L’ ACTUALITÉ DES AUTEURS, DES ÉDITEURS, DES PRIX LITTÉRAIRES ET DES MÉDIAS: N° 13 (MAI – JUIN 2018)

MISE À  JOUR:  21 JUIN  2018

Cette rubrique qui couvre la période de mai-juin 2018, fera l’objet de mises à jour régulières jusqu’au 30 juin. N’hésitez donc pas à y revenir régulièrement…et/ou à nous faire part de vos informations.

 contacts: allier-infos@sfr.fr.

L’ACTU DES AUTEURS

◘ PRIX LITTÉRAIRES

Logo prix larbaud

• MAUD SIMONNOT DISTINGUÉE

PAR LE 52ème  PRIX VALERY LARBAUD

Z Maud simonnot
Maud Simonnot

• Le 52ème  Prix littéraire Valery Larbaud a été remis officiellement le 2 juin, dans les locaux de la médiathèque de Vichy, à Maud Simonnot pour  La nuit pour adresse (éd. Gallimard, 2017, 264 p., 20 €). Il s’agit d’une biographie romancée de Robert McAlmon (1896-1956) écrivain, critique littéraire, éditeur influent, dans le  Paris des années 20 : « En suivant les pas de son héros,l’auteure nous entraîne dans l’envers du décor de la Génération perdue au fil d’un récit vif, émouvant, qui redonne sa place à Robert McAlmon et tente d’élucider le mystère de son effacement« . Maud Simonnot avait  publié antérieurement une anthologie intitulée Le goût de la forêt (éd. Mercure de France, 2009, 132 p.)

Z Gallimard pub• Elle parle de  Robert McAlmon commedun homme attachant”,  dont elle a croisé l’histoire en réalisant une  thèse sur l’édition. Or il est aujourd’hui tombé dans un oubli quasi-total et, même si sa vie a donné lieu à une  biographie publiée aux États-Unis en 1975, il n’existe pratiquement rien sur lui en France,  où il a pourtant vécu durant une vingtaine d’années.  C’est lui qui a publié le premier livre d’Hemingway dans la maison d’édition indépendante qu’il avait fondée. Pour la lauréate du prix Valery Larbaud, “ il symbolise ce mouvement de contre-culture qui a permis à plein d’auteurs d’éclore dans les années vingt.”  Pour reconstituer le puzzle de sa vie,  Maud Simonnot explique être  “ remontée aux sources des journaux, des correspondances intimes de Joyce, Hemingway et McAlmon”. C’est ce qui lui a permis de découvrir qu’il “est le parrain de cette période des Années folles, l’homme incontournable qui organise des fêtes et soutient financièrement les auteurs. Il a publié des livres dont il sait qu’ils vont marquer son époque”.

Z Mac almon
Robert McAlmon

• Dans une interview publiée par La Montagne (2 juin), Maud Simonnot décrit ainsi McAlmon : “Il est un être solaire, magnétique. Les hommes et les femmes étaient très amoureux de lui. C’était un mélancolique à la Scott Fitzgerald. Il ne met pas fin à sa vie, car il aime les gens et il aime vivre. Mais, il a une amertume pour lui-même. Il avait une fêlure en lui. C’est un personnage très généreux. C’est là qu’il rejoint Valery Larbaud.  McAlmon incarne la fabrique des Années folles. Et, à la fois, c’est une génération qui sort d’une guerre. Toute la bande [Sylvia Beach, Blaise Cendrars, Louis Aragon, Brancusi, Peggy Guggenheim, Ezra Pound, Man Ray…] est marquée par cela. Il y a la drogue, l’alcool, la danse. McAlmon a de l’intuition sur les auteurs qui l’entourent : Joyce, Gertrude Stein, Hemingway. Il a un temps d’avance. De même qu’il pressent cette seconde guerre mondiale. Il dit “la violence est toujours là”.  Dans le parcours de McAlmon, Maud Simonnot dit avoir été avant tout fascinée par “ce qu’il a réalisé éditorialement”, mais aussi par “ sa façon radicale d’être un homme libre. Libre de dire ce qu’il pense. Il est radical dans sa vie et dans ce qu’il publie. Il ne cède pas”. Un aspect fascinant chez l’écrivain qui “n’arrête d’écrire pour soutenir Joyce et son Ulysse en cours”.  Finalement, si “ McAlmon a connu des amitiés fortes  avec Sylvia Beach ou Peggy Guggenheim, il  n’a pas connu d’histoires d’amours heureuses. Le bonheur, ce n’est pas sa question. Lui, il vivait de façon intense pour la littérature, les gens, les voyages”.

Z remise du prix larbaud

• Lors de la remise du prix, Jean-Marie Laclavetine, président du jury, est revenu sur le choix du livre de Maud Simonnot : “Nous sommes attachés à distinguer des œuvres naissantes. Certaines ont eu des carrières glorieuses. Ce livre met en lumière une époque à laquelle Valery Larbaud a participé. Maud Simonnot le fait de façon très érudite, littéraire et joyeuse. Elle exhume McAlmon. Nous découvrons un pivot de cette vie tumultueuse des Années folles”. Dans sa réponse, l’auteure a rappelé que McAlmon  “a fait énormément pour la littérature dans les années 20 et 30”.  Et d’ajouter : “C’est une personne qui m’a bouleversée par sa générosité, son intégrité. C’est une homme sans complaisance. Il a publié des auteurs victimes de la censure”. Elle a également rappelé que McAlmon et Valery Larbaud se sont croisés à plusieurs reprises.

• LA PRÉSENTATION DU ROMAN PAR L’AUTEURE…

• CE QUE LES MÉDIAS EN ONT DIT…

16-logo-le-monde-des-livres

Extrait du journal Le Monde (20 mai 2017):  “Fruit d’une longue enquête, La Nuit pour adresse, dont le beau titre inspiré par Aragon joue du double sens du mot « adresse », en devient un ­livre inclassable. Il ne relève ni de la biographie érudite ni du roman biographique, mais plutôt d’une longue rêverie à double portée. Maud Simonnot y rêve un homme libre mais attachant, ivre d’amitié, de littérature, de voyages et de danse, dans le même temps qu’elle poursuit à l’abri de la nuit une méditation sur le métier d’éditeur, qu’elle exerce de jour au sein des éditions Gallimard.

De Cocteau à Hemingway en passant par Joyce, les écrivains des années 1920 inventèrent des stratégies de reconnaissance qui n’ont pas tant changé depuis, mais dont McAlmon, un temps richissime et d’une générosité sans borne, prétendait se dispenser. Son odyssée l’a ramené, in fine, à son point de départ avec ses souvenirs éblouissants pour seul trésor : dixième enfant d’une famille modeste du Kansas, ­l’ancien prince de la nuit parisienne, condamné à rentrer au pays en 1940, y est mort démuni et oublié à 61 ans.

Maud Simonnot l’extirpe du purgatoire de l’édition pour le rendre à l’effervescence des nuits parisiennes, et en faire un modèle de probité intellectuelle et d’exubérance sociale”.

téléchargementb

Interview de Maud Simonnot par  Anne Brigaudeau (France Culture – 20 mars 2017)

 

• LE PRIX RENÉ FALLET 2018

agir

ATTRIBUÉ À LAETITIA COLOMBANI

• Le Prix René-Fallet a été attribué lors du week-end des 9 et 10 juin, à Jaligny-sur-Besbre, dans le cadre des XXXè  Journées littéraires organisées par Agir en pays jalignois. Il a été décerné à Laetitia Colombani pour son premier roman La Tresse publié par les éditions Grasset. Réalisatrice de cinéma et comédienne, elle succède à Hubert François, lauréat en 2017 pour Dulmaa…En remontant jusqu’en 1993, on retrouve parmi les auteurs primés Amélie Nothomb, qui en était alors au tout début de sa carrière,  avec  Hygiène de l’assassin. 

la tresse

• 5 autres auteurs d’un premier roman  briguaient ce prix. Il s’agissait de Élisa Fourniret (Comme une grande, éd. Mauconduit), Emmanuel BraultLes Peaux rouges, éd. Grasset), Quentin Lafay (La Place forte, éd. Gallimard), Pierre SouchonEncore vivant, éd. du Rouergue) et Néhémy Pierre-Dahomey ( Rapatriés, éd. du Seuil).  La lauréate du prix n’ayant pas fait le déplacement sur les bords de la Besbre, pour recevoir sa récompense de 1.500 €, la  somme a été  partagée entre  les  trois  auteurs suivants dans le classement du jury : Emmanuel Brault, Néhémy Pierre-Dahomey et  Elisa Fourniret.

• LAETITIA COLOMBANI, INVITÉE DE L’ÉMISSION

LA GRANDE LIBRAIRIE

• UN PRIX BASÉ SUR LE CHOIX

D’UN JURY “POPULAIRE

• Rappelons que le prix René Fallet est attribué, chaque année, depuis 1990, à l’auteur d’un premier roman de langue française porteur d’un talent littéraire, comme le fut à l’époque, pour René Fallet, Banlieue Sud-Est   publié en 1947, l’année de ses 20 ans. En outre, depuis  2003, le lauréat doit être âgé de 40 ans au plus, l’année de la publication de son premier roman. Enfin, le jury attend un roman écrit de préférence avec humour, sens critique ou poétique,  qui soit au plus près de l’esprit de René Fallet

téléchargement f• Depuis l’origine, afin “d’inciter un maximum de gens à la lecture”, c’est un jury “populaire” qui désigne le lauréat. Après avoir débuté dans le secteur de Jaligny, avec un groupe de 26 lecteurs, il s’est étoffé au fil des années, avec la mise en place de comités de lectures dans tout le département. La plupart ont été fondés au sein de bibliothèques et de médiathèques En 2018, 15 comités  regroupant près de 300 lecteurs ont ainsi composé le jury de pré-sélection. Depuis la création du prix, on estime à  un millier le nombre de lecteurs ayant participé aux différents comités.

• LES PRIX BOURBONNAIS ET DANIEL BAYON

REMIS LE MÊME JOUR

•  Les Journées littéraires sont aussi marquées par la remise de plusieurs autres prix bourbonnais. Le prix du Bourbonnais a été décerné à Fabienne Pouradier-Duteil  pour Au coeur de la confiserie vichyssoise (éd. Société Moinet – Vichy). Le prix Daniel-Bayon est allé à  Guy Coissard pour Le joug (ouvrage autoédité). Enfin, une mention spéciale du jury des prix bourbonnais a été attribuée à Véronique de bure pour Un clafoutis aux tomates cerises  (éd. Flammarion).

téléchargement

• DES ANIMATIONS AUTOUR DU PRIX RENÉ FALLET

• Au cours de ces deux journées, plusieurs animations étaient au programme, dont une discussion entre auteurs et lecteurs animée par Hélène Gestern, présidente du prix René-Fallet et un  concert de jazz avec le trio Garnier à la salle des fêtes de Thionne (Samedi 9 juin).  La matinée du dimanche   était partagée entre un concours de pêche enfants et juniors, des randonnées cyclistes et pédestres à la découverte des lieux chers à René-Fallet. L’après-midi était réservé à la remise des prix des concours d’affiches, d’écriture, d’arts plastiques, scolaires et adultes ainsi qu’à des lectures et jeux littéraires avec les auteurs présents.

af

• UNE  BRASSÉE

DE NOUVEAUX PRIX LITTÉRAIRES

2640150
Philippe Chatel, auteur et éditeur

• À l’occasion du nouveau salon du livre organisé à Montluçon  par Philippe Chatel qui souhaite “mettre l’accent sur la littérature régionale (et) défendre le Bourbonnais”, quatre nouveaux prix littéraires ont été dévoilés. Le premier, Cher Bourbonnais se veut généraliste et couronne un ouvrage présenté au salon. Le deuxième,  Grand prix de la ville de Montluçon,  récompense un livre  écrit obligatoirement par un auteur issu du bassin montluçonnais. Le troisième est un Prix du roman policier de la ville de Montluçon. Le quatrième enfin, le prix  du nouvel auteur, doit permettre de distinguer un écrivain qui en est à son premier ou deuxième livre.

• Le grand prix de la ville de Montluçon a été attribué à Dominique Filleton pour son dernier ouvrage, un recueil de cartes postales et de photos anciennes sur Montluçon (éd. Champs-Élysées). Quant au prix Cher Bourbonnais, c’est Jean-Claude Fournier qui l’a décroché pour Le prince des parquets salons (éd. Marivole).

 

• 9èmes RENCONTRES ALBERT-LONDRES 

LOgo Londres

• OLIVIER WEBER, INVITÉ D’HONNEUR

z• Les 9èmes Rencontres Albert Londres, organisées par l’association Maison d’Albert Londres, ont eu lieu du vendredi 25 au dimanche 27 mai. Elles étaient centrées sur la thématique du bagne, une question essentielle  dans l’œuvre du Prince des reporters.  C’est Olivier Weber qui était l’invité d’honneur. Écrivain, grand reporter, diplomate et ancien correspondant de guerre français, il a suivi un itinéraire original, de garçon berger à journaliste globe-trotter, et il a été couronné en 1992 par le  prix Albert Londres, pour son enquête “Voyage au pays de toutes les Russies”.

Olivier Weber est né le 12 juin 1958 à Montluçon, ou son père était ingénieur agricole et sa mère styliste modéliste. Il y a vécu très peu de temps, avant de s’installer  dans le Mercantour à la frontière italienne. Faute de pouvoir “se  payer une école comme Sciences Po”, il est  devenu garçon berger dans des montagnes. Après quelques années dans l’enseignement et l’analyse financière, il a quitté la France pour la Californie, en emboîtant ses pas sur ceux de Jack London, un auteur qu’il dit “apprécier  énormément”. C’est là qu’il a débuté dans le journalisme, comme stagiaire au  San Francisco Examiner (1983).

Ztéléchargement weber
Olivier Weber, prix Albert Londres 1992

•  Il est ensuite devenu correspondant de guerre en Afrique et au Moyen-Orient pour les journaux britanniques The Sunday Times et The Guardian, ainsi que pour le quotidien français Libération. Il a également été grand reporter à l’hebdomadaire Le Point et conseiller littéraire des éditions Fayard et Plon. Cette carrière dans la presse et l’édition  a été interrompue entre 2008 et 2013, période durant laquelle il a été nommé ambassadeur de France, en charge de la lutte contre les traite des humains et la criminalité organisée. Aujourd’hui, il se définit davantage “comme un écrivain qui a la chance de vivre de ses voyages (que comme) un grand reporter”.

51SYhLZi0EL._SY445_• Le 25 mai, en ouverture des 9ème Rencontres, son  documentaire  La Fièvre de l’Or,  été diffusé. En Guyane, Olivier Weber a décidé de s’enfoncer dans la forêt amazonienne, pour aller au contact des  trafiquants : “ C’est ainsi que je suis devenu ami avec eux et  j’ai découvert que tout se payait en or brut dans le poumon du monde”, a-t-il confié à Florian Gallant (La Montagne – 17 mai 2018).   Ce qu’il a découvert l’a conforté dans la volonté de dénoncer le trafic d’or, avec  ses répercussions négatives, telles que la destruction de l’environnement  et de la  culture amérindienne. En quatre mois de tournage, il a accumulé plus d’une centaine d’heures  d’images en immersion en Amazonie, d’où il a tiré son documentaire. Un travail qui est régulièrement comparé à “Au bagne”, le fameux reportage d’Albert Londres. Un parallèle dont Olivier Weber se dit très honoré et qu’il considère un peu comme “un  prolongement du prix” : “Je pense que les gens aiment nous comparer car nous avons tous deux un engagement humaniste et une idée que le journalisme peut tout autant dénoncer que transmettre de bonnes choses”.Z téléchargement

 • Olivier Weber est le  lauréat de nombreux autres  prix prestigieux, parmi lesquels le prix Pierre Lazareff (1991), le prix Bayeux des correspondants de guerre (1997), le prix Joseph Kessel et le prix de l’Aventure (1998). Président du prix Joseph Kessel, il accorde une place particulière au prix Albert Londres qui lui a été décerné en 1992 car “ On a, dès lors, l’impression d’être investi d’une mission, celle de représenter la liberté de la presse et de pouvoir faire, un tant soit peu, bouger les lignes du monde”. Quant à la question de la liberté de la presse, il estime que  “Quoi qu’on en dise, en France, au-delà de la fin de son âge d’or et des risques économiques, la presse n’est pas si mal lotie. Par contre, ajoute-t-il, je considère qu’elle est menacée à l’échelle mondiale. Or, toucher à la liberté de la presse c’est attaquer un des piliers de la démocratie. C’est ainsi que l’on peut basculer dans des dictatures”.

•  TROIS JOURS POUR UN PROGRAMME

PARTICULIÈREMENT RICHE…

• Vendredi 25 mai, après l’ouverture officielle des 9èmes Rencontres et la présentation du projet de  Maison Albert Londres, a eu lieu la projection du documentaire  La fièvre de l’or,  en présence d’Olivier Weber

Z im• Plusieurs conférences étaient inscrites au programme de la journée du samedi 26 mai : Des hommes et des bagnes,(J-M Delpech, P. Collin) suivi de La ville et le bagne : Saint-Laurent du Maroni (M. Coquet). Une table ronde a été organisée sur le thème   Le bagne, “ l’avant et l’après Albert Londres”. L’après-midi, après une lecture,  Adieu Cayenne, le  reportage  Sur la route des évadés du bagne a été projeté. Il a été suivi d’une nouvelle table ronde,   De l’empreinte à l’emprise du bagne dans la population guyanaise et d’un entretien avec Olivier Weber.

• Enfin, la journée du dimanche 27 mai s’est ouverte sur  une conférence de F. Sénateur, consacrée à  Eugène Dieudonné, suivie de l’inauguration de l’exposition  Le bagne en caricatures.  Après la projection du film  Les amants du bagne,  avec Antoine de Caunes dans le rôle d’Albert Londres, le dernier intervenant a été B. Cahier qui a évoqué Le voyage d’Albert Londres et ses suites.

 

• SIMENON EN BOURBONNAIS

simenon-facebook

DEMANDEZ LE PROGRAMME

images• On connaît les liens qu’a entretenus Georges Simenon avec le Bourbonnais, d’abord en tant que secrétaire du marquis de Tracy, au château de Paray-le-Frésil (1923-1924) et ensuite en y situant le cadre de plusieurs de ses romans. C’est notamment le cas de l’Affaire Saint-Fiacre, de Maigret à Vichy, de Deuxième bureau ou encore des Inconnus dans la maison. Autant de titres qui ont été popularisés par le cinéma et/ou par la télévision. C’est pour faire découvrir ou redécouvrir  ces liens que l’association Simenon en Bourbonnais a été fondée  à la fin de l’année dernière. Pour ce faire, elle a établi un calendrier des manifestations qui vont se succéder au fil de l’année, à Chevagnes, Paray-le-Frésil et Vichy,  autour de trois romans de Simenon.

deuxième bureau 16 juin : Deuxième bureau”,  à  Chevagnes

• À 14 h 00,  à l’annexe de la mairie, a débuté une balade à vélo intitulée Deuxième bureau,  en référence à ce “roman reportage” peu connu, signé  Georges Sim et dont l’action  se déroule dans cette commune. Une occasion pour les participants de découvrir, mais sans les visiter, 3 châteaux qui pourraient avoir inspiré le romancier, ainsi que  quelques commerces du village évoqués dans le roman. Après cette balade,  Jean-Emmanuel Stamm est intervenu pour présenter ce roman.

17 juin : L’Affaire Saint-Fiacre”, à Paray le Frésil

saint-fiacre (1)• Le lendemain, dès  14 h 00, a eu lieu  une déambulation dans le village, à la fois  pour rappeler  le séjour qu’y fit  Georges Simenon, en tant que secrétaire du marquis de Tracy (1923-1924) et pour identifier les lieux qui l’ont inspiré dans son roman.  Autre animation: un Circuit Simenon à vélo, jusqu’à l’hôtel du Fourneau à Bourbon-Lancy, avec  évocation de la présence de Georges Simenon dans cet hôtel.  Presque en même temps, était donné le départ  d’une marche autour de Paray-le-Frésil. Quant à ceux qui ne goûtaient ni le vélo, ni la marche, ils ont pu participer à un échange autour de Simenon animé par  Jean-Emmanuel Stamm et  par Madame Rayer. Il s’est déroulé  à la salle polyvalente, où a été  également présentée l’exposition itinérante sur Simenon. La journée s’est terminée par  la projection du film  Simenon, Maigret et le Marquis,  en présence de son réalisateur, Jacques Tréfouël,  dans le salon du château.

Septembre : Maigret à Vichy… à Vichy

vicgy• Le programme d’animation se poursuivra à l’automne. Du 12 au 22 septembre, sera présentée à la Médiathèque Valery-Larbaud, à Vichy,  l’exposition  À la découverte de Georges Simenon.

• Les 15 et  16 septembre, dans le cadre des Journées du Patrimoine, des lectures nomades seront organisées autour du roman  Maigret à vichy . La déambulation commencera à 15 h 00 au kiosque à musique du parc des Bourins (avenue de France). Ce même 16 septembre,  à 10h30 sera projeté  en partenariat avec le ciné-club de Vichy Simenon, Maigret et le Marquis, en présence de Jacques Santamaria et de Jacques Tréfouël, réalisateur et producteur.

chateau-de-paray
Le château de Paray-le-Frésil

► 12 octobre: Maigret passe à table, à Paray-le-Frésil

• Enfin, le 12 octobre, à la salle polyvalente de Paray-le-Frésil, “Maigret passera à table, avec  un repas dont on retrouvera le menu, le tarif et les conditions d’inscription sur le site Simenon en Bourbonnais . Renseignements : tél  07 86 52 99 52  et mail  simenon.en.bourbonnais@gmail.com

 

DEC SIMENON 1
Un aperçu de l’exposition dédiée à Georges Simenon

 

• QUAND HONORÉ (1941-2015) ILLUSTRAIT

LE BESTIAIRE D’ALEXANDRE VIALATTE

Sans titre

 

• Début juin, à  l’hôtel littéraire Alexandre Vialatte de Clermont-Ferrand, a eu lieu l’inauguration de l’exposition d’une partie des dessins qu’avait réalisés en 2002 Philippe Honoré (1941-2015),. C’était à l’occasion de la publication par les éditions Arléa  d’une nouvelle édition de Bestiaire d’Alexandre Vialatte. Hélène Honoré, la fille de l’artiste  était présente lors du vernissage. Une manière pour elle de faire vivre le souvenir de son père, une des victimes de  l’attentat contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015,

CxVU7xjXAAE--_Q
Quelques dessins présentés  lors d’une précédente exposition en 2017, à Paris

• À propos de cette édition et du travail réalisé par Honoré,  on pouvait lire sur le site des Amis d’Alexandre Vialatte : “Quelque soixante portraits d’insectes, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères (dont l’homme, la femme, l’Italien, le Turc et l’Auvergnat) revus et corrigés par Alexandre Vialatte et croqués par Honoré. Du grand Vialatte et du grand Honoré.   La prose à la fois précise et bon enfant d’Alexandre Vialatte, son intérêt pour tout ce qui respire, marche, nage ou vole, ses passions d’entomologiste et son amour de la zoologie, et surtout les nouvelles “grandes et magnifiques” qu’il ne cesse de nous donner de l’homme “depuis la plus haute antiquité”, tout concourait à la réunion de ces textes, pour la plupart issus du journal auvergnat La Montagne, choisis et assemblés par Michaël Lainé.  Quant aux illustrations d’Honoré, qui allient les grandes masses noires qui semblent des gravures sur bois à la précision de la technique des “encres”, elles apportent un humour subtil et répondent comme un véritable contrepoint aux textes de Vialatte”.  Sur la soixantaine de dessins, une quinzaine attendent les visiteurs dans les salons de l’hôtel jusqu’au 24 juin.

 

• UN 9ème LIVRE POUR GUY CROUZET

3770546• Le Moulinois Guy Crouzet,  ancien secrétaire général de l’Inspection académique de l’Allier, auquel on doit des  ouvrages sur la Bête du Gévaudan, fruits de longues recherches,  vient de publier son neuvième livre En feuilletant l’histoire de France. Avec cet ouvrage d’une centaine de pages, publié à compte d’auteur, il revisite sept grands sujets historiques: Quand des Français devenaient esclaves ; tolérance et intolérance religieuse d’Henri IV à la Révolution  – La peste de 1720 à Marseille –  La Bête des Cévennes ou la dernière grande offensive des loups – Les muletiers du Vivarais et du Velay – Les combats du Mont-Mouchet. Dans le dernier chapitre, intitulé  En Bourbonnais au temps des galères, Guy Crouzet retrace le martyr de ces hommes qui, à pied et enchaînés par deux, traversaient la France, en passant par le Bourbonnais. “Ce livre, c’est un petit voyage à travers la France”, résume l’auteur qui a  “passé des heures et des heures dans les fonds d’archives pour trouver des éléments afin de rafraîchir les sujets évoqués”, avant de conclure que “C’est un travail passionnant”. (En feuilletant l’histoire de France, 100 p, auto-édition Guy Crouzet : 35 rue des Grèves 03000 Moulins, 14 € (18 € franco).

 

• JEAN-CLAUDE FOURNIER

MOLLUSSONNAIS UN JOUR,

MOLLUSONNAIS TOUJOURS

jean-claude-fournier-ecrivain-nouveau-roman_3523500• Né à Montluçon, Jean-Claude Fournier, après une carrière dans l’enseignement, s’adonne aujourd’hui à l’écriture. Il est l’auteur d’une “trilogie montluçonnaise”, publiée par les éditions Marivole entre 2013 et 2017. Dans ces trois ouvrages, il dit avoir tenté de “ de saisir l’atmosphère qui régnait dans le bassin industriel de l’Allier pendant les trente glorieuses, du point de vue culturel, économique et politique”. Après Le prince des parquets-salons, le deuxième tome, Hollywood sur Cher, a  été récompensé en 2016  par un des prix bourbonnais, décernés par Agir en pays jalignois, lors de ses journées littéraires autour de René Fallet. Si le Bourbonnais constitue bien l’épicentre de ses romans, avec Swinging mai 68, le  troisième tome de sa trilogie, il a toutefois  choisi d’inscrire “ces événements dans un contexte européen plus large tout en situant certains chapitres dans le département de l’Allier”.

a tri
La “trilogie montluçonnaise” de Jean-Claude Fournier

• Plus récemment, il a publié en octobre 2017 Si Montluçon nous était conté,  un recueil de chroniques et de  récits de vie, en “mollussonnais dans le texte”. Il est  prolongé par une page Facebook dont il est le créateur et dans laquelle on peut venir discuter du fameux parler mollussonnais. 51etsmDTbZL._SX322_BO1,204,203,200_C’est ce qui lui a valu d’intervenir lors de l’émission Midi en France qui était consacrée à sa ville natale. Une occasion pour Jean-Claude Fournier d’y illustrer et d’y défendre “ cette manière particulière d’utiliser l’idiome national à Montluçon, en le saupoudrant d’expressions patoisantes introduites par les populations paysannes venues trouver du travail dans le bassin industriel”. On pourra par ailleurs retrouver sur Vu du Bourbonnais les références de ces différents ouvrages, au fil des rubriques Parutions récentes (Bourbonnais – Littérature).

• Jean-Claude Fournier ne compte pas pour autant en rester là : il travaille actuellement  à un roman qui portera sur le séjour qu’il a accompli  en Algérie, dans le cadre de la coopération, entre  1983 à 1986. Une période au cours  de laquelle il a pu assister à la montée inexorable de l’islamisme, qui a conduit à la victoire du Front islamique de Salut (FIS) aux élections de 1989, prélude  à la décennie noire des années 90.

• MARIE-NOELLE DEMAY 

DU DROIT AU JOURNALISME ET AU ROMAN

• Les études de droit mènent à tout…à condition d’en sortir. C’est le cas de la Montluçonnaise Marie-Noëlle Demay, fille et sœur de notaires. Après cinq années de droit, elle a opté pour le journalisme,  enchaînant   stages et  piges au Figaro, à Télé Loisirs ou à Voici, un magazine dans lequel elle s’est vue confier la rubrique cinéma entre 1982 et 1992. téléchargement flmmUne première étape  qui a pris fin lorsque le patron du groupe Prisma Presse, Axel Ganz, lui propose de participer au lancement d’un nouveau magazine, Gala, qui doit être le “Jour de France de l’an 2000”. D’abord spécialisée dans les « people »,  elle en devient rapidement rédactrice en chef adjointe, ce qui l‘amène à couvrir des événements tels que le Festival de Cannes ou la cérémonie des Césars. C’est l’occasion pour elle d’interviewer des personnalités aussi différentes qu’Alain Delon ou Michel Bouquet. Elle est ensuite chargée de concevoir et de créer  la section féminine du même magazine, ce qui l’amène à se frotter à des rubriques qu’elle avoue ne pas connaître mais qui la passionnent rapidement.

lee_web copie-crop-u142• C’est en 2000 qu’elle quitte Gala pour rejoindre Marie-Claire, où elle occupe le poste de rédactrice en chef  mode. Rappelons qu’une autre Montluçonnaise, Marcelle Auclair (1899-1983), en  avait été la co-directrice, avec Jean Prouvost, lors de sa création en 1937. Pendant quinze ans, sa nouvelle fonction lui permet d’écumer les défilés, aussi bien côté podiums que côté coulisses, entre Paris et Milan, New-York et Pékin. Au passage, elle noue des liens solides avec  de  grands couturiers, à l’image de Giorgio Armani, Karl Lagerfeld ou encore  Christian Lacroix.  Sur cette longue  étape à Marie Claire, elle est revenue dans l’article que lui a consacré  La Montagne : “J ‘y ai trouvé mon compte parce que cela m’a permis de raconter des métiers, des savoir-faire, des histoires. En quinze ans à Marie-Claire, j’ai aussi découvert un univers souvent décrit de manière caricaturale, alors que les gens y sont épris d’excellence”.

téléchargement dem• Depuis 2015, après avoir “mené une vie à 200 à l’heure sans se laisser happer par le strass et les paillettes ”, elle a donné une nouvelle orientation à sa carrière, en créant  sa propre société  Luxury Emotional Experience.  Elle propose à la fois des conseils éditoriaux et “des parcours hors-normes dans le monde de la mode et du patrimoine parisien”, le tout  à destination des VIP. Elle est aussi devenue romancière avec Le crocodile devenu le sac à main de Karl Lagerfeld, publié par les  éditions Flammarion (199 pages, 17 €). Il s’agit d’un roman  sur la mode “où les personnages existent, presque tous”, mais qui  ne se limite pas aux seuls podiums et  défilés. Elle dit avoir “voulu écrire quelque chose de léger où l’on ne s’ennuie pas”. Même si la vie parisienne l’a happée, elle n’a pas oublié ses racines montluçonnaises. Une ville dans laquelle elle dit avoir  conservé de fortes attaches sentimentales et familiales : “ Si je suis éloignée trop longtemps, je dépéris“, a-t-elle confié au journaliste  Michaël Nicolas.

 

• L’ACTUALITÉ DE JEAN GIRAUDOUX

carte-maximum-1974-n-2-jean-giraudoux-bellac1• Les Cahiers Jean Giraudoux, ont publié leur n° 45 (année 2017). Ils contiennent notamment un article de J. M. Le Guevellou ( « Des mots contre les mots. La Grande Guerre au prisme de Jean Giraudoux » ) et de M. Brémond (  » En 1914-1915 quelques lettres de Jean et Alexandre Giraudoux« ). Les lettres d’Alexandre – médecin aide-major dans les ambulances – à ses parents et de Jean à Simone et à quelques-uns de ses amis sont révélatrices des relations de Jean et de sa famille et du lien des deux frères à leur mère d’une part ; et de l’autre elles témoignent de ce qu’ils ont vécu au front et comment ils l’ont vécu : les blessures de Jean, l’impression de désorganisation, le patriotisme , les petits détails de la vie quotidienne de soldats. Ces lettres mériteraient d’être publiées.

book-08534687• Toujours à propos de Giraudoux, les éditions Honoré Champion ont publié le Dictionnaire Jean Giraudoux, sous la direction d’André Job et de Sylviane Coyault, avec la collaboration de Pierre d’Almeida (2 vol., 1151 p., 120 €).  Jean Giraudoux (1882-1944) reste un des très grands noms du théâtre de l’entre-deux-guerres, mais des controverses  brouillent la réception de son œuvre : trop littéraire, trop rêveuse, suspecte de pacifisme, voire de trahison des idéaux républicains qui l’ont nourrie. Son esthétique romanesque, plus novatrice et corrosive qu’on ne croit, et qui avait marqué successivement Gide, Proust, Thibaudet, Blanchot, Aragon, et jusqu’à Jean-Luc Godard, est à redécouvrir. Cet ouvrage, rédigé par une équipe internationale de spécialistes issus de plusieurs disciplines ne néglige aucune investigation dans le tissu de l’œuvre, en recense les thèmes profonds et en restitue la cartographie. Les mises en perspective  historique sont précises, et aucune polémique n’est ignorée.  L’imaginaire de Giraudoux est un et traverse tous les genres. C’est celui d’un auteur qui a porté au plus haut – peut-être un peu trop – la foi dans une nation littéraire.

• VALERY LARBAUD

UN COLLOQUE EN ALLEMAGNE…

téléchargement (2)• Un colloque international intitulé “Valery Larbaud : Cosmopolitisme à l’ère de la globalisation. Traduction et Transgression” a eu lieu à l’Université de Düsseldorf (Allemagne) les 23 et 24 novembre 2017. Elle comportait des communications de  Hédi Kaddour,Vittoria Borso, Régis Salado, Amélie Auzoux, Maribel Corbi, Frédéric Roussille, Anne Reverseau, Paule Moron, Delphine Viellard, Gil Charbonnier,Vera Elisabeth Gerling, Jan Baetens et Catherine Douzou. Les textes de ces communications seront publiés dans le  prochain Cahier Valery Larbaud  (n° 55) à paraître en 2019.

… ET UNE ÉDITION DE SA CORRESPONDANCE

AVEC HENRI BURIOT-DARSILES

téléchargement (3)• La plus grande partie de la dernière livraison des Cahiers Valery Larbaud (338 p, éd. Garnier, coll. Classiques Garnier – Cahiers Valery Larbaud n° 54, 35 €.) est consacrée à la  Correspondance entretenue entre Valery Larbaud et l’érudit moulinois Henri Buriot-Darsiles (1908-1944). Après une présentation de cette correspondance par Paule Moron, figure l’intégralité des  293 lettres et cartes postales échangées entre les deux auteurs, depuis le 28 septembre 1908 jusqu’au 23 mars 1944. La retranscription et les annotations sont dues à Maurice Sarazin.

CvlMS054b• Sommaire : Paule Moron : Présentation de la correspondance (p. 11-19) – Maurice Sarazin : Correspondance 1908-1920  – Correspondance 1921-1929 – Correspondance 1930-1944  – Indications bibliographiques autour de Henri Buriot-Darsiles (p. 21-306) –  Jean-Marie Laclavetine : 51ème  prix Valery Larbaud ) –  Remise du prix à Jean-Baptiste Del Amo pour son livre “Règne animal” – Réception du 51ème  prix littéraire Valery Larbaud –  Paule Moron : Exposition “Le peintre et la bibliothécaire”  –  Françoise Lioure : Spectacle “Voyage avec A.O. Barnabooth” –  Vie de l’association –  Jean-Marie Laclavetine et Marc Kopylov :  In memoriam  –  Association des Amis de Valery Larbaud : Assemblée générale du samedi 13 mai 2017 –  “Valery Larbaud : cosmopolitisme à l’ère de la globalisation. Traduction et transgression” (Gil Charbonnier) –  Colloque international – 23-24 novembre 2017 Université Heinrich Heine de Düsseldorf –  Petite bibliographie 2017 –  Association internationale des Amis de Valery Larbaud.

 

• MICHELLE PERROT

LA PREMIÈRE HISTOIRE DE LA MAISON

DE GEORGE SAND À NOHANT

640_043_aur_perrot_13
Michelle Perrot

• S’il existe de nombreuses biographies de George Sand, l’histoire de la maison de la “bonne dame de Nohant ” semble avoir nettement moins intéressé les historiens. Pourtant, pendant trois décennies, elle a été un lieu d’inspiration central dans l’œuvre de l’écrivaine. C’est ce qui a conduit Michelle Perrot à lui consacrer un livre, George Sand à Nohant : une maison d’artiste à paraître en août prochain (440 p, éd. Grasset, 24 €). Historienne des femmes et du monde ouvrier, Michelle Perrot, couronnée par le prix Femina 2009 pour Histoire de chambre (éd. du Seuil) avoue avoir découvert tardivement la personnalité et les engagements de  George Sand. Il en est de même pour son œuvre monumentale et sa correspondance riche de milliers de lettres, à laquelle Georges Lubin aura consacré cinquante années de sa vie, entre  recherches, annotations et publication en 26 volumes par les éditions Garnier.

106_001
Nohant: l’église  face à la demeure de George Sand

• Plutôt que de se lancer dans une nouvelle biographie de Georges Sand, Michelle Perrot, partant du principe que tout ou presque a été écrit à Nohant, a choisi de décrire cet “atelier d’artiste qui a vu défiler le “tout Paris des arts et des lettres”, bien loin du tumulte  de la capitale. Outre Frédéric Chopin, Frantz Liszt et Marie d’Agoult, Tourgueniev et Pauline Viardot, Eugène Delacroix, Honoré de Balzac, Théophile Gautier ou encore Alexandre Dumas fils y ont séjourné, le chemin de fer  ayant contribué à rapprocher Nohant de Paris. 391_001Entre passions et chagrins, pleurs et joies, discussions politiques et rêveries romantiques, c’est ici que George Sand a conçu l’essentiel de son œuvre, tout comme Frédéric Chopin. Pour donner une image complète de la maison et du vaste domaine de Nohant, Michelle Perrot a choisi de bâtir son livre autour de trois grands thèmes : d’abord les gens, puis les lieux et enfin les temps : “ C’est surtout la manière dont les êtres et Nohant se nourrissent, la façon dont ce lieu a été vu, voulu et vécu par George Sand qui retient l’attention. La maison est un songe, un rêve de famille élargie libre et créatrice”, peut-on lire dans l’avant – critique publiée par la revue  Livres Hebdo (n° 1177- 8 juin) qui parle de  “livre remarquable”.  Pour Michelle Perrot, “ Entre Sand et sa maison, les liens sont forts, émotionnels, presque organiques”.  Pour découvrir cet essai  les lecteurs devront toutefois patienter jusqu’au 23 août, date de sa sortie en librairie.

 

• CLAUDE FERRIEUX :

UN NOUVEAU ROMAN POLICIER

1795057◄ Claude Ferrieux  a déjà derrière lui une solide carrière d’écrivain. Originaire de Varennes-sur-Allier, ses études l’ont conduit à Moulins puis à Clermont-Ferrand, avant qu’il ne décroche l’agrégation d’italien, comme Jean Anglade avant lui. Il est l’auteur de plusieurs romans historiques, récits et polars qui ont pour cadre tantôt son Bourbonnais natal, tantôt le Berry de ses aïeux ou Clermont-Ferrand.

• Il vient de récidiver en publiant  Bourbonnais pris au piège, qu’il définit comme un “roman régional d’investigation” (éd. E&R La Bouquinerie – Valence) : “Avec le printemps, confie-t-il,  naissent les productions légères. Voici donc  » Bourbonnais pris au piège « , un roman régional que l’on peut emporter à la piscine, au bord de l’Allier, du Cher, ou tout simplement dans son jardin. Il est facile à lire, paraît-il, il ne délivre aucun message subliminal, si ce n’est la volonté de rester optimiste au-delà des noirceurs de la société, mais il cultive le goût de parcourir de belles régions, Clermont, le Bourbonnais, le Berry”, de quoi “Prendre le large sans quitter le département”. Et l’auteur, professeur d’italien à la retraite (comme le fut Jean Anglade) d’ajouter : “ J’entends dire parfois qu’un bon polar comporte une vulgarité sexuelle toutes les deux pages, alors non, le langage de mes personnages reste toujours à un certain niveau de maîtrise des émotions, présentable, dirons-nous. Bien sûr, la violence existe, sinon ce ne serait pas un roman policier, mais elle est évoquée sans morbidité, avec pudeur même”.

ferrieux livres
Quelques-uns des titres publiés par Claude Ferrieux

L’action se déroule dans les années 90. Jean-Claude Bourbonnais vient d’être nommé commissaire principal à Clermont-Ferrand. Pour tenter de rompre l’isolement et de s’intégrer dans son nouvel environnement, il s’inscrit dans un club sportif. Il y fait la rencontre de Romain qui lui présenter des personnes plutôt bizarres. Lesquelles pourraient  bien  mettre le flic dans une situation embarrassante... ferrieuxbourbonnaiscouvDu côté professionnel, le commissaire va devoir faire face à plusieurs enquêtes simultanées qui l’obligeront parfois à déléguer certaines tâches… D’abord, une série de cambriolages commis à Vichy, Gannat et Clermont-Ferrand  amène leurs auteurs à une prise d’otages au cours de laquelle Bourbonnais croit reconnaître une personne de son entourage… Et puis il y a aussi cette affaire concernant la disparition d’un couple de personnes âgées qui laisse présager le pire… Bourbonnais ne voit pas tout de suite les dangers qui le guettent dans sa vie privée et qui risquent de se répercuter sur sa carrière, mettant les pieds dans quelque chose dont il n’arrive pas à saisir la réelle nature. Mais on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace… A la fois déterminé et serein, il va tout mettre en œuvre pour résoudre les enquêtes en cours mais également, pour mettre un terme aux pressions qu’on exerce sur lui…

• Sur la page Facebook  Les passe-temps de Delphine, en conclusion à une analyse du roman on peut lire : “D’un point de vue global, c’est un roman court (180 pages) qui se lit vite et dont l’écriture est fluide. Le caractère régional y est fortement marqué. De nombreuses descriptions précises de certains lieux plairont certainement aux amis Auvergnats, Berrichons et Bourbonnais. Le personnage du commissaire Bourbonnais est sympathique, ce n’est pas un nerveux, il prend les choses assez tranquillement ce qui change d’autres personnages qu’on peut croiser dans certains livres et qui ont un tempérament impulsif”.

 

• PALMARÈS 2017 DES PRÊTS ET DES ACQUISITIONS

EN BIBLIOTHÈQUES : LES GAGNANTS SONT…

• Une étude a été réalisée par le ministère de la Culture en collaboration avec la revue professionnelle Livres hebdo, à partir d’un échantillon de 167 bibliothèques publiques. Elle permet de comparer la liste des livres les plus empruntés en bibliothèque et celle des ouvrages les plus achetés par ces mêmes bibliothèques.

FICTION…

CHANSON-DOUCE-GONCOURT-DE-LEILA-SLIMANI• Dans la catégorie fiction, les 5 premiers titres sont Chanson douce de Leila Slimani (Gallimard, 15ème rangs des ventes), Petit pays de Gaël Faye (Grasset, 24ème rang des ventes), Face à la mer de Françoise Bourdin (Belfond), Intimidation de Harlan Coben ( Belfond, 18ème rang des ventes) et Le temps est assassin de Michel Bussi (Presses de la cité, 7ème rang des ventes).  Un palmarès à comparer avec celui des 5 premiers achats par les bibliothèques pour la même période : Quand sort la recluse de Fred Vargas (Flammarion), Un appartement à Paris de Guillaume Musso (XO éditions), La dernière des Stanfield  de Marc lévy (Robert laffont), La tresse de Laetitia Colombani (Grasset) et L’amie prodigieuse : Celle qui fuit d’Éléna Ferrante (Gallimard).

DOCUMENTAIRES…

téléchargement• Du côté des ouvrages documentaires, les plus prêtés ont été Le charme discret de l’intestin de Giulia Enders (Acte Sud, 73ème    rang des ventes), Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson (Gallimard, 19ème rang des ventes),  La vie secrète des arbres de Peter  Wohlleben (Les Arènes, 1er rang des ventes),  Laëtitia d’Ivan Jablonka (Le Seuil) et  Vivez mieux et plus longtemps de Michel Cymes (Stock). Dans les 5 premières acquisitions, outre La vie secrète des arbres , le 3ème livre le plus prêté, qui arrive en tête, on trouve  Votre cerveau de Michel Cymes (Stock), suivi de Homo deus, une brève histoire de l’avenir de Yuval Noah Harari (Albin Michel), de  Histoire mondiale de la France, ouvrage collectif (Le Seuil) et de  Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson, classé  2ème pour les prêts.

BANDES DESSINÉES…

A-la-mode-de-chez-nous• Dans la catégorie bandes dessinées, deux séries dominent largement pour les prêts avec d’abord  Les Sisters de Christophe Cazenove : À la mode de chez nous (Bamboo)  occupe la première place. Sur les 15 premiers prêts on la retrouve Les Sisters 9 fois, tandis que  la série Lou ! de Julien Neel (Glénat) y figure 6 fois. Pour les achats, c’est le nouvel album d’Astérix, Astérix et la transitalique  qui l’emporte largement, devant Momo de Jonathan Garnier (Casterman), Titeuf : à fond le slip ! de Zep (Glénat),  Culottées ! de Pénélope Bagiou (Gallimard) et  Fairy tail de Hiro Mashima (Pika).

JEUNESSE…

téléchargement• Enfin, dans la catégorie Jeunesse, Harry Potter figure 3 fois dans le top 5 des prêts avec Harry Potter à l’école des sorciers (n°1), Harry Potter et l’enfant maudit (n°2) et  Harry Potter et la chambre des secrets (n°5).  Entre ces trois titres, s’intercalent Les pompiers de  Stéphanie Ledu (Milan jeunesse) et  Journal d’un dégonflé : Zéro réseau de Jeff Kinney (Stock). Enfin, du côté des acquisitions réalisées par les bibliothèques Les motos de Christine Baillet  (Piccolia) pointe en tête, devant Journal d’un dégonflé : Zéro reseau.

 

•  DEUX SALONS DU LIVRE À MONTLUÇON…

UN NOUVEAU VENU EN JUIN

Logo Montluçon• À l’initiative de l’écrivain et éditeur Philippe Chatel (éditions des Champs-Élysées), un nouveau salon du livre a été organisé, du 1er au 3 juin, dans la salle du congrès de l’hôtel de ville de Montluçon.  Une trentaine d’auteurs, dont la moitié étaient des “locaux” ont pu y présenter et y dédicacer leurs livres. Parmi eux, figuraient Jean-Claude Fournier, Dominique Filleton, Marie-France Lefèvre, Astrid Lafleur ou encore l’élu et auteur de romans policiers,  Jean-Pierre Momcilovic.  En tout, plus de 300 titres étaient proposés au public.  Trois maisons d’édition, toutes installées dans le bassin montluçonnais,  étaient également présentes avec, outre Champs-ÉlyséesRebelle éditions et Lune écarlate. En même temps, un hommage a été rendu à l’écrivain bourbonnais Albert Bonneau. Le prolifique auteur de  romans de cape et d’épée et de westerns, né à Voussac en 1898 et décédé à Chambon-sur-Voueize en 1967, était représenté par sa fille. Philippe Chatel entend bien  pérenniser ce salon et, à terme, il souhaiterait en faire “le plus prestigieux de l’Allier”…Rien de moins.

LES MONTLUÇONNIALES EN SEPTEMBRE

QUI SUCCÈDENT À PLAISIR DE LIRE

téléchargement

• Toujours à Montluçon, mais dans le cadre du centre Athanor, se tiendra les 22 et 23 septembre prochains un autre salon du livre, Les Montluçonniales.  Il s’inscrit dans la continuité de Plaisir de Lire, avec une spécialisation autour de  6 grandes catégories de livres: Fantastique, Fantasy, Science-fiction et ses dérivés, Thriller, Romance et Jeunesse.

• L’invitée d’honneur sera Angela Behelle. Originaire du Pas-de-Calais, elle habite désormais dans l’Yonne. Elle est l’auteure de plus d’une quinzaine de romans érotiques et sentimentaux dont la série La Société publiée en dix tomes par les  éditions J’ai lu. Elle écrit également des romances contemporaines et paranormales sous le pseudonyme de Sylvie Barret.

EN BREF…

téléchargement• Les Amis de Charles-Louis Philippe ont publié leur bulletin annuel (n° 74,  année 2018 – 60 p).  Au sommaire :  Nos deuils – Lettres inédites à Émile Guillaumin – Émile Guillaumin poète “anthologisé” – A propos d’un portrait de Charles-Louis Philippe  – Marguerite Audoux – Charles-Louis Philippe dans le tome II du Journal de Bachelin – Autographes,livres, … – Hugues Lapaire –  En quelques lignes – Compte-rendu de Assemblée générale du 30 septembre 2017.

téléchargement (1)• En moins de deux ans, le Montluçonnais Dominique Filleton a publié  6 ouvrages, édités par les éditions des Champs-Élysées que dirige, depuis Néris-les-Bains, Philippe Châtel, lui-même auteur. Son tout dernier opus présente sur 400 pages une série de 380 cartes postales et photographies qui permettent de se replonger dans les paysages et dans l’ambiance de Montluçon, depuis  la Belle Époque jusqu’au début des années 1980. Il a confié à La semaine de l’Allier en avoir “visionné 17 000 pour arriver à cette sélection”.  Comme pour les précédents album, on regrettera seulement que le texte d’accompagnement soit souvent réduit au strict minimum.

• Invitée par le Centre social Jaligny-Neuilly et la médiathèque,Véronique de Bure, auteure originaire de Bert, a rencontré des lecteurs à la Résidence du Val de Besbre à Jaligny. L’occasion pour elle de leur  présenter son roman, Un clafoutis aux tomates cerises.

maxnewsspecial067477• Alain et Eric Bocquet, respectivement ancien député et sénateur communistes du Nord, ont uni leurs efforts pour rédiger Sans domicile fisc ( Le Cherche-Midi, 2016, 271 p., 17,50 €). Cet  ouvrage qui dénonce l’évasion fiscale,  formule « des propositions de luttes concrètes pour stopper des hémorragies financières« . Les deux coauteurs, invités par la Fédération de l’Allier du PCF, ont dédicacé leur livre  à Bellerive-sur-Allier, à la mi-avril.

• André L’Héritier, ancien vétérinaire rural et créateur du parc zoologique du Bouy près d’Ambert, a publié de nombreux romans de terroir, parmi lesquels  en 2017  L’ours du Cézallier, Dans le lit de la reine et Rififi chez les ploucs. Le 21 avril, à  Gannat, il est allé à la rencontre de ses lecteurs.

img_8724• Le même jour,  la romancière, essayiste  et enseignante Camille Laurens, auteure de La petite danseuse de quatorze ans (éd. Stock, 2017, 173 p., 17, 50 €) était à la Grand librairie à Vichy pour y présenter son livre. Il est focalisé sur  cette danseuse d ‘origine belge dont la statue par Degas fut exposée au Salon des Indépendants en avril 1881. Pendant ce temps, Bernard Thévenet,  le double vainqueur du Tour de France 1975 et 1977, avait choisi Moulins, pour y dédicacer ses mémoires intitulés Carnets de route (éd. Mareuil, 2017, 270 p., 18,95 €)

téléchargement (2)• Le 26 avril, dans l’église de  Louchy-Montfand, Jérôme Clément, ancien directeur du Centre national de cinématographie et ancien président de la chaine Arte,  auteur de  divers ouvrages dont Brèves histoires de la culture (Grasset et Fasquelle, 2018, 198 p., 18 €) a donné une conférence sur l’histoire de la culture en musique. La violoncelliste moldave Luccia Bistriskaya a ensuite interprété différentes œuvres. Cette animation était organisée par les associations Preludia et Saint-Roch

• À la même date,  le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées du 15 février 2014 au 19 juillet 2017, date de sa démission, était au cinéma Étoile Palace de Vichy. Il a pu y parler d’actualité et d’engagement militaire, à propos de son livre Servir (éd. Fayard, 2017, 352 p., 20,90 €).

téléchargement (3)◄ Renaud Girard, normalien et énarque, grand reporter et journaliste au  Figaro, était l’invité du sénateur Gérard Dériot dans le cadre des Carrefours de Bransat, fin avril.  Une occasion pour lui de traiter des dictatures. Son dernier livre s’intitule  Quelle diplomatie pour la France? : prendre les réalités telles qu’elles sont (éd. du Cerf, 2017, 142 p. , 9 €).

• Le 17 mars, le dessinateur et auteur Jean-Pierre Cordier, alias Reidroc, a reçu la médaille des Arts, dessinée par Arthus Bertrand. Elle lui a été remise par le  président national de la Société d’encouragement au bien. On peut retrouver un de  ses dessins, chaque dimanche, dans La Montagne, en tête  de la rubrique Indiscrétions.

• Sarah Olin, née en 1951, est membre de l’association Les fils et filles des déportés juifs de France. Le 5 juin, à la Grande librairie de Vichy, elle a présenté son cinquième roman qui s’intitule Pour un peuple d’oiseaux (éd. Abordables, 2018, 17, 90 €). Elle se dit convaincue de l’importance de la transmission en tant qu’ “ étincelles de vie”.

téléchargement (1)◄ Gérald Andrieu, journaliste à l’Express, est l’auteur de Le peuple de la frontière : 2000 km de marche à la rencontre des Français qui n’attendaient pas Macron (éd. du Cerf, 2017, 229 p., 18 €). Entre octobre 2016 et mars 2017, il a parcouru plus de 2000 km à pied, de Bray-Dunes (Nord) jusqu’à Menton (Alpes-Maritimes) : trois millions de pas pour aller à la rencontre de la France dite périphérique. À Bransat, le 14 juin, il est venu raconter ce périple, expliquer ce qu’il en a retiré, analyser comment ceux qui, exclus des débats de la campagne présidentielle, pourraient, selon lui, s’inviter dans le nouveau quinquennat, un an après ses débuts. Autre point abordé : quel espoir cette France sacrifiée peut avoir d’être à nouveau entendue ? Sur le site du journal La Montagne, on pourra retrouver une interview du journaliste recueillie par Antoine Delacou: “Excédé par le journalisme politique parisien”, Gérald Andrieu a longé à pied la frontière hexagonale sur 2.000 km pour rencontrer une “ France invisible”. Il en a tiré un livre : Le Peuple de la frontière”, peut-on lire en introduction.

• En juin, les élèves de seconde du groupe  Littérature et société  du lycée Blaise-de-Vigenère à Saint-Pourçain-sur-Sioule, ont accueilli l’écrivain Serge Camaille, lauréat du Prix Arverne  pour L’Enfant du Carladès. Un débat s’est engagé  autour de ses romans et de la littérature en général

lugan-vs-mai68• Bernard Lugan, né en 1946, docteur en histoire et docteur ès lettres, historien, journaliste, et africaniste, dirige la revue L’Afrique réelle dont le n° 101 est paru en mai 2018. Il vient de publier deux nouveaux livres : une Histoire de l’Afrique du Nord (éd. du Rocher, 2016, 731 p.)  et  Mai 68 vu d’en face (éd. Balland, 2018, 128 p., 13 €). Le 11 avril, il est venu à Vichy pour le présenter lors d’une conférence qui a soulevé de vives protestations de la part de  9 associations, syndicats et partis politique de gauche. Il faut dire que Bernard Lugan avait été invité par le Cercle Gustave Thibon, d’inspiration Action française. Bernard  Lugan a résidé durant plusieurs années à Charroux.

le-chien-vert-de-georges-frelastre-livre-865916451_L• À l’initiative de ses deux fils,  le nom de Georges Frélastre a été donné à l’amphithéâtre du Pôle Lardy à Vichy. Homme politique, écrivain et  professeur, Georges Frélastre, décédé en 2011 à l’âge de 87 ans, a été un acteur du territoire vichyssois auquel il était très attaché.

• Le docteur Simone Rampon, professeur honoraire de la faculté de médecine de Clermont-Ferrand, est décédée le 8 avril 2018, à l’âge de 93 ans. L’année de son départ en retraite, elle avait publié Femme en 1942, elle décide de faire médecine (éd.  de la Montmarie, 2008, 283 p., 17 €).

 

 

◘ L’ACTU DES ÉDITEURS

• LES ÉDITIONS DE L’ARMANÇON REJOIGNENT

LE CIMETIÈRE DES MAISONS D’ÉDITION REGIONALES

LOGO éditions d el'Armancon• Les Éditions de l’Armançon, fondées en 1987 à Précy-sous-Thil (Côte-d’Or) par Gérard et Chantal Gautier, viennent d’être mises en liquidation. Depuis trois décennies, contre vents et marées, elles avaient œuvré à la promotion de la Bourgogne et de ses auteurs. Le premier titre, Maison bourgeoise de Suzanne Salmon, avait été publié en  1988. Le dernier, Vers la révolution verte, signé par Pierre Terrier était sorti en avril, en même temps qu’un nouveau livre de Lucette Desvignes. Entre les deux, les éditions de l’Armançon avaient inscrit à leur catalogue plus de 320 titres, rédigés par une centaine d’auteurs. Régulièrement, Vu du Bourbonnais s’en faisait l’écho dans ses Parutions récentes.  La nouvelle de la liquidation judiciaire a été officiellement annoncée le 1er juin par Gérard Gautier en personne.

9h50_le_matin_bourgogne_franche_comte_23_11_2017-00_25_27_02-3686819
Gérard Gautier

• C’est lui  qui, avec son épouse, avait développé la maison d’édition, installée aux confins du pays d’Auxois et du Morvan, entre Yonne et Côte-d’Or, dans un espace traversé par la rivière l’Armançon. Elle  faisait symboliquement  le lien entre  le pays d’Henri Vincenot  et celui de Colette. Dans les colonnes du journal L’Yonne républicaine, Gérard Gautier, aujourd’hui âgé de 75 ans, a mis en avant quelques explications à cette disparition : « Ces dernières années, nous avons perdu beaucoup de nos clients bourguignons car notre réseau de diffusion s’est restreint, avec la fermeture de nombreux points de vente. Au début, nous en avions 300. Il n’en reste qu’une petite centaine. L’autre explication concerne notre perte de visibilité dans la presse régionale. Depuis deux ans, nous avons beaucoup de mal à faire parler de nos ouvrages« . Conséquences aussi directes que brutales, le chiffre d’affaires de l’entreprise avait été divisé par 3 en 12 ans, tombant de 246 000 € en 2004 à seulement 84 100 € en 2016, tandis que les déficits se creusaient d’année en année. Un constat auquel nombre d’éditeurs en région, disparus ou non, ont pu ou pourraient aisément souscrire.

ARM

• Sur la page Facebook des éditions de l’Armançon, Marc Rey, co-gérant de l’entreprise, a également laissé un message émouvant : “J’avais placé pour le mois de mai en tête de cette page de gentils dragons dans l’herbe du Morvan, écrit-il.  D’autres dragons ont eu raison des Editions de l’Armançon. Depuis le 29 mai,  notre entreprise est en liquidation. Les raisons en sont multiples et nous ne pourrons en faire le tour sereinement qu’une fois la courbe du deuil achevée. Il y a de multiples façons d’aborder cette nouvelle. Administrative et financière, littéraire, économique, politique… Mais dans ce post je ne souhaite retenir que des cœurs qui battent. Les cœurs de l’équipe, Gérard, Claire, Brigitte, moi-même, les cœurs de nos proches, ceux de nos auteurs qui nous expriment leur tristesse, ceux des amis éditeurs; Mutine, La Renarde rouge, L’atelier des Noyers, les cœurs de tous ceux qui nous envoient des messages et qui confirment combien cette maison fondée voilà trente ans par Gérard Gautier était aimée et respectée. Des cœurs qui battent, chauds de sympathie et de vie. Une porte se ferme mais il reste tant de fenêtres à ouvrir.  Continuons à lire. Ne perdons jamais le goût de cette magie qui transforme de la cellulose et de l’encre en émotion, en culture, en indignation, en rires… Respectons l’orthographe. Ne confondons pas « Amazonie », merveilleux bassin de biodiversité naturelle, avec « Amazon », assassin de biodiversité culturelle”.

Sans titre
Quelques-uns des derniers titres publiés par l’Armançon

• À la différence du Bourbonnais voisin où la disparition quasi simultanée des éditions des Cahiers bourbonnais  (2016) après plus d’un demi-siècle de bons et loyaux services,  et celle  de Des figures et des lieux (2015) n’avaient guère suscité de réaction du personnel politique dans son ensemble, cette liquidation a ému François Sauvadet, ancien ministre de la Fonction publique (2011-2012) et président du conseil général puis départemental de la Côte-d’Or.

téléchargement
François Sauvadet

• L’élu s’est fendu d’un communiqué relayé par le journal Le Bien Public : « J’ai appris aujourd’hui la liquidation des Editions de l’Armançon (…). Cette disparition m’attriste. Depuis plus de 30 ans, cette maison d’édition atypique avait œuvré sans relâche à la promotion de la Bourgogne et de ses trésors. Plus de 330 titres et une centaine d’auteurs publiés font des Editions de l’Armançon un catalogue de tout ce que la Bourgogne compte d’écrivains. Parisien d’origine, Gérard Gautier avait posé ses valises sur les bords de l’Armançon, cette petite rivière qui prend sa source en Côte-d’Or avant de se jeter dans l’Yonne, 200 km plus loin. Ce spécialiste d’Henri Vincenot avait alors créé sa propre maison d’édition dont l’ambition était de « promouvoir la Bourgogne par la publication d’ouvrages ayant trait à la région et l’édition de textes d’auteurs nés ou vivants en Bourgogne ». […]. Avec la fermeture des Editions de l’Armançon, c’est une partie du patrimoine de la Côte-d’Or qui disparaît. C’est un peu de nos villages et de nos territoires qui perdent de leur éclat. Surtout, c’est la voix des écrivains bourguignons qui s’éteint ».

• Il reste que l’on peut craindre que les éditions de l’Armançon ne soient pas les dernières à rejoindre le cimetière des maisons d’éditions régionales… Avec ou sans oraisons funèbres.

• ANTOINE GALLIMARD

Gallimard_logo.svg

ET LA RESPONSABILITÉ DE L’ÉDITEUR

Le 14 juin, sur France Inter, dans son émission Boomerang, le Bourbonnais Augustin Trapenard avait invité Antoine Gallimard, président des éditions éponymes. On sait que son projet de réédition des pamphlets de Louis-Ferdinand Céline a suscité, il y a quelques mois, une polémique, devant l’ampleur de laquelle les éditions Gallimard  ont décidé de surseoir à leur publication…pour l’instant.

Z LOTI
Pierre Loti, raciste?

• Il n’est donc pas surprenant que la question du rôle et de la responsabilité des éditeurs ait refait surface au cours de l’émission. C’est ainsi qu’a  été d’abord évoqué le  cas de  Pierre Loti (1850-1923). L’écrivain, disparu il y a 95 ans, a été  mis en cause récemment par plusieurs associations, parmi lesquelles SOS racisme ou l’Union des étudiants juifs de France qui avaient publié une Tribune libre dans Le Monde (1er juin) Elles lui reprochent de n’avoir pas hésité à montrer sa  haine à l’encontre des juifs et des Arméniens. D’où leur opposition, lors de la visite du chef de l’État, à ce que sa maison de Rochefort (Charente-maritime) fût inscrite au Loto du patrimoine. Une position qu’Emmanuel Macron a qualifiée de “combat anachronique” et “d’anachronisme mémoriel Selon lui, revisiter des œuvres anciennes avec des yeux contemporains reviendrait à condamner nombre d’auteurs. Et de  justifier son point de vue: “Même dans Voltaire et Montesquieu,  vous trouverez toujours de quoi vous indigner”. Il a toutefois reconnu que  “si Pierre Loti écrivait aujourd’hui, on lui ferait une polémique légitime”. Face à cette polémique, Antoine Gallimard s’est dit “choqué” tout en développant ses arguments : « Je pense que ces propos (de Pierre Loti, ndlr) ont besoin d’être mis dans leur contexte et doivent vivre à l’aune de ce qui se passait à l’époque. »

téléchargement
Peut-on rééditer les pamphlets antisémites de Céline?

• Sur la question  de savoir si l’on peut (doit ?) faire la part entre l’œuvre et l’homme qui l’a écrite, Antoine Gallimard a réaffirmé sa volonté de  publier, un jour ou l’autre, les pamphlets de Céline : « Il  y a un homme, et il y a une œuvre qui a un côté sombre et un autre côté. La loi est là, je suis contre ce qui est injure à la personne, mais en même temps je pense qu’il faut publier les choses, et qu’il faut pouvoir avoir une approche précise, réfléchie sur les choses”. Et de préciser à ce propos que s’il avait suspendu le projet de publication, c’était “ par respect pour les familles qui avaient eu des parents disparus en camps et par respect pour la douleur”. Tout en regrettant de n’avoir pas eu le temps de présenter l’édition qu’il souhaitait  faire, il a confirmé son intention de publier “une édition historique, littéraire de ces pamphlets ». Sans, toutefois, donner de date.

lapleiadebis• Plus généralement, à propos du métier d’éditeur, sans nier une « responsabilité à tous niveaux », il considère qu’un éditeur doit pouvoir publier des choses qui dérangent”, prenant en exemple son père Claude Gallimard qui avait publié Céline dans la Pléiade, et son propre cas, avec la parution des écrits du marquis de Sade, dans la même collection. Pour lui, l’éditeur doit “ savoir toujours flirter avec les choses un peu difficiles, des choses qu’on n’attend pas”. Au passage, il s’est dit frappé par les « démineurs de polémiques” qui sévissent de plus en plus aux Etats-Unis et dont l’action consiste à vérifier que le contenu d’un ouvrage n’offense pas leur communauté. Pour Antoine Gallimard, ce travail s’apparente à celui de contrôleurs de la morale”. Autre critique de l’éditeur, celle formulée à l’encontre des réseaux sociaux : entre “leur poussée et le temps d’une réflexion, il y a là un espace dangereux qui peut étouffer tout le monde. »

Écouter l’émission du 14 juin

• MAI 68 DANS L’ÉDITION 

APRÈS LA DÉFERLANTE…

affiches-mai-68

 L’HEURE  DES COMPTES ET DES  DÉCONVENUES

ob_22b9df_0152-cc-121072• Sous la titre “Éditions, piège à…”, clin d’œil à un slogan fameux  de mai 68,  Marianne Payot s’est livrée dans le magazine L’Express à un premier bilan éditorial du cinquantenaire des fameux événements : “Plus de 150 livres commémorent mai 68, écrit-elle, mais peu d’entre eux résistent à l’indifférence du grand public (…). Rarement une commémoration aura entraîné autant d’ouvrages…et de déconvenues. Sous les pavés, le désert ou presque”. Entre les essais, les livres d’archives, les beaux livres, les romans, les souvenirs des protagonistes, les livres bilans ou même les BD, les éditeurs ont fait feu de tout bois pour occuper le terrain, dans l’espoir de voir émerger des best sellers, “au risque de grandes désillusions ou de belles envolées”. Marianne Payot rappelle que déjà en 1998, pour le 30ème anniversaire, un seul titre parmi les 83 publiés  avait tiré son épingle du jeu. Il s’agissait de Le pavé de mai 68, un recueil de dessins et caricatures  signés par Cabu, Wolinski, Siné, Gébé, Reiser ou Cavanna. Les éditions Michel Lafon en avaient alors vendu 85 000 exemplaires. Une leçon qui n’aura été retenue ni en 2008, avec  85 nouveautés, ni en 2018 avec 150 titres.

téléchargement• Selon la journaliste, à la mi-mai,  en dépit du battage médiatique, de nombreux titres ne faisaient que  “végéter” autour de 1 000 exemplaires vendus. C’était le cas pour Les archives du pouvoir publié par L’iconoclaste. Malgré les documents inédits qui permettaient une véritable plongée dans les coulisses de l’État face aux “Évènements” et et en dépit de  l’accompagnement de l’exposition aux Archives nationales, l’éditeur est  loin d’avoir écoulé les 6 000 exemplaires tirés. Même tendance pour Mémoires de police dans la tourmente de mai 68 (éditions Textuel) ou pour Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu le projet soutenu par Médiapart et les éditions de l’Atelier.  Riche de 800 pages de témoignages “de base”, le livre dirigé par Boris Gobille  peinait à dépasser les 2 000 exemplaires vendus à la mi-mai. Ses concepteurs pourront se consoler en notant que c’est tout de même deux fois plus que  Femmes et filles. Mai 68 d’Inès de Warren et Pascal de Langautier (éditions de l’Herne) ou que Changer le monde, changer sa vie. Enquête sur les militantes et les militant des années 68 en France (éditions Actes Sud).

• Marianne Payot note toutefois que certains titres s’en tirent mieux. Livres d’images, livres gadget, poches, mais aussi une  petite poignée d’essais (qui) dépassent les 3 000 exemplaires (…) les ouvrages les plus vendeurs franchissant à peine la barre des 11 000”.  Jean-Pierre-Le-Goff • Parmi ces livresrescapés”, figurent  plusieurs ouvrages sortis un peu plus tôt et qui ont donc disposé d’un peu plus de visibilité, notamment dans les médias. C’est le cas de La France d’hier. Récit d’un monde adolescent, écrit par le philosophe et sociologue Jean-Pierre le Goff. Il faut dire qu’il a eu droit à la publication des bonnes feuilles dans Le Figaro magazine,  à trois pages dans Télérama et à des interviews dans Libération, l’Express et L’Obs, sans oublier un entretien croisé avec Alain Finkelkraut dans Marianne et des apparitions sur le petit écran, entre la chaîne Histoire, ou la radio, avec France Culture. Finalement, ce livre “intimiste ” qui décrit la vie d’un jeune des années 1950-1960 avait séduit 11 000 acheteurs, à la mi-mai, alors que le tirage initial avait été fixé à 8 000.

téléchargement (2)• Aux éditions du Seuil,   De grands soirs en petits matins, “récit empathique des luttes et des espoirs des acteurs – ouvriers, étudiants, danseurs, médecins, paysans, artisans” a révélé au grand public l’historienne Ludivine Bantigny. Invitée par de nombreuses librairies et universités, notamment en province, elle a bénéficié d’une présence  précoce dans les médias.  De quoi espérer atteindre les 10 000 exemplaires. Autres succès, ceux des deux “éditocrates” Laurent Joffrin et Jean-Miche Aphatie. Le premier a republié en version poche Mai 68, une histoire du mouvement dont l’édition originale date de  1988. Quant au second, il s’est fait remarquer avec  La liberté de ma mère. Mai 68 au Pays basque, un livre autoédité chez Amazon qui, succès oblige, vient d’être réédité en poche chez J’ai Lu : “Écrit avec  autant de chaleur que de simplicité”, ce livre est “une ode paradoxale à un Mai 68 de la France profonde”, écrit Hervé Hugueny dans Livres hebdo,

9782221216668ORI• Quant à un éventuel sursaut des ventes pour la masse des titres qui ont végété, il ne semble guère envisageable. Un événement chassant l’autre, avec le Mondial de football, les tables des libraires devraient rapidement se dégarnir, le foot balayant les événements de mai. Avec les retours massifs attendus par les éditeurs malchanceux, le pilon ne devrait pas manquer de matière première.

• Comme l’écrit en conclusion Marianne Payot, il ne reste qu’une solution pour “se mettre en jambes et réconcilier tout le monde : lire le livre de Daniel Cohn-Bendit, Sous les campons…la plage” publié par les éditions Robert Laffont.

 

 

◘ L’ACTU DES LIBRAIRES

• LES 400 PREMIÈRES LIBRAIRIES FRANÇAISES

• La revue Livres-Hebdo (n° 1175 – 25 mai 2018) a publié son traditionnel  classement des 400 premières librairies Françaises. Comme les années précédentes, aucune librairie bourbonnaise n’y figure. La librairie clermontoise Les Volcans, reprise par une partie de son personnel il y plus de trois  ans, se hisse à la 18ème place, avec un chiffre d’affaires livres de 5,57 M€, sur un total de 6,65 M€. Sur une surface de  près de 1 700 m2, les Volcans emploient 43 salariés et disposent de 71 000 ouvrages en rayons.

librairie_des_volcans
Les Volcans, 18ème sur 400

• Au fil du classement, Vu du Bourbonnais a noté deux librairies de Limoges :  Page et plumes (52ème place, 3,42 M€ de CA livres) et Anecdotes, propriété du groupe d’édition Albin Michel (116ème place, 1,82 M€ de CA livres). Point Virgules à Aurillac arrive en 121ème position (1,73 M€ de CA total), loin devant Gibert Joseph, autre librairie clermontoise qui figure en 148ème position (1,48 M€ de CA livres). La ville de Nevers est présente dans le classement, avec Le Cyprès – Gens de la lune (242ème place, 0,86 M€ de CA livres). L’espace culturel Leclerc, à Paray-le-Monial est classé 269ème (0,75 M€ de CA livres). Enfin, une  troisième librairie clermontoise, Momie Clermont-Ferrand,  apparaît dans le classement à la 319ème place avec 0,58 M€ de CA livres. À titre de comparaison, la toute première librairie du classement, Gibert Joseph Saint-Michel à Paris, réalise  34,7 M€ de CA livres et emploie 110 salariés . Elle propose 350 000 exemplaires dans ses rayons.

 

◘ L’ACTU DES MÉDIAS

• TERRE DES BOURBONS

images

LE MAGAZINE QUI MONTE

téléchargement (3)• Sous le titre Terre des Bourbons, le magazine qui monte,  Tristan Potelle a dressé dans La semaine de l’Allier (31 mai) un bilan des deux premières années d’existence du magazine trimestriel.  Porté à l’origine par les Imprimeries Réunies, Terre des Bourbons qui va bientôt sortir son 11ème numéro, est aujourd’hui entièrement conçu et réalisé par l’agence de communication C Toucom, que dirige  depuis 2003 Benoît Kornprobst. C’est en travaillant à un projet de campagne de communication sur le Bourbonnais, que l’idée de lancer un magazine “dédié à la promotion  du territoire” est né, avec l’objectif de “mettre plus en avant (ses) atouts qui sont nombreux”, en proposant “un magazine qualitatif avec une ligne éditoriale et un état d’esprit“. Terre des Bourbons, pour lequel « la rentabilité du projet n’est clairement pas  l’objectif premier », est animé par un petit comité de rédaction, avec des plumes et des photographes qui sont “tous des talents locaux”.

téléchargement (4)• Face aux coûts qu’engendre une publication de 68 pages entièrement  imprimée  en quadrichromie, Benoît Kornprobst dit “avoir les reins solides pour tenir un projet comme celui-là”, l’objectif prioritaire étant “d’apporter (sa) pierre à l’édifice”. Et d’ajouter : “On connaît bien notre territoire et on veut montrer qu’il y a des choses qui s’y passent”. Pour chaque sujet abordé, Terre des Bourbons cherche à traiter à la fois la dimension historique et la dimension artistique en faisant appel à des spécialistes et à des photographes professionnels reconnus, comme  Richard Demoret,  Serban Bonciocat ou encore  Frank Pizon, auteur de plusieurs documentaires animaliers. Enfin, le trimestriel qui veut “s’inscrire dans la durée” tout en évitant l’effet de mode ou l’élitisme, entend bien traiter du département dans sa totalité : “ Je continue de croire que  les gens de Montluçon peuvent être intéressés par ce qui se passe à Vichy et à Moulins, et inversement”, précise Benoît Kornprobst. Si l’article ne donne aucun chiffre des ventes en kiosque, il permet d’apprendre que  chaque numéro  coûte entre 10 et 12 000 € et qu’il dispose d’un portefeuille de 500 abonnés, ce qui lui permet d’atteindre l’équilibre : “Dans un contexte de désaffection du grand public pour la presse papier, lancer un magazine comme Terre des Bourbons était un pari audacieux. En passe d’être réussi”.

► AU SOMMAIRE DU n° 10 (JUIN-JUILLET-AOÛT):

VDB

 

LA GALIPOTE, UN TRIMESTRIEL

header.gif

ET UNE MAISON D’ÉDITION

• Installé à Vertaizon, le trimestriel La Galipote, vient de publier son 137ème numéro (printemps 2018). Depuis bientôt 35 ans, l’équipe rédactionnelle qui compte une soixantaine de contributeurs, entre collaborateurs bénévoles et salariés, travaille à la réalisation  d’une publication qui compte aujourd’hui une soixantaine de pages, souvent très denses, et qui est tirée à 5 600 exemplaires. Elle est diffusée à la fois par abonnement et par une mise en place dans différents magasins de presse de la région.

image.jpg
La une du  n° 137 – Printemps 2018

• Dès ses débuts, la Galipote s’est fixé une ligne éditoriale, déclinée en sept grands thèmes  sur son site Internet : “Apporter une information, touchant à différents thèmes, mais  qui ne soit pas “mosaïque”… autrement dit, non pas une information “brute de décoffrage”, mais une information réfléchie traitant des sujets abordés dans leur durée. Offrir un support à un travail d’investigation en matière d’information… genre journalistique qui fait notablement défaut sur le plan régional. Permettre une diversification de l’information dans une région confrontée à un monopole de plus en plus marquée en matière de presse écrite. Constituer un liant et une plate forme d’expression libre pour le monde associatif, qui dépasse la simple publication de communiqué plus ou moins tronqué. Fournir un organe d’expression libre qui puisse utiliser la critique, voire la satire dans ses colonnes. Être le support d’une culture vernaculaire malmenée dans la société contemporaine (article en langue d’oc), grâce à un profond ancrage “régionaliste”. Servir d’espace de formation à des jeunes ou des moins jeunes que les métiers de l’information intéressent. Enfin, donner l’occasion aux dessinateurs (de presse ou de BD) régionaux de faire leurs armes en étant publiés”… Cinq numéros Spécial humour,  de La Galipote  ont d’ailleurs été dédiés aux dessinateurs de presse (n°104, 108, 111, 114 et 125, toujours disponibles sur commande).

Z Galipote é
Sommaire du n° 137 – Printemps 2018

Z livre galipote• À cette activité de presse, qui peut faire grincer quelques dents, s’ajoute une activité de maison d’édition, publiant des romans à ancrage régional, des essais et des ouvrages historiques. Sur son site on peut lire à ce propos : “Que ce soit à compte d’auteur ou d’éditeur, chaque ouvrage bénéficie d’un travail de qualité sur offset et d’un investissement de la part des rédacteurs sur les corrections et modifications à apporter. Les livres sont entièrement réalisés sur place, de la mise en page à l’impression, en passant par l’assemblage, le brochage… le tout de façon manuelle et artisanale”.  La distribution est assurée par  l’association A.C.A.P.  auprès de plus de 400 points de ventes à travers l’Auvergne et certaines grandes villes limitrophes.

 

LA BOUINOTTE : 143 NUMÉROS DEPUIS 1982Sans titre

 ET DES DIZAINES DE LIVRES PUBLIÉS

téléchargement (2)• Basée à Châteauroux, La Bouinottte est d’abord le nom d’une revue trimestrielle (143 numéros au compteur) fondée en 1982, par Léandre Boizeau, Gérard Coulon et Rolland Hénault, trois Berrichons passionnés par tout ce qui touche au Berry d’hier comme d’aujourd’hui. Au fil des numéros, la revue traite  de l’actualité, des arts et de la culture, mais aussi de la nature, de la cuisine et évidemment, de l’histoire.  Elle tire son nom du mot bouinotte qui désigne, en parler berrichon, une petite lucarne, une petite ouverture pratiquée dans un mur. Une manière d’affirmer le regard original que les fondateurs entendaient  et entendent toujours porter sur leur province. Depuis 2005, la revue est dirigée par Gilles Boizeau et elle s’appuie sur un comité de rédaction fort de plus d’une vingtaine de membres.  C’est aussi une  maison d’édition qui lui est adossée et  qui publie une dizaine de titres par an, aussi bien des romans, que des récits et des  livres thématiques.

04-05-COUP-DE-COEUR-LA-BOUINOTTE-BANDO
Quelques-uns des titres publiés par La Bouinotte édition

• Trente six ans après sa fondation, La Bouinotte vient de publier simultanément son 143ème numéro (printemps 2018) et un numéro spécial hors série.  Dans le numéro de printemps, La Bouinotte poursuit son exploration du Berry, d’hier à aujourd’hui, du Blanc à Sancerre. Le seul magazine de la province  en profite pour inaugurer une nouvelle rubrique intitulée Berry’scopie.téléchargement L’objectif est de  mener l’enquête sur les sujets qui touchent à la vie quotidienne des Berrichons et en décrypter les enjeux : école, culture, alimentation, loisirs, agriculture, paysage Les thèmes sont inépuisables et passionnants, les défis à relever énormes, les initiatives locales aussi nombreuses qu’encourageantes, qui témoignent d’une envie de bien vivre ici. Au cœur de ce numéro 143, sa toute première enquête s’intéresse à la “Révolution des rivières : écolos, pêcheurs, ingénieurs, agriculteurs, buveurs d’eau potable, chacun  défend ses intérêts et sa conception du bon usage de l’eau douce…

leandre-boizeau-portrait-2_med_hr
Léandre Boizeau

• Toujours dans ce numéro, La Bouinotte poursuit son tour d’horizon trimestriel du Berry contemporain au gré de deux escales : la première à Saint-Georges-sur-Arnon, la Belle verte, et la seconde à Jouet-sur-l’Aubois, dont le cœur balance encore entre nostalgie et ambition ! Actualité toujours, mais avec 144 ans de retard : La redécouverte d’une tombe sur une île perdue du Pacifique Sud qui révèle le destin tragique d’un jeune marin originaire de l’Indre, Paul Duris, embarqué pour une mission scientifique dont il ne reviendra pas. Antoine Perriol et Valérie Baud co-signent pour LaBouinotte un article consacré à Germaine Hugnet : originaire de Sainte-Gemme, épouse d’un surréaliste, amie des surréalistes, photographiée par Man Ray, bouleversée par la guerre, sa vie est  mise en lumière et elle fait entrer dans l’intimité des acteurs d’un des plus importants courants artistique du 20ème  siècle. À signaler enfin, une série de portraits et des histoires d’un Berry qui ne cesse de surprendre : une cascadeuse vierzonnaise, un berger des bords de Loire, une confrérie qui, à Sainte-Sévère, porte la tradition à bout de bras, un Bricolin épinglé du côté de Buzançais, et le roi du musette, Jean Pilorget.

reduc• 100 numéros, 25 ans d’histoire, 15 articles…C’est le sous-titre du numéro spécial hors-série 2018 de La Bouinotte (6,90 €). L’équipe de la revue s’est plongée dans ses archives pour en extraire “ la matière brute d’un Berry d’hier et d’avant-hier”, raconté par dix auteurs et croqué par trois coups de crayon d’une étonnante justesse. C’est donc  un florilège des articles publiés entre le n°1, sorti en  juillet 1982, et le n°100, publié au terme d’un quart de siècle d’existence. Ces morceaux choisis abordent des thèmes variés : des portraits de Berrichons illustres ou méconnus, des traditions oubliées, des sobriquets savoureux, un fait divers musical, un drame familial, des histoires de guerre, de solidarité … Sans oublier  la littérature, comme le souhaitaient les pères fondateurs, au gré, notamment, des souvenirs d’enfance et des rêves de vieux d’un Plouc en grande forme !  Ce hors-série est enrichi de nombreuses photos inédites mais aussi de dessins, qui ont contribué à donner au trimestriel sa couleur et son identité. Qu’ils  soient tendres, cyniques, ou malicieux, ils sont toujours drôles.

 

• GOLIAS ET LE TROMBINOSCOPE DES ÉVÊQUES

arton6710• Le Trombinoscope des évêques 2018-2019, publié par la revue Golias sous la direction de Christian Terras, Gino Hoel (Villeurbanne, éd.  Golias, 432 p., 22 €) vient de paraître La notice consacrée à Mgr Laurent Percerou évêque de Moulins, occupe les pages 86-88 ; il est qualifié d' »attentif » : « dynamique, soucieux des plus pauvres, pastoral, l’évêque de Moulins est un homme apprécié de ses diocésains. De ses supérieurs aussi (…) Un pro de l’institution doublé d’un pasteur sensible et délicat, pour qui l’autre est central (…) un excellent évêque que nous souhaitons encourager... ». Les appréciations sont nettement moins flatteuses pour les autres évêques de la province : Mgr François Kalist (Clermont-Ferrand) est jugé « Endormi”, tandis que  Mgr Bruno Grua, (Saint-Flour) se voit qualifié  « d’isolé »  et que  Mgr Luc Crépy (Le Puy-en-Velay) est « Désolant« .

LA GAZETTE DE THIERS DISTINGUÉEunnamed

POUR SA NEWSLETTER L’ÉCHO DE LA VALLÉE

la-gazette-de-thiers-ambert• Lors de son congrès tenu à Nîmes, fin mai,  le Syndicat national de la presse hebdomadaire a distingué le travail accompli par l’équipe de La Gazette de Thiers et d’Ambert qui fait partie du groupe Centre-France –  La Montagne, en lui décernant  le Trophée de l’innovation éditoriale 2018. Une récompense qui a été officiellement remise dans les locaux du journal à la mi-juin, et qui  entendait saluer la création de L’Écho de la Vallée, une  newsletter d’information locale. Le jury a été séduit par “l’originalité de cette newsletter et l’enthousiasme des équipes qui la portent”. Les lecteurs peuvent y accéder directement en  s’inscrivant via  la page Facebook de La Gazette de Thiers et d’Ambert.

 

• CENTRE DE LA PRESSE DU CHÂTELET téléchargement (6)

25 ANS ET UNE FOULE DE PROJETS

Centre de la presseLe Centre de la presse, installé à Maisonnnais et au Châtelet (Cher) vient de fêter son quart de siècle d’existence. Fondé en 1993, à l’initiative de Pascal Roblin, son actuel président, il compte aujourd’hui 120 adhérents et il fonctionne avec un budget annuel de 70 000 €, provenant pour moitié  d’aides. Pascal Roblin, fils d’un conservateur de musée,  avait débuté sa collection de journaux dès l’âge de 12 ans. Après l’avoir déménagée dans une grange située à Touchay (Cher), il a souhaité  développer un projet culturel autour de ses collections. De là est né le Centre de la presse. Au fur et à mesure de l’enrichissement du fonds, les 600 m2 de l’ancien presbytère  de Maisonnais ont affiché complet, au point qu’il a fallu dénicher un nouveau site. C’est chose faite avec l’ancienne maison de retraite du Châtelet, qui disposait de 45 chambres, toutes en cours d’aménagement. Le site historique de Maisonnais ne sera pas abandonné pour autant puisqu’il sera dédié aux expositions permanentes et aux collections de journaux étrangers.

newacquisition

• Le centre de la presse, dont les collections ne cessent de s’enrichir, recèle aujourd’hui   plus d’un demi-million d’exemplaires issus de 6 000 titres différents…voire peut être plus, l’inventaire débuté en 2015 n’étant pas encore  achevé. Les plus anciens exemplaires remontent au XVIIè siècle, comme Le Mercure françois (1628) ou la célèbre Gazette de Théophraste Renaudot (1631). Les plus récents  sont les éditions de La Montagne et du Berry républicain du groupe Centre France. Une entreprise au sein de laquelle travaille Pascal  Roblin au service marketing – vente. L’essentiel du fonds est constitué de  journaux régionaux, de magazines, principalement du XXème siècle, parmi lesquels figurent les collections complètes de trois quotidiens publiés  dans la période 1914-1918.

téléchargement (5)
Christian Roblin dans les locaux du Centre de la presse

• Chaque année , le Centre de la presse  récupère surtout  des revues et des  journaux antérieurs aux années 1970, qu’ils soient issus de la presse nationale, régionale ou internationale. C’est ainsi qu’en 2017, il a pu récupérer  90 palettes de presse internationale promises…à la benne à papier. Idem pour l’Echo Républicain, entré dans les collections en mai. Pour en  faciliter la consultation, Christian Roblin  s’est fixé pour but d’aménager chacune des 45 chambres de son nouveau site du Châtelet en autant d’espaces, avec pour chacun son titre ou sa thématique, mais aussi sa table et sa connexion Wifi, avant de les ouvrir au public et aux chercheurs. Autre objectif : accroître la notoriété du Centre de la presse, autant auprès des particuliers que des professionnels, auxquels il pourrait vendre des prestations, afin de développer ses ressources. Quant aux opérations d’inventaire,  de tri, de classement et d’archivage, il faudra au rythme actuel encore  deux ou trois ans pour les mener à leur terme.

• Les expositions sont une autre activité du centre.  Outre l’exposition permanente sur l’histoire de la presse, à Maisonnais, plusieurs expositions thématiques ont été consacrées à La grande guerre sous le regard de la presse, ainsi qu’à la presse féminine ou à la presse pour les jeunes de 1850 à nos jours. Autres thèmes présentés : 50 ans, 50 unes et De la Gazette à la tablette.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s