L’ACTUALITÉ DES AUTEURS, DES ÉDITEURS, DES LIBRAIRES ET DES MÉDIAS : N° 16 (NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2018)

MISE À JOUR: 20 DÉCEMBRE 2018

 

L’ACTU DES AUTEURS

 

• MAURICE GENEVOIX

(1890-1980)

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DE DECIZE  AU PANTHÉON,

VIA LES ÉPARGES

 • Le romancier et poète Maurice Genevoix, né à Decize (Nièvre) en 1890, grièvement blessé aux  Éparges (Meuse), en 1915, lors de la Première Guerre mondiale, entrera bientôt  au Panthéon. Son recueil de récits de guerre Ceux de 14 (éditions Flammarion) est considéré comme l’un des principaux témoignages sur la Grande Guerre. À travers l’écrivain, cette panthéonisation représentera un hommage à l’ensemble des Poilus. Il y a aura donc deux  panthéonisations simultanées, celle de Maurice Genevoix et celle, à titre collectif”, de “ceux de 14  incarnant la nation combattante, composée des civils appelés sous le drapeau et des militaires de carrière engagés dans les combats, mais aussi des femmes qui les ont accompagnés sur le front”. Selon Le Figaro, c’est  Georges Clemenceau qui avait  d’abord été envisagé par l’Élysée  comme candidat potentiel à la panthéonisation. Un projet auquel il a fallu renoncer, à l’examen des dispositions  testamentaires du Tigre.

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Les Éparges: L’éperon, “explosé sous les coups des mines

• Julien Larere-Genevoix, petit-fils de Maurice Genevoix, s’est déclaré  favorable à cette initiative: « C’est un combat que nous menons depuis longtemps, un chemin que nous espérions voir prendre depuis longtemps (…) Il ne s’agit pas de glorifier la personne de Maurice Genevoix, mais bien le témoin. C’est dire que par ses écrits on n’oubliera jamais ce qu’il s’est passé« , a-t-on pu entendre sur France Bleu.  Sylvie Genevoix, la fille de l’écrivain, décédée en 2012,  avait elle aussi milité pour faire entrer son père au Panthéon et, en 2011, un rapport favorable au projet avait été remis au président de la République, Nicolas Sarkozy. L’hommage aurait dû  avoir lieu en 2014, mais il avait été mis entre parenthèses, après l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Ce dernier lui avait préféré un hommage aux résistants de la Seconde Guerre mondiale, en faisant entrer au Panthéon, en 2015,  Jean Zay, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Geneviève de Gaulle-Anthonioz.

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Le plateau de Combre, aux Éparges, après les combats
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Le monument aux morts érigé aux Éparges sur le crête

• Lorsque la guerre éclate, Maurice Genevoix, jeune normalien en 1912, se destinait à une carrière qui l’aurait conduit vers l’enseignement ou la haute fonction publique. Mobilisé dès le début du conflit, avec le grade de lieutenant,  il prend part aux combats des Hauts de Meuse et des Éparges où il est transpercé par plusieurs balles, le 25 avril 1915. S’ensuit une hospitalisation de 7 mois qui débouche sur une mise en invalidité à 70%.  Au passage, le futur écrivain a perdu l’usage de la main gauche.

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La première édition (1916), victime de la censure

• Durant sa convalescence, en s’appuyant sur les notes de ses carnets,  il rédige Sous Verdun,  le premier d’une série de cinq ouvrages qui seront regroupés sous le titre générique de Ceux de 14. Publié en 1916,  Sous Verdun  doit passer sous les ciseaux de la censure: « Trop de sincérité, trop de réalisme documentaire dans la peinture du carnage et de l’effroi ressenti par les combattants que les gradés, ignorant  la valeur de la vie humaine envoient au casse-pipe”, écrit Macha Séry dans Le Monde. Il faudra attendre 1925, l’année même où Maurice Genevoix décroche le prix  Goncourt pour  son Raboliot,  pour que le livre paraisse enfin dans son intégralité chez Flammarion. Quelques années plus tard, en se penchant sur Les souvenirs des combattants édités en français entre 1919 et 1928, Jean Norton Cru écrivait à propos de Maurice Genevoix: “Il a su raconter sa campagne de huit mois avec la plus scrupuleuse  exactitude, en s’interdisant tout enjolivement dû à l’imagination, mais cependant en ressuscitant  la vie des événements et des personnes,  des âmes et des opinions, des gestes et des attitude, des paroles et des conversations”.  Élu à l’académie française en 1946, Maurice Genevoix a laissé derrière lui  une œuvre riche d’une soixantaine de livres, marqués par deux grands thèmes dominantsla terre, avec les liens  entre l’homme et la nature, ainsi que la Grande guerre.

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• PIERRE MAZATAUD (1934-2018)

GÉOGRAPHE ET SPÉCIALISTE DE LA GÉOPOLITIQUE

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Pierre Mazataud, lors de la remise du prix Aimé Couloudon (2013)

Pierre Mazataud, agrégé de  géographie  et spécialiste de la géopolitique, est décédé le  26 novembre 2018, à l’âge de 84 ans. Né le 11 octobre 1934, à Montluçon, il y avait fait toutes ses études primaires et secondaires, dans ce qui était alors le lycée de garçons (actuel collège Jules-Ferry). Admis au concours de l’école normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET),  il avait soutenu un mémoire sur   Les entreprises et travailleurs de Montluçon. Il avait ensuite exercé au lycée technique Amédée-Gasquet (Clermont-Ferrand) puis il avait rejoint Montluçon, lors de l’ouverture de l’IUT en 1967. Il y était chargé de la formation générale.  Devenu maître de conférences à l’université d’Auvergne, il a rédigé des dizaines d’articles relatifs à la pédagogie, à l’informatique et à la géopolitique, dont il était un des meilleurs connaisseurs, au plan régional. Régulièrement, à l’occasion des soirées électorales, France 3 Auvergne faisait appel à ses analyses pour éclairer les téléspectateurs sur les résultats et les enjeux des scrutins, partageant parfois la vedette avec le doyen René Chiroux.  À la radio, mais aussi sur la chaîne Clermont 1ère, aujourd’hui disparue, il avait animé plusieurs émissions, parmi lesquelles Histoires d’Auvergne. Il était aussi l’auteur de nombreux livres  sur l’Auvergne ou le Limousin et il avait contribué à différents  ouvrages collectifs. En novembre 2013, il s’était vu remettre le prix Aimé-Coulaudon (décerné tous les 5 ans) pour l’ensemble de son œuvre. Après Pierre Miquel (1930-2007) et André Touret (1929-2018), c’est un autre “grand ancien”du lycée de garçons de Montluçon qui disparaît.

► Bibliographie : L’Auvergne : Allier, Puy-de-Dôme, Cantal, Haute-Loire : les faits, les chiffres, les hommes : analyses, synthèses, prévisions : géopolitique d’une région (éd. Créer, 1988) – Guide bleu Auvergne, Bourbonnais, Velay (éd. Hachette, 1993)  – Michelin, les hommes du pneu : les ouvriers Michelin, à Clermont-Ferrand, de 1889 à 1940 (sous la direction d’André Gueslin – éd. de l’Atelier, 1993)- L’archipel de Clermont (éd. du  Miroir, 1998) – À la découverte de Clermont et de ses environs (éd. du Miroir, 2002) – L’Auvergne (éd. Ouest-France, 2005) – Institutrices : sœurs laïques de la République ? (éd. Ouest-France, 2006) – Surprenante Auvergne : 15 chroniques d’histoire régionale (éd. Lucien Souny, 2008) – Le Limousin ( éd. Ouest-France, 2011, réédité en 2018).

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• QUAND ALBERT LONDRES

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REÇOIT ALBERT BONNEAU…

• À compter du 7 décembre, Albert Londres reçoit Albert Bonneau, le temps d’une exposition. Elle est visible dans la maison de l’écrivain – journaliste, en cours de restauration (1 rue Besse, à Vichy). “Lorsqu’il écrivait ses aventures, non seulement pour le plaisir de s’exprimer et de distraire ses lecteurs mais également dans le but de les informer sur des événements bien précis ayant un rapport avec l’action décrite, Albert Bonneau se basait toujours sur des faits et documents bien précis, rappelle Odile Bonneau, fille du romancier. Les reportages d’Albert Londres, auxquels il attachait toujours un grand intérêt, permettent bien des années plus tard, d‘établir un lien précis entre les deux Albert qui n’ont jamais eu l’occasion de se rencontrer mais qui travaillaient avec le même souci de l’exactitude”. L’exposition est organisée conjointement par les deux Association Maison Albert Londres et Les Amis d’Albert Bonneau .

 

• LE DICTIONNAIRE  MAITRON EN LIGNE

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Jean Maitron

• Le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier a été publié sur plusieurs décennies par les éditions ouvrières devenues les  éditions de l’Atelier,  Plus communément appelé le “Maitron”, en hommage à son fondateur, Jean Maitron (1910-1987), il s’est imposé au fil des ans comme une référence universitaire et il  a même fait des émules au-delà des frontières. Avec la publication des 12 volumes du Dictionnaire biographique  du mouvement ouvrier – mouvement social, couvrant la période de 1940 à mai 1968, l’œuvre est désormais presque complète, les travaux se poursuivant pour la période 1968-1981.  On peut y ajouter, le Dictionnaire des Fusillés (1940-1944), une somme sans précédent publiée chez le même éditeur.

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La dernière série publiée, 1944-mai 1968 en  12 volumes

• Après une mise en ligne des 180 000 notices figurant  dans la version papier, mais qui n’étaient pas directement accessibles, les éditions de l’Atelier ont décidé l’ouverture prochaine du site Maitron-en-ligne et la mise en accès libre et gratuit de l’ensemble des notices publiées pour les périodes 1789-1968. Seules les  notices des dictionnaires en cours et celles de la sixième période (1968-1981) resteront en accès restreint. Un événement qui s’accompagne d’une refonte graphique, avec l’introduction  de nouvelles fonctionnalités ainsi que d’une réflexion sur les contenus et sur les manières de s’en emparer, menée avec les Éditions de l’Atelier.

► Savoir plus: Présentation du Maitron et du Maitron des fusillés

 

• UN TOUR DE FRANCE PAR DEUX ENFANTS…D’AUJOURD’HUI

QUI PASSE AUSSI “PAR CHEZ NOUS

screen11• 140 ans après la publication par les éditions Belin du Tour de la France par deux enfants, Pierre Adrian et Philibert Humm ont emboîté les pas d’Augustine Fouillée, alias G. Bruno en littérature. En mai dernier, ils ont publié leur Tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui (éditions des Équateurs, 320 p, 20 €). Ce livre, qui se veut parfois iconoclaste et qui a séduit nombre de lecteurs, a  aussi été salué par la critique, ce qui n’était pas gagné d’avance : “ Dans une période où il est de bon ton de s’attarder sur des écrits pesants et ombrageux, ce livre est un rayon de soleil, une invitation à redécouvrir son environnement à petite vitesse et à hauteur d’homme. En un mot : rafraîchissant”, écrit le journaliste Olivier Bonnichon .

pierre-adrian-et-philibert-humm-le-tour-de-la-france-par-deu_4091993• Les deux auteurs, qui affichent 27 ans au compteur, se sont liés d’amitié depuis leurs années collège, tout en cultivant une passion pour le livre. Pierre Adrian est chroniqueur au quotidien sportif L’Équipe, tandis que Philibert Humm est journaliste  à Paris-Match. Il a par ailleurs siégé  pendant deux ans au jury du prix Alexandre Vialatte. Face à la dictature des réseaux sociaux, avec leurs flots de selfies et leurs foules d’amis seulement virtuels, ils ont préféré se hâter lentement pour prendre le temps de faire de vrais rencontres. Ils se sont inspirés librement du Tour de la France par deux enfants, qui servit de manuel scolaire, dans les années 1880-1900, alors que la IIIè République était en pleine conquête coloniale et qu’elle s’acheminait vers la revanche contre l’ennemi allemand. Au volant d’une vieille Peugeot 204, ils ont entrepris un véritable road trip à travers l’hexagone. C’est l’occasion, d’une plume joyeuse et vivante, se s’éloigner de la tonalité aussi édifiante que moralisatrice de G. Bruno/Augustine Fouillée : “C’est une transposition à l’époque d’aujourd’hui de ce voyage d’autrefois, mais avec un rythme et un bonheur buissonnier très inattendus. On y parle histoire, géographie, mécanique et, surtout, sciences humaines”, note Olivier Bonnichon.

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• Au fil des pages, leurs pérégrinations les conduisent à explorer le Massif central en général et l’Auvergne en particulier,  avec étapes à Clermont-Ferrand, à Vichy, à Moulins ou encore à  JalignysurBesbre. La  “ bonne ville de Clermont-Ferrand (…) toute de pierre noire ” y est dépeinte comme  semblant “porter le deuil”. Vichy est une « “pastille difficile à avaler”, allusion sans doute au titre de l’essai de l’historien Henry Rousso, “Vichy un passé qui ne passe pas”.

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• Entre Nevers et Jaligny-sur-Besbre, les deux visiteurs font étape au “prodigieux” Centre Leclerc de Moulins . Mêlant justesse de vue avec une certaine dose de férocité, ils s’attachent à décrire “la place phénoménale qu’occupe cette méga structure commerciale” dans l’agglomération moulinoise. Ce centre commercial, c’est “l’un des plus grands et l’un des plus neufs du pays ” mais aussi “ l’un des tout derniers prototypes du commerce moderne”. Avec un style drôle, original et amusant, les deux auteurs promènent leurs lecteurs dans le Marseille de « Plus belle la vie » et dans tout ce qui fait la France des territoires, avec en prime les chansons de Georges Brassens, de Véronique Sanson ou d’IAM. C’est sans doute ce qui a séduit le jury du prix Lamartine, présidé par le Bourbonno-Corrézien Denis Tillinac qui lui a attribué son prix 2018, en saluant un ouvrage qui “contribue au rayonnement des départements de France”.

 

• RENTRÉE(S)  LITTÉRAIRE(S)

AUTOMNE  2018

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• AMÉLIE NOTHOMB

(TRÈS) LOIN DEVANT LES AUTRES

• À quelques jours du début de la saison 2018 des grands prix littéraires, un premier bilan des ventes des romans de la rentrée littéraire 2018, a été établi par le cabinet spécialisé GFK. Il porte sur la période des ventes entre la mi-août et la mi-octobre. C’est la romancière Amélie Nothomb qui se détache nettement devant  Jérôme Ferrari et Adeline Dieudonné.

téléchargement1- Amélie Nothomb : Les prénoms épicènes  (éd. Albin Michel, 88 608 exemplaires vendus)
2- Jérôme Ferrari : À  son image  (éd. Actes Sud, 42 712)
3- Adeline Dieudonné : La Vraie vie  (éd. L’Iconoclaste, 42 619)
4- Yasmina Khadra : Khalil  (éd. Julliard, 34 776)
5- Maylis de Kerangal : Un Monde à portée de main  (éd. Verticales, 34 182)
6- Olivia de Lamberterie : Avec toutes mes sympathie,  (éd. Stock, 24 009)
7- Eric Fottorino : Dix-Sept ans  (éd. Gallimard), 23 007)
8- Serge Joncour : Chien-Lou  (éd. Flammarion), 22 116)
9- Vanessa Schneider :  Tu t’appelais Maria Schneider (éd. Grasset), 17 346)
10- Alain Mabanckou : Les Cigognes sont immortelles  (éd. du Seuil), 15 070)

• À ces ventes, il faudra encore ajouter celles qui auront lieu en décembre, entre la remise des grands prix littéraires et les fêtes de fin d’année. Selon les estimations, elles représenteraient un quart des ventes totales des romans d’automne.

• RENTRÉE LITTÉRAIRE (BIS)

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UNE SÉANCE DE RATTRAPAGE EN HIVER

• Pour ceux qui auraient raté la rentrée littéraire d’automne, les éditeurs proposent une séance de rattrapage, avec la rentrée d’hiver, dont les parutions devraient se succéder sur les tables des libraires en janvier et février 2019. Globalement, le nombre de titres à paraître s’avère stable, avec 493 romans annoncés par les éditeurs, contre 498 sur la même période en 2018. Parmi eux, figurent  336 romans français et 157 étrangers.

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Michel Houellebecq

• Autre enseignement : la place importante réservée aux premiers romans, avec 77 primo-romanciers recensés contre 64 l’an passé. Si les éditeurs restent prudents sur les tirages, en particulier pour les nouveaux auteurs, la rentrée compte un “poids lourd”, avec Michel Houellebecq pour lequel les éditions Flammarion ont annoncé d’emblée un tirage de 320 000 exemplaires. La sortie du roman de 350 pages, intitulé Sérotonine, est prévue pour le 4 janvier 2019.

• Quant aux thèmes choisis par les auteurs, on retrouve  d’abord des thèmes  dits “universels”, tels que l’amour, la mort, l’enfance…L’actualité n’est pas en reste, en particulier les attentats et l’effet mouvement Metoo, tout comme le roman social et générationnel qui surfe sur le succès de Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018, avec Leurs enfants après eux (éditions Actes Sud). Seule certitude : comme pour la rentrée d’automne, tous les romans proposés ne trouveront pas leur public et le pilon est aux aguets…

 

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• Viens voir les comédiens.. C’est le thème retenu pour la XXVè édition des prix bourbonnais de la nouvelle, dotés globalement de 1 300 €. Le 15 juin 2019, dans le cadre des jardins de l’hôtel Montespan – Talleyrand, à Bourbon-l’Archambault, le jury, composé de personnalités locales du monde littéraire, attribuera trois prix : le Prix Robert-Chaput, le Prix du Conseil départemental et le Prix Ruzière du jeune auteur (né entre 1999 et 2009). Le règlement complet, ainsi que les modalités d’envoi des textes figurent sur le site dédié au concours. La date limite d’envoi des textes est fixée au 16 mars 2019. 

• CHRONIQUE DES PRIX  LITTÉRAIRES

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• Les 6 grands prix littéraires décernés à l’automne, représentent un véritable jackpot pour les auteurs et les éditeurs, même si l’on observe des variations, d’une année à l’autre. Le prix Goncourt est historiquement celui qui déclenche le plus de ventes (407 000 exemplaires en moyenne depuis 2013) suivi par le Goncourt des lycéens, avec 337 000 exemplaires. Derrière, on trouve le Renaudot (257 000 exemplaires en moyenne), qui distance nettement le grand prix de l’Académie française (120 000 exemplaires), le Femina (60 000 exemplaires), l’Interallié (54 000 exemplaires)  et le Médicis (45 000 exemplaires).

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 ◘ NICOLAS MATHIEU 

• Nicolas Mathieu  a été couronné par le  prix Goncourt 2018 pour son roman Leurs enfants après eux,  publié en août dernier chez Actes Sud. Un beau coup double pour la maison d’édition de l’ancienne ministre de la culture, Françoise Nyssen, qui avait déjà remporté le prix l’an passé, avec le roman d’Éric Vuillard, L’ordre du jour.

• Le lauréat du Goncourt 2018 est né en 1978 dans une famille modeste, à Golbey, une petite commune du Grand Est. Après une première expérience de journaliste, il a écrit à l’âge de 22 ans un premier livre resté inédit. Son tout premier roman, Aux animaux la guerre,  publié par Actes Sud en 2014, a été distingué par le prix Erckmann-Chatrian, avant de faire l’objet d’une adaptation télévisée par  France 3 et  dont la diffusion devrait débuter le 15 novembre 2018.

téléchargement (1)• Leurs enfants après eux, qui s’était déjà vendu à 14 000 exemplaires depuis sa sortie, décrit la France pavillonnaire, une  des grandes perdantes de la mondialisation. Cette description, qui  immerge le lecteur dans les années 1990,  se fait à travers les errances d’Anthony, un jeune adolescent de 14 ans. Nicolas Mathieu “chronique en quatre étés le quotidien d’une vie moyenne passée entre la campagne profonde et les ZAC  bétonnées, de Smells like teen spirit de Nirvana à la Coupe du Monde 98”.

• Après Alice Zeniter en 2017  pour L’art de perdre, le  31ème  prix Goncourt des lycéens a été attribué à David Diop pour son roman  Frère d’âme (éditions du Seuil). Le jury a salué « sa vision terrible de la Grande guerre ».  Frère d’âme conte l’histoire  d’un jeune tirailleur sénégalais qui se retrouve  précipité dans la violence de la Grande Guerre.

C’est le deuxième roman de David Diop, après 1889, l’Attraction universelle (éditions L’Harmattan, 2012). Né en 1966 à Paris, il a passé son enfance au Sénégal avant de poursuivre ses études en France. Il est aujourd’hui  maître de conférences en littérature à l’université de Pau. Dans un genre différent, il a publié aux éditions Garnier  Rhétorique nègre au XVIIIe siècle, une analyse de la représentation de l’Africain dans les récits de voyage de l’époque et dans  les textes abolitionnistes

téléchargement (2)  ◘ PHILIPPE LANÇON

• Après Philippe Jaenada  l’an passé (La Serpe, éditions Julliard), le prix Femina a été décerné à  Philippe Lançon pour Le lambeau (éditions Gallimard), un livre paru en avril 2018. Philippe Lançon,  un  rescapé de l’attentat contre  Charlie Hebdo, au cours duquel il a été très  grièvement blessé à la mâchoire, est aujourd’hui  chroniqueur à Libération. Dans Le lambeau, il fait le récit de  sa longue reconstruction, autant spirituelle que physique, dans un huis clos hospitalier. Pour Chantal Thomas, qui préside le jury du Femina, « C’est un chef-d’œuvre qui répond à un moment unique et, d‘une certaine façon, ce livre était hors catégorie », Philippe Lançon a choisi de dédier  ce prix à son père, mort le jour même où il a reçu les épreuves de son livre : « On écrit avant tout pour les vivants, en pensant aux morts », Le prix Femina devrait relancer l’intérêt du public pour ce livre  déjà largement plébiscité, par la critique et par les lecteurs, puisqu’il s’est écoulé à plus de 110 000 exemplaires en 6 mois.

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• Le même jour, le  Femina étranger a  été attribué  Alice McDermott pour La neuvième heure, (éditions La Table ronde). Quant au  Femina essai, il a récompensé Elisabeth de Fontenay pour Gaspard de la nuit  (éditions Stock). Enfin, un prix spécial a également été remis à Pierre Guyotat pour l’ensemble de son œuvre. Explication de Chantal Thomas : « On voulait reconnaître cet exploit qui est d’avoir écrit une œuvre d’avant-garde qui a bouleversé la langue française et aussi de tracer ce chemin autobiographique singulier ».

• Le  grand prix du Roman de l’Académie française a été attribué, le 25 octobre,  à Camille Pascal pour  L’été des rois (éditions Plon).

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◘ VALÉRIE MANTEAU

• Valérie Manteau a reçu le prix Renaudot 2018, pour son deuxième roman Le Sillon (éditions du Tripode). Un choix qui a créé la surprise puisque Le Sillon,  qui figurait dans la première sélection du prix, avait ensuite disparu des listes. Dans ce roman,  à travers l’histoire d’une femme partie rejoindre son amant à Istanbul, Valérie Manteau  raconte les contradictions et la violence d’Etat que subit la Turquie.

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 • Créé en 1926, le prix Théophraste Renaudot récompense également depuis 2001 un essai. Le Renaudot Essai a distingué Olivia de Lamberterie,  chroniqueuse littéraire au magazine  Elle, ainsi qu’à Télématin et à l’émission Le masque et la plume, pour Avec toutes mes sympathies  (éd. Stock) . Dans cet essai, elle évoque son frère cadet, Alex, qui mit fin à ses jours en 2015, à seulement 46 ans.

 •  Le prix Renaudot Poche a été décerné à Salim Bachi,  pour  son roman Dieu, Allah, moi et les autres (Folio). Par ailleurs, le  jury présidé cette année par Louis Gardela a souhaité couronner par un prix spécial le  roman de Philippe Lançon, Le lambeau, qui avait reçu quelques jours plus tôt  le prix Femina.

• Enfin, le prix Renaudot des lycéens est allé à Adeline Dieudonné, auteure de  La vraie vie (éditions l’Iconoclaste).

◘ LE PRIX DU QUAI DES ORFÈVRES

À PAUL MERAULT

le-cercle-des-i-a99f5145133-original• Créé en 1946, le prix du Quai des Orfèvres, est décerné par un jury de 22 membres composé de policiers, de magistrats et de journalistes, sous la présidence du  directeur de la police judiciaire parisienne. Il récompense un manuscrit inédit de roman policier et c’est Paul Merault, commissaire de police au Mirail, à Toulouse, qui a été distingué  pour Le cercle des impunis. Il s’agit d’un polar inédit qui mêle les cultures policières françaises et britanniques, le temps d’une enquête sur une série de meurtres macabres survenus à Marseille. Le manuscrit sera publié  par les éditions Fayard et il bénéficiera d’un  tirage initial de 100 000 exemplaires.

 

• PRIX DE THÈSES

DE LA FONDATION VARENNE 

20 000 CANDIDATS ET 200 PRIX DEPUIS 1997

téléchargement• Le 12  décembre, la fondation Varenne a remis ses prix de thèses 2018, en présence du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, Jean-Michel Blanquer. Initiés en 1997, ces prix permettent à la pensée universitaire de se diffuser, via la publication de thèses et ils sont devenus un instrument essentiel de soutien à la recherche. En deux décennies, plus de 2 000 candidatures ont été déposées par des doctorants en droit et en sciences sociales  et le cap des 200 thèses publiées a été atteint.

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Daniel Pouzadoux, président de la Fondation Varenne, en a profité pour rappeler que cette collection a contribué à faire du concours “le premier prix de thèses en France”. Pour l’occasion, le 200ème prix a été attribué symboliquement  à l’avocat, journaliste, écrivain et homme politique Alexandre Varenne, fondateur du journal La Montagne. Pour Paul Chauvin-Hameau, un des lauréats 2108 pour sa thèse sur L’obligation militaire sous l’ancien régime, “une connaissance même d’une grande importance peut rester inaccessible si elle n’est pas publiée”, alors que la publication  pourra susciter débats et nouveaux travaux. Quant à Jean-Michel Blanquer, il considère que “derrière les prix décernés, c’est bien la science et l’esprit de vérité qu’on honore. une vérité qu’aujourd’hui les réseaux sociaux tentent justement de submerger”.

LE DERNIER BAIN

PRIX TERRE DE FRANCE

41PmSKdUs9L._SX282_BO1,204,203,200_• Le 33ème Prix Terre de France, a été décerné à Gwenaële Robert pour Le dernier bain, publié par les éditions Robert Laffont (1 vol. br, 240 p, 16,50 €). L’histoire se déroule à Paris, en l’an II, alors que la France vibre sous le souffle de la Terreur. Jane, une jeune Anglaise cachée dans l’appartement d’aristocrates émigrés, Théodose, un moine qui a renié sa foi par peur de la guillotine, Marthe, la lingère de Marie-Antoinette emprisonnée au Temple, David, le fameux peintre et député de la Convention, ou encore une Normande du nom de Charlotte Corday, tout juste arrivée à Paris… Ils sont nombreux, ceux qui tournent autour du logis de la rue des Cordeliers où Marat, cloîtré, immergé dans des bains de soufre, traque les suspects hostiles aux idées de la République. Il ignore que certains d’entre eux souhaitent sa mort et qu’il ne lui reste plus que trois jours à vivre. Par cette fiction qui propulse dans le cœur battant de l’Histoire, Gwenaële Robert détruit l’image sublime et mensongère que David nous a laissée de son ami Marat. Du bout de sa plume, grâce à un dispositif romanesque et à un sens de la reconstitution impressionnants, elle gratte le vernis de la peinture pour révéler la réalité du monstre. Gwenaële Robert est professeur de lettres et elle vit à Saint-Malo. Le Dernier Bain est son deuxième roman après Tu seras ma beauté, qui avait été sélectionné pour sept prix littéraires et lauréat du prix Draveil.


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• 300 AUTEURS FACE À 70 000 LECTEURS

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Delphine Le Vigan (2011)

• La 37ème édition de la Foire du livre de Brive, un des grands rendez-vous de la vie littéraire en région, s’est déroulée  les 9, 10 et 11 novembre, sous la présidence de Delphine le Vigan. 300 auteurs et une centaine d’éditeurs avaient fait le déplacement. La romancière, plusieurs fois primée, était accompagnée de personnalités de son choix avec lesquelles elle a pu  aborder des thématiques qui lui tiennent à cœur : les jeunes et la lecture en compagnie d’Amélie Nothomb, Olivier Adam et Anne-Laure Bondoux, la psychiatrie avec Marion Leboyer et Mary Dorsan, la chanson française avec Arthur H et l’œuvre de Stephen King, lors d’une nuit spéciale au Cinéma Rex.

• Dans le traditionnel Train du livre, qui avait été doublé pour la première fois par un Avion du livre, avaient pris place quelques-uns des auteurs les plus remarqués de la rentrée littéraire. Ils  se sont retrouvés, avec deux heures de retard,  sous la halle Georges-Brassens, avec au programme  des débats, des lectures, des rencontres littéraires et des animations à destination du jeune public : Adrien Bosc, Christophe Boltanski, Olivia de Lamberterie, Adeline Dieudonné, David Diop, Carole Fives, Éric Fottorino, Gauz, Simonetta Greggio, Alain Mabanckou, Daniel Picouly, Yann Queffélec, Thomas B. Reverdy, Boualem Sansal, Paul Greveillac, Vanessa Schneider…

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Florilège d’affiches de la Foire du livre (© brive-tourisme.com)

• Pour cette 37è édition, François David, responsable de l’organisation, avait introduit des nouveautés : un nouveau cycle de rencontres et de conférences intitulés « Temps présent », avec des contributions d’intellectuels, d’historiens, de philosophes, de journalistes et d’hommes politiques. Parmi eux figuraient  Mona Ozouf, Danièle Sallenave, Alain Juppé, Jean-Louis Debré, Laurent Joffrin, Alexandre Lacroix, Henri Lopes, Christine Ockrent, Danièle Sallenave, Denis Tillinac, Emmanuel de Waresquiel …et un certain François Hollande, “régional de l’étape”.

CVT_Un-Hosanna-sans-fin_7767• De leur côté, les  professionnels de l’édition, réunis à l’occasion de leurs 4è Rencontres, ils se sont penchés sur des questions cruciales pour leur profession : l’incitation à la lecture, la surproduction éditoriale et l’économie du livre.  Enfin, un hommage particulier  a été rendu à Jean d’Ormesson qui présida la Foire du livre de Brive  en 1987 et en 2006. Son nom a été attribué à la grande salle du Théâtre de Brive,le temps de la Foire du livre, tandis qu’Héloïse d’Ormesson, sa fille qui est éditrice, a présenté en avant-première Hosanna sans fin, le roman posthume de son père qui devait sortir en librairie le  15 novembre.

• Au final, le foire du livre a affiché un chiffre d’affaires de 742 000 €, dont 170 000 € pour les seuls secteurs de la BD et du livre jeunesse. Christian Signol a dédicacé 1 000 livres, tandis que François Hollande en a signé 450 et Amélie Nothomb 400. Philippe Larbier, quant à lui, a signé 200 album de BD. Des chiffres qu’il faut toutefois pondérer au regard de la durée de la présence des auteurs: Christian Signol est resté présent, durant  trois jours, de l’ouverture à la fermeture de la Foire du livre, alors que Philippe Larbier n’a été présent que quelques heures.

 

• RENDEZ-VOUS DU CARNET DE VOYAGE

EN ATTENDANT LA XXè ÉDITION

• Les 16, 17 et 18 novembre, à l’espace  Polydôme de Clermont-Ferrand, une centaine de carnettistes venus du monde entier, écrivains-voyageurs ou voyageurs-cinéastes, étaient présents aux XIXè Rendez-vous du carnet de voyage. Ils proposaient aussi bien des dessins du bout du monde que des dessins  réalisés au coin de la rue, mais aussi des  illustrations engagées et des carnets “à voir, à écouter, ou à regarder”. Une preuve de la réussite de ces Rendez-vous dont l’histoire a commencé il y a maintenant deux décennies.

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• Au début des années 1990, alors que  le festival de Saint-Malo, Étonnants voyageurs, était à la mode,  une association baptisée Ifav comme “Il faut aller voir”, la phrase-fétiche d’Ella Maillard, la grande voyageuse du début du XXe siècle, a vu le jour. Après avoir organisé des  conférences, Ifav a monté la toute  première Biennale du carnet de voyage qui s’est tenue les 13 et 14 mai 2000. Malgré le peu de moyens, quelques illustrateurs avaient alors fait le voyage à Clermont-Ferrand, parmi lesquels le premier lauréat, Jacques Fernandez.

• Prévu comme biennal, l’événement artistique  est devenu annuel … dès l’année suivante et il a pris le nom de Rendez-vous du carnet de voyage en 2011. Depuis, le succès aidant, la manifestation s’est développée et elle réussit à  faire venir, bon an, mal an, une centaine de carnettistes, épaulés par des écrivains –voyageurs mais aussi par des réalisateurs de films documentaires sur le thème du  voyage. En face, selon les éditions, on compte entre 10 et 15 000 visiteurs : “ Le but est de montrer des voyages hors des sentiers battus, de raconter des histoires qui se passent au bout du monde ou au coin de la rue, à l’instar de carnets sur le jazz, les bistrots, les travaux de l’Hôtel-Dieu à Clermont”, lit-on sur le site du quotidien régional.

► Savoir plusSur l’organisation des XIXè Rendez-vous, les invités présents et les prix décernés

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180 ANS ET 6000 SOCIÉTAIRES

À 180 ans, la vénérable  Société des gens de Lettres (SGDL) qui est l’une des doyennes des sociétés d’auteurs, affiche une belle dynamique, avec 6000 sociétaires. Entre janvier et mi-novembre 2018, elle a ainsi enregistré  300 nouveaux membres, soit le double d’il y a dix ans. C’est en partie la conséquence de la simplification des démarches d’adhésion, via son site Internet, ce qui n’exclut pas un contrôle exercé a posteriori.

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L’Hôtel de Massa (Paris – XVIè), siège de la SGDL

• Pour pouvoir postuler, il faut avoir publié au moins un livre, obligatoirement à compte d’éditeur, que l’on soit auteur, illustrateur ou traducteur. Outre  un accompagnement des auteurs dans leurs démarches administratives, la SGDL dispose aussi d’un service juridique qui traite en moyenne 4000 dossiers par an. Dans ses locaux de l’hôtel de Massa, elle compte 15 salariés et elle affiche un chiffre d’affaires de 1,5 M€.

 

EN BREF…

 

466485-1◄ Dans les Cahiers franco-canadiens de l’Ouest (n° 2, 2017, p. 361-379), André Fauchon s’est penché  sur “ La géographie du Nord dans l’œuvre de Maurice-Constantin-Weyer [1881-1964] : de la réalité à l’imaginaire”. Le Nord est très présent dans cette œuvre. Mais de quel Nord s’agit-il ? Cet écrivain, a vécu au Canada,dans la région de Saint-Claude (Manitoba), de 1903 à 1914. On peut sans aucun doute affirmer qu’il n’a pas du tout voyagé dans les espaces de son œuvre de fiction, mais il a fait entrer l’Ouest et le Nord canadien dans la littérature d’expression française. Maurice Constantin-Weyer, né à Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne) et prix Goncourt 1928  s’installa à Vichy en 1939 et il y vécut jusqu’à son décès survenu en 1964. Il fut par ailleurs le premier président de l’Académie du Vernet.

CboMS02b• Littérature et voyage de santé (éditions Classiques Garnier, 2017, 523 p.) : la littérature européenne a été féconde en récits de voyages de santé et de séjours thérapeutiques, réels ou fictifs,critiques ou non. Elle offre des représentations des sociétés visitées, des doctrines médicales et des pratiques crénothérapeutiques. Ce volume, publié sous la direction de Christine de Buzonet et Odile Richard-Pauchet, examine les stratégies discursives d’une trentaine de voyageurs et de voyageuses,  écrivains et poètes, philosophes et médecins de l’Antiquité au XXIe siècle. À signaler deux articles : “Scarron aux eaux de Bourbon : le burlesque comme thérapeutique” (A. Gimaret) et “De Châtel-Guyon à Mont-Oriol : de la mimesis à la fiction” (C. Botterel-Michel).

9782081434097◄ Le dernier livre du journaliste gastronomique Jean-Luc Petitrenaud s’intitule  Les quatre saisons d’Émile et Marcelle  (Flammarion, 2018, 18€). Il y raconte le parcours familial de ses parents entre Couleuvre, la gare de Sembadel (Haute-Loire) et la place de la Rodade, à Montferrand.

• Pierre Michel Llorca est professeur de psychiatrie à l’université d’Auvergne, responsable du service de psychiatrie B au CHU de Clermont-Ferrand ; il est l ‘auteur, en collaboration avec Marion Leboyer de : Psychiatrie, l’état d’urgence (éditions Fayard, 2018, 432 p.). Il s’agit de la première grande enquête sur la psychiatrie française. Il évoque l’organisation des soins, les inégalités sociales et territoriales, les  enjeux économiques, tout en faisant le point sur la recherche.

• Dans le Nouveau magazine littéraire (n° 11, novembre 2018), Sarah Chiche consacre un article au livre de Michelle Perrot, George Sand à Nohant, une maison d’artiste (éditions du Seuil, 460 p., 24 €), dans lequel elle écrit : “ À Nohant, l’utopie de George Sand : Chopin, Flaubert, Balzac, Dumas… Un grand livre sur la communauté que l’écrivaine rassembla autour d’elle.

téléchargement• Infatigable ! L’écrivaine vichyssoise Ginette Briant, membre de la Société des Gens de lettres, a publié son 63ème  roman : Une rose au rendez-vous.  Il s’agit d’un roman policier dont l’histoire se déroule aux États-Unis. Dans une interview publiée par La Montagne, elle revient sur les grandes étapes de sa carrière et elle révèle qu’Il lui faut un an pour faire un livre, entre la rédaction, le création de la couverture et l’impression. Elle a fait le choix de se passer d’éditeur en publiant elle-même et directement ses romans.

• Odile Robert a dédicacé son livre Une vierge en goguette (éditions Lucien Souny, 2018, 192 p., 16,80 €) à la bibliothèque de Villosanges (canton de Pontaumur, Puy-de-Dôme). Il s’agit d’un roman du terroir inspiré du vol de la statue mariale de Vergheas, retrouvée depuis. L’auteure y  décrit des habitants de la Combraille.

Jacques-Louis_David_018• La revue  Annales historiques de la Révolution française (n° 393, 2018/3), a donné un compte-rendu du livre de Jean-Marc Ticchi : Le voyage de Pie VII à Paris pour le sacre de Napoléon (1804-1805) (éditions H. Champion, 2013, 599 p., 105 €). Ce voyage qui dura 196 jours, du 2 novembre 1804 au 16 mai 1805, comprenait un cortège de 200 personnes. À Lyon, le 20 novembre 1804, Pie VII présida plusieurs cérémonies expiatoires, puis en passant par  Roanne, Moulins et Nevers, il arriva à Fontainebleau le 25 novembre 1804, une semaine avant le sacre de Napoléon.

• Le 25 octobre, à l’hôtel littéraire Alexandre-Vialatte de Clermont-Ferrand, les éditions De Borée et Centre France Presse ont présenté  La Grande Guerre sous le regard de la presse (29,95 €), en présence du journaliste Laurent Joffrin, préfacier de l’ouvrage, et de personnalités, parmi lesquelles Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme. L’auteur, Pascal Robin,  a puisé ses informations dans le très riche fonds du Centre de la Presse, dont il est le président : « Il m’a semblé intéressant d’expliquer comment les vérités énoncées en noir et blanc étaient loin de la réalité des champs de bataille (…) Ce fut une période douloureuse pour la liberté de la presse ».

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Fabien Granier

• À Dompierre-sur-Besbre, le Caquetoire a accueilli, le 27 octobre, Fabien Granier venu présenter et dédicacer son dernier roman : La pire espèce (éditions Nouriturfu, 2018, 436 p., 18 €), « un roman d’initiation, rythmé et poétique, farouchement ancré dans le point de vue d’un auteur militant pour une ruralité de combat ».

• Le même jour, à Cosne-d’Allier, à la maison de la presse, Jérémie Gallon, directeur général de la Chambre de commerce franco-américaine, dont les attaches montluçonnaises sont connues, a dédicacé son premier livre  Journal d’un jeune diplomate dans l’Amérique de Trump (éditions Gallimard, 2018, 135 p., 15 €). Une occasion de découvrir cette Amérique profonde qui a fait le succès de Donald Trump.

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• La 28è édition  du Salon du livre régional s’est tenue le dimanche 25 novembre, au hameau de la Dure, à Saint-Victor. Organisée par les Gats do Bourbonnais, elle accueillait cette année une vingtaine d’auteurs bourbonnais, limousins, berrichons ou auvergnats. Point commun: pour la plupart, “ils ont trempé leur plume dans l’encre romanesque  ou patrimoniale”. Parmi eux, figurait Gérard Georges, responsable du prix Lucien Gachon,  venu présenter Lucie Lumière, son 33è ouvrage. Se réclamant de Jean Anglade, il puise son inspiration  dans la famille et l’atmosphère des années 1950. C’est Henri Laval, corrézien d’origine mais Domératois d’adoption, qui était le doyen des auteurs présents. À 90 ans, il affiche une douzaine de romans du terroir, tous publiés aux éditions de la Veytizou et   ayant pour cadre son Limousin natal. Il en était à sa 23ème participation au salon du livre régional. Qui dit mieux?

• Prix littéraire À la Page 2018 pour son roman Tristan (Ed. Sabine Wespieseer), Clarence Boulay a rencontré les lecteurs et le jury le 26 octobre dans les locaux de  la librairie vichyssoise À la page, à l’origine du prix. Ce roman lui a été inspiré par les huit mois qu’elle a passés à Tristan da Cunha, un archipel volcanique britannique situé dans l’océan Atlantique.

• Née en 1953 à Montluçon, artiste installationniste et vidéaste, la comédienne Catherine Beaugrand, s’est inspirée du sire de Bourbon, Archambault VI, pour son premier roman, Le prince maudit (18 €).

ENRACINES_600px• La bibliothèque d’Escurolles a reçu deux auteurs régionaux de romans policiers.  Julien Moreau a  présenté Enracinés (éditions de la Flandonnière) dans lequel l’enquête se déroule en  Montagne bourbonnaise. Quant à Laurent Mathoux, avec son roman Du creux du monde au bout de l’enfer (Adequat éditions, 2015, 286 p., 23 €) il s’inspire de faits divers, tandis que  dans Sous pression (éditions Revoir, 2017, 527 p., 18 €) il fait découvrir la région d’ Auvergne.

• Le 4 novembre, Richard Morier était à la Maison de la presse de Gannat, pour présenter son livre La 7ème  lettre (Les films 19 éditions, 2018). Il y a quelques années il était en charge  du cinéma municipal  Le Chardon  et il réside désormais à Saint-Clément.

• L‘association  James Joyce à Saint-Gérand-le-Puy  a organisé en novembre  un voyage en Irlande. Les 16 participants ont pu  séjourner à Dublin, avec excursion à Belfast .

images• Dans la revue  L’Histoire (n° 454, décembre 2018), à propos du négationniste Robert Faurisson, décédé à Vichy  le 28 octobre 2018, l’historienne Valérie Higounet écrit qu’il “ était un provocateur qui souhaitait devenir célèbre”. Elle rappelle que le président iranien Ahmadijejad l’avait accueilli comme un hôte de marque, le 2 février 2012 à Téhéran, lors du 30ème  festival international de film, et qu’il lui avait remis un prix “honorant le courage, la résistance et la combativité” (sic). Même si sur le plan scientifique, ni ses thèses, ni sa méthode, ne fonctionnent, il n’en reste pas moins que son “héritage idéologique” reste vigoureux, surtout à l’heure d’Internet.

9782330096595• Patrick Cloux, né en 1952, vient de publier  Au grand comptoir des Halles : chroniques en noir et blanc (éditions Actes Sud, 329 p., 22 €) et Mes oncles du dimanche (éditions Le Temps qu’il fait, 256 p., 21 €). Fidèle à une méthode éprouvée dans ses livres précédents, l’auteur – retiré dans la maison de famille de son épouse à Villosanges, dans le  canton de Pontaumur – examine diverses manifestations de l’art à la lumière de souvenirs de sa jeunesse. Il  évoque son enfance dont l’art et la littérature sont venus combler les manques affectifs.

• Le dernier ouvrage de Robert Vasseneix, Nous aimons Saint-Eloy d’hier…et d’aujourd’hui, est né de la détermination et de l’affection de l’auteur pour une ville où il a grandi, à une période marquante de son histoire, bouleversée dans les années 1930 et au-delà par la fermeture des mines de charbon. Lors de sa sortie, des séances de dédicace se sont déroulées en divers lieux de Saint-Eloy-les-Mines.

• Dans son livre Bourbonnais pris au piège, les nouvelles aventures du commissaire Bourbonnais (Éditions & Régions, 2018, 180 p., 13 €), Claude Ferrieux promène le lecteur un peu partout entre Auvergne, Berry et Bourbonnais,  notamment à Varennes-sur-Allier où il a passé son enfance.

Couv-Arbres-HD-DEF◄ Le 10 novembre, la librairie Le Moulins aux Lettres, rue d’Allier, à Moulins, avait  invité Marie et Hubert Deveaux pour un moment d’échange autour de leur nouveau recueil L’arbre qui cache la forêt : les mots des arbres dans notre langue, expressions, proverbes, citations.

• Après avoir écrit plusieurs livres consacrés à l’histoire de la gendarmerie, l’ancien commandant de la brigade de Dompierre-sur-Besbre, Thierry Michaud, à la retraite depuis 2010, s’est essayé à la fiction. Son roman Revivre en paix invite le lecteur à découvrir à quoi ressemblait la vie d’un gendarme dans l’Allier entre 1914 et 1944, tout en le suivant dans l’une de ses enquêtes.

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L’Hôtel de France, à Jaligny, au début du XXè siècle

• Aimée Gaillard, alias “L’Aimée”, est décédée le 7 novembre. Enfant du pays de Jaligny elle n’avait jamais quitté sa région natale. Après la guerre, ses parents s’étaient installés à l’Hôtel de France, bistrot emblématique de ce bourg. Aimée Gaillard avait pris leur suite jusqu’à sa retraite, à l’aube des années 2000.  Elle avait la réputation d’être une femme de caractère. René Fallet avait sa table attitrée dans son bistrot et c’est là qu’il puisa la plupart des idées de ses romans dont l’action se déroule en Bourbonnais. Ses obsèques ont été célébrées le 12 novembre, à Lapalisse.

evelyne-debourg-contes-et-recettes-d-autrefois-◄ Évelyne Debourg est chargée depuis plus de 20 ans de la cantine scolaire d’Ebreuil et elle a été couronnée “meilleures cantinière de France”. L’ancienne collaboratrice des Cahiers bourbonnais, dans lesquels elle livrait chaque trimestre ses Secrets de Pétronille, vient de publier  Contes et recettes d’autrefois : les aventures secrètes de Pétronille (éditions M+éditions, 144 p., 18,90 €). Le livre, qui est préfacé par 3 chefs étoilés, Guy Savoy, Alain Passard et Guillaume Gomez, a été présenté lors d’une séance de dédicaces à la Galerie des Charitains. L’événement était suivi par une équipe de TF1.

• Dans la revue XVIIe siècle (n° 280, 2018/3, p. 487-498), figure un article de Nathalie Freidel, intitulé Madame de Lafayette et Ménage : naissance d’une muse moderne.  L’auteure propose une relecture de ce qui a été conservé de l’échange épistolaire entre Madame de Lafayette et Ménage, en s’écartant des rôles figés de l’élève et du mentor trop souvent assignés aux partenaires de l’échange. Les lettres de l’écrivaine mondaine et de l’érudit construisent une culture et une science en mouvement.

 •  LE LIVRE: UN PRODUIT VEDETTE POUR LES  FÊTES

◘ QU’IL SOIT NEUF…

téléchargementBonne nouvelle pour les auteurs, les éditeurs et les librairies… Le livre reste un produit vedette pour les Fêtes, si l’on en croit une étude réalisée par CSA auprès d’un échantillon de 1008 personnes majeures, représentatives de la population française. 40% des sondés pensent offrir un livre, soit un peu moins que de l’argent et des jouets mais plus que les parfums, l’alcool ou les cosmétiques. Autre enseignement du sondage : 29% des personnes interrogées pensent recevoir un livre, devant les vêtements, les parfums et l’argent.

◘ OU QU’IL SOIT  D’OCCASION …

images• Offrir des livres d’accasion pour Noël ? Pourquoi pas…C’est ce qui ressort d’un sondage effectué  en décembre, auprès d’un échantillon représentatif  de 1 000 personnes, pour le compte de Recommerce, une entreprise spécialisée dans le reconditionnement de smartphones. On y apprend que 60% des Français seraient prêts à offrir des livres d’occasion pour les fêtes de fin d’année.  C’est davantage que les autres produits de consommation les plus souvent mentionnés, tels que les voitures (56%), les meubles (55%) ou, plus surprenant,  les jouets pour enfants (45%).

• Plus globalement,  47% des sondés se disent prêts à offrir des produits reconditionnés mais à une condition : que le prix soit attractif et la qualité du produit avérée.  25% affirment même avoir décidé de franchir le pas, dès  cette année. Parmi les motifs mis en avant, arrive en tête la lutte contre le gaspillage (40%), suivie du  manque de moyens pour acquérir des produits identiques neufs.

L’ACTU DES ÉDITEURS

• DE LA NRF AUX ÉDITIONS DE LA NRF

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Le siège de la nrf au 35 rue madame, avant 1914

AVANT LES ÉDITIONS  GALLIMARD…

nrf • La NRF et la Grande GuerreOu comment, à partir d’une jeune revue littéraire, à l’avenir encore incertain avant 1914, est né après la Grande guerre  la librairie Gallimard, point de départ d’une grande aventure éditoriale, conduite pendant des décennies par Gaston Gallimard (1881-1975).  Tel est le thème de l’étude publié sur le site des éditions Gallimard, dans laquelle on peut lire en introduction : “Les Éditions de la NRF ont un peu plus de trois ans d’existence et près d’une soixantaine d’ouvrages inscrits à leur  catalogue lorsque la guerre éclate le 2 août 1914. Le conflit faillit avoir raison de ce petit comptoir d’édition encore précaire et dépourvu d’assise financière solide. La NRF sortira cependant renforcée de cette douloureuse expérience, maintenant son catalogue et mettant en place après l’armistice les cadres qui en feront une Maison incontournable dans les années 1920 et 1930.

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Les premiers numéros de la nrf, dont le n° 1 (à gauche).
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Gaston Gallimard

• “Créées sous l’impulsion d’André Gide en 1911, les Éditions de la NRF occupent à la veille de la Grande Guerre une place marginale dans le paysage éditorial français. Adossées à La NRF — revue fondée en février 1909 —, elles ont pour vocation de publier, hors de toute préoccupation mercantile, les œuvres inscrites aux sommaires de la revue dans d’élégants volumes destinés aux bibliophiles. Tout comme Gide espère “de cette l’entreprise un extraordinaire assainissement de la littérature (et de la typographie)”, le groupe de la NRF entend aussi rénover la scène dramatique et associe une scène aux Éditions en 1913, en créant le Théâtre et la troupe du Vieux-Colombier. La déclaration de guerre interrompt brutalement la parution de la revue, l’activité du comptoir d’édition et la deuxième saison du Vieux-Colombier”. L’article aborde ensuite trois grands thèmes : Les parutions des années de guerre” puis “ Éditer en temps de guerre” et, enfin, “La maison Gallimard, née de la guerre”… (lire la suite de l’article)

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Jacques Rivière

• Conclusion : “À la sortie de la guerre, Gaston Gallimard dispose désormais de toute la latitude nécessaire pour concrétiser ses projets, transformant le modeste comptoir expérimental dirigé par un collectif d’auteurs en une entreprise éditoriale s’appuyant sur une trésorerie consolidée. Après avoir racheté l’imprimerie Sainte-Catherine à Bruges, il ouvre d’une librairie boulevard Raspail, recrute du personnel, prépare l’installation des Éditions dans des locaux plus vastes et diversifie ses publications. Le prix Goncourt de 1919 est de bon augure, tandis que la revue, relancée le 1er juin 1919, renforce son assise sous l’égide de Jacques Rivière bientôt secondé par Jean Paulhan. Apte à gérer avec habileté les relations souvent complexes, parfois difficiles, avec des auteurs aux personnalités variées, à prendre en charge le suivi éditorial d’un livre et à se faire comprendre à la fois par les imprimeurs et les libraires, Gaston Gallimard, qui sait aussi s’entourer, a l’envergure d’un grand éditeur. Grâce à une politique éditoriale moins exclusive et plus rémunératrice, permettant de financer la création en pariant sur des auteurs alors méconnus (Michaux, Ponge, Aragon, Artaud…) et en laissant à leur œuvre le temps de s’imposer auprès des lecteurs, la Librairie Gallimard composera l’un des catalogues littéraires les plus importants du siècle.

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SONDE LES LECTEURS

SUR LEURS PRÉFÉRENCES

• Le premier  réseau social de lecteurs, babelio.com, fédère 650 000 membres et il affiche 3,7 millions de visiteurs uniques par an. Il a publié en  octobre une étude qui porte sur les attentes des lecteurs, en ce qui concerne la  couverture ou la quatrième de couverture d’un livre, sans oublier la présence de bandeaux de couleur. Ce qu’on appelle globalement le “paratexte éditorial”. De l’usage de ces bandeaux, parfois qualifié de “racoleurs”, jusqu’aux résumés “trompeurs qui donne dans le dithyrambique, l’étude menée entre la fin août et le début septembre auprès de 6 000 internautes utilisant Babelio.com dresse un bilan assez critique de ces pratiques.

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4ème de couverture du Goncourt 2017

• Selon cette étude, la communauté des 6 000 lecteurs consultés  est majoritairement féminine (81%) et elle est constitué pour l’essentiel de grands lecteurs, 21% d’entre eux affirmant lire un livre par semaine et  20% trois livres par mois. À une très large majorité, ces lecteurs se déclarent  attachés au livre papier et à l’achat en librairie. 76% d’entre eux se disent  déçus par les quatrièmes de couverture, alors que pour 71% des répondants, la lecture du texte qui y est imprimé  est un élément central dans l’achat  du livre. Un résumé qui fait l’objet de nombreuses critiques : 65% le jugent bien trop élogieux, face à la réalité du contenu, tandis que 20% le trouvent bien trop précis, au point de  dévoiler des éléments décisifs de l’intrigue. Autre élément intervenant dans le choix d’un livre, la mention du thème ou du sujet (82%) et, loin derrière,  le nom de l’auteur (26%). Quant aux  extraits, bonus et critiques de presse et d’auteurs, ils ne suscitent qu’un intérêt limité.

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Le bandeau, un autre élément important dans le choix du livre

• Bandeaux et prix littéraires sont  toujours des éléments  prescripteurs. 51% des lecteurs considèrent la présence de  bandeaux comme un facteur attractif, tandis que 34% les  jugent racoleurs. 85% souhaitent que le bandeau puisse être retiré après l’achat et 55% des lecteurs leur voient comme intérêt principal de mentionner un prix littéraire.

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Le premier livre de  poche, distingué par sa couverture

• L’importance de couvertures est confirmée.   Les lecteurs privilégient des couvertures colorées adaptées à l’univers du livre, sur le modèle des livres publiés aux Etats-Unis. On notera toutefois que  les lecteurs plus âgés préfèrent nettement des couvertures sobres : 56,9% des lecteurs de 65 ans et plus les apprécient contre seulement  25% chez les 12-17 ans. 81% des sondés, toutes catégories confondues, considèrent que la reprise d’affiches de film pour les livres adaptés au cinéma est une bonne chose. 87% sont également d’accord pour voir la publication d’un livre dans une série ou une collection comme un élément attractif. Enfin, l’identification des collections et des éditeurs se révèle variable.  Gallimard et sa collection « Blanche » arrivent en tête, avec un taux de reconnaissance de 68%,  suivi par  Albin Michel (59%), Actes Sud (54%) pour ses collections « Actes Noirs » et « Babel », Flammarion (41%) et Grasset (41%).

• UN NOUVEL ÉDITEUR

Sans titre

AU CHAMBON-SUR-LIGNON

• Chantal Lebrat, née en 1962 à Clermont-Ferrand, est atteinte d’une sclérose en plaques depuis l’âge de 26 ans et elle partage sa vie entre Cannes et Le Chambon-sur-Lignon. Elle a fondé, en février 2018, les éditions Renaissens en vue de publier les textes de ceux qu ‘un handicap empêche de se faire mieux voir ou de se faire entendre. Son premier livre publié est celui de Sophie-Victoire Trouillet, politologue de 29 ans, aveugle de naissance. Il s’agit d’un essai intitulé La paix, toute une histoire ! : la réconciliation par le storytelling, essai (190 p., 11, 99 €). Il porte sur la réconciliation des nations qui, un jour, ont pu être opposées dans des conflits.

• REGARD SUR 10 ANS D’ÉVOLUTION

DU MARCHÉ DU LIVRE EN FRANCE

• Olivier Donnat a réalisé une étude intitulée  Évolution de la diversité consommée sur le marché du livre 2007-2016 qui dresse le bilan d’une décennie de ventes du livre.

• Le volume global des ventes de livres imprimés a  reculé de seulement 4%, malgré l’essor du numérique. On note  toutefois des écarts : le choc a été plus brutal pour les dictionnaires, le livre scolaire, les sciences humaines et techniques. À l’inverse, les livres pour la jeunesse (+15 %) et les livres pratiques et de loisir (+16 %) affichent une belle croissance.

Vignette-CE-2018-3_medium• Depuis 2010, les nouvelles références (titres n’ayant fait l’objet d’aucune vente les années précédentes) représentent chaque année un quart de l’ensemble des références actives, tandis que le nombre de titres sortants (n’ayant fait l’objet d’aucune vente dans l’année) a été multiplié par 1,7. En 2016, 140 000 références actives en  2015 ont disparu, contre 80 000 par an dans les années 2007-2010.

• Autre enseignement, l’édition ce n’est pas que les  gros tirages.  Les livres dont les ventes sont inférieures à 100 exemplaires représentent plus de 90 % du nombre de références vendues au cours de la décennie, et ceux dont les ventes ne dépassent pas 10 exemplaires en forment plus des deux tiers (68 %). Autre déclin, celui de la partie intermédiaire du marché qui regroupe  les ouvrages vendus entre 10 000 et 100 000 exemplaires, avec un recul de 15%

• L’augmentation du nombre de livres à faibles ventes va de pair avec celle  du nombre d’éditeurs  qui affiche   +50 %. Une croissance qui repose notamment sur le développement des “micro-structures”, éditoriales telles que associations ou institutions de toutes sortes pratiquant souvent l’autoédition, à un moment où on a assisté à  l’émergence d’une offre de services en ligne et d’impression à la demande.

évolution volume des ventes

• Dans son étude, Olivier Donnat n’hésite pas à parler d’inflation éditoriale. Selon lui, pour occuper les tables des libraires, notamment en période rentrée littéraire, les principales maisons d’édition ont publié de plus en plus de livres, alors que la rotation des livres présents en librairie s’est accélérée. Conséquence : la durée de vie active d’un livre, via sa présence en librairie, est devenue de plus en plus courte.

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Internet qui était déjà  avant 2007, avec les grandes surfaces spécialisées, le circuit de distribution où la variété des livres achetés était la plus grande, a confirmé sa position dans la décennie suivante. Les ventes en ligne totalisent 19 % du volume total des ventes en 2016 contre 9 % dix ans plus tôt.

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• Si la variété a incontestablement progressé au cours de la décennie, l’équilibre entre les différents segments du marché est relativement stable, avec un renforcement des parts de marché des trois principaux secteurs : la littérature générale, les bandes dessinées et les livres pour la jeunesse. 15 % des références actives concentrent à elles seules 90 % des ventes, contre 12 % dix ans plus tôt.  Il en ressort que  la minorité d’ouvrages sur lesquels repose l’essentiel du marché s’est encore réduite. En  2016, les 100 titres les plus vendus ont représenté 6,8 % du marché contre 6,3 % en 2007. Un pic qui s’explique par quelques superstars, comme  la saga Twilight, le dernier album d’Astérix ou Cinquante nuances de Grey.

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L’ACTU DES LIBRAIRES

• APRÈS VICHY ET MONTLUÇON

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LA FNAC BIENTÔT À MOULINS ?

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 Montluçon en 2018…

Simple hypothèse qui “fait causer” ou véritable projet  qui pourrait se concrétiser avant la fin de 2019? Après Vichy en 2013 et Montluçon en mars 2018, la Fnac s’installerait place d’Allier, à Moulins. Selon la presse, l’enseigne culturelle qui vise désormais les villes moyennes, aurait jeté son dévolu sur un emplacement du plateau piétonnier,  au cœur de la ville. Pour ce faire, en englobant plusieurs cellules commerciales, elle parviendrait à dégager un espace de vente de 600 m², pour y loger ses produits culturels et électroniques.

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…et Vichy en 2013…

• En théorie, cette installation calquée sur celles de Montluçon, de Vichy et de Nevers, avec une quinzaine de salariés,  donnerait un coup de pouce au renouveau commercial du centre-ville engagé depuis deux ans par la municipalité… Conditionnel de rigueur car si installation il y a, elle risque de ne pas être  sans conséquences pour les autres librairies de la place. On sait qu’à Nevers l’ouverture de la Fnac en 2015 a été suivie  quelques mois après de la fermeture de Pôle Art qu’avait reprise Didier Pszonak, propriétaire de la Librairie des écoles à Montluçon.

téléchargement• Jean-Paul Oger,  propriétaire de  l’Espace culturel Leclerc,  considère que l’offre actuelle en produits électroniques et livres est déjà “ largement suffisante”, alors que “la marge est faible dans le marché du livre et du disque”. Du côté du Moulin aux lettres, la  librairie indépendante installée dans le haut de la rue d’Allier, Gilles Lacour ne cache pas que c’est pour lui “ une très mauvaise nouvelle”, allant jusqu’à parler d’une “hérésie” . Pour lui aussi, il ne fait aucun doute que “ l’offre culturelle est aujourd’hui suffisante par rapport à la demande à Moulins”.

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Un projet qui inquiète Le Moulin aux lettres

• Autre point commun avec Vichy et Montluçon, ce sont des  investisseurs privés qui porteraient le projet, en tant que franchisés, et non pas la Fnac directement. Tout en se montrant prudent,  Guillaume Boutié, le directeur de cabinet du maire de Moulins,  Pierre-André Périssol, estime que la ville  “ redevient un lieu d’implantation attractif pour des enseignes de ce type (et que) avec soixante commerces ouverts depuis février 2017 pour trois fermetures, la ville affiche une vraie attractivité”. À suivre…

• CRÉATIONS OU REPRISES DE LIBRAIRIES

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2018, ANNÉE RECORD

• En dépit d’un contexte plutôt morose, depuis l’été, avec des ventes de livres souvent en retrait, les créations de librairies ont été plus nombreuses en 2018 qu’en 2016, qui faisait pourtant figure d’année record. Entre janvier et novembre 2018, la revue professionnelle Livres-Hebdo (n° 1196 – 30 novembre) a recensé  51 ouvertures de nouvelles  librairies et 37 transmissions – reprises. En 2016, on avait dénombré sur la même période  40 ouvertures et 32 reprises. La même publication note que le 4ème trimestre a été le plus dense avec 23 opérations répertoriées. Derrière ces chiffres, on trouve une grande variété de projets, depuis la “grande” librairie de 500 m2 en plein Paris jusqu’à la petite unité, d’une cinquantaine de mètres carrés, en province. Quant au mouvement de reprises, il est surtout alimenté par l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération de  libraires qui ont créé leurs librairies dans les années 1970-1980. Pour le département de l’Allier, aucune création ou reprise n’a été enregistrée  en 2018.

 

• CHEZ MON LIBRAIRE

Sans titreUNE ALTERNATIVE À AMAZON

 

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• Le site internet régional de géolocalisation chez-mon-libraire.fr, ouvert depuis novembre 2014 avec le soutien de la DRAC et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, regroupe aujourd’hui 103 librairies, réparties sur l’ensemble du territoire de la région.   On notera toutefois que seule une librairie bourbonnaise, le Talon d’Achille à Montluçon, y figure. Ce site  permet de rappeler aux lecteurs qui auraient “le réflexe Amazon” qu’il existe toujours une  librairie indépendante près de chez eux. La centaine de libraires membres, qui affichent des profils variés, ont  mis en place un service commun, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Dans une base qui compte plus de 1,1 million de références, l’internaute peut trouver la librairie proche de chez lui qui propose le titre recherché, avec possibilité d’effectuer une réservation ou même de passer une commande ferme. Chez-mon-libraire.fr propose aussi une offre de livres numériques. Enfin, le réseau est aussi partenaire de manifestations littéraires et de salons du livre. C’est notamment le cas pour Carnets de voyage à Clermont-Ferrand.

 

L’ACTU DES BIBLIOPHILES

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LE GRAND MEAULNES

UN EXEMPLAIRE D’EXCEPTION VENDU À DROUOT

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©Catalogue Drouot

• Lors d’une vente réalisée le 14 décembre par Drouot à Paris, était proposé un exemplaire de l’édition originale du Grand Meaulnes (1913), avec une dédicace d’Alain-Fournier « Au fidèle Péguy, datée du 3 novembre 1913. Dix mois plus tard, Charles Péguy, qui avait appuyé Le grand Meaulnes auprès du jury du Prix Goncourt,  et Alain-Fournier tombaient presque simultanément sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Le premier fut tué le 5 septembre 1914, à Villeroy (Seine-et-Marne), lors de la bataille de la Marne, et le second, le 22 septembre 1914. Selon Benoît Forgeot, expert chargé de cette vente, “ Il est difficile d’avoir quelque chose de plus émouvant, de plus bouleversant qu’un envoi entre deux hommes, qui quelques mois après et à peu de jours d’intervalle, vont disparaître dans cette boucherie abominable qu’a été la guerre de 14-18. C’est un bout de l’histoire littéraire et de l’histoire de France”. Si on ignore quels furent ses propriétaires successifs, après la mort de Péguy, on retrouve la trace de l’ouvrage en 2011, année où il avait été acquis  par Pierre Bergé, ancien compagnon du couturier Yves Saint-Laurent. C’est le paysagiste américain Madison Cox, qui avait épousé Pierre Bergé en 2017, qui a décidé de le mettre en vente en même temps que 129 autre ouvrages. Finalement, cet exemplaire  du Grand Meaulnes, considéré comme l’un des plus précieux, a été acquis pour 75 000 € (hors frais de vente).

• DU CÔTÉ DE CHEZ SWANN

UN RECORD MONDIAL POUR MARCEL PROUST

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© Catalogue Drouot

◄  Parmi les lots proposés, figurait aussi un rarissime exemplaire  sur papier Japon de l’édition originale de Du côté de chez Swann, de Marcel Proust. Portant le no 1, il avait été offert par Proust à Lucien Daudet. Il comportait la dédicace suivante : “Mon cher petit vous êtes absent de ce livre : vous faites trop partie de mon cœur pour que je puisse jamais vous peindre objectivement, vous ne serez jamais un “personnage”, vous êtes la meilleure part de l’auteur. Mais quand je pense que bien des années de ma vie ont été passées “du côté de chez Lucien”, de la rue de Bellechasse, de Bourg-la-Reine, les mots “le Temps perdu” prennent pour moi bien des sens différents, bien tristes, bien beaux aussi. Puissions-nous un jour le “retrouver”. D’ailleurs pour vous qui avez peint la pagode de Chanteloup et les roses de Pâques tout est retrouvé et sera éternellement gardé”.

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De Historia Stirpium (© Catalogue Drout)

• Initialement  estimé entre 600 000 et 800 000 €,  il est finalement parti pour 1,51 million (frais de vente inclus), un record mondial pour une œuvre en français. Le précédent record était détenu depuis 2009 par une édition originale des Fleurs du mal, de Baudelaire, adjugée 775 000 €. Lors de cette 4ème vente de la bibliothèque de Pierre Bergé, qui a rapporté 8,10 M€, soit deux fois plus que prévu, une édition originale des Essais, de Montaigne, a été vendue 682 000 €. L’une des toutes premières traductions en français des Vies parallèles, de Plutarque, manuscrit sur parchemin illustré de 54 peintures en pleine page, a été vendue 671 780 €. Quant à  De Historia Stirpium (De l’histoire des plantes, 1542), de  Leonhart Fuchs,  illustré de 512 planches gravées sur bois, entièrement peintes à l’époque et  considéré comme le livre fondateur de la botanique moderne, il a atteint 425 000 €.

►Savoir plus: Accéder au  catalogue de la vente 

 

• SALON DU LIVRE ANCIEN DE SOUVIGNY

VINGT ANS DÉJÀ

SLA-Souvigny-2018-e1525684950169• Le vingtième Salon du livre ancien et d’occasion organisé par l’association Lacme que  préside Joël Talon, s’est tenu lors du week-end  des 17-18 novembre, à l’espace Saint-Marc de Souvigny.  18 libraires venus de 13 départements, ainsi que quatre artisans, restaurateurs de livres anciens, avaient fait le déplacement. C’est en 1998 que le salon, qui était jadis une  biennale qui se tenait  à la salle des fêtes de Moulins, a pris ses quartiers  à Souvigny. Il a alors adopté une périodicité annuelle, à la demande des libraires. Pour Joël Talon,  “ c’était un pari improbable, dans un cadre exigu, mais avec une atmosphère chaleureuse, un cachet correspondant bien à l’objet du salon, un salon à dimension humaine”.  D’improbable, le pari est devenu une réussite incontestable puisque le salon s’est inscrit dans la durée, malgré la concurrence des nouveaux canaux de ventes sur Internet.

En 2017, il avait accueilli 900 visiteurs dont la moitié à titre payant, le tarif d’entrée étant fixé à 3 €. Le président de Lacme considère que ce salon réputé est  “ une alchimie (car) il faut plaire aux locaux, aux marchands, aux curieux. Notre but est d’inciter à démarrer une collection sans casser sa tirelire : il y en a pour tous les prix, à partir de 10 €. On vient de Paris, Lyon, du Puy-de-Dôme, de la Nièvre ou du Cher. La majorité des visiteurs n’est pas forcément de l’Allier”. Côté tendances, les livres pour enfants ont la cote, ainsi que les livres sur la deuxième guerre mondiale, 2019 marquant le 80ème  anniversaire de son déclenchement. Ils prendront la suite de ceux ayant trait à la Grande guerre qui ont bénéficié de l’effet centenaire.

 

• UN APPEL AU BOYCOTT D’ABEBOOKS

UN DES PRINCIPAUX SITES DE VENTE

DE LIVRES ANCIENS

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• Près de 300 libraires, membres  de la Ligue internationale de la librairie ancienne, ont décidé de boycotter Abebooks en retirant leurs catalogues de la plateforme de vente en ligne de livres anciens, propriété d’Amazon. Ils entendent ainsi  protester contre une suppression qu’ils jugent « arbitraire » des comptes de leurs confrères situés en République tchèque, en Hongrie, en Corée du Sud et en  Russie, à compter du 30 novembre. Plus de 1,8 million de livres ont été retirés du site.

site-slam-logo-ILAB-bleu@3x_0• En France, le Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (Slam), présidé par Henri Vignes, a appelé ses adhérents à suspendre « provisoirement » leurs comptes auprès d’Abebooks et à privilégier la plateforme Livre-Rare-Book basée à Lyon. Il a lui-même donné l’exemple en procédant au retrait de plus de 20 000 livres. Une vingtaine de libraires d’anciens ont répondu à son appel, comme Le Pélican Noir, Le Feu Follet et la Librairie Christian Chaboud, situées dans le 5e arrondissement de Paris, les librairies Knuf Rare Books et L’Encrivore à  Vendôme, ou encore In-Quarto  à Marseille, Les Oies Sauvages à Pontault-Combault, la Librairie de l’Amateur à Strasbourg. Ils rejoignent la longue liste de leurs confrères de Belgique, d’Allemagne, du Royaume-Uni, d’Espagne, d’Italie, des Pays-Bas, des États-Unis, d’Australie ou encore du Canada.

 

L’ACTU DES MÉDIAS

 

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MONTAGE-NEW-COUV-TDB12• Au sommaire du n° 12 (décembre 2018 – janvier – février 2019) : Curiosité – Vichy – Un siècle de confiseries. – Les bonnes fourchettes – Canard à la Duchambais – Recette et “Grenier à sel” de Montluçon – Racines – Jean-Luc Petitrenaud – Les audacieux – Cristel Saddé  – Écho business – Le tavaillon de l’Allier. – Initiative inspirée – Les Fablab –  Notre Histoire – Hubertine Auclert –  Quelle culture – La cornemuse. – À voir à faire – l’agenda de vos envies…(68 p, illustrations en couleur). Terre des Bourbons annonce un tirage de 3 000 exemplaires

 

• ON SE CALME UN PEU …

LA MONTAGNE

N’EST CERTAINEMENT  PAS

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• La colère n’est pas forcément bonne conseillère… La Montagne (édition de Montluçon) avait publié, le 3 décembre, un article qui citait quelques-unes des conclusions d’un rapport de la chambre régionale des comptes, à propos de la gestion de la ville Montluçon. Il  y était notamment question des “remboursements de frais d’élus de Montluçon dans le viseur de la chambre régionale des comptes et de la justice”. Le dit article prenait également soin de donner la parole au maire, Frédéric Laporte, face à ces observations. Il n’en a pas fallu davantage pour qu’un élu montluçonnais écrive sur son compte Facebook : “Je viens de lire La Montagne: je croyais lire Je suis partout”…

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Comparaison pour le moins douteuse…Rappelons que Je suis partout, hebdomadaire fondé en 1930, fut en pointe dans la collaboration sous l’occupation. L’historien Pierre-Marie Dioudonnat, qui lui a consacré une thèse, écrivait à ce propos (*) : “Le nom de Je Suis Partout est resté le symbole de la trahison intellectuelle dans la France occupée par les Allemands, entre 1940 et 1944.  Dès avant la guerre, le journal était d’ailleurs devenu aux yeux de ses adversaires, selon l’expression de son rédacteur en chef Robert Brasillach, “quelque chose comme l’organe officiel du fascisme  international”. Sans aller jusqu’à la dénonciation systématique ad nominem des Juifs ou des résistants qualifiés de “terroristes”, comme la pratiquait notamment  l’odieux Au Pilori, Je suis partout   ne s’interdisait toutefois pas d’y recourir dans ses colonnes…On comprend dès lors que comparer un quotidien régional avec une feuille de la collaboration ait pu susciter quelques émois…

71pD-tQ+MRL• C’est ce qui a finalement   conduit l’élu montluçonnais à faire partiellement  son mea culpa, en écrivant quelques heures plus tard sur sa page Facebook : On ne devrait jamais réagir sous le coup de la colère? Sans doute. Ma comparaison allait trop loin? J’en conviens, et si elle a blessé les personnels de La Montagne, j’en suis désolé. Il est bien entendu que je n’ai jamais cherché à les comparer aux idées de cette feuille d’une autre époque. Mais mon intervention était à la hauteur de mon indignation  (…). Il faut aussi que ceux qui ont écrit cet article se rendent compte du caractère blessant et insultant de la façon dont ils l’ont écrit”. Finalement, quelques jours plus tard, le post de l’élu avait été supprimé par ses soins.

(*) Pierre-Marie Dioudonnat, Je suis partout (1930-1944) :Les maurassiens devant la tentation fasciste (éditions Fayard- 1ère édition 1973).

 

ACRIMED

• MÉDIAS FRANÇAIS

QUI POSSÈDE  QUOI ? QUI CONTRÔLE QUOI ?

• À un moment où les médias français apparaissent de plus en plus concentrés et se retrouvent aux mains de grands groupes industriels et/ou financiers,  le site Acrimed (Action critique Médias) en partenariat avec Le Monde Diplomatique, propose la  quatorzième version actualisée d’une infographie évolutive dont la première remonte à juillet 2016. Cette carte du paysage médiatique français, entièrement mise à jour,  permet de démêler l’écheveau des concentrations dans la propriété des grands médias.

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Accéder à l’infographie et zoomer

 

Carrefours de Bransat

• LE JOURNALISTE ALEX TAYLOR

 CITOYEN FRANÇAIS POUR CAUSE DE BREXIT

Fy2HdoAZ_400x400• Le 3 décembre, le  journaliste britannique Alex Taylor, qui vit en France depuis 40 ans et qui intervient régulièrement à la radio et à la télévision, était l’invité du Carrefour de Bransat, organisé par  le sénateur Gérard Dériot. Selon lui, le vote en faveur du  Brexit a été possible car en Angleterre  “beaucoup ont été intoxiqués par la presse qui est très largement anti-européenne. Des gros tirages comme The Sun, The Express, The Daily Mail, The Telegraph ont déversé des tonnes de mensonges”. Ce résultat a été ressenti par lui comme  une vraie douleur morale, un arrachement”, d’autant qu’il n’a pu prendre part au vote, au motif que lorsqu’un Britannique vit à l’étranger depuis plus de 15 ans, il perd le droit de s’exprimer dans les urnes. Conséquence :“Avec le Brexit, j’ai été obligé de faire un choix : rester Britannique ou rester Européen en devenant Français. J’ai choisi mon camp”, explique-t-il  dans une interview recueillie par le journaliste Antoine Delacou. Fils d’un combattant de la seconde guerre mondiale, il ajoute que “plus qu’anglais ou français, (il) se sent profondément européen”. C’est ce qui l’a conduit à opter pour la nationalité française qu’il a obtenue en novembre 2017. Conclusion du journaliste désormais français : “ L’Europe, pour beaucoup de Britanniques, c’est une perte de la souveraineté. Au contraire, pour moi, elle incarne les valeurs de liberté, de sécurité, de stabilité, de paix”.

 

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