◘ L’ACTUALITÉ DES AUTEURS ET DES ÉDITEURS (MARS – AVRIL 2017)

Mise à jour:   21 AVRIL  2017            Contact: allier-infos@sfr.fr

DU CÔTÉ DES AUTEUR(E)S

• ANNE NIVAT ET FABRICE LARDREAU: DEUX AUTEURS QUI AUSCULTENT LA « FRANCE PROFONDE« 

France « périphérique », France « profonde », France des « abandonnés », jadis qualifiée de  « désert français », et on en passe…Jamais on n’avait abordé avec autant d’insistance, mais aussi de passions, ces thèmes dans une campagne électorale. Quelle est la réalité de cette France qui se sent déclassée, délaissée, abandonnée? C’est à cette question que deux livres ont tenté de  répondre. Celui d’Anne Nivat, est centré sur l’examen  de 6 villes moyennes, dont Montluçon. Celui de Fabrice Lardreau a pour unique objet d’étude le centre géographique de la France, Bruère-Allichamps. Deux livres différents mais qui, finalement, contribuent à dresser un état des lieux et des problèmes.À méditer…

ANNE NIVAT: « DANS QUELLE FRANCE ON VIT« …À LA DÉCOUVERTE DE SIX VILLES MOYENNES DONT MONTLUÇON.

• Jusqu’à présent, Anne Nivat, reporter de guerre indépendante, avait exploré les lointains conflits qui ensanglantent la planète, que ce soit en Irak, en Afghanistan ou en Tchétchénie. C’est ce qui lui avait valu d’être couronnée par le prix Albert Londres en 2000, pour son livre Chienne de guerre : une femme reporter en Tchétchénie. Elle l’avait écrit après un séjour clandestin effectué en 1999, qui lui avait permis de  rencontrer des rebelles, des soldats, et des  civils, en s’immergeant totalement  dans la population locale.

  • Anne NIVAT (2004)

    Cette pratique, qu’elle a utilisée pour de nombreux autres reportages à travers le monde, elle a choisi de la poursuivre pour mener à bien, à partir de 2015, son livre enquête sur la France, qui vient de paraître aux éditions Fayard sous le titre Dans quelle France on vit...Titre affirmatif, et non pas interrogatif. Loin des études statistiques désincarnées, elle a voulu côtoyer durant des semaines tous ces acteurs anonymes qui peuplent et qui font vivre le pays. Elle vécu à leur côté, elle les a vus, elle les a laissés parler, se confier à elle, et elle a logé chez eux. De quoi instaurer un climat de confiance entre l’observateur et l’observé. Sentiment de déclassement et/ou d’insécurité, poids du chômage, malaise des jeunes face à un avenir qui se dérobe, questionnement sur l’identité…Autant de sujets qui parsèment le livre, avec aussi des exemples de reconversions réussies, des touches d’humour volontaire ou involontaire,  et des raisons d’espérer. En se donnant le temps d’une enquête étalée sur plus d’une année, en écartant volontairement le discours stéréotypé des politiques en  campagne électorale, en ne s’interdisant pas d’aborder des sujets réputés tabous, elle  a réussi à livrer un récit fidèle à la réalité du terrain observé.

  • L’avenue Marx-Dormoy, avec ses platanes centenaires et le château des Bourbons en perspective

    Pour mieux cerner son sujet et éviter la dispersion, elle a choisi de s’attacher à six villes moyennes de l’hexagone, à propos desquelles, vu de Paris, on accuse avec un brin de condescendance les populations « oubliées » de « mal voter ». Toutes ont moins de 50 000 habitants. Il s’agit d’Évreux, de Laon, de Laval, de Lons-le-Saunier, d’Ajaccio et de Montluçon. Pour chacune d’elle, Anne Nivat  a opté pour une thématique particulière, le fameux angle d’attaque du journaliste rédigeant un article. Pour Montluçon, qui occupe une soixantaine de pages sur plus de 480 que compte le livre,  et où elle a passé trois semaines en octobre 2015,    c’est la thématique du chômage, dans une ville qui a connu une désindustrialisation brutale, qu’elle a voulu privilégier : « J’ai rencontré des demandeurs d’emploi, j’ai voulu saisir leurs préoccupations, comprendre leurs difficultés au quotidien » confie-t-elle à Aymar de Chaunac dans La semaine de l’Allier (9 mars). Ce thème de l’emploi apparaît par ailleurs dans le chapitre dédié à la ville de Laval mais, cette fois-ci, vu du côté des employeurs. Anne Nivat n’hésite pas à parler d’un « bassin d’emploi tellement déprimé ». Au fil des pages, elle promène le lecteur dans ces lieux où l’on est assuré de croiser les victimes du chômage, en mettant cette fois-ci des  visages, derrière le problème.

    Forum de l’emploi: le point de départ de l’enquête…

    • C’est d’abord le Forum de l’emploi au Centre Athanor où « tous ceux qui cherchent un travail à Montluçon et dans les alentours sont venus ». De quoi bousculer l’image véhiculée à l’envi  du chômeur, assisté impénitent, qui préfère vivre de ses indemnités plutôt que de chercher du travail… Tous lui décrivent la réalité de leur quotidien, entre « calvaire et parcours du combattant », note Aymar de Chaunac. Autre point de passage obligé, Pôle Emploi où elle croise des conseillers dont la mission se révèle  « très, très dure ». Comme des acteurs qui ne croient pas au mauvais scénario qu’on veut leur faire jouer, elle s’entend dire par une psychologue : « On est là pour faire croire que le taux de chômage va baisser, alors qu’en fait (…) on est juste là pour être là ». Terrible constat.  En retrouvant cette même psychologue, plus tard à son domicile, celle-ci lui confie que son « rôle essentiel est de maintenir l’ordre social (car) en raison de leur santé, de leur âge ou de leurs difficultés d’apprentissage, 20% des inscrits ne pourront jamais retravailler« . On ne saurait être plus lucide. D’ailleurs dans le passage qu’elle lui consacre, Anne Nivat lui décerne le titre de  » psychologue qui a tout compris« , ce qui ne l’empêche pas de continuer à accueillir, « avec passion, patience et abnégation« ,  celles et ceux que les conseillers de Pôle Emploi lui envoient.  Dans la file d’attente, une chômeuse explique à la journaliste qu’entre la Sagem qui a besoin de personnel « hyperqualifié » et Dunlop qui embauche au compte-goutte, il ne reste plus guère d’espace pour elle et pour bien d’autres. D’où une angoisse qui en étreint plus d’un : « Ne plus être motivé, ne plus avoir de but », et finir par devenir ce que cette chômeuse appelle crûment « une cas’sos ».

  • Boulevard de Courtais (1965): la ville dépassait alors  les 55 000 habitants
    1960: Quand Saint-Jacques n’était pas encore un espace commercial

    Pour comprendre comment on en est arrivé là, dans la ville qui fut jadis surnommée tantôt la « Birmingham française », Anne Nivat s’est penchée sur  l’histoire de la ville. En puisant dans la documentation des Amis de Montluçon, en s’informant auprès d’André Touret et d’Éric Bourgougnon, elle a parfaitement intégré l’histoire de la cité. D’abord l’étape du décollage industriel, avec la fracture sociale et politique entre la rive droite et la rive gauche. Une fracture qu’aucun maire, malgré des intentions affichées, n’est vraiment parvenu à réduire, à défaut de la faire disparaître. Et puis, se profile l’inexorable déclin industriel, accompagné de  sa litanie de disparitions des piliers industriels montluçonnais qui embauchaient massivement, payaient plus ou moins bien,  exigeaient peu ou pas de qualification pour les personnels les plus nombreux affectés à la production. Celles qui ont survécu ont considérablement réduit la voilure du personnel: le nombre de salariés a été divisé par 2 à la Sagem, par 5 ou 6 à Dunlop, quand ce n’est par 10 ou 12 à Landis et Gyr. L’intérim est devenu la variable d’ajustement « naturelle« . Faute d’emplois, les jeunes sont partis, provoquant  un autre effondrement : une population  tombée de 60 000 habitants en 1960, ce qui en faisait la 65ème ville de France, à 41 000 en 1999, reléguant la cité des bords du Cher à la 144ème place. Depuis, elle ne retient guère plus de 38 000 habitants.

    L’Usine Dunlop : 4 000 emplois en 1960…5 fois moins aujourd’hui

    • Quant aux projections de l’INSEE, avec peut-être 20 000 habitants dans 30 ans, elles déclenchent l’ire du maire, Daniel Dugléry, qu’Anne Nivat a rencontré. Pour lui, « le destin d’un territoire est lié à la détermination des hommes politiques qui l’administrent, mais aussi à celle de ses habitants« . Il préfère pointer du doigt, comme elle le rapporte « le démantèlement du territoire et l’organisation du désert français » qui fait que, hormis l’autoroute, Montluçon est bien loin de tout. D’ailleurs, la journaliste raconte son périple ferroviaire entre la gare d’Austerlitz et celle de Montluçon. Beaucoup de lecteurs ayant emprunté la ligne s’y reconnaîtront.

  • Nicolas Brien et Daniel Dugléry (© Regard Actu)

    Autre acteur qu’elle décrit brièvement, mais d’une plume plus acerbe, Nicolas Brien, suppléant du député socialiste Bernard Lesterlin, en campagne pour lui succéder aux prochaines Législatives : « Un ambitieux militant socialiste, rêvant d’un destin municipal, (qui) n’a pour l’édile (Daniel Dugléry) et pour ses prédécesseurs que mépris et condescendance: « Un prof, un  technicien des PTT et   un flic », voila comment il qualifie les trois derniers. Il insiste sur le fait que Montluçon se montre  à la fois hostile aux jeunes et aux vieux. Sa formule à propos de Montluçon, note Anne Nivat, est cependant amusante: »Montluçon, c’est Bienvenue chez les Ch’tis en Auvergne! » »… Les intéressés apprécieront…ou pas.

  • Sagem-Safran
    La cheminée des Fers Creux, unique vestige industriel de la grande époque

    Le glorieux passé industriel, s’il est bel et bien mort, Eric Bourgougnon, conservateur du MuPop et responsable de l’activité muséale, voudrait bien que les Montluçonnais se l’approprient enfin et ne fassent pas tout pour l’oublier, à la façon d’une maladie honteuse. Déjà qu’il n’en reste rien dans le paysage urbain, exception faite d’une cheminée rappelant l’existence de l’usine des Fers Creux, près du pont des Iles… Pour les moins de 40 ans, Saint-Jacques, n’est rien d’autre qu’un nom de centre Commercial et la Verrerie, un quartier qui, de temps à autre, s’invite dans les pages des faits divers de La Montagne….À quand le musée industriel qu’avaient ébauché, sans grands moyens autres que leur passion et leur bonne volonté,  des précurseurs comme René Bourgougnon, disparu depuis, Michel Desnoyers et quelques autres passionnés regroupés dans le  CRAIUM ? Anne Nivat  est d’ailleurs conviée à visiter « cette vaste caverne d’Ali Baba où reposent vingt années de collectes » mais qui n’attendent plus qu’on les fasse revivre.

  • Parmi les autres acteurs du livre, figurent des syndicalistes, avec Guillaume David, responsable de la CGT chez Dunlop, une usine où la direction n’a pas souhaité communiquer. Il se dit fermement convaincu de l’utilité des syndicats, à l’heure où il est de bon ton de dénoncer leur inutilité, voire leur prétendu pouvoir de nuisance,  et leur archaïsme. Pour lui, le jour où les syndicats auront disparu, « il y aura des meurtres« , face à des conditions de travail qui se dégradent et à des directions des ressources humaines, qu’il perçoit comme  « de moins en moins humaines » . L’épisode de la chemise déchirée d’Air France risque de  passer pour une aimable plaisanterie. Quant au  patron de la Sagem, Cyril Bouytaud, il vante au détour d’une phrase les vertus de l’intérim, à la fois «une variable d’ajustement que dénoncent nos partenaires sociaux », mais aussi  « une  formidable chambre de recrutement « … Soit!
    Le boulevard de Courtais…au temps des Tractions Citroën et des 403 Peugeot

    • Une des dernière images du passage montluçonnais d’Anne Nivat est celle du boulevard de Courtais, « la vitrine montluçonnaise  (où) pullulent les succursales d’assurances, de banques, de mutuelles et autres magasins de prothèses auditives, opticiens, enseignes de soins corporels, parfumeries, ou encore commerces de cigarettes électroniques et de malbouffe« , avec « des stores baissés, des vitres sales et des sols poussiéreux où s’entassent les prospectus publicitaires ». Dur, dur, mais est-ce si loin de la vérité?  Sans oublier  l’interminable liste des locaux « à vendre » ou « à acheter ». De quoi faire se remémorer à Anne Nivat la chanson du rappeur Mickey 3D qui vit les Montluçonnais se lever, vent debout, contre elle: « À Montluçon, dans ta cité triste à mourir« …

  • Au final, comme le note Aymar de Chaunac, à la lecture du livre d’Anne Nivat, « il ressort qu’à l’horizon, le ciel montluçonnais n’est pas bien bleu », même si elle affirme ne pas avoir « voulu faire un énième livre misérabiliste» privilégiant « le quotidien des gens confrontés à une certaine brutalité mais décidés à s’en sortir »,

► Anne  NIVAT : Dans quelle France on vit (1 vol. br, 496 p, éd. Fayard, 22 €).

À lire dans La Montagne (samedi 25 mars), l’interview d’Anne Nivat réalisée par Tanguy Olivier, directeur de l’agence de Montluçon: « Anne Nivat raconte “son”Montluçon« . Face à la  critique formulée par certains de ses lecteurs locaux, elle se défend d’avoir voulu donner dans « le misérabilisme« : « Je parle des pauvres, du chômage, des gens qui vont mal à Montluçon. Je n’ai pas choisi un sujet plus positif. J’estime que  les chômeurs ont un propos aussi intéressant que les autres » tout en ajoutant qu’elle a seulement voulu « mettre les points sur les i« . À la question de savoir quel regard elle porte finalement sur l’avenir de Montluçon, elle répond: « Ce que j’ai vu de cette ville, comme des autres, c’est une immense énergie humaine. C’est la seule chose qui m’intéresse. L’humain a des ressources inouïes que j’ai explorées sur des territoires de guerre et que j’ai retrouvées en France. Montluçon, cela ne fait pour moi aucun doute que  c’est une ville positive dans laquelle il se passe des choses. J’ai rencontré des jeunes qui veulent y vivre« … À noter: L’interview est également disponible en accès gratuit  sur le site web  du quotidien.

Dans quelle France ont vit a bénéficié d’une belle couverture médiatique que ce soit en presse, télévision et radio, dont RMC et BFM TV, où elle a été interviewée par Jean-Jacques Bourdin, son époux à la ville. Conséquence pour l’éditeur, il a fallu procéder à plusieurs retirages pour faire face à la demande. Initialement mis en place le 6 mars, à 7 000 exemplaires,  le livre a dû être retiré 9 fois pour atteindre les 39 000 exemplaires, dont 34 000 étaient déjà  « sortis« , fin avril, selon la revue Livres-Hebdo.

téléchargement Pour l’Express (29 mars), qui rappelle qu’on est plus habitué à la voir en Tchétchénie ou en Irak, « Anne Nivat s’est trouvé un nouveau terrain d’enquête, la France. Elle est partie en « immersion » à la rencontre des habitants de villes moyennes (…) afin d’ausculter les maux de notre pays (chômage, sentiment d’insécurité…). Autant de thèmes qui font évidemment écho à la campagne pour la présidentielles. Portée par une forte présence médiatique (…), Anne Nivat défend son livre avec fougue. Et ça marche aussi« . Ça marche tellement bien que le livre figurait en 4ème position des meilleures ventes, catégorie Essais et documents, dès la première semaine, entre le très médiatique médecin Michel Cymès  (Votre cerveau) et Christophe André (Trois minutes à méditer).

• Dans le cadre de la promotion de son livre, Anne Nivat a fait  étape à Montluçon, le samedi 8 avril. Elle est allée à la rencontre de ses lecteurs, lors d’une séance de dédicace à la Librairie des Écoles.

FABRICE LARDREAU: UNE IMMERSION DANS LA « FRANCE PÉRIPHÉRIQUE« …AU CŒUR DU PAYS.

  • Fabrice Lardreau

    Quid de la France profonde…Quid de la France « périphérique» ? L’écrivain Fabrice Lardreau a choisi lui de se pencher sur Bruère-Allichamps, dans le Cher, considéré comme le centre géographique de la France. Son but: tenter de répondre aux questions qui en découlent : « Qu’est-ce que le Français moyen ? Qui est-il ? Comment vit-il ? Que ressent-il ? Pourquoi est-il de plus en plus tenté par le vote en faveur du Front National ? … » Pour ce faire, il est parti à la rencontre des habitants de cette France que les statistiques appellent   « médiane »,  parce qu’elle vit avec le revenu médian, soit 1.700 € en 2016. Une tranche de la population dans laquelle  le vote en faveur du Front National progresse et qui est devenue un thème de campagne et un enjeu  pour certains candidats.

  • En ayant basé son essai sur les rencontres avec une vingtaine d’habitants de Bruère-Allichamps, Fabrice Lardreau concède qu’il ne prétend pas s’exprimer pour tous les Bruérois et encore moins pour la France dans son ensemble. Toutefois, précise-t-il dans une interview donnée à La Montagne (7 mars), « eux-mêmes se définissent comme des Français moyens, sans connotation péjorative, comme une population qui pondère des traits de caractères nationaux. De ce point de vue, la commune est versatile politiquement, et illustre en ce sens l’accélération de l’alternance dans le pays. L’idée qu’une fois un candidat discrédité, il faut passer à un autre ». Selon lui,  la commune de Bruère-Allichamps  est « éminemment représentative du vote frontiste en milieu rural, dont on observe l’évolution depuis 2002 ». Et de poser la question centrale : « Pourquoi, dans ces campagnes sans violence ni immigration, opte-t-on pour l’extrême droite ? ». Au-delà du constat, Fabrice Lardreau apporte des éléments de réponse  parmi lesquels il distingue « une mutation sociologique de ces communes, avec l’arrivée de plus en plus d’ouvriers, de classes populaires, qui n’ont plus les moyens d’habiter en ville ni même en banlieue. Ces zones « périurbaines », peuplées de « rurbains », sont victimes d’une grande perte de lien social. Leur mode de vie transpose désormais l’anonymat des villes. Et le sentiment d’abandon y est grandissant ». Un abandon qui passe, notamment, par la disparition progressive de nombreux services publics. Une logique comptable appliquée depuis Paris et sans nuance.
  • Pour rétablir le lien avec cette France périphérique, hostile à l’égard de la classe politique, souvent résumée par la formule « le système», la seule solution est de remettre du lien social, de renouer le dialogue : « On ne se parle plus. On se satisfait des clichés. Il y aurait d’un côté les bobos intellos, de l’autre les beaufs et les ploucs. C’est un simplisme dangereux, et on en voit la traduction électorale. Il faut combattre les différences, que la politique populiste veut exacerber, particulièrement chez les populations les plus fragiles». Pour terminer sur une note d’espoir, Fabrice Lardreau considère que « Nos milieux ne sont pas si éloignés et irréconciliables que le prétendent les promoteurs de l’affrontement ».

téléchargement• À propos du livre de Fabrice Lardreau, Jérôme Dupuis écrit dans l’Express (29 mars):  » Fabrice Lardreau est parti à la rencontre des « vrais gens » de cette commune: patron de café, retraités,ex-parisiens… Il en a tiré un livre délicat et inclassable qui ausculte les petits bonheurs, les nostalgies et les peurs de ce terroir plus rural et paisible que la « France périphérique » du géographe Christophe Guilluy, mais qui, surprise, vote à 40% pour le Front national. Ce n’est pas un livre spectaculaire. Toutefois, à quelques  semaines de la présidentielle,  il dresse un portait subtil et précieux d’une certaine France invisible que l’on finirait presque par oublier« .

Fabrice LARDEAU:  Le carrefour invisible, une chronique française (1 vol. br, 168 p, éditions Plein Jour, 15€)

◘ UN DOCTORANT EN GÉOGRAPHIE AUSCULTE LES ACTEURS LOCAUX MONTLUÇONNAIS

© La Montagne Centre France (10 mars 2017)

• Décidément, Montluçon n’en finit pas de susciter des recherches. Un jeune doctorant en géographie espagnol, Mikel Agirre, a commencé en mars à sillonner la ville pour y rencontrer les acteurs locaux. Il est allé à la rencontre des élus, des dirigeants économiques, des responsables d’administrations et d’associations,  dans le cadre de son projet de recherches. Il porte sur  « les villes de taille moyenne en mutation socio-économique et leur gouvernance dans l’espace franco-espagnol ». Le tout débouchera sur une thèse qu’il soutiendra  devant les universités du Pays Basque et de Perpignan, des deux côtes de la frontière.  À travers cette étude, il cherche à « analyser les causes et les conséquences de  ces processus urbains ainsi que les politiques et stratégies mises en place« . Quant aux raisons du choix de Montluçon, elles sont doubles: la cité des bords du Cher est une ville moyenne qui a connu la décroissance et elle n’a pas  suscité beaucoup de recherches universitaires sur ce thème.

◘ POUR SURVOLER UN SIÈCLE D’HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE DANS LE BASSIN MONTLUÇONNAIS…

Annie DESNOYERS

• Annie Desnoyers, professeur de lettres classiques  à la retraite, s’est intéressée à l’histoire de l’enseignement technique à Montluçon. Entre 1927 et 1930, son père avait été  élève de l’École Pratique, jadis installée dans les locaux du lycée de garçons (l’actuel collège Jules –Ferry). C’est ce qui lui a donné l’envie d’en savoir plus sur cette filière de formation et d’excellence qui pouvait conduire, dans le meilleur des cas,  jusqu’aux Arts et Métiers. Elle a débuté ses  recherches, en commençant par l’exploration des archives paternelles, constituées de photos,  de documents papier mais aussi d’un enregistrement. Elle  a ensuite poursuivie son enquête, en recueillant  témoignages, souvenirs et documents auprès des « anciens » ou de leurs familles. Il en est d’abord sorti une exposition qui a été présentée, notamment, au collège Jules-Ferry en février 2016. Devant l’intérêt qu’elle a suscité, est né le projet d’en faire un livre richement documenté et illustré, dont le titre résume à lui seul le contenu : Cent ans d’enseignement technique à Montluçon (1850-1955)

Le lycée de garçons de Montluçon qui héberge dans ses locaux l’École pratique

• L’ouvrage couvre toute  la période comprise entre le moment où l’industrie montluçonnaise commence à décoller, avec l’industrialisation et l’urbanisation de la rive gauche du Cher, la fameuse  Ville-Gozet, et le milieu du XXème siècle, lorsqu’un nouvel établissement sort de terre, l’École nationale de l’enseignement technique ou ENET. René Billères, ministre de l’éducation nationale viendra en personne l’inaugurer, à l’invitation du maire, André Southon. Dans ce livre qui se veut « sérieux » et solidement documenté, mais qui fourmille aussi d’anecdotes soufflées par les « anciens », Annie Desnoyers montre que si l’histoire de l’industrie et celle de Montluçon sont intimement liées, l’histoire de l’enseignement technique en est le prolongement naturel.

L’atelier de menuiserie au sein de l’École Pratique

• Pour elle,  le véritable départ du Technique se situe vers 1850 : « C’est le départ d’un virage industriel à Montluçon. C’est toute une vie sociale qui se met en place à cette époque. Mais la mise en place n’a pu se faire que parce qu’il y avait les hommes pour le faire comme par exemple Alexandre Duchet maire de Montluçon et patron de la Verrerie. Il savait que les patrons des usines avaient besoin d’équipes chevronnées», confie-t-elle dans une interview donnée au journal La Montagne. Pour disposer de ce personnel qualifié, du contremaître à l’ingénieur, des formations pédagogiques sont créées, tout en tenant compte des besoins et des  débouchés industriels du bassin montluçonnais.

L’École Pratique, un tremplin vers Cluny et l’école des  Arts et Métiers

• Au sein de la Section spéciale, de l’École pratique ou du Collège technique, l’enseignement technique offre par sa diversité des débouchés et des possibilités de carrières, aussi bien aux  élèves issus de milieux modestes qu’à ceux  des classes moyennes. Un « ascenseur social » avant l’heure. Les plus brillants d’entre eux finiront par intégrer Cluny et en sortiront Gadzarts, avant de revenir, pour certains, occuper des postes de responsabilité dans l’industrie montluçonnaise, que ce soit  à Saint-Jacques, à Dunlop, à la Sagem ou ailleurs. C’est le cas de Robert Labarre, fils d’un ingénieur de l’usine Saint-Jacques, qui au sortir de Cluny sera embauché en 1943 à la SAGEM , dont il sera par la suite le P-DG pour  l’ensemble du groupe. On sait  que ce vivier de formations techniques a été, entre autres, un des éléments qui a motivé Marcel Môme, fondateur de la SAGEM, dans l’installation de l’usine de la Côte Rouge en 1933-1934.  Pour ceux qui ne peuvent prétendre à Cluny, un bac technique est créé en 1946. Lui aussi ouvre de belles perspectives dans l’industrie locale.

L’Ecole Nationale de l’Enseignement Technique, inaugurée en 1955

•D’ailleurs, succès oblige, la place vient à manquer, d’autant que la filière classique commence à juger la filière technique un peu trop envahissante à son goût.  Il faut  donc envisager la création d’un nouvel établissement, plus grand, susceptible d’accueillir plus d’élèves mais aussi de recevoir davantage de filières de formation. L’idée avait déjà germé dans la tête de Marx Dormoy, mais la guerre avec stoppé net tout  projet. Il faudra donc attendre la construction de l’ENET, l’actuel Lycée Paul-Constans, qui voit arriver ses premiers élèves en 1955. Exit l’École pratique qui quitte le lycée de garçons. Désormais, toutes les filières de l’enseignement technique ainsi que  les écoles d’apprentissage propres à chaque usine y seront regroupées. C’est par là qu’Annie Desnoyers conclut son voyage dans le temps.  Un livre passionnant, publié avec l’appui de l’association des anciennes et des anciens élèves des lycées de Montluçon…à mettre en parallèle avec Montluçon au siècle de l’industrie, coécrit par René Bourgognon et par un certain Michel…Desnoyers.

Annie Desnoyers : Cent ans d’enseignement technique à Montluçon (1850-1955), édité par l’Association des anciennes et des anciens élèves des lycée de Montluçon, 15 €.

◘ UN ÉCRIVAIN OUBLIÉ À REDÉCOUVRIR: PHILIPPE VALETTE (1887-1962)

Philippe VALETTE

• Les éditions Plein Chant ont publié  Mon village : récit par Philippe Valette, avec une préface de Pascal Pinel, dans la collection « Voix d’en bas » (208 p., ill. ,12 €). L’éditeur présente ainsi la vie de l’auteur:   Philippe Valette est né le 5 avril 1887 en Saône-et-Loire. Son père, garde-chasse, et sa mère, issue d’une famille de propriétaires vignerons, subsistent tant bien que mal. Très tôt, ils se séparent, et le petit Valette, à l’âge de six ans, est recueilli chez ses grands-parents paternels en Bourbonnais. Il va vivre là, au contact de la pauvreté quotidienne, une enfance qui fixera son caractère sensible et tourmenté.  Au décès de ses grands-parents, son père revient au pays comme journalier et le place comme vacher dans une grande propriété voisine. Contre son infortune, des personnes bienveillantes auront une influence déterminante sur sa personnalité, mais son humanité profonde se révélera davantage peut-être à travers le sentiment d’une connivence avec tous les règnes de la nature. Les souvenirs de cette époque de sa vie constitueront la trame de son récit autobiographique Mon village.  

• Fuyant sa condition d’ouvrier agricole, Valette devance à 19 ans l’appel au service militaire. Il est mobilisé dans l’infanterie en 1914-1918. D’un carnet de notes tardif, couvrant une période allant jusqu’à mai 1924, il fait l’objet de son premier livre, dédié à Émile Guillaumin : Oh! Vivre…Dans ces pages, comme son futur ami Marcel Martinet, il condamne la boucherie de la Grande Guerre.     De retour à la vie active, il devient facteur-receveur des Postes, métier qu’il exercera dans diverses localités du Bourbonnais.

Une coupure étrange dans sa carrière intervient en 1935 : alors que Mussolini lance ses troupes à l’assaut de l’Éthiopie, Valette devient pour un mois reporter pour La Tribune républicaine de Saint-Étienne qui l’envoie à Addis-Abeba. Il y croise le Négus mais en rapporte aussi des images d’horreur, telles celles des guerriers éthiopiens brûlés par les gaz italiens. Cette même année il publie son deuxième ouvrage, intitulé Sur la terre, où il décrit avec exaltation des destinées particulièrement implacables. Faute de diffusion ce livre recueillera peu d’échos.

Plaque commémorative apposée sur la façade de sa maison

• En  1942, Valette se retire à Chareil-Cintrat. Il y rédige ses dernière œuvres, dont Mon village, paru en 1947  suivi de Valeurs et synthèse, essai philosophique quelque peu hermétique, auto-édité en 1953 et de  Le petit commerce anecdotique, qui restera inédit. C’est  tout à la fois un roman d’un postier chômeur qui devient colporteur, une quête spirituelle et une exposition de la philosophie de l’auteur. Philippe Valette disparaît le 1e février 1962 à l’âge de 75 ans.    Lors de la parution de Mon village, Émile Guillaumin félicita Valette :  » … Très beau livre qui pourrait bien avec un peu de chance aidant survivre à son auteur (…) Il est beau parce qu’il est simple,direct, humain,sincère… »

  • La Compagnie en La, à l’initiative de la médiathèque de Gannat, au travers d’un spectacle intitulé justement Mon village, a fait découvrir l’écrivain aux Gannatois. « Avec beaucoup de brio, Évelyne Warszawski et Jean-Pierre Delplanche, tour à tour conteurs, comédiens, chanteurs, ont su charmer leur auditoire … » (La Montagne, 25 février).

LES CAHIERS BOURBONNAIS: UN SOIXANTIÈME ANNIVERSAIRE  QUI N’AURA PAS LIEU

CB 1img010• L’éditorial de L’Aurore du Bourbonnais du 17 mars 2017 est intitulé : « Les Cahiers bourbonnais auraient eu 60 ans ». En effet c’est au 1er trimestre 1957  que le tout premier numéro de cette revue fondée par Marcel Génermont sortait des presses. Avec pour but d’offrir un point de ralliement pour les artistes et écrivains bourbonnais et créer un lien entre tous les Bourbonnais « amoureux de leur petite patrie« . « En feuilletant ce premier numéro,on découvre avec nostalgie les contributions des grandes plumes de « chez nous » (…) Bref, un vrai plaisir de redécouvrir ce premier numéro et il est vraiment regrettable que les Cahiers bourbonnais n’existent plus (…) Avec le numéro 234 cette aventure éditoriale extraordinaire au service de notre Bourbonnais prit fin à l’automne 2015. Quel dommage! ».

• Sur l’histoire de la revue et de ses acteurs, ainsi que sur les raisons de sa disparition, on pourra se reporter à l’article publié sur ce blog https://vudubourbonnais.wordpress.com/2016/07/26/les-cahiers-bourbonnais-la-fin-dune-longue-histoire/:

◘ “RÉSUMONS-NOUS” D’ALEXANDRE VIALATTE OU COMMENT  « DÉCOUVRIR UNE FACETTE PLUS GRAVE DE CET IMMENSE ÉCRIVAIN  MÉCONNU »…

VIALATTE Alexandre• Dans L’Express (22 février), sous le titre Avatars de Vialatte, Jérôme Dupuis a donné un compte-rendu du livre d’Alexandre Vialatte, Résumons-nous (éd. Bouquins, 1326 p.,32 €) : « Un nouveau recueil de textes de l’auteur de Battling le ténébreux. Où l’on découvre, derrière l’humour et l’ironie, une facette plus grave de cet immense écrivain méconnu », écrit-il en préambule.­ Après les deux tomes reprenant dans la même collection les 900 Chroniques parues dans La Montagne, “Résumons-nous”  réunit les chroniques que Vialatte a données aussi bien à La Revue Rhénane, où il était employé comme traducteur et rédacteur en 1922, qu’au Petit Dauphinois (1932-1944) ou à Marie-Claire (1960-1966),  sous le titre L’Almanach des quatre saisons. On y trouvera par ailleurs   les articles donnés  à la revue Le Spectacle du monde, dans laquelle il propose une “Promenade Littéraire”, de 1962 jusqu’à sa mort. Pour Jérôme Dupuis, c’est « l’occasion de se replonger dans la langue mélancolique et espiègle de cet écrivain part trop méconnu », auquel il pense qu’il aura manqué une grande adaptation cinématographique pour être promu « star des lettres ».

resumons-nous• « Tiens, revoilà Alexandre Vialatte!  L’auteur des “Fruits du Congo”, l’un des dix plus beaux romans français du XXe siècle, n’aura jamais autant publié que depuis sa mort, en 1971, écrit le critique.  La livraison du mois est une brique de 1300 pages de chroniques ironiques sur tout (et surtout sur rien),dont une partie, jadis publiée dans Le Petit Dauphinois, est inédit en volume (…) Le recueil rétablit pour la première fois dans leur intégralité ses ultimes chroniques pour le droitier Spectacle du monde. On y voit un Vialatte scandalisé par l’abandon de l’Algérie, tendance nostalgique des oasis plutôt que soutien à l’O.A.S. Car le souvenir des taches roses de l’empire sur une carte accrochée au tableau noir de la communale l’emportera toujours,chez  lui, sur la realpolitik. Et c’est ainsi qu’Alexandre Vialatte est grand! » 

François MOREL
François MOREL, un regard décalé sur Vialatte

• Dans le supplément littéraire du journal Le Monde (3 mars), le comédien, chanteur,écrivain et ex-membre des Deschiens,   François Morel s’est aussi penché sur le livre de Vialatte. Il prend bien soin toutefois de préciser « qu’on peut parfaitement porter un jugement sur son œuvre sans l’avoir jamais lue » et qu’il suffit pour cela  « de conclure, sibyllin : « Et c’est ainsi qu’Allah est grand. » Moi-même, je me permets de rendre compte, sans avoir intégralement lu les 1 326 pages (table des matières comprise) », prévient-il d’emblée en ajoutant que le dernier livre de Vialatte  est, par définition,  non résumable.

  • En préambule, il écrit qu’il « devrait exister des Brigades du cliché et du poncif (les BCP) qui débarqueraient partout, à toute heure du jour et de la nuit, par tous les temps, toutes les saisons ». Elles sanctionneraient d’un timbre – amende l’usage des dits poncifs. Après le « Attention, ça ne repousse pas », à l’adresse de celui qui laisse tomber sa monnaie par terre, le  « Ah ! comme c’est gentil de m’offrir des fleurs », lancé à l’inconnue que l’on croise avec un bouquet, il ne peut esquiver la formule récurrente chère à Vialatte, sa marque de fabrique, le fameux   « Et c’est ainsi qu’Allah est grand ». Et François Morel de proposer : « Chroniquant un ouvrage d’Alexandre Vialatte (1901-1971), on trouverait bienvenu de conclure par la formule fameuse par laquelle Vialatte concluait ses chroniques pour La Montagne (…) ou « Et c’est ainsi que Vialatte est grand » ou « Et c’est ainsi que mon cheval, mon psychiatre, mon slip est grand » …
La campagne
Quand l’État incitait la ménagère à  « Suivre le boeuf! »…

• Selon lui,  « si Vialatte, lui, joue avec les clichés, les banalités, les poncifs, c’est pour les transformer, les célébrer, les glorifier ».  Parmi les poncifs, il reprend la formule diffusée dans les années 1960, à destination de la ménagère de l’époque, que l’on invitait étrangement à « suivre le bœuf ». Cette ménagère de l’époque gaullienne  « suit le bœuf dans la mesure du possible ; elle s’embellit par l’escarpin gondolé, le bracelet grimpant, le collier- mouchoir (…). L’esprit de l’homme bout à gros bouillons : c’est en avril qu’il invente le pôle Nord, La Marseillaise et le système métrique, l’hélicoptère et la Légion d’honneur. ». François Morel replace donc  le poncif dans son contexte : « N’oublions pas, rappelle-t-il,  que si la femme de 1960 suivait le bœuf, c’était sur les instructions du secrétaire d’Etat chargé du commerce intérieur, M. François Missoffe, qui avait pour projet, dans les gouvernements de MM. Debré et Pompidou, de faire baisser le prix de la viande bovine. Et, franchement, qui pourrait sérieusement lui en faire le reproche ? Que l’on soit capitaine de Pédalo ou simple passager, il n’est pas inutile de connaître le savoir-vivre du Pédalo » Autre remarque de François Morel : « La femme de Vialatte, se retrouve aujourd’hui chez certains candidats à la présidentielle », citation à l’appui : « La femme remonte à la plus haute antiquité. Elle est coiffée d’un haut chignon. C’est elle qui reçoit le facteur, qui reprise les chaussettes et fait le catéchisme aux enfants».  

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Pierre JOURDE, préfacier de “Résumons-nous

• Si Vialatte est souvent drôle, il est rarement gai. « La France s’enfonce dans la décadence, l’année dans les frimas, et moi dans mon automne ».  La ressemblance cependant s’arrête là car « contrairement aux catastrophistes actuels, Vialatte observait son époque en n’oubliant pas de se regarder lui-même. Il savait que la noirceur de son regard sur l’évolution du monde avait à voir avec sa nostalgie intime et son propre déclin. En tentant désespérément de définir tout ce qui l’entourait par une accumulation absurde de détails, il dénonçait infatigablement l’impossibilité de décortiquer le monde, de saisir le réel ».

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© La Montagne (3 mars 2017)

La Montagne qui accueillit plus de 900 chroniques de Vialatte ne pouvait pas ne pas évoquer “Résumons-nous”. C’est le journaliste Jean-Marc Laurent qui s’en est chargé (3 mars). Il  évoque un « Vialatte conteur chronique« : « Quand sa plume avait tendance à digresser, ce qui lui arrivait souvent, Alexandre Vialatte avait coutume de revenir à sa démonstration par l’une des formules qui ont nourri sa légende: « Résumons-nous ». C’est sous ce mot de passe vialattien que Pierre Vialatte poursuit la publication des textes de son père », écrit-il en introduction à son analyse. Il reprend à son compte les propos de Pierre Jourde, selon lequel « les textes de Vialatte n’ont jamais cessé d’être actuels puisqu’ils sont de toujours« .

  • À propos de Résumons-nous , Sébastien Lapaque écrit dans le Figaro littéraire (16 février): « Nous sommes bien étonnés de voir ce qui survit de la littérature des années 1950. Dutourd l’avait deviné : Vialatte, énorme, délicat, bizarre, baroque. Les cliques et les modes se vendent. Aux écrivains qui se vendent, il nous est enfin permis de préférer ceux qui rendent heureux ».

PETITE CHRONIQUE DES AUTEUR(E)S

◘ MARIE-HÉLÈNE LAFON ET GILLES BELIN: DEUX ENSEIGNANTS PRENNENT LA PLUME

  • rie-Hélène LAFON ◄ Marie-Hélène Lafon, née en 1962, agrégée de grammaire, enseignante et romancière, a obtenu le Goncourt de la nouvelle qui lui a été remis le 9 mai 2016 chez Drouant à Paris pour son recueil Histoires (éd. Buchet-Chastel). Le 9 février dernier,  elle est venue au lycée Albert-Londres à Vichy, à la rencontre des élèves de seconde. Elle leur a expliqué qu’elle n’avait accédé à la littérature que passée la trentaine, au prix de beaucoup de détours et de ténacité. Elle a évoqué son travail d’écrivain Celui-ci « s’enfonce dans le travail de la langue. C’est cela son métier ».
  • Autre enseignant qui s’adonne à l’écriture, Gilles Belin est l’auteur de Cimetière perdu : histoires (Dompierre-sur-Besbre, éd. Défense du patrimoine Est-Allier, 2016, 92 p. – 10 €). Ce livre relate ses déambulations dans le petit cimetière de Loddes. Il est venu le présenter à la médiathèque de Lapalisse où les échanges avec l ‘assistance ont été aussi riches que  passionnants.
  • Après une carrière d’assureur à Valence (Drôme), Jean-Louis Thomas est arrivé en 2009 à Vichy où il réside dorénavant. Il a publié Coup d’essai, coup de maître.  (Paris, éd. 7 écrit éditions, 2016, 460 p., 22,90 €) dont l’action se déroule dans un monde de dictateurs où le totalitarisme est légion. Il est aussi l’auteur de La Vial (Paris, éd. Saint-Honoré, 2016, 470 p., 21,90 €). Enfin, le début de l’année 2017 a été marqué par la parution d’un troisième roman : Le serment du lieutenant Steiner, dont le thème est la recherche du trésor des Templiers.
  • Corine KOCH
    Corine KOCH: un premier roman

    Née à Vichy en 1969, Corinne Koch réside à Paris, où elle travaille à la Bibliothèque nationale. Son premier roman, publié en 2016, s’intitule La-bas, c’est toujours loin (éd. l’Harmattan, 119 p., 14,50€).

  • Résumé de l’intrigue présenté par l’éditeur : Septembre 1974. Au début, il y a un homme, seul sur une place, la nuit. Sahraan vient de loin ; il a la peau noire. Sur le terre-plein de la place, il creuse, plante une pousse d’arbre. Nous sommes dans une petite ville ouvrière du nord de la France, V… 1990. Au Cap-Vert, sur l’île de B…, Maira trie les affaires de sa mère disparue. Elle trouve une photographie floue, seule trace de l’existence d’un père dont elle a tout oublié. Seize années et des milliers de kilomètres séparent les lieux et les êtres. Ce récit alterné de deux vies prend des allures de conte pour évoquer la quête des origines et le déracinement.
  • Sylvie Livet est l’auteure de J’apprends à positiver (éd. L’Ecritorium, 2012, 127 p., 18 €) et de Le tunnel de lumière, l’inconscient, cet autre qui vit en nous : expérience de mort rapprochée (id., 2015, 200 p., 20 €). Elle  anime par ailleurs  le salon annuel du livre de Neuvy. Début mars, Jean Cluzel lui a remis les insignes de chevalier dans l’ordre national du Mérite, rappelant à cette occasion qu’elle avait reçu le prix Allen en 2015.

CLAFOUTIS AUX TOMATES CERISES: CECI N’EST PAS UN LIVRE DE CUISINE…

Véronique de BURE: un cinquième livre à son actif

« Un clafoutis aux tomates cerises »... Derrière ce titre publié par les éditions Flammarion (377 p, 19,90 €), ne se cache pas un recueil de recettes culinaires. Son auteure, Véronique de Bure, originaire du petit village de Bert, est éditrice à Paris et elle a déjà à son actif 4 autres romans: Une confession (2009), Un retraité (2011), Retrouver Estelle, coécrit avec Éric Mouzon (2011) et J’ai mis mon fils chez les cathos (2014). Les trois premiers sont parus chez Stock et le dernier chez Belfond. Avec ce Clafoutis aux tomates cerises,  elle a cherché à  brosser le portrait de Jeanne, une très vieille dame, vivant au milieu de sa campagne bourbonnaise, en se basant sur son journal intime. À 90 ans, elle a connu la guerre, les Trente Glorieuses et elle a réussi à traverser les décennies 70, 80, et 90. Son quotidien est décrit avec humour, au fil de ses pensées. Loin d’être repliée sur elle même et de vivre enfermée dans la nostalgie du passé, elle s’intéresse à l’actualité, à travers enfants et petits enfants. Pour Véronique de Bure,  tout est parti de l’observation de ces octogénaires ou nonagénaires bourbonnais qu’elle a croisés, conduisant encore leur voiture, tapant la belote, cuisinant, quand ils ne prennent pas l’apéro ou vont à la messe. Plutôt que de donner dans la caricature, façon Tatie Danielle,  elle a voulu rendre leur juste place à ces femmes ordinaires  qui ne suscitent guère l’intérêt des auteurs. Autre explication de ce choix: « J’avais peut être aussi besoin de me rassurer: on peut avoir conscience d’être tout à la fin de son existence, sentir passer le temps et continuer à vivre, rire, s’émerveiller », a-t-elle déclaré dans les colonnes de la Montagne (11 mars). Belle leçon d’optimisme…

AUTHENTIQUE CUISINE DU MOYEN-ÂGE: CECI EST BIEN UN LIVRE DE CUISINE…

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Pour apprendre à cuisiner « médiéval« …

• Françoise de Montmollin, est l’auteure de L’authentique cuisine du Moyen Age (éd. Ouest-France, 211 p., 19,90 €) et de Le Moyen Age (éd. Ouest-France, 47 p., 5 €), dans la collection « Petits secrets de cuisine« . Avec ce livre, elle  invite le lecteur à composer d’authentiques plats du Moyen Âge. Ce remarquable travail de recherche historique, servi par les superbes photographies de François Folcher, met en lumière une cuisine savoureuse, saine et diététique. Réaliser l’une ou l’autre des nombreuses recettes tout en découvrant de nombreuses facettes de la vie médiévale permet de  voyager dans le temps. Au fil des douze chapitres on découvre pâtes à pain, viandes, poissons, tartes, rissoles, légumes et autres mets délicieux à déguster sans oublier sauces et accompagnements, desserts et breuvages à la mode médiévale.  Françoise de Montmollin  a officié durant 15 ans dans la cuisine du château de Guédelon.

◘ LE DESSINATEUR REIDROC A TOUJOURS RAISON…DU MOINS C’EST LUI QUI LE DIT 

• Jean-Pierre Cordier, alias Reidroc,  qui illustre régulièrement les pages Indiscrétions de l’édition dominicale de La Montagne, est l’auteur de plusieurs albums illustrés. Avec  J’ai toujours raison, mais je suis seul à le savoir, préfacé par Mathieu Villeroy de Galhau, il vient de signer son cinquième opus et, dores et déjà un sixième est en préparation: « Avec son regard d’ado qui découvre le monde des adultes, Reidroc est armé pour répandre la dérision partout où les puissants de la planète, comme  les gens de la rue empiètent sur la liberté du commun des mortels. Alors son stylet entre en action, et dénonce, jamais méchamment, mais toujours avec une bonne dose de dérision, souvent par le truchement d’animaux bien plus avisés que les humains« , pouvait-on lire dans le quotidien régional (11 mars). Reidroc définit son métier comme « exigeant« , nécessitant « un coup d’inspiration, au bon moment » pour saisir « l’instant, la dérision du sujet, vite la coucher sur le papier. Et la proposer encore plus rapidement, sinon, il n’y a plus d’intérêt et c’est raté« .

◘ DERRIÈRE CES “HOMMES DE LETTRES”, SE CACHAIENT DES “FEMMES DE LETTRES” …

  • Organisée à l’initiative de l’association Lacmé, l’exposition « Femmes de Lettres au masculin«  a été présentée à l’hôtel du Département, à Moulins, du 8 au 24 mars 2017. Tout en s’attachant à faire connaître des auteurs injustement tombés dans l’oubli, elle a permis de découvrir ou de redécouvrir des hommes de lettres… qui n’en étaient pas ! En effet, malgré des prénoms bien masculins, derrière Georges Nigremont, Pierre Besbre ou Georges Louza, se cachaient  respectivement Léa Védrines (1885-1971), Eugénie Soulié (1867-1959) et Marie Perrault (1857-1947), toutes  femmes de lettres.  Faire revivre ces personnalités des  lettres, injustement oubliées, rappeler leur vie et leurs productions littéraires, entre  feuilletons, romans ou  illustrés, tel était le but des organisateurs. Une présentation des premières éditions de leurs ouvrages, prêtés par des bibliophiles, complétait l’exposition.

◘ RENÉ SOUCHON ET  JEAN-LOUIS DEBRÉ: L’ÉCRITURE, APRÈS LA VIE POLITIQUE…

  • René SOUCHON: Quel avenir pour la ruralité?

    René Souchon, après une vie politique bien remplie, a voulu poser une question particulièrement d’actualité en intitulant son dernier livre : Ruralité : quel avenir? (éd. L’aube, 2017,224 p., 20 €). Fils d’un instituteur rural lozérien, l’ancien maire d’Aurillac, ancien député du Cantal et ancien président du Conseil régional d’Auvergne, connait bien ce sujet, ayant été inspecteur général de agriculture, et secrétaire d’État puis ministre délégué chargé de l’Agriculture de la forêt.  Selon lui, il est inutile de nourrir la nostalgie de la ruralité d’hier ou celle de la grande période de l’aménagement du territoire : elles appartiennent à l’histoire. Il faut dans l’espace rural revoir la méthode, refonder l’approche du développement et surtout accompagner la révolution numérique qui constitue une opportunité exceptionnelle pour prendre eu nouveau départ..- .Le lundi 6 mars, René Souchon a été reçu par l’Institut d’Auvergne du développement des territoires (ADT) dans ses locaux clermontois, où il a présenté son livre aux étudiants en géographie.

  • Quand Hubertine Auclert renversait les urnes...

    Dans son Dictionnaire amoureux de la République (Plon, 726 p., 25 €), Jean-Louis Debré, ancien président du conseil constitutionnel, mentionne Hubertine Auclert (Saint-Priest-en-Murat 1848 – Paris 1914), militante pour l’éligibilité et le droit de vote des femmes : « … Mais, pendant que les femmes ont les mains liées par les lois civiles et sont au point de vue politique bâillonnées, la transformation économique préconisée par les collectivistes s’opérerait au seul profit des hommes » (La Citoyenne, 1885)…

  • Début mars les membres de l’association « James Joyce à Saint-Gérand-le-Puy«  se sont réunis à la bibliothèque Anna-Livia-Plurabelle afin d’enregistrer une émission pour Le Mag franco-irish, magazine audio diffusé sur Internet. il est produit et animé par Claude Saulnier, Bourbonnais d’origine qui vit à Dublin. Les participants ont expliqué pourquoi Joyce arriva le 24 décembre 1939 à Saint-Gérand et quelle fut son existence dans ce village pendant un an. La diffusion de cette émission est prévue pour juin 2017.

• Le 16 mars, la même association organisé à Varennes-sur-Allier une séance de lecture animée par Gérard Colonna d’Istria, professeur agrégé de philosophie. Les participants étaient invités à lire des extraits du livre de cet auteur : Portrait de l’artiste en  jeune homme.

  • Le 4 mars,à la Médiathèque communautaire de Moulins et à l’invitation de la Société bourbonnaise des études locales, Paul Victor Desarbres, agrégé de lettres, auteur d’une thèse sur Blaise de Vigenère, a fait une conférence sur « Un serviteur de l’ombre, agent secret et écrivain de la Renaissance, 1523-1596 » . Le Bourbonnais Blaise de Vigenère est un écrivain humaniste prolifique qui s’est intéressé à tous les domaines de la connaissance selon l’esprit de la Renaissance : histoire, beaux-arts, alchimie, kabbale.
Antoine MEILLET, éminent linguiste, né à Moulins en 1866

• Dans L’Europe des langues, sous la direction de Gil Charbonnier (éd. Presses universitaires d’Aix-Marseille, 2016), un article est consacré, par le même  Gil Charbonnier, à « Ce que « parler européen » veut dire durant l’entre deux guerres« . Plusieurs pages sont consacrées à  « Antoine Meillet et l’unification linguistique » , à propos du livre de ce dernier, Les langues de l’Europe nouvelle (1918)  qui repense l’évolution et les différents statuts des langues européennes dans le contexte du conflit des nationalités : « Éloigné des principes de Renan, Meillet se place dans la continuité de l’esprit républicain français ». Comme on le sait, Antoine Meillet (1866-1936) est né à Moulins. Autre article à signaler : « Le signe européen, c’est la langue latine« , ou l’Empire linguistique de la Romanie chez Valery Larbaud » (Amélie Auzou).

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Jean-Pierre SIMÉON

Jean-Pierre Siméon, né en 1950, poète et romancier, auteur de très nombreux ouvrages, a été professeur agrégé de lettres modernes à l’École normale de Clermont-Ferrand, ville où il réside. Le 14 mars 2017, la Bibliothèque du patrimoine,  rue Bardoux, à laquelle il a fait don de ses archives littéraires,  l’avait invité pour célébrer les 30 ans de la Semaine de la poésie, dont il fut à l’origine.

Jean-Louis CHAMBON

• Le 23 mars ,  à l’invitation du Rotary Club de Vichy, Jean-Louis Chambon, président d’honneur du Cercle Turgot, président du prix Turgot, a donné une conférence intitulée : « Regards inquiets sur le modèle économique français face au monde qui vient« . Il a présenté son dernier ouvrage, co-écrit avec J. J. Pluchart, La Pensée économique française (éditions Vuibert, 2017, 256 p., 42 €). il réunit les synthèses commentées de 220 ouvrages d’économie,écrits au cours des 3 dernières décennies, par plus de 350 auteurs français.

Alain Finkelkraut  s’est intéressé à un écrivain d’origine maternelle bourbonnaise en publiant en 1999, chez Gallimard,  Le mécontemporain : Péguy lecteur du monde moderne.  Dans un entretien publié dans le Figaro du 1er avril 2017, après avoir rapporté le proverbe africain « Quand on monte au cocotier il vaut mieux avoir le cul propre », il conclut : »À la présidentielle, on veut nous imposer un scénario écrit d’avance« .

• L’ Alliance française, comité de Vichy, annonce deux prochaines conférences :

◘ Jeudi 11 mai 2017 : « Dernières traces de vie de nos grands poètes, peintres, écrivains, musiciens », par Annie Dravers, poète, membre de la Société des Gens de Lettres.

◘ Jeudi 1er juin 2017 : « Le théâtre japonais: nô, bunraku et kabuki« ,  par le professeur Roland Celette, agrégé de Lettres, directeur de l’Alliance française d’Osaka et  directeur de la Maison française de Washington.

  • L’association bellerivoise « Une mémoire pour l’avenir« , présidée par Gisèle Gaston, s’efforce de rechercher, sauvegarder et transmettre les savoirs de nos ancêtres en Bourbonnais. La 9ème édition de son Salon du livre en 2016 avait accueilli 32 écrivains régionaux. Pour la 10ème  édition, le 19 mars 2017, 40 écrivains étaient annoncés, avec la présentation du 37ème  titre publié par l ‘association : Les grand-mères d’autrefois, rédigé par Gisèle Gaston et Madeleine Aupetit-Malterre.

◘ CLAUDE COQUARD (1932-2017) :  DISPARITION D’ UN « ROBESPIERRISTE » ÉMINENT

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Claude COQUARD

• Dans les Annales historiques de la Révolution française, (n° 386, 2016/4, p. 175-184), Olivier Coquard, Serge Bianchi, Michel Pertué et Philippe Bourdin évoquent la mémoire de Claude Coquard (1932-2016), historien du droit, de la politique, de la culture et des mentalités. Il avait soutenu en 1998 devant l’université de Dijon une thèse publiée, en collaboration avec son épouse Claudine Durand-Coquard, sous le titre : Société rurale et justice de paix : deux cantons de l’Allier en Révolution (éd. Presses universitaires Blaise Pascal, 2001, 492 p.)

  • Sous la plume de Serge Aberdan, la Société des études robespierristes lui rend hommage, en rappelant qu’il s’était beaucoup investi dans le « sauvetage » de l’association : « Claude Coquard s’était activé comme un beau diable pour accompagner notre réinvestissement collectif dans la Société des études robespierristes. Il faisait partie de ceux qui ont assumé les tâches les plus ingrates dans des moments difficiles, bien avant que la SER ne connaisse des jours meilleurs, qu’elle ne réussisse des initiatives publiques et pédagogiques, qu’elle élargisse sa palette scientifique, qu’elle améliore ses conditions de fonctionnement et ses équilibres financiers.
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    Une thèse adaptée pour être accessible à un public plus large

    À l’époque où la Société et ses Annales Historiques  ont failli disparaître sous leur passif cumulé, l’ironie de ce vieux militant laïc était sans appel : il n’y aurait pas de miracle (…). Il fallait réduire les dépenses et dégager des ressources. Il fallait commencer par puiser dans nos réalisations passées pour réinvestir la scène publique. Donnant l’exemple, avec les moyens du bord, Claude s’attela ainsi à la rédaction des tables du (premier) centenaire de notre revue. Sans perdre la boussole d’un orientation vers un public large, il se comportait dans notre petit milieu comme un de ces juges de paix révolutionnaires qu’il avait minutieusement étudiés avec Claudine : il envisageait ce qui était vrai ou vraisemblable et tranchait. De surcroît, sans avoir à rendre la justice, il lui fallait refuser de prendre parti dans ces querelles personnelles qui s’accroissent toujours quand les choses vont mal. Il savait s’en tirer par cet humour à froid qui le caractérisait ! Après avoir beaucoup discuté avec la plupart d’entre nous de ce qu’il faire pour durer, Claude s’est ensuite retiré, sur la pointe des pieds, dans une discrétion qui, fondamentalement, lui plaisait».

  • Claude Coquard tenait avec son épouse un blog intitulé Révolution, justice de paix et société : Allier, Seine-et-Marne, Paris et autres lieux qui reste accessible : ► http://claude.coquard.free.fr

◘ ALAIN POMPIDOU: UN LIVRE POUR ENTRETENIR LA MÉMOIRE FAMILIALE…

Alain POMIDOU ET sa mère, Claude
Alain POMPIDOU et sa mère, Claude
  • Le professeur Alain Pompidou, né en 1942 à Paris, fils adoptif de Claude et Georges Pompidou, avait publié en 2014 aux éditions Livre de poche Lettres, notes et portraits, 1928-1974 de Georges Pompidou (1911-1974) et en 2016  Claude : c’était ma mère (éd. Flammarion, 351 p., 19,90 €). Le 9 février, il est venu présenter ce dernier livre sur Claude Pompidou (1912-2007) lors d’une entretien public au Petit théâtre impérial, à Vichy. Il est également resté marqué par des amis de la famille, comme Coco Chanel ou André Malraux. Il considère aussi que son père a été probablement le seul président de la République à être resté fidèle à sa femme, toute sa vie. Faut-il en conclure que feu le général de Gaulle et tante Yvonne?…

À propos de Georges Pompidou...Dans un récent documentaire télévisé Valéry Giscard d’Estaing a fait cette confidence :   » Pompidou et moi étions tous les deux de souche auvergnate. Il était issu de la haute Auvergne, c’est-à-dire du département du Cantal, d’une famille extraordinairement pauvre et méritante. Mais il avait probablement gardé de cette époque un ressentiment vis-à-vis de la partie un peu plus glorieuse de l’Auvergne, celle qui a donné hommes d’État, grands dirigeant et grande entreprises. Il n’aimait pas la basse Auvergne dont j’étais. Et je pense qu’il me soupçonnait, tout à fait à tort, mais bon, on n’y peut rien, d’avoir un jugement sur lui ».

PRIX LITTÉRAIRES

◘ LE 51ème PRIX VALERY LARBAUD DÉCERNÉ À J-B DEL AMO

0Le  prix Valery Larbaud, doté de 7 622 €, est décerné chaque année « à un écrivain ayant publié une œuvre qu’aurait aimée Larbaud, ou dont l’esprit, le sens et la pensée rejoignent celle de Larbaud ». Le 51ème prix  a été attribué à Jean-Baptiste Del Amo pour Règne animal, roman (éditions Gallimard, 2016, 418 p., 21 €). Sous la présidence de Jean-Marie Laclavetine, le jury littéraire comprend : Jean Blot,Georges-Emmanuel Clancier, Paule Constant, Laurence Cossé, Olivier Germain-Thomas, Christian Giudicelli, Roger Grenier, Marc Kopylov, Thierry Laget, Isabelle Minard, Paule Moron, Laurence Plazenet et Bertrand Visage. La remise officielle aura lieu le 12 mai, à la médiathèque Valery-Larbaud, à Vichy.

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Jean-Baptiste Del Amo 51ème prix Larbaud

• Jean-Baptiste Del Amo – de son vrai nom Jean-Baptiste Garcia (Del Amo étant le nom de sa grand-mère) – est né à Toulouse en 1981  et  il vit actuellement à Montpellier. C’est un habitué des prix littéraires : en 2006, il a obtenu le Prix du jeune écrivain de langue française pour sa nouvelle Ne rien faire. En 2008, il s’est vu attribuer  le prix Laurent Benelli-Virgin-Lire pour Une éducation libertine (paru en version Folio en mars 2010). En mars 2009, il a reçu le prix Goncourt du premier roman et le 25 juin 2009 le prix François Mauriac de l’Académie française pour le même livre. Enfin, en 2013, le prix Sade lui a été attribué pour Pornographie, récit d’une errance hallucinée dans la nuit d’une ville tropicale. Depuis sa publication en août 2016, Règne animal,  qui est son 4ème  livre, avait déjà  obtenu le prix littéraire Les Lauriers verts Révélation, le prix des libraires de la ville de Nancy et  le prix littéraire du Salon de l’île de Ré.

product_9782070179695_195x320Présentation de l’ouvrage par l’éditeur : “ Règne animal retrace, du début à la fin du vingtième siècle, l’histoire d’une exploitation familiale vouée à devenir un élevage porcin. Dans cet environnement dominé par l’omniprésence des animaux, cinq générations traversent le cataclysme d’une guerre, les désastres économiques et le surgissement de la violence industrielle, reflet d’une violence ancestrale. Seuls territoires d’enchantement, l’enfance – celle d’Éléonore, la matriarche, celle de Jérôme, le dernier de la lignée – et l’incorruptible liberté des bêtes parviendront-elles à former un rempart contre la folie des hommes?  Règne animal est un grand roman sur la dérive d’une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie – et toute sa misère.”

• Quelques critiques glanées dans la presse :  « J. B. Del Amo, inspiré et engagé, explore avec une singulière puissance la violence faite aux animaux, s’interroge sur la transmission de cette brutalité d’une génération à l’autre et pose in fine la question de notre humanité. Ce 4ème  roman est sans doute son meilleur« ‘ écrit Michel Abescat, sur le site de telerama.fr. De son côté, Grégoire Leménager, sur bibliobs.nouvelobs.com note que  « Le sujet terriblement actuel est incontestablement passionnant. Seulement l’acharnement avec lequel Del Amor tient à nous présenter (…) des paysans forcément bestiaux, taiseux , consanguins, alcooliques, et tentés par l’infanticide tel qu’on l’observe chez les truies l’est un peu moins« …

5639239_20• Dans le prolongement de la remise du prix Valery Larbaud, se tiendra, du 12 mai au 10 juin, l’exposition « Le Peintre et la Bibliothécaire : Pierre Lafoucrière et Monique Kuntz, une amitié féconde ». « Europe », livre d’artiste unique, est au cœur de cette exposition. Il est né de la rencontre d’une bibliothécaire, Monique Kuntz, passionnée par l’œuvre de Valery Larbaud, décédée à Nîmes en septembre 2016, et du peintre Pierre Lafoucrière. D’autres ouvrages rares imaginés par le peintre l’entourent, ainsi que des manuscrits et des livres rares réunis par la bibliothécaire. Le vernissage aura lieu le vendredi 12 mai à 18h en présence de Pierre Lafoucrière.

◘ PRIX RENÉ FALLET 2017: C’EST POUR LE 10 JUIN

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René FALLET (©  Babelio)

• L’Association Agir en pays jalignois a présenté, le 10 mars, les 6 romans qui ont été sélectionnés pour concourir au prix René Fallet. Il sera remis le 10 juin, lors des Journées littéraires du Bourbonnais. Il s’agit de La petite boutique japonaise (Isabelle Artus, éd. Flammarion), Avant que naisse la forêt (Jérôme Chantreau, éd. les Escapades), Dulmaa (Hubert François, éd. Thierry Marchaise),  Les cosmonautes ne font que passer (Éliza Georguieva, éd. Verticales) Un marin chilien (Agnès Mathieu-Daude, éd. Gallimard) et, enfin,  Hiver à Sokchau (Elisa Shua-Dusapin, éd.Zoé). Créé en 1990, le prix René Fallet est doté de 1 500 €. Il récompense un roman d’un auteur âgé de moins de 45 ans, écrit « dans l’esprit de Fallet« .  Au palmarès du prix figurent quelques belles « prises », notamment Amélie Nothomb (1993), Marc Dugain (1999) et Gérard Oberlé (2000). En 2016, c’est Éric le Guilloux qui a été couronné pour Les haines en moins. On peut retrouver l’intégralité du palmarès sur le site de l’association Agir en pays jalignois.

© La Montagne (7 avril 2017)

◘ LE PRIX ALEXANDRE VIALATTE 2017 ATTRIBUÉ À ÉRIC VUILLARD, PRIX VALERY LARBAUD 2013

• Après Éric Laurrent (2016), Jacques Bertrand (2015), Éric Chevillard (2014), Emmanuelle Bayamack-Tam (2013), Jean-Paul Dubois (2012) et  Olivia Rosenthal (2011), le prix Alexandre Vialatte a connu sa 7ème édition. Créé en 2011 par le groupe de presse La Montagne – Centre France, à l’occasion du 40ème anniversaire de la disparition de son ancien chroniqueur, il récompense à la fois un style, un esprit et un engagement littéraire dans lesquels Vialatte aurait pu se reconnaître. C’est-à-dire un roman de langue française, distingué pour ses qualités d’écriture, sa liberté de ton, son indépendance d’esprit et son caractère européen. Sa dotation se monte à 6105 €, soit… la somme de la hauteur du Puy-de-Dôme (1 465 m) et de la longueur du Fleuve Congo (4 640 km).  Sur les 7 membres du jury, seuls Pierre Vialatte, le fils de l’écrivain qui aimait se dire  « notoirement méconnu », et Jean Brousse, représentant le groupe Centre France, sont membres permanents. Quant aux cinq autres, comme tous les deux ans, ils ont été renouvelés. Il s’agit de Éva Baster (France Inter), d’Emmanuel Hoog (AFP), de Philibert Humm (Paris-Match), d’Éric Neuhoff (Le Figaro et France Inter) et d’Élisabeth Philippe (Vanity Fair).

Éric Vuillard, lauréat du prix Vialatte 2017

Trois auteurs figuraient dans l’ultime sélection : Michel Jullien, pour Denise au Ventoux (éditions Verdier), roman dont le héros est une chienne bouvier bernois, qui s’achève sur les pentes du mont Ventoux,  Christian Oster, pour  La Vie automatique (éditions de L’olivier), qui raconte la dérive d’un acteur de séries B qui interroge avec ironie le renoncement dans lequel il s’est installé et  Éric Vuillard, pour 14 juillet (éditions Actes Sud), récit des journées de l’été 1789, vues du point de vue de la foule et du peuple qui assiègent la Bastille. C’est finalement ce dernier qui s’est vu remettre le prix 2017 dans les salons de la Fondation Varenne à Paris, le 6 avril : « Le jury l’a élu pour ses qualités stylistiques, aussi bien que journalistiques, ce roman pouvant être lu comme un reportage sur le vif de l’événement, et rappeler ainsi la part la plus méconnue du travail de Vialatte, ses articles de presse, en particulier ceux qu’il a donnés à « L’Epoque », en 1945, sur les procès de Bergen-Belsen », peut-on lire dans un communiqué du groupe Centre France.

• Après la Première guerre mondiale dans « La bataille d’Occident« , la colonisation de l’Afrique avec « Congo » et la naissance du show-business auprès de Buffalo Bill, évoquée dans « Tristesse de la terre« , Eric Vuillard livre dans « 14 juillet » un récit ardent sur la prise de la Bastille, vécue par des gens ordinaires, héros malgré eux de la Révolution française et oubliés de l’Histoire officielle. Né en 1968 à Lyon, Eric Vuillard  est à la fois un écrivain et cinéaste, habitué des prix littéraires. Il a réalisé deux films : L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors ( éd. Léo Scheer, 2009), récompensé par le Grand prix littéraire du Web – mention spéciale du jury 2009 et le  prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a également reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d’Occident et Congo. Enfin, il a été distingué par le  prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre (paru en 2014 dans la collection « Un endroit où aller »).

6 avril 2017: La remise du Prix 2017 à Éric Vuillard par Édith Caillard, PDG du groupe Centre France, dans les locaux de la Fondation Varenne.
La prise de la Bastille, au cœur du roman d’Éric Vuillard

À la question de savoir quelle est sa démarche par rapport à l’histoire,  Éric Vuillard répond dans les colonnes de La Montagne (7 avril) : « Je ne fais pas de roman historique, jamais. Je n’invente pas une fiction sur fonds historique. Je raconte des faits avérés, tirés des archives et je les incarne. La littérature peut incarner et à ce titre créer un rapport d’empathie qui vient brutaliser le savoir de l’expert, de l’historien. Et lui faire avouer, les inégalités sociales par exemple. On ne sait pas grand chose des 98 morts de la Révolution, alors que la mort du gouverneur (de la Bastille) est largement documentée. A partir des bribes de réalité laissées, quelquefois un nom, un métier, le lieu et la façon dont la personne est morte, la littérature peut incarner, rendre vivant, faire sentir le poids de cette mort-là et donner un sentiment juste de l’Histoire ».  Éric Vuillard prépare un nouveau roman, L’ordre du jour,  à paraître début mai aux éditions  Actes Sud, dans la collection « Un endroit où aller ». Il s’agit d’un récit portant sur l’installation des nazis au pouvoir et sur les compromissions du Grand capital allemand et du monde politique européen.

◘ SYLVIE BARON COURONNÉE PAR LE PRIX ARVERNE

Raymond Trébuchon remet la prix Arverne 2017 à Sylvie Baron (© Philippe Robinet)

• La romancière cantalienne Sylvie Baron, a reçu le prix Arverne 2017, décerné par la ligue auvergnate et du Massif central pour L’héritière des Fajoux (éditions Calmann-Lévy) : « Ses romans situés dans le Cantal font revivre l’environnement, les traditions, l’art de vivre et, finalement, les valeurs qui nous ont façonnés », a souligné le président du jury, Raymond Trébuchon. Après avoir publié des livres d’économie, « pour public motivé », Sylvie Baron, professeure agrégée qui enseignait cette discipline, a changé radicalement de vie .

Le locataire (2009), premier roman de Sylvie Baron

• En 2009, elle s’est installée à Neuvéglise,  dans son Cantal natal et elle s’est mise à l’écriture de romans : Le locataire (2009), suivi en 2010 par Le secret de la Truyère, avant Les justicières de Saint-Flour…et bien d’autres. Dans L’héritière des Fajoux, elle aborde, selon le journaliste François Desnoyers, « des thèmes d’actualité. À travers le retour de l’héroïque Marie, dans l’Aubrac, sa prise en main difficile de la scierie familiale, dans un univers d’hommes, elle a voulu faire un roman féministe militant, tout en menant une réflexion sur le sens de l’engagement, de la difficulté d’aimer ».  Pour Sylvie Baron, « le rôle de l’écrivain est justement de s’engager dans la vie sociale ». Et de préciser qu’elle ne « souhaite pas évoquer ces terres du Cantal sous l’angle de la nostalgie, mais bien autour de thématiques d’aujourd’hui : la désertification, la crises agricole, la biodiversité ».

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur : À la mort de son père, lors d’un accident de débardage dans la petite scierie familiale auvergnate, Marie, qui résidait depuis vingt ans au Québec, décide de revenir sur sa terre natale, l’Aubrac. Elle y voit la possibilité d’un nouveau départ après une crise conjugale. Sa fille Flore, âgée de dix-huit ans, l’accompagne afin de découvrir ses racines. La reprise de l’affaire se révèle difficile. Aidée par ses amis d’enfance, Marie se bat sur tous les fronts dans un univers dominé par les hommes. Elle doit se familiariser avec un dur métier qu’elle apprend petit à petit à maîtriser pour faire face à la convoitise des grosses scieries industrielles. Alors qu’elle reprend goût à la vie, Marie commence à soupçonner que le décès de son père n’était peu t-être pas accidentel. Menant sa propre enquête, elle  comprend qu’elle est étroitement surveillée

◘ D’AUTRES PRIX LITTÉRAIRES

51iJ3mTcQZL._SX311_BO1,204,203,200_• Le prix des Incorrigibles, destiné aux 15-25 ans,  a été mis en place par les médiathèques de Vichy et de Cusset et les centres de documentation des lycées Valery-Larbaud, Albert-Londres et du lycée privé d’enseignement supérieur. Pour sa 4ème  édition, 63 jeunes lecteurs ont voté, après avoir lu les cinq livres qui leur étaient proposés. Le nom du lauréat a été dévoilé le 6 avril au CDI du lycée Albert-Londres. Il s’agit de Phobos  (France loisirs, 428 p., 14,99 €) de Victor Dixen, 1er tome d’une série de science-fiction. Le choix de Rudi de Françoise Dargent, et Ne t’arrête pas, d’Harlan Coben figuraient en 2ème et 3ème position..

  • Alain Duault, né en 1949, journaliste, musicologue, est l’auteur de très nombreux livres dont le Dictionnaire amoureux de l’opéra (éd. Plon, 1073 p., 28 €). Le 28 février, à Vichy, ce livre lui a valu de recevoir  le Prix national du document littéraire 2016, seul prix en France pour lequel tous les auteurs ont été préalablement interviewés en public pendant une heure par le fondateur du Petit théâtre impérial de Vichy et du prix, Sylvain Beltran-Lamy.

 DÉBATS ET CONFÉRENCES

  • Le 10 mars, Philippe Lapousterie, ancien rédacteur en chef de RMC, organisateur de la « Comédie du livre » à Montpellier, a de nouveau animé le Grand Débat, dans l’auditorium Eugénie, au Palais des congrès. Des auteurs de renom se sont succédé : Jean-Louis Bianco (Quelle laïcité pour demain?), puis Roland Cayrol et Nicolas Domenach (Les secrets de la prochaine élection présidentielle) . Le  11 mars, c’était au tour de  Marcel Gauchet (Comprendre le monde à venir), puis de  Pascal Picq (l’incroyable aventure de l’humanité) et, enfin, de  Raphaêl Enthoven (Quelques clés, pour mieux se perdre et mieux se trouver).
  • Frédéric FOSSAERT

    Au programme du Colloque « Vérité et mensonges« , organisé par l’Université indépendante de Vichy, du 30 mars au 1er avril, figuraient plusieurs sujets parfaitement dans l’air du temps, alors que  fausses nouvelles et rumeurs envahissent les réseaux sociaux. Après l’ouverture et la présentation des travaux (Marianne Charlot et Bernard Bages) et une conférence introductive (Dr Paul Lepron), une douzaine de grands sujets ont été abordés:  – Comment peut-on masquer la vérité par les sondages (M. Charlot) – Les trompe-l’oreille (Philippe Auclair) – Les faussaires (Jean-Édouard Lebout) – Le phénomène sectaire et la manipulation,réalité et fantasme? (Jean-Marie Froment) – « Le mentir vrai » en littérature (Frédéric Fossaert) .

    Thierry WIRTH

    • Autres thèmes abordés: L’artiste exprime-t-il la vérité quand il peint ou sculpte la réalité? ( Colette Capdebosq) – L’effet placebo (Dr Yves Gabriel Heynen) – Mensonge joyeux, pieux mensonge et autres petits mensonges (Dominique Anne Ressot) – La science est-elle épargnée? (Pierre Jean Paris) – Exemple de la guerre d’Irak (Michel Garcia) – La transparence : un nouvel enjeu citoyen (Isabelle Filatov) – Mythes et mystification (Bruno Giard) – Conclusion (Thierry Wirth)

◘ LE TOP 5 DES AUTEURS FRANÇAIS  LES MIEUX PAYÉS EN 2016

 • Sur les milliers de Français s’adonnant à l’écriture, beaucoup ne franchissent pas le stade de la publication. Parmi ceux qui y arrivent, très peu parviennent à vivre uniquement de leur plume. Il en est toutefois quelques-uns qui en vivent très bien.  Selon un classement publié par le magazine Capital, (mars), Guillaume Musso, Marc Lévy et Michel Bussi forment le trio de tête des auteurs qui ont généré les droits d’auteur les plus importants en 2016. Ces droits  représentent en général entre 15 et 18% du montant des ventes en format classique, mais seulement 5% pour les éditions en poche.

Guillaume MUSSO, Marc LEVY et Michel BUSSI: des auteurs comblés...
Guillaume MUSSO, Marc LEVY et Michel BUSSI,  des auteurs comblés…Leurs percepteurs, probablement  aussi…

Guillaume Musso (2,8 millions €) est le « plus gros vendeur de livres depuis 2011« , selon Capital, et c’est l’écrivain français qui vend le plus d’ouvrages dans l’Hexagone, si l’on se base sur un classement établi par le Figaro Littéraire. mussoIl est donc naturellement  en tête des auteurs les mieux payés de France. En 2016, il a vendu  1 833 000 exemplaires, « avec des droits d’auteur record de 18% par grand format« . Capital estime à 4,5 millions € par an, les sommes que perçoit Guillaume Musso, en y incluant  « plusieurs centaines de milliers d’euros de droits de traduction et d’adaptation au cinéma ou à la télévision« . C’est le cas de Will you be there, de l’adaptation de Seras-tu là? (éditions XO, 2006), de Central Park et de  L’appel de l’Ange, des titres qui sont en cours d’adaptation. Un quatrième roman de Guillaume Musso, Un appartement à Paris (éditions XO) est annoncé pour le 30 mars et il sera décliné en livre audio, chez l’éditeur spécialisé  Audiolib dès le 7 juin. Quant à  La fille de Brooklyn, titre sorti en mars 2016 toujours chez XO, il  sera réédité en version poche chez Pocket le 30 mars. De quoi bien commencer l’année 2017.

levy► Avec les 350 000 exemplaires vendus de L’Horizon à l’envers (éd. Laffont, 2016), « en plus des 750 000 poches des précédents« , selon le magazine, Marc Levy, avec 1,7 million €, arrive en deuxième position. En 2005, son premier ouvrage Et si c’était vrai… (éd. Robert Laffont, 2010) avait fait l’objet d’une adaptation au cinéma avec Reese Witherspoon et Mark Ruffalo dans les rôles principaux. Trois ans plus tard, Mes amis, mes amours (éd. Robert Laffont, 2006) a été adapté au cinéma tandis que Où es-tu? (éd. Robert Laffont, 2001) a fait l’objet d’un téléfilm. Son prochain roman, La dernière des Stanfield, est annoncé pour le 20 avril 2017.

► En 3ème position, Michel Bussi, politologue et professeur de géographie à l’université de Rouen, totalise  1,4 million € de revenus. Il  a publié en 2006 son premier polar, Code Lupin (éditions Falaises), repris en feuilleton pendant l’été 2010 par le quotidien Paris Normandie. Depuis, il a écrit dix autres polars dont Un avion sans elle (éd. Presses de la Cité, 2012) qui a obtenu le prix des Maisons de la Presse. Son dernier ouvrage Le temps est assassin est paru aux Presses de la Cité en mai 2016.

Laurent GOUNELLE, en 4ème position...
Laurent GOUNELLE, en 4ème position…

►Avec 670 000 €,  Laurent Gounelle occupe la 4ème place. Ex-coach en entreprise, il a publié en 2008 son premier roman L’Homme qui voulait être heureux (éditions Anne Carrière), qui a été traduit en 25 langues. Depuis, il a publié quatre autres romans qui ont confirmé son succès: Les dieux voyagent toujours incognito (éditions Anne Carrière, 2010), lauréat 2011 du prix du roman d’entreprise, Le philosophe qui n’était pas sage (éditions Plon-Kero, 2012), Le jour où j’ai appris à vivre (éditions Kero, 2014) et, enfin,  Et tu trouveras le trésor qui dort en toi (éditions Kero, 2016).

Françoise BOURDIN, seule femme dans le
Françoise BOURDIN, seule femme dans le « Top 5« 

► Dernière du Top 5 et seule femme à y figurer,  Françoise Bourdin a engrangé, toujours  selon Capital,  580 000 € en 2016. Ancienne jockey, Françoise Bourdin a publié Les Soleils mouillés (éditions Julliard), son tout premier roman, en 1972, Elle a à son actif une quarantaine d’ouvrages, avec en moyenne deux titres par an. Son dernier livre,  Face à la mer,  est paru en septembre 2016 chez Belfond et, dès sa sortie, il s’est inscrit dans les 20 meilleures en librairie. Quant à  L’homme de leur vie, dont la parution chez  Belfond remonte à l’an  2000, il  va faire l’objet d’une réédition dans le courant de mars 2017.

 MUSSO, LÉVY, BUSSI… DES ARBRES FLORISSANTS QUI CACHENT LA  FORÊT DES AUTEURS, QUI L’EST NETTEMENT MOINS…

  • « Grandeur et misère des littérateurs»... Dans Le Monde (23 mars), Nicole Vulser a esquissé un tableau de la situation matérielle des auteurs en France. Derrière les quelques uns qui vivent très largement (et même plus) de leur plume, nombreux sont ceux qui en vivent à peine ou qui en vivotent seulement : « Les réussites financières sont exceptionnelles et bien peu d’écrivains s’enrichissent comme des créateurs de start-up californiennes». Une étude réalisée par Le guide des auteurs 2017 avance que 90% des auteurs « perçoivent des droits d’auteur inférieurs au SMIC en France. Ce qui explique que les deux tiers d’entre eux exercent une activité professionnelle » Selon Le Monde, sur les 100 000 plumes inscrites  à l’Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs,  seuls 8 000  perçoivent plus du Smic. 1 600 d’entre eux, selon une étude datant de 2013,  arriveraient à dégager plus de 3 Smic par mois. Conséquence logique : la nécessité pour l’immense majorité  d’avoir un métier assurant une rémunération plus régulière : ils sont  enseignants, pigistes ou journalistes, voire exercent  des métiers sans rapport avec la littérature.
    Marie Sellier, présidente de la SGDL

    Finalement, si « la profession d’écrivain fait rêver », comme le rappelle Marie Sellier président de la Société des gens de Lettres, elle peine à nourrir ceux qui la pratiquent : « L’image romantique de la bohème, ajoute-t-elle,  c’est comme ça qu’on aime les écrivains . Nous ne revendiquons en aucun cas de devenir des fonctionnaires de la plume, mais juste d’être rémunérés quand on travaille. La reconnaissance symbolique des auteurs ne correspond pas à une réalité économique », conclut-elle. Coincée entre la surproduction des titres (+ 25% entre 2007 et 2014),  des tirages de plus en plus faibles et au plus juste,  ainsi qu’une durée de vie des livres de plus en plus brève, façon Kleenex, la profession a vu sa paupérisation s’accentuer. Ce que résume ainsi Vincent Monadé, président du Centre national du livre : « Avec trois fois plus de livres qu’il y a vingt ans, et la même manne de droits d’auteur, on arrive à un système où l’on compte une quinzaine d’écrivains riches150 à 200 qui vivent de manière très décente et, après, c’est le marais … »

    Vincent Monadé, président du C.N.L.

    • Autres griefs des auteurs : les relations avec leurs éditeurs, loin d’être au beau fixe. 60% les jugent « insatisfaisantes » ou même carrément « conflictuelles », contre 40% qui les disent « excellentes » ou « satisfaisantes ». S’y ajoute une dégradation des rémunérations, 69% percevant  moins de 10% de droits d’auteur sur le prix public de vente de leur livre. C’est l’équivalent de moins de 2 € pour un  exemplaire vendu 20 €. Enfin,  beaucoup se plaignent de l’opacité qui règne et des retards apportés dans la redditions des comptes : en 2015, 45% des auteurs  déploraient le manque de transparence de la part des éditeurs quant à la situation de leurs comptes. Et encore ne parle-t-on pas de l’édition à compte d’auteur.

◘  LES FRANÇAIS AIMENT LIRE ET ILS LE DISENT…

  • Bonne nouvelle pour les auteurs, les éditeurs, les libraires et tous les acteurs de la chaîne du livre : les Français aiment lire, ils lisent de plus en plus et ils aimeraient même lire encore davantage. C’est ce qui ressort d’une étude du Centre national du livre réalisée à l’occasion du Salon du livre 2017, à la porte de Versailles, du 25 au 27 mars. Malgré le contexte de crise et la part croissante prise par Internet, 84% des personnes sondées par l’institut Ipsos affirment spontanément être lecteurs de livres. 9 Français sur 10 ont lu au moins un livre, quel qu’en soit le genre, au cours de l’année écoulée. 27% déclarent lire pour « approfondir leurs connaissance», 22% pour « se faire plaisir», 17% « pour s’évader » et 14% « pour se détendre ».
  • © Site La Vie facile – Enfants

    Entre 2015 et 2017, le nombre moyen de livres lus par lecteur serait passé de 16 à 20. Une croissance qui s’expliquerait par l’essor du livre numérique, 24%  des lecteurs déclarant avoir lu au moins un titre en version numérique, contre 19% en 2015. En moyenne, les Français auraient donc lu 17 livres au format papier et 3 au format numérique en 2016. Autre chiffre qui confirme l’engouement pour la lecture : 63% des sondés affirment qu’ils aimeraient pouvoir lire davantage, un chiffre qui grimpe à 76% chez les 25-34 ans. Le principal obstacle reste le « manque de temps », selon Vincent Monadé, président du CNL. On ne s’étonnera pas que  ceux dont les parents avaient l’habitude de lire sont eux-mêmes de grands lecteurs. Mais rien n’est figé car  20% des Français dont les parents ne lisaient jamais de livre se sont mis à la lecture.

 ACTUALITÉ(S) “LONDONIENNES

◘ UN NOUVEAU PRIX LITTÉRAIRE: LE PRIX ALBERT LONDRES DU LIVRE

telechargement• L’association Albert Londres, qui décerne chaque année des prix pour les meilleur reportages écrit et audiovisuel, a décidé de créer un nouveau prix Albert Londres du Livre. Selon Annick Cojean la présidente du jury et de l’association, ce  sera «un encouragement (…) pour les jeunes journalistes, parfois freinés dans leur travail et leurs ambitions dans des médias où la place et les moyens de reportage sont limités». Les trois récompenses seront décernées conjointement fin juin.  Le nouveau prix, qui  sera doté de 3000 euros, accueillera les ouvrages de journalistes de moins de 40 ans. Ils devront répondre «aux critères journalistiques d’enquête ou de grand reportage, à l’exclusion des bande dessinées et des livres de photographie, en alliant le ton, le style et l’audace chers à Albert Londres ». Dans son appel à candidatures, le jury a précisé que  « seules les qualités d’écriture et de reportage seront appréciées », Pour postuler, la détention de la carte de presse n’est pas obligatoire.

Le jury du prix Albert Londres, version 1934
Le jury du prix Albert Londres, version 1934

formulaire-prix-albert-londres• Le jury 2017 est composé de grands noms du journalisme écrit ou audiovisuel qui ont  été lauréats du Prix Albert Londres:  Lise Blanchet, Hervé Brusini, Annick Cojean, Thierry Desjardins, Jean-Claude Guillebaud, François Hauter, Christian Hoche, Catherine Jentile, Marc Kravetz, Jean-Xavier de Lestrade, Manon Loizeau, Alain Louyot, Jean-Paul Mari, Michel Moutot, Philippe Rochot, Patrick de Saint-Exupéry, Olivier Weber, Luc Mathieu, Cécile Allegra, Delphine Deloget, Claire Meynial, Sophie Nivelle-Cardinale et Etienne Huver. Rappelons que ce prix a été créé en hommage au journaliste français, né à Vichy (1884-1932), considéré comme le « père » du grand reportage moderne.

◘ DISPARITION D’ARMAND GATTI, PRIX ALBERT LONDRES 1951

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Armand GATTI (1924-2017)

• Armand Gatti, prix Albert-Londres 1954,  est décédé le 6 avril 2017, à l’âge de 93 ans. Né le 26 janvier 1924 à Monaco, il aura été tout à la fois journaliste, poète, écrivain, dramaturge, metteur en scène et réalisateur. Après avoir participé à la résistance dès 1942, ce qui lui avait valu d’être emprisonné puis envoyé en Allemagne comme travailleur forcé, il était parvenu à s’évader et à rentrer en France. Il avait alors rejoint un des maquis du Limousin, sous les ordres du colonel Guingouin.

• C’est en 1946 qu’il avait  débuté sa carrière journalistique, d’abord au Parisien Libéré. En tant que reporter et envoyé spécial, il devait notamment rendre compte des massacres des paysans indigènes au Guatemala, perpétrés à l’initiative de la dictature au pouvoir. En 1954, il avait été couronné par le prix Albert Londres pour  son enquête « Envoyé spécial dans la cage aux fauves ». Un reportage pour lequel il n’avait pas hésité à apprendre le métier de dompteur. Après avoir travaillé pour les Lettres françaises, Paris-Match, Libération (formule d’après guerre) et l’Express, il s’était orienté à la fin des années 1950 vers le théâtre, où  il a mis en scène une quarantaine d’œuvres, et vers  le cinéma. Armand Gatti était chevalier de la Légion d’honneur (1999) et commandeur dans l’ordre des Arts et Lettres (2004). En 2013, il s’était vu décerner le grand prix du théâtre de l’académie française.

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_Gatti

GRANDS REPORTAGES À L’ÉTRANGER : LE MEILLEUR D’ALBERT LONDRES RÉÉDITÉ

septembre 1914: la cathédrale de Reims en flammes, premier reportage d’Albert Londres

►Les éditions Arthaud viennent de publier Grands reportages à l’étranger (1 vol. br, 900 p, 32,50 €) qui regroupe 5 grands recueils de reportages d’Albert Londres, à travers le monde : « La Chine en folie »(1922), « Le Chemin de Buenos-Aires » (1927), « Terre d’ébène » (1929), « Le Juif errant est arrivée » (1930) et « Pêcheurs de perles » (1931). Dans sa préface, Étienne de Montety rappelle comment Albert Londres, qui avait été réformé en 1914,  a accédé au statut de grand reporter : « Septembre 1914. Un jeune journaliste, correspondant du « Matin », est envoyé sur le front de Champagne. On vient d’apprendre que la cathédrale de Reims est sous la menace des canons allemands. Le débutant rapporte une série d’articles dont l’un commence ainsi : « Ils ont bombardé Reims et nous avons vu cela. » C’est tout simple, un reportage : des faits, et une plume. Cette plume, c’est celle d’Albert Londres qui sera pendant plus de vingt ans le voyageur sans bagage de la presse française, envoyé spécial sur tous les continents : sort des travailleurs africains au Congo, des prostituées de Buenos-Aires, des Juifs de Palestine,ou des pêcheurs de perles du golfe Persique, rien de ce qui est humain ne lui paraît hors sujet. Un talent, une verve, un goût inentamé pour la vérité. Dans une profession où se sont illustrés Mac Orlan,  Béraud,  Kessel, il est devenu “ le patron” ».

• En rendant compte de cette parution, Marianne Payot écrit dans L’Express (5 avril) : « Albert Londres aurait pu rester comptable à Lyon, consacrer sa vie à la poésie, mais le voici journaliste dans Reims en flammes, en 1914. “La guerre sera son salut (…). Intoxiqué de sleepings et de paquebots”, Albert Londres va bientôt courir le monde et le couvrir, de rédaction en rédaction. Portant la plume dans la plaie, de révolutions en conflits,il marque de son style chacun de ses écrits aux longs cours (…). Avec un art de la mise en scène et de la description, à faire pâlir de jalousie tous les Rouletabille d’aujourd’hui ».

Pour en savoir plus… Des extraits du livre ainsi que l’intégralité de la préface d’Etienne de Montety sont consultables sur le site Google Books.

◘ CLAQUEMENTS DE PORTES DANS  LA MAISON D’ALBERT LONDRES

Philippe ALFONSI, Véronique AUGER et Jean-Paul MARI
Philippe ALFONSI, Véronique AUGER et Jean-Paul MARI
  • Toujours à propos d’Albert Londres, « Les grands reporters claquent la porte», titrait La Montagne. Trois journalistes de notoriété nationale, Véronique Auger, Philippe Alfonsi et Jean-Paul Mari, ont décidé de quitter l’association Regarder et Agir qui travaille à la réhabilitation de la maison natale d’Albert Londres, située rue Besse, dans le vieux Vichy. Ils Justifient leur départ par des difficultés relationnelles avec la présidente, Marie de Colombel, évoquant « des lenteurs et des conflits internes ayant rendu toute action pénible et inefficace ». La journaliste Véronique Auger, se veut plus précise : « On ne peut pas lancer une action, sans avoir des bâtons dans les roues. C’est une bataille permanente », déplore-t-elle.
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    Maison natale d’Albert Londres: un sauvetage retardé?

    • De son côté, Marie de Colombel, tout en regrettant cette décision, rétorque que le projet  de restauration de la maison d’Albert Londres n’est pas pour autant remis en cause, tout en ajoutant qu’il manque toujours 60 000 € pour entamer les travaux sur la façade de l’immeuble. Le projet, présenté en 2015,  prévoyait la création sur le site réhabilité d’une maison d’écrivains, d’un institut du grand reportage et d’un Centre d’études et de recherches.

  • Il y a 70 ans, disparaissait Alexandre Varenne (1870-1947). Le 27 février, à Clermont-Ferrand, trois conférenciers, Françoise Pottiere-Béchet, Patrice Morlat et Guy Rousseau, ont brossé en détail le portrait du fondateur de La Montagne, qui fut aussi en 1906 le premier député socialiste du Puy-de-Dôme et gouverneur général de l’Indochine, de 1925 à 1927. Ces conférenciers avaient répondu à l’invitation de  la Fondation Varenne et du  Cercle Pierre Mendès-France.

LIBRAIRIE

  • Librairie Carnot: Le financement participatif pour surmonter un moment difficile

    « Face aux difficultés financières, la librairie Carnot a lancé un  financement participatif sur Internet : un cri pour ne pas tourner la page« , pouvait-on lire dans La Montagne (10 mars). Disposant de 90 m2 de surface, dont les deux tiers dédiés à la vente, la librairie Carnot qui a fêté son 10ème anniversaire est l’une des trois dernières librairies indépendantes de Vichy, avec À la page et  La Grande Librairie. Elle a réalisé  un chiffre d’affaires de 220 000 €. Si elle dispose d’un noyau dur de lecteurs fidèles,  elle n’accueille que  peu de gens de passage, n’étant pas tout à fait au cœur de la ville. Le recul des ventes qui a généré les difficultés financières, est dû, en partie, à la concurrence d’ Internet, le problème numéro 1. S’y ajoutent la baisse des commandes provenant des collectivités, pour cause de réductions budgétaires, et la perte de certains marchés. Un appel a été lancé le 2 mars par la fondatrice et gérante  Martine Alleyrat. l’objectif est de réunir au moins 10 000 €, afin de passer ce cap difficile, que connaissent, malheureusement, nombre d’autres librairies en France.

ÉDITION

◘ TOUT SAVOIR SUR L’ÉDITION EN NOUVELLE AQUITAINE

editeurs-20171_large• Depuis la fusion des trois régions Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin dans une Nouvelle Aquitaine, les trois structures régionales dédiées au livre ont uni leurs efforts pour publier en mars un Répertoire des éditeurs de la Nouvelle Aquitaine. Au sommaire, figurent près de 200 maisons d’édition de toutes tailles, réparties sur 12 départements. Selon Livres Hebdo (11 mars), «  il reflète un paysage éditorial diversifié où le patrimoine régional, les beaux livres, les sciences humaines et la jeunesse représentent près de la moitié de la production« . Le guide, qui compte environ  200 pages, se décline en 6 thématiques: Littérature – poésie – Théâtre,  Sciences humaines, Jeunesse, BD, Beaux livres – Patrimoine – Région et Livres d’artistes. Un index et une carte des éditeurs complètent l’ensemble. Chaque maison d’édition dispose d’une fiche avec les informations essentielles:   historique,  nombre de titres figurant au catalogue,  nombre de titres publiés par an,  coordonnées des responsables et de la maison d’édition. Le répertoire  est disponible gratuitement sur demande  et il est téléchargeable. Souhaitons que la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes s’inspire de cette réalisation.

► http://ecla.aquitaine.fr/Agenda/Ecrit-et-livre/Repertoire-2017-des-Editeurs-en-Nouvelle-Aquitaine

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Carte des éditeurs: 2 seulement dans le département de la Creuse mais 23 en Haute-Vienne, dont 13 rien qu’à  Limoges

◘ L’HARMATTAN, PREMIER  ÉDITEUR FRANÇAIS EN NOMBRE DE TITRES

L’Harmattan: n°1 en 2016, avec 2638 titres publiés

2 638 titres et pas un de moins ... C’est le nombre impressionnant de livres qu’ont publiés les éditions L’Harmattan,  dont 2373 pour la seule maison mère implantée en France, le reste se répartissant entre ses filiales africaines  et italiennes. En 2014, le même éditeur avait publié 2753 titres  et 2574 en 2015. Derrière L’Harmattan, on trouve, sans surprise,  le groupe Hachette  avec 2125 titres publiés (2047 en 2015),  suivi  du groupe Gallimard qui affiche 1312 titres en 2016, contre 1253 en 2015. Quant au régional de l’étape, les éditions de Borée, reprises en 2015 après leur dépôt de bilan, par le groupe La Montagne – Centre France,  elles ont sensiblement réduit la voilure, avec  124 titres en 2016 contre  140 en 2015 et 200 en 2014. Autre éditeur spécialisé dans les ouvrages régionaux, lui aussi repris après dépôt de bilan, les éditions Alan Sutton ont maintenu une production quasi stable, avec  81 titres en 2016 contre 87, les deux années précédentes.

◘ SALON DU LIVRE : PAS FORCÉMENT RENTABLE D’Y ÊTRE, MAIS INDISPENSABLE…

téléchargement• Du 24 au 27 mars, à la Porte de Versailles, 18 éditeurs installés dans nouvelle région  Auvergne-Rhône-Alpes ont participé au 37ème Salon du livre, rebaptisé Livre Paris. Les amateurs de poésie, de littérature générale ou de jeunesse, de bandes dessinées, d’arts, de patrimoine, de sciences humaines et sociales, de loisirs et de gastronomie ont pu rencontrer auteurs et éditeurs au stand de la région.  C’est l’Agence régionale pour le livre et la documentation (Arald) qui avait coordonné la mise en place d’un stand de 200 m2, pour un budget global de 115 000 €. Cette mutualisation permet aux éditeurs présents  de limiter leurs frais : l’espace est mis gracieusement à leur disposition mais ils doivent cependant débourser  500 à 900 € selon l’importance des tables d’exposition, somme à laquelle s’ajoutent 400 € pour l’inscription dans le catalogue du salon…sans oublier les frais d’hébergement et de personnels présents sur le salon pendant au moins 5 jours. Une solution qui reste toutefois avantageuse par rapport à une présence hors stand régional : dans ce cas, il faut compter au minimum 2 000 € pour se retrouver souvent  isolé dans un coin du Salon, avec 9 m2.

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Patrice Rötig (Bleu Autour), un habitué du Salon du Livre

• Pour l’Allier, un seul éditeur était présent : Bleu Autour, la maison d’édition de Patrice Rötig. Le Puy-de-Dôme était représenté par les seules Presses Universitaires Blaise-Pascal, dont c’était le premier salon, et le Cantal par les éditions de la Flandonnière. En revanche, les éditions de Borée, reprises par le groupe Centre France, n’avaient pas de stand cette année. Pour la plupart des éditeurs régionaux présents, s’il ne faut guère espérer rentabiliser la présence par les ventes d’ouvrages, le Salon reste un formidable lieu de rencontres et de contacts. Pour Patrice Rötig, « la manifestation est l’occasion de faire grossir, édition après édition, un carnet d’adresses indispensable  pour faire connaître et vendre ses livres. Il faut être présent. Il y a des gens qu’on ne voit qu’ici ». LOGODes propos que confirment les responsables des éditions de Cheyne pour lesquels « c’est presque plus de la communication que de la vente ici ». Finalement, le salon du livre est avant tout perçu comme un lieu de rencontres avec les lecteurs et un point de convergence des professionnels, qu’ils soient auteurs, commerciaux ou diffuseurs : « Qu’ils rentrent ou non dans leurs frais, tous les participant disent la nécessité d’être là », écrivait François Desnoyers dans La Montagne (26 mars).

BIBLIOPHILIE

◘ DISPERSION DES TRÉSORS DE LA BIBLIOTHÈQUE DE BARANTE

123237_fb09dac8fcaecc3c509a3ee10d02d219_normale• Le 25 mars, les commissaires-priseurs clermontois Maîtres  Vassy et Jalenques vont  mettre en vente 338 lots provenant de la fameuse bibliothèque du château de Barante, près de Thiers. Ébauchée sous Louis XIII, cette bibliothèque patiemment constituée par plusieurs générations de la  famille de Barante, s’est ouverte au XVIIIème siècle  à de nombreux livres d’histoire naturelle, de voyage et d’ethnographie. La petite histoire rapporte que Claude Ignace de Barante avait été  incarcéré en 1793, sous la  Terreur. Alors qu’il était en instance de comparution devant le tribunal révolutionnaire, il écrivait encore à son épouse…pour lui signaler les ouvrages à acquérir, tout en y ajoutant les consignes précises à donner au relieur. Prospère de Barante, quant à lui,  davantage homme de lettres,  a fait l’acquisition de nombreux titres de littérature étrangère ainsi que des volumes en relation avec sa carrière d’homme politique, d’historien et de diplomate.

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L’ancienne Auvergne et le Velay

• Au fil du temps, la bibliothèque en est  arrivée à occuper la quasi-totalité du rez de chaussée du château. En 1923, elle recelait au moins 60 000 volumes, faisant d’elle une collection exceptionnelle. Parmi les lots proposés à la vente, figure une importante section Auvergne. On y trouve des classiques, entre  un Atlas géologique du Puy-de-Dôme de Lecoq et une Histoire de la ville de Clermont-Ferrand, d’Ambroise Tardieu (1871), en passant par le Coutumier d’Auvergne, un manuscrit du XVIIème siècle. Autre titre proposé: L’ancienne Auvergne et le Velay, d’Adolphe Michel, tiré entre 1843 et 1847 sur les presses de l‘imprimerie Desrosiers, à Moulins. La même qui avait imprimé L’Ancien Bourbonnais d’Achille Allier, quelques années plus tôt.

► À signaler deux ouvrages de Blaise de Vigenère :

  • Blaise de Vigenère

    Blaise de Vigenère : Les Images ou Tableaux de platte-peinture de Philostrate Lemmien Sophiste grec. Paris, 1578 – In-fol,  542 p. – Estimations: 200/300€ . Il s’agit de la 1ère édition, sans illustrations.

  • Blaise de Vigenère (traduction) :L’histoire de la décadence de l’Empire grec et établissement de celuy des Turcs par Chalcondile Athénien . Paris, 1632. – in-folio, 1015 p. – 1 000 / 1 200 €

► Parmi les  correspondances autographes :

  • CONSTANT Benjamin : 46 lettres adressées à Prosper de Barante entre 1805 et 1830 : 1 500 / 2 000 €. Benjamin Constant écrit le 25 février 1808 : « ni vous ni moi, mon cher Prosper, ne sommes faits pour travailler dans ce siècle. Il n’y a plus d’âmes sympathiques avec les nôtres, et la langue que nous parlons, quoique composée des mêmes syllabes que celle des bipèdes que nous rencontrons, ne sert qu’à ne pas nous faire entendre. Tout est enrégimenté… »
  • DINO Dorothée von Biron, princesse de Courlande, comtesse de Périgord, duchesse de Talleyrand, de Sagan. 427 lettres à Prosper de Barante : 10 000 15 000 € : « Témoignage historique de premier ordre sur la vie politique française et celle des principales cours d’Europe... »
  • GUIZOT François : 182 lettres au baron Prosper de Barante : 5 000 / 6 000 €
  • RÉCAMIER Juliette de : 63 lettres et 5 billets à Prosper de Barante entre 1808 et 1835 : 1 200 / 1 500 €
  • Talleyrand-Périgord

     STAËL Germaine de,  baronne de : 181 lettres à Claude Ignace de Barante, 1806-1811 (publiées en 1929) : 10 000 / 15 000 €

 • TALLEYRAND-PÉRIGORD Charles Maurice de : 45 lettres au baron de Barante, 1823-1833 : 10 000 / 12 000 €. 3 lettres ont été écrites à Bourbon-l’Archambault où Talleyrand avait l’habitude de venir en cure.

Parmi les imprimés :

  • Le Grelot, journal illustré, politique et satirique, hebdomadaire. Paris, 1871-1878 : 200 / 300 € Parmi les illustrateurs : Pépin, pseudonyme de Claude Édouard Guillaumin (Moulins 1842 – Paris 1927)
  • Description de l’Égypte 1809-1828. – 9  vol. : 8 000 / 10 000 €

Pour consulter la liste complète et le descriptif des ouvrages mis en vente: http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/bibliotheque-de-barante-ie_v93825.html

© La Montagne -Centre France – (26 mars 2017)

► Finalement, comme on pouvait s’y attendre, la vente  a attiré de nombreux acheteurs potentiels, aussi bien dans la salle qu’au téléphone ou  par Internet et plusieurs lots ont largement dépassé les 10 000 €. Le  record a été atteint par le manuscrit autobiographique de l’impératrice Catherine II de Russie : il s’est envolé à 115 000 €, pour une estimation initiale qui ne dépassait pas…2 000 €.  C’est un acheteur russe qui l’a emporté. Pour 87.000 €, un acheteur français s’est adjugé  les huit volumes du « Recueil des observations et des recherches en Égypte par l’expédition de l’armée de Napoléon ». D’autres manuscrits ont également atteint des prix inespérés, avec  35.000€ pour les  « Souvenirs de famille » du baron de Barante et 27 000 € pour les  dix-huit lettres de Madame de Staël adressées à Claude-Ignace de Barante, écrites de 1806 à 1811. On peut y ajouter les 14.000 € déboursés par un amateur pour acquérir les soixante-trois lettres et les cinq billets adressés à Prosper de Barante entre 1808 et 1835 par Juliette Récamier. Enfin, les « Souvenirs du baron de Barante » retranscrits par son petit-fils Claude de 1890 à 1901, ont grimpé jusqu’à 13.000 €.

  • Lors de la vente aux enchères organisée par l’étude ADER Nordmann, le 13 décembre 2016, à la salle des ventes Favart à Paris était proposé un ouvrage de Philostrate de Lemnos : Les Images ou tableaux de platte peinture des deux Philostrates sophistes grecs et les statues de Callistrate [traduit par Blaise de Vigenère] . Paris : Veuve Abel l’Angelier, veuve M. Guillemot, 1614-1616.  In-folio, 925 p. – 1 500 / 2 000€. « Un des plus beaux livres illustrés du XVIIe siècle« .  Précieux exemplaire réglé, offert par Mme L’Angelier au magistrat et poète Claude Expilly (1561-1636).

◘ REVUE DES CATALOGUES 

  • La librairie Le feu follet a publié sur internet son catalogue Livres & manuscrits 2017 dont le n° 1 concerne :

Alain-Fournier: Le Grand Meaulnes Paris, Émile-Paul frères, 1913, 16 x 20,5 cm,broché sous chemise et étui : 17 000 € . Édition originale, un des très rares exemplaires imprimés sur papier vert pour l’auteur, dont il n’a été tiré que 6 ou 10 exemplaires.

  • Le catalogue d’avril 2017 de la librairie Fabrice Teissèdre, à Paris, est intitulé « Quatre cents livres rares et curieux« , parmi lesquels Vu du Bourbonnais a noté :

Jean Cabaret d’Orville : Histoire de la vie, faicts héroïques,et voyages, de très-valeureux Prince Louys, III, Duc de Bourbon … Paris, François Huby, 1612. – [407] p. : 800 €. Il s’agit de la première version imprimée, très peu commune, de ce qui sera connu plus tard sous le nom de « Chronique du bon duc Louis de Bourbon », et réédité de façon critique par Chazaud, archiviste de  l’Allier, en 1876.

◘ abbé Jean-Baptiste Croizet :  Notice sur le tremblement de terre qui s’est fait sentir dans l’Auvergne, en octobre 1833. Clermont-Ferrand, Thibaud-Landriot, 1833. – 22 p. ; in-8° : 120 €

◘ [Noëls auvergnats]Noëls nouveaux (….) en français et en auvergnat – Clermont-Ferrand, veuve Delcros, ca 1750. – 32 p. ; in-16 : 150 €

  • Au dernier catalogue de la librairie Jean-Luc Devaux, à Moulins :

◘ Edmond Tudot :  Album historique de Tronçais, Commentry, Montluçon, Néris et Montassiégé.  Paris 1856, album in-folio, 12 ff de texte et 22 (sur 23) planches : 4 500 €. Ce fameux album,dont la rareté est légendaire, n’a été tiré qu’à cent exemplaires.

images◄ Au sommaire du dernier catalogue de la librairie Paul Jammes, de Paris :

  • n° 45 : Le Psaultier de David torné en prose mesurée, ou vers libres, par Blaise de Vigenère Bourbonnois Paris : A. L’Angelier, 1588. In-8°, 308 ff. : 400 €

Première traduction complète et en « vers libres » (il semble que ce soit la première fois que l’expression est employée) de l’intégralité du psautier par Vigenère.    Cette édition connut plusieurs tirages avec quelques variantes

  • n° 167 : Fauchet (abbé Claude) De la religion nationale. Paris, 1789. – in-8°, 300 p. : 300 €

Né à Dornes (Bourbonnais, auj. dans la Nièvre) en 1754, Fauchet, élu à la convention, fut guillotiné le 31 octobre 1793,sous le prétexte d’avoir inspiré l’assassinat de Marat. Ce livre propose un catholicisme d’État,réformé selon divers principes.

  • n° 193 : La Bonne Notre-Dame de Bon Secour (sic) Caen, Picard Guérin,vers 1810-1820. Image populaire (292 x 204) : 900 €

Belle image imprimée en taille-douce sur papier vergé et coloriée au pinceau. La Sainte Vierge au cœur d’un arbre est implorée par deux femmes et quatre hommes. Six ex-voto sont accrochés dans les branches. – Ce vocable est utilisé pour désigné d’assez nombreux lieux de culte en France. Notamment sur Saint-Prix, près Lapalisse, pour la chapelle de Beaulieu. La tradition rapporte qu’au XIIe siècle, deux cavaliers passaient sur ce plateau boisé quand leurs chevaux s’arrêtèrent brusquement. L’un des deux cavaliers voit sur la branche d’un gros chêne la Vierge Marie tenant l’Enfant Jésus. Le seigneur de Montjournal fit construire une chapelle sur ce site. Elle existe toujours et de nombreux miracles y ont été recensés (http://paroissenotredamedelalliance)

  • n° 225 : Blaise Pascal : Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets qui ont esté trouvées après sa mort parmy ses papiers. Paris,G. Desprez, 1970. – in-12, 365 p. : 15 000 €. Édition originale.
  • n° 239 :Saint Blaise évêque. Priez Dieu pour la conservation de nos bestiaux. Cantiques spirituels. Image populaire, coloriée au pochoir, de la fabrique de Deckherr,frères, imprimeurs à Montbéliard. Vers 1830 (356 x 232) : 1 500 €

Dans “Le folklore bourbonnais : les dits, les chants et les jeux” (Moulins, 1968, p. 41),  Camille Gagnon a rapporté une prière, recueillies à Louroux-Bourbonnais en 1927,  concernant l’étranglement chez le bétail : « Bienheureux saint Blaise, près de Notre Seigneur Jésus-Christ,veillez par votre vétation, près de Notre Seigneur Jésus-Christ, que la bête de poil rouge (ou blanc : désigner la couleur du poil), que ce qu’elle a dans le cou,que ça sorte ou que ça rentre ». Ajouter cinq Pater et cinq Ave.

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