EXPOSITION: TÉMOINS D’ARGILE, FIGURINES EN TERRE CUITE DU CENTRE DE LA GAULE, LA NOUVELLE EXPOSITION DU MUSÉE ANNE-DE-BEAUJEU

MISE À JOUR : 18 JANVIER 2021

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UNE EXPOSITION QUI DEVRAIT RESTER OUVERTE

JUSQU’À LA FIN DE 2021

Attention Initialement prévue jusqu’au 19 septembre 2021, la nouvelle exposition du musée Anne-de-Beaujeu Témoins d’argile, dédiée aux Figurines en terre cuite du centre de la Gaule, a subi les conséquences de la crises sanitaire.  Comme toutes les expositions en cours, qui ont été fermées,  elle ne devrait pas  rouvrir ses portes avant le printemps. C’est du moins ce que la directrice des musées départementaux a annoncé à  la presse, à la mi janvier. Pour pallier cette situation et permettre à un maximum de visiteurs de la découvrir, elle sera prolongée de trois mois et elle restera visible jusqu’à la fin de 2021.

• Pour les initiateurs de cette exposition, l’objectif est de montrer les différents aspects de ces figurines et  de confirmer l’importance de la production de ces petits sujets en terre cuite durant l’Antiquité, au sein de la vallée de l’Allier, en relation avec d’autres centres de productions importants. Il s’agit aussi de  souligner la richesse de la collection que conserve le  musée Anne-de-Beaujeu et qui représente plus de 20% de son fonds archéologique.

• AUX ORIGINES DE LA DÉCOUVERTE 

DES FIGURINES EN TERRE CUITE

Témoins-dargiles-497x600• Tout commence en 1856 avec la mise au jour, dans un champ sur le site de  La Forêt, à Toulon-sur-Allier, de figurines en terre cuite, faisant remonter à la surface près de 2 000 ans d’histoire. C’est ensuite, toujours sur la même commune, le site du Lary  qui fait l’objet d’une fouille par les membres de la Société d’Émulation du Bourbonnais. Parmi ces érudits, on trouve Alfred Bertrand et Louis Esmonnot dont l’importance des découvertes sera  rapportée dans un bulletin de la Société savante,  la même année.

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Edmond Tudot (1805-1861)

• Ces figurines appartiennent à l’artisanat de la coroplastie, caractérisée par la production d’objets figurés en terre cuite par modelage et/ou par moulage. Une activité qui s’est développée entre le Ier et le IIIè siècle de notre ère, chez les peuples de la Gaule centrale : Eduens, Bituriges-Cubes, Arvernes ou Ambivarètes sont à l’origine de  nombreux centres de productions de ces céramiques.

•  Les explorations archéologiques vont se poursuivre les années suivantes. En 1860, Edmond Tudot, membre de la Société, entreprend la publication d’un recueil des figurines les plus remarquables découvertes sur ces sites. L’ouvrage aura un retentissement important, jusqu’en Angleterre. L’année suivante,  les travaux de Tudot sont présentés à Paris, ouvrant la voie à une reconnaissance nationale et internationale des figurines.

• TERRE BLANCHE “DE L’ALLIER”

OU “DU CENTRE DE LA GAULE” ?

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Les ateliers entre Loire et Allier

• L’attrait croissant pour ces productions de l’artisanat gallo-romain  est à l’origine d’une  partie importante des collections du musée Anne-de-Beaujeu. Dès le 19e siècle, l’ampleur des découvertes faites dans l’Allier, à laquelle il faut ajouter le savoir-faire des découvreurs pour faire connaître leurs découvertes, amènent les spécialistes comme le grand public à parler désormais de “Figurines en terre blanche de l’Allier”. Une appellation peut-être un peu excessive que l’on retrouve encore de nos jours dans différents musées français et européens.

• Or on sait aujourd’hui que les populations occupant durant l’Antiquité ce qui  est devenu le territoire de l’Allier, n’ont pas été les seules productrices  des figurines moulées en terre cuite. La fouille d’ateliers de potiers hors de la vallée de l’Allier, réalisée depuis les années 1990 a permis de mettre au jour des moules et des figurines, apportant ainsi la preuve  qu’il existait d’autres centres  de production ailleurs en France. C’est ce qui a conduit à l’abandon de l’appellation figurines “en terre blanche de l’Allier”, remplacée par l’appellation “en terre cuite du centre de la Gaule”. Leur connaissance se poursuit au fil des chantiers de fouilles, notamment celles menées lors de travaux, dans le cadre de l’archéologie préventive.

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Chronologie des principaux ateliers (Source: Figurines gallo-romaines 03)

Ces figurines qui étaient produites dans le Centre de la Gaule étaient très peu chères, ce qui avait conduit à leur véritable commercialisation à l’échelle  de l’empire, en suivant  les voies tracés par les Romains. On en a retrouvé, par exemple, jusqu’en Autriche et c’est la pandémie de Covid 19 qui a empêché que soit exposée une pièce qui en provenait. Selon Emmanuelle Audry-Brunet, commissaire de l’exposition, il y a encore de nombreuses recherches à mener, que ce soit sur leur diffusion ou sur leurs usages très diversifiés. Les figurines étaient en effet  des objets du quotidien, présents dans les maison, mais aussi des jouets pour les enfants, en même temps que des objets du culte   et des objets funéraires. On a pu ainsi en retrouver dans des lieux d’inhumation et en contexte d’incinération.

• ANNE-DE-BEAUJEU PARTENAIRE

DE SAINT-GERMAIN-EN-LAYE

• Après celle qui est conservée au Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, la collection de figurines en terre cuite du centre de la Gaule appartenant au musée Anne-de- Beaujeu est l’une des plus importantes.  Le musée de Saint-Germain-en-Laye, qui  conserve des collections de figurines retrouvées partout en France, a acquis dès 1884 la collection de Louis Esmonnot (1807-1887), architecte départemental de  l’Allier,  qui fut un des premiers fouilleurs des sites de production Bourbonnais. Elle comprend des objets trouvés à Toulon-sur-Allier, à Vichy ou encore à Saint-Pourçain-sur-Besbre. Quinze pièces exceptionnelles, empruntées pour cette exposition pourront ainsi  retrouver l’Allier pour la première fois depuis leur mise au jour au XIXe siècle.

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Le musée de Saint-Germain-en-Laye, contributeur de l’exposition

• Pour le musée bourbonnais, dont sont issues la majorité des 400 œuvres présentées, les figurines constituent une part très importante de son fonds.  Elles devraient ensuite intégrer en partie le parcours permanent proposé par le musée. Quelques autres pièces proviennent de prêts, notamment du Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, fondé sous Napoléon III. Cette collection particulière d’un des premiers fouilleurs des sites de production bourbonnais, comprend des objets particulièrement importants et certains uniques parmi les productions des coroplastes gallo-romains.

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Documents extraits du Dossier de presse du Musée Anne-de-Beaujeu

• UNE PREMIÈRE EN BOURBONNAIS

DEPUIS VINGT ANS

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Emmanuelle Audry-Brunet

• Cette première grande rétrospective présentée dans l’Allier sur le sujet depuis plus de 20 ans a permis de lancer une campagne de restauration majeure portant sur une centaine de pièces en terre cuite antiques. L’exposition,  dont la commissaire est Emmanuelle Audry-Brunet, attachée de conservation du patrimoine,  est aussi une réponse au regain d’intérêt et d’activité que suscite la question auprès  des chercheurs, depuis la fin des années 2000. C’est donc  dans cet élan qu’elle s’inscrit. Comme lors des précédentes expositions, elle est prolongée par l’édition d’un catalogue qui constitue la toute première monographie sur le sujet. L’ouvrage s’inscrit dans une volonté éditoriale forte portée par le Mab et visant à mettre en valeur ses collections que ce soit auprès du grand  public ou auprès de la communauté scientifique. Un riche programme culturel accompagne cette exposition avec des conférences, une ciné-conférence, des visites commentées, ou encore des jeux antiques…

• UNE PARCOURS  PÉDAGOGIQUE

EN HUIT GRANDES ÉTAPES

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• Témoins d’argile, les figurines en terre cuite du centre de la Gaule propose un parcours en 8 grandes étapes. La section Les ateliers présente d’emblée les ateliers de production de figurines connus dans la vallée de l’Allier ainsi que leur organisation. Ensuite le visiteur peut  découvrir la Chaîne opératoire : le moulage apparaît comme un artisanat spécialisé, que seuls quelques potiers, les coroplastes, peuvent maîtriser. Depuis le choix de la matière première jusqu’à l’objet fini, les étapes cette “chaîne opératoire” se révèlent  strictes. Ensuite, l’accent est mis sur Les coroplastes dont quelques-uns ont laissé leur nom pour la postérité, en signant leur moule ou leur production. On en trouve 4 pour la vallée de l’Allier, et un cinquième à Autun.

Sans titre DP FIG• La quatrième étape est une  Galerie de portraits de personnages  que l’on retrouve dans les figurines. Tous les âges de la vie sont représentés ainsi que certaines corporations telles que des soldats ou des gladiateurs. Un panthéon inachevé montre que le panthéon romain, hérité des Grecs, se retrouve mélangé au panthéon gaulois. Des divinités romaines, comme Mercure ou Vénus, ont pu être adoptées telles quelles, tandis que d’autres subissent des influences celtiques comme pour certaines figurines de Jupiter. Enfin des divinités typiquement gauloises sont rejoignent le  panthéon classique, comme la déesse Epona. On observe dans les collections  une surreprésentation des modèles de Vénus et de déesses-mères.

• Faune et flore met l’accent sur les représentations d’animaux els que oiseaux, chevaux, chiens, bœufs ou moutons qui sont nombreuses dans les collections de figurines en terre cuite gallo-romaines. Aux animaux domestiques viennent s’ajouter certains animaux plus exotiques, comme le lion ou le singe. Quant aux  éléments de flore, fruits et légumes, ils se révèlent  plus rares mais ils permettent d’approcher des éléments de la vie quotidienne des populations.

• L’avant-dernière étape porte sur L’utilisation des figurines. Elles  sont en premier lieu un objet de culte, dont la protection est recherchée. Elles restent dans la famille, de la naissance à la mort. D’abord un jouet, elles deviennent une présence au quotidien puis un accompagnement dans la tombe. Lorsqu’elles sont mises au jour en contexte cultuel, elles révèlent une offrande ou parfois même un ex-voto dans les sanctuaires. Pour clore le parcours, la dernière section intitulée Les études fait le point sur les trois grandes phases marquant l’étude des figurines : Les débuts de l’étude au XIXe siècle, suivis par Une reprise de l’étude pendant la deuxième moitié du XXe siècle et enfin, Un renouveau amorcé au XXIe siècle

• POUR PROLONGER L’EXPOSITION

UN LIVRE CATALOGUE  

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• Comme lors des précédentes expositions du Musée Anne-de-Beaujeu, un livre catalogue a été publié en partenariat avec les éditions Faton et il sera disponible à partir du 9 novembre:

AUDRY-BRUNET Emmanuelle (sous la direction de), ANDROUIN Loïc,  SALVAYA Florie : Témoins d’argile : les figurines en terre cuite  du centre de la Gaule. Catalogue de l’exposition de Moulins. Catalogue de l’exposition du musée Anne-de-Beaujeu (17 octobre 2020 – 19 septembre). 1 vol. br, 200 p, illustrations  n-b et couleur, éd. Faton, 29 € .

Plan catalogue

• DES MANIFESTATIONS ET DES ANIMATIONS

AUTOUR DE L’EXPOSITION

Diverses manifestations et initiatives viendront se greffer sur l’exposition, telles que conférences, ateliers de dessins archéologiques, jeux antiques, visites nocturnes et, bien sûr, la participation à la Nuit des musées (samedi 15 mai 2021) et aux Journées européennes du patrimoine (18/19 septembre 2021). 

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SourcesDossier de presse de l’exposition établi par le Musée Anne de Beaujeu (accessible sur le site du Mab). On pourra aussi consulter avec profit le site Figurines gallo-romaines 03