour un montant de 8 millions de francs de l’époque.

DÉFENSE ET ILLUSTRATION DES LETTRES BOURBONNAISES

Jean Cluzel
Jean Cluzel, de l’Institut, 

► Enfin, sous le titre « Un sacré défenseur, Jean Cluzel, au chevet des auteurs », l’hebdomadaire rappelle  les actions qu’a menées l’ex sénateur et président du conseil général en faveur de l’écrit en général et des lettres bourbonnaises en particulier : « Infatigable défenseur de la mémoire et de la littérature bourbonnaise, chaque année (…) Jean Cluzel remet un prix aux auteurs méritants  (…). Entre Bransat et le palais du Luxembourg, il a réussi à valoriser le savoir faire bourbonnais d’une façon pérenne». L’auteur de l’article  n’hésite pas à qualifier le prix Allen de « Prix Nobel version bourbonnaise ».

► Au passage, il dévoile la liste des 7 lauréats du 31ème prix Allen, tous « engagés pour la démocratie »:

Le grand prix 2016 a été décerné à Estelle Cournez, directrice du conservatoire d’espaces naturels de l’Allier pour son livre Sur les traces de l’Allier, histoire d’une rivière sauvage. Ce livre, paru en décembre 2015 aux éditions Tomacom (256 p, 400 ill. couleur, 36 €)  est le fruit de dix ans de recherches participatives animées par le Conservatoire d’espaces naturels de l’Allier. Avec de nombreuses informations et plus de 400 illustrations inédites, s’appuyant sur des découvertes et des témoignages de riverains et d’experts, c’est à un voyage dans l’espace et dans le temps que cet ouvrage invite ceux qui veulent mieux connaître une des dernières rivières sauvages d’Europe.

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Remise du prix Allen 2015 Jean Anglade © Dialogues d’avenir

Les autres lauréats sont  Olivier Troubat (archéologue), Emmanuel Paris (« batelier » et animateur de la Chavannée),  Philippe Busser (photographe), Gustave Burlaud (maire honoraire de Monétay-sur-Allier),  Gérard Larat (ancien agriculteur) et Bernard Devoucoux (président du conservatoire d’espaces naturels de l’Allier). La remise des prix  s’est déroulée le 8 octobre, à la chapelle de l’Hôtel de Paris, à Moulins.

• L’éditorial de L’Aurore du Bourbonnais (14 octobre) est consacré au  « Très grand Prix Allen pour l’Allier«   « …revenu cette année à notre rivière mise en valeur par le très beau livre d’Estelle Cournez, fouillée par l’archéologue Olivier Troubat, pratiquée par Emmanuel Paris, photographiée par Philippe Busser, conservée par Gustave Burlaud, Gérard Larat et Bernard Devoucoux. Bravo à toutes ces personnes et gloire à l’Allier. – Gloire à la rivière Allier qui apporte son grain de folie à notre territoire si bien civilisé depuis des siècles, qui lui donne une structure topographique aidée par la Loire et le Cher migrateurs dans leurs pérégrinations intercontinentales… »

Pour en savoir plus sur les prix Allen

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La chapelle restaurée dite de “l’Hôtel de Paris”, cadre de la remise des 30èmes Prix Allen, en 2015 ©Dialogues d’avenir
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Un commentaire

  1. Merci pour cette rétrospective des auteurs Bourbonnais. Je pense aussi à Émile Mâle, historien d’art, Jacques Hillairet auteurs de documentaires sur Paris encore édités aujourd’hui, Robert Virmont.

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