L’ACTUALITÉ DES AUTEURS, DES ÉDITEURS ET DES MÉDIAS N° 29 (JANVIER – FÉVRIER 2021)

Cette rubrique fera l’objet de nombreux additifs et de  mises à jour, jusqu’au 28 février 2021. en fonction de l’actualité. N’hésitez donc pas à y revenir régulièrement pour bénéficier pleinement de ces compléments d’informations

Pour nous contacter et/ou communiquer vos informations

allier-infos@sfr.fr

MISE À JOUR:  12  FÉVRIER 2021

• À TOUTES CELLES ET À TOUS CEUX

QUI VISITENT DE CE BLOG…

2021-bonne-annee-numero-bois-decoration-noel-neige-fond-clair-espace-copie_47726-6321 (1)• Que vous soyez des visiteurs et/ou des lecteurs réguliers ou simplement de passage,  à l’aube de cette nouvelle année, Vu du Bourbonnais vous présente ses  meilleurs vœux de bonheur, de santé et de prospérité, à partager en famille et avec toutes celles et tous ceux qui vous  sont chers.

•Que cette année  2021 fasse très vite oublier les difficultés de  2020 en comblant toutes vos attentes. Qu’elle voie aussi  la réalisation de vos projets, en formulant le vœu que   le redémarrage de vos activités,  privées ou associatives, soit couronné de succès.

•  “DERNIÈRES NOUVELLES DU FRONT”…

ET SI ON PARLAIT UN PEU DE NOUS…VDB Une

En juillet 2021, Vu du Bourbonnais franchira le cap de ses 5 années d’existence. C’est en effet à la fin de juillet 2016 que le blog a démarré, quelques mois après la cessation de parution de la revue trimestrielle Les Cahiers bourbonnais, au terme d’une aventure qui aura duré six décennies. J’ai pu  bénéficier dès le début de la complicité de Maurice Sarazin, qui avait lui aussi accompagné les Cahiers bourbonnais, tout au long d’un quart de siècle. Depuis, près de 150 articles ont été publiés et, au 31 décembre 2020, nous avons comptabilisé un cumul de 103 000 visiteurs pour 181 000 pages vues, soit en moyenne près de 2 000 visiteurs et 3 400 pages vues  par mois. Pour la seule année 2020, vous avez été 23 417 visiteurs à “atterrir” sur ce blog , avec un pic à plus de 3 000 en novembre dernier.

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Nombre de visiteurs et de pages vues, du 1er août 2018 au 3 janvier 2021

eb1• Fort de ces chiffres, évidemment bien   modestes (euphémisme) si on les compare à de nombreux autres sites d’information, Vu du Bourbonnais entend bien poursuivre son chemin en continuant d’informer, dans la mesure de ses modestes  moyens, sur ce qui fait l’actualité culturelle du Bourbonnais mais aussi au delà. Le tout gratuitement et sans avoir rien à vendre en retour.

• N’hésitez donc pas à vous abonner (c’est gratuit et sans engagement) pour recevoir chaque nouvelle parution et, surtout, à nous informer de vos publications, de vos initiatives et de vos projets. Nous pourrons nous en faire l’écho, dès lors qu’ils entreront dans nos rubriques habituelles. Rappelons enfin que Vu du Bourbonnais est ouvert aux contributions extérieures qui lui seraient soumises.

• Bref, comme l’avait dit jadis un premier ministre, la route est encore longue mais la pente est raide”…Continuons donc, en ces temps difficiles et, si vous le voulez bien,  à la gravir ensemble. Et, comme on dit en Bourbonnais dans le texte, “Finissez donc d’entrer”…pour découvrir l’actualité. 

Jean-Paul Perrin

allier-infos@sfr.fr

L’ACTU DES AUTEURS

HOMMAGE

JEAN DUCLÉROIR (1932-2021)

PEINTRE, ILLUSTRATEUR MAIS AUSSI ÉCRIVAIN

X DUCLEROIR PHOTO (2)• Artiste-peintre, illustrateur et écrivain, Jean Ducléroir, qui utilisait parfois comme  pseudonyme l’anagramme Luc Dairoir, est décédé le 29 janvier, au centre hospitalier de Moulins, des suites d’un cancer. Né en 1932, à Dompierre-sur-Besbre, Jean Duclairoir avait d’abord été  élève à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Lyon, avant de fréquenter l’atelier Corlin, à Paris. Devenu professeur certifié, il a ensuite enseigné le dessin et les arts plastiques. Une carrière commencée dans les lycées d’Aurillac et de  Nîmes, avant de se poursuivre à  Alger, pour s’achever au lycée Banville, où il aura enseigné pendant plus de trois décennies,  et à l’Ecole municipale des Beaux Arts de Moulins.

X 1• Sa toute première exposition, Jean Duclairoir  l’avait présentée à la galerie Comte-Tainchant à Alger, en novembre 1959. Ses toiles et dessins répondaient à une double inspiration : celle de la  Sologne bourbonnaise, à laquelle il était profondément attaché, et celle du  Sahel algérien qu’il venait de découvrir, tout en cherchant à mettre en évidence les deux types de lumière et de paysage, le bourbonnais et l’algérois. Dès son retour en France, il devait multiplier les participations aux expositions, entre Lyon, Montreux ou Paris, et à  de nombreux Salons, entre  Amsterdam, Vichy, Moulins, Nevers, Clermont-Ferrand ou  Montluçon. 

X 2• Ses tableaux lui avaient valu de nombreuses distinctions comme le prix Mercure – Société des Arts Bourbonnais à Vichy, le prix Allen du Conseil général de l’Allier, le prix spécial du jury de l’Exposition Internationale Artistique de  Montluçon, le prix Louis Ganne à Buxières-Les-Mines, ou encore le prix du Centre Culturel Français à Amsterdam et  la médaille de la ville de Moulins. Une liste de distinctions qui est loin d’être exhaustive. Ses qualités artistiques avaient fait de lui un  membre de l’Académie du Vernet et le président d’Honneur de la Société Moulinoise des Beaux Arts. Quant à l’éducation nationale, elle en avait fait un chevalier puis un officier des Palmes académiques, soulignant ainsi ses doubles qualités d’artiste et de pédagogue.

X ducléroir M B (2)• La notice que lui consacre  le site du conseil départemental de l’Allier, permet de cerner sont art : “Dans sa peinture, Jean Duclairoir recherche la traduction plastique du végétal et des eaux d’une contrée caractéristique, la Sologne bourbonnaise, peut-on lire.  L’expression du végétal contraste avec les surfaces des eaux calmes traitées en glacis. Il utilise une palette volontairement restreinte mais offrant un chromatisme de tons neutres pour jouer avec les taches de couleurs saisonnières. Chaque toile est l’aboutissement d’études et de croquis préalables permettant l’élaboration d’un paysage reconstitué en jouant librement avec les éléments naturels du contexte pastoral”.

X Ducléroir MB Voyages (2)• Jean Ducléroir s’était  essayé à la bande dessinée, lorsqu’Henriette Dussourd lui avait proposé d’illustrer les aventures de Menoux Borveau, bon moulinois, dont elle avait écrit le scénario et les dialogues. De cette collaboration était né un premier album, publié en 1977 par les éditions des Marmousets, alors dirigées par le courageux imprimeur  Maurice Dôle.  Deux ans plus tard, un second tome était sorti, sous le titre  Menoux Borveau, le voyage pittoresque.  Chez le même éditeur, Jean Ducléroir avait ensuite publié un album intitulé Sologne bourbonnaise, images de terre et d’eau. En 1997, il avait accepté d’illustrer  la monographie consacrée à Toulon-sur-Allier, petit village, longue histoire (éd. Les Amis du Patrimoine). Il avait  signé par ailleurs un Moulins, pour rire et Euzautres, au pas si simple présent (éd. Association Lacme – Moulins, 2001).

X DUCLEROIR• L’écriture était devenue  une autre de ses passions.  En 2008, dans Gross Malheur (prix Allen et prix Daniel Bayon 2009) suivi en 2009 par Le temps des étoiles (tous les deux publiés par les éditions Des Figures et des lieux, à Dompierre-sur-Besbre), il était revenu sur son enfance sous l’occupation. Dans un genre différent,  on lui doit Paterne l’austère, un conte publié par les éditions Saint-Honoré, dans lequel “de saints personnages, exhumés des premiers siècles, prenaient contact avec la vie actuelle par le truchement de leur invisibilité”. Son ultime livre aura été Arbeauterre, (éd. Association Lacme – 2014)  couronné par le prix du Bourbonnais.  L’enfant de la Besbre  y célébrait à nouveau la Sologne bourbonnaise, son territoire d’élection, “une vaste étendue entre Loire et Allier dont les coins négligés servent de refuge à la poésie”.

PRIX LITTÉRAIRES

PRIX ÉMILE GUILLAUMIN ET ACHILLE ALLIER

TROIS LAURÉATS POUR DEUX PRIX

• Comme chaque année, le département de l’Allier a dévoilé le nom des lauréats de ses deux prix littéraires, les prix Émile Guillaumin et Achille Allier.

À L’ORIGINE DES DEUX PRIX LITTÉRAIRES

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André Touret

• Le premier trouve son origine dans une proposition de résolution présentée en 1973 par deux élus, Maurice Brun et Jean Cluzel. Faisant suite au centenaire de la naissance d’Emile Guillaumin célébré cette année-là,  et “ considérant l’intérêt qui s’attacherait à l’institution d’un tel prix, destiné à honorer la mémoire du sage d’Ygrande et à perpétuer son souvenir et son exemple”, elle fut adoptée à l’unanimité par le Conseil Général, lors de sa  séance du 18 décembre 1973. C’est l’historien André Touret (1929-2018) qui en fut le premier lauréat en 1974 pour son travail sur Les campagnes bourbonnaises sous la  IIIè république. Le prix Achille Allier, créé en 1991, récompense plus spécifiquement des ouvrages documentaires, notamment ceux consacrés au Bourbonnais et à son histoire. Jean-Yves Vif et Dominique Chassenieux, auteurs de  La route des vins de Saint-Pourçain en  furent les premiers lauréats.

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FRANCK BOUYSSE

Z Franck BOUYSSE JPP et CLARISSE 1• En 2020, le prix Émile Guillaumin a été décerné à Franck Bouysse pour son roman  Né d’aucune femme (éd. La Manufacture de livre – 20 €) : “Une œuvre dont l’intensité n’a d’égale que la noirceur du monde qu’il décrit. Digne d’un roman réaliste du XIXe siècle, il aborde frontalement la condition féminine, celle qu’ont connue les jeunes femmes vendues par leurs parents pour être les esclaves de plus riches qu’eux. Le livre, sensible, envoûtant et terrifiant, entraîne le lecteur dans les bas-fonds de l’âme humaine”, peut-on lire dans la revue du conseil départemental,  Reflets d’Allier.

GUENNOLA THIVOLLE

téléchargement• Faute d’avoir pu les départager, le jury du prix Achille Allier a décidé de couronner deux lauréats. Il a d’abord distingué Guennola Thivolle, auteure de La peinture en Bourbonnais du XVIe au XVIIIe siècle (éd. Presses Universitaires de Rennes, 35 €): “ Voici un bel ouvrage de référence détaillé sur les productions picturales réalisées dans le Bourbonnais entre 1531 et 1790. Le livre porte notamment son attention sur les commanditaires. Son travail de synthèse présente également l’évolution du statut des peintres, entre artistes et artisans ainsi que leurs conditions de vie. Joli bonus, il contient un cahier couleur de 32 pages de photos d’œuvres”, note le magazine Reflets d’Allier.  Bourbonnaise d’origine et passionnée par la peinture, Guennola Thivolle a mené des recherches qui lui ont demandé plusieurs années avant d’aboutir à la soutenance d’une thèse de doctorat en histoire de l’art. Pour que son livre  corresponde au format de la collection, elle a entièrement réécrit sa thèse : “Travail de terrain, en archives, écriture puis réécriture pour la publication, chaque étape a été riche d’enseignements”.

GEORGES JOUSSE

3918565• Second lauréat : Georges Jousse pour  Ébreuil, la puissante abbaye royale d’Auvergne (éd. Imestra Editions, 30 €). Fruit de quatre années de recherches, c’est le troisième ouvrage qu’il consacre à Ébreuil. Cette fois-ci, il a choisi de s’attacher à l’histoire et à la description de l’abbatiale en croisant des approches historiques, architecturales et artistiques.  Il raconte également la naissance du village et l’histoire de l’abbaye, en s’appuyant sur une riche iconographie qui ravira autant les  passionnés de l’art roman et gothique en Auvergne, que les habitants d’Ébreuil et ses environs. Venu très jeune dans la région d’Ébreuil,  Georges Jousse dit avoir été impressionné par l’abbatiale, ce qui l’a conduit à se passionner pour l’architecture romane, en étudiant les grands maîtres de l’histoire de l’art. Afin de rédiger un ouvrage visant à combler  un vide bibliographique, il n’a pas hésité à compléter sa formation d’autodidacte par des études universitaires.

GÉRARD GEORGES

LAURÉAT DU PRIX CATHERINE DE MÉDICIS

téléchargement• Le prix Catherine de Médicis 2020 (à ne pas confondre avec le prix Médicis) a été décerné à Gérard Georges  pour son roman La perle de l’est (1 vol. br, 250 p, éd. Ramsay, 19 €) publié  en décembre 2019. Il raconte l’histoire d’un amour improbable, au cœur du Livradois, entre un prof à la retraite, veuf et aigri, et une jeune autant que mystérieuse Polonaise recherchée par la police.  Avec plus de trente ouvrages à son actif (romans, nouvelles et poèmes), Gérard Georges qui a fait carrière dans l’éducation nationale, se révèle comme un des auteurs les plus prolifiques en Auvergne.

• Résumé de l’intrigue : “Hiver 1996 en Auvergne. Hiver particulièrement rude, avec un enneigement considérable. Marcellin Latour, la soixantaine, veuf et ancien professeur de Lettres, homme bourru, un peu réac, vit dans une maison à l’orée d’un bois, dans la montagne. Z Perle de l'estEn ce matin de novembre, le téléphone sonne : c’est la gendarmerie de Saint-Pierre-sur-Dorette. Une jeune femme, originaire d’Europe de l’Est, est recherchée. Elle aurait été aperçue aux abords de la maison de Marcellin. Celui-ci apprend qu’elle est polonaise et la découvre réfugiée dans sa grange. Quel choc ! Comme cette jeune femme prénommée Maryla, ressemble à son épouse Mariette, décédée il y a une vingtaine d’années, un dilemme se pose alors à Marcellin : quelle décision doit-il prendre, sachant qu’elle est activement recherchée par la gendarmerie ? Et, d’ailleurs, pourquoi est-elle recherchée ? Qu’a-t-elle commis de tellement répréhensible ? La clé de ces interrogations se trouve peut-être en Pologne dans un passé un peu trouble de Maryla et de ceux qui gravitaient autour d’elle au cours de ces derniers mois. Mais cette histoire va aussi montrer la passion inavouée (et peut-être inavouable) d’un homme qui entre dans la vieillesse, pour une jeune femme étrangère que tout le monde semble rejeter”.

LOREN CAPELLI 

 GRAND PRIX 2020 DE L’ILLUSTRATION 

DÉCERNÉ PAR LE MIJ POUR SON ALBUM CAP

6464• Malgré la situation sanitaire, le Musée de l’illustration jeunesse (MIJ) a décerné, avec un peu de retard, son Grand Prix de l’illustration 2020 à  Loren Capelli pour son ouvrage Cap ! publié en 2019 par les  éditions  Courtes et longues (1 vol. relié, 24 €). Ce prix, doté de 3000 €, est attribué chaque année depuis 2008. Il récompense un illustrateur ou une illustratrice auteur (e) d’un album destiné à la jeunesse, dont la singularité esthétique et la force créative sont jugées remarquables. Une première sélection, parmi  80 albums, avait préalablement été faite en présence des membres du comité ad-hoc, pour en retenir 19. Le jury de professionnels s’est ensuite réuni en  visioconférence  autour d’Emmanuelle Martinat-Dupré, responsable scientifique du musée, pour désigner le lauréat

mij-musee-illustration-jeunesse-proposition-de-cp-pour-le-gr_5161550• À 39 ans, Loren Capelli,  qui avait été invitée en 2011 à la Biennale des illustrateurs, à Moulins, est diplômée de l’Ecole supérieure d’art d’Épinal. Elle publie des dessins de presse, notamment dans le New York Times,  et elle s’est fait un nom  dans l’édition pour son travail de création dans la littérature jeunesse. Son livre, Cap !,  avait déjà été couronné par le Prix Sorcières dans la rubrique  Carrément beau maxi ! et il avait  également été sélectionné parmi les 100 plus beaux ouvrages illustrés de l’année 2019 par le site Dictus.

• Cap ! raconte l’histoire d’une petite fille, attirée par la forêt, qui découvre ses grands arbres, son ciel changeant et la rivière qui la traverse. Allongée sur le sol, elle imagine qu’elle rencontre les animaux sans aucune crainte. Réveillée, elle se sent alors capable de continuer sa route, vivre et avancer.

PRIX RENÉ FALLET 

AGIR PAYS JALIGNOIS

DEUX PRIX REMIS  EN JUIN 2021…SI TOUT SE PASSE BIEN

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Aly Deminne, luréate 2020

• Quid du prix René Fallet 2021 et dans quelles conditions se déroulera-t-il ? Fin janvier,  le jury littéraire du Prix René-Fallet  avait lu 44 romans et il devait annoncer, en principe le 8 février, quels seront les 5 ou 6 titres retenus pour être soumis  aux lecteurs volontaires du  jury populaire. Comme en 2020, en raison de la crise sanitaire, c’est encore une fois par correspondance qu’ils devront exprimer leur choix final, le lauréat devant être désigné avant la fin mai, puisque les rencontres 2021 sont  programmées les 12 et 13 juin 2021. Si tout semble simple en théorie, en pratique c’est plus compliqué : l’association organisatrice, Agir en pays jalignois, ignore tout de  ce que sera la situation sanitaire en mars, avril et mai, lorsque les bibliothèques et comités de lecture de l’Allier qui réunissent les lecteurs volontaires pour participer  au vote devront  faire  circuler les titres  retenus.

• En 2020, en raison du premier confinement qui avait été strict, c’est seulement au cours de l’été que  les lecteurs avaient pu emprunter et lire les romans sélectionnés, ce qui avait décalé le vote en septembre, au lieu de juin. Finalement, le prix 2020 était allé à Aly Deminne, pour Les Bâtisseurs du vent, mais la remise du prix avait dû être différée aux  Journées Littéraires des 12 et 13 juin 2021. Si tout se passe bien, il y aura donc deux prix René Fallet qui seront remis ce jour-là, l’un au titre de 2020 et l‘autre au titre de  2021. Si tout se passe comme prévu…

JEANNE CRESSANGES

“ CHEVALIÈRE” DES ARTS ET LETTRES 

imp_photo_108605_1426771494• L’information est passée un peu inaperçue dans son Bourbonnais natal, mais pas dans les Vosges où elle réside à Épinal…L’auteure et dialoguiste Jeanne Cressanges (Jeanne Mouchonnier pour l’état civil), née à Noyant d’Allier en 1929,  a été nommée chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres. Une distinction qui selon le journal Vosges-Matin (27 janvier) lui est allée  “ droit au cœur, en ces temps difficiles pour les arts” mais à laquelle elle ne s’attendait pas, au point d’avoir d’abord “cru à une blague”. Loin de  bouder son plaisir, “ à un âge vénérable où l’on n’a que faire des honneurs”, elle a expliqué à la journaliste Sabine Lesur  pourquoi elle était comblée : “Quand un homme écrit, on dit qu’il fait œuvre. Quand il s’agit d’une femme, on dit qu’elle se distrait. J’ai consacré toute ma vie à l’écriture. Elle est encore aujourd’hui ma seule et vraie passion, je ne suis pas douée pour autre chose. Je n’ai pas un look d’écrivain. J’ai la tête de madame tout le monde. Je porte un chignon… Je n’ai jamais fait beaucoup de bruit”. Madame  tout le monde ? Pas si sûr que cela car elle a  derrière elle une riche carrière littéraire, commencée à l’aube des années 1960.

635_001• Au départ, pourtant, rien ne la prédestinait vraiment à l’écriture. Jeanne Cressanges est issue d’un milieu modeste, avec côté paternel une famille de plâtriers-peintres installée à  Dompierre-sur-Besbre et, côté maternel, une famille de paysans établie à Noyant-d’Allier. Son père, Jules Mouchonnier, travaillait  pour les chemins de fer et c’est à Saint-Sornin, au cœur du bocage bourbonnais, qu’elle a grandi, avant d’adopter pour pseudonyme le nom du village voisin de Cressanges.  C’est en 1959 qu’elle est entrée en littérature  avec La femme et le manuscrit (Grasset ), un premier roman au titre prémonitoire , qui sera suivi par une dizaine d’autres , depuis  La feuille de Bétel (Casterman – 1962) jusqu’au Luthier de Mirecourt (Denoël, 1999) et Un père en héritage (Serge Domini,  2015.  La mariée de Saint-Médard  (Flammarion 1984)  lui vaudra même d’être reçue par Bernard Pivot , dans Apostrophe. Les trois naissances de Virginie  (Julliard, 1995)  décrochera le Prix Allen, cher à Jean Cluzel.

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•  Le destin de ces femmes qui habitent son œuvre, l’a aussi poussée à écrire plusieurs essais  parmi lesquels  Les chagrins d’amour (Grasset 1976),  La vraie vie des femmes commence à 40 ans  (Grasset, 1979) ou Ce que les femmes n’ont jamais dit (Grasset 1982), au terme d’une formidable enquête. Fan de Simone de Beauvoir et de Suzanne Leenhardt, la féministe Jeanne Cressanges affirme avoir quitté le terrain des essais pour renouer avec le roman, lorsque “ les célibattantes”, comme elle les appelle,  ont commencé à un peu trop occuper le terrain. Tout en écrivant des adaptations, scénarios et dialogues pour le cinéma ou la télévision, ce qu’elle qualifie de “ formidable aventure collective”,  c’est le roman qui l’a le plus occupée.

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• Sont alors venus s’ajouter à sa bibliographie  Les eaux rouges  ( Françoise Bourin,1988), Le luthier de Mirecourt  (Denoël, 1999) ou encore Le soleil des pierres (Le Cherche-Midi, 2005), distingué par le  prix Erckmann-Chatrian. Sans trahir le Bourbonnais, elle a aussi livré des récits plus intimistes, tels que   Je vous écris d’Épinal, et  Mes Vosges, itinéraires amoureux, (Serge Domini) dans lesquels elle ne cache pas son amour pour ses Vosges d’adoption. Ce qui ne l’a pas empêchée, dans Un père en héritage  (Serge Domini,  2019) de traiter  de la quête des origines, entre Vosges et Bourbonnais.  Nonagénaire depuis 2019, elle ne compte pas  renoncer  à l’écriture puisqu’elle prépare actuellement un nouvel ouvrage, dont l’action se situe à Ban-De-Sapt, qui a comme des airs de ressemblance avec Noyant-d’Allier, son village natal. En même temps, pour épauler les jeunes auteurs, elle siège au jury d’un concours de nouvelles.

 • FRANÇOIS PÉRON ET  NICOLAS BAUDIN

DANS LES COLONNES DE THE DAILY TELEGRAPH

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François Péron

• Dans son édition du 22 décembre, le journal anglais The Daily Telegraph a publié un article intitulé “Les explorateurs français Nicolas Baudin et François Peron ont proposé d’envahir la Nouvelle-Galles du sud”…On y lit en introduction que  “Si Napoléon Bonaparte avait suivi les rapports d’un voyage fait en 1802, les célébrations du 14 juillet, en France, auraient également marqué la fête nationale de l’Australie”. Il  s’agit en fait de la reprise d’un article signé par l’historienne Marea Donnelly, qui avait déjà été publié le 14 juillet 2017. Pour les lecteurs non anglophones, le texte en anglais peut  être accessible en passant par les divers traducteurs disponibles sur Internet, qui donnent une traduction acceptable… Ou à peu près…

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Nicolas Baudin

◘ “ For British settlers au fait with French manners, the behaviour of Captain Nicolas Baudin and his chief scientist Francois Peron after enjoying five months hospitality in Port Jackson perhaps came as no surprise. But intrigues of the 1802 French Geographe and Naturaliste expedition, led by a ladies’ man and a spy, are still being unravelled. And had French First Consul Napoleon Bonaparte acted on Peron’s report to a French councillor after his return in 1803, today’s Bastille Day celebrations in France could also mark Australia’s national day. ”... ►  Lire la suite sur le site du Daily Telegraph

FRANÇOIS MITTERRAND

SUR LES TRACES DU GRAND MEAULNES,

UN BEAU  JOUR D’OCTOBRE 1986

659_001• Le 25ème anniversaire de la disparition de François Mitterrand, a été l’occasion de rappeler la passion qu’il vouait à la littérature en général,  et au roman d’Alain-Fournier, Le grand Meaulnes,  en particulier. Une passion qui l’avait conduit, un jour de 1986, à se rendre à la chapelle Sainte-Agathe, à Saint-Désiré (Allier), un des hauts-lieux du roman. Le 1er octobre 1986, François Mitterrand avait ainsi profité d’une visite officielle à la maison-école du Grand-Meaulnes, à Epineuil-le-Fleuriel (Cher), pour faire un saut d’hélicoptère sur les traces de son arrière-grand-père, qui avait été au début des années 1840  éclusier à Rouéron (Audes), sur le canal de Berry, mais aussi pour marcher sur les pas de l’écrivain Alain-Fournier.

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François Mitterrand (1er Octobre 1986). Derrière lui: Alain Calmat, député du Cher, Henri Lullier et René Chambareau, fondateur du Musée du canal (Archives La Montagne)

• Il s’était rendu  à la chapelle Sainte-Agathe, qui trône à 350 mètres d’altitude, à Saint-Désiré, et qui offre un magnifique panorama. Une photo publiée à l’époque par La Montagne le montre en train de marcher et méditer, près de la chapelle. C’est elle qui a aussi donné le nom du village dans lequel se déroule le roman, même si l’écrivain ne s’y est jamais rendu personnellement.   Après la venue du président de la république à l’école du Grand Meaulnes, Andrée Lullier, qui a contribué avec son époux Henri à faire rayonner l’écrivain, son œuvre et le village d’Épineuil-le-Fleuriel, avait confié à la presse qu’elle  avait  été “sidérée” par la profonde connaissance que François Mitterrand avait de la vie d’Henri-Alban Fournier (le vrai nom d’Alain-Fournier) et de son œuvre.

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• Entre 1891 et 1898, Alain-Fournier a vécu à Épineuil-le-Fleuriel, où ses parents étaient instituteurs, à une quinzaine de kilomètres de Saint-Désiré. La chapelle de Sainte-Agathe servait alors de cadre à deux pèlerinages  annuels, auxquels nombre d’enfants d’Épineuil participaient. Bien que  très croyante, madame Fournier mère, ne s’y est jamais rendu, pas plus que son fils, du fait de sa fonction d’institutrice publique. C’est donc par ses camarades que le futur écrivain a entendu parler de cette chapelle et de son histoire, son imagination ayant fait le reste pour la  faire entrer dans l’histoire littéraire. 

JEAN ANGLADE (1915-2017)

UN AUTEUR TOUJOURS D’ACTUALITÉ

Logo Cercle Jean ANGLADE• “Héritier spirituel…Fils spirituel de…” On connaît la formule souvent utilisée et trop fréquemment galvaudée dans les milieux littéraires. Jean-Paul Pourade, président fondateur du Cercle des Amis de Jean Anglade, considère que le “Pagnol auvergnat” n’a pas de fils spirituel, même si d’aucuns s’en réclament.  En tant qu’ami, depuis le début des années 1980, de l’écrivain décédé le 22 novembre 2017, à 102 ans, mais aussi en tant que biographe,  il rappelle que Jean Anglade en personne, n’avait  jamais désigné, de son vivant,  aucun écrivain comme étant son héritier spirituel. Lui-même, pourtant très intime avec Henri Pourrat et  Alexandre Vialatte,  s’était toujours défendu d’être leur héritier spirituel.

Z Jean CLUZEL et Jean ANGLADE• Avec Jean Cluzel, membre de l’académie des sciences morales et politiques, récemment décédé, le Cercle des amis de Jean Anglade a beaucoup œuvré pour que l’écrivain auvergnat, qui avait été couronné par de nombreux prix littéraires, y compris un prix de l’Académie française, soit reconnu par la Nation, avec l’attribution de la légion d’honneur. Cet ultime hommage devait lui être rendu un an avant sa disparition, le 13 février 2016, à Bransat. Ce jour-là, en même temps que la remise des prix Allen, Jean Cluzel,  Président d’honneur du Cercle,  lui avait épinglé la médaille de chevalier de la légion  d’honneur.

• Autre reconnaissance pour Jean Anglade, depuis sa disparition, l‘instauration d’un  prix Jean Anglade du premier roman. Le lauréat désigné par le  jury peut ainsi voir son texte édité par les Presses de la Cité, une maison d’édition à laquelle Jean Anglade fut fidèle pendant des décennies. Pour 2020, c’est Antonin Sabot qui a été couronné pour son manuscrit Nous sommes les  chardons.

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Jean-Paul Pourade en compagnie de Franck Bouysse

• Si les activités du cercle ont été largement perturbées par la pandémie, elles devraient connaître un renouveau au 2ème semestre 2021. Le cercle, dont Jean Cluzel a été fait président fondateur honoraire à titre posthume, a désigné comme président d’honneur l’écrivain Franck Bouysse, lauréat du prix Émile Guillaumin, pour son roman Né d’aucune femme, la présidence active étant toujours assumée par Jean-Paul Pourade. Depuis 2015, deux Bourbonnais ont rejoint le Cercle : Antoine Decorps, Président de l’association des amis d’Emile Guillaumin, et Franck Anfrieux, directeur de Tibert éditions, la maison d’édition bourbonnaise installée à Billezois.

• Enfin, toujours dans le but d’honorer la mémoire de Jean Anglade, les municipalités  de Saint-Pourçain-sur-Sioule et de Neuvy ont accepté de donner son nom à une rue de leurs cités. Une demande identique a été formulée auprès des mairies de Moulins et de Vichy.

• JEAN GIONO, HENRI POURRAT ET ÉMILE GUILLAUMIN

INVITÉS DES RENCONTRES LITTÉRAIRES 2021,   À AUBRAC

unnamed• En 2020, on aurait du célébrer le 50ème anniversaire de la disparition de l’écrivain Jean Giono (1895-1970) qui a consacré de nombreuses pages au monde paysan. Pour cause de pandémie, c’est finalement les 13,14 et 15 août 2021 que se tiendront les Rencontres littéraires en Aubrac, organisées par les Amis de Jean Giono et le Cercle des amis de Jean Anglade, en présence de Sylvie Giono, fille de l’écrivain.

 

Z POURRAT• Au programme des conférences, figure le Bourbonnais Antoine Decorps, docteur es-lettres, auteur d’une thèse  sur Émile Guillaumin journaliste : une morale populaire au service d’un idéal d’élévation paysanne. En complément de son intervention  seront lus des textes du sage d’Ygrande. Henri Pourrat sera lui aussi à l’honneur avec Henry Lauras-Pourrat qui évoquera Henry Pourrat, de la terre à la terre, et Jacques Mény qui présentera Deux visions du monde rural et de la vie paysanne, celle de Giono et celle de Pourrat. Pour l’occasion, le film Une journée de la vie d’Henri Pourrat sera projeté. Enfin, Jean-Paul Pourade interviendra sur le thème  Des communautés agricoles du Moyen-âge aux paysans du IIIè millénaire.

ÉMILE GUILLAUMIN (1873-1951)

DANS LE DOMAINE PUBLIC EN 2022

70963591• Au 1er janvier 2022, l’ensemble des œuvres écrites d’Émile Guillaumin, décédé le 27 septembre 1951,   entrera dans le domaine public et se retrouvera libre de droits. C’est la conséquence de l’application du code de la propriété littéraire qui stipule qu’un auteur entre dans le domaine public, au 1er janvier de l’année suivant le 70ème anniversaire de sa disparition (sauf  pour le cas particulier des auteurs décédés à la guerre qui disposent d’un délai supplémentaire). Il rejoindra Charles-Louis Philippe (1874-1909) qui y est entré en 1980, et Albert Londres (1884-1932) qui y figure depuis 2003. En revanche, pour Valery Larbaud (1887-1957), il faudra patienter jusqu’en 2028.  Pour l’année 2021 (auteurs décédés en 1950), le site de la BnF Gallica a publié une liste quasi-exhaustive des auteurs rejoignant le domaine public.

ALBERT BONNEAU (1898-1967)

CATAMOUNT, SUR LE CHEMIN DE LA RÉDEMPTION ?

téléchargement• Après  La Jeunesse de Catamount, Le train des maudits et La justice des Corbeaux, les éditions Petit à Petit proposent un quatrième volume des aventures de Catamount, le héros du Far-West, fruit  de l’imagination fertile du romancier bourbonnais Albert Bonneau. Né à Moulins en 1898, il est décédé à Chambon-sur-Voueize en 1967, laissant derrière lui une œuvre particulièrement riche. Sa fille, Odile Bonneau, s’attache à faire connaître les différentes facettes de l’œuvre paternelle, à travers l’Association des amis d’Albert Bonneau, qui organise des conférences et des expositions, tout en contribuant aux rééditions.

9782380460810_1_75• Comme les 3 volumes précédents, c’est le dessinateur  Benjamin Blasco-Ibanez qui s’est attelé au scénario et à la mise en images de La rédemption de Catamount (1 vol. cartonné, 64 p, illustrations en couleur, 16,90 €). On y retrouve le héros traqué par les shérifs,  poursuivi par les chasseurs de primes. Catamount est devenu plus sauvage que la bête fauve qui l’a sauvé à sa naissance. Sur le chemin de sa fuite, la rencontre d’une vieille dame au cœur de porcelaine va lui offrir une chance de se racheter. Une dernière chance…

SOPHIE DI PAOLANTONIO

UN NOUVEAU ROMAN EN  HOMMAGE AUX VICTIMES

 DES ATTENTATS DE NOVEMBRE 2015

1516938768650• Derrière le pseudonyme de Sophie Di Paolantonio, se cache une Montluçonnaise, Sophie de Charpin Feugerolles, conseillère bancaire et écrivaine à ses heures. On lui  doit  déjà Les Choix de Clara, son premier roman paru en 2016, chez Flammarion. Un véritable exploit pour celle qui a longtemps souffert du handicap de la dyslexie. Dans ce nouveau texte, Ne t’éteins pas (éd. J’ai lu, 6,50 €), volontairement court, elle évoque le destin d’Angèle, de Rémi et d’Amélie, victimes des  attaques terroristes perpétrées  en novembre 2015 à Paris. On suit au fil des pages Angèle, étudiante en droit dans la capitale, qui se rend à un concert avec son amie et colocataire Amélie. Les deux femmes sont séparées au moment des premiers coups de feu et Angèle se retrouve avec Rémi, dans un combat de survie.

41wBhL4leiL._SX195_• Le récit se veut très intime, d’autant que l’auteure vivait elle aussi à Paris lors de la tuerie du Bataclan  et qu’il s’en est fallu de peu pour que  son époux ne figure pas  lui aussi sur la liste des victimes : alors qu’il sortait d’un commerce pour rentrer chez lui, il a croisé les terroristes et il n’a dû son salut qu’à la protection d’un échafaudage. Une scène que l’auteure a choisi de raconter en préambule  au déroulé de la fiction romanesque. Depuis, le couple a élu domicile à Bordeaux mais Sophie Di Paolantonio  a voulu coucher cette histoire sur le papier pour ne rien oublier, tout en apprenant à gérer ses sentiments et éviter de se retrouver submergée sous le poids des émotions. Elle prépare actuellement un troisième roman qui aura à nouveau pour cadre la capitale, pour laquelle elle dit toujours ressentir   “un grand amour”. Le personnage central sera  une jeune policière qui, après avoir commencé des travaux dans un appartement qu’elle a acheté, y découvre un journal intime, refermé depuis trois décennies. Il a été tenu par un réfugié cambodgien qui a fui la guerre et les massacres qui ensanglantait son pays…

JEAN-CLAUDE FOURNIER

AUTEUR BOURBONNAIS CONFIRMÉ…CHERCHE ÉDITEUR

• Né à Montluçon, Jean-Claude Fournier, après avoir enseigné la langue de Shakespeare en France et en Algérie, a choisi de consacrer sa retraite à l’écriture. Il a déjà à son actif plusieurs romans parmi lesquels Le prince des parquets-salons, Hollywood sur cher, Swinging mai 68, Si Montluçon nous était conté et, le dernier paru, Les oranges amères de Kabylie.  À ces titres pourraient venir s’en ajouter deux autres, s’il parvient à trouver un éditeur.

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• Le premier est un essai sur la Révolution française, telle que l’a vue Charles Dickens dans l’un de ses deux romans historiques intitulé Un conte de deux villes. L’action se déroule à Londres et surtout dans le  Paris des années 1770 à 1793 pour s’achever  en pleine Terreur révolutionnaire.

artfichier_537597_1764959_201302112700626• Le second concerne plus directement le Bourbonnais. C’est l’adaptation réécrite du manuscrit retrouvé d’un compagnon bourbonnais. Né un peu avant 1848, il fait le récit de sa petite enfance, sous l’éphémère seconde république, puis de sa scolarité primaire sous le second empire dans une école primaire communale (non confessionnelle), située  dans une petite commune du département de l’Allier. C’est ensuite le temps de son entrée en apprentissage, avec l’accomplissement de son tour de France,  dans le cadre du compagnonnage. Il se retrouve incorporé dans un bataillon en partance pour l’Algérie, alors qu’éclate  la guerre franco-prussienne en 1870. Il ne reviendra en métropole qu’en 1871, après le désastre de Sedan. Dès lors, il s’installe dans sa commune natale  où il exercera simultanément sa profession de plâtrier-peintre et celle de limonadier. C’est donc la description d’un demi-siècle de la vie dans un village bourbonnais, entre la chute du Second Empire et là fin  de la grande guerre, qu’il a couché sur le papier.

4285078• Afin de le rendre accessible à des lecteurs contemporains, ce document a été réécrit, adapté, commenté, analysé et annoté par Jean-Claude Fournier qui a reçu, pour cela,  l’accord des descendants de l’auteur. C’est un précieux témoignage de ce pouvait être la vie d’un humble ouvrier-artisan de province à cette époque. Par son intelligence et son travail, il a participé activement à la gestion de sa cité en tant que conseiller municipal et a traversé les épreuves inhérentes au deux guerres dont il parle. C’est aussi l’histoire d’un  homme qui a su surmonter sa condition de prolétaire, en devenant, grâce à l’un de ces hussards noirs de la République d’avant Jules Ferry, capable et fier de rivaliser avec des gens plus instruits et plus aisés que lui. L’auteur peut être contacté via sa page Facebeook.

DOMINIQUE FILLETON

UN PREMIER POLAR AVEC CRIMES EN BOURBONNAIS

dominique-filleton-page-facebook-quand-tu-as-connu-montlucon_5148865• Après avoir publié un grand nombre de livres de cartes postales et de photos anciennes, le montluçonnais Dominique Filleton s’est laissé convaincre par son éditeur, le Nérisien Philippe Chatel, de se lancer dans le roman policier. Son tout premier ouvrage,  Crimes en Bourbonnais (eoufem3xuaaferc_5148869éd. des Champs-Élysées – Philippe Chatel, 20 €),  paru il y a quelques semaines, se déroule tout près de Montluçon.  Point de départ de l’intrigue: un homme d’une cinquantaine d’années est retrouvé mort dans un sous-bois. Une enquête de gendarmerie est diligentée, tandis que d’autres crimes sont perpétrés dans le coin. À chaque fois, d’autres compagnies de gendarmeries enquêtent… L’auteur qui dit  en “avoir eu des bons retours et pas que de la part d’amis mais aussi d’inconnus”, rêve d’une adaptation pour le cinéma ou la télévision. En attendant, il devrait bientôt récidiver. Après un deuxième roman en cours d’écriture qui aura pour cadre Montluçon, il en envisage un troisième dont l’action se  déroulerait en Creuse, notamment à Vallière, à Guéret et à Aubusson.  En abordant le roman policier, Dominique Filleton rejoint donc le  petit groupe d‘auteurs de polars  montluçonnais, qui comprend déjà le très prolifique  Jean-Pierre Momcilovic (Meurtre au dessus d’un nid de cocos, Sang pour sang, La route du Rom, Overdose…) et Jean Giraud (Ombres sur Venise).

UN NOUVEAU POLAR DE MICHEL BUSSI

AVEC MUROL EN TOILE DE FOND

9782258195301ORI• Avec 815.003 exemplaires vendus en 2020, d’après le palmarès publié par Le Figaro (21/01), Michel Bussi fait partie des très  grandes stars des ventes de romans. Le maître du Polar publiera  le 4 février un  nouveau roman qui devrait là encore séduire un très large public. Intitulé  Rien ne t’efface  (1 vol. br, 460 p, éd. Presses de la Cité, 21,90 €), il se déroule en partie  dans  le massif du Sancy, et plus particulièrement dans le village de Murol, bien connu pour son château. Un roman que son éditeur présente ainsi : “Par amour pour un enfant, que seriez-vous prêt à faire ? Maddi, elle, ira jusqu’au bout…Une intrigue magistrale, un twist virtuose pour le nouveau suspense 100%  Bussi. Sur le thème puissant de la maternité, Michel Bussi (…) livre un nouveau suspense addictif, vertigineux, servi par un twist de haut vol, dans lequel se justifie l’impensable par amour pour un enfant”.

871_001• Résumé de l’intrigue : “2010. Maddi qui est médecin généraliste à Saint-Jean-de-Luz, mène une vie comblée avec Esteban, son fils de 10 ans. Ce jour d’été là, elle le laisse quelques minutes seul sur la plage. Quand elle revient, l’enfant a disparu… Dix ans plus tard, Maddi qui a refait sa vie, revient sur cette plage en pèlerinage. Au bord de l’eau, un enfant est là. Même maillot de bain, même taille, même corpulence, même coupe de cheveux. Elle s’approche. Le temps se fige. C’est Esteban, ou son jumeau parfait. Maddi n’a plus qu’une obsession : savoir qui est cet enfant. Il s’appelle Tom, il vit à Murol en Auvergne, où elle prend la décision de s’installer. Plus Maddi espionne Tom, et plus les ressemblances avec Esteban paraissent inexplicables : mêmes passions, mêmes peurs… même tache de naissance. Jusqu’où sera-t-elle prête à aller pour découvrir la vérité, et sauver son enfant ? Ou ce garçon qui lui ressemble tant. Ce qu’elle ressent profondément, c’est que Tom est en danger. Et qu’elle seule peut le protéger”.

ROLANDE MOREAU

OU L’ART DE FAIRE  PARLER LE PETIT PRINCE

EN  “PATOUÉ DE CRÔZINT

parler-marchois-rolande-moreau-croissant-linguistique-crozan_2602781• Comment dit-on “Dessine moi un mouton”   en “patoué de Crôzint ou patois de Crozant? La réponse, on la trouvera dans la traduction du Petit Prince, de Saint-Exupéry, qu’a réalisée Rolande Moreau, institutrice à la retraite, avec l’aide de la doctorante Amélie Deparis. L’ouvrage, publié il y a quelques mois, s’inscrit dans  le  travail de recherches menées sur les parlers du Croissant. À 83 ans, même si elle avait déjà traduit des contes, c’est sa toute première expérience de traduction intégrale  d’un classique de la littérature dans ce patois particulier qu’est celui  du village de Crozant, au cœur de la fameuse vallée qui a inspiré de nombreux peintres, au point qu’on parle d’une “école de Crozant”.

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Crozant

• Née peu avant la dernière guerre, dans une famille de paysans pauvres, où trois générations vivaient sous le même toit, elle a baigné dès sa petite enfance dans le patois que presque tout le monde parlait encore couramment dans les campagnes alentour. Avec son entrée à l’école, elle a dû y renoncer, les maîtres de l’école publique obligeant les élèves à parler strictement le français. Une langue que les enfants du bourg parlaient couramment mais qui, pour ceux venus des hameaux lointains ou isolés, étaient encore presque une langue étrangère. D’abord par la contrainte, elle  a appris à manier le français et ses subtilités, suffisamment bien pour qu’elle puisse poursuivre ses études en empruntant la voie du concours des Bourses, porte d’entrée du Lycée, antichambre de l’école normale de Guéret. C’est là qu’elle a rencontré celui qui allait devenir son époux. Lui aussi parlait le patois, mais pas tout à fait le même que celui de Crozant.

337 dkp crozint• Des différences que les spécialistes connaissent bien  et qui sont le reflet de la richesse des parlers, avec la palette des nuances d’un village à l’autre. C’est ce qui a conduits ces spécialistes, à partir de 2018, à  solliciter des habitants, pour un projet de traduction du Petit Prince. Amélie Deparis, doctorante, a ainsi pris contact avec  Rolande Moreau, pour mener à bien la version crozantaise. Un travail qui s’est parfois révélé difficile : “ Dans le livre, il y a beaucoup de mots abstraits ou poétiques, relatifs aux états d’âme, aux sentiments, comme « ému », « mélancolique ». Or, le patois est un langage imagé. Prenez le mot « ombrageux » par exemple, qui peut définir le caractère d’une personne. Et bien nous, on verrait ça sous un arbre”. Des difficultés dont elle a su finalement triompher.

ELIZABETH ASHURST ET MATILDA HAYS

PREMIÉRES TRADUCTRICES DE GEORGE SAND EN ANGLAIS

• On a un peu tendance à l’oublier, mais la traduction n’est pas qu’un simple exercice technique de translation d’un texte d’une langue dans une autre. C’est aussi tout un art, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une œuvre à vocation littéraire, dont il faut être capable de saisir toute la sensibilité et les nuances, sans trahir l’auteur.  C’est le cas pour les écrits de George Sand qui ont été traduits pour la première fois en anglais par Elizabeth Ashurst (1813-1850), et Matilda Hays (1820-1897). La première était une “activiste radicale anglaise” et la seconde une journaliste et romancière féministe. Actualitté leur a consacré un article retraçant leur parcours respectif qui n’est pas sans rencontrer d’échos avec le parcours de “la bonne dame de Nohant”.

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Elizabeth Ashurst (1813-1850), George Sand et Matilda Hays (1820-1897)

• Elizabeth Ashurst était issue d’une famille de militants qui s’étaient engagés dans la lutte pour le droit de vote des femmes mais aussi pour l’unification italienne. téléchargementElle-même, accompagnée de son père et de sa sœur,  avait assisté en 1840 à la Convention mondiale contre l’esclavage qui s’était tenue à Londres. Une demi-satisfaction pour elle toutefois, puisqu’elle n’avait pu y prendre la parole, les femmes n’étant pas considérées comme des déléguées à part entière. Avec son amie Matilda Hays, elle s’était plongée dans les romans de George Sand, toutes les deux aimant “ son style de vie indépendant, tout à fait inhabituel au 19ème  siècle, tout comme sa vision de l’amour libre ou encore les questions politiques et sociales abordées dans ses livres”. Ensemble, elles se sont donc attaquées à la traduction de quatre romans en commençant en 1842 par Spiridion (qui conservera le même titre en anglais). Ce sera ensuite  Lettres d’un voyageur (Letters of a Traveller), Les Maîtres mosaïstes (The Master Mosaic-Workers) et André, tous les trois publiés en 1847.

Sans titre• Elizabeth Ashurst, qui avait épousé Jean Bardonneau, un artiste français rencontré en 1847à Paris, devait décéder à l’âge de 37 ans, à la suite d’un accouchement. De son côté, avant sa rencontre avec Elisabeth Ashurst, Matilda Hays avait déjà traduit seule La Dernière Aldini (The Last Aldini, publié en 1847)  et, après la mort de sa complice en traduction, elle avait également traduit seule La petite Fadette (Fadette, publié en 1851).

• Matilda Hays, cofondatrice du  English Woman’s Journal dont elle fut la responsable éditoriale entre 1858 et 1864, a été aussi une des premières femmes à revendiquer ouvertement son homosexualité dans la société anglaise du XIXè siècle, bien déterminée à utiliser ses écrits pour améliorer la condition des femmes. C’est ainsi que dans Helen Stanley (1846), un de ses romans, elle écrivait que les mères doivent “apprendre à leurs filles à se respecter et à travailler pour leur pain quotidien plutôt que de prostituer leurs personnes et leurs cœurs dans des mariages”.

MAURICE ROLLINAT (1846-1903)

UNE ASSOCIATION PERPÉTUE SA MÉMOIRE DEPUIS UN DEMI-SIÈCLE

220px-Maurice_Rollinat_by_Rigel_d'Illzach​• L’association des amis de Maurice Rollinat perpétue depuis plus d’un demi-siècle la mémoire et l’œuvre du poète, mais aussi musicien et interprète, né à Châteauroux en 1846 et décédé à Ivry-sur-Seine en 1903.  Elle le fait à travers la publication d’un copieux bulletin annuel  dont le n° 59 (année 2019) est paru en mars 2020. Elle est aussi à l’origine de la remise de plusieurs prix de poésie et de  l’organisation de journées dédiées au poète. Après avoir été présidée  de 1978 à 2009 par Régis Mianney, l’association l’est depuis 2009 par Catherine Réault-Crosnier.

RollinatAtreOsterlindCOMP• Au sommaire du Bulletin n° 59 : Catherine Réault-Crosnier : Éditorial – Maurice Rollinat, “La beauté”  –  Maurice Rollinat, “La nature” – Sébastien Robert : Un texte fondateur : L’art poétique de Rollinat (1868) – “Dans l’œil de Rollinat”, un film de Pascal Guilly –  À la recherche de Maurice Rollinat ,  une émission de l’ORTF de 1971 – Documents offerts à l’association par M. Pierre Maréchal – Régis Crosnier : Georgette Leblanc, Maurice Leblanc et Maurice Rollinat – Comparaison des écritures de Maurice Rollinat et de sa femme Marie – Évolution d’un poème – Des documents anciens trouvés – Catalogue raisonné de Philippe Smit – Charles Canivet et Maurice Rollinat –  Le dictionnaire grec-français utilisé par Maurice Rollinat offert à notre association – Journée du 16 mars 2019 à Châteauroux  –  Journées des 15, 16 et 17 novembre 2019 – Catherine Réault-Crosnier et Régis Crosnier : Procès verbal de l’assemblée générale du 17 novembre 2019 – Louisette Caçao : Rapport financier de l’année 2019  – François Lacore : Remise du 74ème prix de poésie Maurice Rollinat : Prix de Poésie classique à Maurice Vidal  et Prix de Poésie libre à Marie-France Cunin– Les journées des 15, 16 et 17 novembre dans la presse locale – Poèmes de nos adhérents – Livres de nos amis – Maurice Rollinat sur Internet – Échos et nouvelles – Des adhérents honorent l’association – Concours littéraires – Prix de poésie de nos amis – Journaux et revues – Nouveaux adhérents – Un ami nous quitte – Bulletin d’information et d’adhésion à l’association – Information sur le Prix de poésie Maurice Rollinat 2020. Contact: Les amis de Maurice Rollinat

• Les prix de poésie Maurice Rollinat 2020 ont été attribués en poésie classique à Marie-Alberte Chanay, pour son tapuscrit  Le peintre des mots  et en poésie libre à Nicole Portay, pour son tapuscrit La parole de l’arbre. Ces prix seront remis en 2021 dès que les conditions sanitaires le permettront.

LE  SALON DU LIVRE ÉPHÉMÈRE

DU VIRTUEL AU RÉEL

• En 2020, la pandémie de Covid 19 aura été fatale à un grand nombre de salons ou rencontres littéraires et de Foires du livre, privant auteurs et éditeurs du contact direct avec leurs lecteurs. C’est ce qui avait conduit  Céline Bourbon, auteure indépendante résidant dans le Cantal à lancer à la veille du premier confinement un Salon du livre éphémère, via la création d’un groupe Facebook.

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Céline Bourbon

• Le but initial était de réunir les auteurs indépendants et les petites maisons d’édition. Une initiative qui a été couronnée de succès puisque le groupe compte aujourd’hui 3.300 membres. C’est ce qui a poussé Céline Bourbon à aller plus loin : tout en gardant le salon éphémère virtuel, l’idée a germé de fonder une association destinée à venir en aide aux auteurs indépendants, comme par exemple pour les aider à se déplacer lors des salons littéraires. C‘est ainsi qu’est née à Toulouse l’association Salon du livre éphémère, qui doit permettre aux auteurs qui le souhaitent de bénéficier d’une aide financière afin de promouvoir leurs œuvres. La cotisation pour adhérer sera “dérisoire” car “le but n’est pas que les auteurs paient leurs propres déplacements”, explique la créatrice.

exquises-nouvelles• Pour alimenter la cagnotte destinée au démarrage de l’association, 39 auteurs ont uni leurs efforts pour écrire des nouvelles qui ont permis de constituer un recueil de 324 pages publié  gracieusement par les éditions de la Châtaigneraie. Préfacé par Nadège Fromentin et  intitulé Exquises nouvelles, il est disponible auprès de l’éditeur au prix de 15 €. En attendant que les statuts de l’association soient validés, les membres du bureau, épaulés par certains membres du groupe Facebook, se sont mis à plancher sur un autre projet : la création d’un Salon du livre éphémère, qui ne serait plus virtuel, mais bien réel. De quoi permettre une “vraie” rencontre entre auteurs et lecteurs, afin de promouvoir les auteurs indépendants.

AUGUSTIN TRAPENARD

MET FIN À HUIT ANS DE PRÉSENCE SUR CANAL+ 

Augustin_Trapenard_2017◄ Le journaliste et animateur Augustin Trapenard a annoncé qu’il quitterait, à la fin de janvier 2021, le groupe Canal +. “Après cette étrange année, j’ai d’autres envies, d’autres projets. Je garde tout ce que j’ai appris, tout ce qu’on a vécu, tous ceux et celles avec qui j’ai eu la chance de travailler depuis presque 10 ans. C’est avec émotion que je quitterai Canal+”,  pouvait-on lire dans un message publié le 29 décembre sur son compte Twitter. Augustin Trapenard est issu d’une famille bourbonnaise, son père, Gilles Trapenard étant éleveur de chevaux à Lalizolle, la commune dont il est  également le maire  depuis 2014. Augustin Trapenard avait rejoint la chaîne cryptée en 2012 et, depuis 2016, il y présentait deux émissions, l’une consacrée à la littérature (21 cm) et l’autre au cinéma (Le cercle), tout en animant une autre émission, Boomerang, diffusée sur France Inter, du lundi au vendredi, à 9 h 10.

• Quant aux raisons de son départ, le journal Le Parisien croit savoir qu’il serait motivé par le fait qu’il souhaiterait garder “une liberté éditoriale que Canal+, depuis la reprise par Vincent Bolloré, “ne pouvait plus lui garantir”. Sur ce sujet, l’intéressé n’a fait aucun commentaire autre que son message Twitter, tandis que la chaîne télé a salué dans un communiqué officiel le travail accompli par Augustin Trapenard, en lui souhaitant “pleine réussite dans ses nouveaux projets”. L’émission Le cercle devrait revenir sur les écrans prochainement, alors que rien n’a été décidé concernant l’émission littéraire.

L’ASSASSINAT DE MARX DORMOY

 DEUX LIVRES ET DES QUESTIONS TOUJOURS EN SUSPENS

téléchargement• Sous la direction de Jean-Marc Berlière, historien spécialiste notamment de l’histoire de la police, vient de paraître Les grandes affaires criminelles, du Moyen Âge à la Vè Republique (1 vol. br, 368 p, éd. Perrin, 22 €). On y trouve le récit de 18 affaires criminelles, depuis celle de  Gilles de Rais jusqu’à l’assassinat de  Jacques Roseau, la dernière victime de l’Algérie française, en passant par le procès du régicide Damiens, l’affaire des “chauffeurs” d’Orgères, celle de Joseph Vacher, qualifié de “ Jack l’éventreur français” (popularisé par le film de Bertrand Tavernier, Le juge et l’assassin), des sœurs Papin ou encore de la tuerie d’Auriol. C’est  donc à un grand voyage à travers sept siècles de morts violentes  qu’invite cet ouvrage.

• Parmi les affaires évoquées figure en bonne place l’assassinat de Marx Dormoy (1888-1941), sénateurmaire de Montluçon jusqu’en 1940, mais aussi ministre de l’Intérieur du temps du Front populaire (1936-1938)  et qui, à ce titre, participa au démantèlement de la Cagoule, l’organisation terroriste d’extrême droite. Marx Dormoy, on le sait fut déchiqueté par l’explosion d’une bombe, qui avait été placée sous son lit, alors qu’il était  assigné à résidence à l’hôtel Le Relais de l’empereur, à Montélimar. C’était dans la nuit du 25 au 26 juillet 1941. 80 ans plus tard, si les auteurs de l’attentat sont identifiés clairement, il reste de nombreuses interrogations sur les commanditaires. C’est ce qui explique que le chapitre consacré à cet assassinat s’intitule “Questions autour d’un attentat politique”. Après un rappel des premières constatations, faites immédiatement après l’attentat, prélude à l’enquête, on débouche sur les “des aveux très (trop) circonstanciés” des prévenus. Se pose alors la question des commanditaires et des raisons qui ont conduit le gouvernement de l’Etat Français à différer constamment la tenue d’un procès. En janvier 1943, 18 mois après les faits, alors que l’instruction était bouclée, les auteurs de l’attentat étaient toujours détenus à la prison de Largentières, lorsque les Allemands les libérèrent. Autres problèmes soulevés : y avait-il d’autres complices, une ou deux bombes ? Autant de points abordées dans ce chapitre qui se referme sur les “destins ultérieurs des participants”.

• À signaler également L’attentat de l’Étoile : la Cagoule entre en scène (11 septembre 1937), une étude signée par  Éric Panthou. Bibliothécaire à l’université de Clermont-Auvergne, il est chercheur associé  au centre d’histoire Espaces et Culture. Prix Jean Maitron  1994 pour son mémoire de maîtrise sur L’année 1936 dans le Puy-de-Dôme,  il est l’auteur de plusieurs livres sur l’histoire sociale du département. On lui doit aussi Les plantations Michelin au Vietnam : une histoire sociale (1924-1939) (éd. La Galipote, 2013). Enfin, il est le coordinateur pour les quatre départements auvergnats du monumental Dictionnaire Maitron  des fusillés 1940-1945 (éd. de l’Atelier, 2016)

téléchargement• Sur la même question de l’assassinat de Marx Dormoy, on pourra aussi se reporter au livre de Gayle K Brunelle  et  Annette Finley-Crowhite, Assassination in Vichy. Marx Dormoy and the  struggle for the soul of France, paru récemment (éd. University Toronto Press)… À condition de pratiquer la langue de Shakespeare, l’ouvrage des deux universitaires américaines étant  toujours en attente d’une traduction et d’un  éditeur en France. Quelques extraits sont consultables sur le site Google Livres.

Sans titre

SDA 1• La presse s’est intéressée récemment à leurs recherches. La Montagne (2 janvier) a publié un article de Guillaume Bellavoine, intitulé (version papier) “Qui a voulu la mort de Dormoy” ? Au-delà de l’enquête et des protagonistes de l’assassinat, il est aussi question de la mémoire de Marx Dormoy, qui si elle s’est inscrite localement, semble avoir été quelque peu délaissée au plan national…au point que la mort de Dormoy ne figure même pas dans la liste des grandes commémorations de 2021. Quant à La semaine de l’Allier (21 janvier), sous la plume de  Jean-Baptiste Carton, elle a consacré elle aussi une pleine page à l’affaire : “Assassinat de Marx Dormoy : les responsables de Vichy au banc des accusés”. 

◘ À lire également sur ce blog: l’article consacré à Anne Mourraille et à la présentation détaillée du livre de Gayle K Brunelle et d’Annette Finley-Croswhite. On pourra aussi consulter celui consacré au Relais de l’Empereur, à Montélima

LES DONNEURS DE VOIX

PLUS DE 2000 TITRES DE LIVRES DÉJÀ ENREGISTRÉS

par des bénévoles BOURBONNAIS

• Avec l’âge et les problèmes de vision qui y sont liés, nombre de lecteurs éprouvent de plus en plus de difficultés à lire. Pour pallier ce problèmes, des éditeurs proposent des versions en gros caractères (corps 16 ou corps 20) de livres, aussi bien des classiques que des parutions récentes. C’est le cas d’éditeurs comme Libra Diffusio (au Mans), de Gabelire et de Ookilus  (à Montpellier). L’autre solution est le recours aux livres enregistrés. C’est le but que s’est fixé depuis plus de trente ans, l’Association départementale des donneurs de voix. Installée à Moulins, elle  enregistre des livres sonores, à destination des personnes qui sont empêchées de lire, en raison d’un handicap, qu’il soit visuel ou  visuel ou physique.

Sans titre• À côté des romans, l’association propose aussi   des revues d’histoire, de santé, et autres… Cette bibliothèque sonore de l’Allier est animée par une vingtaine de bénévoles, sur l’ensemble du département. La moitié d’entre eux sont des  “donneurs de voix” qui  enregistrent les livres. Les dix autres assument la partie technique (les téléchargements des textes lus sur des CD) et la partie logistique et administrative (les envois par colis et les retours).

• Ces enregistrements peuvent être réalisés suite à  une demande particulière mais ils peuvent l’être aussi à l’initiative des donneurs de voix qui ont apprécie tel ou tel livre. Au total, le “catalogue” de l’association bourbonnaise est riche de 2.000 titres auxquels peuvent s’ajouter les 10 000 titres de la base de données nationale. Chacun peut emprunter jusqu’à 5 ou 6 CD, sans date limite de retour, à la condition toutefois de justifier de son handicap, grâce une attestation médicale

Contact : Association des donneurs de voix : 1 rue Berthelot –  03000  Moulins. Téléphone : 04.70.44.66.74  – courriel : bsmoulins@orange.fr

• LES 15 MEILLEURES VENTES DE LIVRES EN 2020

SELON LE SITE ACTUALITTÉ

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Joël Dicker, n° 1 des ventes

• À quelques jours de la fin de l’année, le site Actualitté a établi un classement provisoire des livres les plus vendus en 2020. Dans le trio de tête, on trouve  d‘abord Joël Dicker, avec près de 479.398 exemplaires vendus  de L’énigme de la chambre 622, sorti en juin, aux éditions de Fallois. Il est  talonné par Guillaume Musso avec La vie secrète des écrivains qui cumule 475.458 exemplaires vendus, toutes éditions confondues. Si on y ajoute  La vie est un roman (éditions Calmann-Lévy), du même Musso,  vendu à 383.225 ventes, le cumul des ventes des deux titres grimpe à  de 858.683 exemplaires.  La troisième marche du podium est occupée par le tome 1 de Fait maison, la collection de Cyril Lignac, qui a publié deux autres tomes au cours de l’année 2020.  Si le premier opus s’est écoulé à 401.991 exemplaires, les deux autres se sont vendus respectivement à 250.661 et à 98.907 exemplaires. Le tout pour le plus grand bonheur de son éditeur,  La Martinière, avec un total de 751.559 exemplaires vendus en quelques mois.

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• Dans le peloton des suivants, figure Hervé Le Tellier, prix Goncourt pour L’anomalie (éd. Gallimard), qui affiche plus de 342.000 exemplaires vendus.  Pierre Lemaître occupe la 5ème place avec Miroir de nos peines, (272 350 exemplaires vendus, éd. Albin Michel), le dernier tome de sa trilogie Les Enfants du désastre. Il est suivi de près par  Michel Bussi, avec J’ai dû rêver trop fort, en version poche (éd. Pocket) et par Cyril Lignac avec le tome II de son  Fait maison (250 661 ventes). Les places suivantes  sont occupées par Melissa Da Costa, pour Tout le bleu du ciel (244.853 ventes, éd. Livre de poche) et par Aurélie Valognes, auteure de La cerise sur le gâteau (242.009 ventes, éd. Livre de poche).

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• Si l’on prolonge le classement jusqu’à la 15è place, on rencontrera Jul et Achdé (Les aventures de Lucky Luke : Un cow-boy dans le coton, 241.298 exemplaires, Ed. Lucky Comics), Barack Obama  (Une Terre promise, 221.281, éd. Fayard), Leila Slimani (Le pays des autres, Tome 1, 218.675, éd. Gallimard) et Marc Levy, (Ghost in love, 216.765 exemplaires, éd. Pocket). 

EN BREF …

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Marie-Hélène Lafon

• Début janvier, parmi tous les grands prix littéraires de l’automne, le Goncourt (L’Anomalie, d’Hervé Le Tellier, éditions Gallimard) arrivait largement en tête des ventes avec 440 000 exemplaires écoulés. Le Renaudot (Histoire du fils, de Marie-Hélène Lafon, éditions Buchet-Chastel) et le Médicis (Le Cœur synthétique, de Chloé Delaume, éditions du Seuil), se sont vendus “comme des petits pains”.  Des succès qui ont voisiné avec… Une terre promise, le premier volume des Mémoires de Barack Obama, (Fayard), dont 180 000 exemplaires avaient déjà été vendus avant Noël.

• Histoire de fils (éd. Buchet-Chastel), le livre de Marie-Hélène Lafon couronné par le prix  Renaudot 2020 et par plusieurs autres prix littéraires, est désormais disponible en version audio. Le texte est lu par Samuel Labarte, ancien pensionnaire de la Comédie française. La version audio numérique a été réalisée par les éditions Lizzie.

• QUAND PIERRE BOURDIEU

ENSEIGNAIT LA PHILO AU LYCÉE   BANVILLE

• Sous la direction de Gisèle Sapiro, vient de paraître aux éditions du CNRS un volumineux  Dictionnaire international Bourdieu (CNRS éditions, 1000 p., 39 €). Il regroupe plus de 600 notices, rédigées par  126 auteurs issus de  venus de 20 pays, et il dresse un état des savoirs sur l’auteur de  sciences sociales aujourd’hui le plus cité au monde. 9782271082039Entre 1954 et 1956, alors qu’il était un tout jeune agrégé de philosophie, Pierre Bourdieu était en poste au lycée Banville à Moulins . Les entrées portent aussi bien sur les concepts, objets de recherche, méthodes, disciplines et courants intellectuels avec lesquels Bourdieu a dialogué, que sur ses auteurs de prédilection et ses rapports avec ses contemporains, ses ouvrages, les revues, éditions, associations qu’il a fondées, les événements marquants comme la guerre d’Algérie, Mai 68, les grèves de 1995, ainsi que les principaux pays de réception de son travail (de l’Europe à la Chine et au Japon en passant par l’Amérique latine, les États-Unis et le monde arabe). S’y trouvent également abordés, entre autres aspects biographiques, la passion de Bourdieu pour le rugby ou son aspiration de jeunesse à devenir chef d’orchestre, ses relations avec ses professeurs (Raymond Aron, Georges Canguilhem, Jules Vuillemin), les groupes qu’il a créés, sans oublier ses engagements politiques. 

• DE GEORGES-RICHARD À XAVIER DE SOULTRAIT

• Le motard moulinois Xavier de Soultrait, après avoir pris la tête du Dakar 2021, a du abandonner suite à une chute. C’est l’occasion de rappeler qu’il appartient à la famille du comte Georges Richard de Soultrait (1822-1888). Archéologue, auteur de l’Armorial du Bourbonnais, il était aussi poète. C’est ainsi qu’il a publié  quelques poèmes dans la revue L’Art en province, parmi lesquels “Les deux bûches, fable” (1843, p. 103), un texte daté de mars 1843, au château de La Ronde, à Yzeure : Deux bûches brûlaient au foyer : –  L’une d’un bois très dur, l’autre d’un bois léger ; –  La première flambait modestement dans l’âtre ; –  La seconde, d’un feu pétillant et bleuâtre, –  Illuminait tout à l’entour, – Semblait lutter d’ardeur avec l’astre du jour ;  – Mais tant d’éclat ne dura guère ;  – Tandis qu’à  la flamme éphémère  – Survécut longtemps la lueur  – Du tison qui brûlait avec  plus de lenteur.  – Défions-nous d’un sentiment  – Trop prompt à se former : aussi prompt il s’envole ;  – L’amitié, ce bienfait qui toujours nous console, – Au cœur de ses élus s’attache lentement.

9782258192225ORI◄ À propos du dernier roman de Denis Tillinac, Le patio bleu (éd. Presses de la Cité, 2020, 320 p., 20 €), Astrid de Larminat écrit dans le Figaro littéraire du 26 novembre : “Ce beau roman posthume est un portrait de la France, de l’ère Mitterrand jusqu’à nos jours”. Autre point de vue, celui d’Olivier Frébourg, dans le Point du même jour : “Une bande de copains, une terre de province, un peu de politique, beaucoup d’amour, Le Patio bleu rassemble ce qui tenait à cœur à son auteur, décédé à l’orée de l’automne”.  Le roman de Denis Tillinac figure parmi les 30 livres de l’année sélectionnés par cet hebdomadaire.

• Nous sommes les  chardons,  le livre d’Antonin Sabot, qui avait obtenu sur manuscrit  le prix Jean-Anglade du premier roman, a été publié par les Presses de la Cité (268 p., 20 €). L’auteur avait délaissé, il y a trois ans, sa vie de journaliste à Paris pour rejoindre la terre de ses souvenirs d’enfance, le village de Mézères, au-dessus du Puy-en-Velay. Dans ce livre “souffle l’esprit de Giono et des montagnes de Haute-Loire”, peut-on lire dans La Montagne (27 novembre).

Le-Braconnier-de-Dieu◄ La  réédition du livre de René Fallet, Le Braconnier de Dieu (éd. Bleu Autour, 290 p., 27 €) a été saluée par la critique Astrid de Larminat, qui écrit dans le Figaro littéraire (17 décembre): “Cette comédie burlesque est moins légère et impudente qu’il n’y parait. Elle est même bouleversante dans son désir éperdu de réconcilier l’eau bénite et le bon vin, l’ivresse et la louange, l’amour des créatures, l’amour de la bonne chère et de la chair et l’amour du Bon Dieu. René Fallet est plus théologien et chrétien qu’il ne veut le laisser voir.”

Le-court-metrage• Gilles Berger, professeur en études cinématographiques à l’Université Clermont-Auvergne, a publié dans la collection L’Opportune  Le court-métrage, du 28 décembre 1895 à aujourd’hui (éd. Presses universitaires Blaise-Pascal, 2020, 64 p., 4,50 €). Pour le quotidien régional (1er décembre), c’est un “ouvrage à mettre dans les mains du festivalier clermontois, qui pourra ainsi réviser les fondamentaux, mais aussi dans celles du néophyte qui découvrira pourquoi le court métrage est essentiel au 7ème  art”.

903352◄ Dans sa  collection Poètes trop effacés, le Nouvel Athanor a consacré à  l’universitaire clermontois retraité Christian Moncelet, 77 ans, un recueil anthologique (104 p., 16 €). Il s’étend  depuis ses premiers écrits, publiés dans la revue La Tour de feu dans les années 1960, jusqu’au compagnonnage en cours avec le Nouvel Athanor, en passant par les éditions BOF qu’il avait lui-même fondées et  les 128 numéros de la revue de poésie Arpa dont il a été un des cofondateurs, en  1976, à Clermont-Ferrand.

Z VGE Pouvoir et la vie• À la suite du décès de Valéry Giscard d’Estaing, survenu le 2 décembre 2020, à l’âge de 94 ans. Laurent de Boissieu et Corinne Laurent ont consacré deux pages à l’ancien président de la République dans L’Aurore du Bourbonnais du 11 décembre : “Trop jeune, trop intelligent, trop  chanceux…Le malheur de VGE  fut peut être d’arriver trop tôt au sommet  (…) Qu’il ait dû  céder sa place à un Mitterrand et à un Chirac – qu’il tenait l’un pour un aventurier, l’autre pour un médiocre -, tels furent son dépit  et sa souffrance..”. De son côté, le magazine Le Point qui lui a consacré un numéro spécial (4 décembre) considère que les trois tomes de ses Mémoires publiés sous le titre Le pouvoir et la vie sont “un pur régal, qui restent parmi ce qu’il y a de mieux dans le genre”. Rappelons que Vu du Bourbonnais a consacré un article à Valéry Giscard d’Estaing ou l’histoire d’un président qui se rêvait en écrivain.

Z Peronnet◄ Un compromis entre Rastignac et Gatsby le magnifique…La Montagne (24 janvier)  a consacré une page entière à la parution de la biographie de Gabriel Péronnet : “Olivier Perret signe une biographie  du député radical de l’Allier Gabriel Péronnet (1919-1991)” :  “Homme de terrain, il concevait la politique avant tout comme une action au service des individus. Homme politique flamboyant, homme Protée, à la fois Rastignac et Gatsby, lui qui avait, selon ses dires, longtemps hésité entre le théâtre et la politique, a fini par se perdre dans le jeu de ses métamorphoses”.

MÉDIATHÈQUES EN TRAVAUX

BibVLVichy1• Deux chantiers d’envergures sont en  cours. L’un est en phase d’achèvement, à Vichy, tandis que l’autre est en train de débuter à Clermont-Ferrand. À la Médiathèque de Vichy, les importants travaux  qui avaient commencé  au printemps 2020, devraient s’achever en avril 2021. Ils concernent le rez-de-chaussée et le premier  étage. Ils doivent permettre d’opérer  un réaménagement  qui favorisera non seulement la lecture, mais aussi la musique, les jeux vidéo, les animations et les conférences.

859_001À Clermont-Ferrand, la phase préalable de travaux de  requalification d’une partie de l’Hôtel-Dieu en un immense centre culturel, a débuté en janvier. Elle englobe le désamiantage et le déplombage du bâtiment, la mise à nu des murs, ainsi que la  préservation des pièces à forte valeur patrimoniale comme les portes, les lustres et les tableaux présents sur ce site inoccupé depuis une dizaine d’années. S’y ajoute également un chantier de fouilles archéologiques. Daté du 18ème  siècle et inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, le bâtiment Dijon de l’ancien hôpital clermontois est appelé à devenir une bibliothèque de plus de 9 500 m2 qui abritera, à l’horizon de 2024, au moins   200 000 documents. Ce projet d’exception, confié au cabinet londonien Stanton Williams Architects, associé au cabinet clermontois MTA, permettra de renforcer l’ensemble du réseau de lecture de Clermont-Métropole et ses 18 médiathèques qui enregistrent près de 900 000 entrées par an. Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand, compte en faire “un véritable phare culturel au cœur de la cité, ouvert à toutes et à tous, avec une forte présence du végétal”.

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La future médiathèque, telle qu’on pourra la voir depuis le jardin de lecture

• La seconde étape sera celle de la construction et des aménagements, prévue pour durer  de la fin 2021 à 2024. La future bibliothèque sera organisée autour d’un forum central vitré de 2 000 m2, avec pour horizon le  puy de Dôme. Il regroupera  l’accueil de la bibliothèque, un amphithéâtre de 200 places, un espace d’expérimentation numérique et un café. Les ailes de la bibliothèque  seront destinées aux nombreux espaces de lecture et de travail, ainsi qu’à  plusieurs grands pôles thématiques : enfance, science et société, littérature, musique, cinéma et arts vivants. Un pôle territoire abritera l’actuelle bibliothèque du Patrimoine. On pourra par ailleurs profiter d’un “jardin de lecture” de 3 500 m2. L’objectif final est d’y attirer  au moins 500 000 visiteurs par an. Le montant total des travaux devrait atteindre 62 M€, dont une partie sera financée par des subventions  de l’État, de la région et du département. Rendez-vous en 2024 pour l’inauguration.

L’ACTU DES ÉDITEURS

ÉDITION BOURBONNAISE

DES PAGES À ACTUALISER D’URGENCE

Sans titre site• Une petite mise à jour qui s’imposerait… Sur le site du conseil départemental, figure une page dédiée aux maisons d’édition bourbonnaises, avec pour chacune  quelques-unes de leurs dernières productions. Une intention parfaitement louable…  si elle était à jour. On y trouve notamment les éditions des Cahiers Bourbonnais (Charroux) et les éditions Des figures et des lieux (Dompierre-sur-Besbre)… Or, il faudrait songer à appuyer sur la touche “Actualiser”, car si Bleu Autour ou Aedis sont toujours de ce monde, les Cahiers Bourbonnais et Des figures et des lieux ont  mis  la clef sous la porte, respectivement  en 2016 et en 2017…Des disparitions dont Vu du Bourbonnais s’était fait l’écho, en leur temps.  À l’inverse, ni Rebelle éditions, ni Angelfall n’y figurent, pas plus que Tibert éditions ou les éditions Champs-Élysées-Philippe Chatel. 

• LE BOURBONNAIS XAVIER DE BARTILLAT, PDG DE TALLANDIER

ÉPAULÉ PAR DOMINIQUE MISSIKA, HISTORIENNE ET PRODUCTRICE  

Dominique Missika

• En janvier, Dominique Missika a été nommée vice-présidente des éditions Tallandier, au côté du P-DG, le Bourbonnais Xavier de Bartillat. Également auteure, elle était déjà  depuis 2011directrice littéraire au sein de cette maison d’édition, une des plus importantes dans le domaine des ouvrages historiques. Diplômée de l’IEP de Paris, elle a travaillé au sein de grandes maisons d’édition, telles que Le Seuil, Balland, Payot, Nathan jeunesse, Nil et Robert Laffont.

Xavier de Bartillat

• Dominique Missika est aussi directrice de la rédaction de la chaîne Histoire et elle a produit pour  France Culture de grandes séries documentaires sur les procès historiques (Barbie, Touvier, Papon, Nuremberg). Elle a été également  co-auteure de deux documentaires réalisés pour France TV l’un sur  Jean Zay et l’autre sur  L’été 36. Enfin,  Dominique Missika a signé une douzaine d’ouvrages, parmi lesquels  Les Inséparables, Simone Veil et ses sœurs (éd. Le Seuil, 2018),  Un amour de Kessel (éd. Le Seuil) et, en collaboration avec Bénédicte Vergez-Chaignon, Nous les enfants de la guerre (éd.  Tallandier). 

DÉPÔT LÉGAL 2019

79 581 LIVRES ENREGISTRÉS, DONT 20%  AUTO-ÉDITÉS

Observatoire_DL_Couv2019• Dans le cadre du service du dépôt légal, institué en 1537 sous François Ier, et assuré en grande partie  par la  Bibliothèque nationale de France,  79.581 livres ont été enregistrés au fil de l’année 2019, soit 2 732 de moins qu’en 2018 (- 3,3%). C’est le premier recul enregistré depuis 2015. Sur l’ensemble, l’autoédition représente désormais  à elle seule 20%. Même si le dépôt légal a été étendu à d’autres supports, le livre imprimé domine très nettement.

• 8 585 éditeurs ont effectué au moins un dépôt au cours de cette année 2019, dont 126 représentent à eux seuls la moitié des dépôts. Trois géants dominent largement par le nombre de titres : L’Harmattan (2 497 titres, soit une moyenne de 48 titres par semaine), Edilivre (2 074) et Hachette (1 628 livres). À l’inverse, 4 220 éditeurs n’ont procédé qu’à un seul dépôt.

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Les 10 déposants les plus importants en nombre de titres

• La  fiction et le documentaire représentent respectivement 56 % et 43 % des dépôts, avec une petite progression pour le roman et la fiction romanesque par rapport aux années précédentes (22,5 % en 2019 contre 21,7 % en 2018). Selon la BnF, l’explication est à rechercher dans la part croissante de  l’autoédition.

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La répartition par thèmes

• Autre enseignement, l’édition professionnelle arrive toujours , et de très loin, en tête avec 77,5% des dépôts (79% en 2018). L’autoédition quant à elle confirme son dynamisme avec 34% des déposants soit 6 points de plus qu’en 2018) pour un total de 7% des dépôts. Plus de la moitié (59%) des nouveaux déposants sont d’ailleurs des auteurs autoédités.

• Le dépôt légal apporte aussi des indications sur les lieux d’impression : 37% des livres déposés sont imprimés à l’étranger principalement en Europe, avec en tête l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne ou la Pologne. Pour les ouvrages imprimés en France, la Normandie (17% des titres) devance l’Ile-de-France (14%) et les pays de Loire (11%).

• Par origine géographique, on ne s’étonnera pas que l’Île-de-France représente 33 % des déposants et près de 64 % des dépôts, devant l’Auvergne-Rhône Alpes (10 % des déposants, 5,7 % des dépôts) et l’Occitanie (10 % des déposants, 4,5 % des dépôts.) Les régions Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte-d’Azur totalisent chacune 8 % des déposants, et respectivement 3,7 % et 4,7 % des dépôts.

LA B.D. EN AUVERGNE – RHÔNE-ALPES

Z BD COUV Pour apporter un soutien aux éditeurs et aux  auteurs régionaux de bandes dessinées, l’agence Auvergne–Rhône-Alpes Livre et Lecture vient de publier un nouveau livret qui met en avant la production des acteurs locaux. Comme tous les autres domaines de l’édition, le secteur de la BD espère vite oublier 2020, même si la production est restée soutenue. Il s’agit donc de promouvoir les albums parus en fin d’année 2020 et ceux à paraître au cours du premier semestre 2021. Emmanuelle Pireyre, présidente d’Auvergne–Rhône-Alpes Livre et Lecture dit espérer que cette publication “ les aidera à trouver leur place et leur public, dans un contexte général qui favorise la concentration des ventes sur un nombre restreint de titres”.

Z Sommaire

Feuilleter le livret

• Le livret propose une sélection d’albums parus récemment ou à paraître en 2021, et il consacre des sections dédiées aux éditeurs régionaux ainsi qu’aux acteurs de la BD sur le territoire, comme les libraires, les festivals et salons ou encore les prix littéraires. Ce livret confirme aussi le poids de la région en matière de BD avec 20 éditeurs professionnels recensés, 33 librairies spécialisées, 38 manifestations littéraires dédiées et 400 dessinateurs et scénaristes implantés dans l’un des départements constituant l’Auvergne – Rhône-Alpes.

LA REDÉCOUVERTE DU PLAISIR DE LIRE

RARE CONSÉQUENCE HEUREUSE DE LA CRISE

LOGO TABLEAU FILLETTES LISANT• Selon un sondage réalisé pour le compte du Syndicat national de l’édition, crise sanitaire et confinement ont permis aux Français, “assignés à résidence” de retrouver le plaisir de la lecture. Ce regain d’intérêt pour le livre s’est surtout manifesté durant le premier confinement, 30% des sondés affirmant avoir lu davantage contre 16% lors du second confinement. Autre enseignement du sondage, il a davantage touché les moins de 25 ans dont 42% affirment avoir plus lu, contre 27% chez les plus de 65 ans. Du côté des motivations, la lutte contre l’ennui arrive en tête avec 43%, suivie par la déconnection face à l’actualité (34%) et le désir de ne pas passer trop de temps sur les réseaux sociaux.

Sans titre• Quant aux types d’ouvrages lus, les romans policiers et la fiction contemporaine ont été cités respectivement  par 35 et 25% des sondés. À l’inverse,  romans fantastiques,  biographies,  classiques de littérature et  ouvrages scientifiques ont été moins lus qu’en temps normal. La  poésie a créé la surprise :  avec 7%, soit deux fois plus de citations qu’habituellement, elle semble avoir rencontré un vrai succès. Des résultats à comparer avec ceux des sondages réalisés en “temps normal” : le roman policier remporte habituellement 45% des suffrages, devant la fiction contemporaine (32%), les romans fantastiques (38%), les livres pratiques (26%), les biographies (20%) et la bande dessinée (20%). Enfin, 85% des sondés  se sont déclarés hostiles à toute nouvelle fermeture des librairies en cas de reconfinement. Un chiffre qui bondit même à 91% chez les plus de 65 ans.

Au vu de ces résultats, Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition, considère que cela confirme  que “face aux incertitudes et à la surconsommation anxiogène d’Internet et des réseaux sociaux, le livre est plébiscité par le public, notamment par les plus jeunes, comme un véritable antidote, et que les Français sont et restent intimement attachés à leurs librairies”.

• ASTÉRIX DEVANCÉ DE PEU

PAR STÉPHANE HESSEL

• Qu’ont en commun Stéphane Hessel auteur de Indignez-vous !, Astérix, Albert Camus avec L’étranger, ou encore Katherine Pancol avec Les yeux jaunes des crocodiles, et Dan Brown, avec son Da Vinci Code ? C’est qu’ils figurent  parmi les 10 premières ventes d’ouvrages réalisées en France entre 2005 et 2020, selon la revue professionnelle Livre Hebdo. Dans ce Top 10, les albums des aventures d’Astérix et Obélix se payent le luxe de figurer à 5 reprises avec les volumes 33, 35, 36, 37 et 38.

• Indignez-vous ! et Astérix chez les Pictes sont  les deux seuls titres  à franchir la barre des 2 millions d’exemplaires, avec respectivement  2,22 M et 2 M d’exemplaires vendus. Les 5 albums d’Astérix se situent entre 1,75 M et 2 M d’exemplaires. Albert Camus occupe une très honorable 6ème  place avec L’étranger (1,77 M d’exemplaires vendus) qui devance le Da Vinci Code de Dan Brown de 22 000 exemplaires. Les deux derniers de la liste,  Ta deuxième vie commence quand… (Raphaëlle Giordano) et Les yeux jaunes de crocodiles (Katherine Pancol) se sont vendus  respectivement  à 1,66 M  et 1,63 M d’exemplaires. On pourra consulter la suite du classement sur la page Facebook de Livres Hebdo.

LES ÉDITIONS CHRISTINE BONNETON

 ÉLARGISSENT LEUR CATALOGUE À LA FICTION

dcexpansion• Fondées en 1978, au Puy-en-Velay, par Christine Bonneton, la maison d’édition à laquelle elle a donné son nom était à l’origine spécialisée dans le patrimoine et les régions, avant d’élargir son catalogue aux beaux-livres, à l’histoire, à la culture et aux documents d’actualité. Désormais, il faudra compter avec la fiction, ce qui permettra d’accéder au rang d’éditeur généraliste. C’est ce qu’a annoncé Hélène Tellier, directrice éditoriale, précédemment chez de Borée éditions, en attendant d’autres nouvelles collections dans le courant de l’année 2021.

bonneton_romans• Ce seront des romans inédits à petit prix (14,90 €) et la collection sera lancée le 21 janvier. Les premiers titres annoncés sont La Louve de Mausecret, de Thierry Berlanda, un polar historique, et La promesse des jours heureux, de Martine Pilate, une saga familiale. Ces deux auteurs ont déjà plusieurs romans à leur actif, édités par les éditions de Borée, adossées au groupe centre France.  En mars, ce sera le tour de Cœur de verre, de Nicole Provence et, d’ici à la fin de 2021, la collection s’enrichira d’au moins trois autres titres.

2353012◄ Selon Hélène Tellier,  la maison d’édition compte ne  s’interdire aucun genre, entre thriller, roman historique  polar ou encore  roman psychologique. Elle compte s’appuyer sur des auteurs  habitués des dédicaces et des  salons littéraires,  qui ont su se fidéliser un public. Pour promouvoir cette nouvelle collection auprès des libraires, l’éditrice mise sur le petit format, sur  la notoriété des auteurs et sur le prix. Un dernier argument de poids pour celle qui considère que les livres sont aujourd’hui vendus trop chers : “20 ou 21 € pour un roman nous paraît énorme. Nous faisons le pari de lancer des inédits à petit prix”.

• Rappelons que les éditions Christine Bonneton ont intégré le  groupe Losange, basé à Chamalières (Puy-de-Dôme). En font également partie les éditions Artémis (livres pratiques, jardin, nature, déco, santé/bien-être), Grenouille (jeunesse) et Chamina (guides touristiques et topoguides).

LES ÉDITIONS LES  DEUX CRÂNES 

5 ANNÉES D’EXISTENCE ET 10 TITRES AU CATALOGUE

• Les éditions Les Deux Crânes, une maison d’édition associative installée à Chamalières, viennent de fêter leur 5ème anniversaire.  Fondées en 2015, elles se sont donné pour ambition de promouvoir des formes et des genres littéraires et artistiques par l’édition de romans, de recueils de poésies, d’essais, de nouvelles et de diverses productions graphiques. Avec la parution de  Les Rhinolophes , le nouveau  roman de la professeure de lettres bourbonnaise  Céline Maltère, le catalogue compte désormais 10 titres.

•  Ils se répartissent au sein de huit collections qui vont s’enrichir graduellement : Mandibule (nouvelles, micro-nouvelles, récits courts), Golgotha (romans et récits), La Corne d’Ammon (bio-fictions), Orbites (œuvres graphiques), Tête d’or (poésies), L’Encéphale (essais), Bicéphale (rééditions) et Analecte (anthologies). Les éditions Les deux Crânes sont ouvertes aux nouveaux auteurs, tout en mettant l’accent sur “ la qualité de la langue, le style comptant tout autant que les idées”. Ils sont donc invités  “à fournir un texte qui montre que son auteur connaît la langue qu’il pratique (le français)”. Les textes peuvent être adressés par courriel (lesdeuxcranes@gmail.com) en précisant le genre du texte et en l’accompagnant d’une présentation biobibliographique.

Les Deux Crânes : 74 b avenue des Thermes – 63400 Chamalières

• LES ÉDITEURS LIMOUSINS FACE À LA CRISE

“ON A BEAUCOUP PERDU,MAIS ON EST LÀ”

• Vu du Bourbonnais avait déjà évoqué la situation difficile des librairies et des maisons d’éditions installées en province, à la suite des périodes de confinement. Même si les libraires ont pu rouvrir en décembre et rattraper un peu du chiffre d’affaires perdu, les conséquences risquent d’être lourdes pour certains éditeurs, fragilisés par des mois sans pouvoir vendre leurs livres. 10363537_913352998721954_8250350588165753384_nC’est notamment le cas dans le Limousin.  Véronique Thabuis, à la tête des éditions Lucien Souny,  évoque une entreprise “à bout de souffle”. Et d’insister : “On a beaucoup perdu, mais on est là. Maintenant, il nous faut des ventes, et pas comme en 2020”. La plus grosse opération que devait mener la maison d’édition était en avril, juste avant  le premier confinement, avec des nouveautés empaquetées et  payées… qui ont été pour la plupart retournées par les librairies qui avaient dû baisser leur rideau,  avec obligation de rembourser: pas de vente d’un côté, donc, et des débours en prime, alors que pour les aides gouvernementales annoncées, l’entreprise n’entrait pas dans les clous.

téléchargement• Autre coup dur, l’annulation en cascade des salons et autre foires aux livres locale, sources importantes de ventes, avec en point d’orgue l’annulation de la Foire du livre de Brive. Or Brive, c’est jusqu’à 700 ventes en trois jours pour les éditions Lucien Souny. Pour alléger la trésorerie Véronique Thabuis a commencé par baisser sa rémunération et celle de sa salariée, avant de repousser à octobre le versement des droits d’auteurs, initialement prévus au printemps. Elle a également dû recourir à un emprunt auprès de la BPI, qui lui assurera en principe “près de la moitié d’une année de fonctionnement, ce qui permettra de financer quelques bouquins”. Enfin, il a fallu restreindre le nombre de nouveautés pour 2021.

1797441_506698059440268_1320456249_n• De leur côté, les éditions Utopique installées à Albussac et spécialisées dans les livres pour la jeunesse, affirment avoir perdu la moitié de leur chiffre d’affaires en mars et l’année 2020 devrait se solder par 40 à 50 % de pertes. 5 livres ont malgré tout pu être publiés, mais aucune réimpression n’a pu être réalisée et les projets se retrouvent bloqués pour au moins 2 ou 3 ans. Quant à la suppression des salons, elle a été ressentie d’autant plus durement que les éditions Utopique sont moins présentes en librairies et que  le contact direct avec les lecteurs est vital pour faire connaître leurs ouvrages. Conclusion de la responsable des éditions Utopique: “ Si on n’a pas d’aide, on ne tiendra pas une année en dents de scie comme 2020”.

Mise en page 1• Chez Maïade éditions (Saint-Julien-aux-Bois), le constat est le même : “ Les librairies ont rouvert pour le deuxième confinement, mais cela a eu peu de retentissement pour les petits éditeurs. Nos livres, il faut les découvrir, tomber dessus et avec le click and collect, ce n’est pas possible”, explique leur créatrice  Marie-France Houdart. Pour elle aussi, avec une quarantaine de salons supprimés, les ventes se sont effondrées, Brive représentant un minimum de 250 ventes. Outre le trou financier, Marie France Houdart point “ le plus dur à encaisser : la perte de toute visibilité”. Pour les Éditions du Limousin, dirigées par Richard Biren, l’annulation des grands salons comme Brive et Limoges, c’est  30 à 40 % de chiffre d’affaires en moins. À la perte financière, s’ajoute le manque  en termes de contacts, avec les auteurs et les lecteurs. 

Pour sauver les meubles, la plupart des éditeurs, et pas seulement en Limousin,  ont donc appliqué des recettes assez proches entre le report des publications à l’automne 2020 ou carrément à 2021, l’impasse sur les réimpressions programmées et la  réduction des tirages initialement prévus. Autres recettes mises en œuvre : l’investissement de la sphère numérique, avec plus ou mins de bonheur, les rencontres virtuelles et les ventes directes, en débordant parfois un peu  des zones de diffusion habituelles. Pour des résultats qui ne se sont pas toujours révélés à la hauteur des attentes…  

• UN GUIDE POUR DÉCOUVRIR LES 200 ÉDITEURS

 INSTALLÉS  EN NOUVELLE AQUITAINE

Z COUV REPERTOIRE• L’Agence livre, cinéma et audiovisuel de la Nouvelle-Aquitaine vient de publier la version actualisée, pour 2021, de son répertoire des éditeurs de la région. Pour y figurer, les maisons d’édition devaient répondre à plusieurs critères : avoir leur  siège dans l’un des 12 départements de Nouvelle-Aquitaine, pratiquer  l’édition  en tant qu’activité principale ou  disposer d’un département spécialement dédié à l’édition, ne publier que des livres à compte d’éditeur (sauf pour les livres d’artiste) et justifier d’au moins deux ans d’existence, tout en éditant   au moins un titre par an.

• En feuilletant le guide, on apprend que près de 200 manifestations littéraires et salons du livre ont lieu chaque année en Nouvelle-Aquitaine et que  plus de 200 librairies indépendantes proposent une offre diversifiée de livres au plus près des habitants, dans ce qui est la plus vaste région de France. Le guide permet de découvrir ou de redécouvrir près de 200 éditeurs installés dans la région. Ils publient en majorité de la littérature, mais les livres pour la jeunesse, les sciences humaines, la bande dessinée, les beaux livres, les ouvrages sur la région ou les livres d’artiste sont bien représentés dans les douze départements  concernés. Le guide est consultable sous ce lien.

editeurs-nouvelle-aquitaine-carte-repertoire-5ff7257ef2445293478294• Après la Charte des éditeurs en région, qui rappelle les grands principes, avec les droits et les devoirs des éditeurs, le guide présente quelques-uns de ses services, via son site Internet, pour valoriser le livre. En 2019-2020, la rubrique la plus consultée, “vient de paraître” a ainsi recensé 464 nouveaux titres issus de 110 maisons d’édition.  II faut y ajouter huit lettres d’information électroniques thématiques avec pour chacune une sélection d’au moins six titres et deux chroniques.

• La suite du guide  se présente sous la forme de fiches (1 par éditeur) qui donnent les renseignement pratiques sur les 200 maisons d’édition recensées :date de création, nombre de titres au catalogue et nombre de titres publiés chaque année, adresse, dirigeants, types de productions, mode de diffusion… Une brève formule d’introduction définit “l’esprit” de la maison. Pour les 3 départements de l’ancienne région Limousin, Vu du Bourbonnais a relevé 3 éditeurs implantés en  Creuse contre  14 en Corrèze et 13 dans la Haute-Vienne. Enfin une carte – index permet de localiser chacune d’entre elles et de distinguer par un jeu de couleurs la spécialité de chacune. Au final, un outil clair et pratique à utiliser.

EN BREF …

téléchargement• Créées en 1980 au lieu-dit Cheyne, au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire, les éditions   Cheyne éditions – aujourd’hui dirigées par Benoît Reiss et Elsa Pallot – ont fêté en 2020 leurs quarante ans d’existence. En 2013,  la maison d’édition qui était installée à l’origine dans une ancienne école, a déménagé pour élire domicile  au lieu-dit  Le Bois de Chaumette, à Devesset, en Ardèche, à quelques encablures du Chambon-sur-Lignon. La poésie, avec plus de 400 titres au catalogue, représente 98 à  99% des textes publiés. Douze nouveautés paraissent chaque année dans six collections.  L’exposition à la Bibliothèque de Lyon-Part-Dieu,  Sous les mains de qui aurait l’audace, Cheyne éditeur de poésie et typographes depuis 40 ans était  prévue pour durer  jusqu’au 30 janvier 2021.

• Même si la subvention d’urgence  de 750 000 € allouée au printemps aux 138 éditeurs les plus fragiles leur  a donné un peu d’oxygène, Vincent Monadé, ancien président du Centre national du livre (CNL), redoute que la crise sanitaire qui dure ne mette en difficulté nombre de  petits éditeurs indépendants. Et ceci en dépit d’un plan de relance mis en place par le CNL. Il a accordé  69 aides, pour un montant global de  2,27 M. €,  soit 33 000 € en moyenne par bénéficiaire.

L’ACTU DES LIBRAIRIES

VICHY VILLE LIVRE

librairie-carnot-a-vichy-martine-alleyrat_4718867• “Vichy ville livre. Les librairies indépendantes résistent bien…Avec d’un côté de nombreux auteurs originaires de Vichy, de l’autre une ville qui continue d’inspirer les écrivains, la littérature française se porte bien dans la ville thermale”, écrit Julien Dupont (La semaine de l’Allier – 14 janvier), en tête d’une double page consacrée au livre à Vichy. Même si la cité a vu son nombre de librairies indépendantes passer de 9 en 2016 à 5 en 2021, elle reste largement au dessus de la moyenne puisque l’on trouve 1 librairie pour 28 100 habitants à l’échelle de la région Auvergne  Rhône-Alpes, et 1 pour 32 300 habitants à l’échelle nationale. Or vichy comptait un peu moins de 25 000 habitant lors du recensement de 2018.   

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La librairie Bourbonnaise

• Deux  sont des  librairies modernes: À la Page, tenue depuis 14 ans par Joël et Nadine Cornuault, et la Libraire Carnot, créée et tenue depuis 2006 par Martine Alleyrat. Pour les amateurs de livres anciens, l’article mentionne  La Librairie bourbonnaise, sise avenue Aristide Briand, avec à sa tête depuis une décennie  Michel Thevenet, entré dans la profession en 2004.  Sur ce même créneau du livre ancien, figure aussi la librairie de Michel Faye, ouverte en 1987 et située rue Montaret. Enfin, Vichy possède aussi une librairie spécialisée dans le livre religieux.  Il s’agit de la librairie Le Semeur,  installée dans le vieux Vichy depuis 1995 et tenue par Jean-Philippe Poirier, libraire depuis 1982.

2020: UNE ANNÉE “MOINS PIRE” QUE PRÉVU

ET MÊME MEILLEURE QUE 2019

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Affiche du S.N.E. Dessin de Marcel Gay

• Une année 2020  “moins pire” que prévu pour les librairies vichyssoises : “Avec les confinements entraînant la fermeture des commerces non essentiels, les librairies indépendantes de Vichy s’attendaient à une année noire. Au final, certains enregistrent une très forte hausse de leurs ventes en 2020”, écrit Fabienne Faury dans La Montagne (26/01). Joël Cornuault (À la Page) parle de lecteurs qui se sont précipités en librairie, lors de la réouverture qui a suivi le premier confinement, ce qui a abouti à “une très belle fréquentation en été”.  Avec une période des fêtes de fin d’année qui a confirmé l’embellie, le libraire annonce que le chiffre d’affaires 2020 sera même largement  supérieur à celui de 2019. Selon lui, “il y a longtemps que le front des libraires n’avait pas connu cela. Il y a une prise de conscience des gens de l’importance  des commerces de proximité en général et des librairies”.

• Mêmes tendances pour Martine Alleyrat (Librairie Carnot), en terme de chiffre d’affaires et de fréquentation : Les lecteurs ont joué le jeu et ont changé leur façon d’acheter, en délaissant Amazone et compagnie pour retrouver le chemin des librairies. Le principal problème est venu des éditeurs et diffuseurs, avec des ruptures de stocks, notamment pour le prix Goncourt et des difficultés de réapprovisionnement. Il reste à savoir si 2021 confirmera à la fois cette embellie et ce retour des lecteurs.

• Dans  L’Aurore du Bourbonnais  (15 janvier 2021), Sabine Auderie  confirme que “La crise a renforcé l’appétit des lecteurs  en 2020 : malgré douze semaines de fermeture des librairies, les ventes de livres ont été importantes en 2020. Un sondage montre un fort attachement au livre, et les libraires voient arriver de nouveaux lecteurs”.

L’ACTU DES BIBLIOPHILES

• Quelques ouvrages extraits du  dernier catalogue de la librairie Fabrice Teissèdre à Paris :

◘ D’Allarde (Pierre Gilbert Le Roi ) (1708 – 1809) : Rapport sur la Caisse d’escompte, fait au nom du Comité des Finances(Baudouin, 1790, 16 p. – 150 €).  Malgré sa condition militaire, le baron d’Allarde, né à Montluçon, s’occupa surtout, à l’Assemblée nationale, de questions économiques.

◘ Duret (Jean) (v. 1540 – v. 1620) : Traicté des peines et amandes… (Lyon, Rigaud, 1573. – 174 ff. – 1 000 €. L’auteur, né et mort à Moulins, s’était acquis une grande renommée par sa science du droit.

◘ Griffet (Henri) (1698-1771) : Traité des différentes sortes de preuves qui servent à établir la vérité de l’histoire. (Liège, Bassompière, 1769. – 456 p. – 200 €). Édition originale de ce traité de méthodologie historique donné par Henri Griffet, célèbre jésuite, né en 1698 à Moulins, mort en 1771 à Bruxelles.

◘ Chambon Félix (Gannat 1871 – Paris (?) 1920) : Notes sur Prosper Mérimée (Paris, l’auteur, XVIII-498 p – 500 €.) Il s’agit d’une  excellente monographie sur Mérimée:“ Considérant qu’il était trop tôt pour faire une biographie suivie de son sujet, toutes ses correspondances n’étant pas connues, l’auteur a voulu livrer les résultats d’une enquête très minutieuse qui lui a permis de rassembler des matériaux propres à être utiles aussi bien aux biographes futurs qu’aux  historiens du Second Empire ou aux archéologues. Il a d’abord approché le cercle d’amis que fréquentait Mérimée ou leurs héritiers, au sein duquel le meilleur accueil lui a été réservé. D’autre part, il a pu utiliser le riche fond de la Bibliothèque Cousin ; il a pu avoir accès au bureau des Monuments historiques à deux volumes de documents sur l’activité de Mérimée comme inspecteur général

L’ACTU DES MÉDIAS

SPORTS AUVERGNE : L’ULTIME NUMÉRO

sports-auvergne-n82 (2)• Fin de parcours pour Sports Auvergne, le magazine du sport et des loisirs publié depuis 15 ans par le groupe Centre France – La Montagne. Le n° 82, avec en couverture  Aurélien Rougerie, joueur de l’ASM,  marque la fin d’un cycle. Retiré  des terrains depuis 2018, c’est lui qui avait fait la une du tout premier numéro, sorti  en 2006: “Ce 82ème numéro collector sera le dernier et l’occasion de voir ou de revoir quelques-unes des plus belles  couvertures et photos publiées depuis 2006”, pouvait-on lire dans les colonnes de La Montagne, fin janvier.

• À partir du 24 février, c’est un nouveau concept, Terre de sports, qui prendra le relai. Il se déclinera à la fois par  des numéros hors-série qui seront diffusés en kiosque, et dans les pages sportives de La Montagne, ainsi que sur Internet. En attendant, on pourra feuilleter l’ultime numéro avec ses rubriques habituelles : Supporters du bout du mondeSports et business  (l’ouverture de Wheel’in, un lieu consacré à la pratique du vélo en indoor), Ligne de mire  qui revient sur les parcours d’Alice Tubello (tenniswoman), de Sofyan Chader (footballeur), de Thomas Vincent (Rugbyman) et de Rémy Falgoux (skieur de haut niveau). Enfin, deux reportages sont dédiés à l’ASM et au Clermont-Foot.

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