L’ACTUALITÉ DES AUTEURS, DES ÉDITEURS ET DES MÉDIAS: N° 11 (JANVIER – FÉVRIER 2018)

ARTICLE MIS À JOUR : 14 MARS  2018

Cette rubrique  bimestrielle  couvre la période de  janvier – février 2018. Elle sera régulièrement actualisée jusqu’au 28 février. N’hésitez donc pas à y revenir  pour profiter des compléments qui y sont apportés  et des nouvelles informations.

Contact: allier-infos@sfr.fr

 

DU CÔTÉ DES AUTEURS

 

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◘ JACQUELINE PELLETIER-DOISY (1924-2018)

img088◄ Jacqueline Pelletier-Doisy est décédée le 13 janvier, à l’âge de 94 ans.  Ses obsèques ont été célébrées le 18 janvier, en l’église de Meaulne. Elle était née le 3 janvier 1924, à Tunis, où son père, le futur  général d’aviation Georges Pelletier-Doisy, dit Pivolo (1892-1953), était en garnison. As de la Grand guerre, il était  un pionnier de l’aéronautique. C’est lui qui  accomplit le tout premier vol Paris-Casablanca en 1922, suivi du premier vol Paris-Tokyo, en vingt étapes,  deux ans plus tard.Pour l’occasion, il avait choisi de baptiser son avion Jacqueline, prénom de la future écrivaine, qui n’avait alors quelques mois.   Côté paternel, Jacqueline Pelletier Doisy appartenait à une ancienne famille enracinée dans le Boischaut berrichon, dont on retrouve les traces dès le XVIIè siècle.  Côté maternel, ses origines étaient provençales, avec la famille Trussy, qui s’est illustrée avec  Marius Trussy, poète  et membre du Félibrige, au côté de Frédéric Mistral.

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Paris-Tokyo, un exploit de Pivolo, en vingt étapes, en 1924, aux commandes d’un avion baptisé “Jacqueline

• Après avoir passé son enfance au château de Champmatouin, propriété familiale  à Saulzais-le-Potier (Cher), elle avait fait ses études au lycée de Montluçon. En 1941, elle avait quitté la vallée du Cher pour rejoindre Alger, où son père commandait alors un groupe de transport militaire. Après le débarquement anglo-américain de novembre 1942, en Afrique du nord,  elle avait fait le choix à seulement 18 ans, de s’engager dans les formations féminines de l’air (F.F.A.). Devenue  infirmière militaire au Maroc puis promue lieutenant, elle avait ensuite dirigé une école d’officiers féminins, à Saint-Germain-en-Laye.

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Saulzais-le-Potier, village  d’enfance de Jacqueline Pelletier-Doisy

• Démobilisée à  sa demande en 1948, Jacqueline Pelletier-Doisy qui partageait son temps entre le domaine de Champmatouin, aux portes de la forêt de Tronçais, et la campagne entre Senlis et Chantilly, avait choisi de se consacrer à la littérature, romanesque et poétique. C’est d’ailleurs la vente du domaine familial, à la mort de son père, qui l’avait poussée à entrer en littérature :étang d ela breureLorsque fut vendu Champmatouin, notre maison de famille, et que je connus alors un sentiment d’exil, c’est l’écriture qui me permit de recréer le paradis perdu, écrivait-elle. J’ai fait de mon pays le héros de mes romans, autant et plus peut-être que les personnages qui les animent, laboureurs liant leurs bœufs au joug,  bûcherons dans les tailles, chasseurs passant au galop dans les sous-bois ».

En 1960, elle avait publié aux éditions René Julliard son tout premier roman, L’étang de la Breure (Grand prix littéraire de la ville de Bourges en 1962). Un roman qui  connut par la suite plusieurs rééditions, y compris en poche. Quelques années plus tard, Jacqueline Pelletier-Doisy avait écrit une suite, intitulée Le domaine de Hautefragne (1967,  Julliard). Ces deux romans devaient être  adaptés ensuite en feuilleton pour la première chaîne de télévision qui les diffusa quotidiennement à partir du 13 août 1973.  Les 30 épisodes  d’une quinzaine de minutes chacun avaient été réalisés par Claude Grimberg, avec une adaptation de Roger Boussinot. D’autres romans devaient suivre: Au printemps Tipasa (1971, Julliard) couronné par le prix de l’académie du Vernet,  Les étés de Persanges (1985, Plon), ainsi qu’un  recueil de nouvelles, La Font-Sarrazin (1976, Plon). L’une d’entre elles, Thérèse, fit elle aussi  l’objet d’une adaptation pour la télévision.

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L’adaptation de “L‘étang de la Breure” en feuilleton télévisé, auquel le magazine Télé 7 Jours consacre deux pages en août 1973

• Jacqueline Pelletier-Doisy aimait aussi taquiner la Muse et on lui doit plusieurs recueils de poésie : Lumières et ombres (1975, éditions des Cahiers bourbonnais), avec des illustrations de R. Mazuel, Jean Bougret, François  Cacheux, Jacques Gaulme et d’autres.  Ce sera ensuite Paysages (Cahiers bourbonnais, 1990). Un autre de ses  centres d’intérêt  était les contes du terroir avec la publication des  Contes du Berry, récits du  folklore berrichon, illustrés par   Jacques A. Poirier (éditions Hachette, 1978), précédant  Les contes du Bourbonnais, récits du folklore bourbonnais,  illustrés par Ginette Hoffmanmeyer, Catherine Nouvelle et Danièle Schulthess (Hachette, 1980).

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Prix Allen 1999

• En 1998, elle avait rédigé les textes accompagnant les photos d’Aline Héraudet, dans Tronçais, les saisons de la forêt (éditions des Cahiers bourbonnais), couronné par le prix Allen  1999. La même année, elle avait publié aux éditions du Félin, dans la collection Lieux de France, un livre  sobrement intitulé L’Allier. L’éditeur le présentait ainsi:  “Ce livre n’est pas un guide pour touristes, ni un essai littéraire sur un département qui a inspiré nombre d’écrivains. C’est le livre de la convivialité. Une suite de promenades dans la forêt de Tronçais, la vallée de l’Aumance, le vignoble de Saint-Pourçain, en Combraille… De longues flâneries à Moulins, Vichy, Montluçon. Avec des haltes, des rencontres, des personnages familiers qui agrémentent les visites, disent leur savoir, initient à un art perdu ou confient une recette de cuisine. Jacqueline Pelletier Doisy a le goût du bonheur et le communique au lecteur”…  Elle avait aussi confié  régulièrement des textes à la revue Les Cahiers bourbonnais : Retour à la vallée du Cher (n° 43), Le dernier repas (n° 60), Plaidoyer pour un terroir (n° 77), dont ou trouvera le reproduction ci-dessous,  Les chênes de Tronçais (n° 117), Les frontaliers (n° 122),  Les bœufs de notre enfance (n°128) et Douce vallée (n° 144).

863425171• Jacqueline Pelletier-Doisy avait épousé en 1950 Pierre Delachaux, un jeune ingénieur. De cette union étaient nés quatre enfants. C’est en 1982, à la retraite de son époux, qu’elle avait pu  renouer avec le Bourbonnais, en venant se fixer à Meaulne. Dans son Anthologie des poètes bourbonnais, René Varennes écrit à ce propos de ce retour: “ C’est dans ce village, au nom duquel il est difficile de ne pas associer celui d’Alain-Fournier, que se terminent le voyage et l’aventure, parents de l’inspiration et de la poésie. Mais le retour dans la province de son enfance  s’appelle aussi “le retour aux sources”. À cheval sur la frontière qui sépare – ou qui unit –  le Berry et le Bourbonnais, Jacqueline Pelletier-Doisy (pouvait) à la fois se souvenir et – parce qu’elle possède la volonté – entrer dans une nouvelle phase de l’écriture”.

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© Les Cahiers bourbonnais (n°77 – 1er trimestre 1976)

Savoir plus:

Maurice Malleret: Encyclopédie des auteurs du pays montluçonnais et de leurs œuvres (de 1440 à 1994), éditions des Cahiers bourbonnais,1994.

René Varennes, Germaine Gozard: 175 poètes bourbonnais. Anthologie de 1302 à l’époque contemporaine, éditée par L’Union des poètes bourbonnais, 1988.

LMT Titre 9 février• Trois semaines après la disparition de Jacqueline Pelletier-Doisy, on a appris que l’un de ses enfants, Guillaume Delachaux, “amoureux de la vallée du Cher, entre Berry et Bourbonnais”,  avait décidé de faire don d’un montant de 204 000 € à sa commune de résidence, Meaulne-Vitray. Cette somme, qui représente entre le tiers et la moitié de la capacité annuelle d’investissement de la commune, sera consacrée à la création d’un centre socioculturel, dans une maison attenante à l’église. Par ce geste, il explique avoir souhaité rendre hommage à sa mère, “berrichonne-bourbonnaise convaincue”,  qui lui a transmis la passion de l’écriture, ajoutant que, “de plus en plus, ce qui n’est pas donné est perdu. Seul ce qui est partagé est gagné ”. Une fois le projet abouti, le centre socioculturel  sera baptisé centre Jacqueline Pelletier-Doisy Delachaux en hommage à ses parents.  L’histoire pourrait ne pas s’arrêter là, avec un autre projet de création  d’une maison d’artiste à Meaulne.

 

◘ ALBERT LONDRES :

“LES FORÇATS DE LA ROUTE” SUR SCÈNE…

s-l500• Sur la scène du studio théâtre de la Comédie Française, du 21 février au 11 mars 2018,  Nicolas Lormeau a choisi de transposer Les Forçats de la route, ou Tour de France, Tour de souffrances un des titres phares d’Albert Londres. Cette œuvre essentielle de la littérature cycliste, qui fait  le récit des premières heures du Tour de France, le comédien l’interprète seul sur scène, pendant une heure et demie, en se glissant dans la peau d’Albert Londres… Savoir plus

 

PRIX LITTÉRAIRES

 

SYLVAIN FORGE

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 PRIX DU QUAI DES ORFÈVRES 2018

• Pour  Sylvain Forge, né en 1971 à Vichy, la troisième tentative aura été la bonne. Il a décroché  le prix du Quai des orfèvres 2018, le “Goncourt du roman policier” pour son thriller intitulé Tension extrême ( éditions Fayard, 408 p., 8,90 €).  Le prix lui a été remis par le directeur de la P.J. parisienne, Christian Saint. De quoi pousser son éditeur à programmer un tirage à 100 000 exemplaires.

• À travers ce roman, l’auteur a voulu montrer que les technologies nouvelles changent le visage du crime, mais aussi les techniques d’enquête :  « Aux limites du virtuel et de la réalité, les nouvelles technologies conduisent parfois à la folie ! Des cyber-attaques paralysent la PJ de Nantes, infiltrent l’intimité des policiers et cernent une ville où le moindre objet connecté peut devenir une arme mortelle. Alors que les victimes s’accumulent, une jeune commissaire à peine sortie de l’école et son adjointe issue du « 36 » affrontent ensemble un ennemi invisible », peut-on lire sur le site de son éditeur. Toutes les polices spécialisées seront mobilisées pour neutraliser la nouvelle menace de la science complice du crime. Au-delà de la couverture médiatique qu’a suscitée le prix, Sylvain Forge espère que ce sera aussi une opportunité pour les lecteurs de découvrir ses cinq précédents romans, parmi lesquels Le vallon des Parques dont l’action se déroule dans les années 1940, entre la Montagne bourbonnaise et Vichy. 

 

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LAURÉAT DU PRIX ÉMILE-GUILLAUMIN 

 Jean-Michel Delaveau, auquel on doit déjà Franchir l’Allier – à la découverte de 130 ponts, paru en 2010, est le lauréat du  prix Émile-Guillaumin 2017, qui lui a été officiellement remis le 9 mars Il couronne son dernier livre   La Tiretaine, rivière secrète du Grand Clermont. (376 p, illustrations, éd. des Monts d’Auvergne, 39,90 €). Cet ouvrage, qui avait fait l’objet d’une première édition il y a quelques années,  se divise en 7 grandes parties :

ACTU_TIRETAINE-5bis►  L’espace de vie de la Tiretaine  évoque les caractéristiques originales de son bassin versant découlant de la géologie, des premiers détournements liés au volcanisme, puis du relief résultant. Il présente la structure du réseau hydrographique naturel de la Tiretaine, tel que l’ont trouvé nos lointains ancêtres.

Ses liens de voisinage  déroule les premières relations qui se sont établies entre la Tiretaine et ses riverains. Cette partie décline les fonctions de l’eau véhiculée par la rivière ainsi que les différents usages que les Clermontois en ont faits, dans une relative harmonie, lors des dix-huit premiers siècles de notre ère.

372_001_royat-centre-thermal-et-touristiue-un-coin-pittoresque-dans-la-vallee-cascades-de-la-tiretaine9-scan-recto-verso-ma2034Vers la rupture…  aborde un tournant. Ces relations, du fait d’un enchaînement d’événements économiques, sociaux, environnementaux voire culturels, durant les deux derniers siècles, vont se détériorer. La rivière se retrouve surexploitée, polluée, discréditée, condamnée, rejetée à un tel point que la seule solution trouvée est de la faire disparaître de la vue et de la mémoire collective.

►Quels remèdes ?  décline les domaines d’actions prioritaires pour tenter de redresser cet état de santé et de renouer les liens rompus. Sécurité, qualité, patrimoine naturel, gestion globale constituent les principaux axes de projets à mettre en œuvre à l’échelle du bassin de la Tiretaine.

453_001_63-royat-cascade-de-la-tiretaine-ttb-a-voir►Pronostic pour demain  conclut sur une épreuve : retisser le lien à la rivière, c’est-à-dire rapprocher la ville de son patrimoine naturel aquatique en sursis, et lui dessiner un avenir. Malgré le fait que l’eau soit omniprésente dans le sous-sol, Clermont est une ville d’eau qui s’ignore. Par delà des rêves et utopies, des décisions urgentes sont à prendre pour répondre aux réglementations en vigueur. Un autre défi à ne pas négliger est de capitaliser et de transmettre la mémoire de cette relation inconsciente entre le cours d’eau et ses riverains.

► Carnet de balades  s’inscrit dans le programme de guérison. Il est prouvé que pour un malade, les visites des proches d’une part, et sa convalescence avec vue sur la nature d’autre part, participent à l’amélioration plus rapide de son état de santé physique mais surtout mentale. Seize circuits de balades sont proposés pour rencontrer la rivière, deviner sa présence, découvrir mille aspects méconnus de son territoire.

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Enfin,  Des indices supplémentaires  donne des clés pour faciliter la lecture d’un livre qui pourrait être jugé un peu trop technique, voire trouver d’autres pistes pour percer des secrets non dévoilés jusqu’à présent. 

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La Montagne (14 mars 2018)

 

◘ LA SOCIOLOGUE JULIETTE RENNES

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PRIX ERNEST-MONTUSÈS  2017

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Juliette Rennes

• Le prix Ernest-Montusès 2017 a été décerné à Juliette Rennes, sociologue et  maîtresse de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales, depuis 2010. La remise officielle s’est déroulée le 9 février à la médiathèque de Domérat. Ses recherches et ses enseignements portent sur l’histoire des discours et des représentations visuelles, ainsi que sur la sociologie du genre et des professions. Elle a notamment publié Le mérite et la nature. Une controverse républicaine, l’accès des femmes aux professions de prestige, 1880-1940 (Paris, Fayard, 2007). Ce prix  couronne, avec quelques années de retard,  son livre Femmes en métiers d’hommes, publié en 2013 par les éditions Bleu Autour, que dirige Patrice Rötig.  Cet album de 220 pages,  illustré de plus de 300  cartes postales (des photos extraites de reportages, des dessins, des caricatures…),  met en valeur des femmes exerçant des métiers d’hommes, à la Belle Époque. Elles sont avocates, doctoresses, colleuses d’affiches, cochères ou charpentières comme la célèbre Juliette Caron, travaillant à la construction de la caserne Richemont, à Montluçon, peu avant la Grande guerre. Elle est alors l’unique femme présente au milieu d’un chantier qui emploie des dizaines d’hommes.

Rennes• À travers ce foisonnement d’images qui montrent “des femmes héroïsées, érotisées ou parfois ridiculisées”, on perçoit aussi le débat sans fin, à la belle époque du féminisme et de l’antiféminisme, sur le droit et la capacité des femmes à exercer des métiers historiquement masculins. Un débat suffisamment porteur pour que les éditeurs de cartes postales s’en soient emparé. Ces images permettent aujourd’hui  une double exploration inédite : d’abord celle de mondes professionnels qui commencent à s’ouvrir aux femmes, mais aussi celle des espoirs et des craintes que suscitent ces nouvelles figures, ces “femmes de l’avenir”.

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Juliette Caron, née en 1882, charpentière (1912)

• Lors de la parution de l’ouvrage, on pouvait lire dans Le Monde (12 décembre 2013), sous la plume de  Jean Birnbaum : “Déjà auteure d’un essai classique consacré à ce sujet (Le Mérite et la Nature, Fayard, 2007), la jeune chercheuse en sciences politiques éclaire les résistances que la société opposa aux femmes qui prétendaient exercer des “ métiers d’hommes ”. Préfacé par l’historienne Michelle Perrot, son livre mobilise un magnifique fonds de cartes postales, souvent satiriques, où se perçoit la panique suscitée par ces “ femmes nouvelles ”, devenues avocates ou cochères…Mais ces images en viennent parfois, aussi, à refléter l’évolution des mentalités : l’émancipation, alors, n’est plus vécue comme une invasion. Et on accepte progressivement ces Femmes en métiers d’hommes qui n’ont pas fini de faire vaciller nos sociétés”.

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Juliette Rennes : Femmes en métiers d’hommes (cartes postales 1890-1920). Préface de Michelle Perrot. 1 vol. br, 300 illustrations, éd. Bleu Autour, collection D’un regard l’autre, 29 €.

► Présentation de Femmes en métiers d’hommes par l’auteure.

Savoir plus: Biographie et bibliographie de Juliette Rennes

 

•  PRIX NATIONAL DU DOCUMENT LITTÉRAIRE:

DEUX LAURÉATS EN 2017

e698ff83-0cd3-4342-8953-b480677536e3-zoom• Parmi la cinquantaine d’auteurs invités en 2017 par Sylvain Beltram-Lamy, les sociétaires du Petit théâtre impérial de Vichy avaient sélectionné 36 livres. Faute de pouvoir les départager, ils ont choisi d’attribuer le Prix national du document littéraire 2017 à deux auteurs classés ex aequo : Jacques Pessis, journaliste, auteur et réalisateur, pour sa biographie Sacha Guitry, c’était la belle vie (éd. Librairie Vuibert) et Christhos  Markogiannakis, auteur et criminologue, pour Scènes de crimes au Louvre (éd. Le Passage).

• PRIX MÉDIATION CLERMONT AUVERGNE

DÉCERNÉ À CLAIRE BONNELLE

téléchargement• Le 26 janvier, à Clermont-Ferrand, dans les salons de l’Hôtel de ville, l’Association Prix Médiation Clermont Auvergne (APMCA) a distingué Claire Bonnelle. Travaillant depuis 2005 dans un service pour des médiations familiales, judiciaires ou conventionnelles de la Drôme, est l’auteure de  La dynamique du conflit au coeur de la pratique d’une médiatrice familiale (éd. Erès, 2016, 286 p., 25 €).  Selon elle, comprendre ce qui se passe dans la dynamique conflictuelle permet d’intervenir efficacement dans les conflits interpersonnels. Elle  décrit ce conflit en tant que processus d’interaction dans sa forme et son déroulement. Elle l’analyse du point de vue du médiateur,sans jugement sur les personnes, ni sur le contenu des allégations.

 

◘ AGIR EN PAYS JALIGNOIS

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Agir en pays jalignois, qui compte une centaine d’adhérents, a présenté ses prochaines manifestations. Du 13 février au 14 mars, l’association  participera à l’exposition Le bestiaire des pieds dans l’eau, avec des panneaux consacrés à René Fallet et à sa passion pour la pêche. Les Journées littéraires connaîtront leur 30ème édition les 9 et 10 juin, à Jaligny. Dès le 17 mars, seront présentés au public les livres qui concourront au prix René Fallet, choisis parmi une cinquantaine de premiers romans, écrits par des auteurs de moins de 40 ans. Précédant la remise des prix littéraires, le samedi 9 juin, au cinéma  René-Fallet, à Dompierre-sur-Besbre sera projeté  Le triporteur. Réalisé en 1957 par Jacques Pinoteau, d’après le  roman de Fallet,  ce film qui remporta un gros succès populaire, avait pour interprète principal Dary Cowl.

 

◘ ASSOCIATION SIMENON EN BOURBONNAISSIMENON Facebook

UN PROGRAMME 2018 AUSSI RICHE QUE VARIÉ

Simenon• L’Association Simenon en Bourbonnais, créée fin 2017,  a détaillé les manifestations qu’elle va organiser au fil de l’année. Elles s’articuleront autour des quatre romans ayant un lien avec le Bourbonnais. Avec L’Affaire Saint-Fiacre, ce sera en juin  un rendez-vous à Paray-le-Frésil, mais aussi à Bourbon-l’Archambault, là où a été tourné en 1979 un téléfilm de la série des Maigret, avec Jean Richard. Les Inconnus dans la maison permettront une déambulation dans la ville de Moulins, tandis que Maigret à Vichy sera évoqué à la médiathèque Valéry-Larbaud avec déambulation à Vichy sur les traces du commissaire et de Mme Lange. Enfin, Deuxième bureau sera évoqué à Chevagnes, lieu où se situe l’action du roman.

45542• D’autres dates ont été dévoilées. Du 28 mai au 6 juin, au centre culturel de Bourbon-l’Archambault, sera présentée l’exposition À la découverte de Georges Simenon. Elle sera complétée, le 29 mai, par une conférence sur Simenon, toujours  au centre culturel et, le 31 mai, le film L’Affaire Saint-Fiacre, sera projeté au cinéma du centre culturel.Le 2 juin, au départ de Bourbon-l’Archambault, sera organisée une  balade à vélo et en automobile, en direction du château de la Coulombiére à Saint-Aubin-le-Monial. Le lendemain,  3 juin, aura lieu une déambulation dans Bourbon-l’Archambault sur les lieux de tournage avec des anecdotes, légendes et histoires.  Le 10 juin, autour du roman Les Inconnus dans la maison l’association proposera une déambulation dans Moulins sous l’égide du service patrimoine de la ville.

Saint Fiacre• Le 16 juin, aura lieu une balade à vélo, au départ de Chevagnes, intitulée Deuxième bureau. Le lendemain, une déambulation à Paray-le-Frésil sera, en principe, suivie de la projection gratuite du film Simenon, Maigret et le Marquis. Enfin, du 12 au 22 septembre, à la médiathèque Valéry-Larbaud, à Vichy, on pourra voir l’exposition A la découverte de Georges Simenon avec projection non-stop de Maigret à Vichy. Autres initiatives : des lectures nomades dans la station thermale, au départ du kiosque des Bourrins, les  15 et 16 septembre, ainsi que la, projection de Simenon, Maigret et le Marquis en partenariat avec le ciné-club de Vichy.

Sans titreContact : Joël Talon : 06.03.61.56.61.  Site  Association Lacme03

Savoir plus: Maigret et le Bourbonnais

 

◘ ROLAND FLEURY SUCCÈDE À GUY COISSARD

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À LA PRÉSIDENCE DE PRÉ-TEXTES

• Guy Coissard, après avoir assumé pendant presque une décennie, la présidence de Pré-Textes, association qui œuvre pour la promotion de la littérature du Bourbonnais, a transmis le relais à Roland Fleury, lors de l’assemblée générale tenue début février. Un passage de témoin  qui ne signifie pas départ puisqu’il restera vice-président.

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Guy COISSARD

• La variété des actions menées en 2017 et des  projets évoqués pour 2018 ont témoigné du dynamisme de l’association en faveur de la littérature dans l’Allier. Parmi les actions régulièrement poursuivies, figurent notamment  la lecture “ critique” de manuscrits d’auteurs non connus ainsi que  la réédition de romans d’auteurs bourbonnais autrefois célèbres et aujourd’hui oubliés. Parmi eux, on trouve Jules Hippolyte Percher (1857-1895), alias Harry Alis, écrivain et  journaliste, né à Couleuvre, dont Petite ville vient d’être réédité. Le prochain pourrait être Cet âge est sans pitié d’Henri Laville. Instituteur, écrivain et journaliste, né en 1915 à Corbigny, il est  décédé en 1958, à Yzeure, à seulement 42 ans. La promotion des œuvres de Jeanne Cressanges, présidente d’honneur de Pré-Textes, est également à l’actif de l’association qui continuera d’organiser ses  Caravanes littéraires accueillant de nombreux auteurs, artisans et associations liées au livre. La 7ème édition se déroulera à Yzeure, le dimanche 29 avril, sur le thème Roman historique et histoire en Bourbonnais. Des contacts sont en cours pour la participation d’écrivains de renommée nationale et la venue d’auteurs de départements voisins.

Contact. 04.70.20.08.11 ou pretextes.asso@hotmail.fr

 

◘ RENTRÉE LITTÉRAIRE 2017 prix-litteraires-2017-dossier

LE TOP  10 DES ROMANS LES PLUS VENDUS

 • Beaucoup d’appelés mais peu d’élus… Sur les 581 romans de la rentrée littéraire de  2017,  publiés entre août et octobre, seuls 43 ont été classés au moins une fois dans la liste des meilleures ventes hebdomadaires de la revue professionnelle Livres Hebdo, du 25 août au 3 décembre.  Parmi ces 43 “élus”, qui  se sont vendus à 1 392 000 exemplaires, soit 200 000 de moins qu’en 2016, on n’en compte que 5 qui ont réussi à dépasser le seuil des 80 000 exemplaires. Selon Livres Hebdo (n° 1154 – 15 décembre 2017), il y a bien eu un véritable effet prix littéraire puisque, sur  les 10 meilleures ventes,  quatre romans ont été lauréats d’un prix d’automne: Goncourt (L’ordre du jour),  Goncourt des lycéens (L’art de perdre),  Femina (La serpe) et Renaudot (La disparition de Joseph Mengele).Tableau prix littéraires

• Les prix Médicis (Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel, Gallimard) et  de l’Académie française (Mécaniques du Chaos, de Daniel Rondeau, Grasset) se sont révélés moins porteurs. Le premier ne pointe qu’à la 25ème place avec 14 800 exemplaires vendus, et le second à la 27ème place, avec  14 600 exemplaires. Underground-railroad Globalement, éditeurs et libraires  jugent que “la rentrée a été médiocre avec une baisse globale des ventes par rapport à l’an dernier: 3 romans en moins ont percé dans les meilleures ventes hebdomadaires et le total d’exemplaires vendus est en baisse de 12,5%”.

• Autre enseignement de cette étude : Underground Railroad (Albin Michel), roman de  Colson Whitehead est le livre étranger qui a été  le plus vendu (41 000 exemplaires) tandis que David Lopez avec Fief (Seuil) qui figure en 38ème position arrive en tête des  premiers romans les plus vendus, avec 9 400 exemplaires. Dans la même catégorie on trouve à la 42ème place  Innocence d’Éva Ionesco (Grasset, 6 500 exemplaires), suivi de Mon père, ma mère et Sheila, d’Éric Romand (Stock, 6 000 exemplaires).

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Le premier roman de David Lopez , 38ème parmi les meilleures ventes

• Dans le classement des meilleures ventes par éditeur, Madrigall (Gallimard, Flammarion…) affiche à la fois le plus grand nombre  de titres (12) et le plus grand nombre d’exemplaires vendus (24%). Si en nombre de titres  Madrigall distance assez nettement ses concurrents tels que Hachette (Grasset, Stock, Lattès…) avec 9 titres  ou Actes Sud avec 6 titres, il n’en est pas de même pour le nombre d’exemplaires vendus : Madrigall se retrouve talonné par Albin Michel (23% des ventes) et  Actes Sud (22%). Quant au groupe Hachette, il se classe au 4ème rang des ventes, avec 15%. La revue Livres Hebdo note aussi que sur les 43 titres arrivés en tête des ventes,  32 sont des romans français. 26 ont pour auteurs des romanciers et 17 des romancières, avec un âge moyen de 51 ans. Le benjamin du classement est François-Henri Désérable (30 ans) et le doyen J.M.G. Le Clézio.

 

◘ POLÉMIQUE…

MICHEL DÉON:  REPOSERA 

DANS UN CIMETIÈRE PARISIEN 

• Il y a plus d’un an, le 28 décembre 2016, l’écrivain Michel Déon, ex-membre des Hussards, académicien et longtemps membre du jury du prix Valery-Larbaud, est décédé à Galway en Irlande, où il résidait. Il était âgé de 97 ans et Vu du Bourbonnais s’était fait l’écho de sa disparition.

• ACTE I…

téléchargement• Depuis, des proches de l’écrivain ainsi que l’Académie française avaient émis le souhait que ses cendres puissent  reposer dans un cimetière parisien. Une demande à laquelle, dans un premier temps,  la Mairie de Paris a répondu négativement. Le 12 février, pour éteindre les polémiques éventuelles, Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris en charge des affaires funéraires, avait d’abord rappelé, en s’appuyant sur  le Code général des collectivités territoriales que « Devant la mort, l’égalité en droits s’applique, que l’on soit une personnalité publique ou non, que l’on soit membre de l’Académie française ou non« .  Or, selon elle, Michel Déon ne répondait à aucune des quatre situations qui lui auraient permis de reposer dans un cimetière de la capitale : il n’y est pas décédé, il n’y était pas domicilié, il n’y possédait  pas de sépulture familiale et, enfin, il n’y était pas inscrit sur les listes électorales.

• ACTE II…

Sans titrdeon• Des explications qui n’ont apparemment pas convaincu: “Les Antigones déonistes ne sont pas dupes”…pouvait-on lire sur le site l’Obs . L’article, intitulé “Pourquoi Anne Hidalgo refuse une sépulture à Michel Déon”   passait en revue, avec un brin d’ironie leurs arguments. Ce serait   en réalité par pure idéologie qu’Anne Hidalgo, maire de Paris, aurait opposé une fin de non-recevoir à la demande de la famille de l’écrivain, demande appuyée par Hélène Carrère-d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française. Ils en voient la preuve dans le fait que Susan Sontag, l’intellectuelle américaine, née et morte à New York, a bien pu être enterrée au cimetière du Montparnasse.

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“Une admiration intacte pour Maurras”

• “C’est que Déon, lui, n’avait pas franchement le cœur à gauche, ajoute L’Obs (…). Collaborateur de l’Action française pendant la Seconde Guerre mondiale, affilié aux Hussards (pas franchement des écrivains bolchéviques), l’auteur de Un taxi mauve et des Poneys sauvages a gardé intacte toute sa vie son admiration pour Charles Maurras”. Outre Etienne de Montety qui a signé un éditorial dans le Figaro (14 février) pour demander à la mairie de Paris “un beau geste d’humanité”, une pétition a été lancée sur le site change.org demandant “au (sic) Maire de Paris d’autoriser l’accueil de l’urne funéraire dans un cimetière parisien et de permettre la constitution d’une pierre tombale permettant à la famille, aux amis, et aux lecteurs de Michel Déon de perpétuer dignement son souvenir”. Autre soutien, Denis Tillinac est revenu dans une vidéo sur la polémique, expliquant pourquoi selon lui l’écrivain doit être inhumé à Paris.

• ACTE III ET DÉNOUEMENT…

509_001• Finalement, le 19 février, Anne Hidalgo, a informé Alice Déon, la fille de l’écrivain, qu’elle avait demandé aux services municipaux  de trouver une sépulture parisienne pour Michel Déon” : “ Je partage donc l’idée selon laquelle Michel Déon devrait trouver à Paris la sépulture à laquelle son œuvre le destine”, écrit-elle en  soulignant toutefois  “ les difficultés objectives” liées  “au décalage entre 5 000 demandes et 150 places disponibles chaque année  dans les cimetières de Paris”.

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Au Père-Lachaise ou ailleurs…

• Auparavant, un texte signé par une centaine d’écrivains et d’éditeurs, parmi lesquels Antoine Gallimard, Michel Houellebecq ou Amélie Nothomb avait été adressé à  la mairie de Paris :  “La décision de la mairie de Paris, pouvait-on lire,  empêche depuis plus d’un an la famille de Michel Déon d’honorer la mémoire d’un homme qui fut aussi un bel écrivain. Elle a provoqué une réaction aussi puissante qu’inattendue parmi les lecteurs de Déon, et au-delà : il leur semblait que la ville où reposent Balzac, Musset, Breton, Wilde faisait à l’un de leurs pairs un bien mauvais accueil” . Il reste à déterminer quel cimetière accueillera les cendres de l’écrivain.  Fin de la polémique, donc…Enfin, en  principe.

 

JEAN-PIERRE SIMÉONtéléchargement (2)

PREND LA  TÊTE DE LA COLLECTION POÉSIE/GALLIMARD

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André Velter

• Le 1er janvier 2018, André  Velter, qui dirigeait depuis vingt ans la collection Poésie/Gallimard, a transmis le flambeau à Jean-Pierre Siméon, jusqu’alors responsable du Printemps des poètes. Poète et dramaturge, né en 1950, ce dernier est agrégé de lettres modernes. Il a enseigné à l’IUFM de Clemont-Ferrand et il est l’auteur d’une œuvre aussi abondante que variée. On lui doit  quatorze  recueils de poèmes, mais aussi sept romans, onze livres pour la jeunesse et seize pièces de théâtre. Plusieurs de ses ouvrages ont été couronnés par de multiples prix. Il a aussi collaboré à diverses revues de création littéraire (CommuneJungleFaites entrer l’infiniLes Cahiers de l’Archipel,…), tout en  codirigeant, avec Jean-Marie Barnaud, la collection  Grands Fonds  chez Cheyne éditeur. À partir de 1996, il s’est intéressé au théâtre. Pendant six ans, il a été  « poète associé » au Centre Dramatique National de Reims avant de rejoindre le  Théâtre National Populaire, à Villeurbanne, toujours en tant que « poète associé », puis comme dramaturge.

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Jean-Pierre Siméon

• Selon les éditions Gallimard, Jean-Pierre Siméon “entend s’inscrire dans la continuité d’André Velter, aussi bien en ce qui concerne le grand patrimoine poétique universel que le domaine moderne et contemporain en ouvrant la collection, comme cela a été initié par son prédécesseur, à des œuvres marquantes de la poésie d’aujourd’hui ”. Quant à André Velter, tout en se réjouissant de voir Jean-Pierre Siméon lui succéder, il s’est expliqué sur les raisons de son départ : « Vingt ans est un bail plus que suffisant et, même si je ne ressens aucune lassitude, il était temps de tourner tant de pages, le plus harmonieusement, le plus légèrement et le plus joyeusement possible »

 

◘ HUBERTINE AUCLERT (1848-1914)arton117

UN COLLECTIF POUR HONORER SA MÉMOIRE 

 • Le collectif Hubertine-Auclert, fondé en mai 2017, compte aujourd’hui une soixantaine de membres. Parmi ses objectifs, figure la célébration le 28 avril 2018 du 170ème anniversaire de la naissance d’Hubertine Auclert. Née le 6 avril 1848, à Saint-Priest-en-Murat, elle est décédée à Paris le 8 avril 1914. Après une enfance passée dans un pensionnat tenu par des Sœurs, puis un bref séjour au couvent, elle s’est engagée dans la lutte  pour les droits des femmes et l’égalité avec les hommes.voeux2014_cha_recto_ld

• Ses écrits, sa force et sa détermination, seront au centre de la journée qui lui sera consacrée par le collectif, le samedi 28 avril. Pour ses membres, « Hubertine Auclert a eu ses engagements et ses combats au XIXè siècle, mais ils sont très actuels. Sur le fond, rien n’est gagné. Il  faut toujours être en veille, car les choses peuvent régresser ». En témoignent des enseignants qui évoquent des comportements encore parfois très durs entre filles et garçons, avec “beaucoup d’insultes et d’irrespect envers les filles parce qu’elles sont filles”. Face à ce qu’il appelle  « l’illusion de l’égalité »,  le collectif Hubertine-Auclert entend engager  la discussion sur l’égalité réelle, en balayant tous les sujets, que ce soit sur les salaires,la représentation politique, la garde des enfants…La liste est loin d’être close.

Hubertine Auclert, qui s’illustra notamment le 3 mai 1904, lors d’une manifestation au cours de laquelle les Suffragettes  envahirent une section de vote parisienne, avant de s’emparer de l’urne électorale, a laissé plusieurs écrits, dont plusieurs sont en accès libre sur le site de la BnF : Le droit politique des femmes (1878),  Égalité sociale et politique de la femme et de l’homme, discours prononcé au congrès ouvrier de Marseille (1879), Le vote des femmes, Les femmes arabes en Algérie (1900). Ce dernier titre été réédité en 2010 par les éditions de L’Harmattan. Signalons  aussi un ouvrage posthume, publié en 1926, Les femmes au gouvernement. Enfin, Hubertine Auclert est l’auteure  de la préface  d’un livre signé  Draigu (anagramme de Léon Giraud), Le roman de la femme chrétienne (1880).

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© Retronews BnF Gallica

• Les Amis de Montluçon ont programmé une conférence intitulée “Et elle refusa de payer ses impôts pour obtenir le droit de vote des femmes … Hubertine Auclert”. Elle sera présentée par Georges Costecalde,  vendredi 9 février, à 18 h 00, salle Salicis, rue Lavoisier, à Montluçon (entrée libre).  Toujours à l’occasion du 170ème anniversaire de sa naissance, le 26 mai, à 18 h 00, au musée Anne-de-Beaujeu, à Moulins, Danièle Bonnet présentera une conférence sur Hubertine Auclert.

À Consulter sur le site de la BnF: Hubertine Auclert, la lutte pour les femmes.

Pour contacter le  Collectif Hubertine-Auclert : 7 rue Mandon 03210 Marigny Mail : collectifhauclert@gmail.comFacebook: Collectif Hubertine Auclert.

 

◘ UN ALBUM DE CARICATURES À PARAÎTRE

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• La Société d’histoire et d’archéologie de Vichy et des environs  a annoncé la publication prochaine d’un  album de caricatures, intitulé  Cures d’eaux et réjouissances publiques… à Vichy et ses environs de 1850 à 2000. Pour ce faire, un appel à souscription a été lancé en janvier.

SHAVE Logo• La caricature,  dont les  origines sont très anciennes, a connu son plein épanouissement au XIXème siècle. La ville thermale a représenté une source abondante d’inspiration pour les artistes qui ont croqué les  célébrités diverses cosmopolites, les curistes hétéroclites, les autochtones pittoresques… Ils se sont exprimés à travers la presse locale ou nationale, les cartes postales humoristiques, les albums illustrés, ou des dessins et gouaches parfois restés inédits. L’intérêt de cet ouvrage sera de  réunir et de  proposer une sélection des meilleures de ces caricatures, déclinées en quatre grands thèmes: En cure,  La vie politique locale à travers la presse, suivi de  La vie quotidienne sous l’État français  et d’une série de   Portraits-charge de personnalités vichyssoises.

Descriptif: Le livre comportera  96 pages en couleur et réunira  environ 120 reproductions (format 17/23 cm à la française, sous  couverture souple en couleurs, avec rabats, reliure cousue, dos carré). Il est en souscription au prix de 12 € jusqu’au 28 février (15 € à la parution prévue le 27 avril 2018).

 

◘ DANIEL VERNET (1945-2018),

UNE CARRIÈRE QUI DÉBUTE À LA MONTAGNE

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POUR S’ACHEVER AU JOURNAL LE MONDESans titre logo

• Le journaliste Daniel Vernet, ancien  directeur de la rédaction du journal Le Monde, est décédé le 15 février, à Paris, des suites d’une crise cardiaque. Né à Chamalières, le 23 mai 1945,  il était diplômé de l’institut d’études politiques et il avait obtenu sa carte de presse en 1969.VERNET Il avait écrit ses premiers articles pour La Montagne, entre la fin des années 1960 et le début des années 1970, d’abord comme simple localier, puis comme chef d’édition et journaliste politique.  Il avait aussi collaboré à la Compagnie française d’édition qui publiait des journaux et magazines industriels.  Le 1er janvier 1973, il avait rejoint la rédaction du journal  Le Monde qui était alors dirigé par Jacques Fauvet,  comme rédacteur au service étranger. Le 1er août de la même année, il avait été nommé  correspondant à Bonn, avant d’occuper la même fonction à Moscou (1977-1981) puis à Londres (1981-1983).  De retour à Paris,  il était devenu chef adjoint du service étranger en 1983 puis rédacteur en chef en 1985. Cinq ans plus tard, André Fontaine l’avait nommé  directeur de la rédaction, assisté de deux rédacteurs en chef, Bruno Frappat et Claude Sales.

Le Monde - Copie• À partir de 1991, il avait mis toutes ses qualités et sa connaissance du monde  au service d’une chronique internationale dans laquelle il commentait l’actualité étrangère.  Un poste qu’il aura occupé jusqu’en janvier 2009, dans une période riche en événements politiques intérieurs et extérieurs, mais aussi dans un temps marqué par des turbulences au sein du quotidien de la rue des Italiens. Après son départ, il avait continué à écrire, en collaborant notamment à Slate, le site d’information crée par Jean-Marie Colombani, un des anciens directeurs du Monde.

• Daniel Vernet était par ailleurs l’auteur de nombreux livres, parmi lesquels Vivre à Moscou, des deux côtés du miroir (1984), URSS (1990), La renaissance allemande  (1992),  Le rêve sacrifié (1994) et Le roman de Berlin. “ Daniel Vernet était un de ces journalistes qui marquent l’histoire  d’une rédaction, écrit Jérôme Fénoglio, directeur du Monde (…). Il était une référence pour la finesse du regard qu’il portait sur les événements de la planète et la pertinence qu’il déployait dans chaque article, dans chaque discussion, au gré des postes qu’il a occupés

◘ DENIS TILLINAC : 

“JE N’AIME QUE LE PASSÉ

• Début février, Denis Tillinac a fait un crochet par Vichy, pour la promotion de son dernier roman, Caractériel (éd. Albin Michel, 15 €). Une ville qu’il connaît bien pour y être arrivé à l’âge de 14 ans et qui lui a laissé de nombreux souvenirs d’adolescence. Certains n’ont pas manqué de resurgir, à l’occasion des rencontres faites lors d’une séance de dédicaces à la Grande Librairie. “Ce besoin de renouer avec son passé est justement le thème (de son) nouveau roman autobiographique (qui) aborde la jeunesse turbulente de l’écrivain à Paris, soit dans la période antérieure à son arrivée à Vichy”, écrit Florian Gallant dans La Montagne.

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• Les Vichyssois qui l’ont côtoyé après cette étape parisienne devraient se consoler rapidement car il sera question de la station thermale dans son prochain roman : “Il parlera de cette période de ma vie  où j’ai su que je ne deviendrais jamais adulte et où je me suis construit pour devenir l’homme que je suis aujourd’hui”. Quant à la nostalgie, Denis Tillinac dit l’assumer pleinement : “Je n’aime que le passé, l’avenir ne m’intéresse pas et me dépasse”. Rappelons que Denis Tillinac est impliqué dans la presse bourbonnaise, en tant qu’ actionnaire, aux côtés de Jean de Charon, des éditions de la Semaine qui publient l’hebdomadaire La semaine de l’Allier. 

 

◘ ALBERT BONNEAU (1898-1967) 

UN GRAND MAÎTRE DU ROMAN POPULAIRE

• Dans les Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, (2016-2017), figure un article consacré à  “ Albert Bonneau, 1898-1967,  l’écrivain aux mille romans”, signé par Odile Bonneau.

ob_46bf8b_bonneau• Si Albert  Bonneau – né à Moulins en 1898 – est bien bourbonnais, tant par sa branche paternelle que par son ascendance maternelle, il n’en a pas moins des origines creusoises : la famille de l’épouse de son grand père paternel était établie à Chambon-sur-Voueize depuis plusieurs générations.  Son premier roman Nicolas la Tempête, frère de la Côte parut en 1926 aux éditions Jules Tallandier. Ce devait être  le début d’une grande carrière d’écrivain populaire et d’une collaboration intense qui dura jusqu’à la fin de sa vie. La jeunesse de Catamount, premier titre des 72 aventures du héros qui le rendit célèbre, vit le jour en 1938. En 1944, Albert Bonneau  commença la publication de la  série ds 190 aventures en BD du Petit Riquet reporter. Atteint de la maladie de Parkinson, Albert Bonneau mourut le 24 janvier 1967 à Chambon-sur-Voueize. Il a écrit plus de 500 romans et il peut être considéré comme l’un des derniers représentants du roman d’aventure classique, ainsi que de la grande littérature populaire. Environ 25 titres sont actuellement réédités. L’Association des amis d’Albert Bonneau (175 rue de Bourgogne,Moulins) maintient son souvenir.

À lire: Gilles BARILLIER, Marcel CHAMEAU et Pascal JONARD : Sur la piste d’Albert Bonneau, écrivain populaire. Ouvrage publié en 2014  par l’association des Amis d’Albert Bonneau (196 pages. 25 € franco).

 

◘ RUBIROSA ?… RUBIROSA…LE NOM D’UN MODÈLE

DE POIVRIER…OUI, MAIS PAS QUE…

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Rubirosa et Danielle Darrieux

 • Tombeau pour Rubirosa…C’est le titre qu’à choisi l’historien Cédric Meletta pour sa biographie romancée du célèbre playboy dominicain, qui épousa d’abord la fille du dictature Trujillo, avant de jeter son dévolu sur  la comédienne Danielle Darrieux et de l’épouser, à son tour, en septembre 1942, à la mairie de Vichy… Un épisode que Vu du Bourbonnais a largement évoqué par ailleurs.  Le couple devait se séparer en 1947. Dans Livres Hebdo (n° 1159), Olivier Morny écrit : “ Cédric Meletta restitue avec Porfirio Rubirosa, tout à la fois playboy, diplomate, homme de main d’un dictateur, joueur, noceur, espion, gigolo et pilote de course, un monde englouti. Si son entrée sur scène, c’est-à-dire pour l’essentiel dans le lit de différentes dames, demeure incertaine, il faut bien reconnaître que Porfirio Rubirosa n’a pas raté sa sortie”. Une allusion à l’accident qui lui coûta la vie, le 5 juillet 1965, lorsque sa Ferrari s’écrasa contre un arbre du Bois de Boulogne, “après une nuit de bamboche”. Le critique salue dans ce livre “une fascinante et inspirée promenade biographique” d’un homme  qui “ passa plus de temps en France que partout ailleurs (et qui) était partout chez lui, pour peu qu’il y ait des femmes, des boissons fortes et de somptueuses propriétés pour l’accueillir”. Outre Danielle Darrieux, Marilyn Monroe, Ava Gardner, Zsa Zsa Gabor ou Hélène Rochas ont figuré à son “palmarès ”. Bref, un homme qui “ne s’embarrassait pas à l’excès de scrupules moraux” et qui “ fricotera donc avec les nazis et Vichy”.

9782840497172• De son côté, l’éditeur présente ainsi l’ouvrage :  “Faire de sa vie une œuvre d’art”. Avec Porfirio Rubirosa (1909-1965), le mot d’Oscar Wilde semble avoir trouvé son incarnation. Rubirosa le diplomate, ambassadeur de la République dominicaine. Rubirosa le pilote de course, de jet privé. Rubirosa le musicien et le matador amateur, à ces heures qu’on dit perdues. Appelons-le : Rubi. Rubi, c’est la vie. Haute, cosmopolite. Celle du “plus grand play-boy du XXe siècle”. Rubi, c’est l’envie. Envie de plaire au monde entier, d’Aly Khan à Zsa Zsa Gabor, en passant par Danielle Darrieux, les Kennedy ou Marilyn. Mais aussi un James Bond en eaux troubles, le gendre du satrape Trujillo, l’ami des dictateurs au gré des ambassades. Berlin (1936), Vichy (1940), l’Argentine de Perón (1948), le Cuba révolutionnaire (1958-1959). Rubi, c’est surtout la nuit. Celle des cocktails, du dancefloor et des orgasmes à répétition. Alors, Rubi, simple gigolo, fainéant céleste au sexe colossal toujours bandé vers l’ailleurs ? Au-delà des clichés, a-t-on vraiment tout dit sur ce gentilhomme aux dix mille femmes ? Taillé à la démesure de son personnage, le récit de Cédric Meletta est une épopée brûlante au coeur de la high life du siècle dernier, dont Rubi reste à jamais l’une des figures les plus emblématiques.

Tombeau pour Rubirosa: 1 vol. br, 464 p, éd. Séguier, 22 €.

 

  JEAN D’ORMESSON (1925-2017) :

DES LIENS AVEC LE BOURBONNAIS ET L’AUVERGNE

Jean_d'Ormesson_italia• Le comte Jean d’Ormesson, écrivain, né à Paris en 1925, reçu à l’Académie française en 1973, est mort dans la nuit du 4 au 5 décembre 2017. Il était issu d’une ancienne famille de noblesse de robe, dont un représentant, Olivier Lefèvre d’Ormesson (1849-1923) fut préfet de l’Allier de décembre 1877 à mars 1879. Il eut un fils, le comte Wladimir d’Ormesson (1888-1973), ambassadeur de France, membre de l’Académie française, oncle de Jean d’Ormesson. Il y eut aussi Antoine François de Paule Le Fèvre d’Ormesson (1651-1712) qui fut successivement intendant des généralités de Rennes, Riom et Soissons. Il  a laissé des Mémoires sur l’état de la généralité de Riom en 1697 dressés pour l’instruction du duc de Bourgogne. Ce texte a été publié, avec une appareil de notes établies par Abel Poitrineau (1924-2013), professeur d’histoire moderne à l’université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand, Institut d’études du Massif central, 205 p.).

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L’ancien lycée Blaise-Pascal

•  Dans son roman autobiographique Je dirai malgré tout que cette vie fut belle (éditions Gallimard, 1974), Jean d’Ormesson rappelait qu’il avait passé quelques mois en Auvergne, ayant été inscrit en classe de 1ère au lycée Blaise Pascal. Il séjournait alors avec sa mère dans une pension, à Royat.

Le 27 octobre 1974, à Moulins,  il avait présidé la 36ème   séance publique de la Société d’émulation du Bourbonnais. Dans le Bulletin de cette société, (année 1974, p. 429), on peut lire : « M. d’Ormesson prend la parole pour rappeler les liens qui l’unissent à Moulins : liens personnels et liens de famille, le tout dans une improvisation dont nous sommes heureux de donner l’essentiel enregistré ». Cette causerie occupe les pages 429 à 438.

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Jean d’Ormesson lors du Grand débat à Vichy en avril 2015

Le 14 octobre 2014,  il était venu à Vichy pour un Entretien public à l’Aletti Palace, dont La Montagne (15 octobre 2014) avait publié un compte-rendu.  Il devait y revenir en avril 2015  pour un Grand débat au Théâtre Opéra (La Montagne 4 et 12  avril 2015), peu après son entrée dans la collection de la Pléiade, ce qui lui avait valu une ovation de part d’une  salle comble. Ajoutons que la Médiathèque de Vichy conserve plusieurs  lettres de Jean d’Ormesson :  7 lettres écrites entre 1959 et  1977,  adressées à  Michel Dard (1903-1979), ainsi que  9 lettres rédigées entre 1970 et  1978, à destination de Roger Caillois.

 

◘ ROGER MARTINI (1924-2018)

UN AUTEUR FIDÈLE AUX ÉDITIONS DE LA VEYTIZOU

img127• Roger Martini, auteur de plusieurs ouvrages,  tous publiés entre  2006 et 2017 aux éditions de la Veytizou, est décédé le 5 février, à l’âge de 93 ans. Fils d’un maçon parisien, il était né le 18 décembre 1924 à Fontenay-sous-Bois et  il avait fait carrière dans la police, avant de se retirer dans le Périgord. Mettant à profit sa retraite, il avait publié son premier roman, Les enfants de la honte en  2006. Devaient suivre : La truffe noire (2008), La cheminée aux souvenirs (2011), La revanche de l’amour (2012),  Saltimbanques (2012). On lui doit aussi les quatre volumes de la saga  J’avais vingt ans en 1944 : Tome I – Les chemins malaisés (2014), Tome II – Les sentiers de la découverte (2015) Tome III –   La galère des trois rescapés (2016) et le Tome IV –  L’incroyable dénouement sorti en septembre 2017.Une saga dans laquelle il avait mis une grande part de son expérience personnelle, notamment en y incorporant ce qu’il appelait son  “expédition” dans l’Allemagne nazie, dans le cadre du S.T.O.

 

POLÉMIQUE (BIS)…

◘ RÉÉDITER OU PAS LES PAMPHLETS DE CÉLINE? images

GALLIMARD RENONCE…POUR L’INSTANT…

• Antoine Gallimard a annoncé, le 11 janvier, qu’il avait décidé de  suspendre le projet de réédition de trois  pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) : « Au nom de ma liberté d’éditeur et de ma sensibilité à mon époque, je suspends ce projet, jugeant que les conditions méthodologiques et mémorielles ne sont pas réunies pour l’envisager sereinement« . Ce projet  portait sur Bagatelles pour un massacre (1937), L’École des cadavres (1938) et Les beaux draps (1941), trois titres contre la réédition  desquels la veuve de l’écrivain, aujourd’hui âgée de 105 ans, avait jusqu’à présent toujours  mis son veto. L’annonce de cette éventuelle publication  avait suscité de très  vives réactions. Serge Klarsfeld, président de l’association des  Fils et filles de déportés juifs de France, s’en  était ainsi indigné en déclarant que  « La place centrale de Céline dans la littérature ne justifie pas de publier des écrits qui tombent sous le coup de la loi. »

• Initialement,  il avait été prévu de reprendre l’édition publiée en 2012 au Québec sous le titre Écrits polémiques, en y ajoutant simplement une préface  signée par l’écrivain et biographe Pierre Assouline.  Cette édition, dirigée par Régis Tettamanzi, professeur de littérature française du XXè siècle à l’université de Nantes, avait été jugée par nombre de spécialistes comme nettement insuffisante sur le plan historique,  accumulant “lacunes, à peu près et erreurs factuelles”. Le débat s’était alors focalisé entre  partisans de l’interdiction pure et simple de cette réédition (le point de vue défendu par Serge Klarsfeld) et ceux qui la jugeaient inutile, les pamphlets de Céline  étant faciles à trouver sur Internet. Quant à Pierre André Targuieff, historien et sociologue, auteur  d’un volumineux Céline, la race, le juif. Légende littéraire et vérité historique (éditions Fayard, 2017), il s’était élevé contre  le choix par Gallimard  de Régis Tettamanzi pour piloter la réédition.

• À l’inverse, dans un article paru dans Le Monde daté du 12 janvier, l’écrivain Yann Moix avait pris parti pour la réédition de ces pamphlets : « Tout « Céline » moins « les écrits antisémites », c’est inventer un Céline qui n’existe pas, n’a jamais existé, est une chimère, une licorne. Il fallait, dès après sa mort, en  1961, publier l’intégrale de l’œuvre dans « La Pléiade » et dans l’ordre chronologique ; le classement thématique (d’un côté les romans acceptables et géniaux, de l’autre les pamphlets inadmissibles et nauséeux) produit une idée fausse de l’homme qu’il fut.« 

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• La polémique est même remontée jusqu’au gouvernement. Pour le premier ministre, Édouard Philippe, s’il ne faut pas avoir peur de la publication,  elle doit être “ soigneusement l’accompagnée”. De son côté, Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, n’avait pas hésité à convoquer  Antoine Gallimard et Pierre Assouline, à  la mi-décembre. Françoise Nyssen, la ministre de la culture, elle-même éditrice, à la tête des éditions Actes Sud, avait d’abord choisi de ne pas s’exprimer, pour ne pas avoir à commenter le projet d’un confrère. Finalement, devant la polémique qui enflait, elle avait fini par  déclarer que “ la liberté d’édition est un principe absolu, même lorsqu’il s’agit de textes aussi haineux”, en ajoutant que “L’appendice critique est au centre  du projet d’édition”.

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La réédition des Décombres de Lucien Rebatet…L’exemple à suivre?

• C’est ce qui avait été fait en 2015 lors de la publication du Dossier Rebatet, comportant notamment le texte original et non expurgé des Décombres (éditions Robert Laffont, collection Bouquins), un pamphlet lui aussi gorgé d’antisémitisme. L’édition critique avait été confiée à Bénédicte Vergez-Chaignon, spécialiste de la France sous l’Occupation et l’Etat Français. L’ouvrage était accompagné d’un très important  ensemble de notes et d’une préface d’une cinquantaine de pages signée par un autre spécialiste, l’historien Pascal Ory,

• C’est aussi la solution qui a été choisie en Allemagne, à l’occasion de la réédition de Mein Kampf, d’Adolf Hitler, en janvier 2016. Le livre, tombé dans le domaine public en 2015, était accompagné d’un  imposant appareil critique élaboré par les spécialistes de L’institut d’Histoire contemporaine de Munich. Depuis sa sortie, il  s’est écoulé depuis à  près de 100 000 exemplaires. En France, les éditions Fayard ont confirmé leur projet de rééditer Mein Kampf, dans un délai de deux ans, avec une retraduction en cours réalisée par Olivier Mannoni. L’éditeur ne souhaite toutefois pas communiquer sur le sujet pour l’instant, afin de “préserver son équipe d’historiens et lui permettre d’avancer sans stress”.

 

• Face à la polémique, Antoine Gallimard dit avoir compris le message: « La très vive émotion  et les débats contradictoires  qu’a provoqués cette annonce rappellent en effet la nécessité d’une parfaite contextualisation de ces écrits, afin de nous préserver collectivement de toute  récupération  antisémite  ou  de toute  atténuation  de leur  ignominie. Je comprends et partage l’émotion des lecteurs que la perspective de cette réédition choque, blesse ou inquiète pour des raisons humaines et éthiques évidentes« . Il ajoutait toutefois : « Je trouve que le débat est un peu hystérique, un peu fou. Ce débat, peut-être qu’il faut l’avoir, mais en tout cas je proposerai qu’on l’ait le jour où l’édition que je ferai – si je fais cette édition – sera prête.(…) Les pamphlets de Céline appartiennent à l’histoire  de l’antisémitisme français le plus infâme. Mais les condamner à la censure fait obstacle à la pleine mise en lumière de leurs racines et de leur portée idéologiques et crée de la curiosité malsaine là où ne doit s’exercer que notre faculté de jugement ».

La décision de suspendre le projet a fait, elle aussi, débat. Pierre-André Targuieff s’est dit sceptique : “ Que signifie suspendre ? Est-ce remis à plus tard ? Mais alors à quand ? Et s’agira-t-il toujours de cette édition, disons, approximative”. Ce pourrait être selon lui  « une opération tactique » de Gallimard pour éteindre, provisoirement,  la polémique. Serge Klarsfeld, quant à lui, y voit  une renonciation totale, ajoutant que “aucun appareil critique, peu importe sa nature, n’aurait changé quoi que ce soit (car) les gens ne s’intéressent pas aux notes en bas de page”. Il n’en reste pas moins que pour Antoine Gallimard, “selon les conditions et circonstances”, cette réédition pourrait revenir sur le devant de la scène car, à ses  yeux, “le Céline pamphlétaire n’est pas dissociable du Céline écrivain”. On risque donc bien d’en entendre reparler d’ici à 2031. Cette année-là, 70 ans après sa mort, tous les écrits de Céline se retrouveront dans le domaine public.

EN BREF…

numérisation0001• Les Cahiers Albert Londres, ont publié leur premier numéro (octobre 2017), dont l’essentiel est consacré à Marseille. Au sommaire :  Éditorial (Bernard Cahier) – Un mot sur Albert Londres – Dossier Marseille (p. 7-94) : Marseille porte du sud est l’un des écrits majeurs de l’entre deux-guerres sur la cité phocéenne- Chronique du Prix Albert-Londres – À lire, à voir – Histoire et problématique du grand reportage – Bibliographie – L’espace associatif – L’équipe de l’Atelier Albert-Londres – Maison Albert-Londres.

ilarbau001p1◄ « Valery Larbaud dans le siècle : une éthique cosmopolite du temps de la guerre des nations ? », s’interroge Amélie Auzoux dans Romans et récits français, entre nationalisme et cosmopolitisme. (éditions Classiques Garnier, 2017). Selon elle,  Larbaud « s’est placé en marge de son siècle, en témoin discret de son temps » et  « la haine de la guerre et des nationalismes émerge à la frange de l’œuvre, des correspondances, des articles critiques ». Allen ébauche le dessein des « États-Unis d’Europe » sur la base du fédéralisme européen. Cet article n’aborde toutefois pas  le cosmopolitisme littéraire de Larbaud.

• GRAND DÉBAT  À VICHY: VIIIème ÉDITION 

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• Au palais des congrès de Vichy,   les 9 et 10 mars, se déroulera la 8ème édition du Grand débat.  Philippe Lapousterle en collaboration avec la Ville de Vichy réunira plusieurs  grands noms qui font l’actualité : Mazarine Pingeot :  Mère et fille face à l’engagement,la violence et les médias aujourd’hui Stéphane Bourgoin :  Dans la peau des tueurs en série  – Raphaël Glucksmann :  Quelles Frances possibles ?   – Laure Adler :  La longue marche des femmes  – Michel Lussault :  Quel monde demain …

Accéder au programme détaillé des 8èmes Rencontres de Vichy

 

• JEAN CLUZEL

DE BRANSAT À L’ACADÉMIE

• Dans La semaine de l’Allier (1er février), Jean-Baptiste Deberry a brossé le portrait de Jean Cluzel “ Enfant de Bransat, membre de l’Académie des sciences morales et politiques” (qui) “par ses actions a voulu faire de sa commune un carrefour de réflexions”.  Le journaliste revient sur son enfance à Bransat, ses études à Lyon et à Paris, avant ses débuts dans la vie professionnelle, puis dans la carrière politique: conseiller municipal de Saint-Pourçain en 1959,  conseiller général en 1967 puis président de l’assemblée départementale à plusieurs reprises, avant de rejoindre le Sénat entre 1967 et 1992 . L’article met aussi l’accent sur l’expérience des Carrefours de Bransat, après la création de Positions, “premier club provincial de réflexion et d’action”, à raison de 6 à 8 Carrefours par an. Une expérience qui reposait sur “l’esprit d’indépendance et l’ouverture”. Aujourd’hui âgé de 94 ans, Jean Cluzel qui est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, réside toujours au Marais, à Bransat, où sa famille est installée depuis 1825.

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© La Semaine de l’Allier (1er février 2018)

2577994Céline Maltère, née à Moulins, professeure de français au collège de Saint-Germain-des-Fossés, avait publié en 2016  Le cabinet du diable, roman (La Clef d’argent, 105 p., 6 €), Les corps glorieux, histoire de Kationa (La Clef d’argent, 294 p., 15 €)  et Scènes d’esprit et autres nouvelles (les Deux crânes, 135 p., 10 €). Avec Les nouvelles Charcutières (127 p., 9 €), elle ouvre une nouvelle collection, « L’Ange du bizarre » chez l’éditeur parisien Gingko.  Précision : L’auteure des Nouvelles charcutières  est … végétarienne.

9782754823364_1_75• Les élèves du Lycée Albert-Londres, à Vichy, ont reçu le 11 janvier, Emmanuel Lepage, créateur de bandes dessinées. Pendant plus de deux heures, il a échangé avec eux et répondu à leurs questions sur ses techniques, ses sources d’inspiration, ses voyages. Emmanuel Lepage a  publié, en collaboration avec Sophie Michel : Les Voyages d’Ulysse (éditions Daniel Maghen, 2016, 29 €). Son  dernier livre est intitulé Ar-men : l’enfer des enfers (éditions Futuropolis, 2017 – 21 €).

Noir-poésie• Claire DesthomasDemange, née en 1957 à Chamalières, a enseigné l’anglais au lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand. Fille d’André Desthomas, qui fut jadis une grande plume de La Montagne, elle préside le Cercle poétique Amélie-Murat. Son 5ème  ouvrage, Noir, paru en 2017 (éd. Musimot, 10 €) ,  est un touchant hommage à sa mère disparue. Il est composé de 10 textes d’une écriture fluide et spontanée.

maxresdefault (1)• René Pagis, né en 1948, ancien gendarme puis magistrat, récemment retraité, a publié deux livres en 2017 : Dans la salle des pas perdus (éditions de Borée, 201 p., 18, 90 €) et en dernier lieu : Tout le monde en prison (Édition de la Flandonnière – 5 €). Dans un entretien paru dans La Montagne, il estime que “les prisons n’ont aucun intérêt pour des gens qui ne sont pas dangereux. Il faut en évacuer un bon tiers, sortir ceux qui n’ont rien à y faire, soit pour des raisons psychiatriques, soit parce que les délits commis ne sont pas dangereux”.

les-secrets-d-une-election-impossible-9782221202951_0• Patrick Stefanini, administrateur civil et conseiller d’État (1998), a occupé de hautes fonctions notamment celle de préfet de la région Auvergne du 29 avril 2009 au 7 avril 2011. Il a été le directeur de campagne de François Fillon, lors des dernières élections présidentielles, jusqu’en mars 2017, date à laquelle il a choisi de démissionner. Cet épisode lui a inspiré un livre, coécrit  avec la journaliste Carole Barjon: Déflagration : dans le secret d’une élection impossible (R. Laffont, 21 €). Le 3 février, dans l’après-midi, Il a pu  rencontrer des lecteurs, à la librairie Les Volcans, à Clermont-Ferrand. Le même jour, à Montluçon, une quarantaine d’élus locaux et militants étaient venus  assister à sa conférence-dédicace.

83ac4aabd0• Jean-Noël Pancrazi avait obtenu le prix Valery-Larbaud en 1994 pour Le silence des passions (Gallimard). Son dernier livre Je voulais leur dire mon amour (éd. Gallimard, 134 p., 12,50 €) a fait l’objet d’un compte-rendu intitulé “ L’impossible retour , publié dans Figaro littéraire (1er février): “Cela faisait plus de 50 ans que je n’étais plus revenu en Algérie où j’étais né, d’où nous étions partis sans rien”, écrit l’auteur. Ce fut un voyage manqué. « Jean-Noël Pancrazi aurait pu écrire sur la bêtise et la haine, mais ce récit d’une puissance évocatrice rare – il parlera à l’oreille de tous – reste empreint de bonté et de beauté ».

• Jean Rolin vient de publier Le Traquet kurde (éd. P. O. L., 176 p., 15 €). Il avait été doublement distingué par les prix Albert-Londres 1988 et Valery-Larbaud 1989, pour son livre La ligne de front .

histoire-sto• Ancien lycéen clermontois, fils d’un conseiller municipal chamaliérois et ancien élève de l’École normale supérieure, Raphaël Spina, né en 1981, est aujourd’hui professeur agrégé à l’université d’Aix-en-Provence. Il s’est vu remettre le prix d’histoire 2017 de la Fondation Stéphane Bern. La cérémonie s’est déroulée à Paris, en présence de Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France, et de Brigitte Macron. Cette distinction lui a été attribuée pour son livre : Histoire du STO (éditions Perrin, 2017, 570 p. – 26 €). – Plus de 600 000 Français ont été envoyés en Allemagne au titre du STO ; il y eut prés de 250 000 réfractaires, dont 40 000 rejoignirent les maquis. Phénomène capital et pourtant largement ignoré, le STO a été victime de simplifications abusives. Selon son éditeur, c’est  un ouvrage important, surprenant et exhaustif sur un instrument emblématique de la Collaboration ” .

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Macha Meril et Michel Legrand

• La comédienne Macha Méril, née en 1940, est l’auteure de  Michel et moi (éditions Albin Michel, 2017, 197 p. – 15 €) dans lequel elle fait le récit de son histoire d’amour avec Michel Legrand, le compositeur, pianiste de jazz et chef d’orchestre de variétés bien connu. De  passage à Vichy pour une représentation à l’Opéra de la pièce de Stefan Zweig,  écrite en 1919, elle a présenté cet ouvrage au Petit théâtre impérial, le 18 novembre. À propos de la pièce mise en scène par Christophe Lidon et dans laquelle elle interprète le rôle Maria, la comédienne s’est dite « heureuse de jouer cette pièce qui ne prend pas les gens pour des crétins ! » (sic).

• BRÈVES DE COMPTOIR…

VERSION MONTLUÇONNAISE

Boulevard de Courtais Le Moderne La cigogne• Après plusieurs livres de photographies souvenirs sur le Montluçon des années 1960-70 et sur les sportifs montluçonnais, depuis la fin du XIXème siècle, Dominique Filleton vient de terminer son 5ème ouvrage, consacré aux brèves de comptoirs (éditions des Champs-Élysées – Philippe Chatel).  Il en a répertorié  874 au fil des 200 pages, agrémentées de photos anciennes du bar Le Moderne et de quelques-uns de ses clients emblématiques. Dans La semaine de l’Allier (18 janvier), il explique sa méthode de travail : “Pendant un mois, cet hiver,  je n’ai pas décollé de la banquette (du bar Le Moderne) et j’ai écouté les clients pour retranscrire leurs blagues”. Pour Jérôme Briffault, patron du bar, ce choix n’est pas le fruit du hasard : “Le Moderne a su toujours garder son âme, celle d’un lieu où se réunissent toutes les générations, toutes les classes sociales,  du chômeur au cadre, en passant par les retraités et les étudiants. Certains clients ont traversé (sic) leur vie au Moderne”.

• À Ebreuil, dans le cadre des Rencontres avec un auteur organisées par l’Andra. Josie Hack  a présenté son dernier livre Le crime du château de l’Ours : Lagarde enquête en Combrailles (249 p. – 15,50 €).  Elle l’a ensuite présenté le 10 décembre au Salon du livre de Combronde.

3553491◄ Jean-Luc Albert, né en 1955 à Issoire, possède une résidence à Bellenaves. Après avoir été professeur de droit public à l’université Lyon III- Jean Moulin de 2001 à 2011, il est depuis 2015 professeur de droit public à l’université d’Aix-Marseille.  La Revue d’Auvergne avait publié en 1984 la thèse qu’il avait soutenue en 1981 sur  La vie politique dans l’Allier sous la Ve République,  préfacée par le doyen René Chiroux (édition de la Revue d’Auvergne, 232 p.). Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages “pour public motivé” dont les plus récents sont  Finances publiques qui en est à sa 10ème  édition (Dalloz, 2017, 921 p., 31 €), et   La Cour des comptes : un pouvoir rédempteur ? , écrit en collaboration avec Thierry Lambert (éditions LGDJ, 2017, 177 p). Depuis le 26 novembre 2017, il assume pour trois ans la présidence de Fédération de l’Allier du MoDem, qui compte une petite centaine de militants.

• Didier Coudry, chanteur et écrivain qui habite Murat-le-Quaire, a publié son autobiographie dans La dernière meute (182 p., 20 €). À 64 ans, il continue de s ‘occuper de son association de promotion et de sensibilisation au bien-être des chiens huskis.

téléchargement (3)•  Le chanoine Kir (1876-1968), fut maire de Dijon et conseiller général à partir de 1945. De 1945 à 1967, il siégea également au Palais Bourbon, en tant que représentant de la Côte-d’Or. Les 24 et 25 novembre, à Vichy, au Petit théâtre impérial, Sylvain Beltran-Lamy, accompagné par le chansonnier et acteur  Pierre Douglas, a interprété sa pièce : Félix Kir, pour vous servir. Le nom du chanoine est passé à la postérité, non pas tant  pour son action politique, que pour l’appellation apéritif Kir. Pour en savoir plus sur cet élu atypique, on pourra  aussi  se reporter à l’ouvrage de Louis Devance : Le chanoine Kir : l’invention d’une légende (Éditions universitaires de Dijon, 2007, 471 p.).

andre_chassaigne_0•  Fin novembre, à Vichy, un public nombreux a assisté à la conférence donnée par le député P.C.F. du Puy-de-Dôme André Chassaigne. Il était  venu présenter son dernier livre : Et maintenant Monsieur le président ? 10 interpellations à Emmanuel Macron (éditions de l’Atelier, 93 p.) . Dans cet ouvrage, il  porte, comme on peut s’en douter, un regard critique sur le début du quinquennat d’Emmanuel Macron. La soirée s’est poursuivie par une séance de dédicace.

•  Joëlle Chevé, historienne, diplômée de l’université de Paris IV-Sorbonne, est l’auteure de  L’Élysée au féminin : de la IIe à la Ve République : entre devoir, pouvoir et désespoir (éditions du Rocher, 2017, 525 p., illustrations, 24 €).

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• Le 28 novembre 2017, à Vichy, elle a présenté les destins si particuliers d’une trentaine de ces “ premières dames” , l’expression datant de 1935. À propos de la dernière en fonction, Brigitte Macron, elle considère  que si sa « marge de manœuvre est très étroite », elle n’en connaît pas moins “les limites à ne pas dépasser”.

• Le Gannatois Michel Durant, vient de publier son sixième ouvrage, intitulé  Au feu les pompiers. C’est un roman basé sur des faits réels locaux. Invité au salon de thé Vit’chaud, à Gannat, il a répondu aux questions de l’assistance, nous apprend La Montagne (25 janvier).

41sT0frp55L._SX195_• Le roman jeunesse Génération K de Marine Carteron (Tome I, 2016, 302 p., 14 € – Tome 2, 2017, 317 p., 14,90 € – Tome III , 2017, 364 p., 14,90 €) a connu un réel succès et il a été  nominé pour la 5ème  édition du prix des Incorrigibles. Plus d’une cinquantaine de lycéens et collégiens,  réunis le 2 février à la Médiathèque de Vichy, ont rencontré l’auteure qui est enseignante.

• Colin Niel, spécialiste du polar, a publié en 2017  Obia : une enquête du capitaine Amato en Amazonie française (éd. Actes Sud, 563 p., 9,90 €) et Seules bêtes (éd. du Rouergue, 211 p., 19 €). Ce dernier livre fait partie de la sélection pour le Prix littéraire des lycéens et apprentis Auvergne-Rhône-Alpes. Fin janvier, l’auteur, reçu par les lycéens de la classe de seconde 10 du lycée de Presles, à Vichy, s’est prêté au jeu des questions-réponses.

BeziauPhoto-300x300• Jean-Yves Béziau, né en 1965, philosophe et logicien, installé récemment à Vichy, a notamment assuré la direction d’un ouvrage sur la sémiotique, les signes et symboles, intitulé : La pointure du symbole (éditions Pétra, 2014, 364 p., 28 €). Sous le patronage de l’Académie du Vernet, il a fait une conférence « facile à suivre même pour les non-spécialistes »  le 27 décembre, à l’Orée des Thermes, à Vichy. Il organisera en juin 2018, toujours  à Vichy, le 6ème  congrès international de logique universelle.

•  Le 6 décembre, Le Livre de ma mère d’Albert Cohen a été représenté à l’Opéra de Vichy, dans une mise en scène de Dominique Pitoiset, avec le comédien Patrick Timsit pour interpréter le rôle titre: « Ce qui m’a complètement embarqué, c’est notre itinéraire parallèle. Il débarque à l’âge de 5 ans à Marseille. Moi, à 2 ans, à Paris » (venant d’Alger). Cette adaptation a privilégié le style direct pour créer l’émotion.

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•  Le 13ème  Salon littéraire organisé par l’Association du Noël des romanciers d’Auvergne, que préside Christine Thomas-Chancel, s’est tenu le 10 décembre à Combronde, en présence d’une faible assistance de quelque 80 personnes.Les 18 auteurs venus de la région, « tous brillants » selon le président du jury Serge Camaille,  n’en ont pas moins présenté leurs livres,  comme Jean Audonnet, néo-romancier et retraité clermontois, ou la Berrichonne Françoise Miar-Muller, qui vient de signer un roman policier historique.

3548737◄  Pascal Pinel, de Louroux-de-Bouble,  avait publié en 2016, avec Karina Mitrecey Te dire je t’aime (59 p., illustrations). En 2017, il a récidivé avec un nouveau livre, Aux gars d’chez nous.  Il en a fait une présentation  en décembre à la librairie Ray à Saint-Pourçain-sur-Sioule et à la Maison de la presse à Gannat. Résumé de l’histoire: l’auteur retrouve la paire de sabot qu’il portait à vingt ans. C’est le prétexte d’un petit voyage dans son Bourbonnais intime. De l’échoppe du sabotier à Montaigu-le-Blin à la retraite de Villard-les-Bois (Coutansouze) en forêt des Colettes, en passant par Cindré, Charroux et Jaligny, il s’offre un pèlerinage atypique, évoque les chers disparus et rend hommage à ses racines en souhaitant faire résonner « les paysages intérieurs » du lecteur. Réalité et fiction se mêlent à plaisir dans ce récit qui se déroule entre 1988 et 2016. On y trouve, par exemple, les célèbres personnages romanesques de Fallet, le Glaude et la Bombé de La Soupe aux choux ou les Vieux de la vieille.

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Isabelle Chasaing, en  séance de  dédicace

•  En fouillant dans le grenier de la maison familiale à Ambert, Isabelle Chassaing, belle-fille du Dr Eugène Chassaing, a exhumé une série de 66 dessins d’enfants datant de 1917, parmi des milliers de lettres. À cette époque, l’idée avait été de faire réaliser des dessins par de jeunes élèves de 12 à 17 ans. Les documents ont été numérisés par les Archives départementales du Puy-de-Dôme. Ils ont le mérite de montrer des scènes de la vie quotidienne du début du XXe siècle et de donner à voir l’importance de la propagande anti-allemande au cours du confit. Un livre en a été tiré : Dessins d’élèves pendant la Grande Guerre (29,90 €, disponible à librairie des Volcans, à Clermont-Ferrand, ainsi qu’à Ambert et Thiers, ou par mail : pamavoyage@yahoo.fr)

9782714475008• Gilbert Bordes, membre de L’école de Brive, dont les deux derniers romans étaient ancrés dans le contemporain, a choisi de replonger ses lecteurs  dans le Moyen-Âge, avec L’année de la pluie (352 p, éditions Belfond, 20,90 €). Une période qu’il connaît bien et  qu’il a déjà explorée avec succès. Ce nouveau roman énigmatique a pour cadre historique le printemps 1316, sous le règne de Louis X. Dans un royaume noyé sous la pluie, le peuple crie famine, sur fond de malédiction des Templiers. C’est dans ce contexte que le roi fait appeler Eude de Breiville pour lui confier la mission de sauver deux enfants, Isabeau et Louis Molay sur lesquels pèse la lourde menace de l’oncle du roi. Ils sont les  descendants du grand maître des Templiers en personne…

• Pour la  journaliste Blandine Hutin-Mercier qui en rend compte dans La Montagne, L’année de la pluie est un “ Roman d’aventure et de grands sentiments, une fresque historique et épique (qui)  tient son lecteur en haleine, porté autant par la curiosité du cœur que du savoir, et par une écriture claire et précise, propre à décrire les travaux des champs comme les élans de l’âme. Jusqu’à la cristalline beauté d’une voix d’enfant s’élevant dans un chant”… La sortie de ce nouveau roman coïncide avec la publication de Au nom du bonheur, aux éditions Omnibus. L’ouvrage regroupe  cinq romans de Gilbert Bordes : La Maison des Houches, Le Cri du goéland, Le Chant du papillon, Le Barrage et La Tour de Malvent.

• Dans les Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse (2016-2017), Frédéric Gravier retrace le parcours de “Bernard Desthieux, Toulon, 3 octobre 1936 – Vichy 30 septembre 2016”. Bernard  Desthieux, diplômé de l’École supérieure d’agronomie Purpan de Toulouse en 1960, fut entre autres chargé de mission auprès du ministre André Chandernagor (1981-1983) et enseignant à l’université de Limoges.  François Mitterrand lui avait remis la Légion d’honneur en 1989. Il avait  publié dans les Cahiers bourbonnais deux articles consacrés à Jean Guitton  : Une mère dans sa vallée: les origines bourbonnaises et marchoises de Jean Guitton (n° 190, hiver 2004-2005), et Jean Guitton dans sa vallée: Marie-Louise, son épouse (n° 191, printemps 2005). Dans les Mémoires de la SSNAC, il avait publié une étude sur Champagnat, Fournoux, le château et ses hôtes (tome  46 – 1998), ainsi qu’une biographie de  Jean Desthieux (1895-1944) poète et humaniste  (tome 47 – 1999).

DU CÔTÉ DES ÉDITEURS

◘ 2017, DANS L’ÉDITION: ENTRE ANNÉE “APOCALYPTIQUE”, “HORRIBILIS” , “DÉSASTREUSE”…

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• VENTES ET CHIFFRE D’AFFAIRES EN BERNE…

• Lourds nuages, houle énorme, c’est sur une mer bien hostile que les éditeurs français ont dû naviguer en 2017 », écrit Nicole Vulser dans Le Monde  (12 janvier 2018). Une affirmation étayée par les “cris de détresse” des éditeurs, et non des moindres :“Un premier semestre apocalyptique” selon l’éditrice Héloïse d’Ormesson, Désastreux” pour Pierre Conte, directeur du géant Editis (Robert Laffont, Plon, La Découverte, Belfond…). Sébastien Rouault, directeur du panel Livres de l’institut GFK, utilise même  le terme de “Horribilis”,  en expliquant que “le marché a chuté de 6% en volume comme en chiffre d’affaires au cours des 6 premiers mois, du jamais vu”. Entre janvier et fin novembre 2017, le chiffre d’affaires de l’édition se serait ainsi  établi à 2,8 milliards €, soit une baisse de 3%. C’est vrai pour la littérature générale (- 3%), et encore plus vrai pour  la jeunesse (- 7%) ou le pôle Savoir qui regroupe Histoire, sciences humaine, beaux-arts  et dictionnaires (- 7%). Seule la BD affiche une croissance de 8,5% sur les 11 premiers mois. Une performance à mettre, en partie, sur le succès du denier album d’Astérix.

• UNE ANNÉE ÉLECTORALE QUI A TOUT DÉTRAQUÉ

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•  Au chapitre des explications, la campagne électorale et ses rebondissements, notamment l’affaire Fillon, ont “détraqué la fréquentation en librairie”. Si les années d’élections présidentielles sont certes  plutôt de mauvais crus pour l’édition, 2017 occupe une place particulière : avec le “Penélopegate”, “ La fiction avait lieu  dans la réalité, in vivo, de façon invraisemblable, si bien que le public est resté englué devant sa télévision”, explique Olivier Nora. Les élections ont aussi obligé à décaler plusieurs sorties de livres. De quoi provoquer ensuite un encombrement sur les tables des libraires qui ont dû absorber  “en deux mois (…) ce qui correspond habituellement à un an de production (soit) 30 à 40 best-sellers”.

• LES ÉDITEURS OU L’ART DE LA FUITE EN AVANT

•  Les éditeurs eux-mêmes ne sont pas exempts de toute responsabilité, en cherchant à contrer leurs concurrents : « Les livres se sont cannibalisés. Les libraires ont même manqué de temps en octobre pour ouvrir les cartons des nouveautés”, note Nicole Vulser. Dans un contexte de surproduction, qualifié parfois de véritable  “fuite en avantLaurent Laffont, patron des éditions Jean-Claude Lattès décrit une sorte de loi de la jungle : “ La concurrence s’exacerbe, même dans le polar.  Toutes les maisons d’édition s’y sont lancées et rivalisent  de façon saignante. Les morts sur le champ de bataille n’ont jamais été si nombreux”.

• ENTRE  RENTRÉE LITTÉRAIRE DÉCEVANTE ET BIPOLARISATION

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•  La rentrée littéraire, elle-même, s’est avérée décevante (voir Du Côté des écrivains) avec une chute des ventes de 200 000 exemplaires par rapport à 2016 pour les 46 meilleurs ventes comptabilisées entre fin août et début décembre 2017. Olivier Nora pointe une “bipolarisation” de plus en plus marquée entre un petit nombre, de plus en plus réduit de titres qui se vendent de plus en plus, et de l’autre “de plus en plus de titres qui se vendent de moins en moins”. Et d’ajouter que “derrière les baobabs que constituent les best-sellers, la déforestation générale se poursuit”. Autre plainte des éditeurs, la difficulté  croissante de « travailler dans la durée, d’imposer au fil du temps l’œuvre d’un écrivain”. Si les grands prix littéraires (sur les 2 000 recensés) permettent de doper les ventes des lauréats,  ils ont aussi un effet négatif, en balayant les autres nouveautés. Enfin, en 10 ans, le constat est cruel avec une baisse qui touche tout autant les ventes que le panier moyen d’achats en librairie.

• DES CIRCUITS DE DISTRIBUTION EN PLEINE MUTATION

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•  Derniers motifs de pessimisme, les circuits de ventes se sont métamorphosés. Si Amazone  a englouti au moins 20% du marché du livre,  hormis dans les espaces culturels Leclerc, le livre n’apparaît pas ou plus  comme un secteur prioritaire.  Le modèle France Loisirs, avec le dépôt de bilan du club, semble à bout de souffle. S’y ajoutent les incertitudes sur ce que sera la stratégie du nouveau groupe Fnac-Darty. De quoi entretenir  aussi les inquiétudes. Enfin, la concurrence entre la lecture, jugée parfois trop coûteuses,  et les autres loisirs est devenue indéniable. Et ce n’est plus toujours la littérature qui l’emporte en cas d’arbitrage.

• LE “GROS LECTEUR”,  ESPÈCE EN VOIE D’EXTINCTION

• Enfin, une espèce s’est éteinte, selon  Claude de Saint-Vincent, directeur de Média participation : c’est celle des “gros lecteurs, de ceux qui lisent tout Zola ”. Au final, avec ces clignotants qui s’allument de tout côté, on comprend que les éditeurs puissent parler “d’année désastreuse” pour qualifier 2017, ce qui ne les exonère toutefois pas d’une part de  responsabilité dans leurs déboires.

À lire : L’édition en 2017 : coups de roulis (Nicole Vulser, le Monde, 12 janvier 2018)

 

DU CÔTÉ DES LIBRAIRES

◘ LIBRAIRIE CARNOT (VICHY) c0490a91-b779-42d3-ba71-6bcf0e5dfb9b-1200

UN AVENIR QUI N’EST PAS ENCORE ASSURÉ

ouv-m.alleyrat-libraire• Martine Alleyrat, gérante de la libraire Carnot à Vichy, qui connaissait alors des difficultés,  avait lancé, en avril  2017, une collecte de dons participatifs, via le site  Ulule. 387 donateurs y avaient répondu, parmi lesquels figuraient aussi bien des clients fidèles que des inconnus, mais tous sensibles à la nécessaire survie des petites librairies de proximité. Elle avait pu  récolter 19.600 €, sur lesquels 14 000 € lui sont revenus, une fois la TVA et la commission  du site déduites. De quoi “passer une année 2017 plus sereine”, mais aussi apporter à sa librairie une bouffée d’oxygène et régler les traites en instance, même si Matine Alleyrat reconnaît que “demander de l’aide n’a pas été une démarche évidente”. Pourtant, un an plus tard, l’équilibre reste très fragile et l’avenir de la librairie incertain, car les difficultés ne se sont pas effacées. Le début d’année est même préoccupant, avec “des clients qui ne se bousculent pas” et l’impossibilité de se dégager un salaire en janvier et, sans doute, en février. Pas question pour autant de lancer un second appel aux dons.

librairie-carnot-vichy_3108605• Malgré “des charges (qui) sont plus importantes que (ses) bénéfices”,  Martine Alleyrat se dit pourtant toujours autant passionnée par son métier, au point de ne pouvoir imaginer d’en changer. Elle  souhaiterait que les problèmes des librairies indépendantes, ainsi que leurs atouts soient davantage mis en avant, car “on a besoin de librairies indépendantes dans les villes et les campagnes”. Rencontres à thèmes, débats, soirées avec des auteurs,  animations dans le cadre de la Nuit de la lecture, participation au Printemps des poètes, sont autant d’initiatives déployées par la libraire et l’association qui la soutient pour faire venir de nouveaux lecteurs et clients.

• Face aux géants comme La FNAC ou Espace culturel Leclerc et à la concurrence d’Internet, Vichy  a la chance d’avoir pu conserver, outre la librairie Carnot,  quatre autres librairies indépendantes, de tailles différentes: La grande Librairie, La librairie bourbonnaise, À la page et la librairie religieuse Le Semeur. À chacun de leurs responsables, le quotidien La Montagne (11 février) a posé les deux mêmes questions:Comment définissez vous votre métier? Comment Gérez-vous la concurrence d’Internet? Réponses ci-dessous ▼

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◘ LA FNAC À MONTLUÇONimages

EN MARS PROCHAIN

 • Annoncé à Montluçon depuis octobre 2016, le nouveau magasin de la Fnac ouvrira ses portes le 8 mars prochain, dans la galerie du centre commercial  Carrefour. Le projet est porté  par le groupe Sedadi-Welcom qui possède déjà trois Fnac Connect à Angoulême, Aubière et Limoges. Calqué sur celui de Vichy, le nouveau magasin  disposera d’un espace de vente de 550 m2 de plain pied auquel s’ajouteront 200 m2 de réserves. Il correspond  au type d’implantation (300 à 900 m2) que l’enseigne culturelle souhaite développer  dans des villes de moins de 100.000 habitants. 

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Un magasin qui sera  calqué sur celui de Vichy

• Sur les 450 candidatures reçues, les responsables du groupe Sedadi-Welcom ont sélectionné une quinzaine de personnes qui travailleront sur le site, dont douze en CDI. Selon l’investisseur, malgré la présence de l’espace culturel Leclerc (Zone de Châteaugay), de Cultura (Zone commerciale  Saint-Jacques) et de la Librairie des Écoles, implantée depuis plus d’un siècle avenue Marx-Dormoy,  Montluçon disposerait d’un “ potentiel” que la Fnac compte exploiter. Une affirmation qui reste à verifier… Il n’en reste pas moins que l’arrivée de la Fnac à Nevers a été un des éléments qui ont contribué à la fermeture de la librairie Pôle-Arts, au premier semestre 2016.

 

◘  BILAN 2017 DES LIBRAIRIES 

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PLUS DE CRÉATIONS  QUE DE DISPARITIONS

 • En 2017, on a enregistré 23 disparitions de librairies sur l’ensemble du territoire, parmi lesquelles quelques librairies historiques comme Tirloy à Lille, Camugli à Lyon ou Le Môle, à Saint-Malo. Quelques jeunes pousses ont aussi succombé, telle la Librairie du Port à Calais. Le solde reste toutefois positif avec, en face,  37 créations. C’est un peu moins bien qu’en 2016 (40 créations) mais nettement mieux qu’en 2015 et 2014 (30 créations). Pour mémoire, en 2010, on n’en avait dénombré que 22 et en 2006 seulement 15. Pour les nouveaux libraires, la BD demeure le secteur le plus attractif puisque un quart des 37 créations sont des librairies spécialisées dans ce domaine.

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Camugli à Lyon…Une institution qui ferme (© France 3)

• Autre tendance, le développement de concepts mixtes  comme les librairies galerie d’exposition, les librairies loisirs créatifs ou encore les librairies café ou restauration, voire les librairie coworking. Un moyen de  toucher une clientèle plus large tout en  donnant un coup de pouce au chiffre d’affaires.  Sur l’ensemble des ouvertures qu’a recensées la revue Livres Hebdo (n° 1154 – 15 décembre 2017), aucune ne concerne le Bourbonnais ou l’Auvergne. La plus proche création est à Limoges la librairie café galerie Les gens qui doutent . Quant aux superficies des nouveaux établissements, elles s’étagent entre 50 m2 (Octopus  à Épinal) et…900 m2 (BD Avenue à Bordeaux).

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Les gens qui doutent…Une ouverture à Limoges

 

◘ RECYCLIVRE OU COMMENT ALLIER… 

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 … COMMERCE, ENVIRONNEMENT  ET SOLIDARITÉ

• Fondé par David Lorrain, Recyclivre collecte des livres d’occasion en priorité auprès des associations telles que La Croix Rouge, Emmaüs, Les Apprentis d’Auteuil…. Celles-ci  croulent souvent sous les dons et se retrouvent dans l’incapacité de les traiter. Les particuliers peuvent aussi participer aux dons, via des points relais.  Par ailleurs Recyclivre  se déplacent dans les 7 villes où elle est implantée: Paris, Bordeaux, Lyon, Lille, Nantes, Strasbourg et Toulouse. 50% des volumes collectés finissent au pilon parce qu’invendables, soit 1 080 tonnes de papier recyclé en 2017. Le reste est revendu par Recyclivre qui dispose de son propre site  mais qui est également présent sur Amazone.

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Les collecteurs de Recyclivres en action

• En 2017, 840 000 volumes ont été vendus, générant un chiffre d’affaires de 6,1 M€  contre 2,8 M€ en 2015. Le système se révèle bénéficiaire (250 000 € en 2017) et 340 000 € ont été reversés à des associations de soutien à la culture et l’environnement. En outre, 10% du prix de vente est reversé aux associations auprès desquelles les livres ont été collectés. Signe du succès, Recyclivre va ouvrir un bureau à Madrid. David Lorrain souhaite également développer les ventes via son site Internet, qui a été remodelé, afin de réduire sa dépendance vis-à-vis d’Amazone. Le géant du commerce en ligne représente 70% de ses ventes et prélève 15% du montant total des ventes et des frais de port.

 

DU CÔTÉ DES BIBLIOPHILES754_001

• PASSAGE EN REVUE DES CATALOGUES

• Au catalogue de la Librairie historique Fabrice Teissèdre (Paris):

Harry Alis: Nos Africains (éditions  Hachette, 1894. – 568 p., illustrations, 150 €)

M_Arry_Alis_[i_e_[...]Atelier_Nadar_btv1b53097690d◄  Harry Alis est le curieux pseudonyme anglicisant de Jules Hippolyte Percher (Couleuvre 1857 – Levallois-Perret 1895),écrivain, journaliste et un peu agitateur, sinon agité. C’est l’amitié de l’explorateur Paul Crampel (1864-1891) qui l’introduisit dans les coulisses de la pénétration européenne en Afrique : dès lors, il fut le fondateur du  Comité de l’Afrique française  (novembre 1890), dont l’objectif était de créer un vaste mouvement d’opinion en faveur des entreprises coloniales françaises dans le continent africain. On parlerait aujourd’hui d‘action de “lobbying ”. À ce titre, il soutint l’expédition Monteil de 1893. Ce furent ces liaisons africaine qui provoquèrent indirectement sa mort, à la suite d’un duel contre un des membres du Comité, Le Châtelier, pour une obscure affaire d’article offensant

•  Au catalogue de la librairie Le Trait d’Union (Troyes) :

Roger de Quirielle(1848-1928) :Généalogie de la famile Richard de Soultrait et de Lisle…  (Lyon, 1882. -140 p – 180 €)

• PASSAGE EN REVUE DE QUELQUES VENTES

• Catalogue de la vente de  Lettres et manuscrits autographes, archives Talleyrand (5 décembre 2017, à Paris :

738_madame_de_la_fayette n° 32 : Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, Madame de Lafayette (1634-1693), Lettre autographe écrite à Espinasse [Espinasse-Vozelle] le 27 février 1657, à Gilles Ménage ; 2 p. in-4° , fac.-sim :  2000/2500 € – Belle lettre littéraire, évoquant sa collaboration avec Ménage, un  roman de Mlle de Scudéry, et la marquise de Sévigné ; à la  fin  : « Adieu. J’ay presentement une migraine horrible, et une douzaine d’autres maux aussi douloureux, mais plus dangereux ».

n° 66 : Charles-Maurice de Talleyrand, Lettre autographe signée “l’abbé de Perigord”, 13 septembre 1781 ; 2 p. petit in-4° : 700/800 € – Rare lettre comme Agent général du clergé. Il était alors évêque d’Autun.

Sans titre gru• Catalogue de la vente de la  Bibliothèque Eric Gruaz, IIe partie (31 janvier 2018, Lyon)

► n° 28 : Jouard (Gabriel), Des bizarreries de la nature, principalement de celles qui ont rapport à la génération… –Paris, Allut, 1806. 2 tomes réunis en un vol. in-8°, xxxi-331-414 p. :  200/400 € – Examen de cas de monstruosités physiologiques, mais aussi de monstruosités surnaturelles et extravagantes. Gabriel Jouard était un médecin d’origine bourbonnaise.

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LE DÉBUT D’UN LONG MARATHON DE VENTES

cover_collections_aristophil• Débuts de ventes pour les collections  du fonds Aristophil qui couvrent toutes les périodes de l’histoire, de l’Antiquité au XXe siècle.  Il a été décidé de les disperser sous la forme de ventes thématiques permettant de proposer des ventes intéressantes et renouvelées mois après mois, propres à susciter l’intérêt des collectionneurs du monde entier. L’ensemble sera donc dispersé  à Drouot – Paris et il faudra au moins six ans et près de 300 ventes pour épuiser le fonds. Il semble dores et déjà acquis qu’il sera très difficile, voire  impossible pour les investisseurs floués par l’affaire Aristophil de retrouver leur investissements.

Au catalogue de la vente inaugurale, le 20 décembre 2017 :

220px-GANCE_Abel-24x30-► n° 33 : Abel Gance (1889-1981). Ensemble de 300 lettres autographes signées à Nelly Kaplan, 1954-1979 : 50 000 / 80 000 €. Correspondance amoureuse et passionnée ; la jalousie d’Abel Gance et ses états dépressifs sont présents dans les lettres. Gance est ébloui par la beauté de Nelly Kaplan, et il est déstabilisé par sa personnalité ; il lui adresse un questionnaire pour mieux la comprendre et pour se sortir de son sortilège : “Aide moi à me retrouver ”. Il fait part également de ses projets cinématographiques, notamment la polyvision, mariage étroit des “harmoniques visuels et de la musique”.  – C’est en1954 qu’Henry Langlois, directeur de la Cinémathèque, présenta Nelly Kaplan à Abel Gance dont elle deviendra l’assistante. À ses cotés elle se passionna pour la polyvision.

►n° 173 : Boules de Moulins. Lettres adressées principalement à Moulins pendant le siège de Paris, destinées à être réexpédiées à Paris enfermées dans des sphères de zinc munies d’ailettes, qui, immergées dans la Seine en amont de la capitale auraient dû être récupérées par des filets tendus entre ses rives, à hauteur du Port-à-l’Anglais, à Vitry-sur-Seine. Important ensemble de correspondances présentées suivant leur nature d’acheminement . 14 lettres : 12 000 / 15 000 €

 

DU CÔTÉ DES MÉDIAS…

◘ TERRE DES BOURBONS

Z copie• Au sommaire de Terre des bourbons (n°8 –Décembre 2017 – janvier – février 2018) :  Belles demeures en Bourbonnais : Montluçon : Le château de la Louvière – Les audacieux : Xavier de Soultrait, un motard bourbonnais au “Dakar” – Vert l’avenir en Bourbonnais : Le sanglier – Une bête noire … pas si noire – Coin de paradis en Bourbonnais : L’abbaye de Noirlac –  Les bonnes fourchettes du Bourbonnais : Le saumon : Fumage artisanal du Sichon – Écho business : Le sapin  de la Montagne bourbonnaise – Initiatives en Bourbonnais : Le Braque du Bourbonnais, “ chien de famille ” – Nos trésors : Montluçon : l’église Saint-Paul :  L’architecture métallique de Louis-Auguste Boileau – Sous la voûte bleu céleste – Nous et le monde : Trajectoire kanak :  Voyage aux antipodes. L’aventure de Léon Moncelon, un Bourbonnais sous les tropiques – Racine du Bourbonnais : Maurice Daubard,  esprit tibétain –  Notre histoire en Bourbonnais : Moulins : au rythme du Jacquemart : images inédites, l’incendie de 1946, vue en drone, la libération, zoom sur la famille Jacquemart… – Quelle culture en Bourbonnais : Le Bourbonnais et les marionnettes – Musique : Entropia Invictus – Rayonnante Fleur Mino – La liste de nos envies en Bourbonnais : À voir, à faire …

 

◘  CENTRE DE RECHERCHES DE LA PRESSESans titre

UNE COLLECTION DE 500 000 JOURNAUX ET REVUES

Sans titre - Copie • Le Centre de recherches de la presse, créé en 1993, a commencé à élire  domicile, depuis 2013, dans les anciens locaux de la maison de retraite du Châtelet, dont 90% des 2 000 m2  sont aujourd’hui occupés. Les 45 chambres désaffectées ont été ou  vont être transformées progressivement en espaces d’archivage, avec une thématique  pour chacun. De quoi abriter et faire vivre une collection qui comporte déjà plus de 500 000 journaux et revues, issus de 5 à 6 000 titres différents, couvrant la période de 1631 à nos jours. On y trouve en majorité des titres français, mais aussi quelques publications étrangères comme  The Times, El Sol ou encore La Pravda.

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500 000 exemplaires à stocker

• Sous la présidence de Pascal Roblin, les membres de l’association qui gère le  Centre de la Presse se sont attelés à l’inventaire complet des collections et à leur stockage à plat dans des cartons installés sur des rayonnages, afin de les soustraire aux effets de la lumière et de l’humidité. Au terme de 6 années d’archivage et d’inventaire, le Centre souhaite créer un espace de consultation, afin d’ouvrir davantage ses collections au grand public. Une partie du fonds restera toutefois sur le site initial de La Maisonnais où on continuera à trouver la presse internationale de langue étrangère et  l’exposition sur l’histoire de la presse…En attendant de nouveaux projets.  Pour enrichir ses collections,  en dehors des achats de lots de journaux dans les brocantes ou sur Internet, le Centre bénéficie aussi de dons de particuliers ou de la part des groupes de presse.

Savoir plus: Centre de la presse (article publié dans le Journal du Centre)

 

◘ MÉDIAS FRANÇAIS : QUI POSSÈDE QUOI ?

• Pour répondre à cette question, le site Acrimed  (Action Critique Médias –Observatoire des médias) vient de publier la  12ème  version d’une infographie évolutive, en partenariat avec Le Monde Diplomatique. Elle donne la carte  d’un paysage médiatique français de plus en plus concentré, notamment (mais pas seulement), pour la presse nationale. De quoi démêler l’écheveau des concentrations dans la propriété des grands médias et y voir un peu plus clair… En attendant la prochaine version.

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agrandir la carte

 

◘  LES 20 ANS DE BnF GALLICA

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LA BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE

• 2018 marque les 20 ans de la bibliothèque numérique Gallica, lancée en octobre 1997 par la Bibliothèque nationale de France. Un anniversaire que la BnF compte bien souhaiter par différentes initiatives…

• UNE OFFRE DE DOCUMENTS

EN CROISSANCE PERMANENTE …

Page accueil gallica•  De quelques centaines de milliers de documents numérisés, on est passé à un million en février 2010, avec la numérisation des Scènes de la vie de bohème de H. Murger. Aujourd’hui, Gallica a franchi le seuil des 4,3 millions de documents, tous  accessibles directement et sans abonnement. L’offre est  devenue particulièrement abondante   et variée entre les 700 000 livres, les 950 000 images, dessins et photos, les 100 000 cartes, les 44 000 partitions ou les 350 000 documents sonores. Sans oublier les collections de presse avec 1 8 million d’exemplaires de journaux et magazines numérisés, qui vont pour la plupart  de leur fondation à 1944, voire 1945. On y trouve ainsi les principaux quotidiens nationaux d’avant guerre et ceux parus sous l’occupation. C’est ce qui explique sans doute en partie le succès de  Gallica avec plus de 16 millions de consultations en 2017. Gallica continue d’enrichir son catalogue au rythme quotidien de 1 500 nouvelles œuvres tombées dans le domaine public. La recherche est simplifiée grâce à un système de reconnaissance optique qui permet de retrouver un article précis à partir d’un mot clef.

• REDÉCOUVRIR LA TÉLÉVISION SCOLAIRE DE PAPA…

BNF Gallica RTS accueil• Pour marquer ce 20ème  anniversaire, la BnF a choisi d’offrir aux Gallicanautes des cadeaux, à déballer tout au long des semaines qui viennent. C’est ainsi que, depuis la mi janvier, Gallica met à disposition des internautes plus de plus 700 programmes vidéo patrimoniaux. Ils sont   extraits du catalogue du Réseau Canopé, qui a succédé au  Centre national de documentation pédagogique, éditeur de ressources pédagogiques. Ils sont le reflet des tentatives d’innovations qui ont été menées depuis les années 1950 en matière pédagogique, en investissant les nouveaux médias qu’étaient alors  la radio et la télévision. Produits par le service de la Radio -Télévision scolaire, entre 1954 et 2004, ces programmes illustrent toutes les disciplines de l’enseignement. Ils sont l’expression d’une tentative d’utiliser “une pédagogie par l’expérience sensible du monde, levier de la démocratisation de l’accès à la culture et aux études secondaires et supérieures”.

• PETITE HISTOIRE DE

LA RADIO – TÉLÉVISION SCOLAIRE

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• Le service de la Radio – Télévision scolaire (RTS) a été créé en 1951 au sein de l’Education nationale. Sous la direction d’Henri Dieuzeide, il participait d’un grand dessein de modernisation de l’enseignement. Radio et télévision scolaires ont fonctionné parallèlement pendant plusieurs décennies. Progressivement doté de moyens de productions propres, ce service qui a fait  appel à de jeunes talents a ensuite diffusé ses productions  sur les canaux de la Radio – Télévision française (RTF) puis de l’ORTF. En 1960, la télévision scolaire produisait quatre heures de programmes par semaine à destination des classes élémentaires, primaires et secondaires, jusqu’à atteindre une vingtaine d’heures à la fin de la décennie. C’était l’équivalent de  20 % de la programmation télévisuelle totale de l’ORTF. Dans les années 1970, elle s’occupait aussi de la formation des adultes. En 1994, la chaîne La Cinquième, créée spécialement pour être « la télévision du savoir, de la formation et de l’emploi » est devenue le canal privilégié de diffusion de ses programmes.

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• PLUSIEURS GRANDES THÉMATIQUES

POUR GUIDER LES GALLICANAUTES

• Pour guider les internautes dans la découverte de ces nouveaux contenus, tous produits entre 1954 et 2004,  Gallica propose une sélection qui se décline en plusieurs grandes thématiques : arts et littérature, cinéma et audiovisuel, géographie, histoire, société et théâtre. Des accès spécifiques sont en outre dédiés à la technique de la “Radiovision” qui associait émissions à la radio et dossier de diapositives, ainsi qu’aux séries les plus emblématiques de la télévision scolaire. Les enseignants étaient accompagnés dans leur utilisation par des publications comme le « Bulletin de la radio – télévision scolaire » de 1964 à 1969, les « Dossiers pédagogiques de la radio – télévision scolaire » de 1965 à 1983, ou par la revue « Média », toutes trois numérisées dans Gallica.

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Des revues spécialisées pour épauler les enseignants

• DE VÉRITABLES  “PÉPITES” À DÉCOUVRIR

• Véritable creuset d’expérimentations pédagogiques qui pouvaient être conduites durant plusieurs années, ces séries ont parfois fait  appel à de jeunes talents, aujourd’hui reconnus, tels que Jean Doucher, Eric Rohmer, Danièle Sallenave, Nestor Almendros… Parmi les émissions emblématiques de la radio – télévision scolaire des années 1950 aux années 1990, figurent de nombreuses pépites, comme un  entretien avec Jean Vilar, une introduction détaillée à la sociologie par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, une préface à Chrétien de Troyes par Eric Rohmer… On peut aussi parcourir à travers ces émissions  l’histoire de la société française pendant un demi-siècle (l’urbanisation, la consommation, les technologies de l’information, le chômage…), en même temps que celle de l’école et des méthodes pédagogiques. L’offre de vidéos Gallica va continuer de s’enrichir dans les prochaines semaines. Bientôt devraient être mis en ligne plus de 300 conférences et spectacles qui se sont tenus à la BnF.

RTS Radiovision
Page d’accueil et de  présentation des radiovisions

 

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