L’ACTUALITÉ DES AUTEURS, DES ÉDITEURS, DES LIBRAIRES ET DES MÉDIAS N° 31 (MAI – JUIN 2021)

Cette rubrique fera l’objet de nombreux additifs et de  mises à jour, jusqu’au 30 JUIN 2021, en fonction de l’actualité. N’hésitez donc pas à y revenir régulièrement pour bénéficier pleinement de ces compléments d’informations

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MISE À JOUR:  16 JUIN 2021

L’ACTU DES AUTEURS

MAURICE SARAZIN

SE PENCHE SUR L’HISTOIRE DU G.M.R BOURBONNAIS

Couv Groupe Mobile de Reserve• Après Le corps diplomatique à Vichy 1940-1944 (440 p, éd. Dualpha, 2019, 35 €), Maurice Sarazin vient de publier chez le même éditeur La vie d’un Groupe mobile de réserve : quelques aspects du maintien de l’ordre en 1942-1944 (238 p, biblio,  éd. Dualpha, coll. Vérités pour l’histoire, 22,90 €). Pour le maintien de l’ordre, il n’existait pas, à proprement parler, en France, de police spécifique, avant la IIè Guerre mondiale. D’où l’importante série de textes législatifs organisant une police d’État , sous le ministère Darlan. Elle  comprenait la création de Groupes mobiles de réserve (GMR) chargés de cette mission (décret du 23 avril 1941). René Bousquet, secrétaire général à la Police, de mai 1941 à décembre 1943, s’occupa plus particulièrement de leur organisation. Ces GMR reçurent le nom de provinces, et le premier créé fut le GMR  Bourbonnais, à Gannat (Allier), dans l’été 1941.

gmr-a9 (2)• Maurice Sarazin retrace, à partir de documents inédits, des tranches de vie de cette unité, certaines dans toute leur trivialité. Il était prévu, au départ, que les GMR interviendraient pour le maintien de l’ordre en milieu urbain. Ils n’eurent guère à le faire, mais à partir de l’automne 1943, ce fut en milieu rural qu’ils furent souvent déployés, afin de réduire  les maquis. Les officiers et leurs subalternes durent alors choisir entre l’obéissance à leurs chefs et le risque de détruire des forces de la résistance armée face  à l’ennemi.  Les GMR effectuèrent  jusqu’à l’été 1944, des opérations contre les maquis, le devoir d’obéissance l’emportant  généralement, sauf  à l’approche de la Libération. Au plan national, les GMR furent dissous en conseil des ministres du 8 décembre 1944, puis aussitôt remplacés par les Compagnies républicaines de sécurité (CRS), organisées sur le même modèle et qui accueillirent dans leurs rangs les agents des GMR non visés par les mesures d’épuration.

JÉRÉMIE GALLON

BIOGRAPHE DE HENRY KISSINGER

KzhKGbDw_400x400• En octobre 2018, le Bourbonnais Jérémie Gallon, avait publié le Journal d’un jeune diplomate dans l’Amérique de Trump (éd. Gallimard). Spécialiste reconnu des Etats-Unis, fils d’un dentiste et d’une professeure des écoles installés à Cosne-d’Allier, le jeune diplomate  vient de signer, à 36 ans, un nouvel ouvrage consacré cette fois-ci  à Henry Kissinger, l’Européen (256 p, éd. Gallimard,-NRF, 19 €). Dans une avant-critique publiée par Livre-Hebdos Le magazine (n° 9 – mai), Laurent Lemire écrit : “ En quelques thèmes bien choisis, Jérémie Gallon brosse le portrait d‘un personnage fascinant”, auréolé  de son prix Nobel de la paix en 1973 pour ses efforts à mettre fin à la guerre du Vietnam.

E0TXJS7X0AM3AeB (2)• À 97 ans,  Kissinger, jeune juif allemand arrivé à New York en 1938, fait un peu figure de “ Talleyrand américain”, mélange d’efficacité et de cynisme : « Un tel personnage méritait bien  qu’on y revienne, écrit Laurent Lemire. Jérémie Gallon le fait à sa manière, sous la forme d’un portrait thématique qui prend des allures de dictionnaire amoureux  et néanmoins critique”. En conclusion, le même  écrit que « pour Jérémie Gallon,  Kissinger se situe dans la lignée de Talleyrand et de Metternich auquel il a consacré une partie de sa thèse à Harvard. Il clarifie les objectifs de Kissinger dans cet essai biographique qui a le mérite ne pas noyer le lecteur dans les détails. Sans doute pour ne pas y débusquer le diable d’homme qui s’y cache”.  

FRANÇOIS PÉRON ET NICOLAS BAUDIN

GRANDS OUBLIÉS DU BICENTENAIRE
DE LA MORT DE NAPOLÉON
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Nicolas Baudin (1754-1803) et François Péron (1775-1810)

• Dans la revue L’Histoire (n° 483 – mai 2021), sous la titre L’expédition “oubliée” de Napoléon, Jacqueline Goy s’étonne du peu de cas que l’on fait de l’expédition de Nicolas Baudin aux terres australes , dans le cadre du bicentenaire de la mort de l’empereur : “Autant dans la mémoire collective, l’expédition d’Égypte est liée à Bonaparte,  autant celle menée aux terres australes par Nicolas Baudin n’est pas retenue dans la liste de ses exploits. Pourtant, ajoute-t-elle en introduction, dès 1806 le naturaliste Georges Cuvier la saluait comme l’expédition la plus fructueuse qu’aucune nation ait jamais effectuée”. Rappelons que l’expédition Baudin  se composait de deux navires,  Le Géographe et Le Naturaliste qui avaient appareillé le 13 novembre 1800.  Le premier était de retour à Lorient, le 25 mars 1804, tandis que  le second l’avait précédé au Havre,  dès le 7 juin 1803. Pour Jacqueline Goy, “ les connaissances amassées durant ces quatre années de navigation sont considérables”.

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page7-420px-Péron_-_Voyage_de_découvertes_aux_terres_australes,_1807,_volume_1.djvu (2)• Alors pourquoi un tel silence sur cette “ exceptionnelle réussite scientifique et source inépuisable d’inspiration littéraire” ? Elle rappelle  que c’est à François Péron qu’a été confiée la rédaction du récit du voyage et que “c’est sur lui que se cristallisent les reproches, dès la publication du premier volume en 1807. Le nom de Nicolas Baudin, mort pendant le voyage, le 16 septembre 1803, n’y est même pas cité”.  Elle met en parallèle cette omission avec le cas de Napoléon qui “n’est gratifié  que de chef auguste, premier magistrat, protecteur auguste ”.  Certains ont même cru voir dans le rôle de  François Péron, celui d’un « espion à cause de son rapport sur la colonie anglaise de Port Jackson », alors que, comme le souligne Jacqueline Goy “Péron ne parle pas l’anglais, ce qui est un sérieux handicap  pour percer le secret de ses adversaires”. Selon elle, si la relation faite par le Cérillois est tombée dans un oubli relatif, elle n’en a pas moins inspiré  des auteurs prestigieux : “Jules Michelet prend Péron comme caution scientifique   dans son éblouissant  texte sur La Mer (1861)”, tandis que Victor Hugo s’en est inspiré dans Les travailleurs de la mer en 1866. Elle cite enfin Jules Verne qui en 1870 « immortalise ce récit en s’inspirant des merveilleuses découvertes  qu’il reproduit presque en copier-coller dans son célèbre Vingt mille lieues sous les mers”. 

• À propos de François Péron, signalons la parution du Bulletin de l’Association François Péron (n° 43 –  janvier 2021). Au sommaire:  Le lutage des collections en fluide : histoire d’une technique entre pratique de cabinet et expérience de terrain (A. Péquinot) – Livres embarqués à bord du Géographe et du Naturaliste (lors de l’expédition Baudin aux Terres australes, 1800-1804). Catalogue analytique (M. Sarazin).

VALERY LARBAUD

 “COSMOPOLITE DES LETTRES”

 UN PRÉSUPPOSÉ  À RÉEXAMINER

• Amélie Auzoux vient de publier Valery Larbaud, « cosmopolite » des lettres (1 vol. br, 860 p, annexes, index, éd. Classiques Garnier, coll. Etudes sur la littérature des XXè et XXIè siècles, 69 €). Cet ouvrage résulte de la thèse qu’elle a soutenue sur ce sujet à la Sorbonne, le 23 novembre 2018, sous la direction de Didier Alexandre. Selon elle, le “cosmopolitisme” de Valery Larbaud est un présupposé qu’il faut aujourd’hui passer au  crible d’un réexamen  critique. Toute la complexité de l’ensemble de l’œuvre larbaldienne tient à son traitement des frontières géographiques, politiques, littéraires ou linguistiques. Dans quelle mesure ce dit “métis des lettres” – dont le métissage s’avérera des plus calculés – s’ouvre-t-il à l’Autre, renouvelle-t-il la représentation littéraire autant que la reproduction linguistique de l’étranger ? Quelles sont les révolutions et les réactions du cosmopolitisme larbaldien, dont les traits  contradictoires réagissent à l’environnement intellectuel contemporain ?

Z Larbaud• Devenu un “cliché”, dans son sens le plus photographique, le cosmopolitisme larbaldien, qui n’a longtemps offert qu’un “index” de noms ou un “kaléidoscope” d’images, exige aujourd’hui une fouille complète de ses données. Amélie Auzoux souhaite donc  offrir une lecture intégrale, historique et critique  du cosmopolitisme larbaldien. L’écrivain vichyssois, que la critique hagiographique a élevé au-dessus des hommes, est un homme de son temps, dont l’image figée sur papier glacé doit céder la place à un portrait mouvant des plus nuancés.

HUBERTINE AUCLERT

LE “JOURNAL D’UNE SUFFRAGISTE” 
 OU LES DÉSARROIS D’UNE MILITANTE INLASSABLE

unnamed (2)• Dans le supplément littéraire du journal Le Monde (16 avril), Sophie Bernard  s’est penchée sur le cas d’Hubertine Auclert. née à Saint-Priest-en-Murat en 1848, et décédée à Paris en 1914, “féministe pionnière sous la IIIè République (qui) milita  pour le droit de vote des femmes”. L’article a été publié à l’occasion de la parution du Journal d’une suffragiste, édition établie par Nicole Cadène (1 vol. br, 240 p, éd. Gallimard, collection Folio Histoire, 7,50 €). Un “Journal” qui revient de loin, dans la mesure où son existence était connue mais où personne ne savait ce qu’il était devenu.  Nicole Cadène dont les travaux portent sur les féminismes de la seconde moitié du XIXè siècle, s’est donc  lancé à la recherche du précieux document dont le manuscrit original a été perdu. Elle en  a d’abord  exhumé des photocopies partielles, de médiocre qualité,  faites  dans les années 1970 et retrouvées en 2018. Nicole Cadène a commencé par les retranscrire avant de poursuivre sa quête  de nouvelles pages pour recomposer le texte initial.

440px-Les_Contemporains_N_15_Hubertine_Auclerc (2)• L’analyse de ce journal, dont les entrées s’échelonnent de 1883 à 1899,  lui a ensuite réservé quelques surprises, bousculant l’idée que l’historienne s’était faite d’Hubertine Auclert,  “personnalité inépuisable, féministe, mais aussi républicaine et socialiste (qui) se sera obstinée toute sa vie  à faire bouger les lignes ”. Créatrice de la société le Suffrage des femmes, elle a fondé le journal La Citoyenne, publié entre 1881 et 1891, et elle a participé  à la naissance d’une  Fédération républicaine socialiste et obtenu que l’égalité politique  en devienne l’une des priorités. Alors que Nicole Cadène avait en tête l’image d’une femme de combat, renversant les urnes, elle a découvert une femme beaucoup plus vulnérable qu’il n’y paraît. On le voit notamment lorsqu’elle écrit “Pauvre être que je suis, traquée, conspuée, humiliée,  pour vouloir trop sincèrement, pour être trop dévouée au bien des autres”.  Certains passages du Journal relèvent même “d’une misogynie  particulièrement violente comme lorsqu’elle se compare à une prostituée, honteuse qu’elle est de se montrer, de prendre la parole en public”. Pour l’historienne, “elle avait intégré les normes de la féminité qu’elle combattait pourtant si durement. Cela ne fait que souligner le courage qui fut le sien”. La publication du Journal qui “rend plus humaine et plus vraie cette figure féministe”, est aussi une réponse aux craintes qu’éprouvait la suffragiste de voir son combat  sombrer dans l’oubli et s’effacer de l’histoire.

G04478_Journal_d_une_suffragiste.indd• Au-delà du Journal d’Hubertine Auclert,  accompagné d’un important travail critique, Nicole cadène propose aussi un florilège d’articles de presse signés par la suffragiste. Dans la dernière partie du livre, l’auteure est partie à la recherche des traces urbaines qu’elle a laissées, entre le Père Lachaise où elle a été inhumée, et le 151 rue de la Roquette, où une plaque rappelle qu’elle a habité l’immeuble. En conclusion de son article, Sophie Bernard écrit : “Le journal d’une suffragiste est en réalité le récit d’un double combat. Celui d’Hubertine  Auclert pour le droit de vote des femmes, évidemment, mais aussi celui d’une historienne passionnée dont aucun obstacle n’a réussi à tarir la curiosité pour cette personnalité  audacieuse  et, comme on le  découvre grâce à elle, mélancolique”.

JEAN-CLAUDE FOURNIER

QUAND UN ROMANCIER SE PENCHE SUR L’HISTOIRE

2000004691469 (2)• Né à Montluçon en 1942,  Jean-Claude Fournier a d’abord connu une “première vie” qui  l’a conduit à enseigner la langue de Shakespeare en France mais aussi en Algérie, entre 1983 et 1986, en passant par les États-Unis et la Nouvelle Calédonie. À l’heure de la retraite, il  s’est mué en écrivain.  Il a déjà à son actif plusieurs romans, fleurant la nostalgie des Sixties, celle de sa jeunesse montluçonnaise. C’est le cas du Prince des parquets salons, de Hollywood sur Cher ou de Swinging mai 68., titres qui lui on valu plusieurs prix littéraires.   Autre nostalgie, celle du parler montluçonnais avec  Si Montluçon  nous était conté, en Molussonnais dans le texte. Ajoutons qu’il s’est aussi aventuré en poésie, avec entre autre les Poèmes à Sarah. En quelques mois,  sa bibliographie vient de s’enrichir de trois nouveaux titres, entre roman, essai littéraire et histoire. Passage en revue…

DES ORANGES AU GOÛT AMER

FB_IMG_1583570050556• Le décor planté dans 1984, les oranges amères de la petite  Kabylie, (365 p, éditions le Lys Bleu, 21,60 €), c’est celui qu’il a lui-même connu, lorsqu’il était professeur  coopérant dans l‘Algérie du début des années 1980, un pays où il a su nouer mais aussi  conserver de nombreuses et solides  amitiés. Pour en bâtir la trame, il a donc  pu puiser dans ses propres souvenirs.  Son roman  conte l’histoire de Serge et de Christian, deux enseignants français, qui s’embarquent ensemble à destination de l’Algérie où ils ont choisi de devenir coopérants. La ville de Bejaïa leur ouvre les bras. Tous les deux sont curieux de découvrir, à travers ses acteurs locaux,  une culture ont-ils ne savent pas grand-chose,  dans  un pays aux mille visages. Une tâche pas forcément aisée, surtout lorsqu’on se retrouve dans  une contrée qui a vécu la colonisation. À travers le regard des deux coopérants, c’est tout un  pan de l’histoire de l’Algérie qui émerge, avec les épreuves politiques et sociales qui ont traversé le pays entre l’indépendance et la “décennie noire”.  Ce roman a également fait  l’objet d’une publication en Algérie  par les éditions Tafat (“la lumière” en kabyle) sous une couverture différente, avec pour titre Le fou de Leila. Depuis sa sortie, le livre connaît un franc succès, que ce soit en librairie ou à l’occasion de salons du livre, comme celui qui s’est tenu récemment  à  Alger.

LA PERCEPTION DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
PAR CHARLES DICKENS :
UNE VISION PRÉMONITOIRE

180832542_956234728251050_7449948247971400695_n (2)• Le même auteur est aussi capable de se risquer sur de nouveaux territoires, comme en attestent ses deux dernières publications.  Avec La révolution française selon Dickens (420 p, éditions le Lys bleu, 23,80 €), sans chercher à prendre parti pour telle ou telle “théorie” de la Révolution française, il  propose d’explorer Un conte de deux villes, un texte aux allures prémonitoires, écrit par Charles Dickens. Il suggère que l’auteur d’Oliver Twist serait finalement  le premier, bien avant Arendt et Orwell en tout cas, à avoir entrevu  dans les tueries de 1792 et de 1793, les atrocités à venir du stalinisme et de l’hitlérisme. À sa manière, Dickens devine l’émergence d’un système tyrannique d’un type nouveau dans l’histoire de l’humanité. Ce faisant, il nous alerte sur le “saut qualitatif ” effectué entre 1792 et  1793 dans l’aliénation des êtres humains. Selon lui, les citoyens se sont alors retrouvés confrontés à deux fléaux, ce qu’il appelle la “surveillance générale”, d’une part, et d’autre part une extermination de masse rendue plus efficace par le recours à une invention technologique qu’il estime diabolique, la sinistre guillotine. C’est finalement  un appel à réflexion  sur cette époque de notre histoire, modèle pour les uns, repoussoir pour les autres,  que proposent ces commentaires et analyses de  l’un des deux romans historiques de Charles Dickens.

JEAN-BAPTISTE FOURTIN
UN PARCOURS À LA CHARNIÈRE DE DEUX ÉPOQUES

Z J-C FOURNIER JB FOURTIN (2)• Avec Moi Jean-Baptiste Fourtin (1845-1921) Mémoires (éditions  le Lys Bleu, 23,30 €), l’auteur montluçonnais délaisse à nouveau  le roman et opère un retour en Bourbonnais à travers le  récit d’une vie, celle  de Jean-Baptiste Fourtin. Fils de tisserand, natif de Saint-Pourçain-sur-Sioule, il avait laissé un manuscrit inédit dans lequel il retraçait ses parcours personnel, professionnel et politique, à la charnière des XIXè et XXè siècles, entre un Second Empire qui vivait  alors  ses derniers feux et une Europe qui allait bientôt s’embraser en 1914.  Compagnon du tour de France, il se retrouve mobilisé pour  servir en Algérie, à la fin des années 1860.  De retour au pays, il s’installe comme peintre et limonadier et il devient élu municipal sur une liste radicale socialiste,  dans sa ville natale. À ce poste,  il va  contribuer à la promotion et à la défense des écoles laïques de sa commune, avant de prendre sa retraite peu avant le début de la guerre de 14-18. Au fil des pages et des souvenirs, défilent   donc 70 ans d’histoire  de France, entre Saint-Pourçain et les villes et régions où le narrateur à séjourné pendant son tour de France des compagnons, le tout raconté avec ses mots à lui,  tel que cela  a été  vécu par ce témoin privilégié. On découvre comment les “petites gens” ont traversé les soubresauts de la “grande histoire”, riche en événements tragiques autant qu’en bouleversements sociaux et politiques.

183085930_959705227904000_5307029478824508104_n• L’un des intérêts principaux de ce texte est de montrer  comment ce fils du peuple a vécu de manière digne toutes  les mutations économiques, sociales politiques et culturelles profondes dans une époque mouvementée. Sans fioritures, ni grandiloquence, Jean-Baptiste Fourtin aborde aussi  sa vie quotidienne,  professionnelle,  sentimentale et familiale. Ses mémoires recèlent  aussi une succession de drames familiaux tout en montrant  sa fidélité aux  engagements qu’il estime dus à ses proches et à ses amis. Pour la plupart, il les a  rencontrés partout où il a travaillé comme plâtrier-peintre, bien au-delà de sa commune d’origine,  à  Bourges, en Anjou, en Touraine, à  Nantes, à Bordeaux, en Bretagne, dans le Lyonnais, à Paris, bref dans toute cette France, de l’entre deux époques. Entre ses deux années passées en Algérie comme soldat sous le second empire, et les privations endurées  pendant la Grande guerre, avec  leurs conséquences sur la population civile. Pour que le lecteur puisse s’y retrouver dans la chronologie des grands événements qui ponctuent la vie de Fourtin, Jean-Claude Fournier a émaillé le texte de nombreuses notes. Elles concernent aussi bien les  faits historiques, culturels, politiques ou sociaux que les modes de vie,  les personnages publics ou encore les lieux qui forment la toile de fond de l’histoire. Des gravures, des lithographies ou des photos permettent aussi de visualiser les lieux, au fil des pérégrinations et aventures du narrateur.

RAYMOND GUIDOT (1934-2021)

SPÉCIALISTE ET HISTORIEN DU DESIGN

• Raymond Guidot, historien et spécialiste du design, est décédé le 17 avril, à Ermont (Val d’Oise). Né à Montluçon, le 2 juillet 1934, il était ingénieur des arts et métier (1958), de formation et il avait d’abord travaillé à l’agence Technès (1961-1969), dont les œuvres les plus connues sont restées le train Corail, le TGV Atlantique et les téléviseurs Téléavia. Il avait pris une part importante à des expositions montées par le Centre de création industriel, telle que  Qu’est-ce que le design ? (1969), puis par le Centre Pompidou : Paris-Berlin (1978), Paris-Moscou (1979). En 1993, il avait été une des chevilles ouvrières de l’exposition Design, miroir du siècle, au Grand Palais. Le travail de recherches et de réflexion qu’il conduisait en parallèle l’avait aussi amené à publier de nombreux articles dans la revue Culture technique.

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Quelques-uns des livres de Raymond Guidot

• Homme discret, qui se voulait avant tout passeur de savoir, tout en faisant avancer ses idées, il avait publié  en 1994 une Histoire du design 1940-2000 (éditions Hazan), devenue l’ouvrage de référence et plusieurs fois réédité : « Des précurseurs aux novateurs, (c’était) un outil indispensable pour aborder le mariage du goût et des techniques”, écrit Michèle Champenois en lui rendant hommage dans Le Monde (8 mai).

VÉRONIQUE DE BURE

APRÈS “UN CLAFOUTIS AUX TOMATES CERISES”,
LE RÉCIT D’UN “AMOUR RETROUVÉ

Z DE BURE• La Semaine de l’Allier (27 mai) a consacré un article à Véronique de Bure, écrivaine : “Sa Madeleine de Proust, c’est l’Allier. Elle a grandi à Vichy et passait l’été dans le Bourbonnais (à Bert). Désormais éditrice (chez Stock), après “Un clafoutis aux tomates cerises” (Flammarion) qui a obtenu un très grand succès, elle publie un second livre : “Un amour retrouvé” (éditions Flammarion, 288 p., 20 €).   Dans ce deuxième roman, elle raconte, avec sensibilité, une drôle d’histoire, celle de sa mère, Monique. Ce récit autobiographique se déroule dans l’Allier, comme son précédent roman, qui s’est vendu à près de 200 000 exemplaires. S’il a été inspiré par des personnages réels,  Un clafoutis aux tomates cerises était avant tout un roman, l’auteure se glissant dans la tête d’une vieille dame, à la campagne.

9782081421769 (2)• Tout autre est Un amour retrouvé, roman autobiographique écrit à Bert, lors des deux confinements de 2020, deux ans après la disparition  de sa mère à l’âge de 96 ans, au terme d’une vie d’une grande richesse. Une mère dont Véronique de Bure était particulièrement proche et avec laquelle elle formait un véritable duo, chacune se confiant à l’autre. L’auteure n’hésite pas à se mettre elle-même  en scène et elle s’adresse à sa mère, tout en expliquant comment  Monique avait pu  retrouver son premier amour, Xavier, à l’âge de 73 ans, par le biais d’une lettre. Un demi-siècle auparavant, les deux jeunes gens en étaient à envisager leurs fiançailles lorsque brusquement Xavier s’était évaporé dans la nature, sans laisser la moindre trace. Très vite va alors reprendre une cour à l’ancienne, faite de visites, de billets doux, de retrouvailles émues et de mains qui s’effleurent. Comment vit-on l’amour retrouvé à l’âge des tables de bridge et du temps qui s’étire ? Et comment, lorsqu’on est la seule fille de la fratrie et que l’on peine encore à faire le deuil d’un père trop tôt disparu, accepter l’intrusion de l’homme du passé et la liberté nouvelle d’une mère qui nous échappe ? 

• UN FESTIVAL DU LIVRE À MONTLUÇON

LES 16 ET 17 OCTOBRE

3011c6d342d41bd228b7a56b8fc51dcd-324x235 (2)• Un nouveau projet pour l’auteure montluçonnaise Marie-France Lefevre, qui se définit comme une “écrivaine patriotique”. Après avoir  écrit de nombreux poèmes sur le devoir de mémoire lié aux deux guerres mondiales, notamment sur la  Résistance et sur  la Déportation, elle compte organiser un festival régional du livre. Il  devrait se tenir dans la cité des bords du Cher, dans le cadre du château des ducs de Bourbon les 16 et 17 octobre prochains.

Vieux Château et place 2021• Ouverte à tous les auteurs de l’Allier, du Puy-de-Dôme, de l’Indre et du Cher, quels que soient leurs genres littéraires, la  manifestation culturelle sera accompagnée d’un concours littéraire qui devrait compter huit catégories : roman, polar, histoire, fantastique, poésie, nouvelle, bande dessinée et documentaire.

• Marie-France Lefevre n’en est pas à son coup d’essai. En 1999, elle avait déjà organisé un festival du livre à Chorges, un village situé dans les Hautes-Alpes, où elle possédait une résidence secondaire. Elle avait alors pu réunir quarante-six auteurs, dont un invité d’honneur. À Montluçon, elle table sur la présence de cinquante et soixante auteurs et des  contacts ont déjà été noués avec cinq maisons d’édition. L’écrivaine, qui présidera le jury du concours littéraire, compte également s’appuyer sur les médiathèques et les libraires  du bassin montluçonnais.

Contact : Marie-France Lefevre : mail : mfl.ecrivain@sfr.fr  –  téléphone : 06.14.73.29.81.

• “DESSINE-MOI UN MOUTON”…

MAIS QUI S’EXPRIME EN PARLER DE GENOUILLAC

2000005333779 (2)• Après le fursacois et le crozantais, Le Petit Prince de Saint-Exupéry peut désormais s’exprimer en genouillacois, le parler de Genouillac (Creuse). C’est Michelle Dayen, une des dernières locutrices de ce patois proche du berrichon, qui s’est attelée à la tâche. En 2018, la retraitée de l’enseignement avait été contactée par Laurène Barbier, étudiante en sciences du langage à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales) pour réaliser cette traduction qui s’inscrit dans le cadre d’un projet scientifique sur les parlers du Croissant dirigé par Nicolas Quint, directeur de recherches au C.N.R.S.

345 dkp genouillac (2)• Une traduction pas si facile que cela à réaliser, même si Michelle Dayen maîtrise parfaitement le parler de Genouillac, sa commune natale. Dans sa famille, installée au  village des Poiriers ses parents utilisaient le patois pour parler aux enfants. Plus tard, alors qu’elle était en région parisienne et qu’elle se préparait à devenir enseignante, elle continuait à utiliser le patois lors des échanges téléphoniques avec ses parents. Aujourd’hui encore, retraitée, à Châtelus-Malvaleix, elle continue d’utiliser régulièrement  le genouillacois, que ce soit avec ses frère et sœurs ou avec ses voisins.

315 dkp navois (2)• Si la traduction du Petit Prince a abouti, elle ne s’est pas faite sans difficultés. Elle explique de le vocabulaire genouillacois tournait autour de la terre, des saisons, des différents moments de la journée, ce qui rend compliqué la traduction de mots comme “planète” ou “forêt vierge”. Autre problème : comment traduire les mots exprimant des sentiments, quand on sait que  les paysans de Genouillac avaient peu l’habitude de s’épancher sur leur sort et sur leurs états d’âme. Pour mener sa mission à son terme, Michelle Dayen avoue avoir évité le mot à mot, tout en  reconnaissant avoir dû prendre parfois des libertés dans la tournure de phrases.

t-logoSavoir plus... Cette traduction vient s’ajouter aux 6 précédentes : Lë P’ti Prinss’ (Traduction en éguzonnais: Éguzon-Chantôme, Indre), Le P’tit Princ’ (Traduction en navois : Naves, Allier), Le Pitit Prince (Traduction en fursacois : Fursac, Creuse), Le P’tit Prince (Traduction en drablésien : Azérables, Creuse), Le P’tit Prince (Traduction en crozantais: Crozant, Creuse) et Le P’tit Prince (Traduction en castro-vicecontamlien : La Châtre-Langlin, Indre). Ces différents ouvrages sont disponibles auprès des éditions Tintenfaß installées à Neckarsteinach (Allemagne). Chaque volume comporte 96 pages et est disponible au prix de 16 € (hors frais de port).

• 2021, UNE “ANNÉE VIALATTE”

 RICHE EN ÉVÉNEMENTS

POUR UN DOUBLE ANNIVERSAIRE

chroniques-de-la-montagne-d-alexandre-vialatte-1554044026 (2)• L’année 2021 marque le 120ème anniversaire de la naissance d’Alexandre Vialatte, qui avait vu le jour le 22 avril 1901, à Magnac-Laval (Haute-Vienne). C’est aussi l’année du cinquantenaire de sa disparition survenue à Paris, le 3 mai 1971. Deux raisons qui font que son actualité est particulièrement riche, au point que La Montagne, dont il fut le chroniqueur vedette entre 1953 et 1971, lui a consacré une double page dans son supplément dominical (2 mai). Jean Marc Laurent y évoque longuement  un Alexandre Vialatte “ Socrate moderne, influenceur littéraire ”. Il rappelle qu’il “a écrit une vingtaine de romans et nouvelles, des centaines d’articles, des milliers de chroniques, traduit Kafka, Goethe, Nietzsche, Thomas Mann et il a raconté l’Auvergne comme personne. Cela fait pas mal de la raisons de la rappeler à notre souvenir ”.

41+ugtW8pqL._SX329_BO1,204,203,200_• Outre les 898 chroniques qu’il a adressées à La Montagne en 18 ans, Vialatte a aussi publié des articles dans de nombreux titres de presse, parmi lesquels on trouve aussi bien  Marie-Claire et Paris-Match, que  L’Écho de la mode et Le Moniteur ou encore La Nouvelle revue française et le Petit Dauphinois. C’est d’ailleurs cette collaboration avec la presse qui le faisait vivre, beaucoup plus que la publication de ses romans ou ses traductions. Jean-Marc Laurent note que seuls trois de ses romans ont été publiés de son vivant : Battling le ténébreux (1930), Le fidèle Berger (1942) et Les fruits du Congo (1951). D’où le titre  “d’écrivain notoirement méconnu » qu’il s’était auto-décerné.

51wi9SWlRoL• Ce n’est finalement qu’après sa disparition que l’écrivain a gagné en notoriété, avec ses textes qui “n’ont jamais cessé d’être actuels puisqu’ils sont de toujours”, selon Pierre Jourde. De son côté,  Robert Kopp  voit en lui “un Socrate moderne (qui) appartient à la famille des Saint-Simon et des Proust”. Le regretté Pierre Desproges, qui faisait régulièrement référence aux propos “vialattiens”, a aussi contribué à  son aura post-mortem. Amélie Nothomb a souvent loué  ce maître de “l’incongruité pure”, tandis que Philippe Meyer considère que lire Vialatte “ressortit à la plus haute nécessité” et que Philippe Vandelle en fait un “modèle absolu ”. Il existe même un groupe Facebook  dédié à l’écrivain et chroniqueur qui revendique 1700 membres. Il a été créé par Alain Allemand,  auteur d’un Abécédaire d’Alexandre Vialatte (2014) et de Promenons-nous dans Vialatte (2018). Il faut aussi rappeler le travail accompli par Pierre Vialatte, son fils, disparu en 2020, qui a appuyé les publications autour de l’œuvre paternelle.

vialatte_reclame◄ Plusieurs initiatives sont d’ores et déjà inscrites au calendrier de 2021. L’association des Amis de Vialatte a ouvert le feu avec la publication  d’un très original recueil élaboré par Pierre Vialatte. Intitulé Vialatte et la réclame,  il recense sur 260 pages les  120 marques citées par l’écrivain, entre Ripolin, Cadum et bien d’autres, avec en illustrations des photos d’affiches, de calendriers et de buvards publicitaires. Il est disponible auprès de Jérôme Trollet (11, rue d’Assas – 75006 Paris) – jerome.trollet@gmail.com

1572784809• À la mi-août, la revue Europe  lui consacrera un numéro spécial, riche d’une vingtaine de contributions, parmi lesquelles celles de Pierre Jourde, de Christian Moncelet ou encore de Denis Wetterwald. Après l’humour de Vialatte croqué en BD par Claude Henri  Fournerie (à paraître aux éditions MFS), une version illustrée par Catherine Combier des Chroniques de flammes et de fumées, parues initialement dans la revue de la Seita, est en préparation.  Est également annoncée  l’édition d’un complément de la Correspondance entre  Hélène et Alexandre Vialatte, pendant la seconde guerre mondiale, grâce à des lettres retrouvées, le tout transcrit et présenté par Inès Vissouze de Haven. Correspondance encore, avec la publication prévue aux Presses de l’université Blaise-Pascal du Tome IX des lettres échangées entre Alexandre Vialatte et Henri Pourrat. Nos voisins italiens qui avaient pu découvrir  la traduction de Battling le ténébreux, parue aux éditions Prehistorica en 2020 pourront se plonger dans celle des Fruits du Congo (2021).

Prix-Alexandre-Vialatte-2020-2 (2)• L’année 2021 sera aussi celle du 10ème anniversaire du prix littéraire Alexandre Vialatte relancé en 2011 avec l’appui du groupe Centre France – la Montagne. Après  avoir été remis à Paris entre  2011 et 2019, il l’est désormais dans la capitale auvergnate et c’est Michel Bernard  qui a été le lauréat  en 2020 pour son roman Le bon sens (éditions de la Table Ronde). On devrait connaître le nom de sn successeur au palmarès en octobre prochain, lors du salon du livre de Royat – Chamalières.  Enfin, Pierre d’Almeida et Sylvian Coyault travaillent à une biographie de l’écrivain. Et c’est ainsi que Vialatte est grand…

GILLES LÉVY (1924-2021)

UN RÉSISTANT ATTACHÉ AU DEVOIR DE MÉMOIRE

Lévy (2)• Le général de division Gilles Lévy est décédé le 18 avril 2021 dans sa 97ème  année. Ses obsèques ont eu lieu le 23 avril en l’église de Pleaux (Cantal). Né à Lure (Haute-Saône) en 1924, il avait rejoint, dès janvier 1942, la Résistance en Auvergne, où sa famille s’était réfugiée. Entré  au mouvement Combat, il avait intégré les Mouvements Unis de la Resistance en 1943, puis l’Armée Secrète. En mai et juin 1944, il avait été membre de l’état-major du réduit de la Truyère et il avait participé aux combats  du Mont Mouchet. Après guerre, il avait poursuivi  sa carrière dans l’armée, d’abord en Allemagne, puis en France. En 1977, il avait été promu général et nommé Commandant de la place de Paris.

CVT_A-Nous-Auvergne-_74• Il était président d’honneur du Comité d’union de la Résistance d’Auvergne, grand officier de la Légion d’honneur, titulaire de la  croix de guerre 1939-45 avec palmes et médaillé de la Résistance avec rosette. Gilles Lévy était particulièrement attaché  au devoir de mémoire et à la transmission des valeurs de la résistance, ce qui l’avait conduit à y consacrer plusieurs ouvrages parmi lesquels À nous Auvergne, la vérité sur la résistance en Auvergne (éd. Presses de la Cité, 1982), Drames et secrets de la Résistance (éd. Presses de la Cité, 1984), le Guide des maquis et des hauts-lieux de la résistance en Auvergne (éd. Presses de la cité, 1986), L’Auvergne des années noires (éd. De Borée, 2000).

PIERRE BERGOUNIOUX

UN CINQUIÈME CARNET DE NOTES

Sans titre (2)• “Pierre Bergounioux dans la trame des jours. L’écrivain poursuit la rédaction de son carnet de notes, plongée dans le quotidien d’un travailleur acharné, lecteur érudit”, peut-on lire dans  le supplément littéraire du Monde (7 mai). Dans l’important article qu’il lui consacre, Bertrand Leclair évoque la parution du cinquième volume du Carnet de notes de l’écrivain, couvrant la période 2016-2020. Un “pavé” de 944 pages, publié par les éditions Verdier (35,50 € en version papier et  25 € en version numérique) : « Le mystère Bergounioux s’épaissit à chaque nouvelle parution de son Carnet de notes, tenu depuis 1980 (…). Si le tout premier paru en 2006 était accidentellement tendu par une tragédie familiale (…), si l’avant-dernier l’était par la fin de la vie de sa mère, rien ne vient bousculer la vive monotone  de celui-ci, 900 pages durant : le temps y est mis à nu et l’on ne se tient pas aisément quitte de la fascination que génère pourtant ce flot aussi continu  que le cours d’un fleuve qui jamais ne s’interrompt”, écrit le critique littéraire.

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• On y apprend aussi que chaque jour, l’écrivain limousin,  né à Brive-la-Gaillarde en 1949, s’astreint à écrire, tantôt seulement quelques lignes, tantôt des pages, entières, dans lesquelles chacun se retrouve témoin des épisodes de sa vie quotidienne et  de ses activités “saisonnière”.  Le lecteur est alors “hypnotisé par le roulement d’une syntaxe infaillible sur les rails du temps”, au point  d’être “ embarqué, sans plus de capacité à sortir du livre qu’il ne pourrait descendre d’un train fonçant dans un paysage immédiatement identifiable en ces pages puisqu’il nous est strictement contemporain”. L’analyse de ce cinquième  Carnet de notes se décline ensuite en quatre  grands thèmes : “travailler, aimer, lire et clarifier”.

AUGUSTIN TRAPENARD

AU  “PLUMARD” POUR “INTERROGER UNE ŒUVRE COMPLÈTE”

Augustin_Trapenard_2017• Augustin Trapenard, l’animateur d’ascendance bourbonnaise de Boomerang (France Inter) proposera à partir du 13 mai, à 18 h 00, une nouvelle  émission littéraire. Intitulée Plumard,  elle sera diffusée chaque mois  sur la plateforme BrutX qui vise essentiellement à conquérir “des citoyens connectés, engagés et en mobilité”. Selon lui, ce  choix le libère des contraintes de la télévision de flux et  “sa liberté de ton n’en sera que plus grande.  L’ancien présentateur de l’émission 21 cm, sur Canal+, qu’il a quitté il y a quelques mois, confirme au passage que la chaîne crypté devenait de plus en plus intrusive dans sa ligne éditoriale.

brutx-300x200 (2)• Le premier numéro de Plumard sera consacré à  Florence Aubenas,  la grande reporter et écrivaine, dont le dernier récit, L’inconnu de la poste (éd. L’Olivier) frôle les 100 000 exemplaires. L’émission d’une trentaine de minutes, aura pour décor un canapé “de bienveillance”, au milieu d’un rond point. Pour les émissions suivantes, à la durée et à la  fréquence variables, Augustin Trapenard annonce qu’il n’invitera pas de primo-romanciers ou d’homme politique, car il souhaite “interroger une œuvre complète”. L’animateur a précisé  que Le “canapé mobile” pourrait être installé ailleurs que sur un rond-point et qu’il  était transformable en lit…

PRIX LITTÉRAIRES

AGIR PAYS JALIGNOIS

• DEUX PRIX RENÉ FALLET

MAIS UNE SEULE JOURNÉE LITTÉRAIRE

• Le samedi 19 juin, l’édition 2021 des Journées littéraires, organisées par Agir en Pays jalignois se déroulera à Jaligny, mais  sur une seule journée, et sur un nouveau site (le gymnase en lieu et place de la salle polyvalente). Pour une fois, ce n’est pas la pandémie qui est en cause, mais l’organisation des élections départementales et régionales le lendemain.

• La matinée sera dédiée à la remise des prix Bourbonnais  2020 et 2021. Après Vichy ville d’eau  (44 p, éditions Lieux Dits, 25 €), un ouvrage collectif publié en 2020 sous la direction de Delphine Renault, le prix du Bourbonnais 2021 a été décerné à Antoine Paillet pour La Fabrique d’une province française, le Bourbonnais (569 p, éditions Bleu Autour, 36 €). Un livre qui avait suscité quelques polémiques, notamment pour ceux qui s’en étaient arrêtés… à la lecture du seul titre. Dans les colonnes de La Montagne (15 juin), Antoine Paillet a  rappelé que ce livre de 569 pages “n’est pas un pamphlet contre le Bourbonnais, comme on a pu le penser  (mais que) c’est un essai sur la construction d’une identité et pas sa déconstruction”. Quant au prix Daniel Bayon il a été attribué à Patrick de Meerler pour L’adieu aux vaches (253 p, éditions Complicités, 15 €), tandis que le prix spécial Agir 2021 est allé à Benoît Heimermann pour son livre album consacré à Albert Londres,  La plume et la plaie (221 p, éditions Paulsen, 39,90 €).

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Anouk F.

L’après-midi sera consacrée au prix René Fallet. Seront présentes Aly Deminne, lauréate 2020  pour Les Bâtisseurs du vent (288 p, éditions Flammarion, 19 €) et Anouk F., lauréate 2021 pour Dans la Rue de l’école (288 p, éditions du Cherche-Midi, 17 €). Cette dernière l’a emporté d’une courte tête sur Antonin Sabot, l’auteur de Nous sommes des chardons (Prix Jean Anglade 2020, 272 p, éditions Presses de la cité, 20 €), qui sera également présent à Jaligny. La présidente du jury littéraire, Hélène Gestern, elle-même écrivaine, animera un débat à 14 h 30

Y 5 (2)• Le roman d’Anouk F,  “ huis clos d’une rue mixte, variée, inégale, et de ses habitants” est ainsi présenté par son éditeur : “La rue de l’école, elle monte. Ou elle descend, c’est selon. En haut, les façades des immeubles sont un peu noires. Plus bas, les villas s’ouvrent sur des allées de graviers blancs. Ici, les habitants trimballent leur passé et bricolent leur présent. Au n° 7, Karine et son fils, Naël, essaient de repartir de zéro, ou plutôt de ne plus y rester. Juste au-dessous, Kamel apprend à être seul avec ses filles, Siryne et Nour. Au n° 24, Julie, la maman parfaite et quadra bien sous tous rapports, se cherche dans cette maison trop grande, dans ce confort qui l’encombre. Au milieu, au n° 12 : l’école publique. Nour disparaît un jour. Qu’ils viennent du haut ou du bas de la rue, les voisins se mobilisent pour la retrouver. Peut-être aussi pour se trouver… L’histoire d’une rue, d’un quartier, d’une société fissurée que l’on peine à rafistoler”. Journaliste pour Radio France pendant plus de huit ans, Anouk F. est aujourd’hui professeure des écoles. Après son témoignage, Merci Maîtresse !, elle signe ici son premier roman.

media (2)• De 10 h 00 à 19 h 00,  les visiteurs pourront profiter de la présence de plusieurs auteurs, dont les lauréats des prix, ainsi que de plusieurs éditeurs ou structures associatives (Bleu Autour, Défense du Patrimoine Est Allier, Pré-Textes) et des librairie Cadiou et le Moulins aux Lettres. Deux expositions seront également présentées au le gymnase de Jaligny-sur-Besbre. La première est consacrée  à l’histoire des Journées littéraires, créées il y déjà 33 ans, et la seconde à la vie de René Fallet en pays jalignois. Enfin, le dimanche 20 juin, à 20 h 30, on pourra assister au cinéma de Dompierre-sur-Besbre, à la projection de Porte des lilas, le film de René Clair, adapté en 1957 du roman   La Grande ceinture, avec au générique Georges Brassens, dont c’est la seule apparition dans une film en tant qu’acteur, Pierre Brasseur, Henri Vidal, Dany Carrel…

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• CARTON PLEIN POUR LE  PREMIER CONCOURS
DE NOUVELLES DE L’ASSOCIATION

L’association Pré-Textes, basée à Yzeure, et présidée par Roland Fleury, s’est attachée depuis des années à  rééditer des œuvres littéraires liées au Bourbonnais. Elle vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc, avec l’organisation en partenariat avec la coopérative citoyenne Combrailles Durables (Loubeyrat), d’un concours de nouvelles qui a connu un franc succès pour sa première édition. Dans la catégorie adultes, il a attiré pas moins de 113 participants  dont 15 résidant hors des frontières. Dans la catégorie Juniors, ils étaient 8.

4558175• Parmi les auteurs qui ont été  distingués par le jury, qui était placé sous la présidence de  l’écrivaine Jeanne Cressanges,  figure un seul Bourbonnais, le Gannatois Michel Durant (photo ci-contre) Il est devancé par Yacine Bazzaoui (Paris). Les troisième et quatrième  prix ont été attribués respectivement à Gilbert Vieillerobe (Haute-Savoie) et à Jane Marchand, qui réside aux  Pays-Bas. Dans la catégorie Juniors, le jury a couronné ex æquo, Éléonore Blu (Charente Maritimes) et Élody Brague (Vaucluse). 

imp_photo_108605_1426771494•Le thème du concours, lancé lors du premier confinement, était  “ l’Arbre au futur” et les participants avaient jusqu’au 31 décembre adresser leurs textes. Le concours de nouvelles s’accompagnait d’un concours d’œuvres graphiques (19 œuvres reçues) destinées à illustrer le recueil des nouvelles primées qui sera publié en juillet. C’est Jean-Marc Torelli (catégorie adulte) qui illustrera la couverture, tandis qu’Aloïs Bogy Force (catégorie junior), a été choisi pour “L’arbre ville” qui  illustrera la quatrième de couverture. On pourra voir l’ensemble des œuvres graphiques envoyées, lors de la Caravane des Livres, qui sera organisée en novembre prochain, alors qu’elle avait été initialement programmée en avril 2021. Ce sera aussi l’occasion de la remise officielle des prix.

•  PRIX BOUBONNAIS DE LA NOUVELLE

VERDICT LE 19 JUIN

048_001 (2)• Les membres du jury du Prix Bourbonnais de la nouvelle se sont réunis le 8 mai, à Bourbon l’Archambault, sous la présidence de Jean-Charles Gaumé. Une journée chargée, puisqu’il s’agissait d’examiner les 267 textes concourant au 26ème prix,  sur le thème “Tout tenter”. En 2020, sur ce même sujet, 231 nouvelles avaient été adressées aux jurés mais aucun prix n’avait pu être proclamé, en raison de la pandémie. C’est pourquoi, il avait été décidé  en septembre dernier, de relancer un appel à nouvelles contributions, tout en conservant  le même thème. C’est ainsi que  23 nouvelles supplémentaires sont parvenues à la médiathèque de Bourbon-l’Archambault, auxquelles il faut ajouter 13 textes inscrits dans la catégorie  des moins de 18 ans. Si les délibérations ont été fructueuses, il faudra toutefois attendre  le 19 juin pour que les lauréats soient proclamés dans les locaux du grand l’hôtel Montespan-Talleyrand

PAULINE DREYFUS

PRIX GONCOURT DE LA BIOGRAPHIE

POUR SON LIVRE CONSACRÉ À PAUL MORAND

téléchargement• Le prix Goncourt de la biographie Edmonde Charles-Roux a été décerné, le 4 mai,  à Pauline Dreyfus pour la biographie qu’elle a consacrée en novembre 2020 à l’écrivain et diplomate  Paul Morand, (Paul Morand, 496 p, 39 illustrations, éditions  Gallimard, collection NRF Biographies). Dans ce livre, elle retrace le parcours de Paul Morand, en s’appuyant sur ses archives, ses journaux intimes et ses correspondances inédites. Écrivain prolixe, proche du régime de l’État Français, ses publications y compris posthumes révèlent au grand jour un antisémitisme longtemps occulté. Pauline Dreyfus explore tous les aspects de la personnalité d’un homme complexe, qui a croisé aussi bien Marcel Proust que Jean Cocteau. Il épouse les prouesses de son siècle en rompant avec un monde englouti à jamais par la Grande Guerre.

product_9782072740480_195x320• Sa proximité avec les rouages de la collaboration et sa fidélité indéfectible à Pierre Laval lui vaudront après la seconde guerre mondiale, des années d’opprobre, d’exil et de solitude. On sait, notamment, que le général de gaulle s’opposera longtemps à son élection à l’Académie française. Pauline Dreyfus, qui avait déjà été lauréate du prix des Deux Magots en 2013 pour son roman Immortel, enfin (Grasset), est l’auteure de plusieurs ouvrages tels Ce sont des choses qui arrivent, Le déjeuner des barricades ou encore  Robert Badinter, l’épreuve de justice.

► Savoir plus : Un entretien avec Pauline Dreyfus, à l’occasion de la sortie de son livre à découvrir sur le site des éditions Gallimard.

LOREN CAPELLI

GRAND PRIX DE L’ILLUSTRATION 2020

mij-musee-illustration-jeunesse-proposition-de-cp-pour-le-gr_5161550 (2)• Le Grand Prix de l’illustration 2020 a été décerné à Loren Capelli pour son ouvrage Cap !, publié par les éditions Courtes et longues. À 39 ans, diplômée de l’Ecole supérieure d’art d’Épinal, elle est connue pour ses dessins de presse, notamment dans le New York Times, mais aussi pour son travail de création dans la littérature jeunesse. Cap !, déjà couronné par le Prix Sorcières dans la rubrique  Carrément beau maxi !, avait également été distingué parmi les 100 plus beaux ouvrages illustrés de l’année 2019 par le site Dictus et il figurait  dans la sélection des Pépites 2019 du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine Saint-Denis, catégorie  livre illustré.

• Cap ! raconte l’histoire d’une petite fille, attirée par la forêt, qui découvre ses grands arbres, son ciel changeant et la rivière qui la traverse. Allongée sur le sol, elle imagine qu’elle rencontre les animaux sans aucune crainte. Réveillée, elle se sent alors capable de continuer sa route, vivre et avancer.

MAURICE CHALAYER

PRIX ARVERNE 2021

AVT_Maurice-Chalayer_6726• Le prix Arverne 2021 a été décerné à Maurice Chalayer pour son livre Le porteur de joie (éditions de Borée, 329 p, 19,90 €), publié en août 2020. Il raconte l’histoire de Joseph qui coule  une enfance heureuse, entouré d’une famille aimante. Pourtant, dans la famille Guillotot, personne n’est d’accord : Marius, son père, soutient activement les idées de Jaurès, alors que sa grand-mère Rosine, très pieuse, ne supporte pas la séparation de l’Eglise et de l’Etat soutenue par son gendre ! Joseph, lui, n’a qu’une passion : courir. Qu’un rêve : devenir champion olympique. Avec ses deux amis, Rachel, la fille du maire, et Adrien, le fils du boucher, il passe des heures à s’entraîner. Mais la guerre pourrait bien bousculer le destin de ces trois amis… Joseph finira par accomplir son rêve à l’aube des années 1920.

prix-arverne• En janvier, le jury avait présélectionné 7 auteurs : Franck Bouysse (Buveurs de vent), Antonin Sabot (Nous sommes des chardons), Jean Guy Soumy (Une femme juste), Laure Adler (La voyageuse de nuit), Françoise Besse (La cousinade à Tournemire), Marie-Hélène Carrère-d’Encausse (Les enfants du secret) et Maurice Chalayer (Le porteur de joie).

• Créé en 2007 par la Ligue Auvergnate et du Massif Central, le Prix Arverne qui en est donc à sa quinzième édition, est attribué à une publication littéraire (roman, essai, nouvelle, biographie, monographie, poésie, bande dessinée) qui doit, pour être éligible,  remplir au moins l’une des deux conditions suivantes : être écrite par un ou une auteur(e)  originaire de l’un des départements couverts par la Ligue Auvergnate, ou traiter d’un sujet concernant l’Auvergne.

ADRIEN BORNE

PRIX ALAIN FOURNIER 2021

ZZ (2)• Le prix Alain-Fournier 2021 a été décerné à Adrien Borne pour Mémoire de soie publié par les éditions Jean-Claude Lattès en août 2020. Le récit  suit l’histoire d’Emile qui part accomplir son service militaire, le 9 juin 1936. C’est la première fois qu’il quitte  la magnanerie, sans bouleverser les habitudes de ses parents. Pourtant, sur le livret de famille glissé dans son sac, figurent deux prénoms : Suzanne, celui de sa mère, et un autre, Baptistin, qui n’est pas son père. Pour comprendre, il va devoir  remonter au début de la malédiction familiale. Le roman d’Adrien Borne, finaliste du prix du Roman Fnac, également sélectionné pour le prix du Premier roman, s’est vendu à plus de 15 000 exemplaires.

• Fondé en 1986 par le Lion’s Club de Saint-Amand-Montrond, dans le but de rendre hommage à l’auteur du Grand Meaulnes le prix Alain-Fournier a été repris en 1995 par la Ville de Saint-Amand. Il est décerné chaque année à  “un romancier dont les qualités d’écriture et d’inspiration permettront de pressentir une personnalité authentique qui mérite d’être encouragée dans le déroulement de sa carrière littéraire et il ne couronne donc que des premiers romans. 

• FRANCK BOUYSSE, PRIX EMILE GUILLAUMIN, 

CONSEILLER ÉDITORIAL DE LA COLLECTION LIBRETTO

• Le 18 mai, le romancier Franck Bouysse a été recruté comme conseiller éditorial pour la collection de poche Libretto, publiée  par les éditions Phébus au rythme d’une  trentaine de titres par an. Il se définit comme “ un gros lecteur de cette collection” qu’il connaît depuis longtemps et dans laquelle il souhaite défendre “des coups de cœur« . Il a toutefois précisé qu’il restait avant tout un auteur.  Depuis la publication en 2014 de Grossir le ciel,  son premier grand succès, Franck Bouysse a remporté plusieurs prix littéraire, parmi lesquels le Prix Jean-Giono et le Palmarès Livres Hebdo  des libraires pour son roman Buveurs de vents (éd. Albin Michel) dont les ventes ont atteint les 55 000 exemplaires.

• Par ailleurs, il a été le lauréat du prix Émile Guillaumin 2019 pour son roman Né d’aucune femme (éd. la Manufacture de livres). En octobre, il publiera aux éditions Phébus un nouveau roman, Fenêtre sur terre. Il travaille également à un autre récit littéraire qui ne  sortira qu’à l’automne 2022, chez Albin Michel.

EN BREF …

Z deschamps• Jean-Pierre Tourret (1883-1963), de Lalizolle, eut une riche vie, autant au plan  professionnel, que familial et politique. Son petit-fils, le Moulinois  Maurice Deschamps, économiste, retraité de la fonction publique et adjoint au maire de Lalizolle, évoque son histoire dans le roman historique La vie d’un paysan, le Père Jean (éditions Spinelle, 145 p., 14 €), qu’il vient de publier. Il est également question du frère de celui-ci, le botaniste Gilbert Tourret, mort pour la France en 1914.

•  Nathalie Grande, agrégée de lettres modernes, vient de publier en ligne une étude intitulée   Madame de Lafayette, ou les passions subjuguées (72 p). Dans un des chapitres intitulé Un mariage de raison, on peut lire :  “Elle  épouse presque précipitamment le 15 février 1655 un veuf encore jeune. François de Lafayette, âgé de 38 ans, soit 17 ans de plus que sa nouvelle épouse, est l’héritier de terres auvergnates et d’un titre de vieille noblesse”.

Blaise_pascal• La philo face à la crise sanitaire et au confinementLa Montagne (22 avril) est partie à la rencontre de Dominique Descotes,  professeur émérite de littérature française à l’université Clermont-Auvergne, spécialiste de l’œuvre de Blaise Pascal: “ Et si, crise sanitaire oblige, demeurer chez soi permettait d’entrer en soi ? Blaise Pascal y invite. La contrainte, cependant n’est pas aussi bon guide que la liberté”, écrit Jérôme Pilleyre en introduction, avant de d’extraire des Pensées une citation de Pascal: “Tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre”. Pour Dominique Descotes, “en pleine pandémie, les angoisses mortifères attisent les angoisses existentielles”. Il rappelle cependant que “ la maladie, Pascal la connaissait trop bien. La souffrance l’a accompagné toute sa courte vie. Il ne réclamait pas la guérison à Dieu. Les remèdes, c’est l’affaire des médecins !”. Pour l’universitaire,  “ ses souffrances étaient une chance, le tenant hors du monde, livré à lui-même. En bon chrétien il estimait que ce qui était grave n’était pas tant de souffrir, mais que cela ne servît à rien. Il y voyait une source de conversion”.

71jr5AhWdaL._SY600_ (2)◄ Pierre Kalmar, auteur montluçonnais, né  en 1967, a déjà derrière lui une importante bibliographie à laquelle il vient d’ajouter plusieurs titres parmi lesquels En remontant le boulevard de Courtais : souvenirs de Montluçon (1 vol. br, 96 p, illustrations, éd. Bouteille à la mer – Thiers, 10 €).  Il est l’auteur d’une vingtaine de romans et de nouvelles fantastiques à décors régionaux, ainsi que de nouvelles ésotériques qui explorent le thème de l’au-delà. Outre des  récits de souvenirs, on lui doit  plusieurs  volumes consacrés aux  chutes d’eau du Puy-de-Dôme, ces derniers en collaboration, le dernier paru étant Neuf cents cascades dans le Puy-de-Dôme (2018). Il publie  par ailleurs des recueils de photographies anciennes, des livres de  témoignages ainsi que des ouvrages à caractère historique rédigés à partir d’anciennes correspondances inédites qu’il collectionne. Pierre Kalmar entend  se positionner en historien vulgarisateur, en conteur, en philosophe et en poète. On pourra avoir  un aperçu de sa très abondante production en consultant sa page sur le site Amazon.

41ZctnpZNqL._SX260_ (2)• Sous le titre “ Dans l’intimité des Joyce : Edna O’Brien : le portrait d’un couple boiteux, excessif, splendide”,  Christophe Mercier a publié dans Le Figaro (22 avril) un compte-rendu du livre de  la romancière Edna O’Brien, James & Nora, portrait de Joyce en couple (éd. Sabine Wespleser, 94 p., 13 €). James Joyce n’avait eu de cesse de fuir Dublin “ pour Paris, pour Trieste, pour Rome, et même pour le Bourbonnais, cette discrète région française dont Valery Larbaud a été le chantre”… 

000000171324_L_jenniferdalrymple◄ Mathilde  Duchatelle  a consacré un article à Jennifer Dalrymple (La Montagne, 28 avril). Née en 1966, à San Francisco,  l‘auteure et illustratrice de livres pour enfants réside aujourd’hui  à Autry-Issards. Elle signera ses livres le 22 mai  au Moulin aux lettres, à Moulins.

• Le  24 avril, l’auteur nivernais Michel Benoit   était à la librairie  Le Moulin aux lettres, rue d’Allier, à Moulins, pour un échange autour de son dernier roman  policier  Sans fleurs et sans couronnes (éd. Lucien Souny, 2021, 128 p., 6,90 €). C’est l’histoire d’un détective privé – professionnel pittoresque – d’une époque sans internet, sans téléphone mobile…

Pascal-PINEL-Un-tour-de-Charroux-2021 (2)Pascal Pinel  a vécu à Charroux où ses parents ont tenu  le bureau de poste de 1980 à 1986. Dans un court roman intitulé  Un Tour de Charroux (Alket éditions, 14 €), il dépeint   la vie de cette localité en 1992, dans une atmosphère farfelue. Plusieurs séances de dédicaces étaient prévues à Saint-Pourçain-sur-Sioule, Charroux, Gannat, Vichy et  Moulins.

• Michel Sierra, qui réside à Coutansouze depuis 1995, avait consacré en 2013 son premier livre,  Les lavoirs oubliés, à cette commune dont il est conseiller municipal.   Il vient de publier un nouvel ouvrage,  Coutansouze, j’ai vu les choses changer dans lequel il a consigné ses souvenirs et quelques autres histoires. Le livre est accompagné  de nombreuses photos d’époque.

180px-Jean_Dupuy_2017 (2)◄ Né à Moulins, le 22 novembre 1925, Jean Dupuy, artiste conceptuel, peintre et plasticien,  figure majeure de l’art interactif, est décédé à Nice le 4 avril 2021. Le journal Le Monde  (5 avril) a publié un article sur  cet artiste avant-gardiste auquel le FRAC Auvergne avait consacré  une exposition au château de Chareil-Cintrat, il y a quelques années. À propos de cet artiste, signalons le livre d’ Arnaud Labelle-Rojoux : Marcel Duchamp, Jean Dupuy (Ed. Loevenbruck, 2018, 190 p.), publié à l’occasion d’une exposition éponyme à la galerie Loevenbruck à Paris. 

Z Fréchet• L’artiste peintre, également auteur et illustrateur Olivier Fréchet , né en 1959 à Paris,  partageait depuis 2010 son temps entre Vichy et Paris. Sept ans après son décès, survenu le 2 mars 2014, des suites d’un cancer, un livre lui rend hommage. Intitulé  Olivier Fréchet : peintures (éditions Aedis, 2021, 144 p.,  30 €)  il présente 130 reproductions de ses  tableaux en couleurs. On pourra retrouver le descriptif complet dans Parutions récentes (n° 21).

• Marie Elisabeth Sanselme-Cordenas est gynécologue-obstétricienne et psychanalyste à Clermont-Ferrand. Elle vient de  publier 2020 l’abécédaire d’une pandémie (éditions Spinelle, 208 p., 18 €), un essai qui se veut sans concession sur la crise sanitaire engendrée par le Covid-19.

Z EHRARD• Bourguignon de naissance, Jean Ehrard s’est  installé en 1965  à Riom – où il réside toujours –  et il a été  maire (socialiste) de la ville de 1977 à 1989. Professeur à  la faculté des lettres de Clermont-Ferrand, de 1967 à 1986, spécialiste du XVIIIe siècle et particulièrement de Montesquieu, il vient de publier un ouvrage de souvenirs : “Je suis allé à la pêche à la ligne au fin fond de ma mémoire, raconte-t-il. Ca m’a rapporté un immense plaisir. J’ai retrouvé, chemin faisant, des souvenirs de choses dont je n’avais plus la moindre idée”. Ses Souvenirs d’un hareng saur, un dix-huitiémiste dans le siècle sont disponibles sur la plate-forme d’autoédition lulu.com, en format à imprimer (19,90 €) ou en livre numérique (5,90 €).

9782365981736_1_75• Yves Rousset, préfet du Loir-et-Cher, a été admis à la retraite en décembre 2020. Dans son précédent poste de préfet de la Haute-Loire, le 1er décembre 2018, il avait vécu un épisode qu’il qualifie de  traumatisant et qu’il raconte dans  La préfecture est en feu ! (Ed. Aux bout des mots, 19 €). Il entend livrer sa vérité sur ses 17 mois passés dans ce département, marqués par cet incendie mais aussi par des relations “compliquées” avec  des figures locales, Laurent Wauquiez en tête. Ce dernier, interrogé par l’AFP, s’est déclaré “triste de voir un homme habité à ce point par la rancœur”.

• L’une des victimes au procès dit des suicidés à France Télécom était originaire du Puy-de-Dôme. Son avocate au barreau de Clermont-Ferrand,  Anne Alexandre, née en 1967, est aussi l’auteure de romans policiers. Son dernier ouvrage, Ce qui tueUne enquête de Pauline Vogel, concerne justement l’affaire de France Télécom vue de Clermont-Ferrand et dans une version  romancée. Le livre est disponible au format kindle sur Amazone.

9478236-diaporama-858x1200• Du 7 au 18 août, le festival Théâtres de Bourbon proposera 40 représentions dans les cours des châteaux de Lachaise, à Monétay-sur-Allier, de Charnes à Marigny, du domaine de la Quéry, à Monteignet-sur-l’Andelot, et du manoir de Noix, à Veauce. Au programme : Othello (Shakespeare), Jeanne d’Arc (minutes du procès), Romy et les choses de ma vie (M. Netzker), Oncle  Vania (Tchekhov), Le Maître de Santiago (Montherlant), Tulipatan (Offenbach), Le Masque (J. L. Jenner), Le Médecin malgré lui (Molière), Les Quatre filles March (L. M. Alcott) et Le temps des secrets (Pagnol).

L’ACTU DES ÉDITEURS

BLEU AUTOUR LANCE ESSAIS & Cie

UNE NOUVELLE COLLECTION

• Les éditions Bleu Autour, installées à Saint-Pourçain-sur-Sioule, viennent de lancer une nouvelle collection intitulée Essais & Cie,  qui accueillera des  essais publiés en petit format. Patrice Rötig résume ainsi le “territoire” couvert par la collection : Ce seront “des questionnements plus que des réponses. Des pensées ouvertes, des controverses. Tous les champs du savoir.”  

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• Les deux premiers titres sont parus le 8 avril. Il s’agit de  Dessiner la Commune, du dessinateur Éloi Valat (voir la présentation dans Parutions récentes n° 20 > Bourbonnais) et du livre  de  Le national-capitalisme autoritaire : une menace pour la démocratie, signé par les économistes et politologues Pierre-Yves Hénin et Ahmet Insel. Le troisième titre, Ici Saint-Pierre-et-Miquelon, de Jean Lebrun, agrégé d’histoire,  vient de paraître, début mai. Un quatrième  ouvrage, L’anarchie au prétoire. Vienne, 1er mai 1890. Une insurrection et ses juges, rédigé par Claude Rétat,  devrait sortir à la mi-juin (voir la présentation  de ces 3 titres dans Parutions récentes n° 21 > Bourbonnais).

ET UN SITE WEB EN COURS DE MÉTAMORPHOSE

Sans titre (2)• Par ailleurs,  Bleu Autour  poursuit la transformation de son site web, dont la refonte avait eu lieu en 2019. Son esthétique et son architecture ont été retravaillées et, en même temps, il est devenu un site marchand : les commandes seront expédiées sous 24 heures (au plus tard sous 48 heures pour celles reçues le samedi), franco de port au-delà de  30€. Autre innovation à venir : après l’été, le site  Bleu Autour accueillera les blogs de certains de ses auteurs : “Peu à peu, il deviendra un média à part entière, littéraire mais pas seulement : ouvert à tous les champs du savoir, il proposera, comme notre nouvelle collection “Essais & Cie”, des questionnements plus que des réponses, des pensées ouvertes, des controverses”, indique l’éditeur.

• GUIDE VERT AUVERGNE -BOURBONNAIS

2020… ET PEUT-ÊTRE 2021,  ANNÉES RECORD POUR LES VENTES

9782067251007_540x• En juillet 2020, à l’issue du tout premier confinement, le Guide vert Michelin Auvergne – Bourbonnais avait vu des ventes bondir de 40%, ce qui l’avait propulsé dans le Top 5 des guides les plus vendus, devançant même la Bretagne et les chemins de Saint-Jacques. Fin juillet, les 10 000 exemplaires du premier tirage réalisé en  février étaient déjà épuisés, nécessitant un second tirage équivalent, au cours de l’été. Pour 2021, l’éditeur a pris ses précautions en portant le premier tirage de la nouvelle édition  à 16 000 exemplaires, en attendant un second tirage de la même importance qui est déjà programmé (1 vol. br, 621 p,  illustrations, cartes, index, éditions la Compagnie des Cartes, 14,90 €). Selon Philippe Orain, Directeur International des guides de voyage Michelin, “l’Auvergne est dans le Top 10 des 4 500 points de vente où il est présent”.

• ILS ÉCRIVENT DES LIVRES…

LAURENT BRUNET ET NUMELI LES IMPRIMENT

z numeli (2)• En mars 2020, Laurent Brunet, a repris  l’imprimerie offset Numéli à Vichy qui compte 5 salariés, avec une antenne à Clermont-Ferrand. Tout en poursuivant les activités initiales, entre cartes de visite, flyers et affiches, il  a développé l’impression des livres qui représente aujourd’hui la moitié de son chiffre d’affaires. Celui qui se définit comme “un grand amoureux des livres,  féru d’histoire, notamment de la période du Moyen âge”, propose d’imprimer des livres de 50 à 1 000 exemplaires. Les commandes proviennent majoritairement de France mais aussi de l’étranger, comme celle de l’association Congo.

•  Des auteurs issus du bassin vichyssois sont inscrits dans ses carnets. C’est ainsi qu’il a imprimé à 300 exemplaires  deux livres de Frédéric Fossaert,  Le demi car de Vichy et  Un hôtelier à Vichy. Les éditions du Verger lui ont confié l’impression de La fiancée du dragon, de Michel Durant. Il a également imprimé des albums illustrés pour la jeunesse de Christine Carmus dont Koko l’escargot a perdu sa coquille. Signe du succès, en un an, Laurent Brunet a doublé la surface de son imprimerie et il a investi dans de nouvelles machines (de reliure, découpe des livres et deux presses numériques.

ÉDITIONS LUCIEN SOUNY

LES LIVRES DE L’ÉDITEUR LIMOUSIN
PRENNENT FORME AU CŒUR DU BOCAGE BOURBONNAIS

Lucien_Souny_logo• Pour les petites maisons d’édition installées en province, à l’image des éditions limousines Lucien Souny, fondées en 1982 par un libraire limougeaud,  2020 restera une année noire. En quelques mois, le chiffre d’affaires annuel a fondu de 350.000 € en 2019 à seulement 100.000 € en 2020. Une chute vertigineuse dans un secteur où il faut beaucoup de trésorerie et qui demandera beaucoup de temps pour remonter la pente. C’est ce qu’a confié Véronique Thabuis, à la journaliste Stéphanie Ména (La Montagne – 22 mai). Éditrice depuis plusieurs années  pour le compte des éditions Souny, elle a choisi de s’installer à Gipcy, au cœur du Bocage bourbonnais. C’est là qu’elle télétravaille,  même si les connexions aux réseaux ne sont pas toujours au top. Sa tâche consiste à relire  les manuscrits, à les corriger, à les  annoter tout en émettant  des propositions. En temps normal, les éditions Souny sortent une  quarantaine de titres par an, avec des tirages autour de 3 000 exemplaires, pour une diffusion à l’échelle nationale.

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Véronique Thabuis

• Le premier confinement a été vécu “comme une horreur” par l’éditeur limousin, entre la paralysie des distributeurs et la fermeture des librairies, jugées “commerces non essentiels”. Lorsqu’elles ont pu rouvrir, elles ont choisi de miser sur des auteurs connus, selon Véronique Thabuis. Conséquence : “ On n’a pas vendu un bouquin alors que les dépenses étaient nombreuse : imprimerie, correction, graphisme”. Face à une  trésorerie qui s’asséchait, les éditions Lucien Souny  ont été soutenues en novembre par des aides en provenance de la Région Nouvelle Aquitaine. Pas question pour autant de renouer immédiatement avec les rythmes de parution antérieurs. Le programme 2021 comporte 25 titres au lieu de 40 en année normale.

517nKn0T23L._SY291_BO1,204,203,200_QL40_ML2_• Même si l’éditeur limousin n’a pas de “grands noms” dans son catalogue, il peut compter sur “de grandes histoires ”, comme Une Alchimie inattendue de Claire Vandevivere, sorti au cours de l’hiver dernier Autre fidèle, Thierry Thevenin, avec son catalogue illustré Les Plantes sauvages, connaître, cueillir, utiliser, qui a connu un véritable succès au plan national. Réédité en format poche, à l’automne dernier, il est déjà épuisé. L’auteur creusois qui s’est fait un nom au plan national, prépare un nouvel ouvrage qui sortira en octobre. Intitulé Les Plantes du chaos, peuvent-elles être nos alliés ? il est sans doute appelé à une belle carrière en librairie.

41cp0+id6nL._SY344_BO1,204,203,200_• Dans un genre totalement différent, un autre titre paru en janvier 2019,  Sale temps pour les Allemands, a bénéficié d’un bel accueil. Il s’agit du témoignage de  Werner Schneider, un ancien soldat du Reich qui raconte ses souvenirs de prisonnier de guerre, lorsqu’il était chargé de déminer les plages de Normandie. Pour Véronique Thabuis, “ce n’est pas politiquement correct de reconnaître que la France n’a pas respecté les accords de Genève, mais au XXIe siècle, on peut se permettre de publier ce témoignage”. Un livre qui figure donc désormais au catalogue, à côté des livres consacrés à la tragédie d’Oradour-sur-Glane ou au colonel Guingouin, figure emblématique de la résistance en Limousin. 

• La pandémie a aussi conduit l’éditeur à développer quelques nouveautés, à commencer par son site Internet qui s’est ouvert à la vente en direct, en promouvant notamment le riche fonds de la maison. Il ne s’agit pas pour autant de  “lâcher les libraires”, davantage axés sur les nouvelles parutions. En parallèle,  une chaine YouTube a été créée et chaque nouveauté y est présentée par une vidéo. Dans le même temps, les éditions Souny se sont rapprochées du Nivernais Michel Benoit, auteur de polars, qui publiera quatre titres par an de sa nouvelle série policière, dont le héros est un détective privé.

DEUX NOUVEAUX ÉDITEURS

EN LIMOUSIN

• Si la crise sanitaire a fait souffrir le monde de l’édition, en particulier les petites structures régionales, elle n’en pas pour autant refroidi les ardeurs créatrices… Au moins en Limousin où, coup sur coup, deux nouvelles maisons viennent de se lancer, toutes les deux à Tulle et avec un esprit participatif. 

LA MÉRULE 

“DÉVOREUSE DE LIVRES”

• À Tulle, Cyril Perrin et Philippe Van Assche travaillent à la création d’une nouvelle maison d’édition. Spécialisée dans la fiction, elle aura pour nom La Mérule, “ pas le champignon, mais la dévoreuse de livres quand même !”,  préviennent-ils. téléchargement Pour trouver leurs premiers auteurs, ils ont organisé  un concours de nouvelles et les textes retenus seront publiés en fin d’année. “ On aime écrire, on a appris à reprendre et critiquer des écrits, On a l’idée d’une écriture populaire, d’une maison qui peut s’adresser à tout le monde, aux gens qui ont du talent, mais qui n’osent pas leur adresser leur texte ou qui ont été refusés par les grandes maisons d’édition”, expliquent les créateurs de La Mérule. Sans ligne directrice prédéfinie, ils pensent pouvoir  acquérir une identité à partir des choix éditoriaux qui seront faits. La Mérule publiera de la fiction, que ce soit des nouvelles ou  des romans, quel qu’en soit le format, et plus tard peut-être de la bande dessinée. Le tout en format poche mais avec une unique  contrainte : “ Il faudra qu’il y ait quelque chose à dire”.

• Pour les aider dans la sélection des textes, anonymes, un comité de lecture sera mis en place et il aura l’occasion de faire ses premières armes avec la sélection à opérer parmi les nouvelles envoyées dans le cadre du concours. La date limite d’envoi des textes est fixée au 1er juillet et, contrairement à d’autres concours,  il n’y a pas de thème imposé. Les seules obligations portent sur l’évocation de la Corrèze, quelle qu’en soit la manière,  avec un minimum de 12.000 signes. Il reste à dénicher un local à Tulle où les deux créateurs aimeraient aussi pouvoir proposer des livres d’occasion et des journaux et magazines alternatifs.

Contacts : Éditions de La Mérule : 628 route d’Ampinat – 19490 Sainte-Fortunade. Courriels : editions.lamerule@laposte.net.

AU CROUZET VOLTE-FACE

UNE DIMENSION DE “COOPÉRATIVE CULTURELLE”

volteface (2)• Créées également  à Tulle, au début de cette année,   par une bande de cinq amis écrivains, les éditions Au Crouzet Volte-Face fonctionnent selon un modèle original. Chaque auteur abonde les fonds de la maison d’édition à hauteur de ses moyens, et sur les livres aucun prix ne sanctionne leur valeur. Ils sont souvent offerts d’ailleurs, “partagés en cadeau d’amitié et en gage de complicité”. La promotion est assurée par amis, les réseaux sociaux et quelques libraires. C’est une autre manière de produire des livres et de diffuser les idées tout en assouvissant  la passion partagée des fondateurs  pour les belles-lettres et les pensées. La maison “originale et exigeante”, se veut complètement en dehors des sentiers battus de l’édition traditionnelle et commerciale et elle publiera des  romans, des essais ou des recueils de poésie. Le but  est de “mettre au monde des œuvres ignorées et d’entretenir la solidarité”, avec  une dimension collégiale “de coopérative culturelle”.

couverture (2)• Les cofondateurs ont noué entre eux  “ des liens théâtraux et d’édition”. Tous écrivent et certains ont déjà publié leurs livres ou monté des pièces de théâtre. L’un d’eux, Luc de Goustine a même une expérience éditoriale  puisqu’il est un ancien des éditions du Seuil. Volte Face n’affiche pas  de ligne directrice. Seule obligation : être surpris par les manuscrits reçus. Dans leurs quatre premiers mois d’existence, les éditions Volte-Face ont déjà publié six livres, répartis dans trois collections : Versus pour la poésie ou des “textes artistiques”, Controversus, pour “ des textes qui ont la dent dure”,  et Prorsus, pour les récits et la prose.

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Contacts : volte-face@ventadour.com.

MÉTIERS DU LIVRE

POUR TOUT SAVOIR SUR LES FORMATIONS

Formations livre (2)• La Fill (Fédération interrégionale du livre et de la lecture) vient de publier une nouvelle édition de son Répertoire des principales formations aux métiers du livre. Il s’adresse aux élèves, aux étudiants, ainsi qu’à  toute personne en reprise d’études. Écrire, traduire, illustrer, travailler au sein d’une maison d’édition à l’éditorial, à la fabrication, au marketing, aux cessions de droits ou à la communication, au sein d’une imprimerie, d’une structure de diffusion-distribution du livre, d’une librairie, d’une bibliothèque, d’un centre d’archives ou faire de la médiation autour du livre… Toutes les formations sont présentées dans ce guide téléchargeable de 72 pages  avec un classement par région, par niveau (du brevet des collèges à bac+5), et par secteur (édition, librairie, bibliothèques / documentation,  médiation / événementiel, création et droit). Un vrai guide pratique.

Accéder au Répertoire des principales formations

L’ACTU DES MÉDIATHÈQUES

balises-numro-5-couverture-877x1024• Le ministère de la Culture procède tous les dix ans à une enquête sur les pratiques culturelles des Français.  Vu du Bourbonnais en a extrait les résultats concernant les Bibliothèques publiques (en 2018) : 27% des personnes interrogées déclarent avoir fréquenté une bibliothèque alors que seulement 15% sont inscrites : les bibliothèques sont devenues des lieux moins élitistes. Les femmes sont 31% à en avoir fréquenté une,  contre 22% chez les hommes. Les plus jeunes (15-28 ans) sont les plus nombreux, avec un taux de fréquentation de 45%. L’étude montre aussi que les cadres restent deux fois plus nombreux que les ouvriers et les employés. La consultation des ouvrages des bibliothèques est en baisse, et les visiteurs viennent de plus en plus travailler  sur leurs propres documents. Les bibliothèques doivent s’adapter aux nouveaux usages, suite à l’extension de la gamme des activités culturelles ludiques, avec le numérique et les supports nomades (Balises, n° 5 Bibliothèque publique d’information, Centre Georges Pompidou, avril-septembre 2021, consultable en pdf).

2da49a3bde0cd89c9753ce85caae330c39210857 (2)◄La Médiathèque de Vichy, poursuivant sa complète rénovation intérieure, a ouvert le 27 avril  son premier étage. Il est dédié aux  postes internet et aux ouvrages documentaires. Les rayonnages sont montés  sur roulettes, ce qui permet au personnel de réaménager les espaces plus aisément.

• Ouverte le 21 mars 2019, et officiellement inaugurée le 7 avril, la Médiathèque des Jardins de la culture, à Riom, a fêté son 2ème anniversaire. Le bilan de ces 24 premiers mois est très satisfaisant, avec plus de 16 000 adhérents et quelque 250 000 visiteurs.

L’ACTU DES LIBRAIRES

• LA LIBRAIRIE DES ÉCOLES

DOYENNE DES LIBRAIRIES MONTLUÇONNAISES

MISE EN VENTE

Pour cause de retraite de ses propriétaires, la Librairie des Écoles,  doyenne des librairies indépendantes montluçonnaises, ouverte en janvier 1905 au 41 avenue Marx Dormoy, est à vendre.  L’annonce est visible sur un site spécialisé Cession-Pme.

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• À l’origine de la Librairie des écoles, on trouve un Domératois, Antoine Thorinaud. Installé en 1884 comme libraire au 11 rue de la République puis comme libraire en gros rue de la Comédie, il avait ouvert en 1902 une imprimerie rue Saint-Jean. Deux ans plus tard, en 1904, il fondait la Librairie des écoles, inaugurée en janvier 1905. Au fronton du bâtiment, on peut d’ailleurs encore voir l‘inscription « Librairie des écoles 1884-1904 ». C’est dans cette librairie que les frères Lebienheureux devaient débuter, avant de reprendre à leur compte la librairie Laforêt, boulevard de Courtais.

X4• La librairie des écoles et l’imprimerie qui a également imprimé quelques journaux comme Le socialiste de l’Allier et le Trait d’union des amicales et cercles d’instituteurs, devaient être reprises en 1920 par Louis Eyboulet qui les conserva jusqu’en 1950. Après cette date, seule la librairie fut maintenue. Elle fut ensuite reprise par M. Bertachinni puis, en 1978, par M. Coppin, avant d’être rachetée en 2000 par Didier Pszonak, qui avait débuté quelques années auparavant comme libraire à Domérat, sous l’enseigne Lire et écrire. En février 2014, avec son associée, Marie-Édith Bournet, il avait également repris la librairie Chapitres à Nevers qu’il avait tenté de  relancer sous le nom de Pôle-Arts 58. L’opération s’était soldée par un échec en 2016, face à la  Fnac qui venait d’y ouvrir un nouveau magasin. 

X 3• Si elle n’a plus aujourd’hui qu’une activité de librairie, la Librairie des écoles a eu pendant plusieurs décennies une activité d’imprimerie et même d’édition. C’est ainsi qu’elle a publié un certain nombre de manuels scolaires à destination des écoles primaires de l’Allier. Ces manuels étaient rédigés par des “maîtres d’écoles”, exerçant dans des écoles du département. Chez les bouquinistes, on en retrouve encore aujourd’hui quelques exemplaires entre des livres pour l’apprentissage de la lecturedes livres de lecture pour les classes primaires et même des livres de calculs mathématiques et de géométrie. On peut aussi citer des manuels d’éducation morale et civique, ainsi que le petit livre d’Ernest Montusès, Notice historique sur Montluçon, destiné à sensibiliser les écoliers à l’histoire de leur commune. Des presses de l’imprimerie, sortaient aussi des cahiers d’écoliers dont on adaptait les couvertures aux communes qui passaient commande et plus particulièrement Montluçon.

LIMOU’ZINE, UNE LIBRAIRIE ITINÉRANTE

OU QUAND LE LIVRE VIENT AU LECTEUR…

logo vecto-d93b7beb06f14664bef0eec6d64a66cd_sb900x450_bb0x0x900x450 (2)• “Si tu ne vas pas au livre, c’est le livre qui viendras à toi”, comme aurait pu dire Lagardère dans Le Bossu…C’est en partant de cette idée que Paco Vallat, libraire originaire de l’Ardèche, s’est lancé  dans le projet d’une librairie itinérante abritée par une caravane qui sillonne déjà  les routes de la Creuse. Un département qu’il n’a pas choisi par hasard, après avoir exercé en tant que libraire pendant sept ans à Lyon : si la Creuse dispose d’un réseau de médiathèques satisfaisant, le maillage des librairies est nettement plus faible, avec seulement quatre établissements spécialisés. Parce qu’il est compliqué d’avoir un point fixe de vente de livres dans le département, compte tenu de l’éparpillement de sa population, il a décidé avec quatre autres personnes de fonder  en janvier 2021 une librairie associative itinérante, la Limou’Zine, basée à Dontreix. Avec une caravane, il compte aller vers les lecteurs creusois pour faire  partager avec un maximum de personnes sa passion pour le livre. Au delà de la vente d’ouvrages, il souhaite aussi recréer une dynamique autour de l’écrit imprimé, avec des animations comme des rencontres avec des auteurs représentatifs de la littérature creusoise.

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• D’ores et déjà, la Limou’Zine dispose d’un fonds de 200 titres qu’elle espère porter à 500. On y trouve aussi bien  des essais, que de la littérature ou des ouvrages pour  la jeunesse, en  attendant  la bande dessinée et les beaux livres, dont ceux consacrés à la région. Pas question toutefois de se poser en concurrent des librairies “fixes”, la Limou’Zine s’intéressant davantage à des livres moins connus, issus des  fonds des petits éditeurs indépendants, avec un peu d’originalité, qu’on ne trouve pas forcément ailleurs.  Dans un premier temps, l’objectif est de participer à deux marchés par semaine tout en installant la caravane sur  des événements culturels ponctuels comme des petits festivals ou des soirées organisées. Pour consolider l’aspect financier, un financement participatif a été lancé sur la plateforme Helloasso, sous l’onglet  Lancement de la librairie La Limou’Zine.

L’ACTU DES BIBLIOPHILES

• DEUX LIVRES RARES DE MATISSE

PROCHAINEMENT SOUS LE FEU DES ENCHÈRES

Z Jazz (2)• Le 26 juin, à l’hôtel des ventes de Montluçon deux livres d’art dédicacés par Henri Matisse à son ami d’enfance, le docteur Léon Vassaux, seront proposés aux enchères par Me Sylvie Dagot. Le premier est l’exemplaire n°128 du célèbre et rarissime  in-folio, Jazz (voir le descriptif), estimé à plus de 120.000 €. Considéré comme l’un des plus importants livres d’artiste du XXe siècle, il a été tiré à seulement 270 exemplaires en 1947, par les éditions Tériade. Il fait alterner un texte lithographié et rédigé au pinceau par Matisse, avec 20  planches in-folio aux couleurs vives. Elles ont été  exécutées au pochoir dans les ateliers de l’enlumineur Edmond Vairel, d’après les collages que Matisse commençait tout juste à expérimenter.

Z florilègr (2)• Le second, Florilège des amours de Ronsard, (voir le descriptif) est un recueil de poèmes, illustré par 126 lithographies de Matisse. L’ouvrage avait été  tiré à 320 exemplaires par les éditions Skira, en  1948. Outre la dédicace de Matisse, la  page de titre est même ornée de trois petites fleurs dessinées au pastel par le maître lui-même. L’estimation initiale est fixée entre 15.000 et 20.000 €. Après exposition à Paris, dans les locaux du cabinet d’expertise Perazzone-Brun (du 1er au 14 juin), les deux ouvrages seront visibles à l’hôtel des ventes de Montluçon, du 16 au 24 juin, mais uniquement sur rendez-vous (04.70.05.02.66).

• D’UNE VENTE À L’AUTRE …

• Catalogue de ventes Ader (16 mars 2021) :

250px-Andr_Messager[1]◄ n° 55 : André Messager (1853-1929) : 27 lettres autographes signées, 1888-1892, adressées à Léonce Détroyat ; (46 p. – estimation 800 / 1000 €). Cet  ensemble comprend notamment des lettres concernant la comédie lyrique Madame Chrysanthème, créée le 30 janvier 1893 au nouveau Théâtre Lyrique dirigé par Détroyat.  

n° 175 : “ Lieue terrienne de Montz…”: registre terrier manuscrit   [XVIIe-XVIIIe siècles], (241 p.  –  1000 / 1500 €). Les lieux cités se situent pour la plupart dans le département de la Haute-Loire et quelques-uns dans le Puy-de-Dôme ou le Cantal.

téléchargement• Catalogue de vente Osenat (29 avril 2021) :

n° 118 : George Sand, Lettre  autographe signée adressée à Alexandre Dumas fils, Nohant, 14 août 1851 (3 p. –  300 / 400 €) : “ Je ne vous ai pas remercié en personne, Monsieur, et vous me chagrinez beaucoup si vous m’ôtez le plaisir de le faire de vive voix à Nohant ; c’est-à-dire à la Campagne, où l’on se parle mieux  en un jour qu’à Paris en un an…

• AU CATALOGUE DES LIBRAIRES

libLibrairie Paul Jammes (Catalogue n° 305):

n° 167 : Blaise Pascal : Traitez de l’équilibre des liqueurs, et de la pesanteur de la masse d’air…  (Paris, Guillaume Desprez, 163. – 232 p. ; in-12 – 5 000 €).  Ouvrage posthume. Édition originale ornée de 2 planches dépliantes qui montrent les  divers instruments utilisés par Blaise Pascal.

n° 246 : Charles Maurice de Talleyrand-Périgord : Proposition faite à l’Assemblée nationale sur les poids et mesures, par M. l’évêque d’Autun. – (Paris, Imprimerie nationale, 1790. – 20 p ; in-8° – en feuilles – 1 500€). Cette brochure peut être considérée comme la première démarche – en mars 1790 – vers l’adoption du système de mesure universelle, le système métrique décimal.

L’ACTU DES MÉDIAS

• LE GROUPE CENTRE FRANCE – LA MONTAGNE

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Z LMT (2)• L’ensemble des journaux quotidiens et hebdomadaires du groupe Centre France, parmi lesquels La Montagne,  ont mis à jour la charte commune des réseaux sociaux qui datait de 2014. Créé à la fin de 2019, le comité d’éthique et de déontologie, chargé de réfléchir aux pratiques de ses journalistes, s’est attelé à la tâche, en dressant d’abord   un état des lieux du  fonctionnement des pages Facebook et des interactions avec les lecteurs. Pour “développer une communauté Internet conviviale autour des actualités du journal”, les différents titres peuvent “solliciter régulièrement les lecteurs dans le cadre d’appels à témoignages”, ces derniers pouvant aussi “signaler des informations”.

Z LMT Vichy (2)• La charte énumère les  Droits et devoirs des utilisateurs, parmi lesquels le respect de la courtoisie, l’utilisation d’un langage correct et compréhensible et l’absence de caractère répétitif. Il est aussi conseillé aux lecteurs de s’efforcer de lire le contenu des articles avant de les commenter. Spéculations diverses et propos blessants sont évidemment bannis. Le tout dans le cadre d’un “bon déroulement du débat ”. La charte rappelle aussi que tout message doit se conformer au respect de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Dans la liste des propos interdits figurent les messages incitant à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité, appelant au meurtre, portant atteinte à la mémoire des morts ou à la vie privée, diffamants, les insultes, ainsi que les messages à caractère proxénètes ou pédophiles, et tous ceux qui incitent, notamment, au piratage informatique ou à la consommation de drogues, d’alcool, de tabac.

Z LMT MN (2)• La charte ajoute que “ l’espace de discussion constitué par le Mur de la page Facebook est modéré a posteriori dans le but d’une utilisation paisible de cette page et de permettre des échanges constructifs entre les utilisateurs”. C’est pourquoi “ le modérateur pourra supprimer toute contribution hors du cadre légal et en contradiction avec les principes édictés dans la présente charte ”. Enfin, dans les cas extrêmes, “L’équipe d’animation du journal se réserve le droit de bannir de sa page Facebook tout internaute dont les contributions seraient systématiquement rejetées”.

ZZZ Titre (2)

ZZZ• Sous le titre Le Berry insolite, le magazine La Bouinotte vient de publier son n° hors-série 2021. Il se propose d’emmener les lecteurs  en voyage au cœur d’un Berry insolite : à cheval dans les bois de Fontgombault, au cœur de drôles musées, à l’aventure dans de biens curieux greniers. Un voyage à la rencontre de personnages singuliers et attachants… Tel ce téméraire paysan berrichon, c’est une invitation à passer un œil curieux à travers la bouchure, malgré les jappements du chien qui a reniflé ce drôle de félin posé au fond du pré. On pourra tomber nez à nez (si l’on peut dire…) avec le sphinx  et tendez l’oreille. Il nous raconte comment la Campagne d’Égypte, la Ruée vers l’or, l’écho de pays lointains ont fait fleurir sur les cartes du cadastre les rêves d’ailleurs, d’une vie meilleure. Il dit l’origine de ce nom de lieu exotique qui nous surprend au détour d’un chemin et berce notre imaginaire de destins hors du commun, derrière le vieux corps de ferme. Au-delà de l’anecdote qui fait sourire ou qui intrigue, les rédacteurs de ce hors-série Berry insolite ont questionné la riche histoire qui lie des hommes et des femmes à leur pays. Pays qui, dans sa discrétion coutumière, se livre aux plus attentifs seulement… La surprise n’en est que plus grande et belle. En se frayant un passage à travers les traînes, en fouillant les archives et les mémoires, en poussant les portes closes d’une grange, on découvre les ors d’un théâtre Renaissance ; le vert phosphorescent d’un bois comme saupoudré d’une myriade de mousses par des fées artistes. Le magazine est en vente sur le site de La Bouinotte.

196797043_4386228451395656_4184853361235710340_n (2)• Massif central magazine (n° 139 – Juillet-août-septembre 2021 – 6 €) : Sous le titre Sortons les vélos, le magazine ouvre sa centaine de pages illustrées en couleur  sur un dossier qui propose d’emmener ses lecteurs à la découverte du territoire en enfourchant un VTT ou un vélo de route qu’ils soient électriques ou pas. De belles idées de balades, pour tous les goûts, sur les chemins ou sur les routes, et pour tous les mollets, afin de profiter pleinement cet été déconfiné. 196797043_4386228451395656_4184853361235710340_nSont évoqués, pêle-mêle : La grande traversée du Massif Central en VTT –  La Trans Massif Central (devenue Véloroute 87) –   Les boucles Romain Bardet Expérience –  La Via Allier – Les pistes de VTT de descente dans les stations du Puy-de-Dôme et du Cantal… Parmi les autres rubriques : Découverte : le parc national des Cévennes, plus grande réserve internationale étoilée – Histoire/Mémoire : Camille Gandilhon, un Auvergnat à Paris – Patrimoine : Saint-Privat-du-Dragon, le serment d’une vigne nouvelle – Tradition : Transhumance, en route pour le Mont Lozère – Culture : Marie-Hélène Lafon (Prix Renaudot 2020), sur les hauteurs du Cézallier – D’art dare : Jean Aujame – Vu de Paris : Quand la pierre de Volvic séduit Paris –  Art de vivre : Rencontre avec Olivier Valade, chef de La Chapelle, restaurant étoilé du Château Saint-Jean à Montluçon – Le domaine de l’arbre blanc : Frédéric Gounan, artiste vigneron – Les douceurs et bienfaits d’une plante : l’angélique – Les Topoguides…

SEMAINE ALLIER

• Dans La Semaine de l’Allier (8 avril), à la question « Quel regard portez-vous sur le Bourbonnais? », Jean-Jacques Rozier, conseiller départemental qui a annoncé son retrait  de la vie politique, a répondu : « Ce département  a subi des crises industrielles, l’exode et  il a souffert d’isolement routier et ferroviaire. On a été au cœur de la France, puis on a été contourné. D’autres départements ont avancé plus vite que nous sur la RCEA ou la RN7 dans la Nièvre, alors je me demande pourquoi chez les autres et pas chez nous? Je crois qu’on n‘a jamais eu la bonne couleur politique au bon moment« .

185737670_10157800058991784_9164971597107407511_n (2)Dans le même hebdomadaire daté du 13 mai, figure un dossier consacré au patrimoine religieux bourbonnais. Selon Laurent Poirier, délégué départemental de la Fondation du patrimoine, “il y a une prise de conscience des pouvoirs publics sur la nécessité de préserver le patrimoine religieux, même le plus petit”. Face à un discours qui donne souvent dans la sinistrose, il dit ne pas être “trop d’accord avec les analyses selon  lesquelles notre patrimoine religieux serait en train de dépérir, faute de moyens. Il y a eu une véritable prise de conscience depuis  Notre-Dame, pour preuve, l’engouement autour de la restauration de Souvigny. Aujourd’hui, les financements publics comme privés sont nombreux. Et nous avons la chance d’avoir un département très généreux”. Finalement, à ses yeux, “d’ici 10 ans, il n’y aura plus d’églises en état de péril dans l’Allier”.