DESTIN D’ACTRICE : LISE BOURDIN, PARTENAIRE DE GARY COOPER À L’ÉCRAN, NÉE À NÉRIS-LES-BAINS EN 1925

MISE À JOUR: 22 AOÛT  2017

Jean-Paul PERRIN

• Comme sa voisine commentryenne, Yvonne Rozille, ou la Moulinoise Suzy Carrier, Lise Bourdin, née à Néris-les-Bains en 1925, a connu une carrière intense au cinéma, enchaînant une quinzaine de films. Intense mais plus brève que les deux autres actrices, puisque débutée véritablement en 1951, elle s’est achevée seulement huit ans plus tard. Bien qu’elle ait pu tourner en Italie, mais aussi aux Etats-Unis, sous la direction d’un Billy Wilder, en compagnie d’acteurs prestigieux tels que Gary Cooper, Audrey Hepburn et même  Maurice Chevalier, la mémoire cinématographique semble bel et bien l’avoir oubliée.

• Pourtant, on ne compte plus les milliers de photos qui ont été prises d’elle par ceux que l‘on n’appelait pas encore paparazzi. Ni les multiples couvertures qui lui ont été consacrées par les magazines, dans les années 1945-1960. Et pas seulement  les magazines français.

• Enfin, du côté de sa commune natale, Lise Bourdin paraît avoir laissé bien peu de traces. C’est pour tenter de combler ces oublis que Vu du Bourbonnais a choisi d’inscrire le parcours de Lise Bourdin dans sa série « Destins d’actrices ». Un destin qui avait commencé à se forger dès la fin de la deuxième guerre mondiale, avec  une incursion dans l’univers de la mode, des mannequins et des « cover-girls », avant de bifurquer  vers le théâtre et, rapidement vers le cinéma

 

FILLE D’ UN HÔTELIER THERMAL, NÉE À  NÉRIS-LES-BAINS EN 1925

• Lise Bourdin,  Louise Marie Odette Bourdin pour l’état civil,  est née  le 30 novembre 1925, à Néris-les-Bains, au 10 place des Thermes, où son père, René Bourdin (1892-1984), était propriétaire de  l’hôtel Léopold et Albert 1er. À la même époque, il possédait également l’hôtel du Globe, sis rue de Paris à Vichy, ainsi que les hôtels  Rambaldi et National, à Nice.

Néris-les-Bains, ville natale de Lise Bourdin

René Bourdin, qui était né le 7 mars 1892, à Vichy, Route de Cusset, était  le fils d’un instituteur public, Gilbert Bourdin. Ce dernier,  né le 31 octobre 1863 à Bourbon-l’Archambault, avait épousé le 5 mars 1888 Louise Tisorin, née le 1er juillet 1869, fille de cafetiers vichyssois. René Bourdin se maria à Marseille, le 7 décembre 1920, avec Marguerite Jeanne Edmée Crouzet (née en 1900 à Marseille), mariage qui fut dissous par jugement du tribunal de Cusset en 1949. L’année suivante, le 29 mars 1950, il devait se remarier avec Marcelle Raymonde Perrier, née le 29 septembre 1911 à Firminy (Loire).

L’hôtel Léopold et Albert Ier à Néris-les-Bains, un des plus importants de la station thermale, jadis propriété de la famille Bourdin
L’hôtel du Globe, à Vichy: 300 couverts et 130 chambres avant 1914

• Sur l’enfance de la petite Lise à Néris-les-Bains, le journal Le Centre républicain (6-7 mai 1948) qui lui consacre un article intitulé « La merveilleuse aventure d’une petite Nérisienne », apporte quelques précisions : »Elle était à Néris une élève bien sage, studieuse, appliquée, un peu songeuse (…). Ses parents suivaient avec joie les progrès scolaires de l’enfant« . Et le journaliste d’ajouter:  » Jamais, quand elle revenait bien sagement le soir de l’école de fille de Néris, au domicile de ses parents, Lise Bourdin, charmante écolière de dix ans n’aurait osé imaginer, même dans ses rêves les plus ambitieux, qu’un jour les magazines américains et tous les journaux d’outre Atlantique publieraient sa photographie à des millions d’exemplaires« .

• Au début des années 1930, Lise suit ses parents à Vichy. Il semble que René Bourdin ait alors cédé ses établissements niçois : sur un papier à en tête datant de 1931, ne sont plus mentionnés que les hôtels de Néris-les-Bains et de Vichy. Pendant quelque temps, il continuera d’exploiter les deux établissements, avant de céder celui de Néris.    Dans son livre Joseph Aletti, le temps des palaces à Vichy (Ed. des Écrivains, 2003) Catherine Labbaye apporte quelques précisions sur l’Hôtel du Globe. Selon elle, l’établissement qui était inscrit en 43ème position dans le Guide Rouge, eut la famille Bourdin pour unique propriétaire dans la période 1900-1939,  d’abord le grand-père de Lise, Gilbert Bourdin, puis son père, René Bourdin. Elle ajoute que les Bourdin, père et fils,  « veillèrent à lui conserver un bon niveau de qualité  comme le prouvent ses 33 inscriptions au Guide Rouge, sans interruption, de 1901 à 1939 ». En 1910, l’hôtel qui avait reçu une médaille d’argent du Touring club de France trois ans plus tôt, ne comptait pas moins de  110 chambres, avec « lavabos à eau chaude et froide, bains, douches, ascenseur, garage ».

Une autre vue de l’Hôtel du Globe où a vécu Lise Bourdin entre 1930 et 1945.

• En 1911 la revue du Touring Club de France le mentionne d’ailleurs parmi les hôtels « très signalés« ,  avec salle à manger de 300 couverts, salles de bains, 130 chambres. On le voit, l’hôtel du Globe n’avait rien d’un établissement  sordide de province, bien au contraire. René Bourdin faisait partie des « notables » de l’hôtellerie vichyssoise: en 1932, il  siégeait en tant que juge titulaire au tribunal de commerce de Cusset et il était membre du syndicat des hôteliers de Vichy. l’Hôtel du Globe, comme tous les hôtels vichyssois, devait être réquisitionné sous l’État Français. À la fin de la Seconde guerre mondiale, entre mars et juillet 1945, il servit d’Hôpital complémentaire, avant de reprendre son activité d’origine. Depuis, à l’image de nombre d’autres hôtels, il a été transformé en appartements.

• On peut donc en conclure, au vu du patrimoine familial, que Lise Bourdin, après ses quelques années nérisiennes,  a passé la plus grande partie de son enfance et son adolescence à Vichy,  dans un milieu plutôt aisé.  Cette aisance relative ne la dispense pas d’apprendre un métier et c’est ce qui l’a poussée à suivre des cours de sténodactylo, même si, secrètement, elle songe à un tout autre avenir. Ajoutons qu’elle n’était pas fille unique: trois ans avant sa naissance, le couple Bourdin avait déjà eu un fils, prénommé Roland (1922-2005). Comme sa cadette, il mènera une carrière dans le domaine artistique, avec quelques très brèves incursions dans le cinéma.  On pourra retrouver sa notice biographique à la suite de cet article.

 UN DÉBUT DE CARRIÈRE ENTRE  L’UNIVERS  DE LA MODE ET DU CINÉMA

• Au sortir de la deuxième guerre  mondiale, Lise Bourdin, souvent décrite par les journaux comme « une brunette aux yeux bleus », n’a  qu’une vingtaine d’années. À Vichy, elle a certes trouvé un emploi de dactylo à la Radio mais elle ne conçoit pas son avenir ailleurs que dans la capitale. Peut-être a-t-elle déjà en tête de faire du cinéma, à un moment où le 7ème Art voit émerger nombre de jeunes débutants au talent prometteur. Pourquoi ne tenterait-elle pas sa chance? D’ailleurs, ne dit-on pas, sans plus de précisions, que sa propre grand-mère serait montée sur les planches? À défaut de cinéma, elle pourrait éventuellement  rallier l’univers de la mode,  en devenant mannequin pour quelque grand couturier. Autant de raisons qui, dès l’automne 1945, la poussent à  « monter à Paris », après avoir surmonté les appréhensions familiales.

Pierre Balmain, le couturier qui a donné sa première chance à Lise Bourdin

• À peine arrivée à Paris, la jeune fille a vite fait de comprendre le capital de sympathie et d’attention que peut lui apporter sa beauté juvénile:  » Lise était belle. Lorsqu’elle se promenait sur les Champs-Élysées, bien que simplement vêtue, elle faisait se retourner tous les hommes« , lit-on dans le quotidien montluçonnais Le Centre républicain (6-7 mai 1948). Apparemment sans grandes difficultés, elle a trouvé un emploi  de « dame de réception » chez le couturier Pierre Balmain. Lui même est un « débutant » puisqu’il n’a présenté sa première collection  que le 12 octobre 1945: « Elle avait beaucoup d’allure. Elle était d’une élégance véritablement racée, écrit le même journal. Et bientôt, les riches clientes du couturier qui venaient assister aux présentations de modèles de Balmain, en compagnie de leurs maris trouvèrent que ces derniers s’intéressaient un peu trop au minois charmant de la nouvelle dame de réception. Est-ce pour cette raison que Lise quitta le couturier?« , s’interroge l’auteur de article.

Le magazine américain Life (29 juillet 1946) se penche sur « The french cover girl« , Lise Bourdin

• La réponse à cette question, le magazine américain Life  l’avait déjà apportée dans un article publié le 29 juillet 1946. Il retraçait les premiers mois parisiens de Lise Bourdin et son ascension fulgurante  : « L’automne dernier une jeune fille, un peu naïve mais très jolie, est arrivée à Paris. Elle était ravie à l’idée de devenir vendeuse, pour 12 dollars par semaine, chez le couturier Pierre Balmain. Mais dès le premier jour, dans le métro, alors qu’elle se rendait à son travail, elle s’est retrouvée face à un homme qui la dévisageait, de manière impolie. Malgré ses protestations, il lui a  adressé la parole. Il lui a demandé avec insistance  si elle ne voudrait pas poser, pour une seule et unique fois, pour “Claudine”, un magazine féminin. D’abord intimidée, Lise a fini par accepter la proposition et la photo a fait la couverture du magazine. Depuis elle a posé pour davantage de couvertures de magazines que n’importe quelle autre  jeune fille française. Elle est devenue le modèle favori des photographes qui considèrent qu’elle a apporté la fraîcheur de la province à une capitale jusque là blasée ».

Life (29 juillet 1946), quelques mois seulement après l’arrivée de Lise Bourdin à Paris, recense les couvertures qui lui ont été consacrées.
Une des premières couvertures de Lise Bourdin (18 septembre 1946)

• Après cette première expérience, jouant de son physique avenant et de  sa plastique,  la « brunette aux yeux bleus »,  est l’objet de sollicitations de plus en plus nombreuses de  la part des  photographes. Elle va donc poser pour des  photos destinées à meubler les pages des magazines féminins et de mode. Avec le retour à la paix, ils ont le vent en poupe et les créations se sont multipliées.  Par son image, Lise Bourdin est chargée de promouvoir la mode parisienne et on peut la découvrir au fil des pages posant aussi bien dans des robes somptueuses, créées par les  grands couturiers parisiens, que pour des présentations de collections de  maillots de bain, voire  de déshabillés un brin « coquin » pour l’époque. De Marie Claire ou de Marie France, son image a vite fait de passer dans les pages  de Harper’s Bazar, le grand magazine de mode américain, que nombre de ses confrères imitent: elle   » devient le type même du joli minois français », écrit Le Centre républicain.

Lise Bourdin, à la une d’Images du monde (avril 1948)

• Le magazine Life ne tarit pas d’éloge à son égard  en rapportant les propos des photographes qui la considèrent comme « le plus joli profil » de tout Paris.  Le magazine illustré accompagne son article de la reproduction d’une série de couvertures de magazines féminins : Marie Claire, Claudine, Marie France ou Noir et Blanc, tous ont affiché Lise Bourdin à leur une. Toujours dans Life, une photo la montre arborant un maillot de bain Carven, tandis que, sur une autre, elle apparaît vêtue d’une robe de soirée du même couturier. Sa carrière semble donc toute tracée : elle sera  mannequin (de luxe) et « cover girl ». Sa présence répétée dans les magazines, au-delà des frontières de l’Hexagone, va  lui permettre de se bâtir une  véritable notoriété , notamment  outre-Atlantique.

« Le modèle le plus photographié« …
Sa toute première photo à la une d’un magazine (Noir et Blanc – 18 septembre 1946): « On lui a parlé dans la rue et cette jeune fille est célèbre« 
Lise Bourdin posant pour le couturier Marcel Rochas

• Cette carrière de mannequin qui reste prédominante pour l’instant, il en sera encore  largement question dans un article abondamment illustré publié en 1953, alors que Lise Bourdin est présente à Cannes, à l’occasion du  Festival du cinéma: « Lise Bourdin, prix du charme au festival de Cannes, entre dans le circuit des vedettes », lit-on en titre. L’auteur de l’article rappelle ensuite son parcours : « Aux festivals de Sao Paulo et de Cannes, une jeune femme au nom peu connu, Lise Bourdin, a intrigué tout le monde. Chacun croyait l’avoir déjà rencontrée. En réalité, ils avaient vu son visage très souvent dans les journaux de mode : de 1945 à 1949,  Lise Bourdin fut le modèle le plus photographié de France. En une seule année, précise l’auteur, il parut d’elle 2 560 photos dans 9 pays différents ». La suite est consacré au tournant professionnel que la jeune femme vient de prendre : « Aujourd’hui, la cover girl est devenue comédienne ».

Arc de triomphe, le film que Lise Bourdin est chargée de promouvoir

• Ce passage d’un univers à l’autre s’est fait progressivement: « Hollywood ne tarda pas à comprendre qu’il pouvait tirer parti d’une aussi exceptionnelle beauté« , notait en  mai 1948 Le Centre républicain.  En 1946, alors qu’elle passait  ses vacances à Cannes, elle a été approchée par  la  Metro Goldwyn Mayer. La célèbre major américaine  lui propose un contrat et, après des  essais, elle tourne quelques bouts de film. Si le jeu d’actrice se révèle  plutôt concluant, Lise se heurte au problème de la langue qu’elle ne maîtrise pas suffisamment. À la  MGM on décide donc de se donner un an avant de la revoir. Entre temps, elle percevra des cachets et elle pourra perfectionner sa pratique de l’anglais, tout en suivant des cours de comédie. Une proposition qu’elle accepte immédiatement.

• Promesse tenue… Un an plus tard,  Charly Einfeld producteur exécutif du film Arc de Triomphe (The Arch of Triumph), après avoir vu  des photos de Lise Bourdin dans des magazines de mode, revient à la charge. Il   la sollicite pour participer à la promotion du film qui doit sortir au printemps 1948,  sur les écrans de la plupart des grandes villes des Etats-Unis. Pourquoi elle? « Il fallait aux producteurs américains une jeune fille française  qui soit jolie, ait du charme, porte élégamment la toilette« , explique Le Centre Républicain. Autant de conditions que remplit aisément Lise Bourdin.

Arc de Triomphe, à la une des magazines de cinéma

• Réalisé par Lewis Milestone (1895-1980), le film Arc de triomphe  est tiré d’une roman d’Erich-Maria Remarque publié en 1946. Il raconte l’histoire d’un chirurgien réputé, le docteur Ravic (Charles Boyer), arrêté et torturé par la Gestapo, à la veille de la guerre. Ayant réussi à fuir l’Allemagne nazie, il trouve refuge à Paris, où il est contraint d’exercer la médecine clandestinement. Il y fait la connaissance de Joan Madou (Ingrid Bergman), jeune femme à la dérive. Après l’avoir sauvée du suicide, il en tombe éperdument amoureux et le couple s’installe sur la Côte d’Azur. Découvert par la police et extradé vers l’Allemagne, il parviendra  à retourner en France au bout de plusieurs mois. Happy end...Au générique, figurent notamment l’acteur français, naturalisé américain en 1942,   Charles Boyer (1899-1978) qui a émigré aux Etats-Unis pour y faire carrière, Ingrid Bergman (1915-1982) ainsi que Charles Laughton (1899-1962).

► Visionner la bande annonce du film Arc de Triomphe

• Les derniers essais s’étant avérés concluants, Lise Bourdin décroche le contrat de la MGM et c’est en  avion qu’elle  traverse l’Atlantique en avril 1948  pour y remplir sa mission d’ambassadrice: elle sera pour le public américain  « Miss Arch of Triumph ». Ce n’est toutefois pas sa première incursion sur le continent américain puisque, l’année précédente, elle s’était déjà rendue au Brésil pour y réaliser des photographies des publicitaires. Lors de la première du film à New York, « devant un public  très brillant« , elle s’est retrouvée, selon la presse « placée entre Ingrid Bergman, la belle star suédoise, promue grande vedette par Hollywood, et Charles Boyer« 

Lise Bourdin fait la une du magazine Noir et Blanc (28 avril 1948), lors de son premier voyage aux État-Unis

Sa présence sur le sol américain ne se limite pas à la seule promotion du film de Lewis Milestone. 1948, c’est aussi l’année où se met en place le plan Marshall,  qui va permettre à la France et à d’autres pays d’Europe de bénéficier de l’aide matérielle et économique de la désormais première puissance mondiale pour accélérer la reconstruction… Moyennant quelques conditions dictées par l’Oncle Sam. On connaît la suite avec début de ce que l’histoire appellera la Guerre froide…Il n’est donc pas  inutile de soigner les relations franco-américaines et Lise Bourdin, à son échelon, y participe. Elle prend également part à l’appel lancé par les Nations Unies pour l’aide à l’enfance dans le monde, deux ans après la création de  l’Unicef.

« CINQ OU SIX ÉVÉNEMENTS CHAQUE JOUR »…

Avril 1948: première rencontre avec Maurice Chevalier

• Dans ce travail de représentation, Lise Bourdin ne chôme pas. Les journaux américains, relayés par les magazines français,  mentionnent qu’elle participe en moyenne à cinq ou six événements par jour. Elle répond à des interviews aussi bien pour la presse locale que pour la plupart des agences de presse et des  grands magazines américains, dont le célèbre Life. Elle prend part, par ailleurs, en tant que membre du jury, à des défilés de mode, organisés dans le cadre de la Croisade pour l’enfance et elle est invitée à des émissions de radio. Sur son chemin, elle  croise Maurice Chevalier (1888-1972), très populaire outre Atlantique depuis les années 1930.  Certains journaux laissent déjà   entendre qu’il ait pu y avoir une liaison entre  Lise Bourdin et l’homme au canotier,  le créateur de Ma Pomme ou de Prosper.

Lise Bourdin à New York, en compagnie de Maurice Chevalier et de mannequins américains

• Lise Bourdin  participe à un tourbillon de réceptions organisées par des annonceurs publicitaires. Elle est invitée à un dîner débat  à l’initiative de  la United Artists au restaurant l’Aiglon, à New York, au cours duquel sont exposées des photos sur lesquelles on peut l’admirer  portant des robes qui ont été créées spécialement pour elle par la toute jeune maison de couture Carven. Le premier séjour américain de Lise Bourdin  s’achève en juin 1948, date à laquelle elle reprend l’avion pour Paris.

Noir et Blanc (28 avril 1948): « Lise Bourdin nous écrit d’Amérique« …

• Auparavant, elle aura eu le temps raconter son aventure américaine aux lecteurs de Noir et blanc, dans le n° daté du 28 avril 1948. La revue  lui a consacré, outre sa couverture, deux pleines pages illustrées de photographies : « Grâce à Noir et Blanc, j’ai découvert l’Amérique. La vie tourbillonne autour de moi. Le téléphone à longue distance marche trop bien (…). Ici, on m’appelle de partout, de tous les états. Même des inconnus veulent me parler (…). On m’a prise en charge à mon arrivée, avant de me précipiter chez le Président Truman et demain, je dois être reçu par Charles Boyer et Ingrid Bergman (…). Pour le moment, c’est New York qui m’a saisie et c’est une immense pieuvre aux mille bras qui ne me laisse pas un instant de repos ». On veut bien la croire.

Charles Boyer, Ingrid Bergman et le président américain Harry Truman: quelques unes des célébrités  rencontrées par  Lise Bourdin en 1948

• Sa célébrité, elle peut la mesurer en parcourant les journaux: « Ils sont pleins de moi (sic), avec cette rapidité incroyable des Américains pour reproduire par l’image ce qui les touche et ils sont d’une gentillesse extrême ». Aux lecteurs de Noir et Blanc, elle ne cache pas qu’elle est consciente de la charge « d’ambassadrice » qui repose sur ses épaules : « Je sens que chacun de mes gestes est regardé, écrit-elle, que l’on cherche le secret de l’élégance dans ma modeste personne ». Une élégance qui ne souffre aucunement de la comparaison avec la manière de se vêtir des Américaines, assure-t-elle. Bien au contraire… Après quelques mots pour remercier « Chevalier qui est ici un véritable ambassadeur » qui l’a « reçue à bras ouverts et (lui) a été très utile », elle conclut ainsi : « Tout le monde est avec moi d’une gentillesse qui me surprend et qui me touche ».

Le Centre républicain, quotidien montluçonnais (6-7 mai 1948)

• En France, dans la région montluçonnaise qui l’a vue naître comme  à Vichy qui l’a vue grandir, on s’émerveille de son histoire: « Elle voyage en avion, descend dans les plus luxueux palaces, a les plus belles voitures à sa disposition, tout cela aux frais de la MGM », écrit le Centre républicain en mai 1948. Le journal précise  qu’elle « reçoit comme argent de poche 120 000 francs par semaine et que chaque courrier lui apporte des lettres des plus riches Américains pour lui proposer de l’épouser« . On mesurera d’autant mieux l’ébahissement du journalistes quand on saura que 120 000 francs  représenteraient aujourd’hui l’équivalent de 4 à 5 000 € par semaine… Le tout en guise d’argent de poche.

Lise Bourdin posant pour les photographes du célèbre studio Harcourt

• Déjà le même journal  s’interroge sur son avenir: « Retournera-t-elle en France? Deviendra-t-elle une seconde Dorothy Lamour, une Lana Turner? Ou bien simplement épousera-t-elle un magnat américain, comme l’ont  fait Martine Carol et Gaby Andreu« ? Plutôt que de céder à l’inquiétude, le journaliste montluçonnais préfère s’en remettre aux propos rassurants des amis de Lise Bourdin: « Sa célébrité en tout cas ne l’a pas rendue cabotine, ni ne lui a fait perdre la tête« . Du côté familial, les appréhensions de voir la jeune fille s’aventurer à Paris puis dans le monde de la mode et du cinéma, ont vite cédé la place « à des parents heureux de la gloire échue à leur fille (et qui) peut être va  s’acquérir la notoriété des plus célèbres stars d’Hollywood« .

Coiffée d’un képi de légionnaire, lors de son voyage américain (France Soir – 16 juillet 1949)

• Toutefois, on ne saurait être trop prudent et le quotidien montluçonnais, au diapason de son lectorat,  y va de son petit couplet moralisateur, en forme de mise en garde: « À ce jeu de la gloire et de la beauté, il n’est pas certain que les gagnants recueillent toujours le gros lot du bonheur. Et peut-être qu’au soir d’une de ces réceptions triomphales, comme, dit-on, seul le nouveau monde sait les organiser, la petite Nérisienne, devenue célébrité mondiale, regrettera le calme de se petite ville natale et cette simplicité de vie des gens de chez nous qu’elle a connue et qui, peut-être, renferme tout le bonheur du monde« …

• Quelques mois plus tard, en décembre 1948, Lise Bourdin est de retour aux États-Unis où les médias la présentent  comme l’un des mannequins les mieux payés au monde. À la lecture des journaux, on apprend que « La top-model française participera à des défilés de mode, au tarif minimum de 25 dollars de l’heure, la somme la plus élevée que peuvent demander les mannequins américains ». En décembre 1950, elle est à nouveau à New York pour un séjour de trois semaines. Les magazines se plaisent à rapporter les confidences  qu’elle leur a distillées sur l’art de la  séduction « à la française » :  « Les Français savent comment s’y prendre pour faire la cour à une femme, confie-t-elle dans une interview. Ils lui offrent d’abord des fleurs, avant de l’inviter à dîner. Ils la flattent ensuite et lui disent qu’ils admirent ses vêtements. Ils ne font pas preuve de trop de précipitation, côté amour. Ils se hâtent lentement »… Tout un programme.

« LISE BOURDIN ENTRE DANS LE CIRCUIT DES VEDETTES »

Parallèlement à sa vie « d’ambassadrice », de cover-girl et de mannequin « de luxe », Lise Bourdin fait ses premiers pas de comédienne, d’abord par le théâtre. Dès janvier 1947, elle a pu faire une très  discrète apparition sur la scène du théâtre des Mathurins, dans Le crime de Lord Arthur Saville, d’après Oscar Wilde. Marcel Herrand, à la fois metteur en scène et acteur, Bernard Lancret, René Vital et Marie Daems figurent en tête de la distribution.  Un rôle passé totalement inaperçu aux yeux des critiques qui ne la mentionnent pas. Deux ans plus tard, en 1949, on retrouve Lise Bourdin, cette fois-ci   au Théâtre Antoine dans “Le petit café, une pièce de Tristan Bernard, qui avait été  créée en 1911. Elle est mise en scène par Yves Mirande, et interprétée notamment par Félix Oudart, Bernard Blier et Marie Dubas.  Lise Bourdin a décroché un rôle secondaire :  avec quelques autres débutantes, elle  campe  les jeunes cocottes de la Belle époque qui gravitent autour des clients du Petit café.

Les comédiens du Petit Café, deuxième pièce dans laquelle joue Lise Bourdin. À droite, avec un tablier blanc: Bernard Blier. 
France Soir (16 juillet 1949)

• Cette fois-ci, la présence de l’apprentie comédienne ne passe  pas complètement inaperçue puisque France Soir (16 juillet 1949) consacre un court article à « Lise Bourdin (qui) va débuter au théâtre », dans lequel on peut lire :   « Lise Bourdin, “ le modèle le plus photographié de France ” que ce titre avait entraînée à Hollywood, où les Américains après l’avoir coiffée d’un képi de notre Légion étrangère, la firent débuter devant une caméra, est revenue en France pour faire ses véritables débuts sur scène. À la rentrée d’octobre, elle sera en effet aux côtés de Bernard Blier, Marie Dubas et Nadia Grey, une des interprètes du “Petit café”, la célèbre pièce de Tristan Bernard. Pour cette reprise, la directrice du Théâtre Antoine, Simone Berriau,a voulu faire le trust des plus belles filles de Paris ». Le journaliste ajoute qu’elle «a engagé notamment les deux plus jolies  élèves que les récents concours du Conservatoire ont mises en lumière : Nicole Maurey et Arlette Poirier ». L’article est accompagnée d’une photo montrant Lise Bourdin, lors de son escapade américaine coiffée d’un képi de légionnaire.

• Un autre article de Paris Presse – L’intransigeant (5 octobre 1949), nous apprend que c’est Pierre Balmain, le couturier qui avait embauché Lise Bourdin à son arrivée à Paris, qui a dessiné « les tenues des cocottes,  dans le style de l’époque« . Dans Ce Matin – Le Pays (11 octobre 1949), André Ranson, après avoir fait l’éloge des principaux acteurs, écrit: « N’oublions pas l’éblouissante légion des plus jolies femmes de Paris qui, de surcroît, ont du talent ». Parmi elles, il cite Lise Bourdin, avant de conclure: « Oui, Tristan Bernard doit être bien content« .

Le groupe des « jeunes cocottes« parmi lesquelles figure Lise Bourdin, toutes habillées par Pierre Balmain

• Au printemps 1950, après Le petit café, on pourra encore retrouver Lise Bourdin au théâtre des Mathurins, dans   La bonne compagnie”. Il s’agit  une comédie en 3 actes, signée par Yvan Audouard et mise en scène par Marcel Herrand.  En annonçant la générale, Robert Kemp écrit dans Le Monde (22 mars 1950) : « Notre confrère Yvan Audouard présentera demain soir, en générale, au théâtre des Mathurins trois actes mis en scène par Marcel Herrand : la Bonne Compagnie. Il suffit de connaître tant soit peu Yvan Audouard pour deviner qu’il se proposait de nous distraire en écrivant cette première pièce, et (qu’il) ne se sera pas soucié des préjugés ou des interdits du  » bon aloi  » pour tenter d’atteindre ce but ». Passant ensuite en revue la distribution, avec Marcel Herrand, « un tiers Churchill, un tiers Léautaud, un tiers Pickwick (…),  Jacques Hilling (qui) sera un inventeur farfelu  et Annette Poivre, une péripatéticienne en vacances, qui ne veut plus entendre parler des hommes »,  il se contente de noter que «  Lise Bourdin et Roger Bontemps – sorte d’Isidore Isou – complètent la distribution ». Rien de plus …Un mois plus tard, le même Robert Kemp revient sur la pièce, mais cette fois-ci  en des termes nettement plus sévères :  « Il y a un mauvais sort depuis quelques mois sur les charmants Mathurins et sur le Rideau de Paris, Mais aussi quelle idée de nous amener cette “Bonne Compagnie” ! Qu’a pensé M. Marcel Herrand ? (…) Il a ralenti tout le mouvement de la pièce… Autour de lui,  MM. Degroux, Dieudonné, Hilling, Bontemps, Dynam, guignolisent sans conviction. Mlles Annette Poivre et Lise Bourdin ont de beaux yeux et des jambes fines. C’est tout ce que je trouve à louer dans ce morne spectacle ». Le critique de la Gazette de Lausanne (6 avril 1950), ne semble guère sensible aux charmes de l’actrice:  » Quant aux acteurs, ils font ce qu’ils peuvent pour faire en dehors de la pièce leur petit numéro comique. Tous sont excellents, tandis que Lise Bourdin donne des inquiétudes aux spectateurs soucieux de reconnaître  en elle une grande actrice« …

• Bien qu’elle ne soit qu’une débutante et que ses rôles soient encore « discrets », il  peut cependant arriver que la présence de Lise Bourdin  sauve  une scène, du moins si l’on en croit un autre critique qui écrit, la même année,  dans la Revue de la Méditerranée: « Si la veuve solitaire n’avait pas les formes séduisantes de Mlle Lise Bourdin, il n’y aurait absolument rien dans toute la pièce qui soit de nature à vous en consoler »… 

•Entre la parenthèse théâtrale et le film de Léonide Moguy, trois années se sont écoulées, durant lesquelles elle a pu découvrir et apprivoiser les plateaux de cinéma. Sa première apparition devant la caméra, hormis l’anecdote américaine du képi de la légion étrangère,   remonte en fait à 1949 mais elles est restée, somme toute, très discrète : si elle a bien  participé à un film policier de Roger Blanc (1919-1958), Scandale aux Champs-Élysées, où elle a croisé Pierre Renoir (1885-1952) et  André Gabriello (1896-1975), son nom n’apparaît toutefois pas au générique. Il lui faudra attendre encore deux ans, avant de devenir une actrice à part entière en interprétant le rôle d’Huguette Montréal dans Les mémoires de la vache Yolande, d’Ernst Neubach (1900-1968). Sur les plateaux des studios, elle rencontre sa compatriote, la Moulinoise  Suzy Carrier (1922-1999) qui a été propulsée sur le devant de la scène en 1942, par le film Pontcarral, colonel d’empire, de Jean Delannoy. Le sympathique  Rellys (1905-1991), issu du cinéma « provençal » à la Pagnol, est également de la partie, aux côté d’Armand Bernard (1893-1968), figure habituée aux seconds rôles. On peut aussi entrevoir un Jean Carmet (1920-1994), alors en début de carrière.

Suzy Carrier, née à Moulins, vedette du film Les mémoires de la vache Yolande

DES TOURNAGES QUI S’ENCHAÎNENT

• Entre 1953 et  1959, Lise Bourdin enchaîne les tournages,  d’abord en France  sous la direction de Léonide Moguy (1898-1976), avec lequel elle va commencer à se faire un nom. Dans un mélodrame, intitulé   Les enfants de l’amour,  elle  partage l’affiche avec le séduisant Jean-Claude Pascal (1927-1992) et Etchika Choureau, née comme elle en 1925. On entrevoit aussi Nadine Tellier, la future Nadine de Rotschild, dans un second rôle. Le film traite d’un sujet sérieux : la vie difficile des mères célibataires. Le scénario est tiré d’un essai de Maryse Querlin, Les Ventres maudits, paru en 1931 et consacré à la condition faite par la société aux filles-mères. Ce film, aujourd’hui tombé dans l’oubli, connut à l’époque un véritable succès international. Aux États-Unis, le slogan « Mères célibataires ! Elles viennent de partout et elles sont issues de toutes les classes » sert à la promotion du film qui séduit des millions de spectateurs.

Lise Bourdin J-C Pascal Enfants de l'amour
Lise Bourdin et Jean-Claude Pascal, à la une de Ciné Romance

• Le 17 novembre 1953, Jean de Baroncelli publie dans Le Monde une critique du film. Il commence par louer  « Le talent qu’a Léonide Moguy de découvrir de jeunes interprètes ». Et de constater que  » Une pléiade de vedettes en herbe jouent dans les “Enfants de l’amour”. Etchika Choureau (…) a des yeux qui reflètent toute la nostalgie des enfants du siècle (…).  À ses côtés, Joëlle Bernard apparaît également comme une révélation de première grandeur : la saine vulgarité dont elle a marqué son personnage est d’une authentique comédienne. Dans des rôles plus effacés Dominique Page, Nadine Tallier. Jean-Pierre Jaubert, méritent tout autant de compliments. Maryse Martin est aussi drôle à l’écran que sur les ondes. Enfin Lise Bourdin et Jean-Claude Pascal se tirent du mieux qu’ils peuvent des graves discours qu’ils sont chargés de nous tenir ».

Le film complet (30 janvier 1958)

• Lise Bourdin se retrouve aussi devant la caméra d’Henri Lepage (1898-1970) pour C’est une fille de Paname (1957), une histoire d’amour entre une chanteuse et le fils d’un compositeur. La même année, elle interprète le rôle de la princesse Tchélia Bruskoï, dans La rivière des trois jonques, un film d’aventure français, réalisé par André Pergament (1922-1992) qui a pour cadre le Vietnam. La distribution ne compte aucun acteur de premier plan mais seulement des professionnels des seconds rôles comme Robert Dalban (1903-1987), Jean Gaven (1918-2014) ou Howard Vernon (1914-1996).

Le film complet: Eddie Constantine et Lise Bourdin 

• En 1958, Bernard Borderie (1924-1978), le futur réalisateur de la série des Angélique, lui fait tourner Ces dames préfèrent le mambo. Une comédie qui promène le spectateur entre trafiquants de drogue et pseudo-chercheurs de trésors, sur fond d’Amérique du sud, pour la touche d’exotisme. Eddie Constantine (1913-1993) interprète le rôle principal aux côtés de Lino Ventura (1919-1987). Pascale Roberts (née en 1933) campe Constance la brune, face à Lise Bourdin, alias Claire la rousse.

• L’année suivante, dans Quai des illusions, elle joue le rôle de Lise Vincent, face à ses parents, interprétés par Gaby Morlay (1893-1964) et Louis Seigner (1903-1991). Il s’agit d’un drame, réalisé par Émile Couzinet (1896-1964). À ses côtés opère un jeune assistant réalisateur italien, un certain Sergio Leone.  Il semble que l’écrivain Alain Robbe-Grillet (1922-2008) ait songé à elle pour un film qu’il préparait. Dans ses Carnets (1957-1962), il écrit : « En feuilletant l’album de photos, j’ai tout de suite été attiré par le visage étrange de Lise Bourdin. Ce n’est pas tout à fait une inconnue mais, comme elle n’a joué que dans des films sans intérêt, elle pourrait peut-être être utilisée ». L’affaire en restera là.

 

• Finalement, entre Henri Lepage, Bernard Borderie et Émile Couzinet, on ne peut pas dire que Lise Bourdin ait été dirigée par des génies du 7ème Art mais, au mieux, par d’honnêtes réalisateurs, quand il ne s’agit pas d’un spécialiste des séries B comme Émile Couzinet, expert en vaudevilles populaires et « comédies jubilatoires », tels que Trois vieilles filles en folie, La famille Cucuroux ou Mon curé champion du régiments,  tous tournés dans les années 1950.

 

LISE BOURDIN,  VEDETTE AU DELÀ DE L’HEXAGONE

Vers une carrière au delà de la France

• Le succès rencontré aux Etats-Unis par le  film de Léonide Moguy, Les enfants de l’amour,  va permettre à Lise Bourdin de franchir les frontières et d’envisager alors une carrière internationale.  De 1954 à  1956, elle tourne principalement en Italie et des metteurs en scènes tels qu’Alberto Lattuada (1914-2005), Mario Soldati (1906-1999) et Guiseppe Amatto (1899-1964) font appel à elle. À la suite du succès des Enfants de l’amour,  elle a vu arriver plusieurs propositions de film, « l’une à Londres , l’autre à Rome », révélait un article paru en 1954, avant d’ajouter qu’elle   « a choisi le film italien (qui) lui permettra de changer d’emploi. Dans “Les enfants de l’amour”, elle était assistante sociale. Dans Le cavalier des pyramides”, elle sera, en couleur, princesse des mille et une nuits ». Un projet qui, semble-t-il n’aboutira pas mais auquel se substitueront d’autres films.

Lise Bourdin photo double DFH

Sophia Loren et Lise Bourdin dans La fille du fleuve (1955)

• De cette période « romaine » de sa carrière d’actrice émergent quelques films. D’abord,  Scuola elementare (1954) d’Alberto  Lattuada et surtout  La fille du fleuve (1955) de Mario Soldati, un drame qui a pour cadre la vallée du Pô. Sophia Loren (née en 1934) et Gérard Oury (1919-2006), qui ne s’est pas encore frotté à la réalisation, sont les deux interprètes principaux. Le 19 novembre 1955, le critique cinéma du journal Le MondeJean de Baroncelli écrit :    « Gérard Oury dans un rôle ingrat prouve une fois de plus son talent. Et, aux côtés de Sophia la déesse, Lise Bourdin incarne le charme plus humain des jeunes femmes de chez nous ».   Autre metteur en scène, Mario Bonnard (1889-1965) lui confie en 1955 le rôle d’Anna Giuntini dans un drame, Les anges aux mains noires. C’est Henri Vilbert (1904-1997), dans le rôle d’un avocat, qui lui donne la réplique.

Lise Bourdin et l’actrice Élisa Lamotte, en marge du Festival de Cannes

• Un signe montre l’intérêt croissant que Lise Bourdin porte à sa carrière d’actrice : elle fréquente assidûment le Festival de Cannes, ce qui lui permet à la fois d’avoir photos et articles dans les magazines et de croiser producteurs et réalisateurs. En marge de la compétition, délaissant les starlettes, les photographes s’en donnent à cœur joie pour la photographier en 1954, en compagnie d’Élisa Lamotte (née en 1919). Celle-ci a fait ses débuts au cinéma en 1948 dans Les casse-pieds de Jean Dréville, avec au générique Noël-Noël, Bernard Blier, Jean Tissier et un certain Jean-Pierre Mocky.  Sa carrière, presque aussi brève que celle de Lise Bourdin, s’arrêtera dès 1956, au terme d’une douzaine de films. Pour l’heure, les magazines se montrent friands d’images des deux vedettes photographiées à l’envi  sur leur bateau, à quelques encablures de la Croisette.

Lise Bourdin au festival de Cannes (1954)

• Lise Bourdin fait aussi un unique et bref  passage dans Sherlock Holmes, une série franco-américaine,  produite par CBS, d’abord diffusée par les chaînes de télévision d’outre Atlantique, avec l’acteur Ronald Howard dans le rôle de célèbre détective. Des acteurs français, Maurice Teynac (1915-1992) et Jacques François (1920-2003) sont de la partie. Les téléspectateurs américains pourront la voir, le 27 juin 1955, lors de la diffusion de l’épisode intitulé The case of the royal murder, tourné en France sous la direction de Steve Previn. Quant aux téléspectateurs français, ils devront attendre jusqu’en septembre 1960 pour que  la RTF (Radiodiffusion Télévision française) commence la diffusion des 39 épisodes de la série.

DES ÉTATS-UNIS  À L’ALLEMAGNE

Lise Bourdin face à Gary Cooper dans Ariane, de Billy Wilder (1957)

• C’est seulement en 1957 que l’actrice bourbonnaise inaugure véritablement  sa carrière américaine, sur grand écran avec le film Ariane (Love in the afternoon), une comédie romantique  de Billy Wilder (1906-2002). Elle y interprète le rôle de Madame X qui, aux yeux de certains critiques, serait un de ses meilleurs. Elle est la maîtresse de Fanagan, interprété par Gary Cooper (1901-1961), alors au sommet de sa gloire et que la maladie va  bientôt emporter. Ses autres partenaires sont Audrey Hepburn (1929-1993) dans le rôle d’Ariane Chavasse, dont le père est interprété  par Maurice Chevalier, vieille « connaissance » pour Lise Bourdin.

• L’actrice aura encore l’occasion de tourner en 1958  en Allemagne, dans Und abends in die Scala (Un soir à la  Scala), d’Erik Ode (1910-1983). Après un passage déjà mentionné par les studios bordelais d’Émile Couzinet pour Quai des illusions, elle reprendra pour la toute dernière fois le chemin des studios afin de tourner un film de guerre aux Pays-Bas. Il s’agit de  The last Blitzkrieg (Espions en uniformes) d’Arthur Dreifuss (1908-1993), produit par Sam Katzmann pour la Columbia Films. Elle a pour partenaires Van Johnson (1916-2008), Kerwin Mathiews (1926-2007) et Dick York (1928-1992), rendu célèbre par la suite pour son rôle de Jean-Pierre dans la série télévisée  Ma sorcière bien aimée.

• Finalement, les années 1955, avec 3 films et une série télévisée, et 1957, avec 4 films s’avèrent être les plus prolifiques de la carrière de Lise Bourdin qui ne parviendra pas à  franchir le cap des années 1960. En tout, elle aura participé à 14 films entre 1948 et 1959, depuis Scandale aux Champs-Élysées jusqu’à Espions en uniformes.

Lise BOURDIN Unifrance• Une dernière fois, son nom sera associé au cinéma au début de 1960, mais cette fois-ci dans la rubrique judiciaire, où elle apparaît comme la victime d’une escroquerie. Le journal Le Monde (12 mai 1960) résume ainsi les faits: « Ayant fait croire à Lise Bourdin, de la Comédie-Française (sic), qu’elle était chargée de réaliser un film franco-italo-portugais intitulé “Le chat m’a dit”,  Denise Tual promit à l’actrice qu’elle en serait la vedette. Elle réussit de la sorte à lui soutirer, en 1958, un million d’anciens francs.  Mais Lise Bourdin n’obtint ni le rôle ni la restitution de la somme. Et Denise Tual disparut.  C’est par défaut qu’elle a été condamnée à six mois de prison par la 13ème  chambre correctionnelle de la Seine. La plaignante obtient 10 000 nouveaux francs  à titre de restitution et 2 500 nouveaux francs de dommages et intérêts »…  Une somme rondelette, qui représenterait environ 160 000 €  d’aujourd’hui, mais dont on ignore si elle a pu réellement les percevoir.

 

UNE VIE PRIVÉE QUI NE LAISSE PAS LA PRESSE INSENSIBLE

Maurice Chevalier

• Que ce soit dans sa « période mannequin » ou dans « sa période actrice », la presse magazine (on dirait « people » aujourd’hui) a toujours gardé un œil sur Lise Bourdin, distillant informations, fausses, supposées ou vraies, ou simplement approximatives, sur sa vie privée et sur ses relations. Outre sa liaison suggérée avec Maurice Chevalier dont la presse américaine s’était  fait l’écho dès 1948, c’est sur sa proximité avec le fils de l’Aga Khan que les journaux ont beaucoup spéculé.

Ali Khan et Rita Hayworth, le jour de leur mariage

• En 1952, à l’Opéra du Caire en Égypte, Lise Bourdin a effectivement fait la connaissance du prince Ali Khan (1911-1960), fils de l’Aga Khan et mari de l’actrice Rita Hayworth (1918-1987). Leur mariage célébré en mai 1949 au château de l’Horizon, à Vallauris, avec un faste quasiment hollywoodien, est un échec et le couple est sur le point de se  séparer. Ce sera chose faite  en 1953. Un divorce qu’Ali Khan semble avoir du mal à surmonter, espérant peut-être même  reconquérir le cœur de  l’actrice américaine. Dans ce passage difficile de sa vie, intervient Lise Bourdin. Elle aurait joué un rôle « d’accompagnatrice », d’amie, de confidente peut-être même davantage, cherchant à apaiser un Ali Khan  qu’on disait en proie au désespoir. Il n’en faudra pas plus pour que la presse s’alarme de cette proximité et leur prête une véritable liaison. Il faut dire, à la décharge des journalistes, que l’actrice française semble n’avoir rien fait pour les décourager. Au contraire…

Lise Bourdin photo double DFH - Copie• Dans son livre  The Riviera Set (1920-1960), the golden years of glamour and excess, Mary S. Lovel écrit que « la presse portait un grand intérêt à (la) relation (d’Ali Khan) avec Lise Bourdin, une superbe actrice et chanteuse (sic).  L’ingénue Lise assurait  que le fait qu’elle soit restée au château de l’Horizon (résidence d’Ali Khan) et qu’elle y ait passé la nuit avec Ali prouvait bien qu’elle était fiancée avec lui. En réalité, ajoute Mary S. Lovel, c’est ce qu’elle avait déclaré à la presse mais elle fut rapidement déçue ». On le comprend d’autant mieux qu’à la même époque, plusieurs journaux avaient tenté de  dresser la liste des conquêtes d’Ali Khan. On y trouvait pêle-mêle l’actrice grecque Irène Papas, au même titre qu’une jeune sténographe  milanaise,  toutes les deux clamant haut et fort qu’elles étaient (elles aussi !) fiancées à Ali. S’y ajoutaient, outre Lise Bourdin, Lorraine Dubonnet, l’héritière de la célèbre marque d’apéritifs, ou encore  les actrices Yvonne de Carlo et Joan Fontaine…Et quelques autres.

Le producteur Darryl Zanuck

En mai 1956, après avoir abandonné définitivement la piste Ali Khan, la presse s’engage sur une autre voie:  lors du festival de Cannes, on a pu apercevoir à plusieurs reprises Lise Bourdin en compagnie du producteur de cinéma américain  Darryl F. Zanuck (1902-1979)… Finalement, le 21 octobre  1963, l’ex-mannequin et ex-actrice  mettra fin aux supputations journalistiques en   épousant, à Paris Roberto Grimaldi-Seabra (1916-2005), un riche Brésilien passionné par les courses de chevaux et propriétaire d’un haras. Elle divorcera, à peine trois ans plus tard, le jugement étant rendu par le tribunal de grande instance de la Seine, le 21 octobre 1963.

• Après la mort de René Bourdin, le père de Lise, survenue à  Antibes le 20 septembre 1984, sa veuve et seconde épouse, Marcelle Perrier, décidera d’adopter Lise Bourdin, qui avait alors 59 ans.  Le  jugement fut prononcé  en date du 30 octobre 1985 par  tribunal de grande instance de Grasse et Lise Bourdin prit  désormais le patronyme de Bourdin-Perrier.

LISE BOURDIN DESCEND LES CHAMPS-ÉLYSÉES EN CALÈCHE

• À la fin des années 1950, les photos de Lise Bourdin commencent à se faire plus rares dans les magazines, alors que sa carrière cinématographique s’achève. On la voit toutefois participant à des événements mondains et les journaux se plaisent à souligner son élégance: « Pour ses réveillons de fin d’année, lit-on dans Le Monde daté du 18 décembre 1958,  Lise Bourdin a commandé chez Manguin une robe de satin imprimé rebrodée dans le ton  » marron glacé  » et une autre en velours rouge et satin baptisée  » Tartelette « . Elle aime le raffinement et la préciosité des détails, qui toujours caractérisent les modèles de cette maison ».

Lise Bourdin en compagnie de Joseph Kessel (avril 1959)
L’impératrice Eugénie, alias Lise Bourdin

• Le 31 mai 1959, on peut la voir descendant les Champs Élysées… en calèche, avec à ses côtés le chansonnier Jean Marsac (1894-1976) : elle est l’impératrice Eugénie…Il est Napoléon III.  Six jours avant l’événement, on pouvait déjà lire dans Le Monde : « Le  » peuple de Paris  » aura le 31 mai l’occasion d’assister à un spectacle qui le transportera cent ans en arrière : le cortège impérial de S. M. l’Empereur des Français Napoléon III et l’impératrice Eugénie défilera de la place de la Concorde au château de Versailles. La marche sera ouverte par la fanfare de trompettes des spahis de Senlis. Elle sera fermée par la garde républicaine. L’empereur revêtu d’un uniforme de maréchal arborera le grand collier de grand maître de la Légion d’honneur : ce sera tout démocratiquement, le chansonnier Jean Marsac ; l’impératrice, la vedette de cinéma Lise Bourdin. Cette parade ouvrira en effet les fêtes versaillaises qui célèbrent le centenaire de la société des fêtes de cette ville.Un grand bal sera donné dans les salons du château, spécialement décorés pour l’occasion dans un style  » surréaliste  » ! ». Un événement dont les actualités cinématographiques de l’époque se feront brièvement l’écho et qu’on pourra retrouver sur la vidéo ci-dessous:ina-logo-23F1D56050-seeklogo.com

► vidéo Ina: la descente des Champs Élysées

 • Une dépêche de l’Agence France Presse évoque la cérémonie en ces termes:« Un curieux et pompeux cortège s’est déroulé aujourd’hui,  de la place de la Concorde au palais de Versailles.  Dans une calèche impériale, précédée de la fanfare des Spahis et d’un détachement de la Garde républicaine, avaient pris place Napoléon III, incarné par le sympathique chansonnier Jean Marsac, et l’impératrice Eugénie, incarnée par la charmante comédienne Lise Bourdin. Calèches et landaus emportaient à la suite ducs  et  duchesses, comtes et comtesses du Second Empire ».  De belles images qui permettent de rappeler « les splendeurs impériales », dans une France qui vient de changer de république. Quant à Jean Marsac, il confiera que « Lise Bourdin était attirante dans sa robe d’époque » et lui «  très vieille France, avec (sa) barbiche et (ses) vieilles moustaches ».

Lise Bourdin et le chansonnier  Jean Marsac (1959)

On ajuste la couronne de « l’impératrice Eugénie« 

TRENTE ANS AUX CÔTÉS DE RAYMOND MARCELLIN, EX-MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

• Avec les années 1960-1970,  la vie de Lise Bourdin qui a tiré un trait définitif sur sa carrière artistique et médiatique, prend une nouvelle orientation.  Alors que sa compatriote bourbonnaise, l’actrice Suzy Carrier s’est reconvertie dans l’hôtellerie  à Grasse, Lise Bourdin va écumer les salles des ventes, où elle se fait fort de trouver, en France ou ailleurs, l’objet convoité, si insolite soit-il: « Pour Lise Bourdin, décembre et janvier sont des mois choc, peut-on lire dans  la revue Magazine-Hebdo (1984). L’ancienne vamp du cinéma français des années 60 (sic) trouve tout ce qu’on lui demande : un lit vénitien ayant appartenu à Casanova, un téléphone 1900 en nacre, un écritoire damasquiné. Son métier : ambassadrice de la “chine”. Elle explore quotidiennement le marché aux puces. Lise Bourdin acceptera de passer au peigne fin  cette cour des miracles qu’est devenue le monde de la brocante, pour mener à bien la mission dont vous l’avez chargée. Lise explique avec un petit sourire espiègle : « Je fais du neuf en vendant de l’ancien ». D’autres articles mentionnent même Lise Bourdin devenue commissaire-priseur.

Lise Bourdin (au centre) lors d’une vente aux enchères judiciaire (décembre 1962)

• En 1974, elle devient l’amie de Raymond Marcellin (1914-2004). Celui-ci, ancien ministre de l’intérieur de Georges Pompidou est un vieux routier de la politique. Au moment de l’affaire des micros posés en 1973 dans les locaux du Canard Enchaîné par des  « plombiers » de la DST, c’était lui qui officiait place Beauvau. Il a été ministre à 14 reprises entre 1948 et 1974, sans compter les postes de secrétaire d’état qu’il a occupés…

Raymond Marcellin

 • S’il n’est plus membre d’un gouvernement  après 1974, cela ne signifie pas pour autant qu’il ait quitté la vie politique. Il sera encore sénateur du Morbihan (1974-1981), président du conseil régional de Bretagne (1978-1986), puis député du Morbihan (1981-1986 et 1988-1997), tout en cumulant d’autres fonctions électives (conseil général du Morbihan…).

Leur relation durera trente ans et ne s’achèvera qu’au décès de Raymond Marcellin, survenu le 8  septembre 2004, à Paris, à l’âge de 90 ans. Depuis  cette date, Lise Bourdin qui fêtera ses 92 ans en novembre prochain, mène une vie discrète à Paris.

▲ Lise Bourdin, « ambassadrice de la chine« , dans son appartement parisien  au début des années 1970  ▼

 

► À PROPOS DE…ROLAND BOURDIN (1922-2005)

FRÈRE DE LISE BOURDIN: DU CINÉMA À LA MUSIQUE

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    Roland Bourdin (1922-2005)

    Roland Bourdin, frère de Lise Bourdin, estle 15 octobre 1922 à Néris-les-Bains. Dans les années 1950, il a d’abord fait une brève incursion dans les domaines du théâtre et du cinéma, à un moment où la carrière de sa sœur décollait.  En novembre 1952, Roland Bourdin est ainsi  sur les planches du théâtre Marigny. Il est   à l’affiche de “Mozart”, une pièce de Sacha Guitry, que le Maître avait déjà mis en scène et interprété en 1925, en compagnie de son épouse de l’époque, Yvonne Printemps. « D’où vient que nous gardions du Mozart de M. Sacha Guitry un souvenir tout différent de l’impression que nous avons emportée de Marigny hier soir ? Les œuvres changent-elles en vingt-sept ans, et si radicalement qu’on ne les reconnaît plus ? Ou bien devient-on en vieillissant tellement plus difficile ? », feint de s’interroger le critique du journal Le Monde, avant d’ajouter : «  A la vérité nous avons pris hier la mesure exacte de l’ouvrage. Nous nous doutions bien dès 1925 que la pièce devait beaucoup à Mme Yvonne Printemps et à Sacha Guitry comédien : ils nous empêchaient de prêter attention à ce que l’on remarque immédiatement aujourd’hui et nous ne pensions pas que le livret sur lequel Reynaldo Hahn a écrit sa partition était aussi franchement détestable. Il l’est, hélas ! ». Après avoir souligné que  « Roger Gaillard n’est nullement à l’aise dans le rôle du baron Grimm », le même critique salue toutefois  « Roland Bourdin et Pierre Philippe, qui le sont davantage dans le marquis de Chambreuil et le laquais Grimaud »…

    Roland Bourdin Fragonard - Copie - Copie
    Roland Bourdin dans le rôle de Fragonard

    • On peut aussi entrevoir Roland Bourdin dans trois films de Sacha Guitry. Il tourne d’abord dans Si Versailles m’était conté (1954) où il fait une brève apparition : jouant le rôle de Fragonard, on le voit en train d’exécuter le portrait de Madame de Pompadour (Micheline Presle) maîtresse sous l’œil admiratif de  Louis XV, interprété par Jean Marais. En 1955, dans Napoléon,  il est Claude François de Menneval, secrétaire du 1er consul puis empereur, entre 1802 et 1813. Enfin, en 1956, dans Si Paris nous était conté, l’ultime réalisation de Sacha Guitry, il n’est qu’un modeste visiteur. En 1960, il semble qu’il ait également fait une brève apparition dans le film d’André Hunebelle, Le Capitan, avec Jean Marais et Bourvil dans les deux rôles principaux. Son nom n’est toutefois pas crédité au générique.

    Les 3 films de Sacha Guitry dans lesquels a tourné Roland Bourdin, entre 1954 et 1956
    Roland Bourdin (à gauche) interprétant le peintre  Fragonard, aux côtés de Jean Marais (Louis XV) et de Micheline Presle (La Pompadour), dans Si Versailles m’était conté en 1954 (voir l’extrait ci dessous) ▼

    Roland Bourdin (à droite) dans le rôle de Menneval, secrétaire de l’empereur (Raymond Pellegrin), dans Napoléon (1955
  • Après cette courte carrière au cinéma et au théâtre, Roland Bourdin  a été pendant quelque temps animateur à la radio nationale, avant de collaborer à la direction de la firme discographique Decca France. Sur les ondes de France Culture, on le retrouve à la tête d’une émission dédiée à la musique classique: « Le propos de Roland Bourdin, qui présente sur France-Culture ces rendez-vous avec quelques artistes particulièrement célèbres dans le monde musical, est de donner à chacun de ses auditeurs l’impression qu’il participe à cette rencontre. L’atmosphère y est détendue, familière, et la conversation sa déroule à bâtons rompus », peut-on lire dans la presse.

 

  • En 1967, son parcours professionnel prend une nouvelle direction : il est appelé par Marcel Landowski, premier directeur national de musique, au poste d’administrateur du tout nouvel Orchestre de Paris, issu de la Société des concerts du Conservatoire. Cette formation de trente-deux musiciens, placée sous la direction de Jean-Pierre Wallez,  donnera son tout  premier concert le 20 novembre 1968, au Théâtre de la Ville, prélude à une saison de vingt-deux concerts d’abonnement, alternant avec des tournées en France et à l’étranger. Aux œuvres classiques du répertoire (Vivaldi, Bach, Haydn, Mozart, etc.), s’ajoutent des partitions peu connues (Koechlin, Devienne, Hindemith) et des pages contemporaines (Murail, Jolivet, Florentz, Bon, Capdenat).  Toujours à la demande de Marcel Landowski, il sera ensuite  nommé  directeur des Affaires culturelles de Paris, puis en 1978, administrateur et conseiller musical du nouvel Ensemble orchestral de Paris, constitué autour du violoniste Jean-Pierre Wallez.

  • Roland Bourdin est décédé à Mont-de-Marsan,  le 4 septembre 2005, à l’âge de 82 ans. Peu après sa disparition, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture, lui rendait hommage en ces termes : « Avec Roland Bourdin, le monde musical est en deuil de l’une de ses figures tutélaires, un mélomane passionné trempé à la source artistique de Sacha Guitry, qui aura largement contribué au rayonnement de la vie musicale de notre pays. Son nom est attaché à la longue et prestigieuse histoire de l’Orchestre de Paris, dont il fut un administrateur exemplaire à la grande époque de Charles Munch, Herbert von Karajan et Georg Solti, ainsi qu’à l’histoire plus récente du nouvel Ensemble orchestral de Paris, dont il fut le conseiller musical. Avec la complicité de Marcel Landowski, premier directeur de la musique au ministère de la culture et non moins fantastique compositeur, il aura toujours été l’homme des nouveaux départs, celui qui aide un grand ensemble à naître ou à se renouveler, et par-dessus tout un merveilleux ami des musiciens, dont il connaissait intimement la nature et les besoins profonds ».

LISE BOURDIN:

ESSAI DE FILMOGRAPHIE

 1949

Scandale aux Champs-Élysées, de Roger Blanc. Scénario et adaptation de Robert Siegfried. Dialogues de Robert Beauvais.   Avec Lise Bourdin(non créditée), Françoise Christophe, Christiane Barry, Anouk Ferjac, Jacqueline Huet, Simone Delamare, Pierre Renoir, Jean Parédès, André Gabriello, Lucien Blondeau…

  • Résumé de l’intrigue: Une enquête autour de l’assassinat de trois ravissants mannequins, crimes perpétrés chez le grand couturier Dominique Airelle. Le jeune inspecteur, chargé de l’affaire, tout en flirtant avec la première, réussit, après un certain nombre de mésaventures, à résoudre l’énigme.

1951

Les mémoires de la vache Yolande, d ’Ernst Neubach. Scénario et adaptation d’Ernst Neubach. Dialogues d’André Tabet.  Avec Lise Bourdin, Suzy Carrier, Rellys, Armand Bernard, Jean Carmet, Félix Oudart…

  • Résumé de l’intrigue: Un professeur d’art dramatique fait de la figuration au cinéma : il doit traire une vache. Resté seul avec l’animal au studio, il est forcé de le monter dans son appartement. La police, la Société protectrice des animaux et le gouvernement s’en mêlent…

1953

Les enfants de l’amour de Léonide Moguy. Scénario, adaptation et  dialogues de Léonide Moguy.  Avec Lise Bourdin (Hélène Lambert),  Etchika Choureau, Jean-Claude Pascal, Marcel Pérès, Paul Azaïs, Mylène Demongeot, Valentine Tessier, Nadine Tellier (future Nadine de Rotschild).

  • Résumé de l’intrigue: Dans une maternité, de jeunes mères célibataires sont accompagnées par l’assistante sociale Hélène Lambert qui essaie de les responsabiliser face à leurs nouvelles charges tandis que le docteur Baurain insiste sur l’importance de leur éducation morale et sexuelle. Ils vont venir en aide à plusieurs jeunes femmes : celle qui voudrait céder son enfant à un couple candidat à l’adoption, tout comme celle qui, après le décès de son premier bébé dans des circonstances dramatiques, en attend un second, et bien d’autres cas encore… Le film est basé sur des faits véridiques issus d’une enquête sociale réalisée par Maryse Querlin publiée en 1931.(d’après Wikipedia)

 1954

Scuola elementare,  d’Alberto Lattuada. Scénario et adaptation de Jean Blondel, Alberto Lattuada et Giorgio Prosperi . Avec Lise Bourdin  (Laura Bramati), Marc Cassot, René Clermont, Ricardo Billi, Mario Riva, Alberto Rabagliati…

La fille du fleuve (Titre original :La donna des fiume), de Mario Soldati. Scénario et adaptation de Giorgio Bassani, Mario Soldati, Pier Paolo Pasolini… Dialogues de Ben Zavin. Avec Lise Bourdin (Tosca), Sophia Loren, Gérard Oury, …

  • Résumé de l’intrigue: Gino Lodi, un contrebandier, est le « Don Juan  » du village de Comacchio dans la vallée du Pô. Seule une jeune femme, Nives, lui résiste, mais par jeu, il parvient à la séduire. Nives tombe amoureuse de Gino et se retrouve enceinte, avant d’être abandonnée. Elle finit par accepter un travail de moissonneuse à l’embouchure du Pô… Va-t-elle, par vengeance, dénoncer ce séducteur au carabinier Enzo Centi ? Celui-ci semble prêt à épouser Nives…

 

 1955

La mère et l’enfant (Titre original : Disperato adio), de  Lionello De Felice.  Avec Lise Bourdin (Luiza Bozzi), Xenia Valderi, Massimo Girotti, Andrea Checchi…

La mère et l'enfant affiche Lise Bourdin

  • Résumé de l’intrigue: Une infirmière est courtisée par deux jeunes médecins, Andre et Maurice, dans la clinique où elle travaille. Elle choisit d’épouser André, un garçon brillant mais volage et au caractère difficile. Alors qu’elle doit subir une opération, sous l’effet du penthotal, elle révèle qu’elle tient également a Maurice, un garçon plus modeste, mais plus sérieux. Désespéré, André la quitte. Enceinte, elle ne vivra désormais plus que pour son enfant…

Les cinq dernières minutes (Titre original : Gli ultimi cinque minuti), de Guiseppe Amato.  Scénario et adaptation de Oreste Biancoli et Aldo de Benedetti. Avec Lise Bourdin, Linda Darnell, Vittorio de Sica, Peppino de Filippo, Sophie Desmarets, Nadia Gray…

  • Résumé de l’intrigue: Carlo, un riche industriel et Renata, une belle femme indépendante s’associent pour louer un appartement à Rome.  Carlo a le coup de foudre pour Renata et lui demande d’être sa femme, au moins en apparence. Renata accepte mais pose une unique condition : si l’un d’eux rencontre le véritable amour, l’autre devra partir. Et quand Renata rencontre Dino le vrai-faux-ménage vacille…

Sherlock Holmes (série télévisée) – Épisode : The Case of The Royal Murder .  Réalisation de Steve Previn. Avec Lise Bourdin (La princesse Antonia),

Les anges aux mains noires (Titre original : La ladra), de Mario Bonnard. Scénario et adaptation de Mario Bonnard et Vittorio Nino Novarese.  Avec Lise Bourdin (Anna Giuntini), Henri Vilbert, Fausto Tozzi…

  • Résumé de l’intrigue: Un jeune orphelin, Sifflet, vit de rapines avec un forain qui le cède à un individu. Celui-ci est  chargé de recruter des petits malheureux pour les employer dans une entreprise de ramonage dont une des ressources est de cambrioler les maisons où on introduit les enfants qui doivent nettoyer les cheminées.

1957

Ariane (Titre original : Love in the afternoon), de Billy Wilder. Scénario et adaptation de Billy Wilder et A.L. Diamond. Avec Lise Bourdin  (Madame X, la maîtresse de Flannagan, interprété par Gary Cooper), Audrey Hepburn, Gary Cooper, Maurice Chevalier, Moustache, Jean Ozenne…

  • Résumé de l’intrigue: Claude Chavasse, veuf et détective privé, habite un modeste appartement du Vème arrondissement de paris, avec sa fille Ariane, élève au conservatoire de musique. Il reçoit Monsieur X, un client qui lui a confié la mission d’épier les faits et gestes de sa femme qu’il soupçonne d’avoir une liaison extraconjugale. Lorsque Claude lui confirme l’adultère de son épouse avec Frank Flannagan, célèbre homme d’affaires américain, inlassable don Juan, qui loue toujours la même suite au Ritz lors de ses séjours parisiens, Monsieur X déclare son intention d’aller au Ritz tuer son rival. Ariane, séduite par la prestance de Flannagan qu’elle voit fréquemment dans les magazines, veut le prévenir: elle se rend au Ritz. Comme le mari est déjà sur les lieux, un stratagème s’impose dans l’urgence : Ariane prend la place de Madame X qui n’a que le temps de s’échapper par la fenêtre quand son mari fait irruption, revolver en main. Lorsqu’il découvre Ariane en lieu et place de sa femme, Monsieur X est apaisé et confus. Flanagan, lui, est séduit, Ariane est « convoquée » pour le lendemain après-midi. Pour se mettre au diapason du séducteur blasé, qui affirme détaler comme un lièvre devant les midinettes trop enflammées, Ariane s’invente un personnage d’aventurière collectionnant les amants sans jamais s’attacher. Frank est captivé, bientôt captif même, d’autant plus que la belle refuse de dévoiler son identité (sachant que son prénom commence par la lettre « A », il la surnomme « Adolphe » ou « Brindille) et tous deux se retrouvent régulièrement l’après-midi lorsque Flannagan est à Paris. La supercherie d’Ariane est éventée par son père alerté par les mensonges qu’elle accumule. Comprenant qu’Ariane est amoureuse de Flannagan, Claude révèle la vérité à ce dernier qui, pris de scrupule, envisage de fuir. Mais sur le marchepied du train, définitivement conquis par sa conquête, en larmes sur le quai, il l’enlève…(Extrait de Wikipedia).

► Voir la bande annonce du film:

◘ La rivière des trois jonques,  d’André Pergament. Scénario et adaptation de Solange Térac. Avec Lise Bourdin  (la princesse Tchélia Bruskoi), Dominique Wilms, Jean Gaven, Howard Vernon, Robert Dalban, Paul Bisciglia…

  • Résumé de l’intrigue: Au Vietnam, les services secrets soupçonnant des activités illicites pratiquées par la Princesse Tchélia Bruskoï et son associé Igor Kourguine, kidnappent la nouvelle secrétaire qui devait se présenter chez ces derniers pour la remplacer par l’agent secret Monique. Celle-ci se met rapidement à la recherche d’indices, mais sa présence provoque la zizanie chez le couple, Igor tente de courtiser Monique et la Princesse devient jalouse. Aidée par les services secrets qui lui fournissent des gadgets pour écouter les conversations (y compris téléphoniques) elle finit par apprendre l’existence d’un mystérieux rendez-vous mais sans en savoir plus. Elle entend également les cris d’une servante que l’on torture, parce que celle-ci prenait en sténo des notes de conversation. Le capitaine Campion qui dirige la mission finit par se faire repérer par les autorités locales et est prié de quitter le pays, celui-ci tente en vain de faire partager ses soupons mais les locaux refusent de l’entendre faute de preuves. Le chef de la police convoque également Monique en lui demandant sous un prétexte futile de quitter le pays. En attendant le bateau qui l’exfiltrera elle reste prisonnière sur un cargo. Elle s’évade par le hublot et rejoint le chef de la mission à la nage. Repartant chez le couple de trafiquants, elle se fait piéger, ces derniers ayant trouvé dans sa chambre du matériel d’espionnage. Elle parvient à s’enfuir à temps alors que les services secrets cernent la demeure, mais le couple s’échappe. Monique en faisant un effort de mémoire pense pouvoir identifier le fameux « contact », un antiquaire, elle se rend sur les lieux avec l’agent Brichet, mais il est trop tard, il ne trouve qu’un cadavre dans les poches duquel ils prélèvent un papier griffonné qui les conduira sur le bateau où le couple tente de s’échapper, la police cette fois convaincue de la culpabilité du couple aidera les agents secrets à se débarrasser des malfaiteurs.(extrait de Wikipedia)

C’est une fille de Paname, de Henri Lepage.  Scénario et adaptation de Maurice Juven. Avec Lise Bourdin (Jeanne), Philippe Lemaire, Danielle Goddet, Jacques Dynam, Jacques Castelot, Madeleine Barbulée, …

  • Résumé de l’intrigue: Jeune compositeur, Jacques s’est pris d’amitié pour son petit voisin de palier, Pierrot, à qui il enseigne le piano. Une grande amitié naît bientôt entre Jacques et Jeanne, la maman de Pierrot. Un imprésario, Jean-François, fait signer à Jacques un contrat dont le principal bénéficiaire est le peu scrupuleux Jean Paget qui, après avoir été l’amant de Liane, la fille de Jean-François, veut l’épouser uniquement par intérêt. Une passion réciproque unit bientôt Liane et Jacques qui songent à se marier et la jeune femme fait disparaître le contrat qui oblige Jacques à abandonner les bénéfices et le succès de son oeuvre à Jean Paget. Ce dernier, pour se venger et empêcher l’union de son rival avec Liane, révèle au jeune compositeur le passé de celle qu’il veut épouser : Pierrot est son fils et le fils de Liane, non celui de Jeanne. De nouvelles complications surgissent entre ces différents personnages au moment où Liane veut reprendre à Jeanne l’enfant que cette dernière a élevé avec tendresse. Au terme des pénibles explications qui s’ensuivent, Jeanne et Jacques s’aperçoivent qu’ils s’aiment. Liane s’effacera et ils pourront s’épouser.(© Fiches du Cinéma – site Unifrance.org)

◘ Ces dames préfèrent le mambo, de Bernard Borderie.  Scénario et adaptation de Bernard Borderie et Jacques Vilfrid. Avec Lise Bourdin (Claire, la maîtresse rousse de Legrand), Eddy Constantine, Lino Ventura, Pascal Roberts, Jacques Castelot, Véronique Zuber, Jean Murat, Georges Géret…

  • Résumé de l’intrigue: Burt Brickford, capitaine déserteur de la marine américaine échoué dans un port d’Amérique du Sud, loue ses services pour survivre. Perez, un trafiquant de drogue, fait appel à lui pour commander le yacht d’Henry, sur lequel embarque un groupe de soi-disant chercheurs de trésor…

1958

Un soir à la Scala (Titre original : Disperato addio, d’Erik Ode. Avec Lise Bourdin (Yvette de Motestan) Caterina Valente, Gerhard Riedmann, Silvio Francesco…

  • Résumé de l’intrigue: Yvette, qui avait des dons de cantatrice, a promis a son mari, lors de leur mariage, de renoncer à sa vocation. Cependant, elle n’a pas tenu parole et sous le nom de Gloria del Castro, elle chante et elle est célèbre. Sa principale crainte est que son mari ne finisse par  découvrir la vérité.

1959

Quai des illusions,  d’Émile Couzinet . Scénario et adaptation d’Émile Couzinet. Avec Lise Bourdin (Lise Vincent), Gaby Morlay, Louis Seigner, Fausto Tozzi, Alexandre Rignault…

  • Résumé de l’intrigue: Lise s’ennuie chez ses parents et trouve un travail de serveuse. Elle rencontre un marin, Fausto, qui la quitte pour fuir la police. Elle donne néanmoins naissance a un bébé qui meurt peu après. Désemparée, elle vole un enfant sans parents dans une maternité. Arrêtée et jugée, elle sera acquittée avant de retrouver Fausto qui a été innocenté.

Espions en uniformes (Titre original : The last Blitzkrieg) d’Arthur Dreifuss . Scénario et adaptation d’Arthur Dreifuss . Avec Lise Bourdin (Monique), Van Johnson, Kerwin Mathews, Dick York…

  • Résumé de l’intrigue: Durant la Seconde guerre mondiale, des soldats allemands se font passer pour des soldats américains afin de mieux les espionner.

GALERIE DE PHOTOS

Sur le tournage du film La fille du fleuve
Lise Bourdin et Élisa Lamotte à Cannes (1954)

Lise Bourdin sans date ni lieu

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ciné révélation
▲ Lise Bourdin, à la une de nombreux magazines, en France, en  Italie, en Allemagne, dans les années 1950…▼

Lise Bourdin Eddy Constantine

Lise Bourdin bolero film 5 décembre 1954

Festival Lise Bourdin

Lise Bourdin magazine polonais 1958
…et même en Pologne, à l’époque de la guerre froide.

 téléchargement

• Dans son édition du 18 juillet 2017 (Page Allier), La Montagne a consacré une page au « Fabuleux destin de Lise Bourdin« , avec un article signé par le journaliste Guillaume Bellavoine, accompagné d’un montage photographique réalisé par Florian Salesse:  « Après une enfance et une adolescence à Néris-les-Bains et à Vichy,  Lise Bourdin a connu une vie singulière. Modèle français le plus photographié après la guerre, elle a joué au cinéma avec Gary Cooper« 

Lise Bourdin LMT 1
▲ © La Montagne Centre France (18 juillet 2017) ▼

Lise Bourdin LMT 2

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