L’ ACTUALITÉ DES AUTEURS, DES ÉDITEURS, DES LIBRAIRES ET DES MÉDIAS N° 22 (NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2019)

Cette rubrique faisant  l’objet d’additifs et de mises à jour, jusqu’au 31 décembre  2019, en fonction de l’actualité, n’hésitez pas à y revenir régulièrement pour bénéficier pleinement de ces  compléments d’information.

Pour nous contacter et/ou communiquer vos informations:

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DERNIÈRE MISE À JOUR19 DÉCEMBRE 2019

 

L’ACTU DES AUTEURS

 

• JOSETTE ALVISET (1937-2018)

UN LIVRE HOMMAGE À SA MÉMOIRE

ET UNE HISTOIRE  DE L’OPÉRA DE VICHY

téléchargement (1)◄ Dédié à la regrettée Josette Alviset (1937-2018), cofondatrice et directrice  du Musée de l’Opéra de Vichy de 2002 à 2014,  en même temps que musicologue émérite,  le livre L’Opéra de Vichy scène fastueuse de la Reine des villes d’eaux (1 vol. br, 146 p, illustrations n-b et couleur, coédition Musée de l’Opéra – éditions Bleu Autour, 29 €) vient de paraître. C’est Jean Lebrun, journaliste, prix Goncourt de la biographie pour Notre Chanel, mais surtout ami de longue date de Josette Alviset qui en a signé la préface.

OPERA-UNE• Fruit d’un travail commun mené par Fabien Noble, directeur du Musée de l’Opéra de Vichy et par Antoine Paillet, directeur honoraire, il traite dans sa première partie de la  salle Art Nouveau inaugurée en 1901. C’est à la fois une  description architecturale et une histoire de ceux qui ont contribué à sa réalisation et à sa renommé, depuis les architectes jusqu’aux artistes, peintres, sculpteurs, doreurs, … Outre les archives locales, les  deux auteurs se sont appuyés sur Le Traité de la construction des théâtres de Gosset (1886) et sur un État des lieux de 1908 émanant de la Compagnie Fermière.

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• Entre l’étude de  l’architecture des lieux, du décor et de la vie  artistique, l’ouvrage apporte un éclairage sensible sur l’histoire de l’Opéra de Vichy, depuis le  Second Empire jusqu’à  nos jours. Antoine Paillet souligne l’exploit que fut le chantier mené par Charles Le Cœur et Lucien Woog : commencé en 1899, l’opéra put être livré en 1901, sans les décors peints qui furent achevés un an plus tard.  Riche de ses 1 400 places, l’Opéra reste  la plus vaste salle en province et il bénéficie alors des  techniques modernes appliquées par une pléiade de talents issus des Arts décoratifs. Ils s’appellent Léon Rudnicki, pour les décors peints, Émile Robert, pour la ferronnerie et  Pierre Seguin, pour les ornements sculptés.

 • La seconde partie de l’ouvrage, intitulée Les fastes de la scène, a été rédigée par Antoine Paillet qui s’est appuyé sur le véritable trésor que constituaient les texte écrits par Josette Alviset sur la vie artistique, du Second Empire jusqu’à nos jours. Ce faisant, Fabien Noble considère que cet hommage est aussi un aboutissement, puisque, pour elle,  “écrire un livre sur l’Opéra de Vichy était un rêve”. Au-delà des textes, l’autre richesse du livre, c’est son abondante iconographie, avec des documents puisés en majorité  dans les Collection du Musée de l’Opéra, et complétés par des  photos de Christophe Morlat, photographe installé à Vichy.

• ALBERT LONDRES 

UN LIVRE POUR  TÉMOIGNER

DE  SON ATTACHEMENT À VICHY

z-albert-londres-c3a0-vichy• Sous le titre Albert Londres à Vichy,  l’association Maison Albert Londres (1, rue Besse  à Vichy vient de publier  un livret consacré au grand reporter,  qui  n’a jamais trahi son attachement pour sa ville natale (1 vol. br, éd. Association Maison Albert Londres,  15 €) : “ Vichy n’est pas qu’une jolie femme, c’est une reine ; faisons donc royalement les choses !”, écrivait-il. L’ouvrage brosse le portrait du Prince des reporters, à travers le prisme de sa présence à Vichy,  tout en s’appuyant sur des témoignages. On retrouve ainsi celui de Gaston Chardonnet, notaire à Cusset et adjoint au maire de Vichy, qui fut un de ses amis d’enfance. Il est aussi question des différents lieux où a vécu Albert Londres. Sa naissance a lieu rue Besse, dans la demeure de ses grands-parents maternels, Joseph Baratier chaudronnier et son épouse.

En 1917, ses parents viennent s’installer  au 43, rue de la Chaume, l’actuelle Villa Albert Londres, à l’angle de la rue Maréchal-Joffre et de la rue Albert-Londres. Cette maison, il lui restera fidèle, en venant s’y reposer au retour de chacune de ses grandes enquêtes. C’est Florise Albert Londres, sa fille, qui a légué la maison avec  tous ses biens à l’association du Prix Albert Londres, qu’elle a créée. Le tout devait ensuite être vendu  aux enchères. Autre lieu où Albert Londres  a vécu, la Villa Italienne, sise 18 rue des Célestins, qui abritait une pension de famille tenue par ses parents jusqu’en 1917.

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Albert Londres, correspondant de guerre (au centre)

goncourt-journalisme-prix-albert-londres-2• Pour trouver la trace d’articles d’Albert Londres sur la station thermale, il faut attendre 1908. Cette année-là, il évoque  les  demi-mondaines ou courtisanes qui arpentaient les parcs. Puis, en 1910-1911, dans La vérité vichyssoise,  il consacre trois articles au directeur du casino, Émile Rachet. Quelques mois plus tard, il porte un regard critique sur une réalisation de La Compagnie Fermière au Casino. Au-delà des articles qu’il a signés, la presse locale  s’est aussi faite l’écho de ses grands  reportages, publiés par le quotidien national l’Excelsior,  qu’ils concernent la Russie,  le bagne de Cayenne ou encore  la journée du baigneur à Vichy.

• MAISON ALBERT LONDRES

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POURSUITE DU CHANTIER EN 2020

• À propos de la maison natale d’Albert Londres, en cours de restauration depuis plusieurs années, les travaux  vont se poursuivre en 2020. Au programme : le changement des fenêtres et des vitrines pour donner au bâtiment, édifié dans les années 1830 dans le style néo-gothique,  son lustre extérieur d’antan. Pour Marie de Colombel, présidente de l’association Maison Albert Londres, à l’origine de la restauration de la bâtisse qui menaçait ruine, l’idéal serait que le chantier soit totalement achevé a printemps  2022. Au passage elle imagine que  ce lieu pourrait servir de cadre à la remise du prestigieux prix Albert Londres.

images• Depuis que la maison natale du journaliste a été acquise en 2014, plusieurs phases de travaux se sont succédé à partir de 2017, selon les urgences : la toiture et la charpente, les façades, la réparation des tourelles, ainsi que la reconstruction du balcon d’angle. Il reste cependant beaucoup à faire. Après remplacement des fenêtres en chêne du premier étage, à l’identique, ce sera le tour de la vitrine du rez-de-chaussée, avec des vitrages spéciaux. Il faudra auparavant boucler le budget de cette phase en trouvant les 35 000 € qui manquaient encore début novembre.  Il sera alors temps de s’atteler  aux travaux  intérieurs, “ l’aménagement du rez-de-chaussée en espace muséal étant la priorité”, pour l’association. La maison pourrait aussi devenir  un lieu “dédié au grand reportage pour une large utilisation à vocation nationale et internationale”.

• LUC BAPTISTE

“S’ÉLOIGNER DE L’ALLIER POUR MIEUX Y REVENIR”

30073384_103407093856723_3126100530400332340_o• Dans le magazine L’Obs (6 décembre), Jérôme Garcin   s’est intéressé aux “Instantanés de Luc Baptiste, voyageur mélancolique, fuyard désenchanté”. À propos des deux derniers livres de l’auteur bourbonnais, publiés par les éditions Bleu autour, il écrit : Luc Baptiste “ parcourt des lieux silencieux qu’il photographie pour signifier son passage et en garder le souvenir, convaincu qu’il n’y reviendra jamais, et que c’est très bien comme ça. Ces instantanés, au sens propre, il les rassemble et les donne à voir dans “Autre part” ; mais il les donne aussi à lire, en parallèle, dans “La vie belle”, où il poursuit, dans des textes brefs, râpeux et ronceux, de la ville polaire de Tromsø au désert de Gobi, du pic Bogda chinois à la plage balinaise de Padangbai, sa rêveuse circumnavigation. Si elle semble l’éloigner de son pays d’origine, l’Allier, c’est une manière pour lui de mieux y revenir. Il dit qu’il lui a fallu beaucoup voyager et beaucoup lire, lui, le descendant de gens de peu, de “maîtres de rien”, pour retrouver le goût des paysages rustiques de son enfance, encombrés de maisons abandonnées et d’entrepôts en ruine. (…)  Aux qualités de l’écrivain-photographe, il faut en effet ajouter les vertus du géographe de la mémoire”, conclut Jérôme Garcin. Les deux livres de Luc Baptiste figurent  la rubrique Parutions récentes n° 16, sur ce blog.

• CÉDRIC LALAURY

UN TROISIÈME ROMAN POUR L’ÉCRIVAIN MONTLUÇONNAIS 

téléchargement (4)• L’écrivain montluçonnais Cédric Lalaury vient de publier en novembre, aux éditions Préludes,  Que les ombres passent aux aveux. Le roman est sorti en même temps que la version poche de son précédent livre, Il est toujours minuit quelque part.  Depuis qu’il s’est mis à l’écriture en 2014, c’est son troisième roman, un thriller psychologique: le lecteur emboîte ses pas dans ceux de  Jessie, une jeune femme de 35 ans, partie déterrer un cold case à Keowe, en Caroline du Sud, aux États-Unis. C’est “l’Enfant Perdu de la ville”, qui aurait survécu à un massacre familial survenu trente ans plus tôt, et qui serait réapparu. Une démarche qui semble totalement invraisemblable, tout le monde s’accordant sur le fait que c’est le père de la riche famille Webson qui a tué sa femme, sa fille et son fils, avant de se suicider…

• Cédric Lalaury, qui avoue n’avoir jamais mis les pieds aux Etats-Unis, reconnaît s’être inspiré, en partie, de William Faulkner, pour le décor  situé dans le vieux sud. En y ajoutant une touche de Joyce Carol Oates et un soupçon de “Twin Peaks, pour le côté grotesque”.  Cédric Lalaury considère que “On est le fruit de ses lectures au moins autant que de ses expériences”.

• Sur sa manière de travailler, il dit n’avoir aucun plan de travail lorsqu’il se met à l’écriture d’un nouveau livre, tout en s’astreignant à une discipline stricte : “ Je me lève tôt, et j’écris. Au moins trois ou quatre heures par jour. Même à Noël ou pour le Nouvel an. Je ne relis jamais ce que j’ai écrit la veille. Et je me retrouve avec un gros manuscrit que je retravaille”.  C’est en 2014, alors qu’il préparait l’agrégation de lettres, qu’il a basculé dans l’écriture, même si ses premières tentatives remontent à l’an 2000. Il avait alors envoyé son manuscrit à un académicien et critique, lequel lui avait répondu que ce n’était pas du tout publiable, mais qu’il   y avait des passages qui méritaient d’être approfondis. Comme encouragement, on fait mieux…

41T45L9CBUL._SY346_• Loin de se décourager, Cédric Lalaury a attendu  2015, pour voir publié son premier texte,  Des silhouettes dans le brouillard (éd. Mon petit éditeur), qui n’a pas dépassé les 200 à 300 exemplaires vendus. C’est grâce au suivant, Il est toujours minuit quelque part, qu’il a obtenu un début de reconnaissance avec le prix Kobo by Fnac. Le roman s’est vendu cette fois-ci à  au  moins 8 000 exemplaires et c’est ce qui a poussé son éditeur à le ressortir en poche. Cédric Lalaury, qui dit “avoir l’angoisse de se  retrouver sans rien, comme en 2015”, compte bien ne pas en rester là. Il a trois polars en projet, dont le prochain à paraître portera sur une histoire d’erreur judiciaire, tandis qu’un autre sera centré sur un tueur en série.

• JEAN CLAUDE FOURNIER

DES RIVES DU CHER À LA PETITE KABYLIE

téléchargement• Professeur d’anglais à la retraite, Jean-Claude Fournier a déjà plusieurs romans à son actif, parmi lesquels Le prince des parquets salons, Hollywood sur Cher ou encore Swinging Mai 68. On lui doit aussi, plus récemment un recueil de poèmesde jeunesse”, Les poèmes à Sarah,  et, dans un genre différent,  Si Montluçon m’était conté, en mollussonnais dans le texte, un clin d’œil au parler savoureux de la cité des bords du Cher où il plonge ses racines. Pour son prochain roman, qui devrait s’intituler Les oranges amères de petite Kabylie, il invite le lecteur à mettre le cap sur l’Algérie, où il a séjourné en tant que professeur coopérant, dans les années 1980.  En attendant sa parution, probablement aux éditions Ramsay – Marivole, il en a dévoilé le contenu sur sa page Facebook.

téléchargement (2)• Ce  quatrième roman, en partie autobiographique comme les précédents, se veut d’abord une “fresque historique” qui commence au moment où l’Algérie accède à l’indépendance, en 1962, et se termine juste avant les émeutes meurtrières de 1988, qui ont précipité la chute du président Chadli. Elles  ont aussi  conduit aux premières élections “libres” depuis le départ de la France. Elles finiront par donner la majorité au Front Islamique de Salut, avant que le FLN ne décide de les annuler, prélude à la “décennie noire”, une guerre civile de 10 années.

téléchargement (3)• Ce roman est ensuite l’histoire d’un amour improbable entre une Algérienne et un coopérant, sorte de métaphore de la difficulté des deux pays à tirer mutuellement avantage d’un passé en partie commun, en dépit des profondes blessures laissées par l’Histoire. C’est aussi un prétexte à dépeindre la société algérienne au milieu des années 80, sur fond de montée de l’islamisme radical dans les consciences, de corruption généralisée,  et de faillite économique du système Boumédienne. Au fil des pages, Jean-Claude Fournier dresse aussi le constat de  l’échec de la coopération franco-algérienne dans le domaine culturel, entre une accélération de  l’arabisation du pays et l’islamisation des consciences.

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© J-C Fournier (Facebook)

• Entre “ road-book”  d’un “ écrivain voyageur”, qui suit le cheminement d’une famille de coopérants au cœur brûlant d’un Sahara mystérieux et insondable, et  perte des illusions d’un trio de militants de gauche qui avaient placé leurs espoirs de meilleur des mondes à venir dans une Algérie officiellement “ socialiste et autogéré”, ce roman est aussi un récit autobiographique. Celui de  la manière dont une communauté enseignante francophone a vécu le départ des coopérants au fur et à mesure que l’islamisme radical étendait son empire sur les  cœurs et des âmes…Même si la population se montrait, au moins en  apparence, toujours globalement bienveillante à l’égard des “Roumis” en général et des Français en particulier.  Bref, un roman à paraître qui prendra des allures de rétrospective historique tout en donnant des clés pour comprendre l’Algérie d’aujourd’hui, avec ses manifestations de masse contre le FLN .

 

•   ÉVELYNE DEBOURG, alias PÉTRONILLE

DES FOURNEAUX DE LA CANTINE  D’ÉBREUIL

JUSQU’AUX ORS DU  QUAI CONTI

téléchargement (5)• Évelyne Debourg, alias Pétronille en littérature,  cantinière à Ébreuil où elle régale les papilles des enfants des écoles, s’est vue couronnée par le prix François-Rabelais 2019.  Il lui a été remis officiellement le 25 novembre,  dans les prestigieux locaux de l’Institut de France, quai Conti à Paris. Ce prix a été créé en  2012, à l’initiative de  la Fondation européenne pour le patrimoine alimentaire – Institut de France, afin de célébrer les dix ans, de l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation. Il est destiné à récompenser “une personne pour son œuvre au service de la mise en valeur du patrimoine culturel alimentaire en France ou dans le monde”. Le jury de ce prix prestigieux a voulu distinguer la parole de Pétronille, qui prône une cuisine fortement végétale à partir de produits Bourbonnais, tous issus de la région d’Ébreuil…Du circuit local “pur jus” que Pétronille a mis en œuvre bien avant l’heure.

71w3QDehrkL• Depuis 22 ans, Evelyne Debourg officie aux fourneaux de l’école d’Ébreuil, ce qui lui a valu le titre de Meilleure cantinière de France en 2006. Pour faire partager ses goûts et ses découvertes culinaires, elle s’est prise au jeu de l’écriture. C’est ainsi que dans les Cahiers bourbonnais, succédant à Madeleine Trapenard-Petit, elle a été la seconde Pétronille, de 2006 à 2016, distillant chaque trimestre ses secretsculinaires. Tout en intervenant sur les ondes de  Radio Coquelicot, dans l’émission La papote des popotes,  elle a signé en 2018  Contes et recettes d’autrefois, son tout premier livre. Une invitation à  retrouver les saveurs d’antan qui lui sont chères. En septembre dernier, elle a récidivé avec  Les recettes magiques de Pétronille. Il s’agit, cette fois-ci, d’une BD illustrée par Philippe Bocard, dans laquelle elle fait découvrir de nouvelles recettes  en prônant le partage. Au delà de cette distinction, Pétronille fourmille d’idée parmi lesquelles, pourquoi pas, la création d’une école destinée aux cantinières. 

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Evelyne Debourg (à droite) en compagnie de Jean-Pierre Petit (à gauche) et du maire d’Ébreuil (au centre)

• À la remise du prix, étaient présents  Jean-Pierre Petit, directeur des Cahiers bourbonnais, ainsi que le maire d’Ébreuil,  Pierre  A-Teriitehau et  la député  Laurence Vanceunebrock-Mialon. En revanche, les deux sénateurs bourbonnais ont brillé par leur absence. Entre les deux premiers prix, décernés en  2012, à Massimo Montanari, historien de l’alimentation à l’université de Bologne, suivi en 2013 du chef-cuisinier, Michel Guérard,  et ceux de 2017 et 2018 qui étaient allés respectivement à Carlo Petrini, président de  Slow Food International, et à François-Régis Gaudry, journaliste critique gastronomique, on trouve en 2014…un certain prince Charles. Étonnant, n’est-il pas ?

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Les avant-derniers Secrets de Pétronille dans les Cahiers bourbonnais (n° 232)

Savoir plus:Portrait savoureux à Ébreuil: Évelyne Debourg, prix François Rabelais 2019, suprême d’une femme engagée” (à lire dans La Semaine de l’Allier – 28 novembre 2019)

• RENÉ FALLET

ET POURQUOI PAS  LE NOM D’UNE GARE?

Pourquoi ne pas baptiser la gare de Paris-Bercy, “Gare René-Fallet« ? C’est la suggestion que fait l’ancien député de l’Allier, ancien maire de Dompierre-sur-Besbre, en même temps que ancien magistrat, François Colcombet. images Dans La Semaine de l’Allier, il écrit: “À Dompierre-sur-Besbre, à Jaligny, à Thionne,  tout le monde sait que la famille de notre René Fallet a vécu là, et aussi à Clermont-Ferrand (…). Son père embauché aux Chemins de fer a été nommé à Paris. Ou, plus exactement à Bercy où a vécu le jeune Fallet. Or Bercy est aujourd’hui notre gare à Paris. Celle qui dessert la région Auvergne et le Bourbonnais (sauf pour les Montluçonnais qui arrivent à Paris-Austerlitz…pour l’instant, ndlr). Cela mériterait dans le hall une belle grande photo, une vitrine, peut-être une statue de Fallet. Et d’ajouter à destination des élus: “ On pourrait même baptiser la gare de Bercy, gare René-Fallet”. Des élus auxquels il demande aussi, au passage, de ne pas oublier de “mettre en tête de leur programme le maintien des lignes de chemin de fer”… et des gares qui vont avec. 

• MAURICE GENEVOIX

EN ATTENDANT L’ENTRÉE AU  PANTHÉON

• Novembre 2019 aurait dû voir le transfert des cendres de Maurice Genevoix au Panthéon mais, comme on le sait, la cérémonie a été reportée à novembre 2020. Plusieurs éditeurs avaient inscrit à leur programme des rééditions d’ouvrages de Maurice Genevoix, dont l’incontournable Ceux de 14,  ainsi que des études sur   son œuvre et sa vie.

téléchargement (7)• Avec Maurice Genevoix. Biographie, (éditions Flammarion, 306 pages, 24,90 €), Aurélie Luneau et ­Jacques Tassin, publient, aussi surprenant que cela puisse paraître,  la toute première biographie consacrée à l’écrivain. Elle retrace son parcours,  depuis son enfance sur les bords de la Loire, jusqu’au secrétariat perpétuel de l’Académie française, en passant par  des épisode tragiques comme la mort de sa mère et, bien sûr, la participation du sous-lieutenant Genevoix à la terrible bataille des Éparges (Meuse). C’est cette plongée dans l’horreur,  après qu’il eut été grièvement blessé en avril 1915 et qu’il eut passé 7 mois à l’hôpital, qui lui inspirera en hommage à ses frères d’armes,  le cycle  de cinq récits, regroupés sous le titre générique  Ceux de 14. Leur publication s’échelonnera d’avril 1916 à  septembre 1923 (éditions Flammarion) : “Des récits sublimes autant que tragiques, caractérisés par la vivacité des dialogues et la variété des dialectes qu’il a su capter sur le front, entre horreur et grandeur”, écrit Macha Séry dans Le Monde (10/11).

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La bataille des Éparges, vue par José Simont

• L’ouvrage recèle aussi une quarantaine de pages inédites, intitulées  Notes des temps humiliés, dans lesquelles Maurice Genevoix ne voit guère d’autres solutions pour les Français patriotes que “La prison, l’asile de fous, l’exil”. On est en 1941, et la France vaincue un an plus tôt n’est pas encore totalement occupée. L’ancien combattant de 14-18 pointe “l’infection totalitaire” en ajoutant que “Jamais nous n’aurions ­assisté (…) à une galopade aussi frénétique vers la barbarie la plus certaine et la plus caractérisée, si le terrain n’eût été préparé, la ­réceptivité à la contagion déjà ­acquise”.

• De leur côté, les éditions de La Table Ronde ont choisi de rééditer dans la collection La Petite Vermillon les mémoires de Maurice Genevoix,  Trente Mille jours (1 vol. br, 346 pages, 8,90€). Autre titre paru chez le même éditeur : Pour Genevoix (1 vol. br, 224 pages, 16,25€).  Un livre dans lequel l’auteur, Michel Bernard, ne cache pas son admiration autant pour le ­vétéran de 14-18 que pour le grand conteur et l’amoureux de la nature qu’a été Maurice Genevoix.

• GEORGE SAND, ROMANCIÈRE

DE RETOUR DANS LA PLÉIADE

product_9782072859724_180x0• Après son œuvre autobiographique qui avait déjà fait l’objet de deux volumes en 1970 et 1971, George Sand fait son retour dans  la prestigieuse collection de la Pléiade. Cette fois-ci, c’est la romancière qui est mise à l’honneur, celle que le critique littéraire Jules Janin qualifiait déjà de “plus grand écrivain  de ce temps-ci, mais qui attend encore d’occuper pleinement la place qui lui revient parmi ses pairs du XIXè siècle”.

téléchargement• Dans cette édition en deux volumes, dont on retrouvera la présentation dans la rubrique Parutions récentes (n° 16), figurent plusieurs de ses romans “berrichons tels que La petite Fadette, Les maîtres sonneurs, La Mare au diable ou encore Mauprat.   Indiana, “plaidoyer contre les lois despotiques du mariage”, figure aussi en bonne place dans cette édition, tout comme  Elle et lui, roman que lui inspira  sa relation avec Musset, ou encore La ville noire, roman ouvrier, Laura et Le voyage de cristal, conte fantastique. 

• Dans la préface de cette édition, José-Luis Diaz, professeur de littérature française  à l’université Paris-Diderot, écrit : « On croise dans son œuvre des figures de femmes rayonnantes, qui par leurs actions plus encore que par leurs discours, se font les garantes d’un nouvel ordre social qu’expérimente un groupe de faible dimension, dont elles  sont l’âme, au sein d’une société globale, violente, inégalitaire et individualiste”.

 

• LA COLLECTION TOUT MAIGRET

LAURÉAT DES TROPHÉES DE L’ÉDITION 2019

• La revue Livres Hebdos a remis  ses Trophées de l’édition 2019, l’équivalent des Césars au cinéma, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée le 10 décembre à l’Odéon – Théâtre de l’Europe, à Paris. Numérisation_20191219 (4)Dans la catégorie Valorisation du fonds, le jury a distingué  l’opération Une année avec Simenon. À l’initiative des Presses de la Cité, elle a mobilisé l’ensemble des partenaires du livre  pour marquer les 90 ans du célèbre commissaire à la pipe et les 30 ans de la disparition de son “père”, Gorges Simenon, décédé en 1989. L’objectif était d’insuffler “un coup de neuf à l’œuvre de Simenon, le troisième auteur francophone le plus traduit et le plus adapté au monde.

• Les Presses de la cité on misé sur des rééditions spéciales, regroupées par périodes et par thématiques, avec des préfaces inédites signées par des Simenoniens convaincus : Pierre Assouline, auteur de l’Autodictionnaire Simenon, Françoise Bourdin, Philippe Claudel, Dominique Fernandez ou encore Jacques Santamaria et Bertrand Tavernier. C’est ainsi qu’est né dans  la collection Omnibus  “Tout Maigret”, avec ses dix volumes, dont chaque couverture illustrée par Jacques de Loustal  recréait l’atmosphère. Autre initiative, la nouvelle publication de l’ultime livre de Simenon, Mémoires intimes. Enfin, tous les volumes de cette édition collector  pouvaient être rassemblées dans un coffret métallisé, proposé en édition limitée. Au total, l’édition anniversaire s’est écoulée à 25 000 exemplaires et Les mémoires intimes de Simenon à un millier d’exemplaires.

• RENTRÉE LITTÉRAIRE

ÉPISODE 1: AUTOMNE 2019

AND THE WINNERS ARE”…

• La revue professionnelle Livres Hebdo (29 novembre)  a dressé  un premier bilan chiffré de la rentrée littéraire de l’automne 2019 qui proposait pas moins de  524 romans contre 567 en 2018. Elle apparaît comme un excellent  crû, avec 1 425 000 exemplaires vendus pour les 55  titres apparus en tête des classements. Soit une hausse de 42% (425 000 exemplaires) du nombre total de livres vendus par rapport à la rentrée 2018. Le tout dans un contexte de consommation globale un peu atone.

téléchargement (8)• Sur les 55 meilleures ventes de livres, le groupe  Madrigall (Gallimard, Flammarion, P.O.L) arrive largement en tête avec 15 titres, devant les groupes Hachette (11 titres), Editis et Albin Michel (8 titres chacun). Par maison d’édition, c’est Albin Michel qui se classe premier avec près de 384 000 exemplaires de ventes cumulées, devant Gallimard.

• AMÉLIE NOTHOMB , N° 1 DU TOP 55

téléchargement (9)• Par auteur, dans ce top 55 des romans les plus vendus, Amélie Nothomb qui a vu le Goncourt lui échapper, se classait néanmoins  première, début novembre. Son roman Soif,  qui s’est écoulé à  189 327 exemplaires, représente près de la moitié des ventes de son éditeur. Il faut remonter à 2008, l’année où elle avait publié Le fait du prince,  pour retrouver de tels chiffres. Amélie Nothomb devance le prix Renaudot, La panthère des neiges de Sylvain Tesson qui affiche 141 480 ventes (éditions Gallimard), et même le prix Goncourt, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois, vendus à près de 139 000 exemplaires (éditions L’Olivier). L’étude de Livres hebdo montre aussi qu’un premier roman peut se hisser  dans le classement de tête. C’est le cas du Bal des folles, de Victoria Mas (éditions Albin Michel), avec plus de 52 600 exemplaires. Quant au premier roman étranger apparaissant  dans le classement, c’est  Le cœur de l’Angleterre, de Jonathan Coe (Gallimard), avec 47 800 exemplaires vendus. L’ouvrage a  été distingué, par ailleurs, par le palmarès Livres Hebdo des libraires dans le domaine étranger.

• L’EFFET PRIX LITTÉRAIRES ATTENDU

téléchargement (10)• D’ici à la fin de l’année, l’effet prix littéraires devrait encore booster les ventes de plusieurs titres, notamment pour les livres de  Jean-Paul Dubois (Goncourt), de  Sylvain Tesson (Renaudot), ou de Karine Tull (Les choses humaines, éditions Gallimard, prix Goncourt des lycéens et Interallié): “Les prix jouent toujours  leur rôle d’amplificateur de vente, notamment le Goncourt et le Renaudot”, note la revue Livres-Hebdo. Le magazine cite l’exemple de Jean-Paul Dubois, lauréat du Goncourt, dont les ventes sont passées de  46 000 exemplaires, avant l’attribution du prix, à  139 000 exemplaires en 10 jours. Idem pour le Renaudot  Sylvain Tesson, passé de 50 000  à 141 000 exemplaires vendus. 

• DU MIEUX DANS LA PARITÉ

• Autre enseignement de l’étude : la parité progresse. En 2018, seuls 37% des romans classés dans les meilleures ventes de la rentrée avaient été écrits par des femmes, alors que, en 2019, on en est à 44%. L’éventail de ces écrivaines est large, entre une Cécile Coulon, âgée de 29 ans, et la doyenne du top 55,  la bientôt nonagénaire Edna O’Brien. Si l’on se recentre sur les 20 premiers titres, la proportion reste identique  avec 8 romancières. Enfin, dans le Top 55, figurent 45 romans français.

• GALLIMARD ET SES FILIALES

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DES ÉDITEURS PRIMÉS

téléchargement (11)• Dans le supplément littéraire du journal Le Monde, (21/11), Nicole Vulser confirme que Gallimard  reste en  “ le grand gagnant des prix littéraires”, même si le Goncourt lui a échappé. Cette année, la maison fondée par Gaston Gallimard a décroché 4 récompenses majeures, entre le Renaudot (La panthère des neiges de Sylvain Tesson), le Fémina (Par les routes de Sylvain Prudhomme),  Le Goncourt des lycéens et l’Interallié  (Les choses humaines de Karine Tull). Une confirmation et surtout pas une surprise, puisque, selon la journaliste, depuis la création du prix Goncourt en 1903, Gallimard a engrangé  178 prix littéraires majeurs: 38 Goncourt, 30 Grands prix de l’académie française, 31 Fémina, 21 Renaudot et 18 prix Interallié.

• 2100 PRIX LITTÉRAIRES EN FRANCE

téléchargement• On apprend au passage qu’il existe en France…2 100 prix littéraires...Plus que les variétés de fromages!  Le Bourbonnais n’est pas en reste puisque l’on en compte sans doute au moins une vingtaine. Une opulence qui  fait de la France un cas exceptionnel. La vérité oblige à reconnaître que seule  une dizaine d’entre eux “dopent de façon tangible les achats des lecteurs”. Selon une étude portant sur la période  2014-2018, un Goncourt se vend en moyenne à 367 000 exemplaire en France, un Goncourt des lycéens à 314 000, un Renaudot à 220 000, alors que le Fémina ne dépasse pas les  85 500, l‘Interallié les 47 000 et le Médicis  35 000…Ce qui n’est déjà pas si mal, alors que nombre de romans ne s’écoulent qu’à quelques centaines, voire seulement quelques dizaines d’exemplaire dans  les pires des cas…avant d’aller alimenter le redoutable pilon. 

 

RENTRÉE LITTÉRAIRE

ÉPISODE 2: HIVER 2019-2020

• Les amateurs de livres qui n’auraient pas été emportés par la première vague des nouveautés littéraires, en septembre, ne sont pour autant “tirés d’affaires”… shoppingIl va leur falloir affronter la seconde vague, un peu moins forte, de la rentrée littéraire d’hiver. Elle les  attend sur les tables des librairies, à partir du 6 janvier 2020. Une rentrée pour laquelle les éditeurs se sont montrés un peu plus sages, avec seulement” 481 romans français et étrangers, y compris les premiers romans. Un tassement tout relatif, puisque cela ne représente que 12 titres en moins par rapport à 2018-2019. Le lecteur aura le choix entre 152 romans étrangers et 329 romans français. Du côté des premiers romans, domaine dans lequel les écrivaines sont majoritaires,  avec 71 titres annoncés, la baisse est un peu plus marquée (- 6,5%).

• Comme pour la rentrée d’automne, à côté des tirages modestes, les éditeurs ont prévu d’aligner quelques poids lourds qui devraient aspirer une partie du marché. Miroir-de-nos-peinesParmi eux, on peut noter le Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre (Albin Michel, tiré à 200 000 exemplaires), Les évasions particulières de Véronique Olmi  (Albin Michel, 60 000 exemplaires), Briser en nous la mer gelée d’Erik Orsenna (Gallimard, 40 000 exemplaires) La loi du rêveur de Daniel Pennac (Gallimard,  70 000 exemplaires,). Les éditions Grasset ont prévu d’imprimer le nouveau livre de Frédéric Beigbeder à 60 000 exemplaires. Les éditions de Minuit publieront la Vie de Gérard Fulmard, de Jean Echenoz avec un tirage initial de 55 000 exemplaires. Plus modestes (ou plus prudentes), les éditions POL se “limiteront” à 10 000 exemplaires pour le nouveau roman d’Atiq Rahimi, L’invité du miroir, alors que les éditions Lattès iront jusqu’à 16 000 exemplaires pour Otages de Nina  Bouraoui.

 

• EN BREF…

À lire au printemps prochain…Les éditions Bleu Autour que dirige Patrice Rötig annoncent pour mars 2020 la publication  d’un nouveau livre d’Antoine Paillet, intitulé La fabrique d’une province française: le Bourbonnais. Il s’agira, selon l’éditeur, d’un “magistral essai, doté d’une iconographie rare”.

téléchargement (12)◄ Publié sous la direction de Vera Élisabeth Gerling, le dernier numéro des Cahiers Valery Larbaud (n° 55, 2019) a pour thème “ Cosmopolitisme à l’ère de la globalisation”.  Il s’agit des Actes du colloque organisé les 23 et 24 novembre 2017, à l’université Heinrich Heine de Düsseldorf

Georges Gautron, qui a élu domicile à Périgueux, a fait ses études de philosophie à Clermont-Ferrand, où il a été ensuite enseignant puis directeur de l’action culturelle du département du Puy-de-Dôme. Avec son 5ème roman, Les Sans Visage (244 p, éditions la Lauze), il révèle son talent pour le polar.

• Récemment installée à Saint-Hilaire, Mélanie Baranger a publié un nouveau livre, Les Mésaventures du sang (éditions Rebelle, 156 p., 6,90 €). Il se classe dans la catégorie des romans d’inspiration fantasy et recèle des références à la littérature des vampires.

artfichier_720062_3145115_20131202443228Pascal Pinel, l’auteur du livre Le grand Séquoia, prix Daniel Bayon 2012, a publié en novembre une nouvelle, Silvia (1 vol. br., 13 €)  qu’il  a dédicacée ou dédicacera  dans cinq librairies du département entre le 23 novembre et le 21 décembre. Tiré à seulement 400 exemplaires, dans une version non rognée, le livre est ainsi présenté par son auteur: “ Silvia, fulgurance de l’amour des vingt ans, préfigure la quête amoureuse de toute une vie. La brièveté de cette nouvelle fait écho  à l’éternité que renferme toute histoire d’amour”.  Tout en revisitant ses premières rencontres amoureuses et en donnant un aperçu  de ses sentiments, Pascal Pinel  ponctue sa nouvelle  de plusieurs poèmes et de quelques réflexions érotiques. 

• La Perle de l’Est (éditions Ramsay, 19  €), est le titre du dernier livre de Gérard Georges. Né en 1948, à Montbrison, il se présente comme  “Auvergnat d’adoption”, un territoire dans lequel il a exercé sa carrière d’enseignant et de chef d’établissement. Il a présenté ce roman, dont l’action se déroule en Haut-Livradois, à la Foire du livre de Brive, du 8 au 10 novembre.

couv_dernières_heures_duché_Bis• Le destin de Charles III, connétable de Bourbon a inspiré de nombreux auteurs et historiens parmi lesquels Denise Guénard (1960), Jean-Charles Varennes (1980), J. Duhamel (1971), Pierre Pizon (1997),  Jean-Noël Brégeon (2000), Denis Crouzet (2003) ou encore Jacques Chateau (2004).  Il faudra ajouter à  cette liste, Claude Ferrieux,. Professeur agrégé d’italien à la retraite, il vient de publier Les dernières heures du duché du Bourbonnais : “Tout le récit s’inscrit dans un dialogue entre un connétable profondément humain et une fidèle servante, où vérité historique et fiction romanesque se mêlent étroitement, ce qui le rend palpitant, passionnant”, selon La Montagne (12/11).

téléchargement• La cuisine de Guy Legay (éditions de Borée, 2018),  un livre signé par Guy Legay, Henri Bouniol et Michel Wasielewski, cumule les distinctions. Après avoir décroché, en juillet 2019,  un prix spécial au concours mondial de Macao (The  World cookbook awards), il vient de remporter  le Prix de la transmission 2019 des Meilleurs ouvriers de France. Dans le prolongement de ces prix littéraires, Guy Legay, originaire de Pontgibaud (Puy-de-Dôme)  a été élu Toque d’or 2020 par les Toques françaises. À lui seul, au fil de sa carrière, notamment chez Ledoyen et au Ritz, il a formé une centaine d’apprentis et de nombreux Meilleurs ouvriers de France.

• Charles Chehirlian a dédicacé son roman d’épique fantaisie Kyan Rogh. I. L’artéfact insoupçonné (Archancourt, 628 p., 23 €) à l’espace culturel Leclerc à Bellerive-sur-Allier.

pierrier-couv• Deux  nouvelles publications au sein du  Cercle Amélie-Murat, de Clermont-Ferrand. La présidente Claire-Desthomas-Demange , fille d’André Desthomas qui fut longtemps journaliste puis rédacteur en chef de La Montagne, est l’auteure d’un nouveau recueil : Pierrier (éditions Musimot, 2019, 18 p.), illustré par Monique Lucchini. Quant à Élisabeth Launay-Dolet, elle  a fait paraître Poèmes doux pour les froidures (éditions l’Harmattan, 2019, 76 p., 11,50 €)

• Le 16 novembre, à la librairie Ray, à Saint-Pourçain-sur-Sioule, Évelyne Debourg , alias Pétronille, a présenté son dernier  livre Les recettes magiques de Pétronille.

• Le même jour, à la librairie À la page, à Vichy, l’ouvrage L’Opéra de Vichy, scène fastueuse de la Reine des villes d’eaux, coédité par les éditions Bleu Autour et le Musée de l’Opéra de Vichy, a fait objet d’une rencontre-débat. Un groupe de lecteurs a pu découvrir la genèse de ce livre écrit par Antoine Paillet, Fabien Noble et Josette Alviset, décédée il y a quelques mois.

téléchargement (13)◄ Claude Reboul, né en 1946,  avait publié en 1993  Croisières parisiennes et autres et Piazza Beaubourg : les tribulations du saltimbanque. Le 18 novembre, à la librairie Perret, au Mayet-de-Montagne, il a présenté son dernier ouvrage, Le Petit Bougnoule, dans lequel il dépeint une enfance sombre dans les orphelinats français des années cinquante. L’ouvrage en version numérique est disponible sur amazon.fr

• La bande dessinée Mata Hari de Esther Gil, scénariste, et Laurent Paturaud, dessinateur, entend lever le voile sur l’existence singulière de cette femme et aventurière. Elle  séduisit le Paris de la Belle Époque et, après avoir été accusée d’espionnage au profit de l’Allemagne, elle fut fusillée en 1917. Un destin que le public a pu évoquer en rencontrant les auteurs, le 19 novembre, à la librairie Carnot, à Vichy.

• Le 28 novembre, à la salle socioculturelle de La Roche Bransat, Piotr Smolar, grand reporter du journal Le Monde, ancien correspondant en Israël, et écrivain, a fait une conférence sur le thème “En quête d’identité”. Il a témoigné, entre autre,  de la situation en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.

 

L’ACTU DES ÉDITEURS

• LES ÉDITIONS DE BORÉE 

VDB DE BOREE 30 ans

TRENTE ANS ET “UN RETOUR AUX FONDAMENTAUX”

• Devenues une filiale du groupe de presse La Montagne Centre France, les éditions De Borée ont fêté leurs 30 ans d’existence, fin novembre. Une gageure quand on sait que De Borée, à la fois maison d’édition et de diffusion pour d’autres éditeurs régionaux, revient de loin, après l’épisode du dépôt de bilan  survenu à la fin de 2015. Retour en arrière…

• C’est en 1989 que les éditions de Borée ont été  fondées par Gérald Layani et Gérard Tisserand, deux transfuges des éditions Horvath, spécialisées dans les livres régionaux et les rééditions de prestige telles que  L’Ancien Bourbonnais ou encore L’Ancienne Auvergne et le Velay. D’abord installées à Roanne puis dans sa banlieue, au Côteau, les éditions Horvath  avaient été transférées à Lyon, au début des années 1980, avant de disparaître à l’aube de le décennie suivante.

VDB DE BOREE 30 ans affiche livres• De Borée a d’abord été un diffuseur et un distributeur de livres pour d’autres maisons d’édition, avant de devenir éditeur, en exploitant la veine des romans régionalistes, avec la volonté d’apporter au monde de l’édition Le souffle des régions”, comme l’indiquait un de ses premiers slogans.  Les années 2000 ont été marquées par une croissance exponentielles du nombre de titres publiés et par  la création de collections qui se sont étoffées au fil des années.

• La collection Affaires criminelles, avec sa déclinaison départementale qui couvre presque toute la France, affiche une centaine de titres, celle des Mystères en compte 36, Les Contes et Légendes 11 et Terre de poche 155. Un succès de librairie peut aussi être à la base d’une nouvelle collection. C’est ainsi que Paysans, nos racines de Pierre Colombert, vendu à 35 000 exemplaires en 2004, a servi de socle à la collection de beaux livres, autre marque de fabrique de De Borée. Cette explosion éditoriale a atteint son apogée dans les années 2010-2015,  avec près de 1200 titres publiés. En  parallèle, les effectifs ont grimpé  jusqu’à compter 70 salariés. C’est cette  “ fuite en avant éditoriale” qui explique, en partie l’effondrement de l’entreprise en 2015.

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L’équipe de De Borée (© La Montagne)

• Après avoir frôlé la liquidation, De Borée a été repris par le groupe Centre France – La Montagne en décembre 2015. Depuis, Centre France diffusion-distribution, la structure créée spécialement pour la filière livres du groupe de presse régionale, tout en exploitant le fonds existant avec des rééditions, a lancé de nouvelles collections. Elles s’intitulent  Marge Noire,(20 titres), Histoire et document (62 titres),  Vents d’histoire (24 titres) mais aussi De Borée jeunesse, (49 titres) ou encore Mon Poche, (53 titres). S’y est ajoutée récemment la collection de littérature DB, comme…De Borée, qui affiche déjà 7 titres.

Florence-Sultan◄ Florence Sultan,  la nouvelle directrice générale arrivée depuis septembre,  a fait ses premières  armes chez Robert-Laffont et chez Calmann-Lévy, deux éditeurs nationaux auprès desquels elle dit avoir cultivé son “affection” pour la littérature régionale et ses auteurs. Pour elle, dans le “petit trésor” que constitue le catalogue, riche de plusieurs milliers de titres, “Il y a des voix extraordinaires”. Dans cette profusion, il s’agit donc pour elle de “refédérer et de recentrer de Borée sur ses fondamentaux”, en retrouvant ce qui fait, selon elle, son ADN,  à savoir “la littérature dite de terroir et les beaux livres ancrés dans les territoires”. À la tête d’une petite équipe de 18 personnes, dont 8 dédiées à la diffusion – distribution, elle compte “refonder une “écurie” d’auteurs et  redonner du souffle à la ligne éditoriale”. Conclusion de l’éditrice : “ À côté de nos fondamentaux, nous ne nous interdisons rien. Surtout pas de faire des coups et de saisir des opportunités. Tous les livres sont des cas à part, nous ne faisons que des prototypes !”.

Sans titre

NOUVEAU VENU  DANS L’ÉDITION BOURBONNAISE

• Auteure de littérature fantastique, Audrey Lardy a fondé la maison d’édition Chaton Rose, installée  à Commentry. Dans son  catalogue domine la littérature fantastique, entre “ heroic fantasy” et la science fiction, même si la maison est ouverte à tous les autres  genres de la fiction.

téléchargement (15)• C’est en 2017, un an après la publication du premier tome de sa saga Vampyre mais pas trop, qu’elle a choisi de se lancer dans l’aventure éditoriale, alors que, à l’origine, elle ne destinait pas à un tel choix.  En 2011, une fois son bac en poche, elle a entamé des études en microbiologie, avant de bifurquer vers la psychologie, afin de parfaire sa formation en criminologie. Son objectif était alors de travailler dans le médico-légal, version police scientifique. Faute de pouvoir intégrer cette dernière, elle s’est lancée dans l’écriture en 2016, en optant pour l’univers de vampires qui l’a toujours fascinée.

téléchargement (16)• C’est de cette saga en quatre tomes que sont nées les éditions Chaton Rose. D’abord pour publier ses propres livres mais aussi pour offrir un cadre plus protecteur aux auteurs”, souvent déçus, voire piégés par l’édition à compte d’auteur. Chez Chaton Rose, “ tous les frais sont à notre charge et chaque auteur signe un contrat de cinq ans“, précise Audrey Lardy. Pour financer “ce choix de l’indépendance”, elle a ouvert en 2018 une boutique à Commentry. Elle   propose, en plus des ouvrages édités par Chaton Rose,  aussi bien des livres d’occasion que des objets dérivés d’Harry Potter ou de Game of Thrones. De la  Littérature qui voisine avec des “goodies” en tout genres et des pochettes surprises.

Pas question pour autant de se disperser, l’activité éditoriale primant sur le reste qui ne constitue  qu’un financement d’appoint. En 2019, trois nouveaux auteurs ont signé un contrat, Chaton Rose étant ouvert à tous les genres de la littérature de fiction, à l’exception des livres à thème religieux ou politique, ainsi que des  pamphlets et manifestes. Fin octobre est sorti le premier volume de Egemonia : le clan des héros de Maistre Julien. En attendant la suite…

 

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• UN NOUVEL ÉDITEUR

POUR “ DÉFENDRE LES AUTEURS EN LIMOUSIN

QUI ONT QUELQUE CHOSE À DIRE”

En limousin comme ailleurs, l’édition de livres est parfois à la peine. Un des derniers exemples est la  disparition  des éditions Culture et patrimoine. Heureusement, il se trouve en face quelques audacieux pour reprendre le flambeau éditorial. C’est le cas de Marc Léonard, gérant d’une biscuiterie, et de Robert Biren,  graphiste,  qui ont uni leurs efforts et leur témérité  pour créer les éditions Mon Limousin, à la fin de 2018. C’était aussi l’occasion pour eux  de revenir s’installer à Limoges. Leur ambition, Richard Biren la résume ainsi :  “Défendre les auteurs du Limousin qui ont des choses à dire sur leur territoire, ou qui sont d’ici, et faire découvrir le patrimoine local”. Avec son complice, il souhaite aussi “ défendre ce territoire qui a une forte  personnalité, mais sans être passéiste. En étant, au contraire, tournés vers l’avenir et vers le large”…

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Quelques-uns des titres de la collection phare, Les Abécédaires

LeNoye-couverture• Des paroles, ils sont passés aux actes avec 7 parutions en 2019 et une dizaine en projets pour 2020, dont un tiers de romans. Mon Limousin  s’appuie d’abord sur la collection Les Abécédaires du Limousin, qui propose des ouvrages thématiques richement illustrés, concoctés avec soin et pour un prix  abordable.  Outre les inévitables romans du terroir, le catalogue  recèle des ouvrages spécialisés, du sport à la cuisine, mais aussi de l’histoire  à l’industrie, avec une ouverture à tous les patrimoines, tout en visant le grand public. À côté des plumes chevronnées, comme Laurent Bourdelas,  Gérard Brutus,  Bernard Verret ou Régine Rossi-Lagorce,  on commence à voir émerger quelques jeunes auteurs, nouveau venus en littérature. Face à eux, les deux éditeurs disent fonctionner avant tout au coup de cœur.

ROYERES-1ereCouverture-web (1)• La production est, pour l’instant,  entièrement  auto-diffusée, essentiellement en Haute-Vienne et en Corrèze, sans pour autant se fermer à la Creuse. Elle constituera une nouvelle étape, “dès qu’un projet intéressant concernera la Creuse”. S’ils préfèrent la vente en librairie, ils ne dédaignent pas pour autant Internet, pour les lecteurs plus lointains. En outre, on retrouve Mon limousin et ses auteurs dans différentes manifestations culturelles, en collaboration avec des associations culturelles. La sortie du  Dictionnaire des rues de Limoges, de Luc Destrem, et du roman Le noyé des bords de Vienne de Laurent Bourdelas, ont ainsi  donné lieu à des “déambulations littéraires”.

Mon Limousin : 16 avenue des Ruchoux 87100 limoges. Tel:  06 06 43 43 23

 

Vache qui lit logo

DIX ANS D’ÉDITIONS, UN PRIX PATRIMOINE ET DES PROJETS

• Coup double pour les éditions de la Vache qui lit, créées à Coren-les-Eaux, dans le Cantal,  par Patricia Rochès. Elles viennent de franchir le cap des dix ans d’existence, tout en étant distinguées par la région Auvergne – Rhône-Alpes. La maison d’édition s’est vue remettre le prix Réalisation décerné par Patrimoine Aurhalpin. Une première, dans la mesure  où ce prix couronne habituellement une  œuvre patrimoniale et non pas des livres. Pour le jury, il y a une logique à cette distinction, car La Vache qui lit travaille pour le patrimoine, en l’expliquant aux enfants comme à leurs parents.

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• C’est en 2008, en accompagnant une équipe  de la chaîne  de télévision ZDF, qui réalisait un reportage sur le viaduc de Garabit, que Patricia Rochès, adjointe au maire de Saint-Flour, dit avoir pris conscience de la nécessité de faire quelque chose pour faire découvrir et  transmettre ce patrimoine aux jeunes générations. De là est née l’idée de  créer une maison d’édition afin d’assurer cette transmission en “ racontant le patrimoine, pour les 3 à 12 ans, dans un format à l’italienne, très important car il tient sur quatre genoux, ceux d’un parent et d’un enfant”.

Couv-Lafayette-version-francaise• C’est donc par  un livre à destination de la jeunesse, consacré au viaduc de Garabit que l’aventure a commencé, sans que son initiatrice ait été  une familière du monde de l’édition. Les débuts se sont révélés parfois  chaotiques, entre découragement et espoir, mais La Vache qui lit a su s’installer dans une “niche éditoriale”, à mi chemin entre littérature jeunesse et régionalisme. Un pari couronné de succès puisque l’histoire du viaduc de Garabit s’est écoulée à 2 500 exemplaires, l’équivalent d’un “best-seller” à l’aune de l’édition régionale.

couv_lentilles-600x440• En une décennie d’autres livres ont fleuri et, en s’appuyant sur une équipe d’illustrateurs, Patricia Rochès s’est attelée à l’histoire du viaduc de Millau, mais aussi de la rivière Allier, de la lentille blonde du Puy ou encore de la vie, jadis, dans les burons. On peut y ajouter un livre sur l’histoire des combats de la résistance au Mont-Mouchet et un autre sur le marquis de  Lafayette… Les ouvrages sur les viaducs de Millau et de Garabit ont même fait l’objet de traductions en anglais et…en japonais, débouchant sur l’envoi du livre à 200 écoliers nippons.

• La Vache qui lit, forte de ses succès passés, n’entend pas s’endormir sur ses lauriers. À l’occasion de la remise du prix Patrimoine Aurhalpin, Patricia Rochès  a dévoilé ses projets : un livre sur l’histoire de Saint-Flour,  à l’occasion du millénaire de la cité, et un autre sur l’Aubrac. Enfin, il est question de faire paraître le livre sur Lafayette aux Etats-Unis.

TERRITOIRES(CALMANN-LÉVY),

 SUCCÈDE À “FRANCE DE TOUJOURS ET D’AUJOURD’HUI

téléchargement (17)• ”France de toujours et d’aujourd’hui”,  une des collections emblématiques des éditions Calmann-Lévy, fondée par Jeannine Balland,  est devenue depuis janvier 2019 Territoires. En 2020, elle fêtera ses 10 ans d’existence sous la direction de Lisa Liautaud. D’ici là, on devrait assister à une évolution du catalogue. Tout en continuant de proposer des romans   grand public, avec un ancrage dans les territoires, y compris l’outremer, la nouvelle directrice de collection souhaite ne pas en rester à  l’étiquette de “littérature de terroirs”. Selon elle, cette “notion ne prend pas assez en compte toutes les nuances parfois très actuelles des problématiques que traversent les territoires”. Conséquence, la collection va s’élargir à de nouveaux auteurs et à de nouveaux genres, sans abandonner ce qui a fait son succès depuis une décennie.  Cela ira “ du polar aux romans historiques  en passant par des histoires féminines et féministes”. Pour 2020, Calmann-Lévy a dores et déjà annoncé 17 nouveaux titres, soit deux de moins qu’en 2019, avec des tirages moyens  autour de 5000 exemplaires.

 

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L’agence culturelle de la Nouvelle Aquitaine, qui inclut notamment les 3  départements limousins (Creuse, Corrèze et Haute-Vienne),  vient de mettre en ligne un catalogue des parutions nouvelles issues des maisons d’édition installées dans la région. Intitulé Vient de paraître, c’est “ une offre de valorisation (qui) a pour objectif d’accroître la visibilité  des œuvres et des structures éditoriales”, selon les responsables de l’Agence.

L’ACTU DES BIBLIOPHILES

• VENTE DES COLLECTIONS ARISTOPHIL…SUITE

téléchargement La vente des collections Aristophil se poursuit. Au sommaire de la 25è vente, Vu du Bourbonnais a relevé quelques titres d’auteurs bourbonnais : Théodore de Banville (1823-1891) : poème autographe, L’Immortelle (1888) (2 pages et demie : estimation 100 / 700 €) – Antoine Louis Claude Destutt de Tracy (1754-1836) : 3 lettres autographes signées : 1 page in folio et 2 pages in-8° (300 / 400 €) – Jean Guitton (1901-1999) : 2 dessins originaux avec légendes autographes (500 / 600 €) – Émile Mâle (1862-1954) : 6 lettres autographes signées, 1903-1937, adressées  à Joseph Bédier (17 pages in-8° : 400 / 500 €).

• JOSEPH FORET (1901-1991)

UN ÉDITEUR D’ART HORS DU COMMUN

10-12_32• Jusqu’au 11 janvier 2020, la Médiathèque Albert-Camus, à Issoudun (Indre) propose une exposition dédiée à Joseph Foret, un éditeur hors du commun. Né au Mont-Dore, Joseph Foret (1901-1991) est surtout connu des bibliophiles pour  avoir réalisé  L’Apocalypse, présenté en 1961 au Musée d’art moderne, à Paris. C’est le livre de tous les records, à commencer par son poids estimé à 210 kg, et par ses dimensions, autant que sa valeur. L’ouvrage a été réalisé  sur une seule feuille de papier Richard de Bas qui peut se déployer sur 150 mètres. La couverture en bronze,  ornée d’or et de pierres précieuses, a été réalisée par  Salvador  Dali et elle accuse, à elle seule 150 kg. Les textes de l‘Apocalypse sont illustrés par Dali, bien sûr, mais aussi par Bernard Buffet, Fujita, Georges Mathieu ou Zadkine. Ils accompagnent  des textes de Cocteau, Rostand, ou encore Daniel-Rops, Jean Guitton, Cioran, Junger et Giono.

apocalypse_1cou• Ce livre exceptionnel,  présenté dans des expositions, avait disparu de la circulation en 1979, avant d’être racheté en 2003 par Christian Karouzos,   artiste et restaurateur d’art, établi à Issoire. L’exposition retrace toute la genèse de cette œuvre exceptionnelle et son parcours. C’est aussi l’occasion de suivre celui de Joseph Foret depuis son enfance auvergnate, sa jeunesse besogneuse, avant son départ pour Paris en 1919. Dans la capitale, après avoir exercé divers métiers, c’est sa passion pour le timbre qui le conduira à l’édition d’art, prélude à des rencontres avec les grands artistes de son temps, comme Picasso, Utrillo, Buffet, Carzou ou Dali. Ajoutons que la ville d’Issoudun  s’est vu léguer par la Berruyère Michelle Broutta, l’assistante de l’artiste,  les 3000 pages de ses mémoires, à la base  de cette exposition. Déjà, en 1984, la ville avait reçu de Joseph Foret en personne  un fac-similé en plâtre de la couverture de l’Apocalypse.

L’ACTU DES MÉDIAS

• PRIX DE LA FONDATION VARENNE 2019

 700 CANDIDATS POUR 15 ÉLU(E)S  

FONDATION VARENNES• Depuis 1988, date de la création par la Fondation Varenne, des prix éponymes de la presse écrite, de la radio et de la télévision,  le nombre de candidats n’a cessé de croître. Ils étaient cette année près  de 700 à avoir concouru aux différents prix destinés à  mettre en lumière les talents du journalisme. Pour eux, c’est une opportunité de mettre en avant un sujet qui leur tient à cœur, en même temps que la  possibilité, notamment pour les plus jeunes,  de bénéficier d’une reconnaissance pour la qualité de leur travail.

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Le jury du prix Radio (© fondation Varenne)
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Morgane Baghlali-Serres

• Les jurys, qui avaient au préalable sélectionné seulement une quinzaine de dossiers, ont rendu leur verdict final, le 7 novembre, lors de la cérémonie de remise des prix : “Nous pouvons émettre quelques jugements techniques, mais c’est avant tout en tant que lecteurs que nous nous exprimons”, a tenu à rappeler  Pascal Guénée, directeur de l’Institut pratique de journalisme et membre du jury de la presse magazine. De son côté,  Morgane Baghlali-Serres, lauréate 2018 et membre du jury de la presse quotidienne régionale, a souligné que “un tel prix donne du sérieux lorsque l’on candidate auprès d’un média”. Dans son propre cas, il lui a permis de mettre en avant l’enquête, un genre vis-à-vis duquel la presse régionale hésite parfois à s’engager, alors que les lecteurs en sont demandeurs.

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Sébastien Krebs 

• Les lauréats se répartissent en sept catégories: Presse quotidienne régionale et départementale : Sarah Bourletias (Le Populaire), Delphine Tanguy (La Provence). – Presse hebdomadaire régionale : Justine Demade-Pellorce (La Semaine), Camille Zakar (Le Pays Roannais) – Presse quotidienne nationale : Sabine Gignoux (La Croix), Aude Massiot (Libération) – Presse magazine : Laure Andrillon (Néon), Chrystelle Bonnet (L’Equipe Magazine) – Radio : Sébastien Krebs (Europe 1), Marie Moley (RTL) – JRI : Noorullah Shirzada (AFP), Florian Le Moal (France 2), Michaël Guiheux (TF1), Swanny Thiébault (France 2)-  Photo : Pierrick Delobelle (Le Berry Républicain).

• La remise des Prix s’est déroulée à Paris, le 17 décembre. Sous le titreLes passeurs d’information récompensés”, François Desnoyers en a donné un compte-rendu dans l’édition du 18 décembre du journal La Montagne : “Prix Varenne : Les talents du journalisme ont été récompensés, ce mardi 17 décembre à Paris, lors de la remise des prix de la fondation Varenne…” (► lire la suite).

ACRIMED

• MÉDIAS: QUI POSSÈDE QUOI?

QUI CONTRÔLE QUOI ? 

Le site d’information ACRIMED (Action Critique Médias) vient de publier en novembre une nouvelle version actualisée de sa carte du paysage médiatique français.  Réalisée en partenariat avec Le Monde Diplomatique, elle permet d’y voir un peu plus clair et de  démêler l’écheveau des concentrations dans la propriété des grands médias, qu’ils soient nationaux ou régionaux.carte

Accéder à la carte

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LA PRESSE PRÉCISE LE MODE D’EMPLOI…

• Alors que les élections municipales des 15 et 22 mars se profilent, La Montagne (4/11) tout comme La Semaine de l’Allier (14/11) ont éprouvé le besoin de préciser à leurs lecteurs respectifs ce que serait leur démarche dans le traitement de l’information, le tout à travers une série d’engagements, le quotidien régional parlant même de “charte de bonnes pratiques”. 

LA MONTAGNE

  “REINE DES ÉLECTIONS” OU “COUPE DU MONDE

POUR LA MONTAGNE

Hotel de ville colorisé F Pointud
Montluçon

 Le groupe Centre France  a choisi d’expliquer ce que sera sa ligne directrice: “Pour nous, journalistes de presse quotidienne régionale, les municipales c’est notre Coupe du monde. La reine des élections. Celle que l’on ne peut pas perdre. Le terrain de jeu est à nos pieds. On le foule tous les jours, écrit Sandrine Thomas, directrice des rédactions dans l’édition datée du 4 novembre 2019.  (…). Parce que la période est fiévreuse, certains ont tendance à regarder le thermomètre que nous sommes, d’un œil suspicieux. À chaque élection, mais encore plus à l’occasion des municipales, on nous voit de toutes les couleurs : rose, rouge, bleu, vert, c’est selon le regard. Les candidats, ou leurs affidés, sortent le décimètre pour compter chaque ligne ; la balance pour peser chaque mot ; le fil à plomb pour vérifier la droiture de notre propos. Et au final, les perdants, forcément plus nombreux que l’élu, auront la tentation de nous coller une part de leur défaite sur le dos. On le sait, ça fait partie du jeu. A nous de faire en sorte que les occasions leur manquent. Alors oui, nous aurons pleinement réussi notre “Coupe du monde”.

 “HUIT COMMANDEMENTS

POUR LES HUIT TITRES DU GROUPE CENTRE-FRANCE

Vichy
Vichy

• C’est donc pour y parvenir que les 8  titres quotidiens  du groupe Centre France, dont La Montagne, mais aussi Le Journal du Centre, Le Populaire du Centre, Le Berry Républicain, ou encore L’Éveil de la Haute-Loire, vont mettre en application une  charte de bonnes pratiques, qui se décline en huit grands engagements. Les voici résumés, façon Tables de la Loi... 1 Tout parti pris, on évitera, en ne privilégiant aucun candidat et en veillant à ce que les correspondants respectent une stricte impartialité. 2L’équité on respectera en veillant aux  équilibres d’exposition et de parole des candidats, tout en étant vigilant vis-à-vis des “candidats prête-nom ou soutenant des programmes déconnectés des enjeux locaux”. 3-  Aux traitements éditoriaux, on veillera, en n’étant pas “la boîte aux lettres des candidats ou des partis” et en ne couvrant que “les événements dont nous estimons qu’ils présentent un intérêt pour nos lecteurs”, mais sans subir les agendas politiques.

Commentry
Commentry

4- Les  préoccupations des lecteurs  au cœur de la ligne éditoriale, on placera, en proposant des outils interactifs et de partage (questionnaire, débats, rencontres, etc.) pour identifier et relayer les attentes. 5- Partout et pour tous, le journal sera en traitant la campagne dans l’ensemble des territoires, et en  publiant les résultats, pour l’intégralité des communes de la zone de diffusion des titres du groupe Centre France. 6- Aucun sondage local, on ne commandera… Sans exclure toutefois la publication des grandes tendances au plan national. 7- Une trêve politique, on observera en ne publiant aucun article relatif à la politique locale, tant sur le web que sur la version papier, les samedis et dimanches des deux tours de scrutin, les 15 et 22 mars. 8- Les valeurs républicaines, le journal défendra, en se réservant le droit “de prendre position au lendemain du premier tour pour défendre nos convictions, conformément aux histoires de nos titres et de nos territoires”, comme en 2002 (le duel Jean-Marie Le Pen/Jacques Chirac) et en 2017 (le duel Marine Le Pen/Emmanuel Macron)…Conclusion : comme le dit (ou presque) le dicton, c’est au pied de La  Montagne, qu’on verra le Montagnard…

SEMAINE ALLIER

 SEPT ENGAGEMENTS

POUR LA SEMAINE DE L’ALLIER

MOULINS
Moulins

• La Semaine de l’Allier aussi…Dix jours après La Montagne, l’hebdomadaire dirigé par Jean de Charon, s’est lui aussi engagé sur le traitement dans ses colonnes et sur son site Internet des futures élections municipales : “Une grande énergie collective sera mobilisée jusqu’au dernier moment pour faire vivre la démocratie locale, proposer des solutions, débattre  de programmes, convertir les abstentionnistes, convaincre les indécis…Pendant toute cette période, La Semaine de l’Allier fera de son mieux (…) pour vous informer. En respectant ses valeurs et en se fixant certains principes”, peut-on lire en préambule.

mairie
Domérat

• S’ensuit une liste de sept grands principes : l’hyper-proximité, l’indépendance, l’équité, la légalité, le professionnalisme, la transparence et l’utilité démocratique. L’hebdomadaire prend soin de préciser qu’il ne publiera pas ce que la loi réprime, tels que “ insultes, propos diffamatoires ou discriminatoires, appels à la haine ou à la violence”. Une remarque qui aurait semblé inutile, il y a quelques années, mais qui à l’heure des réseaux sociaux et des commentaires “défouloirs” qu’on peut y lire parfois, n’est peut-être pas superflue.  De même, l’hebdomadaire  s’engage à identifier “les candidats fantômes” et à en informer les lecteurs. Autre engagement pris : s’attacher à l’intérêt général, “y compris en posant des questions gênantes, en vérifiant les assertions, en demandant des clarifications ou en s’efforçant de cerner les personnalités des candidats”.

 

• TERRE DES BOURBONS

UN N° 16 QUI BOUCLE SA 4ème ANNÉE DE PARUTION

Terre des bourbons n° 16• Terre des Bourbons  le magazine d’exploration locale bourbonnais (n° 16 – Décembre 2019-février 2020) : Eco-business : La manufacture de Digoin – Grès et poteries. – Bonnes fourchettes : La pompe aux gratons. – Nos trésors en bourbonnais : Chapelle Saint-Joseph – Ancienne Visitation – Curiosités : Les jeux en Bourbonnais – Vichy le festival du jeu – Lapalisse, Black rock éditions – les collectionneurs – Initiative Inspirée : Tronçais, les chiens de traîneaux. – Vert l’avenir :  Les oiseaux de jardin– Racine :  Jacques Paris, son nouveau livre – Quelle culture en bourbonnais :   Montluçon, le 109. – Agenda à voir, à faire…

 

• L’ÉCHO DU CENTRE

   “ADIEU AUX LECTEURS

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L’avant dernier numéro…

• Une nouvelle tombe à creuser dans le cimetière des feuilles mortes… Au terme de 75 ans d’existence, le quotidien L’Écho – La Marseillaise, fondé à la libération, a annoncé sa cessation de parution : “Asphyxié  économiquement, notre journal n’aura pas survécu à la crise de la presse”. Le journal qui rayonnait sur 5 départements du centre ouest, avec des éditions pour la Haute-Vienne, la Creuse, la Corrèze, la Dordogne et l’Indre, a publié son ultime numéro le 6 novembre. Fragilisé depuis plusieurs années par des difficultés financières récurrentes,  le journal a donné à sa dernière “une” des airs  de faire-part de décès, en la barrant  d’unAdieu aux lecteurs” imprimé en gros caractères. La veille, la société éditrice avait comparu, sans grandes illusions, devant le tribunal de commerce de Limoges, la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise ne faisant plus  guère de doute. L’Écho – La Marseillaise employait 42 salariés dont une trentaine de journalistes.

• Fondé en août 1944, l’Écho du Centre faisait partie des journaux issus de la Résistance communiste, puisqu’il avait pris la suite de Valmy, fondé dans la clandestinité, à Limoges, en 1943. Il  diffusait alors près de 30 000 exemplaires  à travers ses 6 éditions de la Haute-Vienne (10 000 dont 4 000 pour Limoges),  la Dordogne (6 000), la Corrèze (5 500), la Creuse (4 000), tout en faisant quelques incursions sur la Charente (1 000) et l’Allier (500).

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Comme un faire-part de décès…

• Le journal s’était engagé dans différents combats politiques, comme le soutien au résistant Georges Guingouin, ou judiciaires, dans l’affaire Mis et Thiennot.  En 1950, l’Écho avait absorbé La Marseillaise du Berry, transformée en une édition de l’Indre. Au début des années 1970, le quotidien qui était alors dirigé  par René Dumont, tirait à 28 000 exemplaires et employait 28 journalistes. Depuis le années 1990, L’Écho avait coupé ses liens officiels avec les fédérations locales du Parti communiste pour devenir un journal indépendant, ouvert aux autres sensibilités de gauche. On pourra retrouver l’histoire détaillée du journal et de ses engagements, ainsi que le récit des difficultés politiques et financière qui ont émaillé son parcours, dans l’article très complet que lui consacre Wikipédia.

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