PAGE D’HISTOIRE : JEAN CLUZEL (1923-2020), UN PARCOURS POLITIQUE ET INTELLECTUEL EN BOURBONNAIS ET AU DELÀ

MISE À JOUR: 15 JANVIER 2021
Jean-Paul PERRIN

allier-infos@sfr.fr

• Jean Cluzel  est décédé dans la nuit du 11 au 12 septembre, à son domicile de Bransat, dans sa 96ème année : “ Son ancrage dans l’Allier, sa dimension universelle, ses valeurs humanistes, son ouverture d’esprit. Jean Cluzel était tout cela à la fois”, pouvait-on lire dès le  lendemain,  dans l’hommage publié par La Montagne. Quant à sa famille, dans l’avis annonçant ses obsèques, elle avait choisi de résumer ainsi son parcours : “Serviteur du Bourbonnais, membre de l’académie des sciences morales et politiques, ancien sénateur et président du conseil général de l’Allier”.

Z cluzel 1

• Sans qu’il soit question de dresser ici un bilan exhaustif et définitif de son action, que ce soit au plan politique, économique ou culturel, Vu du Bourbonnais se propose simplement de retracer son parcours, entre Moulins, sa ville natale, et l’Académie des sciences morales et politiques dont il a été le secrétaire perpétuel. Quant à savoir s’il a été un bon “serviteur du Bourbonnais”, on laissera à l’histoire  le soin de le dire…

• UN ANCRAGE EN BOURBONNAIS

• Jean Cluzel, né à Moulins le 18 novembre 1923, était issu d’une famille mêlant paysans et artisans, ancrée en Bourbonnais depuis plusieurs générations. Ses études secondaires ont eu pour cadre le collège de Cusset, puis le Lycée de Vichy, créé sous l’État Français. web3-pecc80re-victor-dillard-timbre-de-2017C’est là qu’il  rencontre  le père Victor Dillard, un jésuite, dont il dira qu’il l’avait profondément marqué et qui mourra en déportation, à Dachau, en 1945. Proche intellectuellement d’Emmanuel Mounier, il milite aussi à la Jeunesse étudiante chrétienne, durant l’Occupation. Après avoir obtenu une Licence en droit et un diplôme de l’Ecole libre des sciences politiques, il aurait alors  pu intégrer l’ENA, nouvellement créée pour former les futures “élites” de l’administration. Pourtant, c’est un tout autre choix qu’il fait en 1947 en  entrant de plain-pied dans la vie professionnelle, d’abord comme ouvrier  dans l’entreprise familiale, la société Cluzel-Dumont. Fondée en 1825, elle exploitait notamment une carrière à Bransat : “En 1947, je fus le septième ouvrier de l’entreprise familiale. J’ai poussé les wagonnets, engrenant les concasseurs d’où sortaient les cailloux”.

630_001
◘ Bransat, au début des années 1960

• Cette même année, il fonde une famille en épousant Madeleine Bonnaud. De cette union naîtront cinq enfants. À partir de 1954, il prend les rênes de l’entreprise, qu’il va diriger et développer  jusqu’en 1987, tout en la faisant passer de l’extraction de la chaux à celle de la pierre. Il devait ensuite transmettre le relais   à l’un de ses fils,  Jean-Yves, décédé en 2007.  Ses débuts d’entrepreneur se doublent d’un  intérêt pour le monde de l’économie, qu’il allait aborder en même temps qu’il entrait  en politique. Il a ainsi  présidé le Comité d’expansion économique de l’Allier (1959-1967),  devenu la Société d’équipement du Bourbonnais (1967-1990), ainsi que le Comité régional d’expansion économique  (1967-1974) et  la chambre de commerce et d’industrie de Moulins-Vichy (1968-1974).

• DE LA MAIRIE DE SAINT POURÇAIN

AU PALAIS DU LUXEMBOURG

• À l’image de sa carrière professionnelle, sa carrière politique  débute par un mandat “ de base”, celui  de conseiller municipal à Saint-Pourçain-sur-Sioule (1959-1965) puis à Avermes (1971-1977).

24 sept 1967 cluzel élu C Gal
◘ 1967: l’entrée au Conseil général

 ◄ Il fait ensuite  son entrée au conseil général, celui d’avant la décentralisation, où les élus étaient encore  “ chapeautés” par le préfet. Après une première tentative infructueuse en 1958 dans le canton de Saint-Pourçain, il est  élu pour la première fois en octobre 1967,  à la tête du canton de Moulins Ouest. Il succède alors  à René Boyer, “vieux militant du  parti démocrate-populaire d’avant guerre”, devenu le MRP (Mouvement républicain populaire) puis le Centre démocrate: “Son entrée au conseil général fera de lui  le chef de file de la droite bourbonnaise, privée de leader depuis Lucien Lamoureux et Pierre Coulon”, écrit André Touret. Sur une dizaine de conseillers “modérés”, il parvient à en assembler 7, tous de tendance centriste,  dans un “Groupe républicain d’action économique”.

• Pendant un quart de siècle, il sera constamment réélu, plus ou moins facilement, jusqu’à sa défaite en mars 1992. Cette année-là, en même temps qu’Edmond Maupoil, autre figure de l’assemblée départementale, qui avait été lui aussi élu en 1967, il trébuche face au maire socialiste d’Avermes, René Charette. Une défaite qui lui laissera un goût  particulièrement amer… Elle peut s’expliquer, comme l’écrit André Touret, par  une certaine usure du pouvoir, qui va bien au delà de l’intéressé en touchant d’autres élus, mais aussi peut être par  “le désir de rejeter des notables restés trop longtemps en place aux yeux de certains électeurs et électrices”…Sans oublier la vindicte d’Hector Rolland qui n’avait sans doute pas  pas “digéré” les élections sénatoriales de 1990 et qui est intervenu  en faveur de René Charette. 

• Durant ses mandats, Jean Cluzel a présidé le conseil général à deux reprises: de 1970 à 1976, après avoir mis fin à un quart de siècle de présidence socialiste incarnée par  Georges Rougeron,  puis de 1985 à 1992. Entre temps, ses pouvoirs de président et ceux des élus du conseil général se sont considérablement accrus, pour cause de loi sur la décentralisation. En mars 1990, à l’occasion du bicentenaire des départements, il accueillera à   Moulins le président de la république François Mitterrand qui avait répondu favorablement à son invitation. Pour l’occasion on apposera une plaque commémorative dans le nouvel hôtel du département, construit sous sa présidence.

Numérisation_20200922
◘ Jean Cluzel, au centre,  aux côtés de François Mitterrand (22 mars 1990) (Photo: P. Rötig – Extrait de la revue Jim – n° 6)

• L’originalité de la démarche politique de Jean Cluzel, c’est d’avoir réussi à  fédérer les élus modérés, du centre gauche au centre-droite, dans une structure “bourbonnaise”, cherchant à s’affirmer comme hors des grands partis politiques nationaux, même si certains de ses élus en sont issus: c’est l’expérience de l’URB, Union républicaine pour le Bourbonnais, avec son prolongement par une Fédération des élus bourbonnais. Dès 1969, il avait proposé de créer une “majorité nouvelle”  qui s’appliquerait uniquement aux élections du conseil général: “La formule étonne, surprend, voire déroute ses collègues conseillers généraux.  Sommé de préciser son projet à l’aube des élections de 1970, Jean Cluzel  confirme son projet de gouvernance par le centre. Divine surprise, trois conseillers socialistes se détachent alors de la majorité et viennent le rejoindre”, écrivait à ce propos en septembre 2005 David Gaillardon, dans La semaine de l’Allier. Pour Gérard Dériot, son successeur au Sénat, “si la politique présente encore aujourd’hui un visage apaisé dans l’Allier, c’est grâce à lui”. Une vision que partage Jean-Paul Dufrègne, ancien président communiste du conseil général et actuel député de l’Allier. Il  reconnaît que Jean Cluzel  “a toujours voulu rassembler” mais il souligne aussi ses talents de tacticien: “Dans l’Allier, il l’a prouvé  avec l’URB, qui a pu s’imposer dans ce département jusqu’alors plutôt ancré à gauche ».

• En dressant le bilan de sa première présidence, entre 1970 et 1976, André Touret  considère qu’elle a été  “surtout marquée par un changement de style, avec des préoccupations moins politiques et plus économiques le début de construction de l’axe  Est-Ouest, une pratique de  la communication plus moderne et l’institution en 1973 d’un prix Emile Guillaumin pour le centenaire de la naissance de l’écrivain paysan bourbonnais”. Après le renouvellement de  mars 1976, cinq candidats de l’URB ayant été battus, Jean Cluzel perd la majorité au sein de l’assemblée départementale et c’est Georges Rougeron, qu’il avait évincé en 1970, qui retrouve la présidence. En 1979, lors du renouvellement triennal, la réélection de Jean Cluzel s’avère plus laborieuse et il lui faudra passer par un second tour.

• Cette fois-ci, le groupe communiste formant le groupe de gauche le plus nombreux, c’est Henri Guichon qui est élu président, avec le soutien des conseillers PS et du conseiller MRG. À nouveau, Jean Cluzel et l’URB sont dans l’opposition. Ce n’est qu’en 1985, année où l’URB  remporte une nette victoire, avec 21 élus sur 35, que Jean Cluzel peut à nouveau accéder à la présidence. Pour faire face aux conséquences de la loi de 1982 sur la décentralisation qui a confié aux départements d’importants pouvoirs de gestion et de décision,  en même temps qu’il a fallu installer une nouvelle administration distincte de celle de la préfecture, il devient nécessaire de doter le conseil général d’un hôtel du département. Installé à l’angle de la rue des Potiers et de l’avenue Victor-Hugo, il est  construit et inauguré sous la seconde présidence de Jean Cluzel. Quelques polémiques se feront jour, certains opposants dénonçant  même un “Palais Cluzel”, formule reprise alors par La Lettre de l’Allier. La polémique n’ira guère plus loin.

800px-Hôtel_Département_Moulins_Allier_1

•  Les deux  tentatives de Jean Cluzel pour être élu député seront moins heureuses et elles  se solderont par des échecs,  que ce soit en mars 1967, ou en juin 1968, après la dissolution de l’assemblée par le général de Gaulle. Cette année-là, il se retrouve face au bouillant Hector Rolland, le candidat de l’UNR, qui ne manque pas d’agiter la peur suscitée par les événements de mai 68, face à un électorat modéré et/ou de droite. Alors qu’il propose de “changer de politique et pas de république« , Jean Cluzel est devancé au premier tour de 2 600 voix par Hector Rolland, ce qui le conduit à se retirer du second tour, qui permet au  candidat UNR de  l’emporter largement face au candidat communiste. L’expérience des législatives ne sera pas renouvelée.

MOULINS 1967
◘ Un premier échec aux législatives de 1967 (extrait de Centre Matin), suivi d’un second en juin 1968

• Faute d’accéder au Palais Bourbon, ce sera le palais du Luxembourg qui l’accueillera en septembre 1971. Cette année-là, en tandem avec Jean Nègre, maire de Montluçon, en rupture de ban avec le parti socialiste, il ferraille contre  Georges Rougeron, qu’il avait déjà remplacé à la tête du conseil général, un an plus tôt. Dès le premier tour, les deux colistiers sont élus, battant les candidats socialistes, Georges Rougeron et Pierre Gonard, au terme d’une campagne un peu moins “feutrée » que lors des précédentes sénatoriales. Ce mandat de sénateur de l’Allier, il le conservera pendant 27 ans en étant constamment réélu  jusqu’en 1998. Au renouvellement de 1980, il fait équipe avec André Rabineau, qui avait remplacé Jean Nègre décédé en mai 1972et dont il était le suppléant. 

Zsénat
◘ Les 3 sénateurs avec lesquels Jean Cluzel a fait équipe: Jean Nègre (1971-1972), André Rabineau (1972-1989) et Bernard Barraux (1989-1998)

• En  1989,  il repart avec cette fois-ci Bernard Barraux, maire de Marcillat-en-Combraille. Le duo ne manque pas de surprendre, tant les personnalités et les tempéraments des deux hommes diffèrent. Le succès  n’est toutefois pas assuré, la gauche étant donnée majoritaire. L’élection trouve quelques échos dans la presse nationale: “Allier: la menace d’un Mitterrand du centre (…). Département de gauche, l’Allier s’apprête à élire deux sénateurs centristes”, écrit ou déplore  le Figaro, daté du 15 septembre 1989. Huit jours plus tard, Le Monde prend la température électorale et met en lumière les combats auxquels se livrent Jean Cluzel et Hector Rolland: “Rolland, furieux, maudit le connétable du Bourbonnais, le centriste jean Cluzel, qui n’a pas choisi comme second un membre du RPR, ce qui provoque la fureur du gaulliste Hector Rolland”

• Finalement, Jean Cluzel et Bernard Barraux l’emporteront au second tour, face aux deux candidats de gauche, René Charette et Roger Giraud, restés en lice. Pour André Touret, cette victoire trouve plusieurs explications: “Ses rencontres avec les élus locaux,  au cours des tournées dans les cantons, le rôle de la Fédération des élus bourbonnais, créée dans l’esprit des Carrefours de Bransat, la personnalité même de Jean Cluzel ont  joué un rôle déterminant  dans les succès du sénateur de l’Allier”. Quant à Jean Luc Albert, dans son ouvrage sur La vie politique dans le département de l’Allier sous la Vè république, il écrit: “Jean Cluzel est devenu l’un des principaux leaders politiques modérés du département (sinon le principal), bénéficiant d’amitiés politiques  aussi bien à droite que dans le centre-gauche. Avec lui réapparaît la véritable image du notable dont l’audience dépasse largement la famille politique d’origine”.

z fiche sénat
◘ La notice consacrée à Jean Cluzel consultable sur le site du Sénat

• Au sein de la haute assemblée, Jean Cluzel choisit de siéger au groupe de  de l’Union centriste, un des principaux groupes du sénat. Ses pairs en font rapidement  le  Rapporteur de la loi d’orientation du commerce et de l’artisanat (1973), du budget de la communication audiovisuelle qui englobe la radio et la télévision publiques (1974-1998). Il est aussi chargé du rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les finances de la télévision (1978-1979) et sur  le budget de l’information (1983-1998), autre sujet éminemment sensible. On le retrouve enfin comme  membre puis comme vice-président de la commission des finances (1974-1998), rapporteur de la loi sur la réforme des caisses d’épargne (1983), et membre de la commission spéciale presse du Sénat (1983-1985).

JC 1980• Toutes ces missions lui ont valu de  présenter  en un quart de siècle une cinquantaine de rapports parlementaires, parmi lesquels ceux plus sensibles consacrés à l’audiovisuel et à la presse. Dans le fameux “rapport Cluzel”, abondamment  commenté par les médias chaque année,  il n’hésitait pas à pointer sans complaisance  les travers et les dérives de l’audiovisuel public .En quelques année, le rapport Cluzel deviendra pour l’audiovisuel, ce que le rapport de la cour des comptes est aux finances publiques. Plusieurs de ses rapports serviront de base à des  livres car, estimait-il,  si  “les rapports partent généralement à la poubelle, les livres eux finissent dans les bibliothèques”. Dans un article intitulé “ Un roi à Moulins”  publié  en mars 1990 par La lettre de l’Allier, dans lequel l’auteur balançait entre ironie et critiques, on pouvait quand même lire ceci à propos de Jean Cluzel: “ Rendons lui hommage: sur le sujet de la télévision, il s’est toujours montré plutôt courageux,  assez lucide en tout cas, et il a, bon an, mal an,  assuré une sorte de continuité de bon sens face à des gouvernements souvent versatiles et inconsistants. François Léotard n’a pas eu pire adversaire lorsqu’il a privatisé TF1 et le Parti Socialiste  de l’époque n’a pas eu meilleur allié dans cette affaire”. 

En septembre 1998, à 75 ans, il fait le choix de se retirer de la carrière politique, en renonçant à se représenter au Sénat et en transmettant le flambeau à Gérard Dériot qui repartira au combat en compagnie de Bernard Barraux. Dans une interview publiée par La Montagne,  en septembre 2014, Jean Cluzel était revenu sur  ses 27 années passées au Sénat: “ À Paris, disait-il, on n’a jamais compris mon attachement au Bourbonnais et au monde rural… sauf Barre et Messmer avec qui j’étais au Sénat et que j’ai retrouvé à l’Académie. Le conseil général a sans doute été mon mandat le plus important, la décentralisation m’a permis de gérer une collectivité. Mais j’ai adoré mon mandat de sénateur. Il ne vous donne pas des ailes, il n’est pas entouré de faste comme celui de député, mais il vous met en permanence en contact avec la base du pays, les élus locaux. Vraiment, j’ai adoré cela”.

• Il n’en reste pas moins que cette  carrière politique, certes   riche,  aura été  marquée par deux déceptions, selon l’historien André Touret : Il n’a pas pu se faire élire député au suffrage universel direct et n’a pas été ministre, la chance étant passée avec le gouvernement Rocard élargi aux centristes”, entre mai 1988 et juin 1991. Quelques jours avant la venue de François Mitterrand à Moulins, le 22 mars 1990, La Lettre de l’Allier écrivait d’ailleurs à ce sujet: Jean Cluzel a sans doute le profil d’un ministre d’ouverture si, comme on le pense à haute voix un peu partout, un remaniement est en préparation. Les avantages pour le gouvernement seraient appréciables.  Vu de Paris, ce renfort d’un spécialiste réputé aurait un effet positif dans l’opinion. Le sénateur Cluzel contribuerait à élargir la marge de manœuvre du gouvernement à l’assemblée nationale et au sénat, où il a de nombreux amis”.

• “POSITIONS”, UNE TENTATIVE DE

FÉDÉRER LES BONNES VOLONTÉSZ Positions

• Un autre pan de son action, c’est la volonté de fédérer les bonnes volontés pour  faire entendre la voix du Bourbonnais. Une fédération qui, pour lui, ne pouvait à tort ou à raison que s’envisager au centre de l’échiquier politique, hors des extrêmes.  Dès les années 1950, face à un état qui considérait que la centralisation héritée de Napoléon allait de soi, il avait acquis  la conviction qu’il fallait, au contraire “Ne jamais se laisser faire par Paris !” .Encore était-il indispensable de débattre localement des projets, de les confronter, sans se perdre en vaines querelles, avant d’envisager de les défendre et de les finaliser. C’est ce qui l‘avait conduit à créer en janvier 1955, avec une poignée d’amis,  un  club de réflexion baptisé Positions, pluriel de rigueur. Un titre qu’il avait  emprunté à une publication  qui avait été fondée à Saint-Étienne sous l’Occupation, par quelques jeunes étudiants, disciples d’Emmanuel Mounier.

Z Carrefours appel 1955

• Dans la profession de foi destinée à lancer le mouvement, les porteurs du projet, dans lequel on aurait vu de nos jours  un  “Think tank” se présentaient ainsi: “ Nous sommes quelques centaines d’hommes et de femmes de l’Allier qui avons pris des engagements institutionnels ou qui militons dans des mouvements syndicaux, civiques, familiaux. Nous sommes quelques centaines mais nous nous ignorons les uns les autres et nous ne savons pas que nous pourrions aider ceux qui militent  près de nous. Il n’est plus possible dans le monde actuel de rester passifs et muets. C’est parce qu’une équipe de ces femmes et de ces hommes l’a compris, qu’elle a pris la décision de créer ce bulletin de liaison, entre toutes les personnes qui mènent une action sur ces trois plans civique, familial et social”.

• Se revendiquant comme un “ Club provincial  de réflexion et d’action ”,  ouvert  à toutes les bonnes volontés, au-delà des idéaux politiques ou autres, Positions entendait “ranimer les institutions publiques de l’Allier et recréer un tissu social départemental”, mais aussi “susciter un sursaut intellectuel chez les Bourbonnais”.  La géopolitique, l’emploi, l’économie,  la justice, la politique, qu’elle soit locale ou nationale,  l’aménagement du territoire…  et bien d’autres thèmes vont y  trouver toute  leur place. Des  ténors politiques et de grands spécialistes ont répondu favorablement aux invitations de Positions et  sont passés par Bransat.  Si l’objet principal était  la recherche du progrès, le credo était clairement affirmé : “  L’intérêt du plus grand nombre doit primer sur tout, l’union du plus grand nombre doit servir à tous ”.  

Z Carrefours BARRE

Z Carrefour Giscard

Z Carrefour 2

• Dès l’origine, chaque Carrefour va obéir à un rythme immuable, en commençant, tous les derniers lundis du mois,  à 20 h 30 précises. Exit le traditionnel “quart d’heure bourbonnais”. L’invité, une personnalité d’audience  départementale, régionale ou nationale, présente un sujet  pendant une demi-heure à trois quarts d’heure maximum. Puis, le dialogue s’instaure avec les 150 à 300 personnes présentes dans  la salle, pendant près de deux heures. À 23 h 00, le Carrefour est clos.

Z bransat

• À la question de savoir pourquoi sa maison de  Bransat, au Marais, avait pu servir de cadre à Positions, Jean Cluzel répondait que ce choix s’imposait d’évidence : “ Notre maison familiale avait le double avantage de se trouver en bord de la route départementale et au centre de l’Allier”. Un centre géographique qui entendait devenir “le centre d’une action publique au service de l’Allier”.  À l’origine, c’est la salle de séjour  qui accueille les auditeurs qui s’y entassent, malmenant les règles de sécurité. Quelquefois, la notoriété de l’invité fait que l’assistance déborde dans les pièces attenantes et jusque dans   l’escalier. Exposés et débats doivent être  retransmis  dans toutes les pièces par des hauts parleurs.  Face à l’écho de plus en plus large de ces Carrefours, dont le succès d’affluence ne s’est jamais démenti, il devient nécessaire de revoir les conditions d’accueil des participants et du public. En  1965, Jean Cluzel décide  de faire aménager  dans le sous-sol de sa maison une grande salle pouvant accueillir jusqu’à 200 à 250 personnes. C’est l’ancien ministre et ancien négociateur des accords d’Évian, Robert Buron, qui l’inaugure officiellement  le 22 octobre 1965.

Z Unes
◘ Quelques “unes” de Positions, reflets des thèmes abordés lors des Carrefours

• Dans ces Carrefours, où l’ambition est de “voir, juger, agir”, on parle aussi bien de la nouvelle constitution de 1958 que du projet de constitution européenne. La décolonisation, l’exode rural, les tensions internationales,  les crises politiques ou économiques, l’évolution de la société, l’enseignement, la défense, la diplomatie, les finances, les collectivités locales, le rôle des élus…On peut aussi bien y traiter des conséquences des événements de mai 68 que  de celles du WatergateLa liste est longue des thèmes abordés, dont un premier inventaire avait été dressé dans un numéro spécial de Positions publié en 2007. Bransat verra passer un ancien président de la république (Valéry Giscard d’Estaing),  deux anciens premiers ministres (Raymond Barre, Jean Pierre Raffarin) et d’anciens  ministres (Eugène Claudius-Petit, René Monoy, Jacques Barrot, Brice Hortefeux…), des journalistes, des responsables de l’audiovisuel, des  experts, mais aussi des élus ou plus simplement des Bourbonnais passionnés:. “Les conférenciers souvent brillants, provenaient  d’horizons  philosophiques et politiques variés, à l’exception des extrêmes, avec néanmoins une représentation importante de la sensibilité démocrate chrétienne”, écrit André Touret dans Destins d’Allier.

Z Carrefours photos

• Pour faire connaître Positions au delà des frontières bourbonnaises et peut être susciter des vocations, des Assises de la démocratie sont organisées à Vichy en  avril 1964. D’autres clubs politiques, qu’ils agissent en province ou à Paris, y participent et l’initiative attire l’attention des journaux. Parmi eux,  France Observateur, l’ancêtre du Nouvel observateur, qui écrit à propos de ces clubs: “Ils veulent rappeler aux Français qu’ils sont des citoyens. Ils leur proposent une idée apparemment désuète: l’éducation civique. Ils sont inquiets pour l’avenir politique d’une  d’une société de consommation qui regarde un peu trop du côté de la télévision”. Ces assises déboucheront sur la création d’un Comité permanent des clubs dans lequel on voit émerger de jeunes futurs ténors politiques tels que Michel Rocard ou Jacques Delors. Le Comité ne survivra toutefois pas longtemps: en 1965, la quasi-totalité des clubs membres ayant fait le choix de soutenir François Mitterrand à la future élection présidentielle, au cours de laquelle il entends défier le Général de Gaulle, Positions refuse de s’engager dans cette voie. 

Z Carrefours Positions n°1
◘ Le tout premier numéro du bulletin Position, ronéoté et agrafé (janvier 1955)

• Pour prolonger les débats de cette université populaire de Bransat (une appellation officialisée en 1981), et pour relayer la parole des différents intervenants qui s’y succédèrent chaque mois pendant plusieurs décennies, la création d’une publication s’imposait. Ce sera tous simplement la revue Positions, sous titrée Études et documents pour l’action. Ce n’est à l’origine qu’un simple bulletin ronéotypé, tiré  tout de même à 2 500 exemplaire pour le premier numéro,  avant de devenir  un  journal imprimé, et enfin une véritable  revue qui allait prendre pour titre  Positions et Médias, suite à la fusion avec une autre publication, Démocratie Médias, créée en 1994. Avec un tirage qui a pu atteindre  plusieurs milliers d’exemplaires, la revue a été publiée pendant plus d’un demi-siècle, au rythme de  7 à 8 numéros par an. Même si, l’âge venant, Jean Cluzel  s’en était mis un peu  en retrait, les Carrefours de Bransat  ont pu continuer à vivre  à travers les Rencontres.

Sans titrev
◘ De Positions (1964) à Positions et médias (2004). Les photos et documents sont extraits de Positions ou l’éternelle modernité de l’école de Bransat : 400è Carrefour

• DES RENCONTRES DES ARTS ET LETTRES

EN BOURBONNAIS  AUX PRIX ALLEN

• Dans le même esprit, Jean Cluzel avait fondé en 1990 les Prix Allen, à la gloire des promoteurs et des défenseurs du patrimoine, des arts  et de la littérature en  Bourbonnais. Ces prix sont   remis chaque année lors des Rencontres des arts et des lettres en Bourbonnais à celles et ceux “qui font vivre la culture, conservent le patrimoine bourbonnais, en préparant l’avenir”. Ces même Rencontres s’inscrivaient  depuis 1985  dans  le prolongement des Biennales du livre et des écrivains bourbonnais, dont la toute première édition s’était tenue  dans les salons du sénat, en juin 1983. Les “plumes” bourbonnaises, qu’elles soient confirmées ou en devenir,  pouvaient s’y retrouver  et y exposer leurs écrits. Face à ces auteurs, où se mêlaient romanciers, poètes, historiens, spécialistes ou simples amateurs de l’art, les uns publiés par de “vrais” éditeurs, , les autres simplement autoédités, Jean Cluzel défendait l’idée  qu’il existait bel et  bien « une école bourbonnaise » de la création.

Prix allen
◘ Bernard Barraux et Jean Cluzel, lors de la remise des prix Allen

Les premières de ces Rencontres, tenues le 7 septembre 1985, avaient déjà réussi à rassembler une soixantaine d’auteurs, le tout dans un esprit de grande convivialité : “Des tables avaient été disposées dans un verger et à l’heure du déjeuner furent partagés le pâté aux pommes de terre et le vin de Saint-Pourçain,  en écoutant quelques musiciens chanter l’âme bourbonnaise”. Jean-Charles Varennes qui en fut un participant régulier résumait ainsi ces premières Rencontres qui allaient servir de matrice aux suivantes : “ Toutes couleurs politiques confondues, comme dans ces couchers de soleil du bord de l’Allier,  les écrivains bourbonnais, dans une ambiance étonnement confraternelle, se retrouvaient ou faisaient connaissance, étrange mosaïque culturelle  où l’esprit d’une province affirmait son apport à l’effort des hommes vers toujours plus  de connaissances. C’est pourquoi l’école bourbonnaise d’aujourd’hui a un tel rayonnement : elle a une longue tradition qui se relie à la mémoire orale de nos conteurs”.

Numérisation_20200923 (2)

• À chacune de ces Rencontres, correspondait un thème : Une culture aux racines d’espérance (1985), Une journée avec Jacques de Bourbon-Busset (1986), La vitalité de l’édition bourbonnaise (1987),  L’École bourbonnaise du XXè siècle (1988), Un coup de Chapeau à la plume (1989)…Et bien d’autres.

prix allen 2019
◘ L’ultime remise des prix Allen en présence de Jean Cluzel (octobre 2019)

• Dès 1990,  lors de leur 6è édition, Jean Cluzel avait décidé d’élargir les Rencontres en y conviant des artistes : les peintures, les sculptures ou les miniatures allaient désormais rejoindre les livres sur les tables d’exposition. En même temps, il avait décidé que chaque année seraient décernés des prix Allen. Dès la première édition, un invité prestigieux sera convié  en tant que parrain à  la cérémonie de remises des prix. Entre 1990 et 1998, on a ainsi pu voir défiler à Bransat  Pierre Miquel, Henri Amouroux, Éric Laurent, Georges de Caunes, Frédérique Hébrard, Denise Bombardier et Amélie Nothomb,  Philippe Meyer ou encore l’ambassadeur Patrick Imhaus… Les trois premiers récipiendaires du prix Allen, placé sous le parrainage de Pierre Miquel, ont été le peintre et dessinateur Jean Duclairoir, la miniaturiste sur ivoire Louise Dumont-Wassmer, et Jean-Charles Varennes. En une trentaine d’années, ce sont plusieurs dizaines de prix Allen qui ont été décernés. D’aucuns ont pu y voir une sorte ”d’entre soi provincial”, sans grands effets, contestant même la notion sans doute un peu exagérée d’une “école bourbonnaise”. Pour l’initiateur de ces Rencontres et de ces prix,  l’essentiel était que “se retrouvent chaque automne, à Bransat, sous le patronage d’Allen, écrivains, artistes, éditeurs en Bourbonnais, chacun n’ayant pour objectif que d’œuvrer au projet culturel auquel peut se consacrer tout homme de terroir, si provincial qu’il soit”.

Numérisation_20200922 (5)
Georges Delbard, Jean-Pierre Petit (à gauche) et Jean Cluzel , lors du 40è anniversaire des Cahiers Bourbonnais, à l’hôtel de ville de Montluçon en octobre 1997

• Autre signe de son attachement aux Lettres, lorsque Jean-Paul Pourade avait créé le Cercle des Amis de Jean Anglade, Jean Cluzel avait immédiatement accepté la proposition qui lui  avait été faite d’en devenir le président d’honneur. Afin que celui que d’aucuns ont  parfois surnommé  le “Pagnol auvergnat” reçoive enfin, à 100 ans passés, un peu de la reconnaissance de la Nation pour son œuvre, il avait pesé de tout son poids d’académicien pour que la Légion d’honneur fût attribué à Jean Anglade. Ce qui advint, le 13 février 2016, lorsque Jean Cluzel lui remit les insignes de Chevalier, à l’occasion de la cérémonie des Prix Allen, dans la grande maison de Bransat.

Z Jean CLUZEL et Jean ANGLADE
Jean Cluzel et Jean Anglade, à Bransat, le 16 février 2016

Z Jean ANGLADE Jean CLUZEL et Jean Paul POURADE

• JEAN CLUZEL, UN AUTEUR PROLIFIQUE

Z cluzel téléviolence• Jean Cluzel, lui-même s’était fait auteur en publiant une cinquantaine d’ouvrages en un demi-siècle. Certains, “pour public motivé”, étaient issus de ses travaux parlementaires, parmi lesquels  les dix volumes parus entre  1980 et 1989 à  la Librairie générale de droits et de jurisprudence  dans la collection Législation contemporaine. Une série ouverte par Finances publiques et pouvoir local (1980), et refermée par Les Finances locales décentralisées (1989), dans laquelle il avait traité aussi bien du thermalisme, de l’artisanat, de l’épargne  que de la presse ou des veuves, toujours face aux pouvoirs publics.  Ensuite de 1993 à 1998,  il a publié les 12 tomes de ses Regards sur l’audiovisuel dont le premier volume s’intitulait Une autre bataille de France et les deux  derniers Manifeste pour le secteur public de l’audiovisuel et l’industrie française de programmes et À l’heure du numérique.

• Quelques-uns des thèmes développés dans ces deux séries d’ouvrages, avaient parfois été déjà abordés ou ont pu être repris par la suite dans des titres davantage tournés vers un public plus large, à commencer par une série de titres dédiés à  l’audiovisuel : Télé violence (éd. Plon, 1978), Télémanie (éd. Plon, 1979), L’argent et la télévision (éd. Flammarion, 1979), La Télévision après six réformes (1988), La Télévision (1996). En 1986, il avait exposé Un projet pour la presse, suivi de Presse et démocratie en 1996 et, en 2003, il avait livré  ses Propos impertinents sur le cinéma français.

Z autres

Z Cluzel au service bourbSa vision du Bourbonnais et de son avenir, il l’avait commencé à l’aborder à travers  ses trois premiers livres, publiés à l’aube de sa carrière politique  par les éditions des Cahiers bourbonnais, à Moulins : Au service du Bourbonnais (1971), préfacé par Jean Guitton,  Horizons bourbonnais, distingué par l’Académie française, et L’Allier au présent (1973).Vingt ans plus tard, il  était revenu sur la question en  publiant    Une ambition pour l’Allier.  Avec Élu du peuple (1977), Le sénat dans la Société française (1990), et  Démocratie oblige (1998) ou encore Les Anti-monarques de la Vè (1985), il avait mis à l’honneur le rôle des élus. Il s’était aussi fait le défenseur de l’utilité des contre-pouvoirs, notamment la haute assemblée, face à un état tout puissant. Ce devait être L’indispensable sénat (éd. Économica, 1998). Pour lui, il apparaissait évident  que le Sénat était un rouage essentiel des institutions et même un contre pouvoir indispensable à l’équilibre politique. De son investissement public pendant des décennies,  il avait dressé un bilan dans un ultime livre publié en 2018, intitulé Au service du Bourbonnais et de la France 1940-2018.

Z cluzel a de France• Le pouvoir et  son exercice éclairé, l’avaient aussi conduit à se faire biographe avec un premier livre consacré à  Anne de France, fille de Louis XI, duchesse de Bourbonnais (éd. Fayard,  2002), et un second intitulé Jeanne d’Arc. La politique par d’autres moyens (2006). Ajoutons que, en 1984, sous le titre Ce Bourbonnais que nous aimons, il avait signé la préface du livre collectif Bourbonnais, publié par les éditions Christine Bonneton. Selon Bernard Barraux, qui l’avait rencontré peu de temps avant sa disparition, il était en train de mettre la dernière main à un nouveau livre dont la parution était prévue dans quelques mois. 

• L’ACADÉMICIEN

ET SECRÉTAIRE PERPÉTUEL

cluzel1En 1991,ses capacités intellectuelles visionnairesécrit le journaliste Antoine Delacou, lui avaient ouvert les portes de  l’Académie des sciences morales et politiques, où il avait succédé  à Jean Fourastié. Pendant cinq ans, de 1999 à 2004, il en aura été le secrétaire perpétuel. C’est durant cette période qu’il avait créé en 2003 la première radio académique francophone sur Internet, Canal Académie, qu’il a présidé de 2005 à 2011. Il en avait dressé un premier bilan dans un livre intitulé L’An IV de Canal Académie (2009). Sur les 2 500 internautes connectés en moyenne chaque mois, 52% étaient alors  hors de France et chaque jour, plus de 3000 pages étaient lues.  En juin 2010, en donnant une nouvelle orientation à son action,  il avait lancé  la Fondation de l’Espérance pour l’accès aux responsabilités, sous les auspices de l’Institut de France et il s’était investi dans la question des solidarités avec l’Afrique. Là encore, pour expliquer son point de vue, il avait publié Solidarité Europe-Afrique (2013).

J Cluzel Twitter Riboulet avril 2019
◘ Jean Cluzel et son épouse Madeleine en avril 2019, en compagnie de Gérard Dériot, Claude Riboulet et Bernard Barraux

• DERNIERS HOMMAGES

• Tous ces engagements lui avaient valu une double reconnaissance, celles de la Légion d’honneur et celle des Arts et Lettres, deux ordres dans lesquels il était commandeur. une_lapalisse_327356_ALLA-324x400Parmi les hommages que la classe politique lui a rendus, on notera d’abord  celui de Jean-Paul Dufrègne, député de l’Allier et ancien président du conseil général, qui fut un de ses adversaires: “C’est la fin d’un grand parcours dont nous nous souviendrons. Jean Cluzel aura marqué de son empreinte le département par son ancrage local et sa dimension nationale. Il a toujours voulu rassembler”.  .Et le parlementaire de conclure : “J’avais beaucoup de respect pour lui ”. Gérard Dériot a salué son “mentor en politique”, ” un des plus  grands serviteurs du Bourbonnais” doté de  “capacités intellectuelles exceptionnelles », tandis que Bernard Barraux est allé jusqu’à faire de lui “le superman du département, un sacré monsieur, une référence absolue”.

• Autant d’hommages qui ont été renouvelés lors de ses  obsèques  célébrées le  samedi 19 septembre, en l’église de Saint-Pourçain-sur-Sioule, en présence de la classe politique bourbonnaise, mais pas seulement. Tour à tour Jeanne Lamoine Cluzel, sa fille, Gérard Dériot, Claude Riboulet, mais aussi Jean Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences morales et politiques, ainsi que la préfète de l’Allier, Marie-Françoise Lecaillon se sont succédé au micro. Une occasion de souligner,  une dernière fois, selon les mots du sénateur Gérard Dériot, “son engagement noble et altruiste,  son ambition pour l’Allier”, tout comme  son rôle de “rassembleur de bonnes volontés au-delà des clivages idéologiques”.

ANNEXE

UN ENTRETIEN AVEC JEAN-CLUZEL

RÉALISÉ PAR LE JOURNALISTE MARC-ALEXIS ROQUEJOFFRE

©Marc Productions

• Bibliographie:

• André Touret : Destins d’Allier (1945-2000) (éditions Créer, 2005)

• Jean-Luc Albert : La vie politique dans l’Allier sous la Vè République (éditions Revue d’Auvergne, 1984)

• Georges Rougeron : Le conseil général de l’Allier : Tome IV : 1958-1970 (Imprimerie Typocentre , 1978)

• Jean Cluzel : Au service du Bourbonnais et de la France 1940-2018

• Who’ who in France (2016) (éd. J. Laffitte, 2016)

• Positions ou l’éternelle modernité de l’école de Bransat : 400è Carrefour – 23 février 2007 (n° spécial retraçant l’histoire de Positions, avec la liste intégrale des 400  Carrefours organisés de 1955 à 2007). En accès direct  et téléchargement sur le site Doc Player

• Journaux  et revues conultés : Revues Positions et Positions et Médias, Les Cahiers Bourbonnais (Chroniques), La Montagne, La Lettre de l’Allier,  La Semaine de l’Allier, Modergnat,