◘ “VIVE LE PINARD !” ET “L’ANNÉE 1917”, DEUX NOUVELLES EXPOSITIONS À L’HISTORIAL DU PAYSAN – SOLDAT

MISE À JOUR: 21 AVRIL 2017

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14 AVRIL – 14 OCTOBRE 2017:

VIVE LE PINARD! PRODUIRE ET BOIRE DU VIN PENDANT LA GRANDE GUERRE

 

chanson pinard L’historial du paysan soldat, installé dans un ancien corps de ferme, Route du vallon, à Fleuriel, propose régulièrement des expositions temporaires, parallèlement à ses expositions permanentes. Après L’artisanat des tranchées (février – décembre 2016), Les batailles de Verdun et de la Somme (juin – novembre 2016), Arrêts sur images (mai – novembre 2016), et La citoyenneté à l’épreuve de la guerre (septembre 2016), deux nouvelles expositions sont programmées en 2017. La première, intitulée Vive le pinard ! Produire et boire du vin pendant la Grande Guerre  est visible du 14 avril  au 14 octobre 2017. En parallèle, on pourra découvrir une  autre exposition centrée sur L’année 1917 qui fut à la fois celle de la sanglante offensive du Chemin des Dames, mais aussi des vagues de mutineries et de l’arrivée de Pétain.

• L’exposition Vive le pinard ! Produire et boire du vin pendant la Grande Guerre, a été concoctée par l’historien Stéphane Lebras. Au delà de son  titre,   qui se veut résolument provocateur,  elle explore  un sujet complexe: celui du rapport au vin dans la société française et dans l’armée au début du XXème  siècle: « Au début du siècle dernier, le fameux “pinard” n’était pas considéré comme une boisson alcoolisée, mais avant tout dans les classes laborieuses notamment, comme un apport calorique en complément du repas« , écrit Yann Terrat dans La Montagne (20 avril). La consommation moyenne annuelle  se situait  alors entre 100 et 200 litres par habitant, soit 2,5 à 5 fois la consommation actuelle.  Il n’était donc pas imaginable que le rouge breuvage ne  fasse pas partie de la panoplie du soldat.  On sait que le « pinard » généreusement distribué aux Poilus fut un des éléments importants pour maintenir un semblant de moral dans les rangs de l’armée française. Dès 1914, le précieux liquide, à défaut d’être un nectar, fut officiellement intégré à la ration liquide du soldat, au point de donner naissance à un véritable engouement. 14_18_BMD_LCAV1D’un quart de litre par jour en 1914, la ration devait régulièrement croître jusqu’à atteindre un litre par jour. Si le vin réchauffe les cœurs et contribue au moral, il a aussi un autre avantage: il permet « d’améliorer des rations sans saveurs ». Anxiolytique et calorique, le vin présente aux yeux des poilus une autre vertu: même s’il est jugé souvent « imbuvable« ,  on sait qu’on peut le boire en toute confiance, contrairement à l’eau  fréquemment pollué. « Vive le pinard » se veut aussi un hommage à l’une des chansons les plus populaires,  composée par Louis Bousquet en 1916, créée par Bach et entonnée par les soldats sur tout  le front.

• L’Historial du paysan soldat a donc souhaité s’emparer de ce sujet récemment défriché par des universitaires pour proposer une exposition inédite.  Grâce à des prêts issus de fonds privés mais également des Archives Départementales de l’Allier, de la Bibliothèque historique de la ville de Paris ou encore du Musée de la Grande Guerre de Meaux, l’exposition propose d’aborder cet épineux sujet par le biais de l’image et de l’archive, invitant le visiteur à découvrir une véritable histoire sociale du vin.

 • Le parcours retrace le cheminement du vin depuis sa production jusqu’à sa consommation sur le front et à l’arrière, en passant par son transport. Les vignerons, les vendangeurs ou les tonneliers, ayant massivement rejoint le front, ce sont les femmes, mais aussi les personnes âgées et les enfants qui les remplacent dans les vignes, rappelle Yann Terrat. Au plus fort de la guerre, c’est 1,5 million de litres de vins qui doivent être acheminés quotidiennement vers les zones des combats pour étancher la soif de 3 millions de poilus. Après la perte des régions viticoles du Nord-est, au cœur des zones combat, la production nationale atteint péniblement 35 à 40 millions d’hectolitres, alors que la consommation d’avant guerre se montait à 60 millions. Il va donc falloir importer des vins, d’abord d’Espagne, mais ces vins se révèlent « terriblement mouillés« , selon les formulations des rapports officiels. Il devient  donc nécessaire de les couper avec des vins du Roussillon, tout en demandant aux stations œnologiques du Midi de veiller désormais à la qualité des livraisons.  45509689Le budget que l’armée consacre à cette dépense est relativement important, d’autant que le prix du vin est en hausse, à cause de la spéculation et des problèmes de transport. Chaque année, il faut procéder à des réquisitions et à des achats à l’étranger. Outre l’Espagne, la Grèce fournit également du vin, notamment aux soldats opérant à Salonique. Les parlementaires  s’interrogent aussi sur l’opportunité de se ravitailler auprès de l’Italie, qui dispose de très grandes quantités de vin, à très bas prix.

La logistique doit suivre et le train joue un rôle capital. La gare de Moulins devient « station magasin  pour acheminer la boisson produite dans les vignes du Midi jusqu’aux tranchées du nord« ,  rappelle La semaine de l’Allier (20 avril). Comme dans toute situation de crise, quelques-uns y voient un moyen de faire de bonnes affaires, quitte à trafiquer  le vin. C’est ce qui pousse l’intendance militaire à  instaurer « des contrôles de couleur, d’aspect, de goût, de titre alcoolique, d’acidité« , et à débusquer  l’éventuelle présence de colorants, comme le  rappelle Florence Panciatti, directrice de l’Historial.

220px-le_salut_au_pinard-_dessin_de_r-_serrey-_1917• Se confronter aux représentations du vin permet de mettre en regard une pratique vécue et un imaginaire véhiculé par des chansons, des peintures ou des caricatures. Le but est d’interroger des stéréotypes encore tenaces autour de la consommation du vin et de ses dérives mais aussi de lever le voile sur une implacable logistique de ravitaillement qui permit à plus de 2 millions d’hommes de consommer quotidiennement leur ration de pinard tout en faisant le bonheur des négociants et des producteurs…

►  Pour en savoir plus… Quelques sites à consulter:

téléchargement (1)

◘ 1914-1918 : l’alcool aux armées. représentations et essai de typologie:

https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2006-2-page-19.htm

◘ La consommation d’alcool sur le front 1914-1918:

http://centenaire.org/fr/espace-scientifique/societe/la-consommation-dalcool-sur-le-front-14-18

◘ Le pinard pendant la grande guerre:

http://87dit.canalblog.com/archives/2015/09/26/32687073.html

INFOS PRATIQUES 

Où ? Historial du paysan – soldat, Route du vallon 03140 Fleuriel

Quand ?  L’exposition est ouverte du 14 avril au 14 octobre 2017, y compris les jours fériés, hors lundi et mardi :
◘  En avril, mai, juin et septembre, du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h,
◘  En juillet et en août, du mercredi au dimanche de 14 h à 18h30,
◘  Du 1er octobre au 11 novembre, de 14 h à 18 h du vendredi au dimanche.
◘  À noter : De mai à septembre, fermeture à 19 h le premier vendredi de chaque mois.

CONTACTS 

◘ Téléphone : 04 70 90 22 45    

Mail accueil.historialfleuriel@orange.fr

Site Web : historialpaysansoldat.fr

© La Montagne – Centre France (20 avril 2017)

 

 

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