L’ ACTUALITÉ DES AUTEURS, DES ÉDITEURS, DES LIBRAIRES ET DES MÉDIAS N° 20 (JUILLET – AOÛT 2019)

Cette rubrique faisant  l’objet d’additifs et de mises à jour, du 1er juillet au 31 août  2019, en fonction de l’actualité, n’hésitez pas à y revenir régulièrement pour bénéficier pleinement de ces  compléments d’information.

Pour nous contacter: allier-infos@sfr.fr

DERNIÈRE MISE À JOUR:  20 AOÛT   2019

 

L’ACTU DES AUTEURS

 

• RÉBECCA DAUTREMER

LAURÉATE DU XIIè GRAND PRIX

DE L’ILLUSTRATION JEUNESSE

Mij• Depuis 2008, le département de l’Allier décerne chaque année le  Grand Prix de l’illustration jeunesse. Il  vise à distinguer une illustratrice ou  un illustrateur pour un album destiné à la jeunesse, remarquable par sa singularité esthétique et sa force créative. Après  passage devant un comité de présélection, les titres retenus sont soumis à un jury de professionnels de la littérature jeunesse (médiathèques, librairies, associations, personnalités du monde de l’illustration, de l’édition et de la promotion de la lecture jeunesse)…

téléchargement (4)• En 2019,  ce jury a choisi de décerner son 12ème Grand prix à  Rebecca Dautremer, auteure de  Les riches heures de Jacominus Gainsborough, un album paru aux éditions Sarbacane, en octobre 2018. Il lui sera officiellement remis le 26 septembre, dans les locaux du Mij.  En douze scènes de genre traversées par les saisons, ponctuées de trois pèle-mêle et d’une dizaine de portraits de héros à différents âges, elle fait le récit d’une vie, avec ses petits riens, ses grands moments, ses joies et ses peines, ses doutes et  ses épreuves… Avec, au final, la chance d’avoir été aimé et le bonheur de contempler, au crépuscule de son existence, ses amis fidèles. Ils s’appellent Policarpe, César, Agathon ou encore Byron, sa compagne Douce, la bien nommée, et ses petits-enfants autour. Rébecca Dautremer offre une fresque unique pour parler à tous du bonheur d’être en vie, à travers le destin de cet humble lapin et livre son histoire personnelle.

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© R. Dautremer (Sarbacane éditions)

► Bio express... Rébecca Dautremer,  née en 1971, est diplômée des Arts Décos de Paris en graphisme. Tout en étant  passionnée de photographie, elle s’est tournée vers l’illustration jeunesse, après la publication en 1996  par les éditions Gautier-Languereau d’un premier album. Artiste exigeante, généreuse et éprise de liberté, cherchant  toujours à repousser ses limites, elle a su développer un style unique, aisément reconnaissable.

• ASSASSINAT DE MARX DORMOY

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HUIT ANS DE RECHERCHES ET D’ENQUÊTES

ET BIENTÔT UN LIVRE

• Au terme de huit années d’enquêtes et de recherches, menées par deux universitaires américaines (Annette Finley-Croswhite et Gayle K. Brunelle), le livre consacré à l’assassinat de Marx Dormoy devrait paraître très prochainement. Dans un premier temps, il sera publié par les Presses de l’université de Toronto, en langue anglaise. Titre retenu par l’éditeur : Assassination in Vichy: Marx Dormoy and the Struggle for the Soul of France. Il restera ensuite à savoir si ce livre fera ou non l’objet d’une traduction et d’une publication en France.

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Extrait de la page Facebook de A. Finley-Croswhite, le jour anniversaire de la disparition de Marx Dormoy

ACTUALITÉS “LONDONIENNES”

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• HERVÉ BOUVANT

SUR LA PISTE D’ALBERT LONDRES ET DES SIENS

AL COUV 1• Hervé Bouvant, ingénieur informaticien et ancien secrétaire général de l’association Maison Albert Londres de 2016 à 2019, s’est beaucoup investi dans la restauration de la maison natale du journaliste :   d’abord en 2016, lors de  la première phase,  qui a concerné la toiture et la charpente, puis en 2018, lors de  la 2ème phase portant sur la façade et le balcon.

• À titre personnel, il a choisi de se plonger dans l’univers du journaliste pour explorer quelques aspects de sa vie, certains peu connus, d’autres oubliés, voire complètement passés sous silence et parfois volontairement.  De cette quête fructueuse, il a rapporté un livre, qu’il a auto-édité, Albert Londres et les siens (1 vol. br, 164 p, illustrations, 25 €), rehaussé par de nombreuses photos d’époque,ainsi que par  des  reproductions de manuscrits et de journaux.

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Philippe de Gaulle (à gauche) sous les ordres d’André Martinet, gendre d’Albert Londres  (à droite)

• Au-delà des recherches sur ses origines familiales, il s’est attaché à l’étude de l’entourage de LondresÉdouard Helsey (1883-1966), ami fidèle,  journaliste et grand reporter au quotidien Le Journal, mais aussi sa fille Florise (1904-1975), dont Helsey fut par la suite le compagnon. Hervé Bouvant retrace également  le parcours brillant qu’a accompli dans la Marine nationale André Martinet (1905-1964), mari de Florise. Sur une des photos, alors qu’il était  à la tête du régiment blindé de fusiliers marins, on peut le voir  face à un enseigne de vaisseau placé sous ses ordres : il s’agit d’un certain Philippe de Gaulle, fils du Général.

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La “mystérieuse” Olga Mischkine dans Pépé le Moko

• Ses recherches l’ont par ailleurs mené  sur les traces de la “mystérieuse” jeune femme qui accompagnait Albert Londres à Vichy, en 1931 et 1932. Elle est absente des principales biographies qui ont été consacrées au  ”prince des reporters” et dans ses écrits, sa propre fille Florise n’apporte aucune information sur elle. Pour Hervé Bouvant, l’énigme est résolue :  il s’agissait d’Olga Mischkine (1910-1985), à la fois peintre et actrice. Une autre photo la montre au côté de Jean Gabin dans  le film de Julien Duvivier,  Pépé le Moko. Albert Londres et les siens est disponible dans les trois librairies indépendantes de  Vichy, ainsi qu’au Moulins aux lettres à Moulins  et sur Amazon. Contact : herve@bouvant.fr.

• VICHY ET ALBERT LONDRES

“UNE AFFECTION MUTUELLE”

Z Albert Londres à VICHY• D’Albert Londres, il est également question   avec Albert Londres à Vichy (1 vol. br, 100 p, illustrations, éd. Association Maison Albert Londres, 15 €), un livre qui est le fruit d’un travail collectif,  réalisé sous la direction de  Michèle Garnier. Il vient d’être  publié par l’association qui œuvre à la restauration de la maison du journaliste. Reposant sur de nombreux documents, il vise à mettre en valeur le lien affectif  et réciproque qu’entretenait Albert Londres avec  la station thermale, alors qu’il  accède vraiment à la célébrité après 1914 . Selon Marie de Colombel, présidente de l’association Maison Albert Londres. “ c’était un amoureux de Vichy,  un grand ambassadeur de sa” ville”.

Sans titre• Entre  des articles issus de la presse locale traitant du journaliste  et des articles que ce dernier a consacrés à Vichy, ce recueil foisonne de documents qui démontrent  qu’Albert Londres  “s’intéressait vraiment à la vie dans la cité thermale, au point de lui faire écrire que “Vichy n’est pas qu’une femme (mais que) c’est une reine”. Cet ouvrage entend aussi s’inscrire dans le cadre de la candidature de Vichy au patrimoine mondial de l’Unesco, avec d’autre stations thermales européennes : Albert Londres “représente quelque chose dans le milieu du journalisme. Tous les yeux du journalisme devraient être braqués vers ici. Mais tout n’a pas été  fait en ce sens”, regrette Marie de Colombel.  Une lacune que ce livre et celui d’Hervé Bouvant devraient permettre de combler au moins partiellement.

• LE GRAND MEAULNES

RETOUR SUR LE TOURNAGE DU FILM EN 1966

 • Jusqu’au 31 août, la Maison école d’Épineuil-le-Fleuriel propose une exposition intitulée Le grand Meaulnes : Souvenirs de  tournage.  Il s’agit d’un clin d’œil au film dont une partie avait été  tournée par Jean-Gabriel Albicocco (1936-2001), dans le village-même et dans les alentours. MeaulneDans ce qui était alors  la toute première adaptation cinématographique de l’œuvre maîtresse d’Alain Founier, Alain Libolt (François Seurel), Jean Blaise (Augustin Meaulnes) et Brigitte Fossey (Yvonne de Galais) interprétaient les rôles principaux. Sorti officiellement sur les écrans le 29 septembre 1967, le film tourné en “scope couleur”avait nécessité  vingt semaines de tournage, avec un budget de 3,3 MF de l’époque soit environ 4,2 M€ .  Il fut présenté en avant-première mondiale à la Maison des jeunes et de la culture de Bourges, le 21 septembre, avant d’être projeté à Montluçon le 27 septembre et à Moulins, au cinéma Le Colisée, le 29 septembre.

• Quelques années auparavant, en 1951, une première adaptation au cinéma avait failli apparaître. Le réalisateur et metteur en scène Julien Duvivier avait sollicité l’accord d’Isabelle Rivière, la sœur d’Alain-Fournier, qui était la détentrice des droits du roman, pour le transposer  sur grand écran. Une proposition qu’elle avait alors déclinée. Ajoutons que depuis 1967, une nouvelle adaptation du roman a été réalisée en 2006 par Jean-Daniel Verhaeghe, avec au générique Jean-Baptiste Maunier, Nicolas Duvauchelle, Jean-Pierre Marielle et Philippe Torreton.

◘ QUELQUES DOCUMENTS …

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE FILM ET SUR  LE TOURNAGE

◘ Une interview de Jean-Gabriel Albicocco qui fait part de son état d’esprit, quelques mois avant la sortie du film (Interview publiée par le quotidien Paris-Jour – 13 janvier 1967):

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Un reportage diffusé le 3 mai 1968, à la télévision. Il évoque  le tournage de plusieurs scènes du film, dans le village d’Henrichemont (Cher), ainsi que l‘appel aux figurants locaux. Il  revient sur le rôle important d’Isabelle Rivière, à chaque étape de la réalisation. Il est extrait du site de l’Institut National de l’audiovisuel (INA), qui le présente ainsi: “On tourne Le Grand Meaulnes, d’après Alain Fournier à Henrichemont, sous la direction de Jean Gabriel Albicocco. Après une brève ballade dans le village et l’interview de jeunes écoliers sur l’histoire du Grand Meaulnes, interview d’une vieille dame (sic…il s’agit d’Isabelle Rivière) qui a donné à Albicocco l’autorisation de tourner son film.Témoignages de villageois qui figurent dans le film. Interview des comédiens Jean Blaise, sur son rôle et Brigitte Fossey sur l’opinion courante qui consiste à dire qu’il n’y a plus de « vraies jeunes filles ».Témoignage du réalisateur Jean Gabriel Albicocco sur l’idée que son film va lui échapper pour vivre sa vie propre”.

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Accéder à la vidéo sur le site de l’INA

◘  Une scène  extraite du film: Après la fête... (Musique de Jean-Pierre Bourtayre)

Et pour finir… Un hommage en chanson à Alain-Fournier et au Grand Meaulnes

•  UNE VISITE COMMENTÉE

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AU MUSÉE CHARLES LOUIS PHILIPPE

static_2353• Le 20 juillet, Marie-Thérèse Aurat, secrétaire générale de l’association des amis de Charles-Louis Philippe, a organisé une visite commentée de la maison natale de l’écrivain, à Cérilly. Elle abrite  depuis 1937 le musée qui lui est dédié et elle a été labellisée Maison des Illustres, en 2012. Ce label, créé en 2011, regroupe aujourd’hui  235 maisons. Il  est destiné à signaler au public  des lieux dont la vocation est de conserver mais aussi de transmettre  la mémoire de femmes et d’hommes qui se sont illustrés  dans l’histoire de France, que ce soit au plan politique,  social ou culturel.

020_001• Au rez-de- chaussée de ce ce qui fut une demeure de sabotier, et où Philippe a vu le jour en 1874, on peut visiter  la pièce de vie, avec cuisine et chambre, avant de passer dans ce qui fut  l’atelier de sabotier paternel. Au premier étage, dans la chambre de l’écrivain, on peut voir des objets personnels qui côtoient des manuscrits. Vitrines et panneaux retracent l’enfance de Charles-Louis Philippe et on y voit aussi  des analyses et de nombreux documents sur son œuvre. L’écrivain, mort brutalement en 1909  à Paris, victime de la typhoïde, n’a jamais oublié ses racines modestes, au fil de ses écrits. La plupart de ses héros sont issus du peuple, que ce soit  la jeune couturière dans Marie,  le forgeron dans Le père Perdrix ou encore l’employé de bureau, dans Croquignole. Rappelons que l’association internationale des Amis de Charles-Louis Philippe publie un bulletin annuel. Il est rédigé en grande partie par l’universitaire David Roe.

Infos pratiques : Le musée, tenu par Maëva Cazor, est ouvert  en juillet et en août, les vendredis, samedis, dimanches et jours fériés (15 h 00 – 18 h 00). En avril, mai, juin et septembre, il n’est ouvert que les samedis, dimanches et jours féries, aux mêmes horaires (Contacts : Mairie de Cérilly et tél. 04 70 67 52 00),

 

• CHEMINEMENTS LITTÉRAIRES EN BOURBONNAIS

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DEMANDEZ LE PROGRAMME AUTOMNAL…

• Après le succès rencontré par ses festivals en 2017 et 2018, Cheminements littéraires en Bourbonnais, association fondée en 2015, compte bien récidiver avec  son festival d’automne 2019. Le premier rendez-vous automnal, les 21 et 22 septembre, aura pour cadre le parc des Sources, à Vichy et il sera consacré  La littérature au cœur de l’Europe thermale…ou quand l’arrivée inattendue de George Sand, d’Albert Londres et de Valery Larbaud vient perturber une discussion à bâtons rompus entre Gustave Flaubert et Ivan Tourgueniev…

• Autre rendez-vous, celui du 29 septembre à Cérilly, Bocage belles pages. Il s’agira d’une balade théâtralisée, avec De mon village au Père Perdrix. La Compagnie en la aura l’occasion de se glisser dans les pas de Philippe Valette et de Charles-Louis Philippe.

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• Au programme également des Cheminements littéraires, la 3ème édition  des rencontres Plume et enclume à Ygrande (19 octobre) et à Montluçon (20 octobre). Ou comment l’écrivain Ernest Montusèsse délocalise” sur les terres d’Émile Guillaumin.

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• Enfin, Polar en Bourbonnais (22, 23 et 24 novembre) mettra à l’honneur Sébastien Japrisot, romancier et scénariste,  à Vichy, à Moulins et à Montluçon. Né en 1931 à Marseille, Jean-Baptiste Rossi pour l’état civil, était notamment l’auteur de Compartiments tueurs, de l’Été meurtrier et de Un long dimanche de fiançailles, trois romans qui ont été adaptés pour le cinéma. Installé entre Mariol et Busset, au début des années 1990, Sébastien Japrisot  est décédé en mars 2003, à Vichy. Il a été inhumé au cimetière de Busset.

EN BREF…

• À découvrir…Depuis 2014, une exposition permanente constituée d’objets chers à l’écrivain René Fallet est visible au 10, rue du Château,  à  Jaligny-sur-Besbre, dans les locaux de  la médiathèque « Les pieds dans l’eau » .

Z Michelin◄ Michelin, une aventure humaine… Tel sera le thème  de l’album relié (49 €) que doivent publier en septembre les éditions Actes Sud, en partenariat avec la firme pneumatique. L’ouvrage,  en mode beau livre,  comportera 650 illustrations et il retracera la saga de l’entreprise, depuis l’aventure des frères Édouard et André Michelin, jusqu’aux toutes dernières innovations, soit un parcours de 130 années, qui n’ont pas toujours été qu’un “long fleuve tranquille”. Au-delà de l’histoire de l’entreprise au Bibendum, reconnaissable dans le monde entier, les auteurs  ont aussi choisi de  se pencher sur les mutations de la société  française, tout en revenant sur les grands événements qui ont ponctué l’histoire mondiale, au fil du siècle dernier..

RobertLIRIS_recto•  La Grande librairie, à Vichy, a accueilli Robert Liris, psychohistorien, venu  présenter son dernier ouvrage  Vichy Vertigo : une mémorielle damnation (éditions Sydney Laurent). Un livre  dans lequel il s’interroge sur la question de savoir pourquoi une « malédiction de mémoire » pèse toujours sur la ville et ses habitants?

• Venant du Québec, François Samson-Dunlop s’est installé à Volvic en 2013. Il a fait paraître une bande dessinée : Comment les paradis fiscaux ont ruiné mon petit déjeuner (éditions Ecosociété, 214 p., 21 €). La préface est signée par Alain Deneault, un philosophe québécois qui a beaucoup traité de l’évasion fiscale.

AVT_Daniel-Moulinet_9515◄  Né à Montluçon en 1957, l’abbé Daniel Moulinet, prêtre modérateur de la paroisse de Gannat, à célébré sa dernière messe en l’église Sainte-Croix le 23 juin. Il va désormais se recentrer sur les cours qu’il n’a jamais cessé de dispenser à l’Université catholique de Lyon, tout en continuant  ses publications. La dernière s’intitule : Chanter en Église : journées d’études des 15 et 16 juin 2017, à Lyon, dont les actes ont été publiés par les éditions Beauchesne (178 p., 24 €).

• Gérard Georges, qui a été journaliste puis professeur de lettres et principal de collège, est aussi un romancier “de terroir”. Il est par ailleurs responsable du prix Lucien-Gachon. Fin juin, dans le cadre du salon Moz’Arts, à Mozac, il est venu dédicacer quelques-uns de ses nombreux ouvrages.

• Le dimanche 23 juin, à Ébreuil, une vingtaine d’auteurs étaient présents à l’occasion de  la 7ème  édition du Salon du livre Des plumes chez la Belette. Cinq titres avaient été sélectionnés pour l’attribution des prix. Le jury, présidé par Serge Camaille,  a attribué le 1er prix à Sylvain Ansoux pour La Dame du Charmant Som (éditions du Thot, 2018, 116 p., 15 €). L’auteur absent du Salon, devait se voir remettre son prix quelques jours plus tard, dans les studios de Radio-Coquelicot.

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Les lauréats du Salon 2019 (© La Montagne)

• Le 2ème prix est allé à  Laurent Mathoux, pour  Dernière sortie pour Thiers (éditions Revoir, 16 €). Quant au 3ème  prix, il a été attribué  à Véronique Chavy, l’auteure de  Aux douceurs du temps (Grand livre du mois, 2019, 341 p., 19,90 €). Enfin, c’est Évelyne Debourg, la cantinière d’Ebreuil, qui a été distinguée par le grand prix du public pour ses Contes et recettes d’autrefois..

51Ldl0tEtYL._SR600,315_PIWhiteStrip,BottomLeft,0,35_PIAmznPrime,BottomLeft,0,-5_SCLZZZZZZZ_◄ De passage à Clermont-Ferrand, l’écrivain Claude Lamy a présenté à l’hôtel littéraire Alexandre-Vialatte, son dernier livre intitulé   Mon Poulidor (éditions Albin Michel, 208 p., 18 €). Il  retrace la vie de “l’éternel second”, le populaire “Poupou”. Dans un entretien publié dans La Montagne (5 juillet), il  considère qu’avec cette biographie, il levé le voile sur “une grande partie du mystère Poulidor”.

• Au terme de sept années de recherches, le photographe Lionel Duperray a publié Menat à travers ses grands hommes, ses lieux et ses légendes. Il l’a présenté le samedi 6  et dimanche 7 dans la petite cité des bords de la Sioule.

Giraudoux• Le Figaro du 1er août a consacré sous la signature d’Astrid de Larminat une page à  « Bellac : La vie rêvée de Giraudoux »; – Dans l’œuvre de Jean Giraudoux, Bellac (Haute-Vienne) est l‘archétype de la province française. Il y naquit en 1882 dans la maison de ses grands-parents. La prime jeunesse de Giraudoux se déroula dans des villes modestes du centre de la France, en Haute-Vienne, dans l’Indre et dans l’Allier.Plus tard, à Paris, il sera très lié aux écrivains issus de ces régions, tels que  Charles-Louis Philippe ou Valery Larbaud . « Je me suis toujours réjoui qu’il y eût au centre de la France un Calme central,une Placidité centrale, région où les écarts de la raison et des sentiments sont réduits au minimum »

NouveauMagazineLitteraire_07952_19et20_1907_1908_190627_CouplesLitteraires_Couverture◄ Dans le Nouveau magazine littéraire (n° 19-20, juillet-août 2019), consacré aux “ Couples littéraires et destins croisés”, figurent  deux pages sur « Marcel Proust, James Joyce : une soirée  au Majestic. Lors de leur unique rencontre les deux géants littéraires du XXe siècle ont échangé des banalités avant de partager un taxi pour rentrer chez eux (…) Joyce confie : « Proust ne parlait que de duchesses ; moi, leurs femmes de chambre m ‘intéressaient davantage ». Six mois plus tard Proust meurt. Joyce note alors : »Ce Proust, les gens ne semblent pas surpris de sa mort, mais lorsque je l’ai vu en mai dernier il n’avait pas l’air malade. En fait, il paraissait avoir dix ans de moins que son âge« .

• Le même numéro donne un compte rendu du roman de Dalie Farah : Impasse Verlaine (éditions Grasset, 224 p., 18 €). L’auteure, agrégée de lettres, qui enseigne en classe préparatoire, est née en Auvergne de parents algériens. Selon le chroniqueur du Nouveau Magazine littéraire, c’est un  « premier roman taillé à la serpe d’où jaillissent des pensées intimes qui sonnent comme des maximes… »

UNE-Riviere-e1556352912724• Le n° 1082-1083 de la revue Europe (juillet-août 2019) est consacré à Jacques Rivière et Jean Prévost: “ Si l’on se souvient aujourd’hui de Jacques Rivière (1886-1925), peut-on lire dans la présentation de ce numéro,  c’est surtout comme de l’architecte génial de la Nouvelle Revue française qui sut se montrer attentif à toutes les écritures qui apportaient quelque chose de nouveau et d’essentiel à l’exploration de l’âme et du monde. Mais le beau-frère et ami d’Alain-Fournier fut un écrivain délicat et un critique littéraire et musical subtil. Celui à qui Proust pouvait écrire en 1914 qu’il avait le sentiment, grâce à lui, d’avoir enfin trouvé un lecteur, et en qui Stravinski voyait « le premier critique à avoir eu l’intuition » de sa musique mérite sans aucun doute d’être redécouvert aujourd’hui. Romancier, nouvelliste, essayiste, Jean Prévost (1901-1944) fut un écrivain aux talents multiples. Pacifiste, humaniste, européen, il s’attacha à porter sur la vie intellectuelle et politique de son temps un regard sans complaisance”. À propos de Jacques Rivière, on peut rappeler que la Médiathèque de Vichy conserve  les 71 lettres et 3 cartes postales de lui adressées à Valery Larbaud. Précisons par ailleurs   que Jean Prévost (1901-1944) fut le mari de la journaliste (fondatrice du magazine féminin Marie-Claire), essayiste et romancière  Marcelle Auclair (Montluçon 1899 – Paris 1983).

james_joyce_by_alex_ehrenzweig_1915_cropped• Comme tous les ans, le souvenir  de l’écrivain irlandais James Joyce a été ranimé à Saint-Gérand-le-Puy le 22 juin. Une trentaine d’admirateurs se sont retrouvé pour  ce traditionnel  Jour d’Ulysse. Après un petit déjeuner irlandais, suivi d’une déambulation dans le bourg, la manifestation s’est poursuivie par la  visite des chambres occupées par le couple Joyce à l’Hôtel de la Paix, en 1940. Au cours de l’après-midi, Mario Byrne et Gérard Colonna d’Istria ont dirigé des débats consacrés à “la langue de Joyce”.

JOYCE ALLIER 18 aout• Toujours à propos de l’écrivain irlandais, dans son édition dominicale du 18 août, La Montagne a consacré sa une à “James Joyce dans l’Allier”. À  l’ intérieur, figuraient deux pages dédiées à Joyce: “Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’auteur irlandais James Joyce a vécu un an à Saint-Gérand-le-Puy, dans l’Allier, pour suivre son petit-fils dont l’école avait été délocalisée dans une commune voisine. Depuis 2009, une association lui rend hommage en organisant des balades dans le village qu i l’a accueilli.  Saint-Gérand-le-Puy est probablement l’une des rares communes de France où on explique aux enfants qui est James Joyce. C’est dans ce village bourbonnais, situé à une vingtaine de kilomètres de Vichy, que l’écrivain irlandais a séjourné de décembre 1939 à la fin de l’année 1940.  Pour fuir les affres de la Seconde Guerre mondiale, et surtout suivre Stephen, son petit-fils, dont l’école bilingue de Neuilly avait été délocalisée au Château de La Chapelle, à Périgny, une commune voisine de Saint-Gérand-le-Puy”. (► Lire la suite). En évoquant  la vie de James Joyce à Saint-Gérand-Le-Puy, l’article mentionne l’étude de Maurice Sarazin publiée dans les n° 215 et 216 des Cahiers Bourbonnais (2011), “James Joyce, ami de Larbaud vécut sa dernière année à Saint-Gérand-le-Puy”.

affiche Ble juillet◄ Les 6 et 7  juillet, à la tombée de la  nuit, la troupe du théâtre Atelier Bûle a enchanté le public installé dans la cour du musée Yves-Machelon, à  Gannat. Les acteurs ont présenté  une adaptation de sept nouvelles de Guy de Maupassant, réunies sous le titre générique Mots Dits Maux Passants. Le même musée avait organisé quelques jours auparavant deux visites théâtralisées qui évoquaient la venue  de Napoléon III à Gannat en 1863, lors de son avant-dernier séjour vichyssois. .

• Véronique Chauvy, qui a fait de l’Auvergne sa terre d’adoption, a présenté à la Maison de la presse de Gannat son dernier livre Aux douceurs du temps (éditions de Borée, 341 p, 19,90 €. Le titre de l’ouvrage, sorti en mars dernier, se réfère à l’enseigne d’une confiserie et l’auteure dépeint un monde de gourmandise et de sucre où les femmes n’avaient alors  pas leur place.

Archives_de_mon_c_ur___[...]Montaurier_Jean_bpt6k3330621c• La revue Études (juillet-août 2019) a publié un article de Valérie Rossignol consacré à Jean Montaurier, prêtre et écrivain. Ce dernier est surtout connu du public  pour son roman  Comme à travers le feu (éditions Gallimard, 1962) dans lequel il relate son parcours initiatique de prêtre. Salué par la critique lors de sa sortie, le livre est ensuite tombé dans l’oubli, en même temps que déclinaient les vocations et que s’éteignaient la tradition des écrivains catholiques. Selon Valérie Rossignol , Comme à travers le feu résiste pourtant à l’épreuve du temps et se démarque du Journal d’un curé de campagne  de Georges Bernanos, auquel le témoignage de Montaurier a souvent été comparé. Jean Montaurier était en fait le pseudonyme d’Edmond Fleury (1906-1992). Prêtre du diocèse de Clermont-Ferrand, il avait été ordonné en 1935. Il a été ensuite,  à partir de 1951, curé de Randan, une localité sur laquelle il a écrit une monographie.

ChambonCOUVlight• Dans la revue Cités, (n° 78, 2019/2, p. 125-131),  Nathalie Heinrich est revenue  sur la genèse de l’exposition  Écrivains et penseurs autour du Chambon-sur-Lignon. Elle a été présentée   au cours de l’été 2018 au Chambon, lieu de mémoire de l’histoire de la seconde guerre mondiale. Elle a également donné lieu à la publication d’un livre, paru en juin 2018 et reprenant le titre de l’exposition,  (1 vol. br, 256 p, illustrations, éd. Le Impressions Nouvelles, 25 €.

• Le 19 juin, lors du conseil métropolitain, Olivier Bianchi, président de Clermont- Auvergne Métropole a annoncé le nom du lauréat du concours d’architecture pour la future Bibliothèque métropolitaine qui doit s’installer sur le site de l’Hôtel-Dieu : il s’agit de l’architecte londonien Stanton William. La nouvelle bibliothèque devrait être livré en 2023…En principe.

téléchargement v• Chaque été, le Cavilam-Alliance française de Vichy organise des Rencontres littéraires, en collaboration avec la médiathèque universitaire du Pôle Lardy et la librairie « À la page ».Après avoir reçu l’écrivain Omar Youssef Soullemane début juillet, Cécile Balavoine a été accueillie à la fin de ce même mois pour la présentation de son premier roman: Maestro (éditions Mercure de France, 2017, 212 p., 17,80 €). Professeure de littérature, passionnée de langue allemande, de musique et de Mozart, Cécile Balavoine a été  journaliste avant de devenir  écrivaine.

41SEe5TldLL._SX326_BO1,204,203,200_• Parmi les livres présentés au 11ème  Salon des auteurs de Vichy le samedi 20 juillet, figurait Amour courtois par Dame Sybille d’Alep (Edilivre, 2019, 64 p., 9 €). Sous ce pseudonyme, se cache  Leila Yasmine Naïb. Née à Orléans, d’un père Syrien et d’une mère originaire de  Puy-Guillaume, elle a vécu jusqu’à l’âge de 20 ans à Alep ( Syrie),  ville réputée pour sa citadelle légendaire et ses grands poètes. Plusieurs de ces poètes contemporains dont Nizar Kabani, ainsi que le poète Alépin Abu Firas El Hamadani l’ont influencée. Partie ensuite étudier en Suisse, elle est revenue en France,où elle s’est mariée, avant de divorcer  et de s’installer à Vichy. Diplômée de Langues et Civilisations Arabes, elle a toujours été passionnée de littérature et d’histoire médiévales, et plus particulièrement la période des XIIe et du XIIIe siècles, pendant les grandes Croisades. Cette dualité entre la Littérature et l’Histoire est devenue sa source principale d’inspiration. Elle a écrit son premier recueil poétique sur son amour de jeunesse à l’âge de 17 ans en langue arabe.

 

L’ACTU DES ÉDITEURS

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• UNE NOUVELLE COLLECTION DE RÉFÉRENCE

 SUR L’ARCHÉOLOGIE 

 • En juin, les Presses universitaires Blaise-Pascal ont publié les deux premiers volumes d’une toute  nouvelle collection centrée sur l’archéologie et sur les récents travaux réalisés en France métropolitaine.

téléchargement (1)• Baptisée Terra Mater, elle vise à publier des travaux archéologiques qui ont pour cadre géographique la  France métropolitaine. Sa chronologie couvre le temps long de l’histoire, de la préhistoire ancienne à l’époque moderne. Seront accueillies prioritairement les monographies de sites, mais aussi les publications issues de manifestations scientifiques (colloques, tables rondes) ou de résultats de programmes de recherche, parmi lesquels des projets collectifs de recherches du Ministère de la Culture. Un effort a été fait  pour la présentation, qui entend rompre avec l’austérité de telles publications. Richement illustrés, les ouvrages bénéficieront d’une présentation soignée, témoignant d’une volonté de large diffusion. Publics visés : les professionnels de l’archéologie, les étudiants, ainsi que les passionnés d’archéologie sensibles aux découvertes liées à un territoire ou à une période historique précise.

• Les PUBP ayant leur siège à Clermont-Ferrand, les deux premiers titres portent logiquement  sur Gergovie et  Gondole, deux  sites puydomois emblématiques. C’est là qu’ont été faites des découvertes spectaculaires, au cours des chantiers de fouilles qui s’y sont succédé depuis une décennie. Outre des pages retraçant les découvertes, les deux titres s’attachent à analyser l’ensemble des  éléments qui ont été  mis au jour.

Fortifications_Gergovie_P1• Le premier volume, intitulé  Les Fortifications de l’oppidum de Gergovie, est codirigé par Yann Deberge (archéologue protohistorien à l’INRAP) et Thomas Pertlweiser (archéologue protohistorien, à l’Université de Vienne). Il  propose un bilan actualisé des découvertes réalisées sur l’oppidum de Gergovie, et principalement de l’étude des fortifications défensives datant des VI-Ve et Ier  siècles av. J.-C, ainsi que du  Ier siècle apr. J.-C.

Z FOUCRAS• Le deuxième volume, Sépultures de chevaux devant Gergovie, dirigé par Sylvain Foucras (docteur en archéologie et  archéo-zoologue pour la société Archeodunum) présente les plus récentes hypothèses émises quant à l’inhumation de chevaux par dizaines. Ces pratiques ont été révélées au début des années 2000, lors de la mise au jour de fosses,  à proximité de l’oppidum de Gondole.

 

• CHARLEMAGNE A INVENTÉ L’ÉCOLE…

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ET LE CREUSOIS ROGER MAGNARD  

LES CAHIERS DE VACANCES

• Si le nom de Roger Magnard, ne dira pas grand-chose à celles et à ceux qui ne sont pas familiers de l’univers éditorial, Babette et Loulou devraient réveiller quelques souvenirs, bons ou moins bons, dans la mémoire des plus de quarante ans. téléchargement (2)Dans La Montagne (19 juillet) un long article signé par  Vianney Loriquet, rappelle que c’est Roger Magnard, un  Creusois représentant en papeterie,  qui est à l’origine des tout premiers cahiers de vacances. On était en 1933, l’année de l’arrivée au pouvoir de Hitler,  quatre ans après le krach boursier de Wall-Street qui avait plongé le monde entier dans la crise économique. C’est précisément pour palier les effets de cette crise, avec la baisse des ventes dans le secteur de la papeterie, que Roger Magnard a cherché un moyen nouveau de “faire du chiffre en période estivale. De là est née l’idée de proposer des cahiers, parsemés de  dessins et de jeux,  qui devaient avant tout  être un moment de plaisir”, entre parents et enfants, tout en entretenant la flamme des connaissances scolaires acquises au cours de l’année écoulée. Un cahier des charges qui n’a guère  varié depuis.

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• Après la conception des contenus, laissé à des professionnels, dont un professeur ami, Roger Magnard s’est attelé à la diffusion, domaine qu’il connaissait bien par son métier de représentant. Il s’est d’abord tourné vers les maîtres d’écoles, leur proposant un stock de cahiers, à charge pour eux de les revendre aux élèves volontaires et  de reverser le produit des ventes aux éditions Magnard, créées pour l’occasion. Un système qui s’est maintenu jusqu’aux années 1950 et 1960. Dès la première édition, 50 000 exemplaires ont  ainsi pu être  écoulés, bien au-delà des seuls départements de la Creuse et de l’Allier, sur lesquels sa belle mère, libraire à Guéret  lui avait prudemment conseillé de se limiter. Pour stimuler les ventes, est ensuite venue l’idée d’un concours inséré dans chaque cahier et dont le premier prix pouvait être un 2 CV Citroën, dans les années 1950.

6a01156fcf5b80970b017ee3b7b7d2970d-320wi• Après avoir longtemps fait cavalier seul avec Babette et Loulou, Roger Magnard a vu déferler la concurrence  à partir des années 1970, liée à l’irruption de la grande distribution. Selon Isabelle Magnard petite-fille du fondateur, il se vend encore  chaque année au moins 4,5 millions de cahiers de vacances qui fleurissent dès le mois de juin dans les linéaires des grandes surfaces. L’histoire ne dit pas combien seront  ouverts  ni combien seront achevés avant la rentrée. La même éditrice, habituée des salons de l’édition en Europe, se plaît à rappeler que “c’est typiquement français de travailler pendant les vacances”.

téléchargement• Grâce à ces cahiers, Roger Magnard a pu prendre son indépendance, en fondant en 1936 les éditions Magnard  qui se sont ensuite installées à Paris. Après sa disparition, Sous l’impulsion de son fils,  Louis Magnard, entre 1973 et 1993, elles sont devenues l’un des plus importants éditeurs scolaires, couvrant au côté des maisons Hachette, Belin, Nathan et consorts, l’école primaire, le collège et le lycée. Parmi les collections emblématiques, figurait la célébrissime méthode de lecture Rémi et Colette. Rémi et Colette En même temps, a été créée  Dilisco, la filiale chargée de la distribution, avec ses entrepôts basés à Chéniers, dans la Creuse. C’est donc de là que partent encore chaque année  des centaines de milliers d’ouvrages scolaires à destination de la France entière…grâce à Babette et Loulou.  Après avoir connu quelques difficultés liées à un développement très rapide et à la concurrence acharnées dans le secteur scolaire,  les éditions Magnard ont intégré en 1995  le groupe des éditions Albin Michel. Isabelle Magnard, petite–fille du fondateur, en est la directrice adjointe. 

 

• BILAN ÉDITORIAL 2018…

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PRODUCTION EN HAUSSE MAIS VENTES EN BAISSE  

• “ Année 2018 en demi-teinte”…“Rentrée littéraire qui n’a pas su pleinement rencontrer les attentes du public”… “Mouvements sociaux de la fin de l’année…En 2018, les éditeurs ont proposé davantage de livres qui se sont finalement moins vendus qu’en 2017, alors que le temps de lecture n’est plus que de 5 h 15 par semaine, en moyenne. C’est ce qu’a annoncé, fin juin,  le  Syndicat national de l’édition (SNE).

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• Le marché global de l’édition a ainsi baissé de près de 4,4%, pour s’établir à 2,67 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Malgré les 419 millions d’exemplaires vendus, la baisse des ventes  a atteint 2,5%  face à une  production en hausse de 2 %. Entre nouveautés et rééditions, ce ne sont pas moins de  106 799 livres qui ont été publiés. Selon Vincent Montagne, le président du SNE, cette évolution négative s’expliquerait par la pause enregistrée dans les réformes scolaires, en collège et en lycée. Hors productions scolaires, la baisse  ne s’établirait qu’à 1,6%.

• En baisse…Parmi les inquiétudes figure l’affaiblissement de la littérature, avec − 5,7 % en valeur, et  568  M€ de C.A.  C’est d’autant plus préoccupant que les ventes de romans constituent le plus gros morceau de l’édition. Entre les deux rentrées littéraires de septembre et de janvier, les éditeurs avaient pourtant mis le paquet en proposant plus d’un millier de titres. Peut-être même un peu trop… D’où la question récurrente face à ce qui peut ressembler à une fuite en avant : ne faudrait-il pas réduire le nombre de titres ou procéder à un meilleur étalement des sorties ?

• En baisse (bis)… La littérature s’est toutefois pas la seule à être dans le rouge : plusieurs  autres domaines ont enregistré des baisses de leur chiffre d’affaires, parfois très significatives. C’est le cas du secteur scolaire (− 24,5 %), des dictionnaires et encyclopédies (− 18 %), ainsi que  des ouvrages de documentation (− 10,8 %). Face à ces chiffres,  les sciences et techniques, les arts et les beaux livres, les atlas ainsi que les sciences humaines s’en sortent moins mal.

évolution du numérique

• En situation stable ou en hausse… Pour les bandes dessinées et les mangas, pour les ouvrages religieux et pour les livres pratiques, la stabilité est de mise.  On note toutefois quelques domaines qui affichent une croissance de chiffre d’affaires avec les  livres destinés à la jeunesse (+ 2,1 %) et  les documents d’actualité et les essais (+ 6,1 %).  Parallèlement à l’édition classique papier, l’édition numérique s’en sort bien, avec + 5,1% pour 212,6 M € de C.A .

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14% des livres publiés en 2018, soit 1 sur 7, ont fini  finit au pilon

• D’autres préoccupations majeures…Vincent Montagne déplore aussi que le temps de lecture  se soit encore réduit, face à la concurrence d’Internet, au point que faute de  temps pour se plonger dans un roman, “la lecture est perçue aujourd’hui comme un effort”. Il pointe aussi “l’engorgement des points de vente” qui pousse les libraires a retourner rapidement les livres à peine déballées, faute d’avoir pu trouver très vite un public.  Enfin,  la concurrence d’Amazon exige des éditeurs une très grande réactivité. Selon les libraires, si la commande d’un réassort nécessite un délai de  plus de trois de jours, la majorité des lecteurs – clients  aura tendance à se retourner vers Amazon, qui assurera la livraison à domicile.

► Savoir plus: Tous les documents illustrant cet article sont extraits du rapport d’activités du SNE: L’édition en perspective 2018-2019 (téléchargeable gratuitement).

 

• QUAND LA RENTRÉE LITTÉRAIRE 2018

SE RÉVÈLE DE MOINS EN MOINS VENDEUSE

• Décidément, la rentrée littéraire d’automne n’est plus ce qu’elle était… Selon l’institut GFK spécialisé dans les études de vente des livres, elle a vu son chiffre d’affaires baisser de 32% en seulement 6 ans et l’année 2018 n’a fait que confirmer la tendance.

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© Site Colibris

• Le chiffre d’affaires annuel de la littérature s’est stabilisé autour de 540 M€ et les librairies grandes ou moyennes représentent 45% du chiffre d’affaires du secteur. C’est encore plus vrai avec la rentrée littéraire d’automne lors de laquelle elles atteignent 61%, même si ce rendez-vous, entre nouveautés et livres grands formats est en perte de vitesse. Selon GFK, les 554 titres  de la rentrée  de septembre 2018 ont généré 48 M€ de chiffre d’affaires, soit 32% de moins qu’en 2012.     En une décennie, la production dans le secteur littérature a augmenté de 5%, avec des ventes moyennes de 4 600 exemplaires, best-sellers inclus Le même institut révèle que plus de 5 000 titres ont dépassé la centaine d’exemplaires vendus…ce qui laisse entendre que, pour les autres, on en est resté à quelques dizaines d’exemplaires seulement.

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Le pilon…faute de lecteurs (© sefairepublier.wordpress.com)

• Pour le secteur Nouveauté qui ne représente plus que 58% des ventes contre 63% en 2014, le chiffre d’affaires a plongé de 15% en 5 ans. À l’inverse, GFK parle d’une explosion des ventes en format poche avec + 17% de hausse du CA en 10 ans contre une baisse de 7% des grands formats.

• Les quelques romans qui s’écoulent à plus de 50 000 exemplaires représentent à eux seuls 32% du chiffre d’affaires du marché et ont progressé. À l’inverse, ceux qui se vendent entre  2 000 et 50 000 exemplaires et qui constituent 48% du CA sont de moins en moins nombreux : ils ne sont plus que  3 750 références, soit 600 de moins  en dix ans. Il reste derrière ces deux catégories ce que les professionnels appellent la  « longue traîne » et qui regroupent les livres vendus à moins de 2 000 exemplaires, dont les trois quarts qui s’écoulent à moins de … 100 exemplaires. Ils représentent 20 %  de l’activité, avec 82 400 titres. C’est 31 000 de plus qu’en 2008

 

• RENTRÉE LITTÉRAIRE 2019

524 ROMANS EN LICES

1225unepetite_0◄ Selon le dossier complet que lui consacre Livres Hebdo dans son numéro du 5 juillet, la rentrée littéraire 2019 sera la plus resserrée depuis 20 ans, au moins  dans le domaine de la  littérature française. Les  éditeurs continuent toutefois  de parier sur les jeunes pousses avec un  nombre significatif de premiers romans. Quant à la littérature  étrangère, elle affiche une  stabilité. Fabrice Piault, rédacteur en chef de Livre Hebdo parle d’une “opération de recadrage”. Selon lui, face à la baisse des ventes, “elle était devenue indispensable (…). On comprend, ajoute-t-il,  que resurgisse parmi les éditeurs et les libraires le débat, récurrent depuis la fin du XIXè siècle, sur la surproduction !”

• Concrètement, les libraires devraient quand même voir affluer entre la mi-août et la fin d’octobre pas moins de  524 romans, dont 336 français et 188 étrangers. En 2010, toutes catégories confondues, on avait compté jusqu’à 701 nouveaux romans. Après un creux avec 555 romans en 2013, la production s’était ensuite  stabilisée entre 607 et 567 dans les années 2014-2018. Par rapport à 2018, la  production  romanesque  accusera donc en 2019 une baisse globale de 43 titres soit  un recul de 7,6 %. Dans le détail, on enregistre une baisse de 11,8% pour les romans français (-12,8% pour les seuls premiers romans). Côté romans étrangers, avec  188 nouveautés contre 186 en 2018, la hausse est des plus minimes.

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Les libraires sur le pont…avant 1914

• Au-delà de ce recentrage, les éditeurs semblent avoir voulu miser sur  le renouvellement, comme en témoignent les 82 premiers romans (avec pour la première fois une  parité totale  hommes-femmes), tout en confirmant les auteurs dits “de référence” : pêle-mêle on découvre dans la liste les noms de  Sorj Chalandon, Karine Tuil, Jean-Paul Dubois, Marie Darrieussecq, Jean-Philippe Toussaint, Olivier Adam, Amélie Nothomb, Patrick Deville, Lionel Duroy ou Luc Lang, côté littérature française, et  Jonathan Coe, Siri Hustvedt, Edna O’brien, Joyce Carol Oates et Audur Ava Olafsdottir, côté littérature étrangère.

 

• QUATRE ÉDITEURS DANS LE CLASSEMENT

DES PLUS GROSSES FORTUNES FRANÇAISES

0001-200• Si l‘édition nourrit rarement ses auteurs, à quelques notables exceptions près, elle peut toutefois faire la fortune d’un petit nombre d’éditeurs ou de propriétaires de maisons d’éditions. Dans son classement annuel des 500 premières fortunes professionnelles de France, le magazine économique Challenges (4 juillet) en a repéré quatre. Ils sont toutefois  loin du trio de tête : Bernard Arnault (groupe de luxe LVMH), qui occupe aussi  la 3ème  place des grandes fortunes au plan mondial,  suivi par  Alain et Gérard Wertheimer (Chanel) et par Françoise Bettencourt-Meyers (L’Oréal).

téléchargement• Comme en 2018, ce sont les quatre mêmes  familles liées au monde du livre qui figurent au top 500 :Benoît Martinot-Magarde et la famille Lefebvre (éditions juridiques et guides Lefebvre) ont conservé la 81ème place avec une fortune professionnelle évaluée à 1,2 milliard d’euros.  Francis Esménard et sa famille, propriétaires d’Albin Michel, occupent la 389ème  place (220 M€). Il est ex-aequo avec Arnaud Lagardère, actionnaire à 7,3% du groupe éponyme, qui  contrôle le leader français de l’édition, Hachette Livre, ainsi que  Lagardère Travel Retail, l’un des plus grands distributeurs de presse et de livres dans les gares et aéroports. À la différence des deux précédents, Arnaud Lagardère n’a pas le vent en poupe, avec une chute de 28 places dans le classement. Enfin, avec une fortune estimée à 180 M€, Antoine Gallimard et sa famille, actionnaires de Madrigall, se retrouvent à la 443ème place,

 

• DEPÔT LEGAL:

ENCORE PLUS DE TITRES  ENTRÉS À LA BnF EN 2018

COUV2019_EXE_image• Dans le domaine éditorial, le dépôt légal est un bon thermomètre. Institué par François 1er en 1537, il oblige, depuis bientôt cinq siècles,  tout éditeur, imprimeur ou producteur, y compris les auteurs auto-édités,  à déposer à la BnF (Bibliothèque nationale de France) chaque document dont la diffusion s’étend au-delà du cercle familial afin de constituer une collection de référence. D’abord constitué uniquement  de livres et de périodiques, le dépôt légal s’est étendu au fil du temps et des nouveautés techniques aux photographies, aux  jeux vidéo, aux sites web, ainsi qu’aux logiciels,  contenus multimédias et cartographiques.

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Nombre total de livres entrés à la BnF par dépôt légal depuis 2009

• En 2018, plus de 340 000 documents ont ainsi fait leur entrée à la Bibliothèque nationale de France. parmi eux, on trouve   82 313 livres imprimés, 219 766 fascicules de périodiques et 106,46 téraoctets de sites Web  En constante augmentation depuis une décennie, le nombre de livres catalogués affiche une croissance de 1,3% par rapport à 2017, tout comme le nombre de déposants “actifs”. Il s’élève à  8 274 éditeurs, soit un quart de plus que l’an passé. Cette hausse s’explique en partie par la montée en puissance de l’autoédition (29% des déposants et 5,8% des dépôts).

• Le bilan 2018 montre aussi que la moitié des dépôts est réalisée par seulement 146 éditeurs.  5 d’entre eux ont même effectué plus de 1 000 dépôts. Il s’agit de Edilivre, l’Harmattan, Hachette, Gallimard et Books on demand.

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• La fiction représente 42% des dépôts contre 56%  pour les livres « documentaires« . Avec près d’un quart des titres déposés, soit  17 761 œuvres, les romans confirment leur hausse continue enregistrée depuis  une décennie. La part des livres jeunesse (13%) et du genre biographique (8%) est aussi en hausse. Quant aux titres traduits, ils  représentent à eux seuls 21% du total, en légère hausse par rapport à 2017.

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• Dernier enseignement : en 2018, la croissance de la délocalisation de l’impression: visible depuis 2010, elle s’est encore  confirmée, avec un peu plus d’un tiers des livres catalogués qui ont été imprimés en dehors de France. Une moyenne qui recouvre toutefois de grands écart : pour les seuls ouvrages pour la jeunesse, 64% ont été imprimés à l’étranger, la Chine et l’Espagne en tête.

► Savoir plus: Tous les documents illustrant cet article sont extraits du Rapport de l’observatoire du dépôt légal. Il peut être téléchargé gratuitement sur le site de la Bnf.

 

 L’ACTU DES MÉDIAS

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• MÉDIAS FRANÇAIS 

QUI POSSÈDE QUOI ? QUI CONTRÔLE QUOI?

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• Comme ils le font régulièrement depuis plusieurs années, Acrimed, site d’informations sur les médias, et l’équipe du Monde Diplomatique, ont publié une nouvelle carte réactualisée du paysage médiatique français. Elle permet d’y voir un peu plus clair dans l’écheveau complexe des concentrations dans la propriété des grands médias et de savoir qui possède quoi et qui contrôle quoi ?  La carte  est directement accessible sur le site  Acrimed et elle est encartée, en format détachable, dans le magazine papier  Médiacritique(s),

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Accéder à la carte et zoomer

 • À lire également sur le même site Concentration des médias français: le bal des vampires,  l’article de  Jérémy Fabre qui apporte de nombreux éclairages sur le phénomène de concentration au sein de la presse en particulier et des médias en général, et sur ses conséquences: “En France, écrit-il, un petit groupe de capitalistes contrôle l’essentiel des moyens privés de production de l’information écrite, télévisuelle et radiophonique (ainsi que leurs sites internet). Des propriétaires appartenant évidemment à la même classe sociale, tout à la fois PDG d’entreprises transnationales, capitaines d’industrie, financiers et gestionnaires de conseils d’administration. Leurs activités les amènent à s’échanger régulièrement leurs parts dans les diverses entreprises qu’ils possèdent afin de consolider leurs positions ou leurs stratégies respectives. Retour sur ce « bal des vampires » et sur les facteurs expliquant la concentration dans les médias français”… (Lire la suite)

 

• CENTENAIRE DE LA MONTAGNE (SUITE) :

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 UN TIMBRE ET UNE GRANDE EXPOSITION À L’AUTOMNE

• Le 12 août, La Poste a dévoilé le timbre à l’effigie d’Alexandre Varenne, le fondateur de La Montagne, qui a été spécialement réalisé à l’occasion du 100ème  anniversaire du quotidien régional. Tiré à 500 000 exemplaires, avec une valeur faciale de 0,88 €, il sera mis en vente, en avant-première nationale, à partir du 4 octobre, dans les locaux clermontois du journal. Il sera ensuite disponible dans les bureaux de poste à partir du 7 octobre.

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• Sur ce timbre, dont l’illustration a été conçue   par Patrick Derible et la gravure réalisée par la Bourbonnaise Marie-Noëlle Goffin, figure le portrait du fondateur du journal. On y voit aussi la toute première Une du journal, datée du  4 octobre 1919, avec le titre du  célèbre éditorial signé Alexandre Varenne, intitulé « En avant ! ». Onze mois à peine, après la fin de la première guerre mondiale, avec  seulement cinq rédacteurs et douze ouvriers, il venait de lancer le nouveau journal, qui ne comportait alors que 4 pages. En parallèle,  le timbre montre  la une actuelle.

• La sortie de ce timbre s’inscrit dans un programme d’animations lancées au début de 2019 pour fêter le centenaire du journal. Dès la rentrée, une exposition sera présentée à Clermont-Ferrand, du 2 au 28 septembre, à la chapelle des Cordeliers., elle  retracera l’histoire de La Montagne avec une approche thématique : la presse, une valeur républicaine ; d’un titre de presse à un groupe de média ; les évolutions éditoriale et technique ; le futur et les enjeux de la presse.

► Savoir plus... Il y aura bientôt un siècle, Alexandre Varenne fondait le journal La Montagne (à lire sur Vu du Bourbonnais

LA MONTAGNE

EN BAISSE…

LA DIFFUSION PAPIER …

• De son côté, le quotidien régional La Montagne a vu sa diffusion totale payée (édition papier) baisser de 4,87%. Elle s’est établie à 151 722 exemplaires en 2018, contre 159 495 en 2017, 162 687 en 2016 et 168 380 en 2015.

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La diffusion en 2018,  mois par mois (© APCM/OJD
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L’évolution de la diffusion (2014-2018) et la répartition des canaux de ventes en 2018 (© APCM/OJD)

EN HAUSSE…

LA FRÉQUENTATION DU SITE INTERNET 

•  En revanche, le site Internet de la Montagne a vu son trafic augmenter avec 5,32 M de visites pour le seul mois de juin 2019 et 11,8 M de pages vues.

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SEMAINE ALLIER

UNE LÉGÈRE BAISSE DE DIFFUSION EN 2018

• Selon les chiffres de l’APCM (Alliance pour les chiffres de la presse et des médias), La Semaine de l’Allier, dirigée par Jean de Charon, a  enregistré en 2018 une diffusion totale moyenne de 5 920 exemplaires, dont 5 814 payants (achat au n° et abonnements) pour un tirage moyen de 8 687 exemplaires.  La diffusion accuse une baisse de 1,37% par rapport à 2017. Sur l’ensemble de la diffusion, les ventes au n° représentent 70,3%, les abonnements 21,7% et le portage 8,2%.

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©APCM/OJD

• L’APCM a également publié un tableau de l’évolution des ventes par mois. Elles  oscillent entre 6 443  exemplaires payants en mars 2018 et 5 200 en décembre 2018.

 

• PRESSE RÉGIONALE : VERS UNE REDÉCOUVERTE

DES VERTUS DE L’INVESTIGATION ?

• D’après le ministère de la culture, en même temps que leur lectorat qui s’est amenuisé, les titres de la presse régionale ont vu leurs recettes publicitaires fondre de  près de 20%, entre 2006 et 2016.images (1) En parallèle, les effectifs rédactionnels ont baissé de  10% pour atteindre le nombre de  5 782 cartes de presse en en 2017. Selon le site Médiacités,  on ne compte pas moins de  108 agences locales qui ont fermé sur l’ensemble du territoire depuis 10 ans C’est le cas, par exemple de l’antenne du Midi-Libre à Perpignan ou de La Montagne, à Limoges. Sous l’effet des concentrations successivesle nombre de groupes de presse est passé d’une quinzaine, à seulement 8 aujourd’hui. Autre conséquence, il ne reste plus que 17 départements dans lesquels cohabitent  deux quotidiens issus de groupes différents. Dans l’Allier, on peut rappeler que Le Journal du Centre (à Moulins), La Tribune-Le Progrès (à Vichy) et Centre matin (à Montluçon) ont longtemps cohabité avec La Montagne, avant de se fondre dans les trois éditions du quotidien clermontois.

 

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Les journaux de la Presse quotidienne régionale  ou PQR (© Site Guide Presse)

• Selon  Jacques Trentesaux, directeur de la rédaction de Médiacités,  du fait de cette perte de pluralisme, “ les journaux locaux n’ont aucune émulation pour  sortir des enquêtes urticantes, qui ne peuvent leur rapporter que des ennuis vis-à-vis de leurs annonceurs, des collectivités locales ou des partenaires de leur diversification dans l’événementiel”. C’est ce terrain délaissé que de nouveaux  médias locaux ont tenté de réinvestir, avec plus ou moins de succès. Si certains ont tenté l’aventure du papier, la plupart ont choisi Internet. 640x410_mediacites-nouveau-site-enquetes-locales.jpgC’est le cas de Médiacités à Toulouse, Lille, Lyon et Nantes, de Marsactu, à Marseille, ou encore de Le d’Oc à Montpellier. En misant sur l’investigation au plan local, ils visent à fidéliser les abonnés, qui ne trouvent pas leur compte dans la presse“traditionnelle” mais dont le nombre reste le plus souvent insuffisant pour prétendre à l’équilibre. Dans Le Monde, dans un article intitulé “ En pleine crise de la presse régionale, le pari de l’investigation », Alexandre Berteau s’interroge : “Ces nouveaux acteurs inciteront-ils les journaux à enquêter davantage ? En ont-ils les moyens ?”

 

• CENTRE DE LA PRESSE

DU CHÂTELET

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MINUIT EST (ENCORE) LOIN DEVANT ”…

 • Le Centre de la Presse, un projet associatif lancé par Pascal Roblin en 1993, poursuit son essor. Si le but principal n’a pas varié (faire connaître et valoriser  la presse,  un pan de notre patrimoine), les collections de journaux et de magazines ont pris de l’ampleur…  Centre de la presseÀ tel point qu’il a fallu les déménager, une première fois  en 2000, de Touchay, près de Lignières (Cher), à Maisonnais, puis une seconde fois, à partir de 2013 au Châtelet, dans les locaux de l’ancienne maison de retraite. Un nouveau site qui devrait être pérenne avec ses  2 000 m2 et ses 45 chambres qui seront transformées progressivement en autant d’espaces d’archivage thématiques (presse féminines, arts, sport, actualités…).

• Sur les 500 000 journaux et revues qui constituent les collections, 80% ont déjà été transférés. Sur ces premiers arrivages, 60% ont fait, à ce jour, l’objet d’un tri. Il faudra toutefois encore plusieurs mois…et quelques bonnes volontés supplémentaires, via des services civiques,  pour mener l’opération à son terme. Le but final, au-delà de la conservation, est d’ouvrir ces archives à la consultation, aux particuliers comme aux professionnels.   Seuls les titres de presse étrangère comme The Times, El Sol ou encore La Pravda, devraient rester à Maisonnais qui sera aussi un lieu dédié aux expositions.

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Pascal Roblin, devant le Café du Croissant où fut assassiné Jean Jaurès (© de Borée)

• Dans un éditorial posté sur le site du centre de la presse, après avoir fait le point sur les réussites, Pascal Roblin ne cache pas qu’il reste encore un long chemin à parcourir : “Tout cela est encourageant et nous conforte dans notre volonté inébranlable de poursuivre notre traversée, parfois contre vents et marées, écrit-il. Mais soyons réalistes et demandons l’impossible : il y a encore beaucoup de travail pour pérenniser cette association. Nous sommes sans doute au milieu du gué, au milieu d’une longue journée de labeur. Minuit est loin devant, ce n’est donc pas l’heure de se reposer sur des lauriers de papier. Ce qui est certain également, c’est qu’il nous faudra beaucoup de monde et beaucoup d’imagination pour inscrire Le Centre de La Presse dans le long terme. Plus encore que jamais, nous avons donc besoin de vous. Rejoignez-nous ! Et pour résumer, Le Centre de la Presse doit, lui aussi, trouver son modèle économique, afin de ne pas devenir bientôt une sorte de “radeau de la méduse”, d’une presse écrite en déclin qui semble sombrer inexorablement…”

 

• SONDAGES RADIO MÉDIAMÉTRIE 

RMB RETROUVE DES COULEURS

• Après  des sondages d’audience 2017-2018 en berne,  RMB (Radio Montluçon Bourbonnais) qui émet depuis 1981 a retrouvé des couleurs. Selon les derniers sondages Médiamétrie  (juin 2018 – juin 2019), la station a réintégré la première place  parmi les radios locales et départementales  sur le bassin montluçonnais. Elle se classe  en deuxième position des radios locales au plan départemental, derrière Fusion FM.

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• Chaque jour, RMB  fédère plus de 7 800 auditeurs, à l’échelle montluçonnaise et plus de 10 500 à l’échelle du département. Sur le bassin montluçonnais, toutes stations de radio confondues, RMB se classe 2ème,  derrière le géant RTL, avec un écart de seulement 200 auditeurs. Autre enseignement de ce sondage, le pic d’audience  se situe dans la tranche matinale. Pour Pierre Buttoud, président de la radio associative, c’est un “retour aux audiences normales”. Pas question toutefois de s’endormir sur les lauriers : la saison 2019-2020 devrait être marquée par une redynamisation des émissions, avec notamment davantage d’interactivité sur certains créneaux.

 

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