LE PEINTRE LOUIS NEILLOT (1898-1973) SOUS LE FEU DES ENCHÈRES

MISE À JOUR: 30 JUIN 2017

Jean-Paul PERRIN

 

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Contact: allier-infos@sfr.fr

 

• Il y  a 44 ans, le 24 décembre 1973, disparaissait le peintre Louis Neillot. Né à Vichy, le 10 février 1898, il était considéré comme le  dernier représentant du fauvisme. À la suite du décès de sa fille, Colette Manigand-Neillot, ses héritières ont décidé de disperser près de 80 toiles issues de sa maison  atelier de Saulcet, près de Saint-Pourçain-sur-Sioule, que l’artiste  avait acquise à la fin de sa vie.  La vente aux enchères, organisée le 25 février, à Vichy, a été l’occasion pour les amateurs d’art de découvrir des paysages bourbonnais de la première moitié du XXe siècle, lorsque le mitage de l’habitat pavillonnaire ne les avait pas encore gagnés. D’autres représentaient des paysages de l’Ile de France, où le peintre passait la moitié de l’année, ainsi que des vues de Paris, notamment le quartier des Batignolles. Enfin, des natures mortes et des nus complétaient le catalogue.

Étienne Laurent, commissaire-priseur, présentant quelques-unes des 80 toiles en vente

• À ces toiles, s’ajoutaient deux sculptures (dont une de René Collamarini) et cinq toiles signées par Juliette Chopin. De son vrai nom Juliette Constantin-Neillot, elle est une des deux filles de Louis Neillot, dont elle a suivi très tôt les traces, en adoptant  son style pictural. Outre les toiles conservées à Saulcet, une partie de la vente était constituée de toiles que Colette Manigand-Neillot avait rapatriées à Clermont-Ferrand, où elle vivait. Compte tenu de l’importance de la vente, Étienne Laurent, commissaire priseur vichyssois avait choisi de faire équipe avec son confrères clermontois.

◘ QUI ÉTAIT LOUIS NEILLOT ?

Originaire de Vichy, Louis Neillot a passé une partie de son enfance dans le Morvan, où son père était jardinier – fleuriste. De retour  à Vichy,  il a suivi des cours de l’école d’art municipale, interrompus en 1914, d’abord pour travailler, puis pour répondre à la mobilisation. Appelé à la guerre dans les derniers mois, il en reviendra gazé et il sera réformé. Avec le retour à la paix, il s’installe à Asnières, travaillant à la fois en usine, comme dessinateur,  tout en suivant des cours du soir  dans une académie libre du boulevard de Clichy, à Paris. Ses toutes premières expositions remontent à 1920, au Salon des Jeunes, à 1921, au Salon des Indépendants, et à 1923 au Salon des Tuileries.  À la même époque, « il passe de longues heures à la salle Caillebotte, fasciné par les impressionnistes et surtout par Cézanne« , écrit Jacqueline Débordes (Cahiers bourbonnais, n°120).

•Après avoir quitté l’usine en 1923, Louis Neillot,  choisit de se consacrer uniquement à son art. Entre Paris et son Bourbonnais natal, il multiplie alors les participations aux expositions. En 1925, il épouse  la fille d’une instituteur vichyssois,  Suzanne Chopin. Le salaire  de cette dernière  lui apportera constamment un   minimum de sécurité matérielle que son activité artistique  ne pouvait lui garantir.De cette union, naîtront deux filles, Colette Manigand-Neillot et Juliette Constantin-Neillot, qui marchera sur les traces paternelles. Entre 1928 et 1934, il élit domicile  à la Ruche des arts, à Paris, et en 1932, une première exposition rétrospective de son œuvre est organisée, lors du salon des Indépendants. La même année, il est couronné par le prix Blumenthal. Avec une première exposition à Madrid en 1933, il ébauche une carrière internationale. Ses  tableaux sont accrochées aux cimaises des galeries à Toronto, à Berlin ou à Bruxelles.  Jusqu’à la seconde guerre mondiale, il multipliera les  expositions,  organisant par ailleurs une exposition Cézanne, à l’occasion du centenaire du peintre en 1940.

• Son style s’inscrit dans la droite ligne du fauvisme, un courant de peinture né au début du XXe siècle, se fondant sur la simplification des formes et l’utilisation de couleurs pures juxtaposées et qu’on associe le plus souvent à Matisse, à Braque ou à Vlaminck. C’est ce qui vaudra à Louis Neillot d’être considéré comme le dernier représentant de cette école artistique.

• Lorsque  la seconde guerre mondiale éclate, il est mobilisé à Montluçon, au sein d’une compagnie de travailleurs militaires. Il ira ensuite s’installer à Cusset, se liant alors d’amitié avec Maurice Constantin-Weyer.  Par la suite, on le retrouve d’abord à Angers puis à Paris. Il y est  repéré par Louis Valtat qui apprécie son art « où s’affirment force, couleur et poésie ».  Ses pairs le portent à la vice-présidence du Salon des Indépendants Quand il n’est pas à Paris, dans son atelier sis rue de la Procession,  Neillot parcourt la province, au-delà de son Bourbonnais natal :La Provence, la Charente maritime ou la Vendée l’inspireront. Dans les années 1946-1958, il figure aux catalogues de nombreuses expositions et, sa renommée aidant, la ville de Paris  acquiert une cinquantaine de ses toiles. En 1958, l’Académie du Vernet  lui consacre une large rétrospective, à Vichy. Cette même année, après avoir résidé plusieurs mois chaque année à Creuzier-le-Neuf,  il décide d’acquérir la Maison du Verger, à Saulcet où il installera son atelier. La profusion végétale qui entoure les lieux ne pouvait pas ne pas le séduire. Il y viendra désormais pour Pâques et il y passera tous les étés, avant de regagner la capitale à l’automne.

• Là, il peut conjuguer l’art du jardinage et la peinture: « Dans des teintes de plus en plus gaies,  de plus en plus éclatantes, Louis Neillot fixe les champs de blé de notre terroir et la luxuriance des floraisons qu’il contemple dans son jardin« , écrit Jacqueline Débordes. Neillot peut alors vivre pleinement de son art. Selon Juliette Constantin-Neillot, son grand-père  «  était très à l’aise dans la dernière partie de sa vie, car il avait un contrat avec un marchand de tableaux américain. Mais, ajoute-t-elle,  quand nous étions enfants, il a dû avoir un emploi à l’usine, puis chez des architectes. Et surtout, ma mère a toujours travaillé, cela a assuré un fonds de roulement. »

• Signe de son rayonnement, sa renommée franchit l’Atlantique et, en  1960, L’Internationale  Galerie de  Chicago expose 27 de ses toiles et 13 de ses aquarelles. En juin 1966, Chicago accueille à nouveau  ses toiles aux côtés de celles de Seurat, Bonnard, Modigliani, Léger, Picasso ou encore  Gromaire, Dufy et Matisse. À Los Angeles, les visiteurs pourront s’imprégner  de l’atmosphère des paysages de Saulcet et de Creuzier-le-Vieux. Ce sera ensuite  New York, à la Galerie des artistes contemporains, avant la Floride et un retour en Europe, avec une exposition à la Galerie Abel à  Cologne.  En 1973, pour saluer ses 75 ans, une rétrospective expose  42 de ses aquarelles à Chicago, suivie d’une exposition à Détroit. Quelques jours avant qu’il ne disparaisse, le 24 décembre 1973, « son enthousiasme et sa volonté lui permettent de terminer une dernière aquarelle« , rapporte Jacqueline Débordes. Louis Neillot repose au cimetière de Saulcet.

Son épouse Suzanne Neillot, née Chopin, s’est éteinte à Paris, le 25 décembre 1986, 13 ans presque jour pour jour après la mort du peintre, tandis que sa sœur, Jeanne Neillot est décédée  à Vichy au début du mois de février 1987. À  propos d’elles, Jacqueline Déborde résumait leur rôle en écrivant que « ces deux femmes, durant toute leur existence, avaient consacré leur vie à Louis Neillot et depuis sa disparition ne vivaient plus que pour entretenir son souvenir et sa renommée« . Un devoir qu’avaient repris ses deux filles, Colette et Juliette, elles aussi décédées.

N32• Son œuvre, riche d’au moins 3 000 toiles et aquarelles, est dominée par deux grands thèmes : la nature morte qui « contraint le peintre à aller jusqu’au bout de lui-même », disait-il, et  le paysage qui « témoigne de l’union heureuse de l’homme et de la nature », le Bourbonnais étant au cœur de son art.  « L’oeuvre de Neillot, c’est le jardin de la joie« , écrivait René Barjavel dans la préface d’un livre consacré au peintre (Neillot, éditions Linéal, 1975) . En 1988, son épouse et sa fille Colette ont fait don  de vingt toiles au Musée de Vichy et, en 1997, un Catalogue raisonné des oeuvres de Louis Neillot, a été publié à l’initiative de ses deux filles, par Maurice Constantin.  Avec ses deux suppléments, il répertorie 1 470 de ses toiles et aquarelles.

• Louis Neillot a également contribué à l’illustration de revues et de livres, avec des bois gravés et des aquarelles. Ils figurent  dans des revues telles que La Revue de la Nièvre et du Centre ou dans Les Humbles, revue littéraire mensuelle des primaires, dirigée par Maurice Wullens (1933).  Il a illustré les Fables de Louis Mirande (1930) et ses aquarelles ornent Le chemin des cercles, de Romain Roussel, publié en 1947. On en retrouvera la liste dans le site dédié à Louis Neillot dont les références figurent en fion d’article.

Bois gravé de Louis Neillot pour la Revue du Centre (mars-avril 1928)
Le jardin Louis-Neillot à Montluçon

• La ville de Vichy lui a rendu hommage en donnant son nom à un square dès  1976, tout comme la ville de Montluçon,  avec le jardin public Louis Neillot, situé dans le quartier des Marais en 1980. Ajoutons, que depuis son décès, Louis Neillot a été  l’objet de plusieurs expositions, que ce soit à Riom ou à Vichy, à l’initiative de l’Académie du Vernet en 1976, puis à Moulins en 1977, ainsi qu’à Milan en 1979, lors de la 13ème exposition d’affiches, consacrant un autre de ses talents, celui d’affichiste.

Saulcet, la commune où Louis Neillot avait acquis la Maison du verger, en 1958 et où il a été inhumé en 1973

◘ À PROPOS DE LOUIS NEILLOT…CE QUE LES CRITIQUES ONT ÉCRIT AU FIL DU TEMPS…

Depuis ses premiers pas  artistiques, dans les années 1920, jusqu’à aujourd’hui, Louis Neillot a suscité nombre d’articles, y compris dans les revues et dans la presse nationales. Petit florilège de ces articles, au fil de sa carrière, entre peintre débutant et peintre confirmé et reconnu,  et au delà…

•1923 – La Revue du vrai et du beau

LN18► « Jeune peintre, Louis Neillot est déjà un artiste de valeur. Très personnel, étranger aux préceptes scolastiques, aux procédés d’atelier, il a su se bâtir à lui-même une technique originale où vivent toutes les idées que lui a suggérées l’observation minutieuse de la nature.  Son œuvre est faite principalement de lumière, j’entends que c’est là la qualité prédominante du peintre. Sans être indifférent aux paysages brumeux, gris ou pluvieux,  dont il a du reste tiré des effets remarquables,  Louis Neillot a une prédilection pour la lumière intense. Sa manière, de larges touches franches, s’adapte au goût de l’artiste. Paysagiste de préférences, il travaille la nature morte  comme un « exercice » indispensable, et aussi le nu. Au Salon des jeunes, aux Indépendants, au Salon d’automne, où il a exposé depuis deux ans, il a recueilli l’approbation unanime du public et des critiques, chose rare, s’il en est »

 

louis-neillot-paysage-de-campagne• 1926 – Le Petit Parisien

► « De Louis Neillot, débutant ayant beaucoup appris devant les toiles de Suzanne Valadon et de Jean Marchand, (nous) attendons cependant un développement plus complet de ses talents pour prononcer un jugement »

•1935 – Bernard Champigneulle 

► »Louis Neillot, si jeune encore, est bien parti pour poursuivre sa tâche. Indifférent aux snobismes, avec son indépendance intransigeante, sa conscience et se ténacité, il est semblable à ces propres artistes d’autrefois qui passaient leur vie à se perfectionner dans leur savoir pour éprouver plus de satisfaction dans l’exercice de leur métier« …    

N29•1937 –  M-A Leblond 

« La volonté éclate dans toutes les toiles de Louis Neillot, robuste coloriste, un peu brutal mais tendre, dont les compositions symphoniques de feuillages polychromes et de toits ardents ont une intensité et un rayonnement majestueux. Il rend très personnellement la force et la richesse éclatantes de nos campagnes« …

•1941 – René Barotte 

► « Après vingt ans d’un dur labeur, jamais la palette de l’artiste n’a été plus chaude, jamais il n’a atteint plus de luminosité et de profondeur dans ses beaux paysages de Cusset« …

N30•1948 – Jean Bouret:

► » Neillot est le type de peintre peu soucieux de la mode et pour qui la peinture est un métier qui ne demande pas de concession au vulgaire. Sa peinture est pour lui le moyen de découvrir par la couleur toute la subtilité d’un paysage, de le transcrire de telle façon qu’un accord sentimental soit immédiatement crée. C’est peut être le dernier des fauves et s’il avait vécu à la grande période de Chatou, il aurait égalé les plus grands« …

•1951 – Guy Dornand

► « Maîtres d’aujourd’hui: Neillot, ou le Fauvisme discipliné. C’est à une fête colorée que nous convie un peintre comme Neillot. À longues touches, franches, joyeuses, souvent cernées d’un trait net, il fait vibrer les tons purs. Avec ses paysages du Bourbonnais, comme dans ses natures mortes, il projette la lumière vivante« …

N32•1953 – Georges Besson ►  » C’est un plaisir de qualité que procure la variété chromatique des visions de Provence et de l’Allier, du truculent et réfléchi Neillot. D’une ferme et personnelle écriture, gais, clairs, jusqu’à être flamboyants, mais toujours nuancés, ces paysages font l’effet d’une jonchée de fleurs savamment organisée« …

•1957 – Pierre du Colombier

► « Héritage des Fauves, sans doute, dont à ses débuts Neillot avait connu le grand flamboiement, mais alors que les Fauves délaissent peu à peu leur ancienne manière, il lui resta obstinément fidèle. À la vérité, il échappait au péril des pigments intenses par le souci d’une armature très solide, très affirmée par des cernes noirs (…). On reconstitue d’ailleurs facilement, dans ses tableaux mêmes,  les tracés fondamentaux qui leur donnent  une solidité où aspirent, parfois vainement, ceux qui se livrent tout entier au jeu des couleurs. Il n’est pas l’homme des petites coquetteries« …

N33•Louis Roussel

► « La principale caractéristique de Louis Neillot est d’avoir voulu se faire lui-même. Il n’a pas fréquenté l’école des Beaux-Arts, il n’ a subi que l’enseignement des maîtres qu’il s’est donné, par une sorte d’élégance morale et de consanguinité spirituelle. Cette indépendance dans la formation l’a porté à marcher sans cesse, tout le long de sa carrière, à la rencontre de sa révélation personnelle… Sensible à la nature comme le furent peu de ses contemporains,  Neillot a donc traduit les eaux, les bois, les champs avec une sincérité vibrante et une simplicité qui n’est pas toujours aussi simple qu’il y paraît. Car cet instinctif est aussi un réfléchi. On découvre dans ses toiles des recherches que seul un esprit replié comme lui peut concevoir et qui se dérobent à l’examen superficiel. Aussi, tel qu’il se présente aujourd’hui, dans la maturité de l’âge, et du talent, Louis Neillot nous apparaît-il comme l’un des meilleurs interprètes actuels de la nature et, particulièrement, ne nous lassons pas de le proclamer comme le peintre contemporain qui a le mieux magnifié et éternisé les arbres« …

N36• Jean-François Chambrun (L’Express)

►  Quand il promène sur le boulevard Montparnasse sa haute silhouette mélancolique et dégingandée, Neillot a l’air de débarquer de sa campagne. Mais, dans les champs, les paysans ne s’y trompent pas. Même quant il n’a pas son chevalet sous le  bras, ils savent bien tout de suite que c’est un « peintre »: une sorte d’individu étrange qui regarde pousser les blés, sans se soucier de la récole prochaine, un homme d’ont l’œil garde la mémoire d’un instant de lumière, que sa main va tout à l’heure fixer, touche par touche, sur la toile« …

N38• Jean-Charles Varennes – 1974

► »Louis Neillot est un grand moment du Bourbonnais. Comme le sculpteur de l’ivoire de l’Évangéliaire de Gannat. Comme le Maître de Moulins. Grâce à lui, le Bourbonnais est devenu un haut lieu de l’art. Il a fait entrer au domaine de la légende artistique la plaine vallonnée de Bransat, les bords colorés de l’Allier, comme Cézanne la Montagne Sainte-Victoire et Harpignies les bords de l’Aumance. À la chaleur de l’été bourbonnais et à la lumière de nos printemps, il ajoutait son rayonnement humain. Dès que fleurissaient les premiers genêts et les iris, il venait ouvrir les volets bleus de sa maison du Verger, à Saulcet et, de mai à septembre, il vivait intensément le merveilleux jeu des couleurs de la nature, au gré des saisons. car pour Neillot, la vie avait deux valeurs: la liberté et la beauté ».

N37

• Jacqueline Débordes – 1987

►  » La puissance rayonnante de la couleur le place dans la lignée du fauvisme ainsi que sa franche objectivité et sa spontanéité. Mais il est avant tout lui, Neillot, fils de jardinier. Il a vécu au milieu du mystère de la germination et des forces mystérieuses de la nature. Avec les arbres et les plantes de son jardin de Saulcet, il paraissait partager le même élan vital. Je l’avais rencontré deux ans avant sa mort. Nous étions allés marcher dans la campagne alentour, sur des chemins sinuant entre les labours. Grand, fort, d’une allure plutôt rustique, il  semblait faire corps avec le paysage et lui aussi était issu de cette glèbe. Son art tout entier a été au service de cette sensation qu’il voulait communiquer: l’unité du monde et son harmonie. Ses toiles nous témoignent son émerveillement devant les rythmes de la nature et leurs corollaires de superbes métamorphoses, mais ils nous amènent à voir comment lui-même vivait ces mêmes rythmes. Tout montre sa confiance et  sa ferveur devant la vie: nature ou êtres humains…« .

N17 La Gazette de l’Hôtel Drouot

► « Comme son aîné Jules Zingg, Louis Neillot fait partie de ces peintres à la fois lyriques et terriens, qui ont su rester en communication constante avec la nature (…). La touche est dure, apposée comme un signe. L’artiste peignait comme d’autres dessinent, avec une étonnante vivacité qui confère aux œuvres toute leur fraîcheur. Les volumes sont réduits à l’essentiel, sans être  desséchés ou schématisés. Les rapprochements des couleurs sont d’une audace éblouissante, mais ne souhaite-t-il pas « être au fauvisme ce que Cézanne fut à l’impressionnisme »...

◘ LES ESTIMATIONS INITIALES DES TABLEAUX LORS DE LA VENTE À VICHY

 • Selon le commissaire-priseur Etienne Laurent, l’estimation oscillait entre … 30 et 3.000 € :  « Lors de précédentes ventes, j’ai eu une ou deux toiles de Neillot et elles sont bien parties, reconnaissait-il, dans une interview à La Montagne. Mais le problème des ventes d’atelier, c’est qu’on ne sait pas si le marché va pouvoir absorber un grand nombre de toiles d’un coup ». Juliette Constantin-Neillot, quant à elle, trouvait ces  estimations un peu basses :  « Je suis très étonnée, mon père est assez connu dans les ventes. Mais c’est vrai que la cote de Louis Neillot est plus élevée à l’étranger, notamment aux États-Unis.». Les résultats de la vente devaient lui donner raison.

◘ UNE VENTE  QUI A DÉPASSÉ TOUTES LES ESPÉRANCES

  • Le clou  de la vente: Le pigeonnier, adjugé  5 500 € à un amateur du Tarn. 

    La vacation a finalement attiré près de 150 personnes en salle, auxquelles il faut ajouter nombre d’acheteurs au téléphone ou sur internet. D’où des enchères qui ont vite grimpé, au point que le commissaire-priseur, Etienne Laurent, a pu parler de « vente  exceptionnelle ». Quarante ans après sa mort, le style de Louis Neillot séduit donc toujours de nombreux amateurs, la plupart des lots proposés ayant dépassé largement, les estimations initiales. Certaines enchères ont d’ailleurs été âprement disputées, entre la salle et les acheteurs au téléphone ou sur internet, la vente étant retransmise en direct sur un site spécialisé.

  • Nature morte à la cafetière adjugée  5 300 €

    Quelques tableaux ont vu leurs enchères monter particulièrement haut. « Le poirier », une huile sur toile de 1924, estimée à 1.500 €, a été achetée en salle pour 4.600 €. Alors que deux autres huiles sur toile ont été achetées au-delà de 3.000 €, deux œuvres ont vu les enchères dépasser le cap des 5.000 €. La première est une « Nature morte à la cafetière » datée de 1921, acquise sur internet pour  5.300 €. La seconde représente le « Pigeonnier » où le peintre résidait à Saulcet. Elle  a été acquise au  téléphone par un acheteur du Tarn pour 5.500 €. Enfin, les amateurs  ont aussi jeté  leur dévolu sur les tableaux signés de la main de Juliette Chopin, fille du peintre.

    ► Pour en savoir plus, un site dédié à Louis Neillot 

Page d’accueil du site dédié à Louis Neillot

Le site se décline en une dizaine de thèmes: Biographie, Œuvre, Dans la presse, Hommages, En ventes publiques, Bibliographie, Catalogues, Expositions, Illustrations d’ouvrages, Musées et collections. Le site recense aussi quelques faux Neillot et des « présumés« Neillot.

À consulter:  Le catalogue des œuvres de Louis Neillot et ses deux suppléments. Ils peuvent être commandés sur le site dédié à Louis Neillot

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Catalogues des œuvres de Louis Neillot: 3 volumes et 1470 tableaux répertoriés

 

► UN AUTRE PEINTRE ET DESSINATEUR BOURBONNAIS À DÉCOUVRIR SUR CE BLOG:

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Florane (Bois gravé de Joseph Prémilhat)

Louis Blanchard, dit Florane (1869-1939)

 

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Les Bourdignats, à Montvicq, par Florane
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