L’ACTUALITÉ DES AUTEURS, DES ÉDITEURS, DES LIBRAIRES ET DES MÉDIAS N° 27 (SEPTEMBRE – OCTOBRE 2020)

Cette rubrique fera  régulièrement l’objet de nombreux additifs et de mises à jour,  jusqu’au  31 octobre 2020, en fonction de l’actualité, au rythme de la reprise progressive des activités culturelles.

N’hésitez donc pas à y revenir régulièrement pour bénéficier pleinement de ces compléments d’information.

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DERNIÈRE MISE À JOUR:  15 OCTOBRE  2020

L’ACTU  DES AUTEURS

• UNE BIOGRAPHIE D’ALBERT LONDRES

SIGNÉE PAR BENOÎT HEIMERMAN, GRAND REPORTER

• Il y 88 ans, dans la nuit du 15 au 16 mai 1932, le paquebot Georges-Philippar, considéré comme un des plus beaux fleurons des Messageries Maritimes, sombrait dans les eaux de la Mer Rouge, à la suite d’un incendie. Parmi les 730 passagers, se trouvait celui qui passait pour un des plus grands reporters de son temps, le Vichyssois Albert Londres. Il revenait de Chine où l’avait envoyé, sur sa demande,  Le Journal, un des grands quotidiens populaires de l’entre deux guerre. Pendant plusieurs semaines, on avait même perdu sa trace et selon les propos d’André Martinet, qui devait épouser sa fille Florise, le reportage qu’il en rapportait était “de la dynamite”. De là et du fait qu’on ne retrouva jamais son corps, allaient naître plusieurs théories qu’on qualifierait aujourd’hui de complotistes. Une mort qui aurait été un assassinat commandité pour le faire taire définitivement. On avança même, parmi les instigateurs, le nom du futur Ho Chi Minh.

Le Journal 17 mai 1932

• À moins de cinquante ans, s’achevait le parcours du grand reporter engagé, qualifié par nombre de ses pairs de  “journaliste majuscule”, en passant à la  postérité.

Le centre 26 mai 1932
Le Centre (Montluçon)- 26 mai 1932

 • Celui qui n’avait de cesse de “porter la plume dans la plaie” et avait  toujours su regarder du côté du faible et de l’exclu. Secoué par le premier conflit mondial dont il avait rapporté les soubresauts, d’Anvers à Constantinople, comme par le sort des bagnards en Guyane, des prisonniers de l’armée française en Afrique du Nord, des Juifs dans les ghettos, des prostituées en Amérique du Sud, le grand reporter Albert Londres, intègre et engagé, s’est voué corps et âme à donner une voix aux opprimés. Ses comptes rendus pour Le Matin, L’Excelsior ou Le Petit Parisien provoquèrent des débats sans fin et incitèrent parfois les législateurs à réviser leurs certitudes. Quatre-vingt ans après avoir questionné le monde, son mantra de journaliste (“Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie”) figure toujours en bonne place au fronton d’une profession trop souvent malmenée et qui donne parfois dans la complaisance. Pour Jean-Claude Perrier  (Livre Hebdo Le Magazine – n°1), “Il avait l’intuition, le courage, le style (parfois excessif). On aurait aimé le lire dans les années 30 sur l’Allemagne nazie, la guerre d’Espagne.” Sa mort brutale nous en privera à tout jamais, mais il n’aura pas fallu plus d’un an pour que la profession en fasse un repère, sinon un modèle en instituant le prestigieux prix portant son nom.

• Ce parcours d’exception, achevé trop tôt, on pourra le retrouver dans la biographie que lui consacre Benoît Heimerman qui constitue une véritable  première (Albert Londres. La plume et la plaie. 1 vol. relié, 240 p, illustrations,  éd. Paulsen, coll. Explorationalbert_londres3dsite, 39,90 €).  Elle est nourrie de sources nouvelles et agrémentée de photographies méconnues ou inconnues, souvent prises par Albert Londres  lui-même. Tout en revenant sur le parcours professionnel  du “prince des reporters”,  sans pour autant qu’on en sache plus sur l’homme privé,   elle replace  plus avant sa quête dans son contexte, en la confrontant aux travaux de ses contemporains et en soulignant ce qui en fait sa particularité et son originalité. Quant à l’auteur,  Benoît Heimermann,  il est lui-même issu du sérail puisqu’il a été  grand reporter pendant près de 40 ans, notamment  au journal Le  Matin de Paris, dans les années 1980,  puis à L’Équipe Magazine. Il est par ailleurs  l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages parmi lesquels figurent les biographies de Jean-Baptiste Charcot, de Titaÿna et d’Éric Tabarly, ainsi qu’une histoire de L’Aéropostale. On lui doit aussi  le recueil Femmes des pôles, publié aux éditions Paulsen, en  2015.

Dans le supplément littéraire du journal  Le Monde (25/09),  Macha Séry consacre un article à ce qu’elle appelle “L’Albert Londres illustré”. Elle écrit  écrit  que  Albert Londres “fut un poète médiocre puis un reporter d’exception. Lucide et scrupuleux, mêlant faits et impressions personnelles”. Cette première biographie illustrée est  selon elle “le portrait d’un témoin intègre et engagé qui se dessine au fil d’un récit agrémenté  de photographies prises par Albert Londres lui-même et de cartes postales qu’il envoyait à sa fille”.

disparus-site• Toujours à propos du journaliste, les 11è Rencontres Albert-Londres, ont été organisées à Vichy par l’association Maison Albert-Londres autour des thèmes  Au Levant vivre la guerre  et des différentes formes de journalisme. Elles se sont ouvertes le 21 août, à l’Etoile-Palace, avec la projection du film  Disparus, la guerre invisible en Syrie, présenté par son coauteur Étienne Huver. Le lendemain à l’hôtel Mercure Christian Duteil a donné une conférence sur “le reporter d’idées entre le sage et l’insensé” suivie d’une table ronde. Dans l’après-midi, Georges Malbrunot a traité du “contexte géopolitique actuel, les parties en présence et les populations : être journaliste au Moyen-Orient”. Son intervention a été suivie d’une table ronde. Le dimanche 23 août, il était question de la situation humanitaire en Syrie ainsi que des  Chrétiens d’Orient, par Pascal Maguesyan. Quant au Forum du livre de grand reportage, il s’est tenu au Hall des sources.

• RENÉ FALLET,  AUTEUR “ENSABLÉ” ?

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Fallet, posant pour le Miroir du cyclisme

• Sur le site ActuaLitté, dans la rubrique Les ensablés qui évoque des auteurs présumés “oubliés”, Élisabeth Guichard-Roche a consacré un article à …René Fallet,  qui ne semble pourtant pas si oublié que cela. Et plus précisément à ses écrits liés à sa passion pour le vélo : “L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe”, écrit-elle, entre la grève des transports en décembre et janvier, et les programmes des candidats aux Municipales faisant “ la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises”. Il faut y ajouter “le déconfinement (qui) sacre la petite reine comme La Solution pour respecter la distanciation sociale”.  C’est donc “ce brutal engouement vélocipédique et son lot de propos caricaturaux émanant des pro comme des anti-vélo, (qui lui ont)  irrésistiblement fait penser à René Fallet (1927-1983)”. Elle le présente comme un auteur d’après guerre, trop rapidement tombé dans l’oubli (qui) a laissé de superbes romans”. Ce n’est d’ailleurs pas une première, puisque  la rubrique des Ensablés avait déjà mis Fallet à l’honneur avec Paris au mois d’Août, Banlieue Sud-Est et À la fraîche.

velo-rene-fallet• Après avoir précisé que son ouvrage Le Vélo – publié en 1992 et réédité en 2013 pour le centième Tour de France – lui avait laissé un souvenir mitigé, Élisabeth Guichard-Rocherit écrit : “ J’avais souri à la lecture des descriptions sur le ressenti du cycliste. J’avais apprécié l’auto dérision de l’auteur sur sa propre condition physique. J’avais goûté l’attachement de Fallet pour sa campagne bourbonnaise. En revanche, l’antagonisme quasi caricatural entre le vélo et la bicyclette ainsi que le propos très masculin, presque misogyne m’avait pesé au fil des pages”. Finalement, elle reconnaît que “Relire cet ouvrage (lui) a permis de retrouver avec bonheur l’humour de Fallet et conduit à mesurer l’ampleur de certaines évolutions en l’espace d’une vingtaine d’années. Peut-être une explication à l’ensablement rapide de certains auteurs dont les propos apparaissent aujourd’hui démodés”…La suite de l’article est en accès libre sur le site ActuaLitté.

• On pourra également  retrouver sur ce même site les chroniques précédemment consacrées à Paris au mois d’Août,  à Banlieue Sud-Est et À la fraîche.

• LES AMIS D’ÉMILE GUILLAUMIN 

DE NOMBREUX  PROJETS POUR LES ANNÉES 2021-2024

260px-Bust_of_Emile_Guillaumin_in_Ygrande• En septembre, l’association des amis d’Émile Guillaumin, présidée par Antoine Decorps, a dressé le bilan des mois écoulés. Les nouveaux aménagements réalisés au Musée Émile Guillaumin ont réussi à attirer 84 visites en juillet et août, malgré la crise sanitaire et l’impossibilité de recevoir des groupes. Il a également fallu différer la présentation de l’exposition en 9 panneaux qui retrace les grandes étapes de la vie d l’écrivain – paysan. Initialement prévue en mai, elle a été reportée à 2021.La version “itinérante” sera toutefois présentée dans le hall de l’hôtel du département à partir du 27 novembre et jusqu’à la  fin de l’année. C’est ensuite la médiathèque  départementale qui en assurera la diffusion auprès des médiathèques et des établissements scolaires.

Guillaumin4• Plusieurs événements vont ponctuer les années à venir. D’abord, 2021 marquera le 70è anniversaire de la disparition d’Emile Guillaumin et, dès le 1er janvier 2022, l’ensemble de son œuvre tombera dans le domaine public, ce qui pourrait conduire à des rééditions, ses livres étant libres de droits. En 2023, ce sera le 150ème anniversaire de sa naissance. Enfin en 2024, on fêtera le 50è anniversaire de l’instauration du prix Emile Guillaumin. Lors de la remise du prix 2024, les anciens lauréats pourraient être conviés, prélude à des manifestations au cours desquelles ils interviendraient  dans les médiathèques du département  pour y présenter  leurs ouvrages.

Z Guillaumin décès 28 09 D’autres projets sont à l’ordre du jour, à commencer par la réédition  de Ma Cueillette, un recueil de poésie jamais republié depuis sa parution aux éditions Crépin-Leblond, à Moulins, en 1903. L’association envisage aussi  le lancement d’une publication qui pourrait s’appeler Cahiers Émile Guillaumin. Ils permettraient de diffuseraient les informations sur l’actualité de l’écrivain, sur les recherches en cours et sur  les nouvelles parutions, tout en republiant des textes et des articles devenus  difficilement accessibles aujourd’hui.

• UNE EXPOSITION

MAURICE GENEVOIX

 À CÉRILLY DU 12 AU 15 SEPTEMBRE

118441083_10220918726736851_347026554245684756_o• La mairie de Cérilly, en partenariat avec l’association Mémoire de Cérilly & ses environs et la direction de l’O.N.A.C. de l’Allier, avait prévu de rendre un double hommage à Maurice Genevoix.  D’abord par une exposition à la mairie de Cérilly puis par une conférence au cours de laquelle devaient intervenir  Julien Larère-Genevoix, petit-fils de l’écrivain, et  Nicolas Czubak du Mémorial de Verdun. Compte tenu de la situation sanitaire, la conférence a été remise à une date ultérieure mais l’exposition a été maintenue. Dans le respect du protocole sanitaire, plus d’une centaine de visiteurs ont donc pu  découvrir les 25 panneaux  présentés à la salle des fêtes de Cérilly, du samedi 12 au mardi 15 septembre.

• GUY CROUZET ET LA BÊTE DU GÉVAUDAN

UN SEPTIÈME ET ULTIME OUVRAGE SUR L’ÉNIGME

• Après une carrière au sein de l’administration de l’éducation nationale, le Moulinois  Guy Crouzet s’est pris de passion pour l’énigme de la Bête du Gévaudan, dont il est devenu un des grands spécialistes.  Depuis 1981, il publié pas moins de six livres sur la question, parmi lesquels Quand sonnait le glas au pays de la bête, Bêtes en Gévaudan,  Requiem en Gévaudan ou encore La Grande peur du Gévaudan. Ce  septième ouvrage, En Gévaudan au temps de la bête, devrait être son ultime publication sur la question.

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• En une quarantaine de pages, il se livre à quelques mises au point pour rétablir la vérité  sur cette  ténébreuse et sanglante histoire qui a défrayé la chronique, depuis la seconde moitié du XVIIIè siècle.  Pour faire fi de ce qu’il appelle “des bétises”, Guy Crouzet écarte d’office toutes les interprétations romancées, pour se replonger dans les  documents authentiques de l’époque, comme l’avaient fait avant lui les abbés Pourcher et Fabre. 1280px-Recueil_Magné_de_Marolles_-_Bête_furieuse_que_l'on_suppose_être_une_hyèneSi l’auteur n’a pas la prétention d’élucider tous les mystères que porte a en elle la bête, il a acquis quelques  certitudes en quarante ans de recherches. Il écarte d’abord l’hypothèse d’un tueur en série mais il  reconnaît que cinq des victimes recensées  ont sans doute été tuées par des  assassins qui ont maquillé leur crime, pour laisser croire qu’il s’agissait de la bête. Autre mise au point : les victimes n’ont pas été tuées par une seule et unique bête mais par plusieurs loups. Quant à la légende forgée autour de la bête, il l’explique ainsi : face à l’ampleur des dégâts, conjuguée à la difficulté à venir à bout du fléau et au nombre des dépouilles humaines ensanglantées,  la panique générale a pu  favoriser la croyance populaire en l’existence d’une créature monstrueuse surnaturelle. Une croyance dans laquelle l’Église, qui l’a savamment entretenue, a trouvé un moyen de  renforcer son pouvoir auprès d’une paysannerie crédule.

En Gévaudan au temps de la bête : 1 vol. br, 40 p, illustrations, autoédition Guy Crouzet (35, rue des Grèves, 03000 Moulins), 19 € (franco).

DISPARITIONS

JEAN CLUZEL (1923-2020)

HOMME POLITIQUE, ACADÉMICIEN ET AUTEUR

D’UNE CINQUANTAINE D’OUVRAGES

Jean_Cluzel 2006• Jean Cluzel  est décédé dans la nuit du 11 au 12 septembre, à son domicile de Bransat, dans sa 96ème année. Sa longue carrière politique ancrée en Bourbonnais, d’abord  en tant que  membre du conseil général de l’Allier dont il fut aussi le président à deux reprises, mais aussi en tant que sénateur de l’Allier pendant plus d’un quart de siècle, ne doivent pas faire oublier qu’il a été dès 1955 le créateur de Positions, à la fois club de réflexion  et publication, ainsi que des Carrefours de Bransat. De même, on se rappellera  qu’il a été un promoteur des arts et lettres en Bourbonnais, à travers ses Biennales du livre et des écrivains et ses Rencontres des arts et lettres en Bourbonnais. Enfin, il a été aussi un auteur prolifique, publiant une cinquantaine de livres en un demi-siècle. C’est ce parcours aussi riche que varié qui lui avait valu d’être élu en 1991 à l’Académie des sciences Morales et politiques, dont il a été le secrétaire perpétuel de 1999 à 2004. Vu du Bourbonnais à choisi de lui consacrer un article à part, dans sa série Pages d’histoire.

DENIS TILLINAC (1947-2020)

UNE ADOLESCENCE VICHYSSOISE POUR UN “RÉAC ASSUMÉ

Tillinac Twitter coste• Un an, jour pour jour, après la mort de Jacques Chirac, dont il fut un ami fidèle et un compagnon de route, l’écrivain, journaliste, chroniqueur et éditeur Denis Tillinac est décédé d’une crise cardiaque à l’âge de 73 ans, dans la nuit de vendredi 25 au samedi 26 septembre.  Accompagné de son épouse, il participait au salon Livres en Vignes au château du Clos de Vougeot (Côte-d’Or).  Selon le journal Le  Bien public, il venait de passer « une soirée enjouée qui s’était terminée en dégustant un grand Gevrey chambertin 1979″.  

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Le Donjon

• Bien qu’il soit né à Paris,  le 26 mai 1947, Denis Tillinac  avait de solides attaches avec la province. D’abord avec le Limousin en général et la Corrèze en particulier, via  la commune d’Auriac . C’est là que  se trouvaient ses racines familiales, côté  paternel.  Il avait aussi des attaches en Bourbonnais, sa mère étant originaire du Donjon. Son père, Roger Tillinac, était  dentiste dans la rue principale de Lapalisse, dans les années 1950-1960, avant de s’installer à Vichy. Il s’était ensuite  retiré à Auriac, la commune dont il fut maire et où il est décédé en février 1982. Quant à sa mère, née Paule Leduc, elle est décédée dans sa 91ème année, à Vichy, en juin 2013. C’est ce qui explique qu’il  ait conservé  des liens avec la ville de Vichy, où il était arrivé à l’âge de 14 ans, au début des années 1960.Il y fut élève  à l’école Saint-Dominique puis au collège de Cusset où il avait laissé des souvenirs d’une adolescence plutôt rebelle et un peu agitée. Lors d’un de ses passages dans la station thermale, en septembre 1996, il avait rappelé qu’elle avait été “le théâtre  de ses frasques d’adolescent quand le lycéen turbulent montrait un certain talent à se faire renvoyer des établissements scolaires”.

Tillinac Vichy• Dans Vichy, un livre au goût aigre-doux,  qu’il lui  avait consacré en 1986  (éditions du Champ Vallon, collection Des villes, 115 p), il écrivait  en exergue : “ C’est une ville qui ne daigne exister que lorsque l’existence est bonne (Valery Larbaud)”  Il  comparait la ville à “une Marienbad  doucereuse, ceinturée de collines (qui) récuse toute identité”, avant d’ajouter :  “Je crois qu’il en va de Vichy comme des écrivains à la Larbaud ou à la Chardonne : on les goûte à partir de la trentaine, lorsqu’un semblant de vie a déposé dans l’âme les sédiments propices à la nostalgie”D’autres appréciations, sur la station thermale,  émaillaient son livre: Le Vichyssois n’est pas vraiment Bourbonnais. Ni Auvergnat. Même pas alliéirois : il toise Moulins l’enracinée avec une morgue de cousin d’Amérique, et tient Montluçon la prolo pour non avenue. Il n’y a pas de boue sur les sabots du patriotisme vichyssois. Son titre de gloire, c’est l’inscription de noms illustres sur le livre d’or de sa mémoire : des rois régnants (de Belgique, de Suède, d’Égypte et d’ailleurs), divers shahs de toutes les Perse imaginables, des princes de la plume (Lamartine, Tourgueniev, Dumas père, Verlaine, du pinceau (Delacroix), de la politique(Thiers, Odilon Barot), de l’industrie (Schneider), du monde (Tracy), du demi-monde…” (p. 22) .

• Il se fendait aussi d’une comparaison  entre Vichy et Biarritz, finalement à l’avantage de la seconde:  “Ces deux villes – Vichy, Biarritz – méritent l’établissement d’un parallèle. Même lenteur, même langueur, mêmes volets clos, mêmes couleurs pâles. Même façon naïve d’accommoder les restes d’une splendeur défunte. Naïve et désemparée. Même inclination pour le faux mâchicoulis et la fausse ogive. A Biarritz aussi il existe une avenue Victoria, et l ‘invocation de cette majesté dix-neuviémiste n’est pas innocente. Mais Biarritz regarde l’Océan, et aperçoit les Amériques ; tandis que Vichy, privée de perspectives au long cours, contemple son reflet dans les eaux stagnantes d’une rivière canalisée ” (p. 38).

•  Lors d’une séance de dédicace  à la Grande Librairie, en février 2018, qui lui avait permis de croiser des copains d’adolescence, il avait annoncé qu’un de ses prochains romans parlerait de cette période bourbonnaise de sa vie,celle où j’ai su que je ne deviendrais jamais adulte et où je me suis construit pour devenir l’homme que je suis aujourd’hui”, expliquait-il, tout en assumant entièrement sa nostalgie :  “Je n’aime que le passé, l’avenir ne m’intéresse pas et me dépasse” .

téléchargement• Le Bourbonnais est aussi présent dans son journal inédit, dont la Revue des deux mondes avait publié des fragments (février-mars 2000). On y trouve quelques notations  sur Moulins. (► Lire l’article complet ici) À  la date du 10 février 2000, il écrivait : “ Moulins. Hôtel de Paris. Cette ville quiète au bord de sa rivière alanguie, avec son côté médiéval autour de Jacquemart, avec son côté classique sur les Cours,  et son coté bourgeoisie de la IIIè République ( le théâtre, le Grand Café), c’est la province absolue. Simenonienne plutôt que balzacienne. Relu des vers  de Banville, la gloire locale. Pas si mal. Rimbaud pouvait se permettre de le récuser, l’ennui c’est qu’une pléthore de rimbaldistes d’opérette ne cesse depuis lors de se la jouer anti Banville et ça donne les textes abscons de la poésie contemporaine”. Le 12 février, après une étape à Souvigny, il  notait dans son journal : “Rien de plus grandiose et romanesque que l’aventure cistercienne. C’est ce genre de renouveau qu’il faudrait souhaiter à l’Europe. Trop tard”.

• Dernier lien avec le Bourbonnais, sa participation à la création en 2005 de la Semaine de l’Allier lancée par Jean Bergeron de Charon. Il était son principal associé au sein de la société éditrice, les éditions de la Semaine.

headshot• Après avoir décroché un diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux, Denis Tillinac avait commencé comme  journaliste localier à La Montagne et à La Dépêche du Midi (1974-1980). Il a ensuite collaboré à de nombreux journaux dont Les Nouvelles littéraires, La Dépêche du Dimanche, Madame Figaro ou encore  l’édition dominicale de La Montagne, à laquelle il donnait des chroniques. Depuis 2007, sous le titre générique “Vu de ma fenêtre », il a écrit au moins 600  “billets d’humeurs” pour le très droitier magazine Valeurs Actuelles. Le tout dernier s’intitulait “ le gratin écolo contre le populo”. Il a aussi présenté l’émission littéraire hebdomadaire Double page, avec Michel Cardoze, sur TMC jusqu’en 2004 et il a été  chroniqueur pour l’émission On refait le monde sur RTL. Avec son franc-parler, mâtiné d’un brin de gouaille, il était aussi “un bon client” pour les émissions à la radio ou à la télévision.  À cette carrière d’écrivain et de journaliste, il avait ajouté entre 1992 et 2008 celle d’éditeur, en tant que PDG des éditions de la Table Ronde.

• Grand amateur de rugby,  se présentant  comme un “réactionnaire revendiqué”,  il en avait même fait en 2014 le sujet d’un livre, Du bonheur d’être réac, apologie de la liberté. En 2018, avec Mai 68, l’arnaque du siècle,  il avait dit tout le mal qu’il pensait des fameux “ événements de mai”. Denis Tillinac fut aussi de 1995 à 1997 le conseiller à la francophonie de Jacques Chirac, dont il avait suivi les débuts en politique puis les campagnes électorales, alors qu’il était en poste à l’agence de Tulle de La Montagne.  Il en avait fait le récit dans Spleen en Corrèze (1979). Dans Dernier verre au Danton, celui qui se définissait comme “chiraquien impénitent”  évoquait la campagne de 1995. En 2002, alors que Jacques Chirac  venait d’être réélu à la présidence de la république, il lui avait consacré un Chirac, le Gaulois paru aux éditions de la Table Ronde. Les relations entre les deux hommes s’étaient quelque peu brouillées, lorsque Denis Tillinac avait fait part de son soutien à Nicolas Sarkozy, en 2007.

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• En quarante ans, il aura publié  plusieurs dizaines  d’ouvrages, dans des domaines variés : on y trouve aussi bien des romans, que des nouvelles, des essais, des pamphlets ou, plus surprenant,  plusieurs recueils de poésie. Son ultime livre était un Dictionnaire amoureux du Général de Gaulle, paru cette année dans la collection  publiée par les éditions Plon.  Tillina Dic FranceEn 2011, Il y avait déjà publié un Dictionnaire amoureux de la France, dans lequel il écrivait :  » La France, je l’aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l’étreins, elle m’émerveille. C’est physique. J’aime enchâsser l’or et le sang de son histoire dans la chair de sa géographie. Il en résulte un patriotisme de facture rustique, un peu comme la foi du charbonnier… Je suis français au naturel et j’en tire autant de fierté que de volupté. J’ai pour ce vieux pays l’amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d’auberge, de l’érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron… J’ai la France facile, comme d’autres ont le vin gai ; je l’ai au cœur et sous la semelle de mes godasses”. Ce dernier ouvrage avait attiré l’attention de l’Académie du Vernet que présidait alors  Jean-Pierre Petit et qui lui avait décerné son 60ème prix, le 17 août 2012.

• Au début des années 1980, avec Michel Peyramaure et Claude Michelet, il avait été  l’un des fondateurs de ce que l’on a baptisé  l’Ecole de Brive et il participait régulièrement à  la Foire du livre de Brive

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Un florilège des prix littéraires décernés à Denis Tillinac

Entre le prix de la Table Ronde en 1982 pour Le bonheur à Souillac et le prix Simone Weil en 2020 pour l’ensemble de son œuvre,  de nombreux prix ont jalonné sa carrière. On peut citer  le prix Roger Nimier pour L’Eté anglais (Robert Laffont) ou encore le grand prix de littérature Henri Gal, décerné en 2012 par  l’Institut de France sur proposition de l’Académie française. En 2015, son roman Retiens ma nuit (Plon), avait été retenu dans la première sélection du Goncourt.

DOMINIQUE KALIFA (1957-2020)

HISTORIEN, ESSAYISTE ET ROMANCIER

DOMINIQUE-KALIFA-616x400◄ L’historien, essayiste et romancier Dominique Kalifa, qui collaborait aussi aux pages littéraires du journal  Libération depuis 1990,  s’est donné la mort, le 12 septembre, à Brugheas, le jour de son 63ème anniversaire. Quelques minutes plus tôt, en fin de matinée, il avait laissé sur son compte Twitter un ultime  “Au revoir”. Né à Vichy le 12 septembre 1957, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, il était agrégé d’histoire. En 1994, sous la direction de Michelle Perrot, il avait soutenu une thèse de doctorat sur les récits de crimes dans les années 1900. Elle devait constituer, l’année suivante, son premier ouvrage, L’Encre et le Sang(Fayard). Le journal Le Monde avait alors salué “L’inventivité et l’érudition (qui) se mêlent ici pour faire de ce livre un modèle d’étude culturelle”.  Dominique Kalifa  était professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il dirigeait le Centre d’histoire du XIXe siècle. Il était  un spécialiste de l’histoire du crime et de ses représentations, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Il était également romancier et essayiste et il avait réalisé plusieurs documentaires sur ses thèmes de prédilection.

Sans titre copie• Capable de s’intéresser aussi bien aux grandes affaires de justice  qu’au personnage de Fantomas ou encore à la représentation et l’origine des mythes, il laisse une œuvre écrite à la fois abondante et particulièrement éclectique : L’encre et le sang : récits de crimes et société à la Belle Époque (Fayard, 1995), Naissance de la police privée : détectives et agences de recherches en France (1832-1942) (Plon, 2000), La Culture de masse en France, tome 1 1860–1930 (La Découverte, 2001) un livre dans lequel  il s’était penché sur les bouleversements survenus dans le monde de l’édition, de l’information et du divertissement.  On lui doit aussi Vidal, le tueur de femmes (Perrin, 2001), Crime et culture au XIXe siècle (Perrin, 2005), Le Commissaire de police au XIXe siècle (Publications de la Sorbonne, 2008), Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française (Perrin, 2009), Atlas du crime à Paris. Du Moyen Âge à nos jours ( Parigramme, 2015), Tu entreras dans le siècle en lisant Fantomas (Vendémiaire, 2017), Paris. Dans un genre différent, on peut aussi citer Une histoire érotique, d’Offenbach aux Sixties (Payot, 2018).

5986014• Lors des Xè rencontres Albert Londres, à Vichy, les 17 et 18 mai 2019, consacrées aux bagnes militaires, il avait pu renouer avec sa ville natale. Il  était intervenu sur le thème de  « Biribi : Les bagnes militaire en Afrique du Nord« , des bagnes auxquels il avait consacré un livre, dix ans plus tôt. Il avait également donné une interview publiée dans les colonnes de La Montagne. À la question de savoir si Albert Londres avait fait œuvre de sociologue, il avait répondu ainsi: “Albert Londres restera toujours un journaliste. L’analyse strictement sociale ou la mise au point de modèles d’explication ou de compréhension des faits sociaux n’était pas son objet. Il écrivait, cherchait la formule, cherchait à soulever l’émotion de l’opinion: il s’attaque certes à des problèmes sociaux, mais avec le regard et la plume d’un reporter qui n’oublie jamais la singularité de sa profession”.

• Plusieurs de ses livres avaient été distingués par des prix littéraires dont le Prix Mauvais genres 2013 et le French Voices Award  pour  Les bas-fonds. Histoire d’un imaginaire (Le Seuil, 2013). Quant à La Véritable histoire de la Belle Époque (Fayard, 2017) elle lui avait valu le  prix Eugène-Colas de l’Académie française. En janvier 2020, il avait dirigé la publication  chez Gallimard, dans la collection Bibliothèques des Histoires, d’un ultime essai, intitulé Les noms d’époque : de  “Restauration” à  “années de plomb ».

FRANÇOIS DEBRÉ (1942–2020)

PRIX ALBERT LONDRES 1977

Eh38crmXcAApas4◄Le journaliste et ancien grand reporter François Debré, prix Albert-Londres en 1977, est décédé à l’âge de 78 ans, à Montlouis-sur-Loire, près de Tours, dans la nuit de dimanche 13 à lundi 14 septembre. Fils de Michel Debré, un des pères de la constitution de 1958, il était le frère de Bernard Debré, professeur de médecine, urologue et ancien ministre, qui était décédé quelques heures auparavant d’un cancer, à l’âge de 75 ans. Son autre frère,  Jean-Louis Debré, a été président de l’Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel.

935014856• Après des études de droit, François Debré, s’était lancé dans le journalisme, couvrant pour des journaux, puis pour des chaînes de télévision, des conflits sur plusieurs continents, dont  la guerre du Biafra et de la guerre du Vietnam, avec l’épisode de la chute de Saïgon. Il avait été aussi grand reporter à TF1 de 1977 à 1981,vant de collaborer à Antenne 2 (l’actuelle France 2). C’est son livre sur la révolution khmère, Cambodge, la révolution de la forêt (éditions Flammarion) qui lui avait valu de recevoir le prix Albert-Londres. On lui doit aussi des documentaires comme Les Trottoirs de Manille (prix du jury du Festival international de Monte-Carlo), et des romans, dont L’Homme de pouvoir, Le Livre des égarés et Trente ans de sursis. Dans ce dernier roman qui s’inspirait de sa biographie,   il avait raconté ses décennies d’addiction à l’opium et à l’héroïne, évoquant par ailleurs   la mort de sa femme ou encore les divergences notamment politiques qu’il avait pu avoir  au sein de sa famille.

PIERRE RÉTIER (1937-2020)

ROMANCIER DU TERROIR LIMOUSIN

Pierre rétier• Les romanciers attachés au terroir limousin ont perdu l’un des leurs avec la disparition, à l’âge de 83 ans, de Pierre Rétier, auteur de plus d’une vingtaine de romans. Ses obsèques ont eu lieu le 13 août en l’église de La Souterraine. Né dans la Creuse, il avait attendu l’heure de la retraite pour se jeter à corps perdu dans la lecture, mais aussi très vite, dans l’écriture, après une carrière accomplie dans l’armée de l’air. Il avait commencé par des recueils de poésie, parmi lesquels  Battements de cœur, La vague à l’âme, publiés en  1990 par les éditions Lucien Souny. Un éditeur auquel il devait rester fidèle durant toute sa carrière littéraire.  Il avait aussi rédigé des nouvelles publiées par La Montagne. C’est en 1995 qu’il avait décidé de se faire romancier, avec  Les Chantalaude ou les sillons de la haine le premier d’une longue série de fresques romanesques qui devaient se succéder à un rythme soutenu.

Pierre Rétier

• Parmi eux, on peut citer La Nuit des louves (Prix Lucien Gachon), Le Maître de l’eau (Prix Panazo), Marie des Landes, Les Herbes sauvages, Les Amants de Gargilesse, L’Or des genêts, Les Terres oubliées, Chantelouve ou le Tonnerre de Dieu, ainsi que, plus récemment  Le Refuge de la terre, Le Maître des chaumes, La Femme de l’autre rive,  Un village sous influence, L’Orage gronde sur Malpeyras,  L’Adieu aux loups, Le Vent de neige, Une douce soirée en août… Son dernier roman, Passage en eaux troubles, était sorti en mars dernier. Pour son éditeur, Pierre Rétier n’avait pas son pareil pour dépeindre ses personnages avec empathie, à travers  “des fresques réalistes et sans concessions de nos campagnes minées par les secrets, les non-dits, la jalousie”. Il savait “offrir des portraits magnifiques de personnages attachants sur fond de rébellion, de passions et d’amitiés profondes. Des romans efficaces et captivants. De remarquables mélanges d’intrigues et de sentiments”. Il avait aussi le don de conter “avec grâce la beauté de sa région natale, Le Limousin ou d’autres régions sauvages comme les Cévennes et l’Auvergne”.

Pierre Rétier - Copie

• En 2004, il avait contribué à Souvenirs d’école : …Des écrivains racontent (Corrèze, Creuse, Haute-Vienne), un ouvrage collectif préfacé par Jean-Guy Soumy et publié par les éditions des Monédières, auxquelles il avait également confié en 2009 la publication de son roman Le passeur de rêves.  Quelques jours après sa disparition, les éditions Lucien Souny lui ont rendu hommage, en ces termes, sur leur page Facebook : “Pierre Rétier : 40 ans de complicité littéraire. Un prodigieux chemin que tu quittes aujourd’hui. Déjà le paysage nous paraît vide et triste. Et nous sommes dans la peine.  Merci Pierre pour ta fidélité et ta confiance. Nous t’en sommes infiniment reconnaissants.  Les Chantalaude, La Nuit des louves, Marie des landes, Le Vent de neige, Le Refuge de la terre, Une douce soirée en août… tant et tant d’histoires pour rêver, pour s’émouvoir, pour se révolter aussi… Merci…”.

• UN AUTEUR À REDÉCOUVRIR

ALFRED ASSOLLANT (1827-1886)

Alfred_AssollantAlfred Assollant, bien que maintes fois célébré en son temps, ferait  presque figure aujourd’hui d’illustre inconnu, y compris en terre creusoise et dans sa commune natale d’Aubusson. Une situation étonnante quand on sait qu’il est, avec Jules Sandeau, l’un des deux écrivains majeurs d’Aubusson, et qu’il a derrière lui une œuvre littéraire riche d’une cinquantaine de livres, auxquels il faut ajouter des nouvelles et de très nombreux articles de presse. Né le 20 mars 1827, rue du Champ-de-foire, au cœur de la cité de la tapisserie, il  a régulièrement séjourné dans une modeste maison du haut du quartier de La Terrade, dans la rue qui porte aujourd’hui son nom. Jusqu’à son décès survenu le 3 mars 1886, il avait su rester fidèle tout au long de sa vie à la Creuse, même si c’est à Paris, au Père Lachaise que se situe sa dernière demeure.

Z ASSOLLANT Buchamor• Dans son œuvre abondante, hormis les livres d’occasion, il reste peu de titres  dans les rayons des librairies, à l’exception de quelques titres phares qui sont régulièrement réédités. C’est le cas notamment pour  Les Aventures du Capitaine Corcorane (que Jean-Paul Sartre affirmait avoir lu une centaine de fois !) et de François Bûchamor, récits de la vieille France, un roman d’aventures qui transporte le lecteur tantôt dans la campagne de Néoux, aux portes d’Aubusson,  tantôt sur les champs de bataille de Napoléon I er. C’est qui a poussé les éditions Ramsay, avec l’appui du conseil général de la Creuse, à rééditer ce dernier  titre, en l’accompagnant d’une présentation et d’une préface de Robert Guinot, fin connaisseur de l’histoire et de la littérature creusoises (1 vol. br, 368 p, illustrations, 18 €).  

818_001• Tout en conservant le texte intégral, l’édition qui a été enrichie d’illustrations, permet aussi à Robert Guinot de mettre en lumière des facettes oubliées d’Alfred Assollant, à la fois homme éclairé et écrivain visionnaire. Par ailleurs, le roman est replacé dans le  contexte historique et sociologique de l’époque. C’est l’occasion de se plonger dans l’univers des campagnes creusoise, à Néoux, au début des années 1800, en inscrivant l’histoire de  François Bûchamor, de ses frères et sœur et de ses parents dans le contexte des conquêtes napoléoniennes. C’est pour  Robert Guinot l’occasion de mieux souligner  l’engagement républicain d’Alfred Assollant,  doublé d’une grande méfiance envers Napoléon.

• Après les expositions et conférences programmées à Aubusson au cours de l’été, le travail initié autour de l’œuvre d’Alfred Assollant devrait se poursuivre en lien avec le Conseil départemental de la Creuse, avec prolongements  en direction des établissements scolaires. Enfin, dès 2021, un prix Alfred Assollant sera lancé. Ce prix, qui s’adresse aux collégiens creusois, vise à honorer la mémoire de l’écrivain tout en incitant le jeune public à se plonger dans ses romans.

• ALFRED ASSOLLANT  ÉCRIVAIN

MAIS AUSSI JOURNALISTE  ENGAGÉ EN POLITIQUE

Sans titre• Au-delà du romancier de talent, Alfred Assollant  a donc aussi été un homme de conviction et un journaliste engagé, notamment  à propos de la Commune de Paris, en 1871. C’est cet aspect qui a attiré l’attention de Jean-Paul Mazure qui vient de publier dans le premier numéro du bulletin de l’association des Amies et amis de la commune de Paris-1871, comité local de la Creuse, une étude  sur  l’implication de l’Aubussonnais dans la Commune. Il rappelle d’abord que les Creusois ont pris une part très active qu’ils ont payée chèrement : on estime entre 1300 et 1500 le nombre de Creusois qui sont  morts sur les remparts, tandis que 953 autres ont été jugés par les conseils de guerre. Parmi eux, 487 ont été condamnés à la déportation. C’est ce qui vaut à la  Creuse, de se situer pour la période 1848-1871 au troisième rang des départements français pour le pourcentage de la population poursuivie.

Costumes_militaires_de_la_Commune_d'après_nature_par_A._Raffet• Face à cette Commune de Paris qui allait durer  72 jours, avec l’espoir un peu fou d’arriver à bâtir un nouveau monde, Alfred Assollant n‘est pas resté insensible, même si son point de vue a pu évoluer. Jean-Paul Mazure, lui aussi aubussonnais, propose ainsi un essai  intitulé Alfred Assollant et la Commune de Paris : de l’hostilité au plaidoyer pour l’amnistie.  Son travail s’appuie d’abord  sur  une lettre d’Assollant (7 juin 1871)  adressée à son ami républicain Alexandre Chatrian, mais aussi sur un texte qu’il a publié  en 1879, sous le titre  Assez tué ! Plaidoyer pour l’amnistie. Après avoir rappelé qu’Assollant fut heureux en littérature, atteignant son apogée en 1860, il souligne qu’il  le fut nettement moins en politique, échouant à se faire élire député de la Creuse mais aussi de Paris. Sa vie privée fut aussi marquée par les disparitions prématurées de son épouse et de sa fille, à seulement vingt ans. Enfin, il ne reste de lui que peu de portraits, le plus connu étant celui  réalisé par Nadar.

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La tombe d’Alfred Assollant au Père-Lachaise

• En républicain convaincu, Assollant qui a regagné la capitale après l’échec de la commune, publie huit ans plus tard son Plaidoyer pour l’amnistie qui connaîtra un certain retentissement. Pour Jean-Paul Mazure, “En historien et journaliste rigoureux, Assollant entend établir, à partir de faits objectifs, une vérité historique à opposer aux mensonges officiels ou de la presse conservatrice. L’un des premiers sans doute, s’appuyant sur le Rapport du général Appert (1875), il remarque qu’avec 953 arrestations, à proportion de sa population, le département de la Creuse a fourni plus d’insurgés qu’aucun autre”. C’est ce qui le pousse à user de l’ironie en écrivant : « C’est à dire que mes compatriotes de la Creuse et moi (car je ne sépare pas mon sort du leur), nous appartenons à la race la plus sanguinaire et la plus pétroleuse de France« . Pour permettre aux lecteurs d’en savoir plus sur l’état d’esprit et sur l’argumentation de l’écrivain, le  Bulletin de l’association des amies et des amis de la Commune de Paris  reproduit l’intégralité des deux textes sur lesquels s’appuie Jean-Paul Mazure.  La revue  est disponible auprès de l’association (6, Lascoux, 23220 Jouillat, 12  €).

• LE FONDS AMÉDÉE CARRIAT

 EN COURS DE CLASSEMENT AUX A.D. DE LA CREUSE

Carriat Amédée Carriat (1922-2008) a consacré plus d’une décennie à la rédaction d’un très riche Dictionnaire bio-bibliographique des auteurs du pays creusois  et des écrits les concernant, des origines à nos jours, dont la parution s’est échelonnée de 1964 à 1976. Un travail de bénédictin, quasi-exhaustif pour l’époque  qui regroupe les biographies de centaines d’auteurs, ainsi que la liste de leurs publications, depuis les livres et les auteurs les plus célèbres, jusqu’aux articles les plus “pointus”, émanant de spécialistes et d’érudits moins connus du public.

• Lui-même auteur, il était né en 1922 à Grand Bourg. Après son retour du S.T.O. en 1945,   il était devenu instituteur puis professeur de collège, ce qui l’avait conduit à enseigner en Creuse et à Paris. Il s’était alors pris de passion pour Tristan l’Hermite, voyant en lui un précurseur de Racine. C’est ce qui l’avait poussé à fonder  Les amis de Tristan l’Hermite, une association réunissant des spécialistes du monde entier. Amédée Carriat était aussi l’auteur d’un recueil de poèmes en occitan, Chamin de mon cor.

Amedee_Carriat• Conscient de ce que son travail devait aux archives et pour éviter que ses écrits et correspondances ne soient dispersés, il avait décidé de les léguer  progressivement  aux A.D. de la Creuse, entre 2005  et 2008, année de sa disparition. Un fonds particulièrement riche puisqu’il occupe plus de 6 mètres linéaires de rayonnages.  Il restait à en établir un classement pour en faciliter l’accès Un premier travail de repérage a permis d’identifier trois grandes catégories de documents : les  tapuscrits,  ébauches dactylographiées de son travail sur le dictionnaire, avec de très  nombreuses annotations. Ensuite,  les revues presse et les programmes des Journées Tristan L’Hermite, reflets de l’importante activité de cette société littéraire. Enfin, une très abondante correspondance internationale entretenue par Amédée Carriat et qui fait de lui un chercheur reconnu, bien au-delà des frontières du Limousin..

cdcarriatSavoir plus : S’il n’est pas aisé de trouver les 8 fascicules papier de son Dictionnaire bio-bibliographique, dont le dernier est sorti en 1976,  il existe une version numérisée. Réalisée à l’initiative de  la Société des Sciences naturelles, archéologique et historique de la Creuse, dont il a été le président, elle est téléchargeable gratuitement.  On peut, par ailleurs acquérir la version sur CD-ROM.

• ET SI ON SUPPRIMAIT

LA “RENTRÉE LITTÉRAIRE” ?

• Depuis le milieu des années 1980, François Taillandier, né à Clermont-Ferrand  en 1955, a publié plus de trente-cinq livres. AVT_Francois-Taillandier_8437Comme la plupart des auteurs, il a été souvent confronté à la question des “Rentrées littéraires qui voient des vagues de romans envahir, chaque automne, les librairies, tout en sachant que s’il y beaucoup d’appelés, il y aura aussi forcement peu d’élus. Dans une tribune publiée par le journal Le Monde, “La rentrée littéraire, ça embête tout le monde, mais on s’y soumet”,  il déplore qu’on ne s’interroge pas sur “la pertinence de cette  course d’obstacles  saisonnière”  qui, à ses yeux, “ n’a aucun rapport avec la création écrite (…).  Auteurs, éditeurs, libraires, journalistes. Bousculade au portillon et course d’obstacles : c’est « la rentrée littéraire » ! Qui l’a décrété ? Quand ? Pourquoi ? On ne sait pas. En fait, ça embête tout le monde, mais on marche.”

rentrée-litteraire-2020-683x1024• Un système qu’il dit bien connaître, pour y être passé, “comme tout le monde”. Et de confier : “Moi aussi, j’ai pris place dans les files d’attente. Et j’ai eu mes satisfactions ou mes déceptions, peu importe. Mais il y a un avantage à se faire un peu vieux : on en a vu passer, des trains, et couler de l’eau sous les ponts”. Selon lui, la rentrée littéraire avec ses fêtes du livre, ses listes de meilleures ventes, ses inévitables prix littéraires, et ses “auteurs désignés champions dès le mois de juillet sans qu’on sache pourquoi”, compte peu face à la rencontre entre un livre et son lecteur. Finalement toutes ces  “nouveautés de la rentrée” ne constituent que “de l’écume ”et  reposent sur un système aussi absurde qu’injuste : “ Sur les 500 ou 600 romans annuels de la “rentrée littéraire”, on sait pertinemment, on sait d’avance, on sait depuis longtemps, que 80 % passeront à la trappe ! Oui, tout le monde le sait. Sauf le public, peut-être”.

• Après avoir dénoncé, il propose une alternative en forme de rêve, celle  “d’un  marché du livre  où il y aurait des livres de toutes sortes, nouveaux ou moins nouveaux, que ce soit en mars, en août, en décembre ou à la Saint-Glinglin. Et chacun piocherait ce qu’il veut, quand il veut. Il n’y aurait pas de “nouveautés”, ni de “rentrée littéraire”, ni de “ panels”  faits de prétendus “ coups de cœur ” d’effets de distribution ou de palmarès des prix”. Tout le monde y trouverait alors son compte, que ce soit les éditeurs, les critiques littéraires qui “ parleraient d’un livre quand ils en auraient envie et qu’ils l’auraient bien lu”, quel qu’en soit le genre, y compris des titres plus anciens. Conclusion de l’écrivain : “Tous les lecteurs ont droit à tous les livres. Et tout le temps. Il n’y a pas d’heure pour découvrir Hemingway, ou Tynianov, ou Montesquieu, ou la nouvelle coqueluche des réseaux sociaux”.

PRIX LITTÉRAIRES

AGIR PAYS JALIGNOIS

• LE PRIX RENÉ FALLET 2020

ENFIN DÉCERNÉ… MAIS NON ENCORE REMIS

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Aly Deminne

• Après clôture du vote par correspondance des lecteurs bourbonnais,  le lauréat du prix René Fallet 2020, a été désigné, avec près de quatre mois de retard.  Il s’agit d’Aly Deminne, pour Les Bâtisseurs du vent (éd. Flammarion) qui  est arrivée largement en tête des votes. D’origine russe, elle est traductrice-interprète en même temps que  professeur de langues slaves et c’est son tout premier roman. L’histoire, qui tourne autour de la reconstruction d’une église, prétexte à une lutte des classes, parle d’humanité, tout en simplicité. Elle est narrée comme un conte, marquée par des tournures syntaxiques plutôt drôles, qui s’inscrivent parfaitement dans l’esprit du prix. Sale gosse de Mathieu Palain (éd. L’Iconoclaste) et La Petite conformiste d’Ingrid Seyman (éd.Philippe Rey) se suivent de près, en 2ème et 3ème positions, devant Une Longue nuit mexicaine d’Isabelle Mayault (éd. Gallimard) et Rhapsodie des oubliés, de Sofia Aouine (éd. La Martinière) qui  ferme la marche. 70 % des lecteurs habituels et 75 % pour les comités ont participé à ce choix, “ce qui est un très beau résultat vu la situation sanitaire”, selon l’association Agir en pays jalignois.

Les-batieurs-du-vent• Suite à l’annulation des Journées littéraires qui devaient se tenir en juin, il avait été décidé de  remettre son prix à celle ou à celui qui serait lauréat(e) au vainqueur le 3 octobre, en l’absence de tout public, du fait des conditions sanitaires. Finalement, il a été décidé d’attendre les prochaines journées littéraires de 2021, à l’occasion desquelles on remettra à la fois le prix 2020 et le prix 2021.  Pour marquer cette édition 2020 particulièrement perturbée, Hélène Gestern, présidente du jury, universitaire et romancière,  elle-même lauréate en 2012, a annoncé qu’elle allait diriger la publication d’un livret dédié aux cinq auteurs qui avaient été sélectionnés parmi une quarantaine mais qui  se sont trouvés privés d’une rencontre avec  leurs lecteurs bourbonnais.

• PRIX VALERY LARBAUD 

LA PRÉSENCE D’UN JURÉ EN QUESTION

• L’affaire Gabriel Matzneff, du nom de l’écrivain soupçonné d’actes pédocriminels, continue de faire des remous, y compris au sein du jury du prix Valery Larbaud.Sans titre Quelques jours avant la remise du prix 2020, le site Médiapart avait révélé que l’un de ses jurés, Christian Giudicelli,   était dans le viseur de la justice pour ses relations avec Gabriel Matzneff. C’est ce qui a poussé l’opposition, par la voix d’Isabelle Réchard,  à interroger le maire de Vichy, Frédéric Aguilera, lors du conseil municipal du 21 septembre. Alors qu’il était question de la candidature de la Ville au label de l’Unicef “Ville amie des enfants”, l’élue s’est fait l’écho d’un internaute, très actif sur les réseaux sociaux, qui s’était ému de la la présence de Christian Giudicelli au sein du jury, même si ce dernier avait fait le choix de ne pas apparaître à Vichy lors de la remise officielle du prix. Après avoir rappelé que la composition du jury ne dépendait pas de la ville mais que celle-ci participait au soutien financier apporté au lauréat, le premier magistrat s’est dit “sensible à cette problématique”. Et de préciser : “À l’époque, j’avais demandé au président du jury de suspendre sa présence à Vichy. J’ai réitéré officiellement il y a quelques mois. Je n’ai pas demandé d’exclure, car ce n’est pas un tribunal, mais de le suspendre du jury. J’ai reçu une réponse il y a peu, m’indiquant que l’ensemble des membres du jury se réuniraient bientôt pour apporter une réponse collective”. Une affaire, donc, à suivre…

• LE PRIX LUCIEN GACHON 2020

ATTTRIBUÉ À MAURICE CHALAYER

AVT_Maurice-Chalayer_6726• Le vendredi 9 octobre, à Châtel-Guyon, le Prix Lucien-Gachon 2020 devait être  remis à  Maurice Chalayer pour son roman Les Neiges du Mont Argental (éditions de Borée). Le lauréat  est formateur dans le domaine de la scierie, mais il est aussi  l’auteur de plusieurs romans, publiés par les éditions de Borée (Les promesses du haut-pays, La paix des collines, Retour à Rochessac, Un buisson d’aubépine). Ils ont tous  pour cadre le monde de la forêt et de la scierie.

• Ce prix annuel  a été créé en  1994, à l’occasion du 10ème anniversaire  de la disparition de Lucien Gachon,  instituteur, géographe et écrivain. Il est destiné à   récompenser un ouvrage dont le cadre se situe dans la grande zone géographique du Massif Central. A l’origine, il était décerné par les élèves de troisième des collèges de la région du Livradois-Forez (Ambert, Saint-Amand-Roche-Savine, Olliergues, Saint-Dier-d’Auvergne, Cunlhat). Depuis 2004, le mode de désignation a été revu. Après une première sélection établie par  Gérard Georges, ancien professeur et principal de collège,  lui-même écrivain,  les 5 à 7 ouvrages retenus, tous publiés dans l’année, sont soumis aux  comités de lecture composés d’un certain nombre de bibliothèques du département (entre 10 et 15 selon les années). Par ce réseau, ce sont environ 200 personnes qui participent à la désignation du lauréat.

• MARIE HÉLÈNE LAFON

EN LICE POUR LA RENTRÉE LITTÉRAIRE

ET PEUT ÊTRE AUSSI POUR LES PRIX

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• Dans le flot des centaines de romans qui commencent à envahir les librairies, à l’occasion de la rentrée littéraire d’automne, figurent quelques “régionaux de l’étape” que les journalistes littéraires de La Montagne ont repérés. Il s’agit du duo Marie-Hélène Lafon –  Franck Bouysse.  Histoire du fils (éditions Buchet-Chastel, 170 p, 15 €), bref roman  de la Cantalienne Marie-Hélène Lafon, devrait constituer “une pièce majeure dans le parcours de cette autrice”, à laquelle la Société des gens de Lettres a remis récemment son grand prix 2020 pour l’ensemble de son œuvre.En à peine 170 pages, elle réussit “l’exploit” de conter une saga familiale qui s’étend sur un siècle.  Pour le Limousin Franck Bouysse,  qui a connu le succès en 2019 avec Né d’aucune femme publié par la Manufacture du livre et réédité par Le Livre de Poche,  l’entrée dans l’équipe Albin Michel constitue une véritable promotion. Son dernier  roman, Buveurs de vent,  est sorti fin août.

MONDE DES LIVRES• Le supplément littéraire du journal Le Monde  (4 septembre) a justement consacré une page aux “Généalogies de Marie Hélène Lafon” et à son dernier roman : “Histoire du fils s’inscrit de nouveau dans son cantal natal, centre névralgique d’une carte que l’écrivaine déploie au fil de ses écrits”, note Xavier Houssin avant de “passer en revue les points cardinaux de son œuvre”. Il en distingue quatre : le pays (“Marie-Hélène Lafon a grandi dans une ferme, dans le nord du Cantal, perdue à 1000 m d’altitude, dans la vallée de la Santoire”), le chantier (“Marie Hélène Lafon n’arrête jamais (…), sans cesse un texte en train de s’écrire”),  l’école (elle est professeur agrégée de lettres  et dans “Les pays”, roman largement autobiographique, elle a raconté les premiers pas de Claire qui quitte son Auvergne natale pour étudier les lettres à la Sorbonne”) et Flaubert, dont on trouve des échos dans plusieurs de ses livres.

téléchargement• En rendant compte du livre de Marie-Hélène Lafon,  Valérie Marin La Meslée  écrit dans le Point (20 août 2020) : “Sur près d’un siècle, l’auteure nous offre dans une langue fluide, un roman dense et chatoyant”. De son côté, dans le même magazine (10 septembre),  Christophe Ono-dit-Biot considère que  “Dans ce roman à la langue charnue et charnelle, cette “ travailleuse du verbe”, comme elle se désigne, nourrie au bon lait de Flaubert, qu’elle révère, est devenue en treize romans l’une de nos tout meilleurs écrivains. Elle réussit le prodige de nous raconter une saga française tendue entre 1908 et 2008 et ancrée dans la terre d’Auvergne  pays perché, pays perdu ”.

► À écouter sur le site de France Culture: Marie-Hélène Lafon : L’écriture est une affaire charnelle: Histoires du fils, c’est une saga familiale qui galope de 1908 à 2008 et qui a pour personnage central André. André qui est élevé avec ses cousines, par la sœur de sa mère Gabrielle et qui découvre, peu à peu, l’histoire de sa famille.”

• ET UN PREMIER PRIX LITTÉRAIRE

POUR HISTOIRE DU FILS…

images◄ Lors de la 42ème  édition du Livre sur la place, l’Association des libraires Lire à Nancy et la rédaction du magazine Le Point, ont décerné le prix des libraires de Nancy —Le Point, à Marie-Hélène Lafon pour son Histoire du fils. Commentaire du jury:Dans ce roman à la langue charnelle, déjà élu parmi les dix livres de la sélection France Inter-Le Point de la rentrée littéraire, cette “travailleuse du verbe” comme elle se désigne, nourrie au bon lait de Flaubert, qu’elle révère,  devenue en treize romans l’une de nos tout meilleurs écrivains, réussit le prodige de nous raconter, en 180 pages, une saga française tendue entre 1908 et 2008”.

• Placé sous le parrainage de l’Académie Goncourt, depuis sa création en 1979, ce prix  récompense un “ coup de cœur” et il donne, chaque année, le coup d’envoi de la rentrée littéraire. Dans les années précédentes, il avait notamment distingué Alice Zeniter, Pierre Lemaitre, Lydie Salvayre, Mathias Enard, ou Santiago H. Amigorena. La remise officielle du prix doit avoir lieu vendredi 11 septembre à l’hôtel de ville de Nancy. Elle sera  suivi d’une conversation avec Marie-Hélène Lafon, animée par Christophe Ono-dit-Biot, directeur adjoint de la rédaction du Point et par les libraires de Nancy. Ajoutons que l’écrivaine fait aussi partie de la première pré-sélection de 14 titres dévoilée le 8 septembre par le jury du prix Renaudot qui sera décerné le 10 novembre, au restaurant Drouant. Elle figure, par ailleurs, dans la première pré-sélection du jury du prix Fémina, rendue publique le 14 septembre.. 

• SYLVIE BARON,

ÉCRIVAINE ET “MILITANTE DE LA RURALITÉ”

58666028_2160238517363865_6591165118631903232_o• Dans La Montagne (11 septembre), Jean-Marc Laurent a consacré un article à Impasse des Demoiselles, le  dernier livre de Sylvie Baron, tout en revenant sur le parcours de cette “écrivaine des Hautes  Terres”. Chacun de ses romans, au-delà de l’intrigue, s’inscrit dans une grande thématique actuelle :“Sylvie Baron est une romancière militante de la ruralité, écrit-il. Chacun de ses livres est un combat. Hier, la désertification médicale (L’auberge du pont de Tréboul), la gestion raisonnée des forêts (L’héritière des Fajoux), la biodiversité (Les ruchers de la colère),  les maires ruraux (Rendez-vous à Bélinay), le savoir-faire des territoires (un coin de parapluie), les libraires indépendants (Le cercle des derniers libraires) et aujourd’hui avec  Impasse des demoiselles, la flamme de ceux qui font revivre l’âme et le patrimoine des villages”. Après avoir publié  la plupart de ses romans chez Calmann-Lévy, Sylvie Baron a rejoint les éditions de Borée.

• “L’ARBRE DU FUTUR”

THÈME DU CONCOURS DE NOUVELLES LANCÉ PAR PRÉTEXTES

923045_509389689178386_537309824_n• À l’occasion de La Caravane du Livre 2021, en partenariat avec Combrailles Durables, l’association littéraire Pré-Textes organise un concours de nouvelles sur le thème  “L’arbre au futur”. Il est ouvert du 15 septembre au 31 décembre à tout(e) candidat(e), sans distinction de nationalité, ni lieu de résidence. Un concours graphique est également ouvert à tout public, afin de réaliser le visuel de couverture du recueil de nouvelles qui sera publié pour regrouper les textes des lauréats. Le concours est accessible à deux catégories de participants : Juniors (à partir de 11 ans) et   Adultes à partir de 18 ans.  En plus du Grand Prix du Jury, des prix seront décernés aux deux catégories ainsi que plusieurs prix spéciaux, le 18 avril 2021, lors de la Caravane du Livre d’Yzeure.

190408153249_img238• Présidée par Roland Fleury, Pré-Textes vise à promouvoir la littérature bourbonnaise, à travers ses écrivains du passé et actuels, tout en épaulant ceux de demain, par une aide à la publication. L’association, qui organise la Caravane du Livre d’Yzeure et  participe à des salons du livre, donne également des lectures publiques en salle ou lors de balades littéraires. Enfin  elle réédite régulièrement des ouvrages d’auteurs bourbonnais injustement tombés dans l’oubli, après avoir connu le   succès. Le dernier titre réédité est le livre d’Henri Laville, Cet âge est sans pitié. 

Contact et règlement du concours : Tél : 06.81.90.96.62  ou  06.78.45.98.14 – courriels : pretextes.asso@gmail.com

• AUTEURS AUTO-ÉDITÉS

UN DÉCRET ATTENDU PUBLIÉ AU J.O.

jo_0 c• Le décret que les associations d’auteurs attendaient depuis longtemps  a été enfin publié au Journal officiel daté du  29 août. Il précise dans le Code de la sécurité sociale la nature des activités ouvrant droit à l’affiliation au régime social des artistes-auteurs. Jusqu’à présent l’Agessa, l’organisme qui pilote la Sécurité sociale des auteurs, se référait à une simple circulaire émise en 2011 par le gouvernement. La principale nouveauté du décret réside dans l’extension du régime social des artistes-auteurs aux écrivains autoédités et publiés  à compte d’auteur. Les revenus tirés du financement participatif sont désormais inclus dans l’assiette des recettes de l’auteur. Les récompenses de prix et le travail de sélection effectué en tant que juré seront également comptabilisés par l’Agessa. Plusieurs points contenus dans le décret ne font toutefois pas l’unanimité dans la communauté des auteurs. 

Savoir plus: Sécurité sociale des artistes-auteurs : le “déni de démocratie” se confirme… (À lire sur le site ActuaLitté)

EN BREF…

téléchargement (1)◄  Si les conditions sanitaires le permettent, l’exposition permanente consacrée à l’écrivain Albert Bonneau, au Château de la Motte, à Voussac, sera ouverte le dimanche 18 Octobre de 10 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 00. Le même jour, à 14 h 30, une conférence sera présentée sur les liens particuliers  qu’entretenait Albert Bonneau avec le Bourbonnais.

• Fin septembre, avec la publication par Rebelle éditions de Traqueuse d’abandon, C.S. Angeline (Coralie Smierzchalski pour l’état civil) a accédé au statut d’auteure. coralie-smierzchalski-premier-roman-traqueuse-d-abandon_4878874Ce premier roman, auquel la jeune nérisienne de 24 ans  s’est attelée  il y a déjà 7 ans,  est écrit dans le style urban fantasy, un courant littéraire inscrit dans un  monde où technologie et magie se côtoient.  Elle présentera son livre fin septembre, à l’occasion des  Aventuriales, le salon du livre de Ménétrol : « J’ai un peu peur de ne pas réussir à parler de mon livre aux lecteurs que je verrai. Mais je n’appréhende pas du tout les retours, positifs ou négatifs. Ça veut dire que ça a touché les gensd’une façon ou d’une autre”. Ce qui a plu à Astrid Lafleur, son éditrice, ce sont les créatures qui peuplent le roman et entourent « une héroïne très forte”. Pour elle “l’écriture de Coralie est merveilleuse, très addictive, puissante. Coralie décrit beaucoup, donc on a l’impression d’être derrière l’héroïne« .  Les deux autres tomes paraîtront en septembre 2021 et septembre 2022.

CvlMS056b◄ Les Cahiers Valery Larbaud,  ont publié leur n°56 – année 2020 (éditions  Classiques Garnier, 76 p, 35 €) . Au sommaire : Avant-propos (Paule Moron) – Pages de journal 1999 (Michel Déon) – Les deux rives : souvenirs littéraires (extraits) (Roger Grenier) – Palmarès du prix Valery Larbaud, de 1967 à 2019 – 53ème  prix Valery Larbaud remis à Vichy en mars 2019, réception du prix (Anton Beraber) – La vie de l’association : in memoriam Jean Blot (1923-2019) -Assemblée générale du 10 mars 2019. Les cahiers sont publiés par les éditions Classiques Garnier.

• Le poète, romancier, traducteur et journaliste Frédéric Jacques Temple, né en 1921, figure de la culture occitane,  est décédé le 5 août, dans le Gard. Il avait reçu le prix Valery Larbaud en 1990 pour son livre  Anthologie Personnelles (éditions Actes Sud)  et le prix Guillaume Apollinaire en 2013.

4876969• Aujourd’hui âgé de 76 ans et habitant en Normandie, Marcellin Grousselas est un enfant de l’Assistance publique. Il a passé toute sa jeunesse à Marcillat-en-Combraille, dans une famille d’accueil, et il a fréquenté l’école et le collège de Marcillat, de 1952 à 1962. Il est revenu sur les terres de son enfance à l’occasion d’une séance de  dédicace de  son ouvrage autobiographique , Les chemins de la révolte, à  la Maison du tourisme à Marcillat. De l’enfance à l’adolescence, de l’âge adulte à aujourd’hui, il raconte comment, enfant de l’assistance publique – comme 45 % de ses camarades à l’époque – il en a « bavé ». Il a été placé chez une mère « peu affectueuse, dure avec elle-même et les autres ». À l’école, confie-t-il,  ce n’était pas mieux: « Les instituteurs n’aimaient pas les enfants de l’assistance et le professeur, pour ne pas déplaire aux notables de l’époque, nous détestait naturellement ». Son maître d’école a même refusé de le présenter au certificat d’études. C’est ce qui explique que, d »une injustice à une autre, il a dû combattre  à sa façon pour se faire respecter.  

Pâté-aux-pommes-de-terre-1150x0• Dans La Montagne daté du 23 juillet, on pouvait lire un article signé par  Gaëlle Chazal,  intitulé  “ Un pâté emblème du Bourbonnais” : “ Plat paysan, né en 1789, le pâté aux pommes de terre se transmet de grand-mère en grand-mère et de confrère en confrère”, écrivait-elle,  en situant sa naissance entre  Target et Voussac. De son côté, Antoine Paillet se montre beaucoup moins affirmatif. Dans son livre La Fabrique d’une province (éd. Bleu autour, 2020), il émet des doutes sur l’ancienneté supposée du pâté aux pommes de terres et le considère comme“ une monotonie culinaire largement partagée, au moins entre provinces du Centre”. Et de préciser : “Quoi qu’il en soit de cette tradition culinaire, elle ne saurait être antérieure au XIXe siècle. La qualifier chez nous de “bourbonnaise” est au moins un abus de langage et un raccourci historique ” (p. 508). Une querelle historique qui n’enlève toutefois rien à l’intérêt gustatif de ce produit dont la réputation est défendue par la Confrérie du pâté aux pommes de terre.

téléchargement◄ Ancien commando marine durant la guerre d’Algérie (1959-1962), le Désertinois Claude Vignais, qui a déjà à son actif plusieurs livres, a signé un nouveau roman historique, intitulé Les Rebelles de la Royale (382 p., 20 €). Dans cet ouvrage auto-édité, il retrace les exploits des soldats du 1er régiment de fusiliers-marins qui rejoignirent les Forces françaises libres, en juin 1940.  Il a animé une conférence basée sur son livre, à l’hôtel de ville de Montluçon, le 25 août.

• Dans son dernier livre,  Il faut aimer la vie,  même si… (éditions Ecritorium, 214 p.,  18 €)  Sylvie Livet, aborde de nombreux thèmes comme les questions que peuvent se poser les enfants sur la mort, l’écologie, l’état de la planète…Née à Saint-Menoux en 1958 et résidant à Neuvy, elle est allée à la rencontre des Ménulphiens,  à l’occasion d’une séance de dédicace sur le marché local, le 12 août.

9782204133258ori-5c58527325cc8◄ Mgr Laurent Percerou, né en 1961 à Dreux, ordonné prêtre en 1992 et évêque de Moulins depuis 2013, a été nommé évêque de Nantes, le 11 août.  L’hebdomadaire Le Point (20/08) l’a fait figurer dans la rubrique En forme. En tant que président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes au sein de la Conférence des évêques de France, il avait  écrit la présentation du livre : Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, documents final du synode des évêques (Bayard, éd. du Cerf, 2019, 192 p., 12 €).

2019-04-simon-vers-une-france-paienne-6-5cb74af8b26baMgr Hippolyte Simon est décédé le 25 août à l’âge de 76 ans. Né en 1944, ordonné prêtre  du diocèse de Coutances en 1970, il avait été nommé évêque de Clermont-Ferrand en  1996. Une fonction dont   il avait démissionné pour raison de santé le 22 février 2016. Il laisse de nombreux livres, parmi lesquels en dernier lieu  Vers une France païenne ? coécrit avec François taillandier.  (éd. du Cerf, 2019, 211 p.). En 2014 il avait dirigé la publication de  Clermont : l’âme de l’Auvergne (Strasbourg  éd.  la Nuée bleue, 429 p., 85 €).

• La presse s’était fait l’écho d’une possible candidature aux élections sénatoriales de l’écrivain et éditeur nérisien Philippe Chatel.  Il apparaît qu’il n’a finalement pas donné suite, son nom  ne figurant pas sur  la liste officielle des 5 candidats enregistrée par la préfecture, le 11 septembre.

• Richard Morier, écrivain domicilié à Saint-Clément, a dédicacé, à la Maison de la Presse du Mayet-de-Montagne, son nouveau roman Akris (éd. Les Films 19, 414 p., 17 €) qui “relate une aventure humaine, en marche vers un monde nouveau, plein d’espoirs mais aussi  d’inquiétudes”.

téléchargement◄ Anne-Marie Desbordes Marsaud de Labouygues, ancien médecin chef de l’Assurance maladie pour le département de l’Allier et experte judiciaire, a publié son premier ouvrage, un roman d’aventure, intitulé  Le fabuleux destin de Marie Bruckman, de Bruxelles à Saint-Pétersbourg (éd. Baudelaire, 2020, 349 p., 26 €). Cette fiction historique se déroule pendant la Grande Guerre et plonge ses racines dans l’histoire familiale de l’autrice.

• Le 19 septembre, la librairie Carnot à Vichy a accueilli Anne Clairet (née en 1973),  qui a présenté  son dernier ouvrage,  Histoires de marchands de toiles, préfacé par Hélène Lafon (éditions la Flandonnière, 2020, 159 p., 29,90 €). Elle y  évoque la migration auvergnate des marchands de toile, ces négociants-voyageurs, héritiers des colporteurs de jadis, qui partaient du Massif central pour vendre des mètres de toile de drap dans toute la France.

Une-femme-au-front◄ Martine Laroche-Joubert (née en 1947) a reçu le Prix national du document littéraire pour son livre : Une femme au front : mémoires d’un reporter de guerre ( éditions Le Cherche-Midi, 2019, 192 p., 17 €).Il lui a été remis le 25 septembre au Petit théâtre impérial à Vichy. Selon elle “le regard du journaliste, avec les fausses nouvelles, la propagande, est de plus en plus indispensable pour comprendre ce qui se passe dans le monde”.

• La 15ème  édition des Rencontres de Chaminadour s’est tenue du 17 au 20 septembre à Guéret(Creuse). Cette année c’était Virginia Woolf qui était à l’honneur (www.chaminadour.com).

• Dans L’Aurore du Bourbonnais du 31 juillet, le comédien Michael Lonsdale, décédé le 21 septembre, avait publié un article intitulé “La Diaconie de la beauté, témoignage de Michael Lonsdale”. Le texte était daté du 26 juillet 2020.

Cuisiniers-a-Roanne-Relie◄ Né à Chalons-sur-Saône en 1928, le chef cuisinier roannais  Pierre Troisgros, décédé à Roanne le 23 septembre, avait contribué grandement à faire basculer la gastronomie française dans l’ère moderne. Avec son frère Jean Troisgros (1926-1983), il était l’auteur de  Les recettes originales de Jean et Pierre Troisgros, cuisiniers à Roanne. Le livre qui avait fait l’objet de deux éditions chez Robert Laffont (1977 et 2009), avait été réédité par les éditions Marabout en  2012.

9791032102442-wpcf_180x261◄ Le juriste Charles Zorghibe est l’auteur de  Les éminences grises, dans l’ombre des princes qui nous gouvernent (éditions de Fallois, 2020, 492 p, 24 €). C’est “Une galerie de portraits de conseillers de rois et de présidents français ou étrangers. Divertissant et instructif ”, écrit  J. de Saint-Victor dans  le Figaro littéraire du 24 septembre. On ne s’étonnera pas d’y retrouver François de Grossouvre, qui fut longtemps très proche de François Mitterrand et dont on connaît les attaches avec le Bourbonnais. 

• Le 26 septembre, à Cusset, s’est tenue la 3ème édition du festival Venez Buller à Cusset  dédié à l’univers de la bande dessinée et des comics. Figure locale du 9ème  art, Esther Gil, auteure invitée d’honneur, et son complice le dessinateur Laurent Paturand, ont signé leur livre-album  Victor Hugo aux frontières de l’exil (éditions Maghen, 2013, 112 p.).

075_001 (2) Dans le cadre du Plan de relance économique, le ministère de la Culture a annoncé, le 28 septembre,  la  transformation des anciens  hôpitaux de Clermont-Ferrand et de Besançon en bibliothèques centrales, les travaux  d’aménagement étant prévus pour 2021-2022. Les deux projets sont d’envergure, avec 30M€ qui seront investis, à raison de 15M€ en 2021 et de  15 M€ en 2022. À Clermont-Ferrand, où  l’ouverture de l’îlot de Hôtel-Dieu a dores et déjà été  annoncée pour 2024, on   vise un million d’usagers par an. La construction de ces nouveaux lieux culturels permettra aussi aux municipalités de bénéficier du soutien du ministère de la Culture, en faveur de l’inclusion numérique.

L’ACTU DES ÉDITEURS

Bleu autour • TROIS NOUVEAUTÉS AVANT LA FIN DE 2020

ET UNE QUINZAINE DE TITRES PRÉVUS POUR 2021

Le_braconnier_de_dieu• Les éditions Bleu Autour ont annoncé la parution, fin octobre, dans leur collection Classiques, du  roman de René Fallet, Le braconnier de Dieu. Sorti en 1973, il sera préfacé par Gérard Pussey (1 vol. br, 288 p, illustrations, 27 €). De quoi constituer,  en ces temps difficiles, un  véritable “antidote à la morosité”. L’attaque du roman est bénie : “ Ce fut en allant voter Pompidou que Frère Grégoire rencontra le péché”…Désobéissant au supérieur de son abbaye bourbonnaise, il vote communiste puis part vivre d’amour et de saint-pourçain frais.  Pour autant, Grégoire Quatresous, devenu  ouvrier agricole, ne jette pas sa vocation aux orties : dans la joyeuse langue du cru, il célèbre les bienfaits divins d’ici-bas, allant jusqu’à fonder une abbaye rabelaisienne. Et toute une France rurale et gaillarde, rétive au satané progrès, reprend vie. Ce qui a fait écrire à Georges Brassens que “Ce trappiste à bonne tête de Bourvil, La Fontaine et Marcel Aymé l’auraient aimé comme un frère”.

• Dans La Montagne, Patrice Rötig confesse que Le braconnier de Dieu est le premier roman qu’il ait lu, en s’installant dans l’Allier, à 20 ans: “Moi qui venais de Paris, tout m’était exotique ici”. Et l’éditeur d’ajouter à propos de ce roman  qui selon la journaliste Stéphanie Ména célèbre autant “l’amour et les femmes,  l’ivresse et le vin,  la pêche et ses prises, ou l’amitié”: “Fallet a une vision de la vie qui ne s’exprime pas contre la religion mais pour un humanisme à la manière de Rabelais Ce roman, est son abbaye de Thélème”. Quant à Gérard Pussey,  neveu de l’écrivain et  contributeur important de cette réédition, il estime que le roman “affirme la primauté du style, toujours mordant chez Fallet“ mais il note aussi que “lhédonisme militant du texte n’en exclut pas la critique sociale”. Il rappelle  que face aux temps qui changent , pas plus que dans sa vie, “Fallet n’a jamais applaudi la modernité” “dans aucun de ses romans

• En attendant sa sortie officielle, fin octobre,  Le Braconnier de Dieu a été présenté en avant-première, le 16 octobre, au cinéma René Fallet, à Dompierre-sur-Besbre, en présence de contributeurs, comme Agathe Fallet ou François Colcombet.  En prélude aux échanges et dédicaces, le film adapté du roman en 1983  par Jean-Pierre Darras a été projeté. Au générique, figuraient Pierre Mondy, Michel Galabru ou encore Annie Cordy.

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• Dans la même collection, Bleu Autour publiera en novembre  Mon frère Yves (1883), l’autre roman breton de Pierre Loti, avec Pêcheur d’Islande (1886), préfacé par Bruno Vercier. Il s’agit du fac-similé d’une édition rare datant de 1927 et illustrée par Renefer (1 vol. br, 440 p, illustrations, 32 €). L’écrivain fait œuvre pionnière d’autofiction et apporte sa pierre à la mythologie de la mer et des ports dans cet ouvrage un peu fou et palpitant, sombre et gai, aux personnages puissants, sans doute le plus surprenant chez lui. Les deux rééditions de René Fallet et de Pierre Loti seront accompagnées de nombreuses notes,  commentaires et illustrations, selon le principe de la collection.

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• Troisième publication annoncée, Le monde de l’Angle. Voix paysannes (1915-2020). L’ouvrage, fruit du travail de l’historienne Corinne Legoy, est illustré par Étienne Davodeau (1 vol. br , 272 p, illustrations, 27 €). La  préface est signée par Alain Corbin, l’un des initiateurs de l’histoire “des sensibilités” ou de la “micro-histoire”. Il  comportera une véritable innovation, avec  deux “films sonores”  enregistrés sur une clé USB jointe au livre. Signés par le  réalisateur Philippe Busser, ils donnent à entendre les voix des quatre générations de paysans qui se sont succédé à la ferme dite de L’Angle, au Mont-Dore. Dans l’un de ces “films”, les comédiens Monique Brun et Olivier Perrier lisent des extraits du “carnet” de Blaise, l’ancêtre de la ferme de l’Angle.

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• En 2021, Bleu Autour compte publier une  quinzaine d’ouvrages parmi lesquels, en février,  Simple silence, un essai littéraire d’Enis Batur, et Méditerranées, un recueil de nouvelles, qui constitue le l’ultime livre  d’Aziz Chouaki, dont Bleu Autour avait publié le premier, Baya, un roman des plus singuliers et émouvants.

• Les  éditions Bleu Autour étaient présentes  aux Rendez-vous de l’histoire de Blois, du 7 au 11 octobre.  Elles devaient y organiser  trois conférences. L’une d’entre elles a permis  à Antoine Paillet de présenter et de défendre son dernier livre, Le Bourbonnais, la fabrique d’une province française, paru en mai dernier.

• GEORGES CHANON FERME  LES ÉDITIONS DU ROUREroure_index

JE DOIS DIRE QUE CE FUT UNE BELLE AVENTURE”…

• La disparition d’une maison d’édition installée en région, même lorsqu’elle résulte d’un acte volontaire de son fondateur, n’est jamais une bonne nouvelleGeorges CHANO ROUREC’est le choix qu’a fait l’éditeur Georges Chanon qui avait fondé en 1977  les éditions du Roure, installées à Polignac, en Haute-Loire : “Il faut savoir arrêter une histoire”, a-t-il annoncé, en rappelant qu’il avait prévenu depuis longtemps qu’à 70 ans, il cesserait de produire des livres.  En revanche, Roure continuera d’exister en tant que vendeur de livres, afin d’écouler auprès des libraires et des particuliers  une partie du stock existant, riche de 200 titres.  Celui qui  dit avoir toujours  géré sa maison “en bon père de famille”, affirme cesser l’activité éditoriale “sans regret, sans amertume et…sans dettes ». Il reconnaît toutefois qui si la maison d’édition a pu perdurer, c’est parce que ses initiateurs avaient tous une activité professionnelle autre qui   leur a permis de vivre, lui-même ayant été  secrétaire de mairie. Cette durée, L’éveil de la Haute-Loire l’a saluée en ces termes : “Indestructible et indomptable, (la maison d’édition) a franchi les années sans ciller, toujours debout sur cet énorme cimetière littéraire constitué d’innombrables petites maisons d’éditions vite enterrées. Et même devant le monstre Amazonien qui ne cesse d’alimenter tous les jours ce charnier, elle est resté droite et fière grâce à son identité”.

ROURE
Les publications de 2020

• Les débuts de l’aventure remontent à 1977, lorsque Georges Chanon et une poignée d’autres “aventuriers” ont uni leurs efforts pour créer les éditions du Roure, en référence  au nom du chêne en occitan. L’objectif était de publier  des textes en langue d’oc, à commencer par une Anthologie de l’écrit occitan, Haute-Loire et Loire  d’Yves Gourgaud. Toutefois, devant les difficultés à trouver de nouveaux écrivains en langue d’oc, il a fallu revoir le projet éditorial. En moins d’un demi-siècle, les publications se sont succédé pour constituer un catalogue riche de 200 titres, répartis dans différentes collections entre littérature, essais, histoire, polar, au rythme de 6 à 10 titres par an. Un comité de lecture restreint avait été constitué pour  faire le tri entre les manuscrits reçus, “ dont on s’aperçoit très vite, avant la dixième page, si c’est bon ou non”. Il est arrivé que des livres intéressants par leur sujet nécessitent une réécriture, pas toujours facile à faire admettre à l’auteur, se remémore l’éditeur. Pour le perfectionniste Georges Chanon, “ un bouquin, c’est comme un enfant, il faut un an entre le moment où l’on travaille le manuscrit et le moment où il est publié”. Donc, pas question de donner dans “la cavalerie” éditoriale en multipliant les parutions  pour simplement “faire de la trésorerie”, un « sport » auquel se livrent trop de maisons d’édition, jusqu’au jour où…

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Les publications de 2019

• Au-delà des biographies de Jules Vallès et de Jules Romains, les deux enfants du pays, la liste est longue des titres et des collections : la publication pendant une décennie des résultats d’un concours de nouvelles représentant les 10 meilleurs textes sur les  200 en lice,terre ecrivains GM la littérature policière avec la  collection Polar Roure, la  collection Dire, écrire, témoigner, sur la maladie, des monographies communales sur  Monlet, Lantriac et  Allègre. Il faut y ajouter  le Terroir avec des livres sur les plantes, les animaux, les paysans d’Ardèche et  surtout l’Histoire avec les 12 titres du collectif du Centre d’histoire sociale de Haute-Loire ainsi que les 17 volumes sur Les Boutières en histoire. Ajoutons-y les 11 titres de  la collection dédiée à la Résistance et à  la seconde Guerre mondiale. Georges Chanon, lui même, a pris la plume pour écrire Haute-Loire, chemins d’écrivains,  qui recense des textes d’auteurs ayant écrit sur le département. Certains titres ont suscité davantage de des réactions, comme la biographie du révolutionnaire Georges Couthon. Conclusion de l’éditeur, presque en forme d’épitaphe : “Et si l’on a quelques fois l’impression de publier dans le désert, je dois dire que ce fut une belle aventure”.

• LES ÉDITIONS DE BORÉE

RENFORCENT LEUR PÔLE ÉDITORIAL

75446568_2497121013675612_1225443887120646144_o• Depuis le 1er septembre, Alexandra Pastéris-Boucher a rejoint les éditions Centre France Livres –  De Borée où elle sera éditrice et responsable du secteur fiction. Après avoir travaillé pour les éditions Gallimard en tant qu’éditrice jeunesse (Folio Jeunesse), elle a ensuite rejoint le groupe Hachette en 2001, pour s’occuper des projets des éditions des deux Coqs d’ore et de Disney Hachette. Elle a ensuite poursuivie sa carrière au sein de Patati Patata puis du département édition du groupe Boiron, dont elle a été directrice entre 2012 et 2019.

 • Son arrivée chez de Borée  permettra de renforcer le pôle éditorial  dirigé par Florence Sultan, dans lequel elle côtoiera Stéphanie Jardy, responsable du secteur beaux livres, et Bérénice Boulay, en charge de la collection Mon Poche.  Selon Florence Sultan , il s’agit de “réaffirmer l’ADN de la maison ancrée dans le territoire en lui donnant une aura nationale à l’édition. Ce nouveau poste a pour objectif d’accompagner les auteurs tout en cherchant des nouvelles voix et de nouvelles plumes”.

• Fondées en  1989 par Gérard Tisserand et Gérald Layani, deux anciens dirigeants des éditions Horvath, les éditions de Borée, qui avaient aussi une activité de diffusion et de distribution pour d’autres éditeurs,  avaient connu un essor important jusqu’à leur dépôt de bilan en 2015. À cette date, elles ont été reprises par  Centre France la Montagne. Au sein de ce  groupe, les éditions de Borée et leurs activités annexes  représentent aujourd’hui 5,7 M€ de CA sur 204 M€, soit 2,8% du  CA total

• ÉDITIONS DES GUIDES MICHELIN

DES VENTES RECORD DURANT L’ÉTÉ

POUR LE GUIDE AUVEGNE BOURBONNAIS

81f-s0RmVuL• Conséquence de la pandémie de Covid 19, les touristes français ont privilégié la destination France pour leurs vacances d’été et, particulièrement, l’Auvergne. De quoi  faire s’envoler  les ventes des guides verts Michelin.  En juillet, celui consacré à l’Auvergne, mais aussi au Bourbonnais,  a été le plus demandé de la collection, au point que l’éditeur a dû procéder à une réimpression, dans l’attente de la sortie en mars prochain de la nouvelle édition. L’Auvergne a réussi l’exploit de devancer les leaders habituels de la collection que sont les guides Bretagne sud et Bretagne nord, ainsi que ceux consacrés à l’ensemble  Lot-Aveyron-Vallée du Tarn et aux Chemins de Saint-Jacques. Selon  Philippe Orain,  directeur des Guides verts Michelin, après une hausse de 40% des ventes, dès le 20 juillet, le guide Auvergne était en rupture de stock. Une tendance qui a été ressentie dans les librairies de la région : fin juillet, la librairie des Volcans, à Clermont-Ferrand, en avait déjà vendu 73, contre 59 sur l’ensemble de l’année 2019, détrônant les leaders habituels que sont la Corse et la Bretagne.

• UN PLAN SOCIAL CHEZ DILISCO

À CHÉNIERS (CREUSE)

dilisco• La crise sanitaire a eu d’importantes répercussions économiques et financières sur la filière de  la diffusion et de la distribution de livres. Parmi les entreprises qui ont été frappées,  figure Dilisco. Devenue une filiale du groupe éditorial Albin Michel, l’entreprise avait été créée à la fin des années 1980  par les éditions Magnard, dont le fondateur, Roger Magnard était creusois. C’est ce qui explique son implantation au cœur du Limousin,  à Cheniers, ou sont employés 90 salariés. Si Dilisco a pu retrouver une activité quasi-normale, comme avant le Covid, celle-ci a accusé une chute de 90% durant la période de confinement. À cette baisse importante de chiffre d’affaires, est venu s’ajouter le départ d’un de ses principaux clients, les éditions Trédianel qui réunissaient une dizaine de maison d’édition et qui  représentaient 20% du chiffre d’affaires. C’est ce qui a conduit Dilisco à mettre en place un plan social qui pourrait concerner une quinzaine de salariés, d’ici à la fin de l’année.

•BRIVE 2020

Sans titre

LA  39eme  ÉDITION SUCCOMBE AU COVID 19

• La 39ème Foire du livre de Brive  devait avoir lieu  les  6, 7 et 8 novembre, malgré la lourdeur des contraintes sanitaires.   Entre une quarantaine et une soixantaine  d’auteurs seulement  avaient annoncé leur présence, à l’invitation de  la direction de la culture de la ville, et non pas des éditeurs, comme c’était le cas  lors des précédentes éditions, où l’on en a compté jusqu’à plus de 300. Le  fameux train du livre, quant à lui, était carrément passé à la trappe. unnamedCompte tenu de la situation sanitaire, les organisateurs s’étaient creusé la tête pour  revoir l’ensemble du déroulement. D’abord, il  ne devait  pas y avoir  de tables de signatures car, selon  François David,  commissaire général de la foire,  “mettre des auteurs devant une table, dans le contexte actuel, c’est purement et simplement impossible”. Les écrivains présents auraient  toutefois pu  intervenir par des conférences  présentant leur travail, avant de prendre part à des séances de  signatures dans le respect strict des règles sanitaires. Afin de connaître l’identité de toutes les personnes qui y  assisteraient,  un système d’inscriptions obligatoires avait été décidé .

• Autre changement qui avait été acté, celui du lieu : la foire 2020 aurait abandonné provisoirement la halle Georges Brassens pour se partager entre  cinq  nouveaux sites:   le théâtre, l’espace des Trois Provinces, le cinéma Rex, l’amphithéâtre de la CCI et l’auditorium. Enfin, pour que la Foire du livre puisse faire une  place à toute la diversité des productions éditoriales, il etait prévu d’organiser entre février et juillet 2021, cinq  week-ends thématiques : après la littérature jeunesse, cela aurait dû être  les sciences humaines et la littérature régionale,  avant la bande dessinée  pour laquelle deux jours étaient  réservés en mai, dans les locaux des  Trois Provinces. 

• Bref, “une  foire de résistance”, était en train de se  substituer à la foire traditionnelle, avec la volonté affichée à destination des 7 libraires partenaires de dépasser  “cette année compliquée et d’essayer de sauver les meubles Et puis, patatras! Face aux  “incertitudes trop nombreuses”, toute cette belle organisation n’aura servi à rien puisque, le 6 octobre, le maire de Brive,  Frédéric Soulier, a annoncé que la 39ème  édition de la foire du livre était  purement et simplement annulée et   qu’elle était remise à  2021, du 5 au 7 novembre. Elle sera alors  placée sous la présidence de Didier Decoin, président de l’Académie Goncourt. Dans un communiqué, l’élu qui parle de “décision douloureuse”, explique qu’elle a été  “ prise dans un total esprit de responsabilité et de lucidité. Les protocoles sanitaires liés à la pandémie de Covid-19 et le classement, vendredi, de la Corrèze en zone d’alerte, ne permettaient plus d’envisager sereinement l’organisation de cette édition, ni dans sa forme habituelle, ni sous une autre forme sur laquelle les équipes travaillaient depuis la fin du mois d’août”. Comme aurait pu l’écrire Jean Giraudoux, “La foire du livre, comme la guerre Troie,  n’aura pas lieu !”

POUR SE SOUVENIR DE CE À QUOI RESSEMBLAIT

LA DERNIÈRE FOIRE DU LIVRE  EN 2019...

• En 2019, France 3 Aquitaine avait réalisé un long reportage sur la Foire du livre de Brive, avec une déambulation parmi les auteurs présents qui avaient l’occasion de présenter leurs derniers ouvrages…

L’ACTU DES BIBLIOPHILES

• À l’initiative de l’association Lacme, présidée par Joël Talon,  le livre ancien  sera à l’honneur, avec deux grands salons qui devraient attirer autant  les bibliophiles que les simples amateurs de livres d’occasion. Le premier s’est tenu   les 19 et 20 septembre  à Lapalisse, Salle de la Grenette. Le second, qui remplace celui de Souvigny, se déroulera aux Vieux Melays, à Neuvy, les 21 et 22 novembre. Renseignements : tél: 06 77 89 22 49 – courriel:  lacme@wanadoo.fr

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• Dans le dernier catalogue de la Librairie Paul Jammes intitulé : Relier, à signaler :

256_001• Larbaud (Valery).A. O. Barnabooth. Ses œuvres complètes c’est-à-dire : un conte, ses poésies et son journal intimeParis, N.R.F., 1913 – 432 p. Très élégante reliure de P. L. Martin (1913-1985) – 12 000 €

• Procès-verbal des séances de l’Assemblée provinciale d’Auvergne, tenue à Clermont-Ferrand, dans le mois d’août 1787 – Clermont-Ferrand, imprimerie Delcros, 1787 – 407 p. – 900 €. Dans cette assemblée où apparaissent les prémices de la Révolution, Lafayette se prononça pour la suppression des lettres de cachet et des prisons d’État.- Très beau cartonnage en papier dominoté d’Orléans, chez Perdoux.

• Au catalogue de la même librairie Jammes (en ligne): Achille Allier, L’Ancien Bourbonnais. Édition originale (1838), 2 volumes de texte et un volume de planches (135) – 2 500 €. La réédition du même ouvrage (Crépin-Leblond, Moulins1934) figurait au catalogue, printemps 2020, de la librairie Devaux à Moulins – 500 €

L’ACTU DES MÉDIAS

 • LAURENT CIBIEN

LE DOCUMENTARISTE MONTLUÇONNAIS

ET SON “POTE DE DROITE” (ACTE III)

Affiche-Edouard-2• Le journaliste et réalisateur  Montluçonnais Laurent Cibien figurait parmi les invités des 23ème Rendez-vous de l’histoire de Blois, du 7 au 11 octobre. Auteur du documentaire en plusieurs volets  Édouard, mon pote de droite, consacré au parcours politique de l’ancien premier ministre Édouard Philippe, il et intervenu  dans le cadre du cycle  cinéma placé sous la parrainage de Raymond Depardon.  Il a participé notamment, le 9 octobre, à une conférence sur l’art du documentaire politique. Il a également eu  l’occasion de présenter en avant-première le 3ème épisode  de sa série Édouard, mon pote de droite, dans une version provisoire. Ce nouveau volet, intitulé Aux manettes, est centré sur la période  durant laquelle le  maire du Havre, issu des rangs de l’UMP,  a été choisi par Emmanuel Macron pour être le locataire de Matignon. Édouard Philippe en personne était présent aux Rencontres.

photo_laurent• Vu le nombre de sollicitations pour des interviews,  le documentaire de Laurent Cibien même dans sa version non encore aboutie,  était  particulièrement  attendu. Dans Le Monde (11-12 octobre), Olivier Faye écrit: Le meilleur conteur de cette transhumance, n’est autre que le réalisateur Laurent Cibien qui filme la carrière d’Édouard Philippe depuis 2004. Il en a tiré la série documentaire “Édouard, Mon pote de droite”. Un montage provisoire du 3ème volet, intitulé “Aux manettes”, a été projeté à Blois: 70 minutes au cœur  de la première année du juppéiste à Matignon, entre 2017 et 2018, principalement composées d’entretiens en tête à tête avec son sujet d’étude. Il s’y dessine un homme sûr de ses choix et de ses ambitions”. Toutefois, la version projetée à Blois  s’arrêtait à la veille de la coupe du monde de football France-Croatie, le 15 juillet 2018. Il restera donc à intégrer, après la liesse éphémère  générée par la victoire des Bleus, d’autres épisodes particulièrement “chauds” comme l’éclatement de “ l’affaire Benalla”, quelques jours plus tard, suivi d’un “déchaînement de crises”, entre les Gilets jaunes, les grèves et manifestation contre la réforme des retraites et, bien sûr, le Covid 19. Il faudra toutefois  patienter jusqu’en 2021 pour pouvoir voir le documentaire à la télévision, dans sa version définitive.

• À propos de la présence à Blois de Raymond Depardon, grand maître es-documentaires politiques, Laurent Cibien a confié à La Montagne, son émotion: “ J‘ai eu un peu le trac de me retrouver avec ce grand monsieur. Son film sur Giscard, “1974, une partie de campagne”, a tellement bien résisté au temps. Quand on peut regarder un film quarante ans plus tard et  se dire qu’il raconte encore quelque chose d’universel, c’est que c’est un grand film”. Yves Jeuland, auteur d’un portrait documentaire remarqué  et “remarquable” (dixit Laurent Cibien) consacré à  Georges Frêche, l’ancien maire haut en couleur de Montpellier, était également présent. En revanche, Édouard Philippe, qui était venu évoquer à Blois  “son imaginaire politique”, n’a pas assisté à le projection de “Aux manettes”.

• GEORGES MABRUNOT

JE FAIS MON MÉTIER DE JOURNALISTE

• Un Emmanuel Macron courroucé,  faisant la leçon à Georges Malbrunot,  grand reporter du Figaro et spécialiste du Moyen-Orient (né en 1962 à Montaiguët-en-Forez)… Georges_MalbrunotLa scène diffusée par LCI, le 2 septembre, n’est pas passée inaperçue. Elle avait été enregistrée la veille, à l’occasion d’une réception donnée à Beyrouth, lors du déplacement du chef de l’état. Motif de l’ire présidentielle : un article intitulé « Macron revient au Liban, face aux chefs de clan, publié le 31 août par Le Figaro. Georges Mabrunot y expliquait que  la France avait menacé de sanctions les responsables libanais s’ils n’acceptaient pas des réformes. Dans la scène captée par LCI, on  peut voir et entendre Emmanuel Macron lancer au journaliste, qui fut lui-même otage il y a quelques années : « Ce que vous avez fait là, compte tenu de la sensibilité du sujet, compte tenu de ce que vous savez de l’histoire de ce pays, est irresponsable ! ».

• Face aux sollicitations de la presse,  l’Elysée s’est senti obligé d’apporter quelques précisions : “Le problème n’est pas qu’il l’ait écrit et qu’il ait des sources, mais qu’il ne nous laisse pas la possibilité de démentir des choses aussi importantes. C’est pour cela que le président a parlé de déontologie”. Pour Georges Malbrunot, la réaction du président de la république est inacceptable, autant sur la forme que sur le fond : “J’ai dit au président que mes sources étaient sûres. Il m’a reproché d’avoir gêné son action, moi je fais mon métier de journaliste”. Parmi les nombreux  messages de soutien qu’il avait reçus, le journaliste a retweeté celui de l’ancien journaliste  Bernard Langlois, bien connu pour son esprit d’indépendance : “ Voilà où ça mène, la politique du “en même temps”: le matin, tu proclames la liberté de la presse et le droit au blasphème et l’après-midi, tu engueules comme du poisson pourri, et en public, un journaliste qui a (bien) fait son métier...”. Du côté de l’Élysée, on considérait que l’incident était clos.

Z Casser rôles

FAIT LA CHASSE AUX STÉRÉOTYPES SEXISTES…

MAIS PAS SEULEMENT

Casser Rôles, c’est  le titre d’une revue qui se définit comme “journal féministe et  libertaire à prix libre”.  Fondée par un collectif creusois, la revue qui vient de publier son 13ème  numéro, est centrée sur  le féminisme  avec son implication parfois décisive dans  des luttes sociales. Il y est aussi  question des violences faites aux femmes et de l’égalité des salaires hommes – femmes. Comme l’indique le titre, en forme de clin d’œil, il s’agit  aussi, de casser les rôles entre les attributs du féminin et ceux du masculin, avec tous les stéréotypes qui les ont longtemps accompagnés et les  accompagnent encore trop souvent : la femme avec le tablier et la poussette et l’homme avec l’attaché-case, assis  son fauteuil, et lisant  son journal ou regardant la télé.

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Les deux derniers numéros de Casser-Rôles

• En outre, Casser-rôles se propose de dresser un état des lieux, de recenser ce qui se publie sur ces questions et de “donner la parole à des femmes et des hommes anonymes qui résistent aux stéréotypes sexistes”. Chaque numéro qui compte jusqu’à une cinquantaine de pages comporte de nombreux articles qui encadrent un dossier thématique : Dé-con-finis (n° 13 – août – septembre 2020), La prostitution (n° 12 – mai – juillet 2020).

LA NOUVELLE REVUE “POLYMORPHES”

MET LA CABANE À L’HONNEUR

Z polymoL’association Polymorphe Corp, créée en 2018 à Cérilly, s’est fixé pour objectif “ d’agir pour la valorisation de son territoire rural et en faveur de la création artistique”. Pour prolonger ses actions et ses projets, elle vient de publier le premier numéro de la revue annuelle Polymorphes qui a pour ambition de “questionner notre rapport au monde et nos actions en ouvrant de nouvelles perspectives”. Fruit d’un important travail, la revue a été réalisée par  7 membres de l’association auxquels sont venus s’ajouter de nombreux contributeurs bénévoles. Intitulée Cabanes,  le revue riche d’une centaine de pages illustrées, comporte plusieurs articles et des interviews avec la contribution de journalistes, d’architectes, d’urbanistes ou encore d’artistes et de politologues.  Déclinée en trois grands chapitres (Inventer, habiter, ouvrir), elle est disponible en deux versions, classique ou collector, avec tirage limité à 100 exemplaires.  Selon les membres du collectif, il s’agit, à travers la thématique choisie, d’envisager la cabane “ aussi bien comme une porte d’entrée pour repenser l’habitat et nos modes de vie, qu’un témoignage de ce qui est précaire et défaillant dans notre monde”.

 

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 UN NOUVEAU VENU DANS LA PRESSE  SPORTIVE

Sans-titre-13• Depuis bientôt un an, on peut trouver sur Internet et chez quelques rares marchands de journaux un nouveau trimestriel, Caviar Magazine. La publication qui est passée en quatre  numéros de 40 à 168 pages, est tout sauf une publication gastronomique. Le sous-titre “Caviar, une passe décisive pour voir le foot autrement”,  fait référence au terme utilisé par les footballeurs pour désigner une passe qui amène le ballon doit au but. À l’origine de la publication, se trouve d’abord Tristan Boissier, un jeune Puydômois de 19 ans étudiant à Science Po Aix-Marseille. Épaulé par deux camarades du même établissement, il a fait le choix de lancer ce nouveau trimestriel consacré au football mais en choisissant de le traiter sous l’angle sociétal, davantage que sportif : “ On ne trouvait pas notre bonheur en terme de presse sur le foot et on en avait marre de lire toujours la même chose,  donc on s’est dit qu’on allait essayer de proposer quelque chose de différent”, a-t-il confié dans une interview publiée par La Montagne.

Sans-titre-8• En cherchant à s’inscrire dans la lignée de ce que proposent So Foot ou Les cahiers du football, Caviar  qui se revendique “revue haut de gamme”, vise à allier football et société, le tout dans une présentation épurée, un brin rétro, qui fait la part belle à la photo. Après un premier numéro de 40 pages consacré à l’Afrique, suivi de  deux autres de  68 pages sur les rapports du foot avec la campagne ou la diplomatie, la jeune équipe de rédaction a décidé de passer à la vitesse supérieure en proposant un numéro d’été riche de 148 pages, comportant un dossier sur le foot et la mode.

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Extrait de la page d’accueil du site

• On peut trouver la version papier de Caviar chez certains marchands de journaux, mais la situation sanitaire de ces derniers mois et les difficultés de distribution ont poussé l’équipe à privilégier la vente en ligne, sur le site internet du journal. En proposant aussi des contenus différenciés, il  accueille en moyenne 10 000 visiteurs par mois. Petit à petit, Caviar s’est fait un nom et le trio des fondateurs peut désormais compter sur l’appui d’une vingtaine de contributeurs, tous bénévoles. Au passage, ils ont aussi reçu les encouragements de plusieurs journalistes parmi lesquels Hervé Mathoux, Estelle Denis, Vincent Duluc ou Grégoire Margotton.

•SPORTS AUVERGNE MAGAZINE

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LA FIN D’UN PARCOURS COMMENCÉ EN 2006

• Fin de parcours pour Sports Auvergne,  le magazine du sport et des loisirs,  créé au début de 2006 par 6pack Publishing en partenariat avec le quotidien La Montagne. Il vient de publier ce qui devrait être son avant dernier numéro (n°81 – Octobre – novembre – décembre 2020 ) avec, à la une, un article consacré à  Éric de Cromières, président du club de rugby  de l’ASM récemment décédé, et  à  “l’héritage” qu’il laissera. Depuis 14 ans, Sports Auvergne, par l’intermédiaire de ses reportages dévoilait des portraits de sportifs de haut niveau de la région Auvergne, comme Aurélien Rougerie, Grégory Coupet, Elvis Vermeulen, Julian Alaphilippe, Jules Cluzel,  et bien d’autres. Il proposait également des articles sur les clubs (ASM, Clermont Foot, Jeanne d’Arc de Vichy,…), des rétrospectives, auxquels on peut ajouter  la découverte de sports insolites, des dossiers sur les loisirs et  des pages consacrées aux supporters. Bimestriel à l’origine, Sports Auvergne avait adopté un rythme de publication trimestriel à partir du n° 66 (décembre 2016 – février 2017).

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DONNE UN COUP DE PROJECTEUR

SUR…LA MONTAGNE ET SUR  LE GROUPE CENTRE FRANCE

• S’il est un domaine sur lequel les journaux se montrent en général avares d’informations, c’est bien sur eux-mêmes… C’est peut-être pour  y mettre fin que La Montagne a publié un encart de 8 pages, intitulé Rapport annuel d’impact, dans son édition du 1er octobre : “Huit pages sur nos activités ces douze derniers mois, sans tabou, avec nos réussites et nos erreurs”,  écrit Julien Bonnefoy, médiateur au sein du journal depuis un an. Et d’ajouter que “ Ce premier rapport annuel d’impact  illustre notre volonté  d’être le plus transparent possible  avec vous, lecteurs, en installant un rendez-vous annuel de bilan de nos activités”.

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 • Après l’éditorial de Sandrine Thomas, rédactrice en chef, intitulé “L’empreinte”, le cahier se décline en  quatre grands thématiques : Les pieds dans le territoire (Coconstruisons l’information, suivi de Mon année de médiateur),  Un journalisme utile (Quand La Montagne s’engage, suivi de Des enquêtes d’utilité publique et de Apprendre de nos erreurs),  Vos usages changent, nous aussi ! (Des chartes claires face aux fantasmes… Votre journal pendant le confinement… Vous appréciez nos newsletters…), Aidez-nous à avoir plus d’impact (Devenez nos ambassadeurs, Abonnez-vous à nos contenus numériques et papier,  Prenez la parole, participez, soyez nos vigiles). Dans un article intitulé Ce que nous vous devons, Soizic Bourju, directrice générale du quotidien, conclut ainsi : “À l’heure où les médias sont questionnés, critiqués, fragilisés dans leur modèle économique,  nous faisons le choix de passer  à l’action, de renforcer notre lien, de vous dire merci. Voila ce que nous vous devons”.

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• Le premier rapport annuel d’impact comporte également une intéressante infographie sur le “modèle d’affaires” de La Montagne, qualifié de “groupe multi-activités”. Si la presse représente encore l’activité principale avec 128 M€ de CA sur un total de 204 M€, les autres activités nées de la diversification du groupe voient leur part augmenter : l’événementiel, le e-commerce (Pêcheur.com et Chasseur.com), l’édition (De Borée), l’innovation et l’incubation (La Compagnie rotative), la publicité et les solutions médias, le conseil et la formation, et enfin l’activité agence de presse.

• Fort de 8 quotidiens (345 000 exemplaires diffusés) et de 9 hebdos (78 000 exemplaires), le groupe Centre France  couvre 13 départements dans 4 régions, soit 20% du territoire national. Il emploie 483 journalistes épaulés par une armée de 1 700 correspondants. Quant aux sites Internet, ils sont consultés chaque jour en moyenne par 713 000 Internautes.

► Savoir plus...Le rapport annuel d’impact, dans une version enrichie par rapport à la version papier,  est consultable, en libre accès, sur le site de La Montagne

•  COMITÉ D’ÉTHIQUE ET DE DÉONTOLOGIE

DEUX CHARTES POUR LE TEXTE ET POUR L’IMAGE

• Le groupe Centre France   avait mis en place à  la fin de 2019  un comité d’éthique et de déontologie, chargé de réfléchir aux pratiques de ses journalistes. Composé de représentants des différents titres, il a rédigé deux chartes qui s’appliqueront désormais à l’ensemble des  publications du groupe et de leur zone de diffusion. On pourra les retrouver sur le site du journal, ainsi que dans son édition papier  du 8 septembre, qui leur consacre deux pleines  pages.

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Une charte qui s’applique aux quotidiens du groupe…(Site La Montagne – Centre France)

• La première est centrée sur le traitement des faits divers et des affaires de justice  et elle entend répondre à un constat dressé à l’échelle des dix-sept titres du groupe : celui d’un manque de cohérence, d’un territoire à l’autre, dans le traitement des faits divers et des affaires judiciaires. Il apparaissait nécessaire de mettre fin à ces distorsions et de définir des règles communes”. Basée sur 3 grands objectifs (Exigence, équité et transparence), elle se décline en 11 grands principes parmi lesquels le traitement des accidents de la route, la phase d’enquête dans les affaires judiciaires, les comptes-rendus d’audience des tribunaux, le respect de la présomption d’innocence, la mise en cause de personnalités publiques (hommes politiques, chefs d’entreprises,…), la protection des mineurs ou encore le traitement des affaires hors-normes, notamment celles qui peuvent “prendre une envergure médiatique nationale”.

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… et à l’ensemble de ses 9 hebdomadaires (Site La Montagne – Centre France)

• La charte qui “ constitue un socle commun auquel chaque journaliste du groupe doit se référer ne se veut toutefois pas un “carcan” : “Elle sera susceptible d’être révisée à l’avenir, notamment en fonction de l’évolution de la loi pénale et des usages des journalistes sur le terrain”. Il est également précisé que sa  mise en œuvre “n’exclut pas pour autant le débat au sein des rédactions et l’éventuelle adaptation à un cas de figure exceptionnel. En dernier recours, et sur demande des journalistes concernés ou de leur hiérarchie, le Comité d’éthique et de déontologie du Groupe Centre France pourra être sollicité pour trancher tel ou tel cas particulier”. Quant à la seconde charte, elle est centrée sur la question de l’image et de son traitement: La tâche du photographe de presse est digne de l’équilibriste sur son fil, peut-on lire dans l’édition datée du 8 septembre. Il se doit de résister à des opportunités de mise en scène lors d’un événement d’actualité et se garder de détourner l’image de son objet informatif. Avec à l’esprit, cinq préceptes qui définissent sa profession: rigueur, honnêteté, exactitude, vérité et responsabilité”.

• Retour à la normale pour le quotidien régional La Montagne. Depuis le début de la pandémie de Covid 19, le journal avait choisi de ne publier qu’une unique édition départementale incluant les trois pôles, Moulins, Montluçon et Vichy. Une décision qui avait été diversement appréciée par  les lecteurs même si  la faiblesse de l’actualité  locale, avec le tarissement des informations sur  la vie associative et sportive, s’y prêtait. Depuis le 31 août, le journal a retrouvé son ordonnancement d’avant crise en rétablissant ses trois éditions distinctes.

• SANS CORRESPONDANT LOCAL , PAS DE JOURNAL

L’EXEMPLE DU COMMENTRYEN

 GÉRARD FAUCON (1938-2020)

• Sans cette armée de l’ombre que forment les 1700 correspondants de presse, les rubriques locales du quotidien régional n’existeraient pratiquement  pas. Une tâche qui relève presque du sacerdoce, mais qui n’empêche pas certains d’entre eux de l’exercer  pendant plusieurs décennies. À travers l’exemple de  Gérard Faucon,   décédé à la fin du mois d’août, après trente ans de bons et loyaux services comme correspondant de La Montagne  à Commentry, c’est l’occasion de leur rendre hommage.

Photo FAUCON• Né en 1938, Gérard Faucon a d’abord été professeur d’histoire – géographie et de français pendant 39 ans, la plus grande partie de sa carrière ayant eu pour cadre le CEG de Commentry, devenu collège Émile Mâle. Passionné par son métier autant que par les voyages, il avait aussi une belle plume. C’est ce qui avait conduit André Péronnin, lui-même correspondant, à lui proposer de le rejoindre.  Ce faisant, Gérard Faucon  n’imaginait pas qu’il en prenait pour 30 ans de correspondance locale,  avec sans doute  plusieurs milliers d’articles et d’échos de la vie commentryenne, au compteur.  Des articles qui étaient  “tous rédigés avec style et implication, du compte rendu d’association au pan d’histoire locale en passant par quelques envolées lyriques pour lesquelles La Montagne ouvrait ses colonnes”, écrit Patrick Debowski dans Commentry, le magazine  (n° 32 – septembre – octobre).

• À ces articles factuels, il ajoutait parfois quelques poèmes émouvants, tel l’hommage à la rue Bianqui de son enfance. Autre talent, celui de parolier pour plusieurs artistes parmi lesquels le Commentryen Yves Vessière. Il était par ailleurs un cinéphile averti. Ayant un penchant pour les films de la nouvelle vague de Truffaut et Chabrol, il savait faire  partager sa passion lors des débats du ciné-club qu’il animait. “Une vie passée au service de la Culture et du partage de ses passion”, résume Patrick Debowski.

• JUILLET 2019 – JUIN 2020:

UNE FRÉQUENTATION RECORD

POUR LES SITES DE PRESSE EN LIGNE

• Entre juillet 2019 et la fin de juin 2020, période qui inclut le confinement, la fréquentation des sites de presse en ligne a connu une véritable “explosion”, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (APCM). Toutes familles de presse confondues, 10 millions de visites supplémentaires par jour ont été enregistrées. Dans le détail, la presse grand public affiche + 18,9% (contre 3,5% sur la période 2018-2019), la presse magazine a enregistré un rebond de 22,8%.

apcm• Le record est atteint par la presse quotidienne régionale avec +24,5% de visites sur le Web. Les 8 titres du groupe Centre France – La Montagne, quant à eux, ont connu une progression de 34,7%. Comme la plupart  des groupes de presse régionaux, en plus de l’achat du journal en version PDF,  Centre France a mis en place des formules d’abonnements (4,50 € par mois) qui permettent d’accéder au contenu intégral des articles proposés  sur son site Web  et sur ses pages Facebook.

• EN BREF…

 

420616_251283921678677_2104730709_n• Une belle année pour la station de radio locale RMB, qui a commencé à émettre en 1982, sur le bassin montluçonnais. Les derniers sondages lui accordent 25% de l’audience  totale avec 14 800 auditeurs quotidiens en audience cumulée. Les infos, concoctées sous la direction de Jean-Marie  Auclair, journaliste présent à l’antenne depuis plus de deux décennies, restent le point fort de ses émissions. RMB, qui fonctionne toujours sous le statut associatif, a rejoint le groupement Les Indépendants. Outre les stations locale (RJFM) ou départementale (Fusion FM), RMB est en concurrence avec les principaux réseaux nationaux (RMC, RTL, Europe 1, France Inter, France info, NRJ…).

MONTAGE-NEW-COUV_TDB18◄ Le n° 18 (septembre-octobre-novembre) de Terre des Bourbons, “magazine d’exploration locale bourbonnais”,  vient de paraître. Au sommaire des rubriques habituelles : Les bonnes fourchettes : Le Château de Saint-Jean (Montluçon), restaurant de la Chapelle – Les audacieux : Julian Alaphilippe, le double ambassadeur – Histoire : Le Donjon de la Toque à Huriel – Curiosités : Le Pont de fer (Moulins) – Coin de paradis : La cascade de la Pisserotte, à Arfeuilles – Initiatives solidaires : La Recyclerie – Initiatives inspirées : Trashbusters- Quelle culture : Rachel Averly – Vert l’avenir : Le crapaud sonneur à ventre jaune, une pépite bourbonnaise

Couv-Society_136-600x782◄ Xavier Dupond de Ligonnès, dont on se rappelle qu’il a  froidement exécuté  son épouse et ses enfants, avant de prendre la fuite, a participé involontairement,  à la promotion du Bourbonnais…Le magazine Society qui lui a consacré une grande enquête publiée en deux volets, a rencontré  un succès inattendu, avec plus de 130 000 exemplaires vendus  contre 45 000 habituellement.  Or, la publication comportait une page  dédiée au département de l’Allier dans le cadre d’une série sur les lieux à visiter qui incluait notamment les plans d’eau, les forêts et les plus beaux villages. Un  beau coup de pouce inattendu.

 

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