BIOGRAPHIE- N° 12 : DESTIN D’ACTRICES: LA COMMENTRYENNE YVONNE ROZILLE (1900-1985), UN INJUSTE OUBLI

Mise à jour: 24 JUIN 2017

Laurence DEBOWSKI

 

« Quand on retourne dans sa ville natale, on s’aperçoit que ce n’était pas l’endroit qu’on regrettait,  mais son enfance » … (Sam Ewing).

 

• Qui, parmi les cinéphiles, se souvient encore d’Yvonne Rozille, Marie-Yvonne Gilberte Rouzille pour l’état civil, née en 1900 à Commentry (Allier) ? Le Septième art lui a pourtant fait les yeux doux avec vingt-deux films à son actif, dont le dernier, « Faîtes sauter la banque »,  sorti en 1964, a totalisé plus de 1,9 million d’entrées dans les salles. Qui, parmi les amateurs de théâtre, se rappelle qu’elle a  été à l’affiche  de nombreuses pièces, dans les années 1925-1935 ?  

• Yvonne Rozille est décédée à Grasse (Alpes Maritimes), en 1985, après une vie bien remplie entre le chant, le théâtre et le cinéma. Pourtant, sa disparition n’a suscité que peu d’échos médiatiques. Trois décennies plus tard, il est donc  temps de revenir sur le parcours de cette actrice aujourd’hui injustement oubliée, y compris dans son Bourbonnais natal, avec lequel elle avait conservé des liens et  où elle a choisi de reposer parmi les siens.

 Commentry vers 1900: la Forge et l’entrée des ouvriers par le portail de la place Martenot
La place du 14 juillet et l’hôtel de ville vers 1900

MARIE YVONNE GILBERTE ROUZILLE, NÉE À COMMENTRY, EN 1900…

François Rouzille et son épouse, née Françoise Fanechère

• Le 5 Janvier 1900, Marie Yvonne Gilberte Rouzille, la future Yvonne Rozille,  naît dans un Commentry alors en plein essor.   Son père, François Rouzille (1869-1955), employé, est un enfant de cette même ville et sa mère, née Françoise Fanechère (1872-1946), est originaire de Chamblet, la commune voisine. Bien que le couple réside à Montluçon,  Françoise Rouzille est revenue accoucher à Commentry, dans la maison de son père, Gilbert Fanechère, employé de commerce.  Âgé de 55 ans, il demeurait alors  rue de la Folie (actuellement rue Jean-Jaurès).L’enfant grandit  « Villa Saint-Honoré« ,  rue de Sébastopol, l’actuelle rue Jean Moulin.

L’acte de naissance d’Yvonne Rouzille
La « Villa Saint-Honoré« , rue de Sébastopol. Au portail, à droite: ses parents, François et Françoise Rouzille (vers 1900)
Sur seuil de la maison commentryenne en 1913 (de gauche à droite): Gilbert Fanechère, Françoise et François Rouzillle, Yvonne Rouzille 

• Yvonne fréquente d’abord l’école de Commentry, puis poursuit ses études à Clermont-Ferrand où elle prépare son brevet.  Une représentation des « Cloches de Corneville » au théâtre de Commentry est une véritable révélation pour elle. C’est décidé, elle se vouera au théâtre.

▲ Le théâtre de Commentry où l’on joue Les cloches de Corneville

• Ses parents, conscients de son talent vocal, lui font donner des cours de chant, tout lui faisant poursuivre ses  études : elle passe son brevet élémentaire, puis son brevet supérieur et d’autres examens qui lui donnent accès à l’administration des Postes. Elle est nommée à Paris, à tout juste 20 ans. Le jour, derrière un guichet, elle est la « demoiselle des postes ». Le soir, ses qualités d’artiste prennent le pas sur une existence bien rangée : elle travaille sa voix, pratique le piano et la danse. Dès  septembre 1922, elle se produit brièvement sur la scène du théâtre de Néris-les-Bains, en interprétant Thésée, chant d’amour.en seconde partie d’une soirée de  gala, 

▲ Une des toutes  premières et brèves apparitions d’Yvonne Rozille sur scène au théâtre du Casino de  Néris-les-Bains (1922)  ▼

1925 : DES DÉBUTS PROMETTEURS AU THÉÂTRE      

Yvonne Rouzille, devenue Yvonne Rozille, au début de sa carrière

• Une audition qu’elle passe en 1925  pour  PLM, une opérette en trois actes de Rip, alias Georges Gabriel Thenon (1884-1941), sur une musique de Christiné,  lui permet de donner libre cours à son tempérament artistique. Elle est choisie pour reprendre le rôle de Suzette O’Nil, Cri-Cri,  sur les planches des Bouffes Parisiens.

PLM (1925): les débuts d’une carrière sur les planches pour Yvonne Rozille
Georges Gaillard (1877-1953), ami puis époux d’Yvonne Rozille

• Une nouvelle vie s’ouvre désormais à elle, entre théâtre et cinéma.  Elle se lie d’amitié avec Georges Gaillard (1877-1953), de 23 ans son aîné, préfet honoraire, industriel, administrateur de société   et officier de la Légion d’honneur. Egalement homme de lettres et amateur de théâtre, il aura la capacité de la  soutenir dans sa carrière. Georges Gaillard, qui  a été codirecteur du Théâtre du Vaudeville, a  fondé la Revue de Hollande,  une revue littéraire qui consacrait de nombreux auteurs célèbres, notamment André Maurois. Il est par ailleurs directeur du Monde colonial illustré. Toutefois, leur union ne sera officiellement célébrée que le 25 mai 1940, à la mairie de Neuilly-sur-Seine.

Portrait d’Yvonne Rozille dans la pièce de théâtre M. de Saint-Obin (1925-1926)
M. de Saint-Obin, pièce créée en 1925 au Théâtre des Variétés et reprise en 1926 au théâtre de la Renaissance
Les chevaux de bois (1933) au théâtre de la Potinière (caricature de Pierre Payan)

1925 – 1939 : DES RÔLES QUI SE SUCCÈDENT SUR SCÈNE ET SUR GRAND ÉCRAN

Vive Le Roy, fantaisie opérette en 3 actes  au Théâtre des Capucines (1929): Yvonne Rozille joue aux côtés de  Dranem, Jean Sablon, Arletty, Jane Cheirel et Suzanne O’Neill 

• Pour Yvonne Rouzille devenue Rozille, les rôles se succèdent au théâtre et au cinéma. Sur scène, son nom figure à l’affiche d’une quinzaine de pièces entre 1925 et 1933. Cette dernière année, on ne dénombre pas moins de 5 pièces dans lesquelles elle joue.

Les premières apparitions d’Yvonne Rozille au cinéma, avec des débutants qui s’appellent Edwige Feuillère ou Claude dauphin

• Au cinéma, sous la direction de metteurs en scène comme Abel Gance, Yves Allégret, Julien Duvivier ou encore Henri Diamant-Berger, elle a des partenaires prestigieux qui s’appellent Edwige Feuillère, Jean Gabin, Claude Dauphin, Louis de Funès ou Jean-Pierre Marielle. Sa filmographie, qu’on retrouvera à la suite de cet article, atteste de la richesse et de la variété de son parcours.

 

De La coqueluche de ces dames à Golgotha...Des genres totalement différents
Cinémonde (1935), retrace la parcours d’Yvonne Rozille

• C’est entre 1935 et 1939 que sa carrière sur grand écran  se révèle la plus prolifique avec  une quinzaine de films, dont 5 pour la seule année 1935, 3 en 1937 et 4 en 1939. Cette année-là, elle joue dans Louise, sous la direction d’Abel Gance (1889-1981) qui, lui aussi, a passé une partie de son enfance à Commentry, auprès de ses grands-parents Perthon, qui demeuraient rue de la Ganne. La seconde guerre mondiale met sa carrière cinématographique entre parenthèses. Après la victoire des Alliées, les tournages se feront plus rares, avec seulement 3 films, dont le dernier, « Faites sauter la banque », de Jean Girault, le futur réalisateur de la série des Gendarmes à Saint-Tropez. Yvonne Rozille côtoie un acteur en pleine ascension, Louis de Funès.

Yvonne Rozille, au sommet de sa carrière théâtrale et cinématographique, à la fin des années 1930
Tout va très bien, madame la marquise (1936), aux côtés de Noël-Noël, Maurice Escande et Marguerite Moreno
Faites sauter la banque (1963), son ultime film aux côtés de Louis de Funès et de Jean-Pierre Marielle
Yvonne Rozille (à droite), associée à d’autres vedettes, dans une publicité 

• À l’instar d’autres jeunes vedettes, Yvonne Rozille avait été sollicitée par les agences de publicité. On peut ainsi la retrouver, dans les années 1930,  associée à plusieurs « canons de beauté » de l’époque, afin  de vanter l’efficacité d’une « crème du Docteur Muller ».

• Ses partenaires publicitaires s’appellent Christiane Dargyl, danseuse à l’Opéra de Paris, Maud Loty (1894-1976), Gaby Morlay (1893-1964) ou Nadine Picard (1896-1938), toutes actrices comme elle. Yvonne Rozille pratiquait également beaucoup l’équitation et elle fut membre fondateur du Club des Amazones. C’est d’ailleurs avec un numéro d’équitation qu’elle participait régulièrement au Gala de l’Union des artistes.

Publicité extraite du programme de l’opérette de Maurice Yvain « Pas sur la bouche« 
Yvonne Rozille, sportive et cavalière émérite
Yvonne Rozille dessinée par Isabelle Bouesnard en 2011

 DES LIENS CONSERVÉS AVEC COMMENTRY ET SON BOURBONNAIS NATAL

• Bien qu’installée à Paris, Yvonne Rozille n’en cultivait pas moins ses attaches bourbonnaises avec un goût prononcé pour le terroir, l’architecture et la gastronomie. Elle s’adonnait d’ailleurs avec joie au jardinage dans une propriété à la campagne.  Malgré son éloignement, elle restait fidèle à sa ville natale et ne manquait pas d’envoyer des cartes postales à sa famille.

Une carte postale adressée à sa famille, depuis Monaco

Décédée à Grasse, le 1er décembre 1985, Yvonne Rozille avait choisi de reposer en terre bourbonnaise, au cimetière de Commentry. Sur la stèle de la famille Vénot – Fanechère – Rouzille – Gaillard, on note une inscription que le visiteur distrait remarquera à peine: « Yvonne Gaillard, née Rouzille, dite Yvonne Rozille, artiste dramatique 1900-1985« . Rien de plus. C’est également là que sont inhumés ses parents, Françoise et François Rouzille, ses grands parents Fanechère, ainsi que son époux, Georges Gaillard, décédé lui aussi à Grasse,  en 1953.

La tombe d’Yvonne Rozille et des siens, au cimetière de Commentry.

FILMOGRAPHIE

Maurice Diamant-Berger, le premier réalisateur à avoir donné sa chance à Yvonne Rozille

Le titre de chacun des films est suivi entre parenthèses  du rôle interprété par Yvonne Rozille, lorsqu’il est crédité au générique.  (Source principale: Raymond Chirat : Catalogue des films français  de long métrage : 1929-1939 et 1940-1950).

1931

  • Ma tante d’Honfleur de D.B. Maurice (Maurice Diamant-Berger), d’après la pièce de Paul Gavault, avec Yvonne Rozille, Jeanne Cheirel, Florelle, Yvonne Garat, Daniel Lecourtois…

◘ « Une petite chanteuse, sur le point d’être abandonnée par son amant, déclenche une poursuite générale dans la petite ville où il s’est réfugié. Y participent, l’ami de son amant, la tante de l’ami, le secrétaire de l’ami, l’ami conquis et enfin l’amant reconquis. »

  • Mariage d’amour d’Henri Diamant-Berger avec Max Berge

1932

  • Clair de lune de Henri Diamant-Berger, avec Yvonne Rozille (Berthe Lydiane) Blanche Montel , Jeanne Cheirel, Florise, Claude Dauphin…

« Un garçon et une fille partent naviguer et font naufrage sur une île où vit un philosophe qui leur conseille de profiter de la vie. Comme la nuit est à eux, ils s’aiment, puis apprennent plus tard que le philosophe est un fou échappé d’un asile ».

1935

  • La Route heureuse de Georges Lacombe, avec Yvonne Rozille (Tante Anna), Edwige Feuillère, Rosine Deréan, Claude Dauphin… Film tourné en Italie

◘ « Une jeune citadine ne s’accommode ni de la vie à la campagne ni de la vie de famille que lui offre l’homme qu’elle vient d’épouser. Aussi boude-t-elle ses beaux-parents et décide-t-elle, d’erreur en malentendu,  d’abandonner cette existence qui la lasse. L’espoir d’une maternité la ramène cependant à la grande ferme familiale »

  • L’Ecole des vierges de Pierre Weill, avec Yvonne Rozille, Dolly Davis, Monique Rolland, André Roanne, René Ferté…

« Persuadée que son mari la trompe, une jeune femme veut se venger en le trompant, à son tour,  avec un ami du ménage. Heureusement l’irréparable est évité grâce à la cousine de la jeune femme, petite pensionnaire en vacances, qui séduit l’ami et qui se fait épouser ».

  • Golgotha de Julien Duvivier avec Yvonne Rozille, Edwige Feuillère, Jean Gabin, Robert Le Vigan, …Film tourné en Algérie.

◘« Les derniers jours de la vie de Jésus, depuis son entrée à Jérusalem jusqu’à sa crucifixion et sa  résurrection ».► Visionner le film complet: 

  • Le train d’amour de Pierre Weill avec Yvonne Rozille, Wanda Gréville, Colette Darfeuil, Alice Tissot, Georgius, Nino Costantini, Pierre Juvenet…

◘« Extrêmement jalouse des clientes de son mari, la femme d’un médecin demande le divorce. Le mari se propose d’épouser la fiancée d’un de ses malades à qui, pour guérir sa timidité, il a prescrit de prendre une maîtresse. Le client fait la cour à l’ex-femme de son médecin. Finalement, tous les couples engagés dans cette aventure trouvent le bonheur auquel ils aspiraient… »

  • La Coqueluche de ces dames de Gabriel Rosca, avec Yvonne Rozille, Lisette Lanvin, Gaby Basset, Jeanne Fusier-Gir, Alexandre Dréan, Louis-Jacques Boucot, Georges Peclet…

◘« Un jeune compositeur s’aperçoit avec terreur que sa fiancée demande au Prince-Mystère des conseils pour la conduite de son futur ménage. Le Prince-Mystère est un présentateur de radio adoré par ses auditrices. Pour se débarrasser de ce personnage encombrant, le jeune homme fait passer un de ses camarades pour la fameuse idole,  devenue le pire des mufles ».

1936

  • Tout va très bien madame la marquise, de Henry Wulschleger, avec Yvonne Rozille, Marguerite Moreno, Colette Darfeuil, Noël-Noël, Maurice Escande, Félix Oudart…Musique de Paul Misraki.

◘« Yannick est congédié parce que sa négligence a causé l’incendie du château de la marquise de Ploevic. Le voici à Paris où il apprend avec honte l’inconduite de sa sœur et où il échoue piteusement dans la carrière dramatique. Il regagne, tout heureux, son village breton pour retrouver la petite fiancée un instant négligée ».

  • La Madone de l’Atlantique de Pierre Weill avec Yvonne Rozille (Madame Dorland), Josseline Gaël, Alice Tissot, Wanda Warell, Nino Costantini, Jean Lumière…

« Une jeune femme pour qui le mariage est un sport, passe son temps entre les presbytères et les tribunaux. Elle vient de rompre sa septième union et quelques prétendants décident de lui donner une bonne leçon. Elle est victime d’un enlèvement simulé et accorde sa main au plus valeureux des jeunes gens. Mais pour combien de temps ? »

1937

  • Un soir à Marseille de Maurice de Canonge, avec Yvonne Rozille, Colette Darfeuil, Jeanne Fusier-Gir, Milly Mathis, Fernand Charpin. Antonin Berval, Pierre Larquey, Paul Demange…

◘ «À Marseille, l’inspecteur Francis aidé d’une journaliste, enquête sur l’assassinat de la femme d’un riche industriel. Les soupçons se portent sur l’amant puis sur le mari de la victime. Mais le coupable est une artiste de cirque, craignant que la jeune femme ne reprenne la place qu’elle avait quittée pour se marier ».

  • Arsène Lupin détective d’Henri Diamant-Berger, avec Yvonne Rozille, Suzy Prim, Rosine Deréan, Suzanne Dehelly, Jules Berry, Gabriel Signoret, Robert Ozanne…Dans ce film, le dernier tourné par Gabriel Signoret, décédé en mars 1937, figure au générique Arlette Stavisky,  l’épouse du célèbre escroc mort en 1934.► Visionner le film complet:

◘ « Le sympathique gentleman – cambrioleur monte une agence de renseignements sous le nom de Barnett. Arsène Lupin, fidèle à lui-même, se joue de ses clients et de la police avec laquelle il collabore. Il piège les coupables du meurtre d’un caissier mais se voit démasqué par un journaliste qui le dénonce. L’homme de presse a bénéficié d’un tuyau. Un criminel a en effet reconnu, sous les traits de Barnett, le fameux gentleman – cambrioleur. Lupin se retrouve avec la police à ses trousses, bien décidée à le mettre derrière les barreaux. Arrêté par la police, il parvient à s’enfuir, avec la maîtresse de l’assassin… »

 

  • La Fessée de Pierre Caron, sur un scénario de Jean Nohain, avec Yvonne Rozille (La princesse Henriette), Mireille Perrey, Marguerite Moreno, Micheline Presle, Albert Préjean, Claude Dauphin, Julien Carette, Armand Bernard, Robert Ozanne…

◘ « Un mari outré par les insolences de sa femme, la corrige devant la fenêtre. Un habitant de la maison d’en face a photographié la scène et la photo fait le tour de Paris, devenant entre les mains d’ouvriers en grève, le symbole de la révolution, puis, l’opinion s’étant retournée, l’image de l’ordre fustigeant l’anarchie… »

1938

  • L’avion de minuit de Dimitri Kirsanoff d’après le roman de Roger Ladric avec Yvonne Rozille (Mrs Clark), Colette Darfeuil, Ginette d’Yd, Muguette Belval, Jules Berry, André Luguet, Robert Le Vigan, Abel Jacquin, Nino Costantini,…

◘ « Le temps d’une escale, le pilote de ligne Morel et Colette filent le parfait amour. Elle a soin de lui cacher qu’elle est compromise dans les agissements d’une bande de malfaiteurs.  Colette parvient à échapper à ses dangereux amis tandis qu’une fusillade extermine les mauvais garçons. »

1939

  • Le Moulin dans le soleil de Marc Didier, avec Yvonne Rozille (Benjamine), Orane Demazis, Milly Mathis, Jacqueline Pacaud, Gaston Rullier, Robert Vattier,  Fernand Sardou, Marc Dantzer…

◘ « L’aventure sentimentale d’un vieux célibataire dans la quarantaine, maire de son village et riche propriétaire du moulin qui s’est soudain amouraché d’une jeune parisienne de 20 ans, alors que cette dernière aime son neveu. Cette folie met toute sa maison en déroute. Après avoir esquissé un acte vengeur, le meunier retrouve son amie d’enfance qui ne demandait qu’à le rendre heureux…»

  • Face au destin d’Henri Fescourt, avec Yvonne Rozille, Gaby Sylvia, Josselyne Gaël, Marguerite Pierry, Georges Rigaud, Jules Berry, Jean Max…

◘ « Jean et Madeleine, tous deux employés modestes, rêvent de mener pour un soir la grande vie. L’expérience tourne à la catastrophe. Plus tard, après avoir épousé un aristocrate allemand qui, en réalité est un espion, Madeleine retrouve Jean qui s’était engagé dans la Légion. L’allemand démasqué, ils peuvent enfin se marier ».

  • Sidi-Brahim de Marc Didier, sur un scénario d’Yves Mirande, avec Yvonne Rozille, Colette Darfeuil, René Dary, Abel Jacquin, Henri Bosc,  Raymond Aimos…Le film tourné en 1939 n’est sorti sur les écrans qu’en 1945. Il a été aussi parfois exploité sous le titre Les diables bleus.

◘ « Un commandant des chasseurs alpins est accusé d’espionnage et condamné à mort. Il est innocenté à l’ultime minute par les aveux d’une espionne sur le point d’être exécutée ».

  • Louise d’Abel Gance, sur un scénario de Roland Dorgelès, d’après l’opéra comique de Gustave Charpentier. Avec Yvonne Rozille (une cliente), Grace Moore, Suzanne Desprès, Ginette Leclerc, Pauline carton, Robert Le Vigan, Georges Thill…

◘ « Louise, petite ouvrière, est amoureuse du compositeur Julien, son voisin. Devant le refus obstiné de ses parents de consentir à son mariage, elle s’enfuit en compagnie du musicien. Elle revoit, un jour, son père malade et malgré ses supplications, Louise retourne à son destin ».

1945

  • Mensonges de Jean Stelli avec Yvonne Rozille (Madame Dumontel), Gaby Morlay, Jacqueline Porel, Mona Dol, Jean Marchat, Henri Nassiet, Dominique Nohain, … Le film est d’abord sorti sous le premier titre de Histoires de femmes.

◘ «  Bellâtre d’une petite ville, Olivier a séduit la femme du médecin. Condamnée à dix ans de prison parce qu’Olivier a tué son mari,  cette dernière entreprend de se venger à sa sortie de prison, d’autant plus qu’elle a appris que son amant était le véritable coupable et  qu’il tente maintenant de séduire la fille de sa victime. Elle finit par le tuer, avant de se jeter dans un étang».

1949

  • Manèges d’Yves Allégret, avec Yvonne Rozille, Simone Signoret, Jane Merken, Mona Dol, Bernard Blier, Jean Ozenne,Gabriel Gobin, …

◘ « Au chevet de sa femme, victime d’un accident de la route, Robert revoit leur passé et assiste à un suffocant déballage de linge sale, de la part de sa belle-mère. Dora lui a grimacé la comédie de l’amour, l’a trompé continuellement, envisageant de le quitter, ne pensant qu’à l’argent, aidée sournoisement par sa belle-mère… Atterré et dégoûté, Robert abandonne les deux femmes, dont l’une restera paralysée...».

1963

  • Faites sauter la banque de Jean Girault, avec Yvonne Rozille (Laura, la femme entretenue par Durand-Mareuil) Anne Doat, Yvonne Clech, Louis de Funès, Jean-Pierre Marielle, Georges Wilson, Claude Pieplu, Dominique Zardi, Jean Lefebvre… Sorti le 25 février 1964, le film n’est resté que deux semaines en exclusivité sur les écrans parisiens avec plus de76 000 entrées cumulées sur cette période, car il a subi une concurrence sévère entre L’Homme de Rio et La tulipe noire, sortis en même temps. Sur l’ensemble du territoire français, le film a atteint les 950 000 entrées, dans un premier temps. Louis de Funès étant devenu une star du cinéma français, Faites sauter la banque ! finira par atteindre 1 918 785 entrées.► Visionner un extrait du film:

◘ « Victor Garnier, petit commerçant en articles de pêche,  a perdu presque toutes ses économies en suivant les conseils de Dubois-Mareuil, directeur de la banque, située en face de son commerce. Ruiné à la suite de ces mauvais placements, une idée géniale lui vient à l’esprit : si la banque lui a volé son argent, lui-même volera la banque. Pour ce faire, avec l’aide de toute sa famille il entreprend de creuser à partir de sa cave une galerie menant à la banque, de l’autre côté de la rue. Cependant, sa fille aînée Isabelle est courtisée par Philippe, un jeune banquier stagiaire qui travaille justement chez Durand-Mareuil…»

THÉÂTROGRAPHIE

Le théâtre des Bouffes Parisiens, où Yvonne Rozille débute sa carrière en 1925, dans PLM, une opérette de Rip

1925

  • P.L.M, opérette en 3 actes de Rip, alias Georges Gabriel Thenon (1884-1941), sur une musique de Christiné – Théâtre des Bouffes Parisiens. Yvonne Rozille reprend le rôle Cri-Cri, interprété par Suzette O’Nil.
  • Pas sur la bouche, opérette de Maurice Yvain – Créée au Théâtre des Nouveautés, avec Jeanne Cheirel, Berval, Pauline Carton.  La pièce est ensuite reprise en provinces dans le cadre des tournées théâtrales Max, avec Yvonne Rozille

1926

  • Monsieur de Saint-Obin comédie en trois actes d’André Picard (1873-1926) – Théâtre des Variétés – Yvonne Rozille joue le rôle d’Isabelle Corquefou.                             

1927

  • Monsieur de Saint-Obin – Comédie reprise au Théâtre de la Renaissance

    Yvonne Rozille dans la pièce de théâtre M. de Saint-Obin
  • L’Eunuque, comédie dramatique en 3 actes d’Henri Duvernois et André Birabeau – Théâtre Femina. Avec Yvonne Rozille, Jane Chevrel, Mady Berry…

1928

  • L’Arpète, pièce gaie d’Yves Mirande et Gustave Pinson, sur une mise en scène d’Edmond Roze – Théâtre de la Scala. Avec Yvonne Rozille, Jacqueline Parisys, Georgette Daria, Robert Bossie…
  • Brout, pièce en 3 actes de Léon Régis, sur une mise en scène de Camille Corney – Studio des Champs-Elysés (Théâtre des jeunes auteurs). Avec Yvonne Rozille, Georges Adet, Louis Allibert, Laurent Zacharie…

1929

  • La dame en gris, d’après le roman de Georges Ohnet (1895), sur une mise en scène d’Harry Baur – Théâtre de La Comédie Caumartin. Avec Yvonne Rozille, Marie Lecomte, Hubert Prélier, …
    ▲  Vive Le Roy  ▼

  • Vive Le Roy, fantaisie opérette en 3 actes – Théâtre des Capucines du 5 au 30 mai 1929. Avec Yvonne Rozille, Dranem, Jean Sablon, Arletty, Jane Cheirel…

1933

  • En deuil de l’amour, pièce de Rachilde et George Karouké – Théâtre Camille Choisy – La Potinière. Avec Yvonne Rozille et Jeannette Doisy…
  • L’Orgie, drame en 3 actes de M. Duliant – Théâtre Camille Choisy – la Potinière. Avec Yvonne Rozille, Maryse Leroy, Eve Lyne, Marcelle Renot …
  • Un visage dans la nuit avec Yvonne Rozille, Jeannette Choisy, Eve Lyne, Gérard Férat…
  • Les chevaux de bois, comédie en 3 actes de AP Antoine et Maxime Lévy – Théâtre Camille Choisy – la Potinière – Théâtre de la Renaissance. Avec Yvonne Rozille, Marie Lecomte, M Duteil, –

 

◘  SAVOIR PLUS…

 GEORGES GAILLARD, ÉPOUX D’YVONNE ROZILLE

Georges Gaillard (1877-1953), ami puis époux d’Yvonne Rozille

Georges Gaillard, né le 26 janvier 1877, à Bougie, en Algérie, est décédé à Grasse (Alpes-Maritimes) le 22 novembre 1953. Son père, Paul Gaillard, avocat et bâtonnier du barreau de Constantine, descendait d’un magistrat lyonnais républicain qui avait été condamné à la déportation en Algérie pour avoir soutenu la révolte des Canuts. Georges Gaillard avait trois frères qui, tous engagés volontaires en 1914-1918, se distinguèrent aux combats, durant lesquels l’un d’eux fut mortellement blessé.

• Après un doctorat en droit à Paris, Georges Gaillard, plus jeune avocat de France, s’inscrivit au  barreau d’Alger. Totalement opposé à la peine de mort, il devait quitter rapidement les prétoires   pour entrer dans l’administration préfectorale, occupant plusieurs postes de sous-préfet (1901-1911),  puis de chef de cabinet du ministre de la Marine. Engagé volontaire en 1914, comme ses frères,  il accomplit d’importantes missions comme officier du 2ème  bureau, notamment aux Pays-Bas et en Belgique. À partir de ses observations et de témoignages, il rédige anonymement des articles pour les journaux français (Le Temps, Excelsior, Le Matin...), dans lesquels il dénonce les exactions allemandes en Belgique. Entre 1916 et 1917, mandaté par Georges Clemenceau,  il participe à plusieurs missions secrètes en Espagne.  Il négocie ainsi  au nom de  la Direction générale des fabrications d’artilleries du Ministère de la Guerre pour finaliser des accords entre le Comité des Forges français, dont il est délégué, et les métallurgistes espagnols. Il s’agit de favoriser les approvisionnements en métaux destinés à l’armée française.

• Après avoir épousé en première noce l’héritière des Laminoirs, tréfileries, câbleries  de Lens, il a quitté définitivement l’administration préfectorale en 1911, avant de prendre la tête de cette entreprise, à laquelle il donne un nouveau souffle (1918-1938). Il est  en même temps administrateur de nombreuses autres sociétés (chantiers maritimes, grands hôtels…).

Proche des milieux radicaux-socialistes, opposé à la droite anti-dreyfusarde au moment  de l’Affaire Dreyfus  et admirateur de Jaurès, il a développé une activité sociale importante dans son usine de Lens.  Ayant soutenu le capitaine Dreyfus, il était lié à son frère, Mathieu Dreyfus. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il recueillit et cacha dans sa propriété de campagne les enfants de la petite-fille de Mathieu Dreyfus pour les soustraire à la déportation. Proche du général Giraud, rival du général de Gaulle, Georges Gaillard a travaillé secrètement à une tentative de réconciliation entre les deux hommes après 1945.

Mlle Yvonne Rozille  aux côtés de Georges Gaillard qu’elle a épousé en 1940, dans la création d’une entreprise en 1941

• C’est seulement  en mai 1940 qu’il a épousé Yvonne Rozille, qu’il avait probablement connu par sa fréquentation des théâtres. Grand lettré, il a compté parmi ses relations amicales  aussi bien André Maurois que Sacha Guitry, Yves Mirande ou Colette. C’est ce qui le conduisit à s’investir  dans la presse littéraire, en co-fondant la Revue de Hollande. Décédé à Grasse en novembre 1953, Georges Gaillard qui était notamment officier de la Légion d’honneur, à titre militaire, repose au cimetière de Commentry, aux côtés de sa seconde épouse et de ses beaux parents.

© Laurence DEBOWSKI

QUELQUES DOCUMENTS …

Revue Cinémonde (1935)
L’exposition Allons au théâtre, à la Pléiade de Commentry (2011) (extrait de La Montagne)

◘ Principales sources

►BIFI

► BnF Gallica – Revue Comoedia programmes

► Espace Culturel la Pléiade (Ville de Commentry) – Fonds Yvonne Rozille

► Documents Famille Gaillard-Meyer

►Collection personnelle de Laurence et Patrick Debowski,

► Photos Encyclopédie multimédia de la comédie musicale théâtrale en France de 1918 à 1944 (sources Internet).

À LIRE ÉGALEMENT SUR CE BLOG, DANS LA SÉRIE DESTINS D’ACTRICES

Maurice SARAZIN

• La Moulinoise Suzy Carrier (1922-1999), vedette de cinéma des années 1940 et 1950

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        Jean-Paul PERRIN & Maurice SARAZIN

  • Annie Mourraille (1913-1984), comédienne de théâtre  mais aussi complice de l’assassinat de Marx Dormoy

https://vudubourbonnais.wordpress.com/2016/11/23/annie-mouraille-du-theatre-et-de-lecriture-a-lassassinat-de-marx-dormoy/

       Jean-Paul PERRIN

  • Gabrielle Robinne (1886-1980) : le nom d’un théâtre mais pas seulement…

https://vudubourbonnais.wordpress.com/2017/05/01/%E2%97%98-biographie-gabrielle-robinne-1886-1980-le-nom-dun-theatre-mais-pas-seulement/ 

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◘ BIOGRAPHIE- N°7 : ISIDORE THIVRIER (1874-1944), DÉPUTÉ MAIRE DE COMMENTRY, MORT EN DÉPORTATION

MISE À JOUR: 8 JANVIER 2017

Jean-Paul PERRIN & Maurice SARAZIN

Avec ses deux collègues bourbonnais, Marx Dormoy et Eugène Jardon, Isidore Thivrier fait partie des quatre-vingts parlementaires qui votèrent, le 10 juillet 1940, contre la délégation de pouvoirs au maréchal Pétain. Comme Marx Dormoy, auquel “Vu du Bourbonnais” a consacré deux articles, Isidore Thivrier connut un destin tragique. Arrêté par la  gestapo en octobre 1943, il devait mourir en déportation, le 5 mai 1944, au sinistre camp de Natzweiler – Struthof. Dans son livre de souvenirs, “Vichy tel quel, 1940-1944”, le journaliste Dominique Canavaggio, proche de Pierre Laval, consacre quelques pages au sort d’Isidore Thivrier. C’est l’occasion pour “Vu du Bourbonnais” de revenir sur le parcours politique du fils de Christou, “le député en blouse”, y compris sur les années 1940-1943, période durant laquelle il est maintenu au poste de maire de Commentry, ce qui lui vaut d’accueillier le maréchal Pétain, le 1er mai 1941, tout en siégeant au Conseil national, créé par le régime de l’État français.

contact: allier-infos@sfr.fr

 

FILS DE CHRISTOU, LE  “DÉPUTÉ EN BLOUSE 

  • Christou, le député en blouse, père d'Isisdore Thivier
    1894: Christou, le député en blouse, père d’Isidore Thivier, expulsé de la Chambre des députés

    Joseph Isidore Thivrier est le troisième fils de Christophe Thivrier (Durdat-Larequille 1841 – Commentry 1895), le « député à la blouse« , premier maire socialiste au monde (1882) et premier conseiller général socialiste en France (1889), et de Marie Martin (1842-1932). L’aîné des enfants, Alphonse Thivrier, futur maire de Commentry, mourut en 1936. Le second, Léon Thivrier, futur conseiller général et député de 1902 à 1919, mourut à la fin de 1920. Joseph Isidore Thivrier, le cadet, est né à Commentry, le 5 octobre 1874. A la mort de son père Christou, Isidore Thivrier n’a que  vingt et un ans. Alors que son frère Léon poursuit ses études de médecine, à Paris, la charge de la famille repose désormais sur l’aide qu’avec son frère Alphonse, il pourra apporter à sa mère dans le commerce de vins en gros et de distillerie  qu’avait créé, avant d’être député, son propre père. Installée au lieudit Les Remorêts, la maison « Veuve Thivrier et ses fils » demeurera ainsi active  pendant quelques années, jouissant d’une belle réputation, au delà des limites commentryennes. C’est pourquoi, une foi qu’elle aura été cédée, le nouvelle exploitant adoptera comme raison sociale « les successeurs de la veuve Thivrier et ses fils« .

Facture de la maison Veuve Thivrier et ses fils (1909)
Facture de la maison Veuve Thivrier et ses fils (1909)

CONSEILLER GÉNÉRAL, DÉPUTÉ ET MAIRE DE COMMENTRY

  •  Durant la Première guerre mondiale, il  reprend  l’exploitation des mines de Bézenet et de Montvicq qui avaient été abandonnées. Après guerre, elles serviront de refuge aux militants ouvriers chassés de leur emploi après les grèves particulièrement dures de 1920.  Disposant d’un situation matériel confortable, Isidore Thivrier s’engage en politique dès la fin de la Grande guerre, sans pour autant trahir l’héritage de Christou. Sous l’étiquette socialiste, il est élu conseiller général du canton de Commentry, le  14 décembre 1919, remplaçant  son frère Léon, malade. Dans une France qui a viré au « bleu horizon » et qui penche largement à droite,  il réussit à battre  Martenot, le fils de l’ancien maître de forges et député Charles Martenot, que Christou  avait jadis combattu. Après le congrès de Tours, en décembre 1920, et la scission qui s’ensuit, Isidore Thivrier fait le choix de rester fidèle à  « la vieille maison« , selon l’expression de Léon Blum, tout en s’appliquant à reconstruire la fédération socialiste de l’Allier.
  • Dans l’entre deux guerres, Isidore Thivrier sera  réélu conseiller général sans discontinuité et il siégera au sein de l’assemblée départementale, jusqu’à sa suppression en 1940. Il en assurera même la présidence, entre 1934 et 1936, en succédant à  Marx Dormoy.  De même, élu député (SFIO)) en 1924, il sera réélu en 1928, en 1932 et en 1936. Au Palais Bourbon, il fait le choix de siéger à la commission des mines et de l’agriculture. Son frère aîné, Alphonse Thivrier (1864-1936), maire de Commentry depuis 1919 étant décédé le 18 novembre 1936, il est élu conseiller municipal puis maire de Commentry, en décembre de la même année. À cette date, il cumule donc les trois mandats de maire, de conseiller général et de député. Enfin, il occupe le poste de secrétaire de la Fédération Socialiste de l’Allier de 1937 à 1939.

10 JUILLET 1940: LE COURAGE DE DIRE « NON »…

  • Léon Blum (à gauche) en compaagnie de Marx Dormoy (au centre) trouve refuge à Montassiégé
    Léon Blum (à gauche) en compagnie de Marx Dormoy (au centre) trouve refuge au château  de Montassiégé en juillet 1940

    Lors de la débâcle de juin 1940, alors que Léon Blum a dû quitter la capitale, Marx Dormoy lui propose de venir s’installer en région montluçonnaise, Isidore Thivrier étant prêt à l’accueillir dans son château de Montassiégé. Dans l’attente d’une révision constitutionnelle annoncée, il pourrait ainsi échapper à l’atmosphère haineuse qui règne alors à Vichy à l’encontre de l’ancien président du conseil du Front Populaire. Dans ses Mémoires d’autres temps en Allier (1940-1944) publiés en 1984, Georges Rougeron cite les propos de Léon Blum, ajoutant que l’idée de rester à Vichy répugnait à ce dernier:  » Dans cet embarras, Thivrier me proposa d’attendre chez lui la suite des événements. Maire et député de Commentry, il résidait à quelques kilomètres de sa capitale, dans une vaste et agréable maison, au milieu des bois. Je la connaissais; j’y avais déjà reçu l’hospitalité dans des temps plus heureux. Je serais là parfaitement à l’aise pour travailler, à proximité des nouvelles. En cas d’urgence, ajoute Léon Blum, je pouvais me transporter, soit à Vichy, soit à Clermont, en une heure de voiture. La combinaison répondait à tout et je savais que l’offre était amicale. Je partis donc sur le champ avec Thivrier et avec Marx Dormoy et je m’installai le soir même, c’est à dire le soir du jeudi 4 juillet ». Entre cette date et le 10 juillet, c’est donc accompagné d’Isidore Thivrier et de Marx Dormoy que Léon Blum se rend à Vichy, chaque après-midi. Le 7 juillet, Isidore Thivrier participe à une  réunion tenue dans les locaux provisoirement affectés au ministère de la Marine, dont le titulaire est alors Albert Rivière, député socialiste de la Creuse. Elle regroupe une soixantaine de parlementaires socialistes, soit le tiers des effectifs à la Chambre des députés et au sénat. Il s’agit de tenter de définir une position commune contre une éventuelle révision de la Constitution et de contrer les manœuvres de Pierre Laval.

    Georges Rougeron, ancien secrétaire de Marx Dormoy, témoin des événements
    Georges Rougeron, ancien secrétaire de Marx Dormoy, témoin des événements

    Georges Rougeron, secrétaire de Marx Dormoy, est un des témoins directs de la scène: « Hélas, l’on en était au temps des abandons, écrit-il. Laval menait la danse en chef d’orchestre accompli et la majorité de l’Assemblée nationale allait achever la République« . Dans les rangs socialistes, des défections se font jour, tandis que d’autres élus , à l’image de Georges Monnet, hésitent. Isidore Thivrier fait partie avec Marx Dormoy et Léon Blum, des « irréductibles«  convaincus que le seul vote possible face à toute révision constitutionnelle ne peut être que le refus. Dans une ultime tentative, le 9 juillet, Marx Dormoy, soutenu par Isidore Thivrier, rédige un texte dénonçant « les outrages dont on accablait la république« , qu’il demande à lire à la tribune lors des explications de vote. Pierre Laval s’y oppose totalement: « La clôture imposée par une majorité ayant hâte de liquider (la République) ne le lui permit point« , rapporte Georges Rougeron dans ses Mémoires d’autres temps.

  • 10 juillet 1940: Députés et sénateurs sortent du Grand Casino de Vichy
    10 juillet 1940: Députés et sénateurs sortent du Grand Casino de Vichy

     Le 10 juillet 1940, à Vichy, Isidore Thivrier refuse donc de voter la délégation de pouvoirs au maréchal Pétain, en même temps que 79 autres parlementaires, parmi lesquels figurent, outre Marx Dormoy, sénateur – maire (SFIO) de Montluçon,  Eugène Jardon (1895-1977) député – maire (ex-PCF)  de Domérat. À la sortie du Grand Casino, lieu du vote, Isidore Thivrier peut assister à un véritable déchaînement de haine à l’encontre du  » juif Karfunkelstein, dit Blum« , mais aussi de Marx Dormoy. Tandis que Tixier-Vignancour hurle « Les responsables au poteau! » en pointant du doigt des élus socialistes qui ont voté « non« , Jacques Doriot, chef du Parti Populaire français et transfuge du parti communiste, selon divers témoignage, interpelle Marx Dormoy: « J’aurai ta peau! ». C’est Marx Dormoy, ministre de l’Intérieur, qui avait démis Jacques Doriot de ses fonctions de maire de Saint-Denis, en 1937. Dans le même temps, les rangs des soutiens à Léon Blum se sont singulièrement éclaircis, « le vide transpirant la lâcheté se faisant navrante », selon la formule de Georges Rougeron. Léon Blum comprend que sa sécurité n’est plus assurée et que rester à Montassiégé, à faible distance de Vichy, serait une solution dangereuse. Dès le 11 juillet, il prend congé de Thivrier pour se réfugier à Toulouse.

ISIDORE THIVRIER MAINTENU À LA MAIRIE DE COMMENTRY

  • Le buste de Marianne maintenu à la mairie de Commentry par Thivrier
    Le buste de Marianne maintenu à la mairie de Commentry par Thivrier

    Contrairement à  Marx Dormoy, destitué de ses fonctions de maire dès le 20 septembre 1940, et mis en arrestation le 25 septembre, avant d’être interné à Pellevoisin (Indre),  Isidore Thivrier conserve son mandat de maire par arrêté préfectoral daté du 27 mars  1941 : « À Commentry, écrit Georges Rougeron,  on se préoccupa de faire les choses dans l’esprit du moins de bouleversement possible, les rapports d’ordre personnel entre le maire et le préfet devant faciliter le passage ». Symboliquement, Isidore Thivrier décide toutefois  de  maintenir  le buste de Marianne à la mairie et de ne pas occulter  la fresque  représentant son père, le premier de tous les maires socialistes au monde. Des décisions  qui peuvent apparaître anodines mais qui traduisent un réel  choix politique, d’autant plus courageux que les consignes préfectorales se font pressantes. C’est ce  que rappelle l’historien Olivier Wieviorka dans Les orphelins de la république (éditions du Seuil, 2001): « Les préfets exigent que les élus retirent les cachets où figure la mention “République française », effacent la devise “Liberté, égalité, fraternité » au fronton des  mairies, changent le nom de voies portant des patronymes aussi scandaleux que Jean Jaurès (…). Nombre d’édiles défèrent sans sourciller à ces diktats ». Isidore Thivrier ne sera pas de ceux-là.

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80 parlementaires seulement votent contre la délégation de pouvoirs. Parmi eux: Isidore Thivrier, Marx Dormoy et Eugène Jardon (© archives départementales de l’Allier)

FAIRE ENTENDRE SA VOIX AU SEIN DU CONSEIL NATIONAL

  • Pierre-Étienne FLANDIN
    Pierre-Étienne FLANDIN, à l’origine du Conseil National

    Après l’éviction de Pierre Laval du gouvernement, le 13 décembre 1940, son successeur, Pierre Etienne Flandin considérait qu’il était nécessaire de créer un corps intermédiaire, à l’échelle du pays tout entier. C’est ce qui devait conduire à la formation du Conseil national, un organisme à caractère uniquement consultatif dont les membres seraient des personnalités toutes reconnues et nommées par décret du chef de l’État Français. Le quotidien Le Temps du 26 janvier 1941 titrait ainsi : « Le Conseil national est créé. C’est une assemblée consultative de 188 membres choisis par le maréchal Pétain parmi les personnalités représentant toutes les activités françaises ».  En réalité, le conseil comptera finalement 213 membres, dont 77 sont d’anciens parlementaires, parmi lesquels on trouve le Bourbonnais  Lucien Lamoureux, ancien ministre et député, issu des milieux radicaux. Selon l’historien Olivier Wieviorka,  » cette institution se présente sous des auspices avenants (…). Les parlementaires, jusqu’alors tenus à l’écart par le  régime vichyste sont invités à  rallier un conseil dont ils fournissent un tiers des membres. Le choix des personnalités témoigne d’un réel œcuménisme (…). Flandin recrute à Gauche« , notamment   9 ex-parlementaires socialistes. Et l’historien d’ajouter: « En appelant au Conseil national des socialistes, parfois opposés aux pleins pouvoirs (comme) Isidore Thivrier (…), l’État Français montre à faibles frais un visage tolérant« .

L'Œuvre (26 janvier 1940) porte un regard critique sur le Conseil national (© BnF Gallica)
L’Œuvre (26 janvier 1940) porte un regard critique sur le Conseil national (© BnF Gallica)
  • En présentant la composition de la nouvelle assemblée, le journal L’Œuvre, que dirige depuis Paris Marcel Déat, qui n’a guère goûté l’éviction de Pierre Laval le 13 décembre 1940, adopte un ton mi-critique, mi-ironique: « On a tâché de gagner un certain nombre d’hommes dont l’opposition s’était affirmée à l’égard de la fausse « Révolution nationale » de Vichy. En particulier, précise-t-il,  on a ouvert les bras à des socialistes qui n’ont probablement pas tous été consultés avant leur nomination et dont quelques autres réfléchiront avant de donner leur acceptation définitive. Nous leur conseillons d’ailleurs de ne pas refuser car l’expérience sera pour eux excellente à faire et ils nous diront dans quelques mois ce qu’ils pensent de ce conseil d’état d’un nouveau genre, si toutefois ils ont au cœur une autre ambition que de devenir des fonctionnaires à l’engrais » (…) Longue vie et glorieuse carrière aux futurs “Pairs de France”.  Le même éditorialiste de L’Œuvre a bien compris la quasi vacuité du Conseil: « Le Conseil, dont les séances n’auront rien de public, ni de spectaculaire, et qui siégera sur l’invitation du maréchal, pour examiner les seules questions qu’il voudra bien lui soumettre, n’a ni pouvoir législatif, ni pouvoir constituant. Il est bien un conseil, un conseil privé dont il faut aller chercher le modèle dans l’ancienne monarchie« . En trois ans d’existence, le conseil ne tiendra aucune assemblée plénière, les conseillers se réunissant uniquement par commissions spécialisées.

    Paris Soir , comme tous les autres quotidiens, annonce la création du Conseil national
    26 janvier 1941: Paris Soir, comme tous les autres quotidiens, annonce la création du Conseil national et donne sa composition (© BnF Gallica)
  • Pourquoi et comment Isidore Thivrier s’est-il finalement retrouvé  sur  la liste des membres  nommés par décret le 25 janvier 1941, publiée dans Le Centre (Montluçon) ou dans Le Progrès (Moulins), le jour même? On imagine que  l’interrogation ait pu tarauder l’esprit des proches de Thivrier. Si l’on en croit ce qu’ affirme Georges Rougeron,  celui-ci n’aurait en fait jamais été consulté : «  Il apprit cette nomination par la radio » et, après avoir beaucoup hésité, il finit par l’accepter, « pensant à l’occasion de faire entendre dans un milieu soumis un langage qui ne serait point servile ».
    Le Progrès de l'Allier (Moulins)© Archives départementales de l'Allier
    Le Progrès de l’Allier, daté du 26 janvier 1941 (Moulins) © Archives départementales de l’Allier

    • Qu’est-ce qui a donc pu déterminer  Pierre-Étienne Flandin à choisir le fils de Christou pour siéger dans une telle assemblée, fût-elle uniquement consultative? Peut-être était-ce un moyen de démontrer que le nouveau régime était capable de ne pas tenir rigueur à ses anciens opposants, y compris à ceux qui avaient pu voter contre son installation. Autre hypothèse: cette nomination pouvait être un moyen de faire pièce à l’autre élu socialiste de l’Allier, opposant à Vichy,  Marx Dormoy, avec lequel Isidore Thivrier avait pu être en concurrence, notamment lors son élection à la tête du conseil général, en 1934.

  • Stanislas DEVAUD
    Stanislas DEVAUD

    Dans une lettre adressée en 1945 à un jury d’honneur,  Stanislas Devaud, ancien député, avance une autre explication:  » Coïncidant avec le départ de Laval et l’arrivée de Flandin au gouvernement, la création du Conseil national pouvait apparaître comme l’esquisse, si légère fût-elle, d’un retour à un régime plus représentatif. C’est en vertu de cette interprétation, je le sais, ajoute-t-il, que   des parlementaires, comme mes amis Thivrier et Peissel ont eux-mêmes accepté de faire partie de cet organisme, dont le rappel de Laval à Vichy marque d’ailleurs aussitôt et pratiquement la disparition« . Finalement, selon l’hypothèse  retenue, dans le cas d’Isidore Thivrier, on a soit affaire à une acceptation « passive« , soit à une acceptation « active » . On pourra aussi objecter que Thivrier aurait pu refuser une telle nomination, ce qu’il n’a pas fait.

  • petain-1Le Journal des Débats daté  du 4 mars 1942, en  annonçant la création d’une Commission de l’information générale au sein du même  Conseil national, donnait la liste de ses membres dans laquelle  siégeait    Isidore Thivrier. Le Petit journal  du 24 mars suivant précisait que cette commission allait  » se réunir demain à Vichy » et il donnait lui aussi  la liste de ses membres, dont « Isidore Thivrier, industriel ». Comme il l’avait annoncé, Isidore Thivrier entend bien ne pas rester silencieux au sein du Conseil national. C’est ce dont témoigne cette déclaration, faite devant cette même Commission d’information générale ,  véritable plaidoyer en faveur de  la république : « Notre constitution républicaine n’a pas connu que la défaite. Elle a fait jadis la France victorieuse (…). Elle avait fait de la France une terre d’asile et de liberté (…). Elle a ouvert le champ du savoir pour nos enfants sans distinction d’origine (…). Elle a relevé la condition ouvrière et paysanne. Il ne faut donc pas accuser la démocratie de ses promesses menteuses, de tous les désastres nationaux publics ou privés». Et de conclure en demandant la libération des détenus politiques internés dans les différents camps de concentration répartis sur tout le territoire et le rétablissement des municipalités qui avaient été élues démocratiquement avant guerre.
  • Dans un rapport sur la situation des mines de charbon,  il n’hésitera pas non plus à souligner que « le rendement était affecté  par la perte des liberté syndicales et les prélèvements de l’occupant ». Autant de vérités qu’il n’était peut pas opportun de clamer publiquement.  Dans ce qui lui apparaît rapidement  comme « un parlement croupion« , selon la formule de l’historien Justinien Raymond, Isidore Thivrier finit par donner sa démission, en essayant vainement d’entraîner avec lui quelques autres élus socialistes, qui avaient été cooptés par le régime de Vichy.

L’ACCUEIL DU MARÉCHAL PÉTAIN, À COMMENTRY LE 1er MAI 1941

  • Le Matin (2 mai 1941)
    Le Matin (2 mai 1941): « Le Maréchal s’adresse aux ouvriers » (© BnF Gallica)

    En tant que maire de la cité des forgerons, maintenu à son poste, Isidore Thivrier se trouve confronté à la venue du maréchal Pétain, le 1er mai 1941 à Commentry, en provenance de Montluçon. Il s’agissait alors pour le chef de l’État Français de promouvoir auprès des milieux ouvriers la Charte du travail, justifiant ainsi sous le couvert de nouveaux rapports sociaux, l’interdiction des syndicats, décrété quelques mois plus tôt : « Le 1er mai a été jusqu’ici un symbole de division et de haine. Il sera désormais un symbole d’union et d’amitié parce qu’il sera  la fête du travail et des travailleurs ». Ce jour-là, Thivrier qui se dit « souffrant », délègue à ses deux adjoints,   Alfred Charlet et Denis Bourgeon, la mission d’accueillir le maréchal Pétain, lors de son arrivée dans la ville, peu après 16 h 25. C’est eux qui l’accompagneront lors de la cérémonie tenue devant le monument aux morts de la Grande guerre, avant que militaires et légionnaires ne rendent les honneurs au maréchal Pétain. Après un passage par l’usine de la Forge, le cortège officiel  dans lequel le maréchal Pétain était accompagné par l’Amiral Darlan, vice-président du conseil,  aboutit place du 14-Juillet, sur le parvis de l’hôtel de ville, où des délégations ouvrières avaient été installées.

Le Petit Journal (2 mai 1941)
Le Petit Journal (2 mai 1941): « Montluçon et Commentry ont acclamé le maréchal Pétain » (© BnF Gallica)
  • Cette fois-ci, Isidore Thivrier est bien là : « L’on gagna la salle du premier étage, où le maire, estimant convenable de recevoir lui-même le Chef de l’état, s’était fait conduire, bien que malade », écrit Georges Rougeron, dans son “Histoire de Commentry et des Commentryens”. Face à un Pétain qui se montre ou feint de se  montrer interrogatif quant à l’identité de l’homme représenté en blouse et figurant sur le tableau qui orne le mur de la salle dans laquelle a lieu l’entretien, Isidore Thivrier aurait répondu : « C’est mon père, le premier maire socialiste du monde. Son portrait rappelle à tous les Commentryens sa foi qui sera toujours respectée par son fils ». Et  d’ajouter :“ Il ne serait pas très fier s’il me voyait ».    L’entretien achevé, Pétain  se rendit sur le balcon et, face à la foule massée sur la place, il prononça le fameux discours sur le 1er mai, « désormais symbole d’union et d’amitié » parce que « fête du  Travail et des travailleurs ». Les journaux nationaux axèrent d’ailleurs davantage le compte-rendu de cette journée sur le discours de Commentry que sur la visite de Montluçon, le matin même.
Le centre (2 mai 1941)
Le Centre (2 mai 1941): « Montluçon et Commentry se sont données au maréchal« ...
  • Dès le lendemain, le Journal des Débats n’hésitait pas à titrer : « Premier mai de concorde sociale. Montluçon et Commentry, villes ouvrières, ont fait un magnifique accueil au maréchal Pétain et à l’amiral Darlan« . Le Petit Journal précisait de son côté que « M. Isidore Thivrier qui, bien que souffrant, a tenu à se trouver auprès du chef de l’État et du vice-président du Conseil en cette circonstance, les reçoit tous deux dans son bureau où il s’entretient avec eux quelques instants« .D’autres journaux mettent  l’accent sur « Montluçon et Commentry, villes du maréchal », le journal montluçonnais Le Centre allant jusqu’à affirmer que « le député maire de Commentry avait rallié la Révolution nationale ». Le quotidien   titrera même : « Montluçon et Commentry se sont données au Maréchal »… En évoquant cette journée, Georges Rougeron admet qu’il y a bien eu une certaine ferveur populaire vis-à-vis du maréchal Pétain, vu encore à cette date par beaucoup comme un potentiel « sauveur et protecteur ».
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    L’Ouest Éclair (2 mai 1941) (© BnF Gallica)

    Il ajoute que l’accueil avait été « empreint du respect qu’imposait la personnalité et la fonction de chef de l’Etat ».  En revanche, il rejette l’idée qu’il ait pu y avoir « une quelconque déclaration d’allégeance politique » de la municipalité, avec son maire en tête, vis-à-vis de l’État français. Il n’empêche que l’accueil réservé au maréchal Pétain et le maintien d’Isidore Thivrier  au poste de maire de Commentry lui vaudront  à la fois  des critiques et de la méfiance d’une partie de ses amis socialistes, certains y voyant même « une grave défection ».

LE REFUS D’ADHÉRER À LA POLITIQUE DU RÉGIME DE  l’ÉTAT FRANÇAIS

  • À partir de janvier 1943, les relations entre la municipalité conduite par Isidore Thivrier et l’administration préfectorale vont commencer à se tendre. Le 21 janvier, en effet, a été publié un communiqué officiel déclarant que « les conseils municipaux maintenus doivent être considérés comme adhérant par le fait même à la politique gouvernementale». La réponse ne se fait guère attendre. Dans leur réunion du 27 février, les élus commentryens votent à l’unanimité une délibération  précisant que le conseil municipal « s’est borné à administrer la ville avec tout son dévouement…Que pas une seule fois une question politique n’a eu à diviser l’unanimité qui s’était faite au sein de l’assemblée ». Ce qui conduit le conseil à déclarer que « le fait pour chacun de ses membres de rester où son devoir l’a mis  ne  saurait être interprété  comme un acte de tacite adhésion à une politique sociale et nationale qui se situe sur un plan qu’il ne croit pas avoir à connaître comme assemblée municipale et  qu’il a conservé le droit de juger dans sa liberté d’homme et de citoyen ». En d’autre termes, être resté à la tête de la commune ne signifie nullement souscrire à la politique conduite depuis Vichy par l’État français.
  • 1943: Isidore Thivrier démissionne de ses fonctions de maire
    Mars 1943: Isidore Thivrier démissionne de ses fonctions de maire

    Dès le lendemain, Isidore Thivrier adresse un courrier au préfet : « Aujourd’hui, si j’ai bien compris (…), écrit-il au représentant de l’état, rester signifie approuver une politique. Or les deux actes de ma vie politique depuis la Révolution nationale, sont deux actes d’opposition puisque j’ai été des 80 parlementaires qui ont voté contre les pleins pouvoirs et que j’ai démissionné du Conseil National, où la volonté d’un homme m’avait porté, malgré moi (…). Je tiens à vous rappeler que la ville de Commentry a été la première municipalité socialiste du monde. Elle garde, peint sur un des murs,le portrait de son maire, l’Homme en blouse . C’est pour rester fidèle à cette mémoire que je suis demeuré au milieu des miens (…). Mais ce serait trahir le souvenir de mon père que de rester après avoir renié sa pensée». Le 4 Mars 1943, il  confirme sa démission, d’abord verbalement puis par un courrier.

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    juillet 1943: Une délégation spéciale est installée à la tête de la ville de Commentry

    Au sein des élus commentryens, y compris parmi les adjoints, personne ne se déclare pour lui succéder. Il faudra donc que le gouvernement, par arrêté ministériel pris le 9 juin, installe une délégation spéciale, présidée par un vétérinaire, Marius Dumazet, à la tête de la cité. Il est assisté par 5 autres Commentryens, mêlant des « notables  connus par leurs professions  (et) des ouvriers ne s’étant pas fait remarquer et sans antécédents politiques », selon Georges Rougeron. Elle remplace l’intégralité de l’ancien conseil dont la dissolution officielle est prononcée le 10 juin.  L’installation de la délégation ne se fera toutefois que le 5 juillet 1943. À cette occasion, la délégation prend soin de rappeler que son « but est d’administrer avec équité, justice et de lutter de (son) mieux contre les difficultés présentes (…). Travailler de (son) mieux  pour le bien commun ». Comme le note Georges Rougeron, « pas plus que le conseil municipal précédent, la délégation spéciale n’avait contracté d’engagement politique »,

  • Ajoutons que, durant la période où il a été maire, Isidore Thivrier n’a pas hésité à prendre des risques : c’est lui qui procure un emploi municipal à Georges Rougeron, alors chargé de constituer l’échelon local du mouvement de résistance Libération au printemps 1941. Quant aux élus et dirigeants de l’ancienne SFIO, ils ont pu se réunir régulièrement autour de Thivrier qui a également procuré des emplois dans les mines  à des jeunes dans le but de les soustraire au S.T.O.

ISIDORE THIVRIER DANS L’ACTION CLANDESTINE

  • Le château de Montassiégé, propriété d'Isidore Thivrier
    Le château de Montassiégé, propriété d’Isidore Thivrier

    Libéré de ses fonctions municipales, Isidore Thivrier peut donner une nouvelle orientation à son action. Il entre en contact avec le réseau de renseignements « Marco Polo«  et il accepte d’installer dans son manoir de Montassiégé, situé sur la commune de Néris-les-Bains, un émetteur clandestin en liaison avec Londres et Alger. Montassiégé sert aussi de centre de rencontres et d’hébergement: agents de liaison, courriers ou émissaires parachutées depuis Londres, peuvent y trouver refuge. Pierre Hannequin alias Pierre Boulanger du Service de contre-espionnage du réseau Clandestin SSMF/TR atteste qu’Isidore Thivrier « a apporté toute l’aide et le dévouement désintéressé à l’accomplissement de ma mission en acceptant à plusieurs reprises les risques de transporter, camoufler et favoriser l’installation dans sa propriété d’un poste émetteur clandestin en liaison avec Londres et Alger».

  • Extrait d'une lettre envoyé par Isidore Thivrier à Georges panaud
    Extrait d’une lettre envoyée par Isidore Thivrier à Georges Panaud (janvier 1944) (© site afmd)

    Sans doute insuffisamment aguerri en matière d’action clandestine, Isidore Thivrier ne fait pas preuve d’assez de méfiance Un agent de la Gestapo de Bourges, Roger Picault, alias capitaine Rissler, est ainsi parvenu à s’infiltrer dans le réseau. C’est lui qui va livrer Thivrier, arrêté le 7 octobre 1943 en gare de Vierzon, dans le train qui le ramenait de Paris. Quelques semaines plus tard, dans un billet griffonné à la hâte sur une page de carnet, il se montre parfaitement lucide sur ce qui l’attend : « Vois J.F. Dis leur qu’il faut que notre parti continue, écrit-il à son correspondant. Un des vôtres tombe. Reprenez le drapeau. Ne comptez plus sur moi : je ne puis en sortir. J’aurai fait mon devoir. A votre tour. Le socialisme est l’avenir du monde du travai». Dans un autre billet adressé le 11 janvier 1944 à son ami Georges Panaud, il écrit : « Mon cher Georges – Ma femme t’a mis au courant il est donc inutile que je te raconte mes misères. Il en coûte de faire ses devoirs de Français et d’être républicain. Ils auront peut-être ma peau- mais je resterai français et socialiste (…). Tu es heureux tu as la liberté on en sait le prix lorsqu’on la perd ! ».  Le 30 janvier 1944, il se fait plus précis : «  On ne tardera pas à m’expédier : qu’on me fusille, ce sera mieux. Ils ne m’empêcheront pas de crier : Vive la France et vive la République ! ».

LA MORT D’ISIDORE THIVRIER EN DÉPORTATION

  • Le camp de concentration de Natzweiler - Struthof
    Le camp de concentration de Natzweiler – Struthof

    Après avoir été interné d’octobre 1943 à février 1944 à la prison du Bordiot à  Bourges, il est extrait de sa cellule 23 février 1944 pour être conduit à Orléans. Là, en mars, il est condamné par un tribunal militaire allemand à vingt ans de réclusion pour « espionnage au profit des Alliés ». Transféré à Fresnes, Isidore Thivrier est ensuite déporté le 13 avril  par le convoi n° I.202 qui part de la gare de l’Est, à Paris,  en direction du   camp du Natzweiler Struthoff. Situé en Alsace, territoire annexé au Reich depuis l’armistice de juin 1940, c’est le seul camp de concentration qui soit installé en territoire ex-français.   Il fait partie des 62 déportés Nacht une Nebel « , une procédure instaurée par le décret Keitel de décembre 1941 pour réprimer  « des actes délictueux » tels que l’espionnage, le sabotage, la détention illégale d’armes,… Ce décret prévoit le transfert en Allemagne en vue d’un jugement dans le secret le plus absolu, les déportés devant disparaître dans «la nuit et le brouillard», sans laisser d’eux la moindre trace.

  • Carte de résistante de marcelle Coudert (afmd)
    Carte de déporté – résistant attribuée à Marcelle Coudert (© Site afmd)

    À 70 ans, la santé d’Isidore Thivrier est plus que chancelante. Atteint de tuberculose et d’angine de poitrine, il ne supportera pas le régime du camps de concentration : il y meurt seulement trois semaines plus tard, le 5 mai 1944, après avoir eu « une conduite exemplaire jusqu’au jour de sa mort » et  toujours convaincu que « le socialisme est l’avenir du monde du travail », selon le témoignage d’un compagnon de captivité. Sa maîtresse Marcelle Coudert (1905-1963), qui faisait partie du même réseau Marco Polo sera elle aussi arrêtée et déportée. Internée à Bourges, torturée par la gestapo, elle est transférée à la Maison d’arrêt de Tours, puis au fort de Romainville. Le 16 mars 1944 elle est déportée Nacht und Nebel de Paris à Aix-la-Chapelle et, le 5 avril 1944, elle est  transférée au camp de Ravensbrück. Elle  y sera  libérée le 23 avril 1945 et remise à la Croix-Rouge suédoise 

  • Le doute sur le sort d’Isidore Thivrier plane encore pendant quelques mois. C’est ainsi qu’en novembre 1944, lors du Congrès national de reconstruction de leur parti, les responsables de la SFIO, décident de le maintenir au sein du parti. Face aux témoignages recueillis et en raison de son engagement dans la résistance, les discussions sur son appartenance au Conseil national et sur son maintien à la tête de la ville de Commentry jusqu’en 1943 tournent court.   Le 24 avril 1945, un Jury d’honneur, présidé par René Cassin, le relève de l’inéligibilité prévue à l’encontre des membres du Conseil national par l’ordonnance du 2 avril 1944 mais ce n’est qu’en juin 1945 que la nouvelle de son décès est officiellement connue. Son acte de  décès retranscrit le 10 avril 1946 porte la mention « Mort pour la France ».
© Le Mensuel de Commentry (mai 1998)
© Le Mensuel de Commentry (mai 1998)

LE TEMPS DE LA RECONNAISSANCE ET DES HOMMAGES

  • Le buste d'Isidore Thivrier
    Le buste d’Isidore Thivrier

    Pour Isidore Thivrier, c’est désormais le temps des hommages posthumes. Une souscription a été ouverte dès 1945 en vue de la réalisation par le sculpteur Coulon d’un buste à sa mémoire. Il sera installé, dans un premier temps, dans le bureau du maire. En 1954, pour le 10ème anniversaire de sa mort, le buste sera placé sur une stèle dans la salle des pas perdus de l’hôtel de ville. Ce sera l‘occasion pour Georges Rougeron, son successeur à la mairie et au conseil général qui a visité le camp du Struthof, de rappeler l’émotion ressentie « Nous avons gravi  le chemin, le calvaire, la route de douleur et de la grandeur qu’ont suivie là-bas les patriotes. C’est le chemin qu’a suivi Isidore Thivrier. Dans ce site magnifique des Vosges,une impression d’angoisse, de stupeur et d’infinie émotion se dégage  à la pensée de tant de souffrances ».

Georges ROUGERON et Guy FORMET (mai 1998) © Le Mensuel de Commentry
Mai 1998: Georges ROUGERON, maire honoraire, et Guy FORMET  maire de Commentry, lors de l’installation du buste dans le hall de la mairie  © Le Mensuel de Commentry
  •  Enfin, le buste sera installée officiellement  dans le Hall de la mairie de Commentry, le 10 juillet 1998. Isidore Thivrier s’est également vu décerner plusieurs décorations à titre posthume dont la Médaille de la Résistance en 1947. Il faudra toutefois attendre l’an 2000 pour que la mention « Mort en déportation » lui soit attribuée,  suivant l’arrêté du Secrétaire d’Etat à la Défense chargé des Anciens Combattants paru au Journal Officiel du 1er septembre 2000. Son nom sera également gravé sur le monument aux morts de la ville de Commentry.  Moins connu que Marx Dormoy au plan national, le nom d’Isidore Thivrier a été rarement attribué à des voies ou à des lieux, au-delà des limites du département. Outre le stade de Commentry, une rue porte son nom à Vallon-en-Sully ainsi qu’à Marpent (Nord).

 Témoignage

Quand Paul Faure et le journaliste Dominique Canavaggio s’intéressaient au sort d’Isidore Thivrier

dominique-canavaggio-vichy-tel-quel-1940-1944◄ Plus récemment, le cas d’Isidore Thivrier est évoquée par Dominique Canavaggio (1899-1981) dans ses souvenirs posthumes intitulés Vichy tel quel, 1940-1944 (Ed. de Fallois, 2016) notamment dans les pages 240-242. Ce journaliste était un familier de Pierre Laval – qu’il tutoyait semble-t-il – et il admirait à la fois l’homme et sa politique. C’est sous cet éclairage qu’on doit lire son témoignage sur la destinée malheureuse d’Isidore Thivrier. Laissons lui la parole…

  • « Cependant, Laval poursuivait sa besogne de sauvetage. Le cas d’Herriot était un cas type ; il résumait une foule de cas analogues, dans lesquels le chef du gouvernement essayait, avec des fortunes diverses, de tirer d’affaires des Français sur qui s’était abattue la main brutale de la Gestapo. Une des plus navrantes parmi ces affaires, ce fut celle du malheureux Thivrier, député socialiste de Commentry. Un jour, me trouvant de passage à Paris, j’allais voir, comme à l’accoutumée, Paul Faure (1). Il avait le visage bouleversé :
Paul Faure (1878-1960)
Paul Faure (1878-1960)

« C’est épouvantable, me dit-il, Thivrier a disparu depuis quelques jours ; il a été enlevé par la Gestapo et on ne sait pas encore, à l’heure actuelle, où il se trouve…C’est son neveu qui est venu me prévenir. Thivrier avait, paraît-il, reçu un télégramme lui annonçant qu’une de ses proches parentes venait d’être victime d’un accident d’automobile près de Commentry et  lui demandant de prendre d’urgence le train du soir à la gare d’Austerlitz. Depuis, on a perdu sa trace ; et l’histoire de l’accident d’automobile était, bien entendu, forgée de toutes pièces .

”J’ai aussitôt alerté Bussière (2) : celui-ci a fait procéder à une enquête qui a permis de reconstituer l’essentiel de cette lamentable histoire. Thivrier, depuis qu’il avait appartenu avec moi au Conseil national, faisait des phénomènes d’inquiétude. En voyant la manière dont évoluait la situation politique, il se reprochait d’avoir été un vichyssois. J’essayais de le persuader qu’il n’était nullement coupable :

– Tu est allé comme moi-même à Vichy, parce que tu croyais que Vichy allait faire son mea culpa et que nous rétablirions la République. Y a-t-il là quoi que ce soit d’infamant?

Pierre LAVAL (1883-1945)
Pierre LAVAL (1883-1945)

Peine perdue…Il faisait de l’obsession, il voulait se racheter…Il commença donc par faire de la résistance en rédigeant et en diffusant des tracts gaullistes. Mais bientôt, il jugea que ce n’était pas suffisant, et il voulut avoir une activité plus directe, plus efficace, partant plus dangereuse. Il fit partie d’un centre d’émission et de réception clandestin installé dans un bistrot de Commentry. Je lui conseillai d’être prudent ; il me répondit en riant :

– Je suis avec des types épatants : un Polonais qui a réussi à échapper aux Allemands et leur en veut à mort ; un ancien combattant des Brigades internationales ; le propriétaire du bistrot et deux ou trois autres gars qui n’ont pas non plus froid aux yeux.

Mais voici qu’un beau jour – c’est ce que l’enquête a permis d’établir – l’ancien combattant des Brigades internationales déclare qu’il n’assistera pas à la réunion prévue : « Moi, dit-il, je m’en vais au cinéma ». C’était un agent de l’Intelligence Service. Il avait flairé que le Polonais, le fameux « Paul », était un des plus fins limiers de la Gestapo, chargé du dépistage des centres clandestins d’émission et qui avait réussi à pénétrer dans la place en se faisant passer pour résistant. Vous vous représentez ces palabres où le pauvre Thivrier était encadré, sans le savoir, par l’Intelligence Service et la Gestapo? L’Anglais, bien entendu,disparut ; l’Allemand décida alors d’agir. Il fit envoyer le faux télégramme et Thivrier, qui ne se doutait de rien, se rendit sans méfiance à la gare d’Austerlitz. Il ne devait jamais arriver à Commentry.

 Je viens de vous dire qu’il ne se doutait de rien. Mieux encore : il avait voué une amitié passionnée à l’homme de la Gestapo, il lui tapait souvent sur l’épaule, en lui disant : « Ce cochon de Paul!…Alors? on part bientôt pour Londres? »

Paul Faure, après avoir secoué douloureusement la tête, me dit : « Ils vont certainement le fusiller. Est-il encore temps d’agir? Bussière a dû prévenir Brinon (3). Quand rentrez-vous à Vichy? »

– Ce soir même…

– « Eh bien, allez trouver Laval et suppliez-le de tout faire pour  sauver ce brave homme, ce brave cœur qui est tombé comme un enfant dans le piège qu’on lui avait tendu ».

Le lendemain matin, j’étais à l’Hôtel du Parc ; j’exposai l’affaire à Laval :

– Entendu, me dit-il, je m’en occupe tout de suite ». L’après-midi je le revois :

– « Il est encore vivant… Je réussirai, je crois, à l’arracher à la mort, mais je ne sais si je pourrai les empêcher de le déporter… » 

De fait, Thivrier ne fut pas exécuté, seulement il partit en convoi pour le Reich – son sort n’était, hélas, pas douteux. Quoi qu’il portât encore beau malgré ses soixante-huit ans, il était de santé assez délicate et ne put résister aux rigueurs des camps nazis ».

Notes

(1) Paul Faure (1878-1960), député (SFIO) à partir de 1924, fut ministre dans les années 1936-1938. Pacifiste, il analysa mal la nature de l’hitlérisme et s’opposa à l’entrée en guerre de la France. Il fit lui aussi partie du Conseil national et il fut exclu de la SFIO à la Libération.

(2) Amédée Bussière (1886-1953),directeur général de la Sûreté nationale fut préfet de police à partir du 21 mai 1942. Arrêté à la Libération, il comparut devant la Cour de justice de la Seine. Il fut libéré en 1951.

(3) Fernand de Brinon (1885-1947), ancien  journaliste, assurait avec le titre d’ambassadeur les fonctions de délégué général du gouvernement français dans les territoires occupés. Très lié avec les Allemands, il avait été un des piliers du Comité France Allemagne avant guerre. Après s’être réfugié à Sigmaringen en Allemagne, il fut arrêté en Bavière en mai 1945, condamné à mort et fusillé  le 15 avril 1947.

thivrier-11 Pour en savoir plus

Georges Rougeron : Histoire de Commentry et des Commentryens (édition des Cahiers bourbonnais, 1987).

Justinien Raymond: Isidore Thivrier (notice biographique publiée dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier – Le Maitron, éditions de l’Atelier).

Michèle Cointet: Le Conseil national de Vichy (1940-1944) (éditions Aux amateurs de livres – Klincksieck, 1989)

thivrier-bnf-1◘ Olivier Wieviorka: Les orphelins de la république: destinées des députés et sénateurs français (1940-1945) (éditions du Seuil, 2001)

Site de l’AFMD : notice biographique.

http://www.afmd-allier.com/PBCPPlayer.asp?ID=926855

◘ Site de l’Assemblée nationale: notice biographique.

http://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/(num_dept)/7039

Le Monument aux morts de Commentry sur lequel figure le nom d'Isidore Thivrier
Le Monument aux morts de Commentry sur lequel a été gravé le nom d’Isidore Thivrier