L’ ACTUALITÉ DES AUTEURS, DES ÉDITEURS, DES LIBRAIRES ET DES MÉDIAS N° 21 (SEPTEMBRE – OCTOBRE 2019)

Cette rubrique faisant  l’objet d’additifs et de mises à jour, jusqu’au 31 octobre  2019, en fonction de l’actualité, n’hésitez pas à y revenir régulièrement pour bénéficier pleinement de ces  compléments d’information.

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 allier-infos@sfr.fr

DERNIÈRE MISE À JOUR:  4 NOVEMBRE 2019

 

L’ACTU DES AUTEURS

• VERDICT DANS LE DOSSIER

DE L’AFFAIRE SAINT-FIACRE

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LE 19 DÉCEMBRE DEVANT LA COUR D’ASSISES DE L’ALLIER

• Le 19 décembre, au Palais de justice de  Moulins, s’ouvrira une session de la  Cour d’Assises qui sera exceptionnelle, à bien des titres…Elle aura à juger  les auteurs  de l’assassinat de la comtesse de Saint-Fiacre démasqués par le commissaire Jules Maigret. On connaît le roman de Simenon, L’affaire Saint-Fiacre publié en 1931. Il  a fait l’objet d’adaptations, tant pour le petit écran, comme en 1995 par Denys de la Patellière, avec Bruno Cremer dans le rôle de Maigret,   que pour le grand écran, en 1959, par Jean Delannoy, avec  Jean Gabin. Ses nombreuses rediffusions à la télévision font que, pour le grand public Gabin et Maigret sont devenus quasi indissociables, d’autant que Jean Delannoy a adapté deux autres Maigret, toujours avec Jean Gabin. Le tout dialogué par Michel Audiard.  Toute l’action est censée se dérouler dans le petit village de  Saint-Fiacre ainsi qu’à Moulins. Derrière ce village imaginaire, on peut deviner Paray-le-Frésil, au cœur de la Sologne bourbonnaise. C’est là que Georges Simenon, avant de se lancer dans l’écriture, fut pendant quelques mois, en 1923-1924, le secrétaire du marquis de Tracy.

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La scène finale du film de Jean Delannoy (1959) au cours de laquelle Maigret-Gabin démasque les assassins: le régisseur (à gauche) et son fils, Émile (à droite)

• Pour certains, le roman  pour passionnant qu’il fût, a pu laisser un goût d’inachevé. Jules Maigret, qui a passé son enfance à Saint-Fiacre, où son père était alors régisseur du comte de Saint-Fiacre, a bien réussi à démasquer les responsables de la mort de la comtesse, qui ont agi par cupidité, afin de mettre la main sur ses biens. procèsIl s’agit du régisseur et de son fils Émile, employé dans une banque moulinoise. On connaît la scène finale au cours de laquelle, face aux différents protagonistes et après avoir balayé toutes les hypothèses, Maigret finit par désigner les véritables coupables. Le roman et le film s’achèvent sur leur arrestation. Mais après ? Point de jugement…C’est pour pallier ce “manque” que  l’association Georges Simenon en Bourbonnais a choisi de mettre en scène le procès du régisseur et de son fils, devant la cour d’assises. Le tout,  avec de vrais magistrats, de vrais greffiers et de vrais avocats, sans oublier le  jury populaire. Il sera  composé de 6 personnes assistant à l’audience, désignées par  tirage au sort. Ces jurés  auront à se prononcer en leur âme et conscience. Les deux prévenus sont-ils coupable d’avoir assassiné la Comtesse? Y a-t-il eu préméditations? Une initiative originale qui devrait intéresser de nombreux amateurs de Simenon. Seul bémol, le nombre de places étant malheureusement limité, les réservations sont donc obligatoires auprès du CDAD (cdad-Allier@ justice.fr), avant le 18 décembre et dans la stricte limite des places.

• LA GALERIE DES PERSONNAGES ET DES ACTEURS

DANS L’ADAPTATION DE JEAN DELANNOY EN 1959

► Savoir plus: Georges Simenon et Maigret: une histoire qui commence en Bourbonnais (à lire sur ce blog)

 

• ACTUALITÉ(S) DE GEORGES SIMENON

ET DU COMMISSAIRE MAIGRET (SUITE…)

couverture-n21-800• Dans Le Nouveau magazine littéraire (21 septembre 2019), sous le titre “Un écrivain en planque” figure un « Dossier Simenon« . Il comporte entre autre « Réponse d’un entretien accordé par Simenon au « Magazine littéraire » en décembre 1975”. Il y revenait notamment sur sa période bourbonnaise, écrivant  à propos du marquis de Tracy : »Un homme très bien. Il possédait cinq châteaux en France, des rizières en Italie, des propriétés en Tunisie, des comptes dans toutes les banques possibles.  Son père venait de mourir en lui laissant toutes sortes d’affaires auxquelles il entendait rien et il cherchait un secrétaire. Et c’est Binet-Valmer [un écrivain, précédent employeur de Simenon] qui lui a conseillé : « Pour débrouiller tout ça, prenez donc le petit Sim ». C’est comme ça qu’on m’appelait alors. Je suis resté deux ans avec lui (…) Cela m’a permis de connaître la vie des hobereaux du Centre,que je n’aurais jamais connue autrement. Les chasses, les  grandes réceptions que le marquis donnait partout où il passait. J’ai fini par quitter le marquis pour revenir à Paris.Chez lui, j’avais commencé à écrire des petits contes pour les journaux galants qui aujourd’hui nous sembleraient bien à l’eau de rose… »

• SIMENON, UN “AUTEUR INFLUENT

téléchargement• Dans Le Monde des livres, le supplément littéraire du journal Le Monde (4 octobre) une page entière a été consacrée à “ Georges Simenon, un auteur influent”:  ”Le créateur du commissaire Maigret, disparu il y a trente ans, est toujours très présent”, peut-on lire  en introduction d’un article de Macha Séry:Modeste par ses origines, Georges Simenon était l’homme de la démesure. S’il oubliait des romans sitôt écrits (au nombre de 2015, sans compter ceux publiés sous pseudonymes), il  possédait en revanche une mémoire phénoménale pour ce qui avait trait à son parcours aventureux. Le créateur du Commissaire Maigret fut tour à tour commis  libraire, secrétaire d’un marquis, fait-diversier, cultivateur clandestin de tabac. Il fit “l’université de la rue” et lut tous les livres jusqu’à l’étourdissement. De Liège (…) à Épalinges, en passant par Paris, il eut trente-deux domiciles”. Finalement, Macha Séru considère que  “le point fixe de son existence de nomade et la source d’inspiration féconde de son œuvre fut son intérêt pour les petites gens ainsi que son insatiable curiosité”.

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© Le Monde des livres (4 octobre 2019)

• Dans le même journal, la parole est ensuite donnée à trois auteurs étrangers qui expliquent, chacun à leur tour, ce qu’ils doivent à Simenon. Leonardo Padra (Cuba) dit avoir trouvé “dans Le Chien jaune, une des graines de (son) personnage fétiche”. Dror Mishani (Israël) avoue avoir rêvé “d’écrire des romans simenoniens en hébreu”. Enfin Macrae Burnet (Écosse), se souvient que son “premier Simenon a été La mort de Belle”, avouant même “avoir été captivé” par sa lecture.

• SIMENON OU LA NAISSANCE

D’UN “PHÉNOMÈNE D’ÉDITION”

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Comœdia (© BnF Gallica)

• Sur le site de la BnF Gallica, sous le titre  Le Bal anthropométrique de Simenon, Jean-François Merle, éditeur au sein des Presses de la Cité, consacre un article à ce qu’il appelle la  “naissance d’un phénomène d’édition”. Il propose un retour sur l’événement qui a lancé la carrière littéraire de l’écrivain et fait connaître au public son mythique Commissaire Maigret : le « bal anthropométrique », donné au soir du 20 février 1931 . Ce « bal » était destiné à célébrer la parution des deux premiers Maigret à la librairie Arthème Fayard, Monsieur Gallet décédé et Le Pendu de Saint-Pholien, Ce sont aussi les deux premiers romans que produisit sous son patronyme Georges Simenon, qui venait alors de fêter ses vingt-huit ans. C’est lui qui avait eu l’idée de ce lancement original et spectaculaire avec son ami Pierre Lazareff, jeune journaliste et futur patron de France-Soir, après guerre,  de quatre ans son cadet… (► Lire l’article)

• BIBLIOGRAPHIE “SIMENONIENNE”:

DE NOUVEAUX TITRES

• À l’occasion du 90ème anniversaire de la création du  commissaire Maigret, la bibliographie simenonienne s’est enrichie de  nouveaux titres.

41j1Ek2z3AL._SX324_BO1,204,203,200_◄ Dans Jules Maigret, enquête sur le commissaire à la pipe (1 vol. br, 224 p, illustrations, éd.  Luc Pire, 22 €), Murielle Wegner  brosse le portrait du célèbre commissaire. Dans la présentation de l’ouvrage par l’éditeur, on peut lire : “Le commissaire Maigret est l’un des personnages les plus attachants de la littérature policière. « Fin limier », « commissaire-nez », Maigret enquête en reniflant les âmes… Il naît sous la plume de Georges Simenon en 1929 et s’étoffe d’une multitude de petits détails au gré de 75 romans et 28 nouvelles jusqu’à sa mise à la retraite littéraire en 1972. Il a fallu plus de quinze ans d’une recherche minutieuse pour rassembler en douze chapitres (presque) tout l’univers du commissaire bourru et pudique : son pardessus, ses pipes, ses péchés mignons, son domicile boulevard Richard-Lenoir et son bureau au Quai des Orfèvres, Madame Maigret, ses souvenirs d’enfance, ses collègues, ses méthodes d’investigation, les rues et les ponts de Paris, les bistrots enfumés et bien d’autres choses encore qui font de la saga maigrétienne un monument de la littérature”. L’ouvrage est illustré par Jacques Sondron.

téléchargement◄ Dans la collection Omnibus, qui a procédé à la réédition de plusieurs romans de Simenon, au fil de l’année, viennent de paraître les Mémoires intimes de Georges Simenon, préfacés par Dominique Fernandez (1 vol. br, 1150 p, illustrations, éd. omnibus, 29 €). Il s’agit d’une nouvelle édition, la première remontant à 1981. Ils sont suivis par Le livre de Marie-Jo, recueil de textes qu’avait écrits Simenon entre 1962 et 1978,  à destination de sa fille, dont on sait qu’elle s’est suicidée, à l’âge de 25 ans. Les éditions Omnibus  le présentent ainsi : “Simenon par lui-même : un monument de la littérature réédité à l’occasion des trente ans de sa mort, avec une préface sur les écrits autobiographiques signée Dominique Fernandez En 1980, à 77 ans, œuvre faite (il a arrêté d’écrire des romans en 1972), Simenon s’attelle à ce qu’il sait être son dernier livre, ses Mémoires. Lui qui sa vie durant, le long de 192 romans, est allé à la rencontre des autres, de  » l’homme nu « , avec ses fêlures, va se confronter à lui-même. Il se raconte, montre l’individu Simenon au-delà de la légende de l’écrivain, sans fard, en toute sincérité, avec humilité – son enfance liégeoise, sa prolifique carrière de romancier à succès, ses nombreux voyages, ses amours difficiles, ses regrets… Les Mémoires intimes sont à la fois le récit d’une vie dans le siècle et ses convulsions, une confession et un déchirant dialogue avec sa fille Marie-Jo, qui s’est donné la mort en 1978 à l’âge de 25 ans, et dont Simenon publie textes, poèmes et chansons. À sa parution en octobre 1981, les Mémoires intimes furent saluées comme un monument, le couronnement, et presque l’explication, d’une œuvre hors du commun. La présente édition est accompagnée d’une préface de Dominique Fernandez, de l’Académie française, sur l’écriture autobiographique chez Simenon”.

téléchargement◄ Jean-Baptiste Baronian  propose une livre intitulé  Maigret: docteur ès crimes (1 vol. br, 128 p, éd. Les Impressions nouvelles (Bruxelles), coll. La fabrique des héros, 12 €): “ Le célèbre héros de Georges Simenon imaginé en 1931, est peut-être l’un des détectives les plus singuliers de la fiction policière. Son attitude, d’ordinaire des plus placides, est avant tout celle d’un brave fonctionnaire de police soucieux de bien faire son travail. Il scrute, il observe, il absorbe, telle une éponge, les données multiples de l’environnement psychosociologique du crime. Travailleur acharné à l’intelligence et à la culture moyennes, il trompe, en l’usant, la vigilance ou la méfiance des suspects, et finit, en général, par confondre les coupables. Mais qu’est-ce que « saisir une atmosphère » au juste ? Et quelles sont les méthodes de ce policier volontiers maussade et ruminant ? Pour répondre à ces questions, l’enquête doit être menée dans le cœur même des romans, des films et des séries qui ont popularisé le personnage aux quatre coins du monde. Alors, peut-être, pourra-t-on savoir si Maigret est bien l’homme ordinaire qu’il prétend être”

41Naeasp-eL._SX195_◄ Laurent Fourcaut vient de publier Simenon. Pas de vie sans les livres (1 vol. br, 58 p,  éd. In-Folio, coll. Presto, 10 €): “Georges Simenon a écrit 192 romans et près de 200 romans populaires écrits d’abord sous divers pseudonymes! Tous ces romans se réfèrent à des lieux que l’écrivain a connus, de Liège à Paris et sa banlieue, en passant par le midi de la France, la Vendée, l’Afrique noire, l’Europe centrale et les États-Unis. Ce livre propose un parcours chronologique de cette œuvre immense, constitué d’arrêts sur des romans – «Maigret» ou «romans durs» – se déroulant dans les lieux habités ou visités successivement par l’écrivain. Chaque roman choisi fait l’objet d’une présentation qui en renouvelle l’approche. Ainsi ce livre présente à la fois les grandes étapes de la vie hors du commun de Simenon en même temps que quelques-unes de ses œuvres les plus représentatives de sa vision du monde et de son art”.

 

•  PRIX ALBERT LONDRES 2019

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 “ET LES LAURÉATS SONT”…

• “Depuis 1933, le prix Albert-Londres récompense les meilleurs journalistes francophones. goncourt-journalisme-prix-albert-londres-2Albert Londres, reporter très engagé, a sillonné la planète pour témoigner, dès 1920, des souffrances du peuple russe ou, deux ans plus tard, de la folie du régime en Chine. Il a pris le parti des opprimés en dénonçant, en 1927, le sort des Françaises conduites en Argentine pour y être prostituées, les effets néfastes de la colonisation française en Afrique ou l’horreur du bagne de Cayenne”. C’est ce que rappelle la journaliste Nicole Vulser, dans Le Monde (29/10), en préambule à la publication du  palmarès du prix Albert Londres 2019...Ou plutôt des prix: outre le prix qui concerne la presse écrite, le plus ancien et le plus prestigieux,  il existe aussi un prix audiovisuel et un prix du livre. Passage en revue des lauréats…

◘ PRESSE ÉCRITE:

BENOÎT VITKINE

téléchargement◄ Dans la catégorie pesse écrite, c’est le journaliste, Benoît Vitkine, qui a été distingué pour une série de six enquêtes publiées entre 2018 et 2019. Âgé de 36 ans, spécialiste des pays de l’ex-URSS et de l’Europe orientale, il est aujourd’hui correspondant du journal Le Monde à Moscou. D’une plume incisive, il a su dépeindre avec talent aussi bien le douloureux retour des vétérans du Donbass en Ukraine, que la violence et la corruption minant la ville d’Odessa. Envoyé spécial à Marioupol (Ukraine), il  a décortiqué la façon dont Moscou a multiplié les mesures d’intimidation pour verrouiller son emprise en mer d’Azov. À travers ses enquêtes, menées avec sérieux, il a également décrit l’art russe de l’intox en Transcarpathie ou encore les coulisses de la guerre de l’information russe en Estonie. Le jury a salué “l’élégance de sa plume, l’originalité de ses angles et la rigueur de son travail”. Autant de qualités qui s’inscrivent pleinement dans l’esprit et la lignée d’Albert Londres.

◘ AUDIOVISUEL:

MARLÈNE RABAUD

• Le jury du 35è prix audiovisuel,  présidé par Annick Cojean, journaliste au Monde, a récompensé Marlène Rabaud pour son film Congo Lucha. Dans ce film “courageux” (condition sine qua non pour l’attribution du prix), Marlène Rabaud retrace l’épopée d’un groupe de Congolais engagés dans une lutte pacifique pour débarrasser leur pays du président Kabila, qui empêche la tenue des élections. Pour le jury, c’est le récit d’une “magnifique utopie contre un système politique”. Déjà diffusé sur la RTBF et la BBC, il devrait être prochainement programmé par France 2.

◘ LIVRE:

FEURAT ALANI

• Qui pour succéder à Jean-Baptiste Malet, lauréat du 2è prix Albert Londres du livre  (2018) pour  L’empire de l’or rouge (éditions Fayard), une enquête sur le marché de la tomate?

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 • Sur les  13 livres soumis au jury, dont 3 avaient été pré-sélectionnés, c’est  Le parfum d’Irak, du grand reporter Feurat Alani (éditions Nova/Arte, 2018, 19 €) qui a été distingué par le jury.  Ce roman graphique,  parfois qualifié par la critique de “roman ovni”, illustré par Léonard Cohen,   rassemble un millier de tweets postés au cours de l’été 2016. Dans ces tweets, le journaliste, retrace  son premier voyage en Irak et il revient sur sa décision de couvrir la guerre contre l’Etat islamique.

• Les deux autres livres en lices étaient  Silence sous la blouse (éditions Fayard, 2019, 19 €) et Les raisins de la misère (éditions Le Rouergue, 2018, 18 €). Le premier est le récit de l‘enquête menée en milieu hospitalier par  la journaliste Cécile Andrzejewski. Elle lève le voile sur les violences sexuelles, à partir des témoignages qu’elle pu recueillir auprès de nombreuses professionnelles de santé. Elles ont tenté d’alerter leur hiérarchie, en vain, entre Omerta et culte du chef. Dans Les raisins de la misèreIxchel Delaporte, s’est penchée sur la pauvreté qui entoure et nourrit le business du vin dans le bordelais. Ils sont saisonniers précaires, chômeurs relégués par l’industrie du tourisme ou  malade des pesticides.

 

• UNE CONFÉRENCE POUR REDÉCOUVRIR

JOSEPH   VOISIN (1882-1969)

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Joseph Voisin (1925)

 • Le 28 septembre, à Yzeure, sous l’égide de la Société d’émulation du Bourbonnais, Pierre Bordes a présenté une conférence consacrée à  l’écrivain et  journaliste  yzeurien Joseph Voisin (1882-1969), décédé il y un demi siècle : “ L’homme, l’histoire et son œuvre”. Après avoir   évoqué les longues journées passées  dans les tranchées de la première Guerre mondiale que Joseph Voisin a décrites  dans ses carnets de guerre, ainsi que la dizaine de romans qu’il a écrits, le conférencier a mis l’accent sur le fait que Joseph Voisin était avant tout un enfant du pays bourbonnais : né en 1882, dans la commune d’Yzeure, il y est  décédé le 11 septembre 1969. Si l’écrivain a, pendant quelque temps, délaissé sa ville natale, dans laquelle il est toujours revenu, c’est seulement  pour embrasser une carrière de journaliste au Progrès de l’Allier, puis au Journal du Centre  et à La Montagne,

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Joseph Voisin journaliste (à gauche) 

• Pierre Bordes a abordé deux thèmes étroitement liés à l’écrivain yzeurien, primé, par ailleurs, à deux reprises par l’Académie française et distingué par la Légion d’honneur en 1962 : la lecture et l’écriture : “ Je souhaite montrer l’importance de la lecture dans l’apprentissage et le développement d’un enfant. Et également, redonner une place prépondérante dans nos sociétés, aux bibliothèques”.

•  Joseph Voisin, dont les parents étaient de simples  paysans, aura finalement appris le métier par l’expérience. Une caractéristique qui explique qu’il soit devenu un membre du mouvement prolétarien, ”le nouvel âge littéraire”, fondé après guerre. Dans son Anthologie des écrivains ouvriers, publiée en 1925, Gaston Depresle l’a également fait figurer en bonne place, en compagnie, notamment, d’Émile Guillaumin et de Marguerite Audoux.

► Savoir plus : Pierre Bordes est l’auteur d’une biographie intitulée  Joseph Voisin (1882-1869), vie et œuvre. Écrivain de la terre, soldat et journaliste (1 vol. br, 247 p, illustrations, éditions de la  Société d’émulation du Bourbonnais, 19 €).Sans-titre Dans sa rubrique Parutions récentes, Vu du Bourbonnais l’avait présenté ainsi : “Avec cet ouvrage, Pierre Bordes propose  de (re)découvrir la vie et l’œuvre de l’écrivain yzeurien, primé par l’Académie française.  Ami d’Émile Guillaumin et soutenu par lui, il quitta l’agriculture pour l’écriture. Il avait su tisser des relations avec les écrivains de son temps et participer activement au mouvement littéraire. Ses écrits méritent d’être relus pour mieux comprendre son époque. Après une première partie qui retrace les principales étapes de sa vie, une large place est consacrée à ses écrits, notamment les  nombreuses lettres qu’il a adressées à  Émile Guillaumin entre 1903 et 1951, ainsi que des courriers  envoyés à Valery Larbaud. Il comporte aussi des extraits  de nouvelles, de contes et d’articles de Joseph Voisin publiés dans divers journaux et revues. Le récit de sa vie de combattant de 14-18 se révèle  exceptionnel, mettant en lumière toute l’horreur des combats, comme  les souffrances et les espoirs des poilus. Quant aux écrits de Joseph Voisin,  ils apportent un témoignage émouvant sur  la vie et les débats de son époque”.

• Joseph Voisin avait également pris une part active aux premières années de parution des Cahiers bourbonnais, en secondant l’érudit moulinois Marcel Génermont  qui en avait été le fondateur. Entre 1957 et 1969, Joseph Voisin en avait été le secrétaire de rédaction. À sa disparition, Marcel Génermont n’avait pas manqué de lui rendre hommage dans les Cahiers bourbonnais (n° 52 – 4ème trimestre 1969). Un texte que Vu du Bourbonnais a choisi de reproduire, ci dessous…

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• UNE BIOGRAPHIE ET DES RÉÉDITIONS 

DÉDIÉES AU  ROMANCIER ALBERT BONNEAUBenjamin_Blasco_Martinez_as_du_western_avec_Catamount_A_huit

LE PÈRE DE CATAMOUNT…MAIS PAS SEULEMENT

• Odile Bonneau, fille de l’écrivain populaire moulinois Albert Bonneau (1898-1967), auteur de plus de 500 romans et nouvelles,  s’est attachée depuis plusieurs années à faire redécouvrir les œuvres paternelles.VDB ALBERT BONNEAU Affiche dédicace Né le 24 août 1898 à Moulins, décédé le 24 janvier 1967 à Chambon-sur-Voueize, Albert Bonneau avait commencé sa vie professionnelle comme critique de cinéma, d’abord dans les colonnes de Comœdia puis dans celles de Cinémagazine,  en 1922.

• Une carrière qui semblait  toute tracée mais qui  s’est interrompue après  le succès remporté par  son premier roman d’aventures, Nicolas la Tempête, frère de la Côte. Il a alors choisi de se consacrer uniquement à l’écriture, tenant ses lecteurs en haleine pendant trente ans. On lui doit aussi l’invention du Petit Riquet reporter, sorte de Tintin à la française, pour lequel il s’inspirait parfois des reportages d’Albert Londres. C’était aussi pour lui un moyen d’assouvir l’attirance qu’il avait ressentie pour le métier de grand reporter.

• De tout cela, il est question dans Il s’appelait Albert (éditions Publifrance, 15 €), la biographie que lui a consacrée Odile Bonneau. Elle y explique, entre autre, pourquoi il est tombé dans l’oubli. Selon elle, Albert Bonneau qui “n’était pas matérialiste” et qui n’était pas mû par l’appât du gain, “écrivait pour son plaisir et pour faire plaisir à ses lecteurs”. Elle ajoute que “Ses livres étaient édités à 30.000 exemplaires et ils étaient vendus avant d’être parus”. Mais c’est surtout “Sa famille (qui) comptait beaucoup pour lui”.

Z BONNEAU coupe gorge• Pour mener à son terme cette biographie qui lui tenait à cœur,  il  lui a fallu pas moins de cinq années de travail. Au fil des pages, elle s’est attachée à expliquer qui était vraiment Albert Bonneau, et pourquoi et comment il écrivait. C’est seulement en 1998, lors du centenaire de sa naissance, qu’elle a pris conscience de l’intérêt que continuait à susciter son père, et pas seulement en Bourbonnais. De là est né l’idée d’une Association des amis d’Albert Bonneau qu’elle a lancée en 2011 avec d’autres passionnés, comme Pascal Jonard et Marcel Chameau. Autre initiative, la pose d’une plaque sur la façade de sa maison natale, sise boulevard de Courtais, à Moulins.

Z Bonneau NIcolas• C’est  seulement à l’heure de la retraite qu’Odile Bonneau a commencé à se pencher sur des projets de réédition, avec pour commencer celle du roman  Le capitaine Providence, dont l’histoire a pour cadre le  Bourbonnais, à la fin de la guerre de Cent ans. L’ouvrage ayant rencontré un écho favorable, d’autres titres ont suivi avec Les orphelins de la prairie, La colonelle sans nom et La courtisane jaune. Elle dit avoir alors découvert une facette de son père qu’elle ne soupçonnait pas auparavant, celle de l’auteur de  romans historiques qu’il était et plus seulement  des aventures du fameux Catamount, le héros du far west.

Z Bonneau défi Catamount• Catamount, qui  bercé des générations de Moulinois, reste pourtant le personnage le plus connu de l’univers d’Albert Bonneau. Fernand Tronchère, qui œuvrait à l’agence de La Montagne à Moulins, n’hésitait pas à voir en lui le “Harry Potter des années 1947-1959. C’est ce qui explique que ce personnage ait fait l’objet d’une mise en BD, grâce au talent de Benjamin Blasco-Martinez, un dessinateur originaire de Noyant. Après Le Défi de Catamount, un quatrième volume, L’Arrestation de Catamount, est aujourd’hui en préparation. Au total, entre Catamount et les romans historiques, une trentaine de titres ont été réédités par les éditions Publifrance  en moins d’une décennie. Quant au  prochain  roman historique réédité, ce devrait être Les Gars de Brocéliande, qui relate la prise par le rusé Du Guesclin d’une place forte anglaise,  à une époque où la Bretagne s’entre-déchirait  entre les partisans du roi de France et partisan du roi d’Angleterre.

Z Bonneau Fulminette• Pour permettre la redécouverte de l’écrivain, l’Association des Amis d’Albert Bonneau, qui s’inscrit dans le cadre des Cheminements littéraires en Bourbonnais, est présente dans différents salons littéraires. C’est ainsi que les 21 et 22 septembre, à Creuzier-le-Vieux, ont été présentés, Le Capitaine Providence et Coupe-Gorge, deux titres réédités  qui s’inscrivaient dans le  thème proposé pour cette manifestation. Odile Bonneau y était également pour la dédicace de  sa biographie paternelle. À noter, enfin, l’édition de Le don de la Fée Fulminette, fruit d’un travail original d’une année mené par les élèves de l’école de Voussac.

Savoir plusDans les rubriques Parutions récentes On pourra retrouver sur ce blog les titres, les résumés de présentation et les informations pratiques portant sur les rééditions des ouvrages d’Albert Bonneau.

• “ÂGE D’OR”, LE DERNIER ROMAN

DU MONTLUÇONNAIS JEAN VÉDRINES

• C’est sous le titre « Jeunes femmes rouges toujours plus belles” que, dans le Figaro littéraire du 5 septembre, Sébastien Lapaque a consacré un compte-rendu à  Âge d’or le dernier roman de Jean Védrines (Fayard, 478 p., 22 €)   ; « Un roman baroque à la gloire des perdants magnifiques du coté de Montluçon« .  Dans ce 8ème  roman de Jean Védrines, né à Montluçon en 1955,  petit-fils de l’aviateur Jules Védrines et fils du député communiste de Montluçon Henri Védrines,  « il est beaucoup affaire de gares, de charbon et de cheminots (…) Ce roman rouge sang, écrit dans une langue somptueuse, nous fait voyager loin« .

• Le 5 septembre, Jean Védrines était également l’invité de l’émission Boomerang (France Inter), présentée par Augustin Trapenard : “ À l’antenne, il a beaucoup parlé de sa ville natale et, notamment, du “coup de hache” ressenti en la quittant pour Paris, au milieu des années 1970. Il a aussi évoqué son père (…) et son grand-père (…). Le tout avec des mots qui ont donné envie de feuilleter au plus vite son Âge d’or”, peut-on lire dans la chronique  de La Cédille, publiée dans l’édition montluçonnaise de La Montagne.

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Le grand-père, Jules Védrines, aviateur

• Pour la Carte blanche qu’Augustin Trapenard laisse à chacun de ses invités,  Jean Védrines avait choisi d’écrire  un texte inédit, dans lequel il évoquait la figure de son grand-père, l’intrépide aviateur Jules Védrines : “Enfant, je joue à Jules. Jules Védrines, mon grand-père, un des premiers aviateurs. “ Un héros”, j’entends dire le dimanche en famille. “ Un héros de 14-18, l’aviateur le plus casse-cou, une offense aux Boches”. “ Un anarchiste”, on rajoute souvent, rigolards. “ Une sorte d’anarchiste”, on corrige aussitôt, bien sec, bien froid, comme si l’anarchie c’était mal. Héros, je vois à peu près : Jules n’est pas un homme ordinaire, même pas le père ou ses amis, ses camarades, il préfère dire, des géants, pourtant, eux autres, mais qui marchent lent, travaillent dur à l’usine, dans les trains. Héros, c’est de se glisser dans la boîte en carton-pâte d’un petit fuselage, de décoller quand ton moteur pétarade, et de voler tout seul, très haut, perdu dans les nuages. Et de tomber aussi, de se tuer, de faire le mort comme il est arrivé au grand-père, le jour d’avril où un vent violent, le Mistral de la vallée du Rhône, l’a empoigné dans le ciel, précipité au milieu des vignes, et enfoui sous la terre.

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Le père, Henri Védrines, député communiste…

“ Pour le moment, Jules est suspendu dans le salon. Son portrait, un grand cadre noir et blanc, est accroché dans les hauteurs, au plus près du plafond, presque aux altitudes où il a voulu passer sa brève vie. Et tous les jours, des sommets où il plane, il me regarde en souriant. Une autre photo le montre avec ses ailes. Celles de son avion, je veux dire, et il y en a quatre, couplées l’une au-dessus de l’autre, de chaque côté du fuselage – deux fois plus que n’en ont les anges ! Une ruse, évidemment, parce qu’il était très malin, Jules, et qu’il allait montrer aux angelots maladroits des églises comment s’y prendre pour éviter la panne, la chute, la déchirure des ailes. Mais le grand-père anarchiste, je ne comprends pas. Une fois, j’entends qu’il a baptisé chacun de ses avions “ La Vache”. Comme je ris aux éclats, on me coupe : “ Les Vaches, c’est pas ce que tu crois. C’est une insulte, le nom d’oiseau qu’on lance aux flics pour bien les enquiquiner”

téléchargement (1)”Anarchiste, c’est celui qui n’aime pas la police ? Mais alors, nous aussi, on est de l’anarchie : l’an passé, à Paris, il y a eu Charonne et le père, ses amis, racontaient tout le temps que les CRS s’étaient conduits en nazis, des vraies brutes, des SS.  Je ne comprends pas. Tant pis : faut que je le demande au père : “Si tu fais pas l’anarchie, comme Jules, qu’est-ce que tu fais, toi ?” Il se tourne vers moi, il est tout doux : “Je prépare la révolution, garçon”.  La révolution ? Première fois que j’entends le nom. Ça doit être le soir, quand les camarades se réunissent dans le salon. Je retourne jouer. La vie de Jules. Quand il survole le pays, les villes, les rivières. Pour faire comme lui, j’ouvre des cartes, des atlas, et il me montre les contours des montagnes, le nom des mers, des fleuves, la géographie des mots. Maintenant quand j’écris, c’est lui qui trace les noms de lieux, l’amorce des histoires, des légendes”. (© Texte Jean Védrines)

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• Le 11 octobre, le même Jean Védrines a pu renouer avec sa ville natale, lors d’une séance de dédicaces de son   Âge d’or, à la librairie Le talon d’Achille. Une occasion pour lui de rappeler les liens solides qu’il a conservés avec la cité des bords du Cher, à travers l’interview publiée dans La Montagne (13 octobre) : Montluçon est ma terre de naissance. J’ai grandi avec des parents communistes, mon père était député. Notre maison était fréquentée par des métallos, des cheminots, des sidérurgistes, des ouvriers de Dunlop… Je croyais que la fraternité que j’observais alors était celle du monde entier. Quand je suis allé à Paris, à dix-huit ans, pour mes études, j’ai connu un changement brutal, un choc de classe. Quand je reviens à Montluçon, je ne vois pas la ville telle qu’elle est aujourd’hui. Je rêve, comme Georges (le héros de son roman, ndlr). Je revois les ombres du monde ouvrier. Il vit dans son enfance et son adolescence. Ici, je redeviens l’enfant de cette terre”.

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Le “Molusson” industriel et ouvrier des années 1950-1960

• Autre souvenir évoqué, celui du “parler molussonnais, très présent dans son roman : “ J’entends les paroles de mon enfance, de ma nourrice notamment. L’accent de “Mollusson” a bien disparu. Le bourbonnais est la langue de tous mes romans. Mon souvenir du parler bourbonnais est enchanteur. Je cherche un parler ordinaire, pas celui des dominants aujourd’hui. Georges est un homme de ce parler très simple et très poétique, en révolte”.

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Henri Védrines élu député PCF (30 juin 1968)
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Le Matin (22 avril 1919)

• Au fil de l’interview, comme il l’avait fait avec Augustin Trapenard,  Jean Védrines revient aussi sur Jules, le grand-père aviateur et casse-cou, et sur Henri, le père, orphelin à 7 ans, ouvrier à 15 ans et  “entré en communisme  comme on entre en religion, à 18 ans.”  S’il n’a pas connu son grand-père aviateur, il se fait beaucoup plus prolixe en évoquant son père et en résumant ce qu’aura été sa vie faite d’une succession d’engagements, face aux tourments de l’histoire : “Je ne peux pas me trouver à Montluçon sans retrouver sa voix, suivre ses pas. Je l’accompagnais souvent à plein de réunions. (…). Il a eu un rôle dans la livraison d’armes aux Républicains espagnols en 1936, en son nom. Il a été emprisonné durant la Seconde Guerre mondiale et a été à l’origine de la libération de son camp”… Conclusion de Jean Védrines en forme d’hommage : “ Vivre avec de grands ancêtres, grands pas forcément parce qu’ils étaient connus, est bien sûr un poids. Et c’est peut-être ce poids qui me permet d’écrire”.

• “LE MYSTÈRE MANTIN” 

UN ROMAN POLICIER…MAIS SANS MEURTRE

4206303• Pour son troisième livre, Le  Mystère Mantin (éditions L’Harmattan)  Patrice Collier a choisi de bâtir un   roman policier autour du mystérieux Louis Mantin et de l’énigme du triptyque de la cathédrale de Moulins, balançant  entre fiction littéraire et réalité historique. Le lecteur suit ainsi Archibald et ses amis à travers leur enquête dans Moulins : “ J’apprécie quand on apprend des choses à travers l’intrigue. Par exemple sur un thème d’actualité. Et j’aime aussi beaucoup les thrillers historiques. J’ai donc essayé de mélanger les deux”,  explique l’auteur, dans une interview publiée par La Montagne (29/10). Ses deux précédents ouvrages s’étaient déjà insérés  dans des décors bourbonnais et plus particulièrement à Bourbon-l’Archambault, avec  L’Histoire des reliques, une histoire secrète de Bourbon-l’Archambault, et 21 jours à Bourbon-l’Archambault, journal d’un curiste.

Z COLLIER MANTIN• Pour ce Mystère Mantin, qui lui a demandé un an et demi de travail, les deux intrigues tournent autour du personnage de Louis Mantin et de l’auteur du triptyque de la cathédrale, sujet qui agite les historiens depuis longtemps. Sans cacher la part d’invention qui prime dans son roman, Patrice Collier reconnaît que, parmi les deux principales  hypothèses sur l’auteur du triptyque, il a  “ choisi l’hypothèse de Jean Prévost, pas celle de l’Office de Tourisme”, tout en précisant que “ avant de choisir cette hypothèse, (il a) fait des recherches et (qu’il a) même trouvé des indices qui pourraient confirmer cette hypothèse

• Autre originalité:  si son livre est bien un roman policier, “il n’y a pas un meurtre avec un inspecteur qui doit résoudre le crime. Le livre ne commence pas avec un policier mais avec une bande d’amis qui se retrouvent dans les bars ”…. Des personnages  principaux qui feront leur réapparition  dans un prochain roman, auquel il vient de s’atteler. Il faudra toutefois être patient, l’auteur aujourd’hui à la retraite, considérant que “l’écriture doit rester un amusement” : “ Je ne suis pas Amélie Nothomb, il me faut du temps”, conclut-il.

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26ème EDITION EN 2020

• Créé en 1994, le Concours bourbonnais de la nouvelle dont le jury est présidé par Jean-Charles Gaumé, est confronté à une importante baisse du nombre de candidats : de 200 en 2018, il est tombé à seulement 57 en 2019. Plusieurs éléments semblent  y avoir contribué entre  un thème jugé postérieurement “peu porteur”,  l’utilisation obligatoire du capteur d’écran pour envoyer les manuscrits via Internet et un nombre d’exemplaires papier à envoyer trop important. C’est pour remédier à cette chute que quelques points du règlement ont été revus pour la 26ème  édition.

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Les ruines du  château de Bourbon-L’Archambault

• Le 13 juin 2020, trois prix seront décernés : les Prix Robert Chaput et Prix du conseil départemental (dotés de 1 000 €) et un nouveau Prix Ruzière du jeune auteur (doté de 300 €).  Sur le thème “Tout tenter”, chaque auteur ne pourra soumettre qu’un seul texte, œuvre originale, non publiée et écrite en français, qui ne devra pas dépasser 120 000 signes (caractères + espaces). Date limite d’envoi : 20 mars 2020 (inclus). Pour le détail des modalités pratiques, on pourra consulter le site Internet du concours de la nouvelle.

 ► Renseignements : Tél. 04 70 66 54 15   Mail : mediatheque@mairie-bourbon.com.

 

• MAURICE GENEVOIX AU PANTHÉON

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IL FAUDRA ATTENDRE LE 11 NOVEMBRE 2020

9782081444560• Maurice Genevoix (1890-1980), l’auteur de Ceux de 14, devra patienter encore une année. Le  transfert de ses cendres au Panthéon, qui avait été annoncé le 6 novembre 2018 par Emmanuel Macron, au cours de  son itinérance mémorielle, était initialement prévu pour le 11 novembre 2019. Finalement, si le principe de la panthéonisation est bien acté, elle ne se déroulera que le 11 novembre 2020, afin d’adosser la cérémonie d’entrée au Panthéon avec celle du centenaire du choix du soldat inconnu par le soldat Auguste Thin, sous la regard du ministre de la guerre,  André Maginot. Entre Ceux de 14, représentation de la France combattante, et le soldat inconnu, qui en a fait partie, “il n’y a pas d’incompatibilité et cela renforce le très beau  symbole”, selon le discours des autorités officielles.

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Le soldat Auguste Thin (au centre) et André Maginot (à droite)

• Pour Julien Larère-Genevoix, si le cercueil de l’écrivain passe bien comme prévu par ce qui fut le champ de bataille des Éparges, cette cérémonie aura du sens à Paris parce qu’elle en a aux Éparges. Il reste que dans la région de Decize où l’écrivain a vu le jour et où diverses cérémonies et animations avaient été programmées, la nouvelle de ce report  qui n’a été connue que le 2 octobre, a suscité quelques troubles et des questions autour du maintien ou du report de ce qui était prévu.

 

• QUAND LES ANCIENS PRÉSIDENTS

SE PIQUENT D’ÉCRITURE…

téléchargement (1)• Les anciens chefs d’état sont tous titillés par l’envie d’écrire (ou de faire écrire) leurs mémoires…Sans remonter jusqu’au général de Gaulle, avec ses Mémoires de guerre et ses Mémoires d’espoir ou jusqu’à Georges Pompidou (Le nœud gordien), on sait que Valéry Giscard d’Estaing (Le pouvoir et la vie, 3 volumes), Jacques Chirac (Chaque pas doit être un but suivi de Le temps présidentiel) et Nicolas Sarkozy (Passions) ont publié des mémoires, peu après avoir quitté le pouvoir. Si François Mitterrand ne s’est pas fait mémorialiste, il a laissé de nombreux essais politiques ainsi qu’une importante correspondance amoureuse avec Anne Pingeot. De quoi inspirer de très nombreuses biographies. Cette envie d’écrire n’a pas échappé non plus au prédécesseur d’Emmanuel Macron à l’Élysée. François Hollande, dont on connaît les attaches limousines, a ainsi vendu Les leçons du pouvoir, mémoires – bilan de son quinquennat parus en avril 2018 (éditions Stock) à 150 000 exemplaires, toutes éditions confondues.

• Invité spécial de l’émission C à vous sur France 5 (1er octobre), le même   François Hollande a annoncé qu’il allait « sortir un livre sur les institutions et sur la démocratie« . Même si un certain “mystère” entoure cette parution, ce devrait être  avant la fin d’octobre et l’éditeur serait les éditions Fayard. Titre provisoire (et ambitieux) annoncé : Répondre à la crise démocratique. Vaste programme…

Z HOLLANDE◄ En même temps, les éditions Glénat, spécialisées dans la BD, ont annoncé que François Hollande publierait en mars 2020 un livre jeunesse dans la collection « Quand ça va, quand ça va pas« , animée par la comédienne et auteure Maureen Dor. Dans ce nouveau livre intitulé  Leur République expliquée aux jeunes et aux moins jeunes, avec des illustrations de Laure Monloubou, l’ex-chef de l’État s’adressera aux enfants dès l’âge de 10 ans, ainsi qu’à leurs parents. L’objectif est d’expliquer une nouvelle fois  le fonctionnement de nos institutions, tout en répondant à des questions très concrètes telles que « Pourquoi notre drapeau est-il bleu, blanc, rouge ? » ou encore   » À quoi sert un président de la République ? ».

 

EN BREF…

img129• Du 5 septembre au 5 octobre, dans le cadre d’une mise en valeur de son fonds ancien, la médiathèque de Gannat a présenté une exposition consacrée à Gaston Depresle (1898-1968), un homme aux multiples facettes qui a été  tailleur d’habits, secrétaire de mairie, journaliste, directeur de revue, imprimeur, journaliste et linguiste. C’est lui qui avait fondé Les Lectures Bourbonnaises, dans les années 1950. Son épouse, Adrienne Depresle, décédée en 1985, avait fait don de sa bibliothèque et de nombreux documents à la médiathèque de Gannat. Le 4 octobre, dans les locaux de la médiathèque, Jean-Paul Perrin a donné une conférence, au cours de laquelle il a retracé le parcours exceptionnel de l’autodidacte Gaston Depresle. Un parcours que l’on peut retrouver sur ce blog.

Couv_298494• Né en 1942, titulaire d’un doctorat de 3ème  cycle en arts plastiques (Paris 8, 1986), François Rabasse est un auteur de bandes dessinées,  dont la dernière s’intitule : Hiram l’immortel (éd. Sénones, 2016, 47 p., 20 €).Il s’est installé en novembre 2017 à Cérilly et travaille en ce moment à un conte bourbonnais.

• Le Prix Lucien Gachon récompense un écrivain dont l’ouvrage a pour cadre la zone géographique du Massif central. Attribué par 15 comités de lecture des bibliothèques et médiathèques du Puy-de-Dôme, il a été décerné à Véronique Chauvy pour son roman : Une promesse bleu horizon (France Loisirs, 2018, 377 p., 15 €) dans lequel est mis en avant l’importance du rôle des femmes citadines durant la Première guerre mondiale.

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• Le 13 mars, les 15 membres du jury du Prix Jean Anglade du premier roman, réunis à l’Hôtel Alexandre Vialatte de Clermont-Ferrand, avaient décidé d’attribuer leur tout premier prix à Véronique Perron, pour son manuscrit Mon ange, je suis marié avec toi depuis que je suis né. Pour le jury, “Son roman empreint de fantaisie et d’espoir est un magnifique hommage aux petites gens, aux plus humbles : les habitants des bidonvilles de notre capitale. Ils ont recréé de vrais villages sur les berges de la Seine, où joie de vivre et entraide ne sont pas des vains mots… Et quand l’incroyable se produit, le lecteur est emporté par cette fable moderne réjouissante.”.

téléchargement (3)•  Dans La Montagne (4 octobre), Jean-Marc Laurent  souligne “les valeurs humanistes” du roman, servi par  “la plume colorée de Véronique Pierron (qui) donne corps et cœur à cette joyeuse cour des miracles à la furieuse envie de vivre, d’aimer, de danser et de chanter la samba. Une extravagante folie parcourt le récit de bout en bout (…). Un roman enchanteur”, conclut-il. Le roman, conformément au règlement du prix, a été publié par les Presses de la Cité, sous le titre Les miracles de l’Ourcq. (1 vol. br, 320 p, éd. Presses de la cité, 20 €). Pour l’édition 2020, c’est Agnès Lédig qui présidera  le jury. Pour faire acte de candidature, connaître le règlement et envoyer un manuscrit, on pourra se reporter à la page Lisez Moi – Prix Jean Anglade

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• Du 3 octobre au 3 novembre 2019, l’hôtel littéraire Alexandre Vialatte présente une exposition en hommage à Jean Anglade (1915-2017), qui fut parfois qualifié de “Pagnol auvergnat« . Il a laissé derrière lui une œuvre particulièrement riche, entre romans, essais, livres historiques et traductions. Rappelons qu’il était aussi agrégé d’italien.

• Jean-Pierre Pourade, président du Cercle des amis de Jean Anglade,  qui a inauguré l’exposition “Ma région, c’est l’homme , a tenu à préciser qu’Anglade récusait le terme d’écrivain régionaliste : il était “un écrivain résolument ancré dans son Auvergne natale, mais il parlait d’universel en portant la voix des humbles et des petites gens...”

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Jean Cluzel, le “père” des prix Allen

• Les traditionnels prix Allen, initiés par Jean Cluzel et dont la toute première édition remonte à 1985, ont été remis à Bransat, le 5 octobre.Outre Marine Perresse qui œuvre à l’antenne de RCF (prix des médias) et  Philippe Laurent, chef d’entreprise, les autres prix ont couronné des auteurs, dans des domaines divers: Guennola Thivolle (La peinture en Bourbonnais du XVIè au XVIIIè siècle, éd. Presses universitaires de Rennes), Salomé Berlioux (Les invisibles de la république, éd. Robert Laffont), et Jérémie Gallon (Journal d’un jeune diplomate dans l’Amérique de Trump, éd. Gallimard). Ce dernier est, par ailleurs, chroniqueur dans La Semaine de l’Allier. Pour Claude Riboulet, président du conseil départemental, ces prix Allen sont la preuve que “L’Allier est une terre de talents mais aussi une terre où les talents peuvent réussir”.

• Le 13 juillet, Christian Paul, organiste à l’église Sainte-Croix de Gannat, était l’invité de la Maison de la presse de cette ville, à l’occasion de  la sortie de son livre,  Les kiosques à musique en Bourbonnais (éd. des Monts d’Auvergne).

téléchargement (1)◄ La cuisine de Guy Legay (éd. de Borée, 208 p., 29,95 €), le livre de Guy Legay, originaire de Pontgibaud, ancien chef du Ritz et Meilleur ouvrier de France, écrit en collaboration avec Henri Bouniol, ancien chef de rédaction de La Montagn,  a reçu le prix spécial du jury Gourmand World Cookbook Awards, siégeant à Macao.

• Le 17 août, à la Librairie de la presse, au Mayet-de-Montagne, Julien Moreau a dédicacé son dernier livre, Psychose en Limagne,  un roman dans lequel il est question d’une tentative pour  faire basculer un instituteur dans la folie.

• Le 22 août, à Vichy, au Petit Théâtre impérial, Tatiana Vialle, metteure en scène, est venue présenter son récit romancé  : Belle-fille (éd. Nil, 2019, 152 p., 15 €).  L’histoire  débute ainsi : « Tu es entré dans ma vie par effraction. J’avais quatre ans, peut-être cinq et je t’ai immédiatement détesté » … Derrière ce “tu”, se profile l’acteur Jean Carmet, qui a vécu avec sa mère,Olga.

téléchargement (2)•  Les Rencontres littéraires organisées par le Cavilam-Alliance française,  à Vichy, ont accueilli plusieurs écrivains au Pôle Lardy, dont  Joseph Ponthus auteur de  À la ligne, feuillets d’usine (éd. la Table ronde, 2019, 266 p., 18 €). Cet ouvrage – qui a obtenu plusieurs prix et été traduit en plusieurs langues – relate un incroyable périple dans le monde du travail en intérim, au sein des conserveries de poissons et des abattoirs bretons.

• Dans son livre “Charles Péguy, l’indispensable », Édouard Tetreau – auteur notamment de L’au-delà du mur de l’argent (Stock, 2015) – écrit : « Imagine-t-on aujourd’hui le fils d’un menuisier et d’une rempailleuse de chaises, passé par l’ENS, s’imposer seul comme la figure centrale de la vie intellectuelle française, sans réseaux ni lobbies? »

9782081482807◄ Dans Parking Péguy (éd. Flammarion, 194 p., 22 €), Charles Coustille – qui tient Péguy pour le plus grand écrivain du XXe siècle – s’attache, en partant des noms de rues, à la géographie sociale de l’écrivain. Il a répertorié plus de 350 rues Charles-Péguy, une vingtaine d’avenues, une trentaine d’écoles, plusieurs stades et impasses, et même trois parkings!

• Ce même livre a fait l’objet d’un compte-rendu de H. Aubron dans Le Nouveau magazine littéraire (21 septembre 2019) : « Parking Péguy n’est pas seulement un titre mais le possible résumé de la France elle-même : un terrain vague, une friche, une aire bitumée qui se craquelle dans l’ombre portée de ses géants passés ».

•  Le 14 septembre la librairie Le Moulin aux lettres, rue d’Allier, à Moulins, a accueilli Jeanne Cressanges pour un échange autour de son nouveau roman  Un père en héritage (éd. Serge Domini, 308 p., 20 €).

• • Philosophie magazine a consacré la totalité de son numéro spécial hors série à  « Blaise Pascal, l’homme face à l’infini » (130 p. – 7,90 €)

◘ DISPARITION: RAYMONDE MOULIN (1924-2019)

SPÉCIALISTE DU MARCHÉ DE L’ART

Raymonde Moulin◄ Raymonde Moulin, née à Moulins le 9 février 1924, est décédée le 9 août 2019. Agrégée en histoire de l’art, elle fut directrice de recherches au CNRS, directrice du Centre de sociologie des arts à l’École des hautes études en sciences sociales (1992) et elle  présida la Société française de sociologie. Elle était l’auteure de nombreux ouvrages dont plusieurs consacrés au marché de l’art : « Sur le marché de l’art contemporain, le développement des nouvelles technologies fait éclater la contradiction entre unicité et multiplicité, rareté et abondance, art et industrie culturelle. Les stratégies de valorisation passent par la recréation de nouvelles raretés ». Elle avait fait l’objet d’un volume de Mélanges, consacré à l’aspect social de l’art  : L’art de la recherche : essais en l’honneur de Raymonde Moulin (éditions la Documentation française, 1994, 400 p.)

téléchargement (1) • Docteur en philosophie, professeur émérite à Paris IV Sorbonne, auteurs d’ouvrages sur  divers sujets, Nicolas Grimaldi était le 27 septembre, à la librairie Les Volcans, à Clermont-Ferrand pour y présenter son dernier livre : Sortilèges : la vie et ses égarements (éd. PUF, 2019, 119 p., 14 €).

• La 10ème édition de la manifestations Grands espaces littéraires, organisée par la bibliothèque municipale de Sayat et la médiathèque de Riom, a accueilli l’écrivain Paul Lynch. À 42 ans, il vit à Dublin et son tout  dernier livre s’intitule  Grace, roman (éd. Albin Michel, 2019, 479 p., 23 €).

• Fin septembre,Virna Lorentz, originaire du Sud-ouest de la France,  était à la Maison de la presse de Gannat pour une rencontre dédicace autour de son livre  Lune pourpre (éd. Marivole), un roman qui raconte une histoire d’enfance et d’amitié dans la Normandie du XVIe siècle.

téléchargement◄ Une bête au Paradis (éd. L’Iconoclaste, 352 p., 18 €) est le dernier roman de Cécile Coulon (née à Clermont-Ferrand, le 13 juin 1990). Il a fait l’objet d’une analyse par Claire Conruyt dans le Figaro littéraire  du 3 octobre 2019 : « Au fil des pages, ce récit envoûtant se métamorphose en un conte féroce où la folie ronge silencieusement les âmes trahies. Cécile Coulon campe un décor menaçant où, sous un parterre de fleurs colorées, dorment les cadavres ».

• Lors du  week-end des 5/6 octobre,  Lezoux a accueilli le 3ème  festival de BD  Des violons et des bulles. Pour l’occasion,  22 auteurs étaient présents.

• Ce même week-end, se tenait la Salon du livre de Royat-Chamalières, au casino de Royat.  La romancière Anne Goscinny, née en 1968, en était la marraine. Ses livres, illustrés par Catel, connaissent un grand succès dans la collection Gallimard-jeunesse. Raooelons qu’elle  est la fille de René Goscinny, le “père” d’Astérix et d’Obélix.

1644698• Simone de Tervagne – née Maitre (à Londres, le 5 février 1911) – dont les parents étaient originaires du Donjon, passa son enfance dans cette localité, avant de résider à Paris où elle se fit connaître comme femme de lettres et journaliste et où elle mourut le 14 janvier 1992. Son roman La haine maternelle (Paris, éd. Nagel, 1947) a été réédité par l’association Pré-Textes, qui avait invité les Donjonnais à une promenade littéraire pour découvrir les lieux évoqués dans ce roman. Chaque halte était illustrée par la lecture d’extraits du livre.

• Évelyne Debourg, la cantinière d’Ebreuil, était le 5 octobre à la Maison de la presse de Gannat pour y présenter son dernier livre Les recettes magiques de Pétronille (M+Éditions, 18,90 €). Il est  préfacé par Guy Legay, Meilleur ouvrier de France.

téléchargement (2)◄ À la salle des fêtes de Brugheas, Jacques Corrocher a dédicacé son livre : Brugheas, la mémoire historiquepublié par la SHAVE (20 €). Il reste peu de vestiges des châteaux primitifs (de Brugheas et des Fourneaux) et la démographie y fut modeste, mais malgré la dispersion des agrégats humains et leur relatif éloignement des grandes voies de circulation, une vie commune s’y est développée à l’ ombre de l’église romane, puis à partir des institutions administratives (mairie) et éducatives (collège,école).

• Le 12 octobre, à la librairie Le Moulin aux lettres, rue d’Allier, à Moulins, Claude Ferrieux est venu à la rencontre de ses lecteurs pour un échange autour de ses ouvrages et, en particulier, du dernier, intitulé Les dernières heures du duché de Bourbonnais.

•  Né en 1953 en région lyonnaise, Jean-Louis Thomas, agent d’assurances retraité, a élu domicile  à Vichy. Son 3ème  livre, Swakee, pour ce que demain va t’apporter, roman (Combronde, éd. Valeurs d’avenir, 2019, 356 p., 20 €) a pour héros Freddie, qui, au contact des Amérindiens, va connaître une véritable renaissance.

 téléchargement (4)◄  Laurent Léonard, chef du commandement de nuit au commissariat central de Clermont-Ferrand, a publié un nouveau polar : Incontrôlables (éd. de Borée, 2019, 333 p., 8 €). C’est “un  récit prenant, au rythme soutenu et avec une tendresse, pétrie d’émotion, pour des personnes abîmées par la vie” , lit-on dans La Montagne (10 octobre).

 • Léonard, bis…Le 25 octobre, à la librairie de Champeix, le Puydômois Alain Léonard a dédicacé son dernier roman  Les Larmes du Marchidial (de Borée, 18,90 €), qui navigue entre personnages de fiction et personnalités militaires historiques. Pour Jean-Marc Laurent (La Montagne – 18/10), il s’agit d’un “ récit conventionnel dans sa forme romanesque, bien mené sur le Chemin des Dames”.

 

L’ACTU DES ÉDITEURS

 

• DEUX GRANDS ÉDITEURS

 DE PASSAGE À MONTLUÇON

• À quelques jours d’intervalle, Montluçon a vu passer deux grandes figures de l’édition nationale, en la personne de Viviane Hamy et de Xavier de Bartillat.

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La première dirige la maison d’édition éponyme dont elle a été la fondatrice en 1990, après avoir été  représentante en librairie et attachée de presse. 220px-Photo_Viviane_Hamy_©_Antoine_RozèsLe 27 septembre, elle avait répondu à l’invitation de la librairie Le Talon d’Achille qui est, avec la Librairie des écoles, la dernière survivante des  librairies “classiques” de la ville. Elle a dressé le bilan de trois décennies à la tête de sa maison d’édition, tout en rappelant ce qu’elle devait à Léon Werth, à qui Saint-Exupéry avait dédicacé Le petit Prince. C’est elle qui a fait redécouvrir cet auteur, dans les années 1990, en republiant La Maison blanche , qui avait raté de peu le Goncourt 1913,  ainsi que Clavel Soldat ou encore Déposition. Journal 1940-1944. C’est de ce pari éditorial qu’est né la maison d’édition.

• Installées dans le 11ème arrondissement de Paris, Viviane Hamy publie une douzaine de nouveautés par an, entre domaine français et domaine étranger. Le tout est décliné en grandes collections comme Chemins Nocturnes (créée en 1994 pour les romans policiers français) et  la Collection blanche qui regroupe des textes “ hors collection”, souvent illustrés,  tels que “Les Messieurs”, de Gonçalo M. Tavares, ou “Saint-Exupéry tel que je l’ai connu”, de Léon Werth. S’y ajoute Bis, une collection destinée à des rééditions en format semi-poche. Au catalogue de l’éditrice, figurent  de grands noms de la littérature, comme Léon Werth, François Vallejo, Cécile Coulon, Alexis Ragougneau, Karim Miské, Dominique Sylvain, Magda Szabó, ou encore Gonçalo M. Tavares…Lors de sa venue à Montluçon, l’éditrice était accompagnée par  l’écrivain Alexis  Ragougneau dont elle a rappelé qu’elle avait reçu son tout premier manuscrit par la poste, il y a quelques années.

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•  Le second, Xavier de Bartillat, éditeur de livres d’histoire et président-directeur général des Éditions Tallandier, avait répondu favorablement à l’invitation des Amis de Montluçon, pour leur traditionnelle séance publique de rentrée,  le 13 octobre. téléchargementSa conférence portait  sur “L’édition d’histoire aujourd’hui“. Fidèle à ses racines bourbonnaises (il est né à Moulins en  1954) et passionné d’histoire, Xavier de Bartillat  a dirigé plusieurs grandes maisons d’édition telles que les éditions  Plon (1992-2005), puis Perrin (2005-2009), avant se retrouver à la tête de Tallandier, dont il est le PDG depuis 2010, en même temps qu’actionnaire. Une occasion pour lui de retracer  un quart de siècle de métier  et de plonger ses auditeurs dans les  coulisses des maisons d’édition, avec leurs hauts et leurs bas. Autres thèmes abordés les “coups éditoriaux” qu’il a pu réaliser, les grandes rencontres qu’il a faites, et enfin les nouveaux défis auxquels est confronté aujourd’hui le marché du livre d’Histoire: en cinq ans, il a reculé de presque 30 % en valeur, une donnée à mettre en relation,  avec le reflux de la production qui avait culminé en 2014 avec 3 145 nouveautés et nouvelles éditions.  Depuis, elle est  retombée à 2 432 titres en 2018.

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Ventes en valeur de septembre 2019 à août 2019 (© Livres Hebdo -Electre)

• C’est aussi une des conséquences du reflux de la vague éditoriale qui avait marqué le centenaire de la grande guerre. Avec Tallandier qui affiche en 2018 une progression de  0,7% de part de marché et représente 4,7% du chiffre d’affaires global de l’édition de livres d’histoire,  Xavier de Bartillat se dit satisfait, même en l’absence d’un  “ livre spectaculaire”: “Notre production a su évoluer, nous avons des ventes régulières, un taux de retour en baisse et nous évitons les effets d’aubaine qui pourraient nous fragiliser », a-t-il confié à la revue Livres Hebdo, tout en précisant que le déploiement des nouvelles couvertures de la collection de poche Texto, à raison d’une centaine de titres par an, a également contribué aux bons résultats des éditions Tallandier.

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VERS DES LIVRES D’UN NOUVEAU TYPE

Tout en annonçant  que le site de sa maison d’éditions, Bleu Autour, basée à Saint-Pourçain-sur-Sioule, avait subi une métamorphose complète, Patrice Rötig, son fondateur et président, s’est livré à une réflexion sur  le devenir du livre imprimé, à un moment où le numérique se développe et où les lecteurs “papier” voient leur part s’éroder au fil des années  Un texte accessible en version intégrale sur le site de Bleu Atour et que Vu du Bourbonnais a choisi de reproduire en partie, tant il a semblé qu’il reflétait bien les problèmes et les interrogations du monde de l’édition aujourd’hui, quant à son devenir.

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Patrice Rötig (© La Montagne)

• “ L’offre de livres demeure pléthorique, tandis que leurs ventes connaissent depuis maintenant quelques lustres une régulière érosion. La faute au numérique ? Non : la part de marché du livre numérique « classique », autrement dit la simple duplication du livre papier pour tablette et autres écrans, est mince et ne croît guère. Et oui : c’est d’abord via leurs écrans, sous une forme dématérialisée, que, désormais, bien des publics approchent ou sont susceptibles d’approcher des livres qui les transportent. De là à entrer dans une librairie, il y a un pas que peu franchissent, d’autant que les écrans sont chronophages et favorisent le zapping qui fait mauvais ménage avec le temps long de la lecture.

9782358481175_200x258• « Bien des publics » ? Les jeunes générations rompues aux nouvelles technologies, bien sûr. Aussi leurs aînés qui se les approprient et, parmi eux, non les classes ayant reçu une formation supérieure et formant le dernier carré des fidèles du livre papier, mais celles qui, tôt lancées dans le monde du travail, se tiennent souvent à l’orée du monde du livre dont, pourtant, elles pressentent la richesse. Leur maîtrise des codes d’accès au monde numérique peuvent les y conduire. Tel est le credo – l’utopie – de l’auteur de notre nouveau site, Philippe Busser, issu d’une famille ouvrière de la ville industrielle de Commentry (Allier), soit dit en passant la première municipalité socialiste du monde (1882).

• Pour les y conduire, cet amoureux des livres (…),  ce fidèle des émissions exploratrices de France Culture, cet artiste qui fut d’abord musicien avant de s’adonner à la photographie (…), , Philippe Busser fait flèche de tout média. Point de départ : ce site, disons un « hub », d’où partir, d’où redémarrer. Non plus un site d’affichage mais un site qui joue de tous les médias, qui donne à voir et à entendre nos livres.

9782358481229_200x314• À les entendre surtout, du moins demain. Peut-être proposerons-nous bientôt des livres “audio”, dont le marché se développe. Auparavant, Philippe Busser veut réaliser ou faire réaliser des créations sonores de haute définition autour de l’univers d’un livre, d’un écrivain. Elles pourront introduire des rencontres ou même constituer à elles seules des spectacles. Et elles pourront donner leur singularité à de véritables livres numériques où le texte sera aussi assorti d’images, animées ou non, voire d’entretiens avec l’auteur ou des personnes chez qui le texte résonne : des livres d’un nouveau type vers lesquels viendrait un nouveau public et qui, par la suite, conforteraient le livre premier, le livre papier.

9782358481236_200x314• Les maisons artisanales comme la nôtre sont, à plusieurs égards, bien placées pour s’aventurer dans la réalisation de tels livres. La prise de risque est leur lot, avec l’aide salutaire des pouvoirs publics qui soutiennent la chaîne du livre, à commencer par l’État qui, via la DRAC Auvergne, a subventionné la création de ce nouveau site et, via le CNL(Centre national du livre), soutient l’acquisition de matériels pour la création et la réception de sons de haute qualité. De plus, généralement moins portées, comme les grandes maisons, à surproduire, elles accompagnent longtemps les livres, en nombre limité et souvent innovants, qu’elles éditent : doubler d’une édition numérique sophistiquée l’édition papier de leurs livres sera pour ceux-ci un gage de pérennité.

art_vaincra• C’est dans cette voie que, prudemment, nous voulons nous engager. Idéalement avec d’autres maisons, amies, de notre acabit. Des discussions sont en cours ; elles pourraient vite déboucher sur des projets communs, que nous présenterons sur ce site dès qu’ils seront mûrs. Un site neuf qui marque cette volonté d’opérer résolument un virage numérique et que nous vous invitons à découvrir et à visiter souvent : il s’enrichira peu à peu de créations sonores, aussi et entre autres de blogs ; il se veut à l’image de cette maison qui préfère les questions aux réponses, une maison ouverte au voisin comme à l’étranger, créant des ponts entre eux”.   (© Patrice Rötig – Éditions Bleu Autour).

 

• RÉORGANISATION ET CHANGEMENTSlogo-de-boree

À LA TÊTE DES ÉDITIONS DE BORÉE 

Z Muscadins poche• Depuis décembre 2015, suite à leur mise en liquidation judiciaire, les éditions de Borée ont été reprises par le groupe Centre France – La Montagne, avec l’objectif  de relancer la maison d’édition spécialisée dans la littérature dite régionale. En quatre ans, le redémarrage a été avéré, avec la création de nouvelles collections, parmi lesquelles Mon poche qui réédite des ouvrages extraits des catalogues d’éditeurs nationaux. Pour la période 2018-2019, ce ne sont pas moins de 200 nouveautés ou rééditions qui sont annoncées.

Z laborie• Après le départ des deux directeurs généraux de De Borée, au cours de l’été, le groupe de presse a confié une mission de direction générale, à titre transitoire (4 mois) à Florence Sultan,  ex directrice générale des éditions Calmann-Lévy, entre 2008 et 2016. Elle aura pour mission de “recentrer la maison d’édition sur les fondamentaux qui font sa valeur et sa richesse historique, autour de la littérature régionale et du livre illustré qui racontent le patrimoine culturel des territoires”. Florence Sultan, qui a créé sa propre agence littéraire, a derrière elle une carrière bien remplie dans l’édition, entre les éditions Jean-Jacques Pauvert, Syros et Armand Colin, à ses débuts, jusqu’à Robert Laffont, le Grand livre du mois et Calmann-Lévy.

 

• DEUX AUTEURS S’UNISSENT POUR FONDER

LES ÉDITIONS DE LA CHÂTAIGNERAIE

• Les cessations d’activités de maisons d’éditions implantées en province sont suffisamment nombreuses pour qu’on se réjouisse lorsque l’on enregistre, en face, quelques rares créations… C’est en appliquant  le principe selon lequel “On n’est jamais si bien servi que par soi-même”…  que deux jeunes auteurs cantaliens, Valentine Kalfon-Delpont et Dominique Dernis, se sont associés pour fonder une maison d’édition “made in cantal”, les éditions de la Châtaigneraie.

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• Après s’être croisés dans différents salons littéraires, les deux auteurs se sont rendus compte qu’ils  partageaient les mêmes observations et les mêmes  insatisfactions par rapport à leur accompagnement, à leur rémunération et à l’environnement dans lequel ils ne se reconnaissaient pas.

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Valentine Kalfon-Delpont , auteure et co-fondatrice

• C’est à partir de ce constat  qu’ils ont mûri leur projet d’une maison d’édition qui permettrait d’abord de  bien rémunérer ses auteurs. Selon eux, « la plupart du temps, on touche un pourcentage sur les ventes réalisées, au titre des droits d’auteur. C’est souvent un très faible pourcentage, soit quelques euros, voire centimes d’euro par livre vendu. Il existe aussi l’autoédition. Dans ce cas-là, l’auteur touche évidemment tout le fruit des ventes, étant donné qu’il a tout investi, tout  seul. Mais alors il n’a aucun accompagnement. Et, par exemple, il n’a pas accès aux salons du livre ou foires littéraires, qui sont, la plupart du temps, seulement ouverts aux maisons d’édition”.

couverture-du-livre-les-fiances-d-auvergne• Leur maison d’édition  entend avoir “ un rôle de facilitateur”, en accompagnant ses auteurs qui pourront concilier leur créativité et les gains de leur livre. Pour ce faire, ils proposeront un « forfait accompagnement »,  garantissant aux auteurs un soutien professionnel, avec  leur promotion via  les canaux habituels tels que  les salons et foires du livre existants, ainsi que sur  les réseaux sociaux. Ils faciliteront aussi  la participation à des séances de dédicaces dans les librairies. L’autre objectif des nouveaux éditeurs est aussi d’arriver à fidéliser leurs auteurs pour “continuer l’aventure, titre après titre

bailero• Avant la fin de 2019, les éditions de la Châtaigneraie comptent publier une douzaine de titres, aussi bien roman de terroir, que polar, livre de photographies, de science-fiction ou encore   œuvres contemporaines, en attendant de dénicher « un vrai auteur pour la jeunesse”.

• Pas question de se limiter au seul Cantal : la maison d’édition, sans renier ses racines cantaliennes, sera ouverte à toutes les plumes et à toutes les expressions, d’où qu’elles viennent. Enfin, les deux co-créateurs s’engagent à lire tous les manuscrits, et à  répondre  à tous ceux qui leur enverront leurs œuvres. Si “ le coup de cœur est partagé”, il y aura ensuite publication.

Savoir plus: Deux auteurs lancent les éditions de la Châtaigneraie

 

UN 38ème ALBUM D’ASTÉRIX

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 QUI RENOUE (ENFIN)  AVEC LES ARVERNES

téléchargement (1)• Il y a un demi-siècle, René Goscinny et son complice Albert Uderzo publiaient le  Bouclier Arverne, dans lequel Astérix et Obélix entreprenaient une pérégrination en terre auvergnate, à la recherche du bouclier de Vercingétorix… Rien d’étonnant à cela, car en créant la série des Astérix, Goscinny et Uderzo avaient largement puisé dans l’univers de “ nos ancêtres les Gaulois”, avec en tête Vercingétorix, le  chef de guerre arverne. On remarquera toutefois que ce dernier n’apparaît que très rarement dans les albums : une première fois avec une vignette figurant dans le premier album d’Astérix, en 1959, et une seconde fois, 9 ans plus tard, avec une image identique, dans Le Bouclier arverne. C’est sans doute pour lui rendre hommage, que dès le premier album, il avait été décidé que tous les personnages gaulois, les premiers comme les seconds rôles, seraient affublés d’un nom se terminant en ix… Exception faite pour les Gauloises, à l’image de Bonnemine ou de Falbala.

téléchargement (2)• Après ce long silence sur le pays arverne et sur le chef gaulois, Didier Conrad  et Jean-Yves Ferri, qui ont repris la série depuis 2013,  ont choisi de réparer cette “injustice” en intitulant le 38ème album La fille de Vercingétorix. Sorti le 24 octobre, il  a bénéficié d’un tirage initial de 5 millions d’exemplaires, dont 2 millions à destination du public francophone et 3 millions pour les autres  pays, avec traduction en une quinzaine de langues. Un semaine après sa sortie, son éditeur faisait déjà état de 600 000 exemplaires vendus. Un véritable raz-de-marée, soutenu il est vrai par une abondante campagne médiatique.

• Cet album, qui évoque Vercingétorix, met en scène deux farouches guerriers arvernes, un petit gros et un grand sec, Ipocalorix et Monolitix, membres du Farc ou Front arverne de résistance checrète.  Comme il se doit, ils ont un cheveu sur la langue et ne s’expriment qu’en chuintant, un  sou  devenant un chou, à la mode auvergnate…Ou du moins telle que la prononciation est inscrite dans l’imaginaire collectif. Le thème principal reste  l’histoire d’Adrénaline, la fille du célèbre chef gaulois. Traquée par les Romains, elle n’a d’autre choix que de trouver refuge dans le village des irréductibles Gaulois, le seul endroit, dans la Gaule occupée par Rome, à pouvoir assurer sa protection. La présence de cette ado pas comme les autres va évidemment provoquer quelques remous…et quelques montées d’adrénaline.

ASTERIX LMT 25 octobre•  Certains verront dans le petit gros Monolitix une allégorie de Churchill, cigare en moins, tandis que le grand sec, Ipocalorix, pourrait bien renvoyer à de Gaulle. Même si  l’action se déroule autour de 50 av-JC,  dans le traditionnel village gaulois en bord de mer, les auteurs  placent bien la résistance arverne au cœur de l’intrigue : “ Nos Gaulois, on le sait, résistent avec une certaine décontraction. Il était amusant de les confronter à de vrais résistants, plus virulents, plus extrémistes qu’eux, et dont l’objectif est de chasser vraiment les Romains”, a confié le scénariste Jean-Yves Ferri au Figaro, peu avant la sortie de l’album. Déjà dans Le Bouclier arverne, il était question de Résistance,  entre un “Alésia, connais pas !” et la symbolique du bouclier de Vercingétorix, détenu par le chef du village.  Autant d’ingrédients qui feront à coup sûr de cet album le plus gros succès de ventes en cette fin d’année. Même si la critique n’a pas toujours semblé  convaincue…

 

• GOUVERNER C’EST PRÉVOIR…

ÉDITER AUSSI…

CHIRAC Garnier• La disparition de Jacques Chirac, comme on pouvait s’y attendre, a suscité ou va susciter une série de livres prétendant aborder les différents aspects du personnage privé et/ou de l’homme public. Le meilleur y côtoiera forcément le pire, comme d’habitude en telles circonstances. Dans cette course à la publications, deux éditeurs se sont particulièrement  distingués: les très  bien nommées éditions de l’Opportun,  et les éditions  Grasset. Selon le Canard Enchaîné, ils avaient fait imprimer chacun leur propre livre, dès 2015, dans l’attente de la mort de l’ex-président. Les deux ouvrages avaient  été ensuite stockés jusqu’au  dernier soupir de l’intéressé.

Chirac Mahane• Pour les éditeurs, l’attente aura duré quatre longues années mais  leur “prévoyance” leur aura permis de dégainer leurs livres dans des délais très brefs, dès l’annonce officielle, pour les éditions de l’Opportun, et 2 octobre pour Grasset. Seul problème : les deux livres signés par Stéphane Garnier (285 p, 9,90 €) et par Saïd Mahrane (140 p, 13 €) portaient exactement le même titre, d’une rare originalité,C’était Chirac”. Finalement, c’est peut être la première fois qu’on applique à l’édition un usage  courant dans les rédactions des journaux : préparer puis  conserver « au frigo » des notices nécrologiques rédigées par avance, et complétées régulièrement… jusqu’au trépas de l’intéressé. Gouverner, c’est prévoir… Éditer aussi.

 

• DE GAULLE, MONTE AU FRONT…

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ÉDITORIAL DÉS CET AUTOMNE

• En 2020, le général de Gaulle devrait être triplement célébré puisque ce sera le 130ème anniversaire de sa naissance, en même temps que le 80ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 et le 50ème anniversaire de sa disparition… On peut donc s’attendre à une avalanche de publications et de livres en tout genre. Pour éviter un  embouteillage prévisible, plusieurs éditeurs ont pris les devants en proposant dès cet automne des livres  centrés sur le général de Gaulle, avec des approches et des prismes différents.

Charles-de-Gaulle• Les éditions Plon, éditeur historique du général de Gaulle on choisi de rééditer, début novembre, les célèbres  Mémoires de guerre et les Mémoires d’espoir, en deux volumes et dans une édition collector.  Dans Charles de Gaulle, un rebelle habité par l’histoire l’historien Michel Winock s’en tient à l’évocation de deux années charnières pour de Gaulle, avec 1940, l’année de l’appel du 18 juin, et avec 1958, l’année de son retour au pouvoir et de la fondation de la Vè République (éditions Gallimard – septembre). Christine Kerdellant, de son côté, s’interroge sur le rapport qu’entretenait le général de Gaulle avec les femmes, dans De Gaulle et les femmes (éditions Robert Laffont).

9782324025044ORI• Franck Ferrand, bien connu des auditeurs et des téléspectateurs, proposera fin octobre  une biographie abondamment illustrée  du général de Gaulle, selon le principe des Chroniques, série d’ouvrages publiés dans la collection et chez l’éditeur éponymes. Priorité aux documents pour l’historien Jean-Pierre Guéno : il a réuni une centaine des plus beaux manuscrits du général De Gaulle (éditions Hugo Image, 17 octobre). Parmi eux, figurent des inédits. Pour mettre en valeur l’homme d’image qu’était aussi de Gaulle, les éditions  Gründ vont faire paraître Les photos insolites de Charles de Gaulle, un livre de photographies annoncées comme “rares”. Avec ces documents extraits du très riche  fonds  Paris Match,  les journalistes Caroline Pigozzi et Philippe Goulliaud  entendent montrer de Gaulle sous un autre jour (éditions Plon, 17 octobre)…Et ce n’est que le début d’une longue liste. 

 

L’ACTU DES LIBRAIRES

• LA GRANDE LIBRAIRIE (VICHY)jwsigpro_cache_d7ed2c11d0la-grande-libra

BAISSE LE RIDEAU…DÉFINITIVEMENT

• Encore une…La Grande Librairie, installée rue Burnol,  à Vichy, a  baissé définitivement le rideau, fin septembre…Après 32 années de passion(s) consacrées au métier de libraire, Hélène et Henri Tournaire ont décidé de prendre leur retraite, sans avoir pu trouver de repreneurs. De ce fait, il ne restera plus que deux librairies  généralistes indépendantes à Vichy, À la page et Carnot.

VDB La Grande librairie Vichy

• La nouvelle n’a pas vraiment surpris leurs clients qui avaient pu voir les rayons se vider progressivement de leurs livres depuis le début du mois d’août. L’aventure du couple Tournaire avait débuté rue de Paris en 1987 avant qu’ils ne rejoignent en 1994 un nouveau magasin de 300 m2,  rue Burnol. Pour Hélène Tournaire, alias “la libraire” pour nombre de Vichyssois, ce qui l’a le plus marquée durant ces trente années, “c’est l’ambiance, être au milieu des livres. Chaque rentrée littéraire, c’était une période d’exaltation. Découvrir quel auteur avait sorti un livre”.

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Denis Tillinac, “nature et sans chichi”…

• Elle avoue que la fréquentation des écrivains correspondait chez elle à un vieux rêve d’enfance qu’elle aura ainsi pu assouvir. Si Jean Christophe Rufin est pour elle l’auteur qui l’a la plus éblouie, avec Rouge Brésil, c’est Richard Bohringer qui l’a la plus étonnée  par son côté “adorable, très sympa” lors d’une séance de dédicaces qui avait attiré la foule. Elle a aussi confié à La Montagne ses souvenirs sur la venue dans sa librairies d’auteurs aussi divers qu’Anne Gavalda, Peter Fromm, l’écrivain du Montana, Claude Hagège, le linguiste, sans oublier, fidèle parmi les fidèles, Denis Tillinac, “grand copain,toujours nature et sans chichi”. Elle se souvient aussi d’avoir reçu l’ancien premier ministre socialiste, Lionel Jospin, “extraordinaire, très cultivé, totalement différent de l’impression froide que l’on avait de lui à la télévision”, ajoutant qu’il était “ ouvert, très drôle

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Hélène Tournaire (© La Montagne)

• Hélène Tournaire avoue que, pour elle, depuis son enfance, “lire c’est capital”, au point qu’elle dit avoir toujours un ou deux romans et un livre de poésie dans son sac. À ses yeux, au rôle culturel du libraire s’ajoute un rôle humaniste, reprenant à son compte un slogan, inscrit dans sa mémoire : “Si tu vas mal, va chez ton libraire. Si tu vas bien, vas-y aussi”. Quant à sa vie d’après, elle explique que faute d’autre passion que le livre, ce qui va lui manquer, outre son équipe, c’est “l’ambiance, la clientèle, la fréquentation”.  Une page d’autant plus difficile à tourner que la librairie ne sera pas reprise et qu’elle pourrait laisser place à un commerce alimentaire. Après les nourritures de l’esprit, les nourritures du ventre…

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• Du vendredi 8  au dimanche 10 novembre, se tiendra à Brive, sous la halle Georges-Brassens et au théâtre municipal, la 38ème édition de la Foire du livre.  Elle sera placée sous la présidence  du romancier et essayiste Éric Fottorino, fondateur de l’hebdomadaire Le 1 et du trimestriel Zadig. 300 auteurs seront présents parmi lesquels  44 auteurs de BD et 86 auteurs de livres pour la jeunesse.

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Éric Fottorino

• Selon le groupement d’intérêt économique qui fédère 7 librairies corréziennes, ce sont  près de 80.000 ouvrages qui seront proposés aux lecteurs et visiteurs, au fil des stands. En 2018, 51 000 livres avaient été vendus, générant un chiffre d’affaires de 750 000 €.

• La Foire du livre sera aussi l’occasion de remettre plusieurs prix littéraires, dont le prix de la langue française , attribué à Louis-Philippe Dalembert pour  son livre Mur Méditerranée (éditions  Sabine Wespieger). Il évoque l’histoire de trois femmes, une Syrienne, une Érythréenne et une  Nigériane, qui embarquent à bord d’un bateau pour fuir les guerres qui ravagent leurs pays.

 

L’ACTU DES BIBLIOPHILES

téléchargement (5)• Au catalogue n° 302 de la librairie Paul Jammes, à Paris : Les images ou tableaux de platte peinture des deux Philostrates sophistes grecs et les statues de Callisitrate mis en François par Blaise de Vigenère – Paris, vve Abel Langelier, 1614-1615. – in- folio, 921 p. : 17 500 €: Cette traduction de Vigenère (1523-1596) parue d’abord en 1578 sans illustrations, a été réimprimée plusieurs fois et en particulier dans cette édition. Pour la première fois, le texte était accompagné de 64 gravures en taille douce. Au pied de ces gravures, on trouve des épigrammes composées par Thomas Artus.

• Au catalogue de la vente De Baecque, le 17 octobre 2019, à LyonBlaise Pascal :  Les Provinciales…Cologne, Pierre de La Valéle, 1657. Édition rare des 18 Lettres Provinciales ; ouvrage relié avec 53 autres pièces polémiques imprimées de 1655 à 1666. – 4 000 / 6 000 €

• Au catalogue de la vente Alde, du 17 octobre 2019 , à Paris :    Théodore de Banville:  Ensemble de 6 pièces, soit 3 autographes signées, une autographe, 2 imprimées (dont une avec envoi autographe signé) : 300 / 400 €

 

L’ACTU DES MÉDIAS

France Inter

• Le 3 novembre, sur France Inter, l’émission à vocation historique de Stéphanie Duncan, Autant en emporte l’histoire, avait pour thème 1941 : Marx Dormoy, ministre du Front Populaire, est assassiné par la Cagoule. Pour évoquer ce triste événement de l’Histoire et raviver la mémoire de Marx Dormoy, l’émission de 54 minutes était composée d’une fiction de  Vincent Hazard, réalisée par Pascal Deux. Elle était commentée au micro de Stéphanie Duncan par Gayle Brunelle, historienne et  professeur émérite à l’université de Fullerton en Californie. Elle est avec Annette Finley Crosswhite, l’auteure de  Assassination in Vichy :  Marx Dormoy and the Struggle for the Soul of France  (La vengeance : Vichy et l’assassinat de Marx Dormoy), livre à paraître en anglais en 2020 (University of Toronto Press).

À noter…Dans le cours de l’émission, on a pu entendre un document rarissime : la voix de Marx Dormoy dans un court extrait enregistré lors d’une intervention à  l’occasion d’un congrès du Parti socialiste.

Réécouter l’émission en podcast

 

• LA DISPARITION DE JACQUES CHIRAC

A MOBILISÉ LES ÉQUIPES DE LA MONTAGNE

 • La disparition de Jacques Chirac, annoncée le 26 septembre, en fin de matinée, a mobilisé les médias  (télévision, radio, presse écrite, réseaux sociaux…) reléguant au second plan la catastrophe de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen.EFZ27wSW4AIpX-y Le quotidien régional La Montagne a lui aussi largement couvert l’événement, d’autant plus que l’ancien chef de l’état avait de solides attaches corréziennes, à la fois familiales par ses grands parents, et politiques. C’est de là qu’étaient parties sa carrière et son ascension politique.

• Dans son édition du 27 septembre, après la une montrant en pleine page Jacques Chirac en gros plan en train de saluer, avec pour titre “L’adieu au Grand”, le journal lui a consacré huit pages. Principales thématiques : Jacques Chirac entre au panthéon de la Corrèze… Chirac et Giscard, une longue rivalité : le relation houleuse entre les deux hommes a connu trois épisodes  majeurs en Auvergne …Le jeune loup devenu grand fauve…Deux mandats entre hauts et bas …Il incarnait une France forte…L’homme derrière l’homme public La vie croquée à pleines dents (rétrospective photographique).

l-adieu-au-grand• Dès le lendemain, La Montagne a publié une édition spéciale reprenant le titre “L’adieu au grand”, avec photos de l’ancien résident occupant la une et la quatrième de couverture. Sur 48 pages, le quotidien déclinait la carrière de Jacques Chirac en cinq grands thèmes, tous émaillés de témoignages et de nombreuses photos provenant majoritairement des archives du journal mais aussi de fonds privés : Ses racines corréziennes et des jeunes années…L’ascension d’un politique hors norme…À l’assaut de Paris, de Matignon et de l’Élysée…Sa marque dans les paysages et les esprits…L’album photos d’un personnage aux multiples facettes.

une-vie-en-politique• Enfin, quelques jours plus tard, est sorti un hors-série de 52 pages, lui aussi abondamment illustré et intitulé  1932-2019, Jacques Chirac, une vie en politique : Son enfance, ses années d’études, Bernadette, ses débuts en politique, le rival à droite, le chef de parti, le maire de Paris, la première présidentielle, la cohabitation, le débat perdu, la prise de l’Elysée, le champion de l’agriculture, face à Jospin, face à Le Pen, la succession, l’Africain, la crise irakienne, Claude, le chef militaire, ses passions, les affaires…Précisons qu’il s’agit en réalité d’un numéro réalisé par Playbac Presse, diffusé par plusieurs quotidiens régionaux, avec un simple repiquage du titre Centre France sur la une.

• Autre effet collatéral de la disparition de Jacques Chirac, l’article publié en 2016 sur Vu du Bourbonnais, à propos de la parution du livre Jacques et Jacqueline (éditions Robert Laffont) a connu une fréquentation exceptionnelle: entre le 26 septembre et le 15 octobre, près de 10 000  pages ont été consultées. L’article narrait la relation qu’avait entretenue  Jacques Chirac avec la journaliste Jacqueline Chabridon, né en 1940 à Désertines.

 

• LA MONTAGNE ELLE AUSSI VICTIME

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DE XAVIER DUPONT DE LIGONNÈS

téléchargement• Dans la soirée du vendredi 11 octobre, à la suite du quotidien Le Parisien,  la quasi-totalité des médias (presse, radio, télévision…) ainsi que les réseaux sociaux se sont focalisés sur l’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès, auteur présumé du quintuple meurtre de son épouse et de ses quatre enfants, en cavale depuis avril 2011. Les chaînes d’infos en continu (BFM, LCI, C News…) se sont particulièrement distinguées avec leurs experts, commentateurs  et spécialistes en tout et en rien, qui ont meublé les écrans jusqu’au lendemain matin. Même France Info, pourtant réputé plus “fiable”, leur a emboîté le pas. …Tout cela pour apprendre que le suspect arrêté à Glasgow avec un prétendu faux passeport n’avait strictement rien à voir avec  l’affaire.

MT_MN_20191012_1• La Montagne n’a pas échappé à ce tourbillon médiatique en bouleversant la mise en page de sa une au moment du bouclage, le 11 octobre (“Dupont de Ligonnès arrêté huit ans après”, avec photo de la maison du crime à Nantes). Quant à la  quatrième de couverture, tout en reprenant le même titre, avec photo du meurtrier présumé, elle revenait sur la chronologie de “l’une des plus grandes affaires criminelles de l’après guerre”.

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• En cette année du centenaire, le quotidien régional, comme l’ont fait d’autres médias (mais pas tous…) ne pouvait pas ne pas présenter ses excuses à ses lecteurs. C’est la directrice des rédactions Sandrine Thomas qui s’en est chargée dans l’édition du 13 octobre : “Samedi matin à la Une et vendredi soir sur leur site internet, les quotidiens du Groupe Centre France titraient sur une information publiée également par les autres médias français : « Dupont de Ligonnès arrêté ». Samedi en milieu de journée, nous infirmions sur nos sites web cette information après la publication des résultats d’analyses ADN prouvant que l’homme arrêté à l’aéroport de Glasgow n’était pas Xavier Dupont de Ligonnès. Nous devons donc à nos lecteurs une explication, écrit-elle, avant de préciser : “ Chaque information hors de notre territoire de diffusion est le fruit de sources supposées fiables, comme l’Agence France Presse (AFP)”. Et d’expliquer  que l’information dispensée par l’AFP était fiable, compte tenu de ses “sources policières”.

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Capture d’écran du Site de La Montagne (13 octobre)

• En outre, alors que la police écossaise se montrait elle aussi affirmative, suite aux premières analyses des empreintes  digitales, aucun démenti n’était venu des autorités françaises…même si le procureur de la république en charge du dossier avait appelé à un peu de prudence, dans l’attente d’expertises ADN.

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“ Il n’y avait pas de « conditionnel dans ce que rapportaient les Écossais à leurs collègues français ».C’est donc sur la base de ces éléments que nous avons, à notre tour, diffusé cette information sur nos sites Internet et dans les éditions de nos différents titres en cours de bouclage (…) Pour autant, nous prenons notre part de responsabilité dans la diffusion de cette information erronée et nous présentons nos excuses à l’ensemble de nos lecteurs”, conclut Sandrine Thomas. Plutôt que le traditionnel “Faute avouée, etc…, c’est l’occasion de rappeler  la  phrase attribuée à Pierre Lazareff, patron du France Soir de la grande époque : “Une information plus un démenti, ça fait deux informations”.

• Autre conséquence pour le quotidien, un afflux de mails et de courrier de lecteurs, à propos du traitement de cette affaire. C’était d’ailleurs le seul sujet retenu pour la page du médiateur publié le jeudi 17 octobre.

Savoir plus… À lire sur le site d’Acrimed (Action critique médias), l’article de Maxime Friot: Dupont de Ligonnès. Jour 1 : le naufrage médiatique

 

•  CENTENAIRE DE LA MONTAGNESans titrecent

◘ L’AVENIR DU JOURNAL

ENTRE PAPIER ET DIGITAL

VDB MONTAGNE 2•  L’année 2019 restera pour La Montagne, fondée par Alexandre Varenne le 4 octobre 1919, l’année du centenaire. C’est aussi l’occasion pour le quotidien de s’interroger sur son avenir : “Que sera La Montagne demain ? Regards croisés sur l’avenir d’un journal qui veut continuer à accompagner la vie de ses lecteurs”, pouvait-on lire dans l’édition du 6 septembre : “Un siècle  de transformations quasiment continues que le défi du numérique accélère encore. Le journal aborde cette nouvelle ère digitale avec ambition, sans abandonner le support papier”. Il y est aussi question de “la capacité d’adaptation, grande force de La Montagne” : “J’ai la conviction  qu’il y aura toujours un journal papier. Mais lui aussi évoluera. Nous devons tendre vers une logique d’adaptabilité”, prévient Soizic Bourju, directrice générale déléguée. Si elle reconnaît qu’il y a autant pour ses lecteurs que pour ses salariés “ un attachement viscéral au journal dans sa forme historique”,  elle précise que “la subtilité, c’est de continuer d’engager le titre en acceptant d’abandonner l’objet tel qu’il existait il y a cent ans”.

71878046_1522115284619100_3069902267944534016_nTraduction : Pour arriver à “davantage de souplesse, le journal devra évoluer “selon les besoins exprimés des clients lecteurs sur des zones de chalandise qui seront de plus en plus fines”. Et d’annoncer que  “ redécoupage géographique, impression à la demande que permettront les nouveaux outils numériques, un journal papier qui ne paraîtrait plus tous les jours, ventilation des rubriques en fonction des supports, dans une logique de complémentarité et de satisfaction des clients. Telles sont les pistes de réflexion pour le moyen terme”.

• Pour Alain Védrine, directeur général, cette montée en puissance sur le web ne signifiera pas “ un copier-coller de notre modèle papier sur le web qui ne fonctionnerait pas” et elle  ne passera pas par le tout gratuit : “ Nous devons apporter à nos clients informations et services mais cela ne peut être gratuit”, précise-t-il.

 

◘ UN REPORTAGE DE FRANCE 3

SUR LE CENTENAIRE 

◘ UNE ÉDITION COLLECTOR

SPÉCIAL CENTENAIRE

VDB Centenaire Montagne Macron• Le point d’orgue du centenaire aura été la publication d’une édition collector, le vendredi 4 octobre, avec une “Une” unique pour toutes les éditions  et intitulée “1919-2019 : 100 ans“. La dernière page était elle aussi unique, avec la reproduction de la une du tout premier numéro du 4 octobre 1919. Dans un cahier spécial de 12 pages, la parole était donnée à des acteurs présents du journal (journaliste, rotativiste, employé de l’expédition, correspondante,  éditrice digitale, reporter photo, diffuseur de presse, porteuse de journaux), ainsi qu’à Marcel Tourlonias, dont la carrière de journaliste à La Montagne a commencé en 1957 pour s’achever en 1992,  au poste de rédacteur en chef. Pour la double page centrale, le journal avait fait appel au dessinateur Frédéric Deligne. Dans une BD, il imaginait  l’improbable rencontre entre un dessinateur du journal d’il y a cent ans et lui-même. Ensuite une double page visait à montrer que La Montagne, c’est aussi des magazines et des hors série, et une présence accrue sur des supports autres que le papier : web, mobile, tablette et liseuse.

L’édition du 5 octobre a fait également la part belle au centenaire, avec la une intitulée Un siècle à vos côtés, montrant Emmanuel Macron visitant l’exposition  qui avait été installée dans le hangar à bobines de papier : « Plus que jamais votre rôle est essentiel, nos concitoyens ont besoin de relais de confiance“ a-t-il déclaré tout en ajoutant que La Montagne était “Un tisseur de lien ».

Sans titrecent

◘ DES LIVRES POUR RETRACER 

L’HISTOIRE DU JOURNAL

 • Le centenaire du quotidien régional a aussi donné lieu à la parution de plusieurs livres . Passage en revue…

◘ Instant’Années. Plongez dans les archives photos de votre quotidien.  1 vol. br, 100 p, 250 illustrations, éd. La Montagne –Centre France, 4,95 €.

Z LMT Instant d'annéesEn se plongeant dans les archives du quotidien régional, faites de plaques de verre, de négatifs et, pour les plus récentes, de fichiers informatiques, de véritables trésors iconographiques refont surface. Des traces de vie d’Auvergne et du Limousin, territoires où sont présents les journalistes de La Montagne. C’est à partir de ces témoignages en images, de 1946 à nos jours, qu’a été réalisé ce hors-série “Instant’Années”, qui se veut un lien entre le passé et le présent.  On retrouve ainsi des clichés qui ne sont pas forcément parus dans le journal, pris par les photographes de La Montagne. Au fil de la centaine de pages de cet album, le lecteur pourra découvrir 250 images issues des périodes qui vont de l’argentique au numérique,  retraçant l’époque où les négatifs étaient au format 6X6, 9X9 ou 24X36 avant l’apparition de la norme  JPEG.

◘ La Montagne, 100 ans, 100 unes, 100 plumes.1 vol. relié, 256 p, illustrations n-b et couleur, éd. de Borée, 29,95 €.

Z LMT► Compagnon matinal indispensable de centaines de milliers d’Auvergnats et de Limousins, le journal La Montagne créé par l’homme politique Alexandre Varenne, soufflera ses cent bougies, le 4 octobre 2019. Pour marquer cet événement, nous avons imaginé un livre anniversaire qui retrace sur plus de 250 pages un siècle d’histoire au travers de cent pages de  » Une « . Pour établir sa sélection, le comité de rédaction du projet s’est attaché à trouver un équilibre thématique, un équilibre entre informations nationales ou internationales et Unes locales  » grand public », sans jamais oublier les valeurs du journal. Ont été associées à cette démarche des personnalités, des experts, des écrivains contributeurs réguliers (ou pas) du journal. L’idée était de commenter et de  » contextualiser  » l’événement, dans le but d’apporter un supplément d’âme à chacune de ces Unes déjà exceptionnelles par leurs contenus. Face à ces Unes, les auteurs choisis ont eu carte blanche pour s’exprimer avec leurs mots, leur sensibilité et leurs envies. Ces plumes pertinentes, attachantes, réputées, toujours en lien avec l’actualité relatée forment un  » casting  » éclectique, reflet criant de la diversité des opinions, de notre territoire et tout simplement de notre pays. D’Hélène Mouchard-Zay chroniquant les décisions de son père Jean, ministre de l’éducation du Front Populaire, à Fanny Agostini commentant la sécheresse de 1976 et livrant un intelligent plaidoyer en faveur de la préservation de nos ressources aquatiques, en passant par Hubert Védrine, Michel Charasse, Jean-Pierre Raffarin, Mazarine Pingeot, Boualem Sansal, Raphaël Géminiani, Richard Dacoury, Aurélien Rougerie, l’académicien Jean-Christophe Rufin ou le grand patron Jean- Dominique Senard, les cent  » invités  » du journal se sont investis pour célébrer à leur façon ce lien qui unit depuis un siècle La Montagne à ses lecteurs.

• La cérémonie de lancement du livre, qui a été tiré à 10 000 exemplaires, s’est déroulée le 12 septembre, à l’Hôtel littéraire Alexandre Vialatte, en présence de nombreuses personnalités : “ Après un préambule qui retrace en une quarantaine de pages l’histoire de La Montagne en Auvergne et Limousin, deux cents pages proposent de mettre en miroir des Unes racontant leur époque entre 1919 et 2019 et les analyses de ces moments par des personnalités, des experts, des écrivains. Face à ces Unes, chargées d’histoire, les auteurs choisis ont eu carte blanche pour s’exprimer avec leurs mots, leur sensibilité et leurs envies. Ces plumes pertinentes, attachantes, réputées, toujours en lien avec l’actualité relatée forment un “casting” éclectique, reflet criant de la diversité des opinions, de notre territoire et tout simplement de notre pays”.

Timbre varenne
Le timbre du centenaire en hommage au fondateur

◘ UNE PLONGÉE DANS LES CARNETS

D’ALEXANDRE VARENNE

 • La Fondation Varenne, de son côté a voulu marquer l‘événement en publiant  un coffret exceptionnel qui rassemble la transcription exacte des carnets d’Alexandre Varenne, le tout présenté, explicité et remis en perspective par l’historien Fabien Conord qui y a consacré une année de travail. Ces carnets figuraient à l’origine, au milieu de milliers de photos et de manuscrits, qui avaient été conservés dans des malles entreposées soit dans les locaux du journal, rue Morel-Ladeuil, soit au domicile de son épouse, Marguerite Alexandre-Varenne.

◘ VARENNE Alexandre : Journal d’un républicain engagé.  Notes et souvenirs. Édition établie par Fabien Conord. 4 vol. brochés sous coffret, 986 p, illustrations, éd. Fondation Varenne, 50 €

Coffret-volume-1-183x300Alexandre Varenne, avocat, député du Puy-de-Dôme, maire de Saint-Éloy-les-Mines, gouverneur général de l’Indochine, ministre d’État, fondateur du journal La Montagne le 4 octobre 1919, choisit de “briser sa plume” en 1940, afin de ne plus avoir à publier dans un pays placé sous occupation et dirigé par une dictature. Il réserve dès lors ses réflexions écrites à l’intimité de son journal, qu’il tient en 1941, 1942 et 1944.  Dans ce document exceptionnel par son ampleur (quatre volumes) et l’acuité de ses observations, Alexandre Varenne consigne ses rencontres avec de nombreux acteurs du régime de l’État français ainsi qu’avec des opposants plus ou moins discrets puis avec les autorités issues de la Libération, mais rend compte aussi des nombreuses réunions auxquelles il participe avec les autres patrons de presse, également soumis à la censure et aux difficultés économiques. Il profite de cet espace pour relater ses mémoires de la IIIe République, son compagnonnage avec Jaurès, les débuts de L’Humanité… ainsi que son expérience indochinoise (“la clairière de [sa] vie” considère-t-il).   À travers ses écrits, où se mêlent tout à la fois sa formation de juriste, son métier de journaliste et sa pratique de la politique, Alexandre Varenne envisage enfin la réforme des institutions françaises afin de reconstruire, au lendemain du conflit, un pays plus juste et apaisé. Par la variété des sujets abordés autant que par la liberté de ton qui le caractérise, ce journal d’un républicain fidèle,  patriote convaincu, constitue un apport remarquable à nos connaissances sur les institutions politiques françaises, la Seconde Guerre mondiale et le monde de la presse au XXe siècle.

Sans titrecent

• TERRE DES BOURBONS

•  Terre des Bourbons, Magazine bourbonnais d’exploration localevient de publier son n°15 ( septembre – octobre – novembre 2019). Sans titreTDBAu sommaire:  Eco-business : L’alchimiste Raymond Rosa combine le feu, l’eau et le métal pour faire naître le damas. – Bonnes fourchettes : Les vins et les vignes du Bourbonnais. Le conservatoire des anciens cépages à Chareil-Cintrat, le musée du vignoble saint-pourcinois, le regard du sommelier Guillaume Husson … Nos trésors en bourbonnais : L’histoire de la forteresse de Bourbon-l’Archambault avec ses voûtes séculaires, ses superbes culs-de-lampe et les amateurs de Légendes et Détours qui animent les soirées estivales – Initiatives inspirées : Les arts et traditions à la grange de Corgenay. Un lieu où l’on danse, joue, chante avec la Jimbr’tée mais également on l’on tisse, relie. – Nous et le monde : À la découverte du Musée des Arts d’Afrique et d’Asie de Vichy. – Vert l’avenir : Allier Tri, le nouveau centre de traitement des déchets du département, ce sont 20 000 tonnes de déchets recyclages par an et une technologie de pointe.-  Notre histoire en bourbonnais : La bataille de Belleperche. Durant la guerre de Cent Ans, le Bourbonnais a connu son lot de pillages,, de maladies, de massacres… et de batailles décisives dans le cours de l’histoire. – Quelle culture en bourbonnais : Sac à dos, chaussures de marche, Christopher Tourneur aime les grands espaces qu’offrent l’Auvergne et plus particulièrement le Bourbonnais, sujet de son premier film intitulé Un Pas vers vous dans l’Allier. – Agenda à voir, à faire… (68 p, illustrations en couleur, 5,50 €)

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