BIOGRAPHIE- N° 12 : DESTIN D’ACTRICES: LA COMMENTRYENNE YVONNE ROZILLE (1900-1985), UN INJUSTE OUBLI

Mise à jour: 24 JUIN 2017

Laurence DEBOWSKI

 

« Quand on retourne dans sa ville natale, on s’aperçoit que ce n’était pas l’endroit qu’on regrettait,  mais son enfance » … (Sam Ewing).

 

• Qui, parmi les cinéphiles, se souvient encore d’Yvonne Rozille, Marie-Yvonne Gilberte Rouzille pour l’état civil, née en 1900 à Commentry (Allier) ? Le Septième art lui a pourtant fait les yeux doux avec vingt-deux films à son actif, dont le dernier, « Faîtes sauter la banque »,  sorti en 1964, a totalisé plus de 1,9 million d’entrées dans les salles. Qui, parmi les amateurs de théâtre, se rappelle qu’elle a  été à l’affiche  de nombreuses pièces, dans les années 1925-1935 ?  

• Yvonne Rozille est décédée à Grasse (Alpes Maritimes), en 1985, après une vie bien remplie entre le chant, le théâtre et le cinéma. Pourtant, sa disparition n’a suscité que peu d’échos médiatiques. Trois décennies plus tard, il est donc  temps de revenir sur le parcours de cette actrice aujourd’hui injustement oubliée, y compris dans son Bourbonnais natal, avec lequel elle avait conservé des liens et  où elle a choisi de reposer parmi les siens.

 Commentry vers 1900: la Forge et l’entrée des ouvriers par le portail de la place Martenot
La place du 14 juillet et l’hôtel de ville vers 1900

MARIE YVONNE GILBERTE ROUZILLE, NÉE À COMMENTRY, EN 1900…

François Rouzille et son épouse, née Françoise Fanechère

• Le 5 Janvier 1900, Marie Yvonne Gilberte Rouzille, la future Yvonne Rozille,  naît dans un Commentry alors en plein essor.   Son père, François Rouzille (1869-1955), employé, est un enfant de cette même ville et sa mère, née Françoise Fanechère (1872-1946), est originaire de Chamblet, la commune voisine. Bien que le couple réside à Montluçon,  Françoise Rouzille est revenue accoucher à Commentry, dans la maison de son père, Gilbert Fanechère, employé de commerce.  Âgé de 55 ans, il demeurait alors  rue de la Folie (actuellement rue Jean-Jaurès).L’enfant grandit  « Villa Saint-Honoré« ,  rue de Sébastopol, l’actuelle rue Jean Moulin.

L’acte de naissance d’Yvonne Rouzille
La « Villa Saint-Honoré« , rue de Sébastopol. Au portail, à droite: ses parents, François et Françoise Rouzille (vers 1900)
Sur seuil de la maison commentryenne en 1913 (de gauche à droite): Gilbert Fanechère, Françoise et François Rouzillle, Yvonne Rouzille 

• Yvonne fréquente d’abord l’école de Commentry, puis poursuit ses études à Clermont-Ferrand où elle prépare son brevet.  Une représentation des « Cloches de Corneville » au théâtre de Commentry est une véritable révélation pour elle. C’est décidé, elle se vouera au théâtre.

▲ Le théâtre de Commentry où l’on joue Les cloches de Corneville

• Ses parents, conscients de son talent vocal, lui font donner des cours de chant, tout lui faisant poursuivre ses  études : elle passe son brevet élémentaire, puis son brevet supérieur et d’autres examens qui lui donnent accès à l’administration des Postes. Elle est nommée à Paris, à tout juste 20 ans. Le jour, derrière un guichet, elle est la « demoiselle des postes ». Le soir, ses qualités d’artiste prennent le pas sur une existence bien rangée : elle travaille sa voix, pratique le piano et la danse. Dès  septembre 1922, elle se produit brièvement sur la scène du théâtre de Néris-les-Bains, en interprétant Thésée, chant d’amour.en seconde partie d’une soirée de  gala, 

▲ Une des toutes  premières et brèves apparitions d’Yvonne Rozille sur scène au théâtre du Casino de  Néris-les-Bains (1922)  ▼

1925 : DES DÉBUTS PROMETTEURS AU THÉÂTRE      

Yvonne Rouzille, devenue Yvonne Rozille, au début de sa carrière

• Une audition qu’elle passe en 1925  pour  PLM, une opérette en trois actes de Rip, alias Georges Gabriel Thenon (1884-1941), sur une musique de Christiné,  lui permet de donner libre cours à son tempérament artistique. Elle est choisie pour reprendre le rôle de Suzette O’Nil, Cri-Cri,  sur les planches des Bouffes Parisiens.

PLM (1925): les débuts d’une carrière sur les planches pour Yvonne Rozille
Georges Gaillard (1877-1953), ami puis époux d’Yvonne Rozille

• Une nouvelle vie s’ouvre désormais à elle, entre théâtre et cinéma.  Elle se lie d’amitié avec Georges Gaillard (1877-1953), de 23 ans son aîné, préfet honoraire, industriel, administrateur de société   et officier de la Légion d’honneur. Egalement homme de lettres et amateur de théâtre, il aura la capacité de la  soutenir dans sa carrière. Georges Gaillard, qui  a été codirecteur du Théâtre du Vaudeville, a  fondé la Revue de Hollande,  une revue littéraire qui consacrait de nombreux auteurs célèbres, notamment André Maurois. Il est par ailleurs directeur du Monde colonial illustré. Toutefois, leur union ne sera officiellement célébrée que le 25 mai 1940, à la mairie de Neuilly-sur-Seine.

Portrait d’Yvonne Rozille dans la pièce de théâtre M. de Saint-Obin (1925-1926)
M. de Saint-Obin, pièce créée en 1925 au Théâtre des Variétés et reprise en 1926 au théâtre de la Renaissance
Les chevaux de bois (1933) au théâtre de la Potinière (caricature de Pierre Payan)

1925 – 1939 : DES RÔLES QUI SE SUCCÈDENT SUR SCÈNE ET SUR GRAND ÉCRAN

Vive Le Roy, fantaisie opérette en 3 actes  au Théâtre des Capucines (1929): Yvonne Rozille joue aux côtés de  Dranem, Jean Sablon, Arletty, Jane Cheirel et Suzanne O’Neill 

• Pour Yvonne Rouzille devenue Rozille, les rôles se succèdent au théâtre et au cinéma. Sur scène, son nom figure à l’affiche d’une quinzaine de pièces entre 1925 et 1933. Cette dernière année, on ne dénombre pas moins de 5 pièces dans lesquelles elle joue.

Les premières apparitions d’Yvonne Rozille au cinéma, avec des débutants qui s’appellent Edwige Feuillère ou Claude dauphin

• Au cinéma, sous la direction de metteurs en scène comme Abel Gance, Yves Allégret, Julien Duvivier ou encore Henri Diamant-Berger, elle a des partenaires prestigieux qui s’appellent Edwige Feuillère, Jean Gabin, Claude Dauphin, Louis de Funès ou Jean-Pierre Marielle. Sa filmographie, qu’on retrouvera à la suite de cet article, atteste de la richesse et de la variété de son parcours.

 

De La coqueluche de ces dames à Golgotha...Des genres totalement différents
Cinémonde (1935), retrace la parcours d’Yvonne Rozille

• C’est entre 1935 et 1939 que sa carrière sur grand écran  se révèle la plus prolifique avec  une quinzaine de films, dont 5 pour la seule année 1935, 3 en 1937 et 4 en 1939. Cette année-là, elle joue dans Louise, sous la direction d’Abel Gance (1889-1981) qui, lui aussi, a passé une partie de son enfance à Commentry, auprès de ses grands-parents Perthon, qui demeuraient rue de la Ganne. La seconde guerre mondiale met sa carrière cinématographique entre parenthèses. Après la victoire des Alliées, les tournages se feront plus rares, avec seulement 3 films, dont le dernier, « Faites sauter la banque », de Jean Girault, le futur réalisateur de la série des Gendarmes à Saint-Tropez. Yvonne Rozille côtoie un acteur en pleine ascension, Louis de Funès.

Yvonne Rozille, au sommet de sa carrière théâtrale et cinématographique, à la fin des années 1930
Tout va très bien, madame la marquise (1936), aux côtés de Noël-Noël, Maurice Escande et Marguerite Moreno
Faites sauter la banque (1963), son ultime film aux côtés de Louis de Funès et de Jean-Pierre Marielle
Yvonne Rozille (à droite), associée à d’autres vedettes, dans une publicité 

• À l’instar d’autres jeunes vedettes, Yvonne Rozille avait été sollicitée par les agences de publicité. On peut ainsi la retrouver, dans les années 1930,  associée à plusieurs « canons de beauté » de l’époque, afin  de vanter l’efficacité d’une « crème du Docteur Muller ».

• Ses partenaires publicitaires s’appellent Christiane Dargyl, danseuse à l’Opéra de Paris, Maud Loty (1894-1976), Gaby Morlay (1893-1964) ou Nadine Picard (1896-1938), toutes actrices comme elle. Yvonne Rozille pratiquait également beaucoup l’équitation et elle fut membre fondateur du Club des Amazones. C’est d’ailleurs avec un numéro d’équitation qu’elle participait régulièrement au Gala de l’Union des artistes.

Publicité extraite du programme de l’opérette de Maurice Yvain « Pas sur la bouche« 
Yvonne Rozille, sportive et cavalière émérite
Yvonne Rozille dessinée par Isabelle Bouesnard en 2011

 DES LIENS CONSERVÉS AVEC COMMENTRY ET SON BOURBONNAIS NATAL

• Bien qu’installée à Paris, Yvonne Rozille n’en cultivait pas moins ses attaches bourbonnaises avec un goût prononcé pour le terroir, l’architecture et la gastronomie. Elle s’adonnait d’ailleurs avec joie au jardinage dans une propriété à la campagne.  Malgré son éloignement, elle restait fidèle à sa ville natale et ne manquait pas d’envoyer des cartes postales à sa famille.

Une carte postale adressée à sa famille, depuis Monaco

Décédée à Grasse, le 1er décembre 1985, Yvonne Rozille avait choisi de reposer en terre bourbonnaise, au cimetière de Commentry. Sur la stèle de la famille Vénot – Fanechère – Rouzille – Gaillard, on note une inscription que le visiteur distrait remarquera à peine: « Yvonne Gaillard, née Rouzille, dite Yvonne Rozille, artiste dramatique 1900-1985« . Rien de plus. C’est également là que sont inhumés ses parents, Françoise et François Rouzille, ses grands parents Fanechère, ainsi que son époux, Georges Gaillard, décédé lui aussi à Grasse,  en 1953.

La tombe d’Yvonne Rozille et des siens, au cimetière de Commentry.

FILMOGRAPHIE

Maurice Diamant-Berger, le premier réalisateur à avoir donné sa chance à Yvonne Rozille

Le titre de chacun des films est suivi entre parenthèses  du rôle interprété par Yvonne Rozille, lorsqu’il est crédité au générique.  (Source principale: Raymond Chirat : Catalogue des films français  de long métrage : 1929-1939 et 1940-1950).

1931

  • Ma tante d’Honfleur de D.B. Maurice (Maurice Diamant-Berger), d’après la pièce de Paul Gavault, avec Yvonne Rozille, Jeanne Cheirel, Florelle, Yvonne Garat, Daniel Lecourtois…

◘ « Une petite chanteuse, sur le point d’être abandonnée par son amant, déclenche une poursuite générale dans la petite ville où il s’est réfugié. Y participent, l’ami de son amant, la tante de l’ami, le secrétaire de l’ami, l’ami conquis et enfin l’amant reconquis. »

  • Mariage d’amour d’Henri Diamant-Berger avec Max Berge

1932

  • Clair de lune de Henri Diamant-Berger, avec Yvonne Rozille (Berthe Lydiane) Blanche Montel , Jeanne Cheirel, Florise, Claude Dauphin…

« Un garçon et une fille partent naviguer et font naufrage sur une île où vit un philosophe qui leur conseille de profiter de la vie. Comme la nuit est à eux, ils s’aiment, puis apprennent plus tard que le philosophe est un fou échappé d’un asile ».

1935

  • La Route heureuse de Georges Lacombe, avec Yvonne Rozille (Tante Anna), Edwige Feuillère, Rosine Deréan, Claude Dauphin… Film tourné en Italie

◘ « Une jeune citadine ne s’accommode ni de la vie à la campagne ni de la vie de famille que lui offre l’homme qu’elle vient d’épouser. Aussi boude-t-elle ses beaux-parents et décide-t-elle, d’erreur en malentendu,  d’abandonner cette existence qui la lasse. L’espoir d’une maternité la ramène cependant à la grande ferme familiale »

  • L’Ecole des vierges de Pierre Weill, avec Yvonne Rozille, Dolly Davis, Monique Rolland, André Roanne, René Ferté…

« Persuadée que son mari la trompe, une jeune femme veut se venger en le trompant, à son tour,  avec un ami du ménage. Heureusement l’irréparable est évité grâce à la cousine de la jeune femme, petite pensionnaire en vacances, qui séduit l’ami et qui se fait épouser ».

  • Golgotha de Julien Duvivier avec Yvonne Rozille, Edwige Feuillère, Jean Gabin, Robert Le Vigan, …Film tourné en Algérie.

◘« Les derniers jours de la vie de Jésus, depuis son entrée à Jérusalem jusqu’à sa crucifixion et sa  résurrection ».► Visionner le film complet: 

  • Le train d’amour de Pierre Weill avec Yvonne Rozille, Wanda Gréville, Colette Darfeuil, Alice Tissot, Georgius, Nino Costantini, Pierre Juvenet…

◘« Extrêmement jalouse des clientes de son mari, la femme d’un médecin demande le divorce. Le mari se propose d’épouser la fiancée d’un de ses malades à qui, pour guérir sa timidité, il a prescrit de prendre une maîtresse. Le client fait la cour à l’ex-femme de son médecin. Finalement, tous les couples engagés dans cette aventure trouvent le bonheur auquel ils aspiraient… »

  • La Coqueluche de ces dames de Gabriel Rosca, avec Yvonne Rozille, Lisette Lanvin, Gaby Basset, Jeanne Fusier-Gir, Alexandre Dréan, Louis-Jacques Boucot, Georges Peclet…

◘« Un jeune compositeur s’aperçoit avec terreur que sa fiancée demande au Prince-Mystère des conseils pour la conduite de son futur ménage. Le Prince-Mystère est un présentateur de radio adoré par ses auditrices. Pour se débarrasser de ce personnage encombrant, le jeune homme fait passer un de ses camarades pour la fameuse idole,  devenue le pire des mufles ».

1936

  • Tout va très bien madame la marquise, de Henry Wulschleger, avec Yvonne Rozille, Marguerite Moreno, Colette Darfeuil, Noël-Noël, Maurice Escande, Félix Oudart…Musique de Paul Misraki.

◘« Yannick est congédié parce que sa négligence a causé l’incendie du château de la marquise de Ploevic. Le voici à Paris où il apprend avec honte l’inconduite de sa sœur et où il échoue piteusement dans la carrière dramatique. Il regagne, tout heureux, son village breton pour retrouver la petite fiancée un instant négligée ».

  • La Madone de l’Atlantique de Pierre Weill avec Yvonne Rozille (Madame Dorland), Josseline Gaël, Alice Tissot, Wanda Warell, Nino Costantini, Jean Lumière…

« Une jeune femme pour qui le mariage est un sport, passe son temps entre les presbytères et les tribunaux. Elle vient de rompre sa septième union et quelques prétendants décident de lui donner une bonne leçon. Elle est victime d’un enlèvement simulé et accorde sa main au plus valeureux des jeunes gens. Mais pour combien de temps ? »

1937

  • Un soir à Marseille de Maurice de Canonge, avec Yvonne Rozille, Colette Darfeuil, Jeanne Fusier-Gir, Milly Mathis, Fernand Charpin. Antonin Berval, Pierre Larquey, Paul Demange…

◘ «À Marseille, l’inspecteur Francis aidé d’une journaliste, enquête sur l’assassinat de la femme d’un riche industriel. Les soupçons se portent sur l’amant puis sur le mari de la victime. Mais le coupable est une artiste de cirque, craignant que la jeune femme ne reprenne la place qu’elle avait quittée pour se marier ».

  • Arsène Lupin détective d’Henri Diamant-Berger, avec Yvonne Rozille, Suzy Prim, Rosine Deréan, Suzanne Dehelly, Jules Berry, Gabriel Signoret, Robert Ozanne…Dans ce film, le dernier tourné par Gabriel Signoret, décédé en mars 1937, figure au générique Arlette Stavisky,  l’épouse du célèbre escroc mort en 1934.► Visionner le film complet:

◘ « Le sympathique gentleman – cambrioleur monte une agence de renseignements sous le nom de Barnett. Arsène Lupin, fidèle à lui-même, se joue de ses clients et de la police avec laquelle il collabore. Il piège les coupables du meurtre d’un caissier mais se voit démasqué par un journaliste qui le dénonce. L’homme de presse a bénéficié d’un tuyau. Un criminel a en effet reconnu, sous les traits de Barnett, le fameux gentleman – cambrioleur. Lupin se retrouve avec la police à ses trousses, bien décidée à le mettre derrière les barreaux. Arrêté par la police, il parvient à s’enfuir, avec la maîtresse de l’assassin… »

 

  • La Fessée de Pierre Caron, sur un scénario de Jean Nohain, avec Yvonne Rozille (La princesse Henriette), Mireille Perrey, Marguerite Moreno, Micheline Presle, Albert Préjean, Claude Dauphin, Julien Carette, Armand Bernard, Robert Ozanne…

◘ « Un mari outré par les insolences de sa femme, la corrige devant la fenêtre. Un habitant de la maison d’en face a photographié la scène et la photo fait le tour de Paris, devenant entre les mains d’ouvriers en grève, le symbole de la révolution, puis, l’opinion s’étant retournée, l’image de l’ordre fustigeant l’anarchie… »

1938

  • L’avion de minuit de Dimitri Kirsanoff d’après le roman de Roger Ladric avec Yvonne Rozille (Mrs Clark), Colette Darfeuil, Ginette d’Yd, Muguette Belval, Jules Berry, André Luguet, Robert Le Vigan, Abel Jacquin, Nino Costantini,…

◘ « Le temps d’une escale, le pilote de ligne Morel et Colette filent le parfait amour. Elle a soin de lui cacher qu’elle est compromise dans les agissements d’une bande de malfaiteurs.  Colette parvient à échapper à ses dangereux amis tandis qu’une fusillade extermine les mauvais garçons. »

1939

  • Le Moulin dans le soleil de Marc Didier, avec Yvonne Rozille (Benjamine), Orane Demazis, Milly Mathis, Jacqueline Pacaud, Gaston Rullier, Robert Vattier,  Fernand Sardou, Marc Dantzer…

◘ « L’aventure sentimentale d’un vieux célibataire dans la quarantaine, maire de son village et riche propriétaire du moulin qui s’est soudain amouraché d’une jeune parisienne de 20 ans, alors que cette dernière aime son neveu. Cette folie met toute sa maison en déroute. Après avoir esquissé un acte vengeur, le meunier retrouve son amie d’enfance qui ne demandait qu’à le rendre heureux…»

  • Face au destin d’Henri Fescourt, avec Yvonne Rozille, Gaby Sylvia, Josselyne Gaël, Marguerite Pierry, Georges Rigaud, Jules Berry, Jean Max…

◘ « Jean et Madeleine, tous deux employés modestes, rêvent de mener pour un soir la grande vie. L’expérience tourne à la catastrophe. Plus tard, après avoir épousé un aristocrate allemand qui, en réalité est un espion, Madeleine retrouve Jean qui s’était engagé dans la Légion. L’allemand démasqué, ils peuvent enfin se marier ».

  • Sidi-Brahim de Marc Didier, sur un scénario d’Yves Mirande, avec Yvonne Rozille, Colette Darfeuil, René Dary, Abel Jacquin, Henri Bosc,  Raymond Aimos…Le film tourné en 1939 n’est sorti sur les écrans qu’en 1945. Il a été aussi parfois exploité sous le titre Les diables bleus.

◘ « Un commandant des chasseurs alpins est accusé d’espionnage et condamné à mort. Il est innocenté à l’ultime minute par les aveux d’une espionne sur le point d’être exécutée ».

  • Louise d’Abel Gance, sur un scénario de Roland Dorgelès, d’après l’opéra comique de Gustave Charpentier. Avec Yvonne Rozille (une cliente), Grace Moore, Suzanne Desprès, Ginette Leclerc, Pauline carton, Robert Le Vigan, Georges Thill…

◘ « Louise, petite ouvrière, est amoureuse du compositeur Julien, son voisin. Devant le refus obstiné de ses parents de consentir à son mariage, elle s’enfuit en compagnie du musicien. Elle revoit, un jour, son père malade et malgré ses supplications, Louise retourne à son destin ».

1945

  • Mensonges de Jean Stelli avec Yvonne Rozille (Madame Dumontel), Gaby Morlay, Jacqueline Porel, Mona Dol, Jean Marchat, Henri Nassiet, Dominique Nohain, … Le film est d’abord sorti sous le premier titre de Histoires de femmes.

◘ «  Bellâtre d’une petite ville, Olivier a séduit la femme du médecin. Condamnée à dix ans de prison parce qu’Olivier a tué son mari,  cette dernière entreprend de se venger à sa sortie de prison, d’autant plus qu’elle a appris que son amant était le véritable coupable et  qu’il tente maintenant de séduire la fille de sa victime. Elle finit par le tuer, avant de se jeter dans un étang».

1949

  • Manèges d’Yves Allégret, avec Yvonne Rozille, Simone Signoret, Jane Merken, Mona Dol, Bernard Blier, Jean Ozenne,Gabriel Gobin, …

◘ « Au chevet de sa femme, victime d’un accident de la route, Robert revoit leur passé et assiste à un suffocant déballage de linge sale, de la part de sa belle-mère. Dora lui a grimacé la comédie de l’amour, l’a trompé continuellement, envisageant de le quitter, ne pensant qu’à l’argent, aidée sournoisement par sa belle-mère… Atterré et dégoûté, Robert abandonne les deux femmes, dont l’une restera paralysée...».

1963

  • Faites sauter la banque de Jean Girault, avec Yvonne Rozille (Laura, la femme entretenue par Durand-Mareuil) Anne Doat, Yvonne Clech, Louis de Funès, Jean-Pierre Marielle, Georges Wilson, Claude Pieplu, Dominique Zardi, Jean Lefebvre… Sorti le 25 février 1964, le film n’est resté que deux semaines en exclusivité sur les écrans parisiens avec plus de76 000 entrées cumulées sur cette période, car il a subi une concurrence sévère entre L’Homme de Rio et La tulipe noire, sortis en même temps. Sur l’ensemble du territoire français, le film a atteint les 950 000 entrées, dans un premier temps. Louis de Funès étant devenu une star du cinéma français, Faites sauter la banque ! finira par atteindre 1 918 785 entrées.► Visionner un extrait du film:

◘ « Victor Garnier, petit commerçant en articles de pêche,  a perdu presque toutes ses économies en suivant les conseils de Dubois-Mareuil, directeur de la banque, située en face de son commerce. Ruiné à la suite de ces mauvais placements, une idée géniale lui vient à l’esprit : si la banque lui a volé son argent, lui-même volera la banque. Pour ce faire, avec l’aide de toute sa famille il entreprend de creuser à partir de sa cave une galerie menant à la banque, de l’autre côté de la rue. Cependant, sa fille aînée Isabelle est courtisée par Philippe, un jeune banquier stagiaire qui travaille justement chez Durand-Mareuil…»

THÉÂTROGRAPHIE

Le théâtre des Bouffes Parisiens, où Yvonne Rozille débute sa carrière en 1925, dans PLM, une opérette de Rip

1925

  • P.L.M, opérette en 3 actes de Rip, alias Georges Gabriel Thenon (1884-1941), sur une musique de Christiné – Théâtre des Bouffes Parisiens. Yvonne Rozille reprend le rôle Cri-Cri, interprété par Suzette O’Nil.
  • Pas sur la bouche, opérette de Maurice Yvain – Créée au Théâtre des Nouveautés, avec Jeanne Cheirel, Berval, Pauline Carton.  La pièce est ensuite reprise en provinces dans le cadre des tournées théâtrales Max, avec Yvonne Rozille

1926

  • Monsieur de Saint-Obin comédie en trois actes d’André Picard (1873-1926) – Théâtre des Variétés – Yvonne Rozille joue le rôle d’Isabelle Corquefou.                             

1927

  • Monsieur de Saint-Obin – Comédie reprise au Théâtre de la Renaissance

    Yvonne Rozille dans la pièce de théâtre M. de Saint-Obin
  • L’Eunuque, comédie dramatique en 3 actes d’Henri Duvernois et André Birabeau – Théâtre Femina. Avec Yvonne Rozille, Jane Chevrel, Mady Berry…

1928

  • L’Arpète, pièce gaie d’Yves Mirande et Gustave Pinson, sur une mise en scène d’Edmond Roze – Théâtre de la Scala. Avec Yvonne Rozille, Jacqueline Parisys, Georgette Daria, Robert Bossie…
  • Brout, pièce en 3 actes de Léon Régis, sur une mise en scène de Camille Corney – Studio des Champs-Elysés (Théâtre des jeunes auteurs). Avec Yvonne Rozille, Georges Adet, Louis Allibert, Laurent Zacharie…

1929

  • La dame en gris, d’après le roman de Georges Ohnet (1895), sur une mise en scène d’Harry Baur – Théâtre de La Comédie Caumartin. Avec Yvonne Rozille, Marie Lecomte, Hubert Prélier, …
    ▲  Vive Le Roy  ▼

  • Vive Le Roy, fantaisie opérette en 3 actes – Théâtre des Capucines du 5 au 30 mai 1929. Avec Yvonne Rozille, Dranem, Jean Sablon, Arletty, Jane Cheirel…

1933

  • En deuil de l’amour, pièce de Rachilde et George Karouké – Théâtre Camille Choisy – La Potinière. Avec Yvonne Rozille et Jeannette Doisy…
  • L’Orgie, drame en 3 actes de M. Duliant – Théâtre Camille Choisy – la Potinière. Avec Yvonne Rozille, Maryse Leroy, Eve Lyne, Marcelle Renot …
  • Un visage dans la nuit avec Yvonne Rozille, Jeannette Choisy, Eve Lyne, Gérard Férat…
  • Les chevaux de bois, comédie en 3 actes de AP Antoine et Maxime Lévy – Théâtre Camille Choisy – la Potinière – Théâtre de la Renaissance. Avec Yvonne Rozille, Marie Lecomte, M Duteil, –

 

◘  SAVOIR PLUS…

 GEORGES GAILLARD, ÉPOUX D’YVONNE ROZILLE

Georges Gaillard (1877-1953), ami puis époux d’Yvonne Rozille

Georges Gaillard, né le 26 janvier 1877, à Bougie, en Algérie, est décédé à Grasse (Alpes-Maritimes) le 22 novembre 1953. Son père, Paul Gaillard, avocat et bâtonnier du barreau de Constantine, descendait d’un magistrat lyonnais républicain qui avait été condamné à la déportation en Algérie pour avoir soutenu la révolte des Canuts. Georges Gaillard avait trois frères qui, tous engagés volontaires en 1914-1918, se distinguèrent aux combats, durant lesquels l’un d’eux fut mortellement blessé.

• Après un doctorat en droit à Paris, Georges Gaillard, plus jeune avocat de France, s’inscrivit au  barreau d’Alger. Totalement opposé à la peine de mort, il devait quitter rapidement les prétoires   pour entrer dans l’administration préfectorale, occupant plusieurs postes de sous-préfet (1901-1911),  puis de chef de cabinet du ministre de la Marine. Engagé volontaire en 1914, comme ses frères,  il accomplit d’importantes missions comme officier du 2ème  bureau, notamment aux Pays-Bas et en Belgique. À partir de ses observations et de témoignages, il rédige anonymement des articles pour les journaux français (Le Temps, Excelsior, Le Matin...), dans lesquels il dénonce les exactions allemandes en Belgique. Entre 1916 et 1917, mandaté par Georges Clemenceau,  il participe à plusieurs missions secrètes en Espagne.  Il négocie ainsi  au nom de  la Direction générale des fabrications d’artilleries du Ministère de la Guerre pour finaliser des accords entre le Comité des Forges français, dont il est délégué, et les métallurgistes espagnols. Il s’agit de favoriser les approvisionnements en métaux destinés à l’armée française.

• Après avoir épousé en première noce l’héritière des Laminoirs, tréfileries, câbleries  de Lens, il a quitté définitivement l’administration préfectorale en 1911, avant de prendre la tête de cette entreprise, à laquelle il donne un nouveau souffle (1918-1938). Il est  en même temps administrateur de nombreuses autres sociétés (chantiers maritimes, grands hôtels…).

Proche des milieux radicaux-socialistes, opposé à la droite anti-dreyfusarde au moment  de l’Affaire Dreyfus  et admirateur de Jaurès, il a développé une activité sociale importante dans son usine de Lens.  Ayant soutenu le capitaine Dreyfus, il était lié à son frère, Mathieu Dreyfus. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il recueillit et cacha dans sa propriété de campagne les enfants de la petite-fille de Mathieu Dreyfus pour les soustraire à la déportation. Proche du général Giraud, rival du général de Gaulle, Georges Gaillard a travaillé secrètement à une tentative de réconciliation entre les deux hommes après 1945.

Mlle Yvonne Rozille  aux côtés de Georges Gaillard qu’elle a épousé en 1940, dans la création d’une entreprise en 1941

• C’est seulement  en mai 1940 qu’il a épousé Yvonne Rozille, qu’il avait probablement connu par sa fréquentation des théâtres. Grand lettré, il a compté parmi ses relations amicales  aussi bien André Maurois que Sacha Guitry, Yves Mirande ou Colette. C’est ce qui le conduisit à s’investir  dans la presse littéraire, en co-fondant la Revue de Hollande. Décédé à Grasse en novembre 1953, Georges Gaillard qui était notamment officier de la Légion d’honneur, à titre militaire, repose au cimetière de Commentry, aux côtés de sa seconde épouse et de ses beaux parents.

© Laurence DEBOWSKI

QUELQUES DOCUMENTS …

Revue Cinémonde (1935)
L’exposition Allons au théâtre, à la Pléiade de Commentry (2011) (extrait de La Montagne)

◘ Principales sources

►BIFI

► BnF Gallica – Revue Comoedia programmes

► Espace Culturel la Pléiade (Ville de Commentry) – Fonds Yvonne Rozille

► Documents Famille Gaillard-Meyer

►Collection personnelle de Laurence et Patrick Debowski,

► Photos Encyclopédie multimédia de la comédie musicale théâtrale en France de 1918 à 1944 (sources Internet).

À LIRE ÉGALEMENT SUR CE BLOG, DANS LA SÉRIE DESTINS D’ACTRICES

Maurice SARAZIN

• La Moulinoise Suzy Carrier (1922-1999), vedette de cinéma des années 1940 et 1950

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        Jean-Paul PERRIN & Maurice SARAZIN

  • Annie Mourraille (1913-1984), comédienne de théâtre  mais aussi complice de l’assassinat de Marx Dormoy

https://vudubourbonnais.wordpress.com/2016/11/23/annie-mouraille-du-theatre-et-de-lecriture-a-lassassinat-de-marx-dormoy/

       Jean-Paul PERRIN

  • Gabrielle Robinne (1886-1980) : le nom d’un théâtre mais pas seulement…

https://vudubourbonnais.wordpress.com/2017/05/01/%E2%97%98-biographie-gabrielle-robinne-1886-1980-le-nom-dun-theatre-mais-pas-seulement/ 

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