◘ HISTOIRE: TOUT SAVOIR OU PRESQUE SUR LA GUERRE D’ALGÉRIE

Le Bourbonnais Maurice Sarazin, a exploré les ouvrages consacrés à la guerre d’Algérie depuis 1954…

img041 - Copie►Loin des échos médiatiques, Maurice Sarazin est un infatigable explorateur de textes, dans la lignée des grands bibliographes comme le Bourbonnais Maurice Duportet avant guerre, ou le Limousin Amédée Carriat dans les années 1960-1970. Entre ses contributions à de nombreuses publications et revues, dont Allier Généalogie, Etudes bourbonnaises ou les défunts Cahiers Bourbonnais, tout en rédigeant un monumental Bourbonnais célèbres en trois tomes, il a trouvé le temps de compulser tout ce qui a été publié, ou presque, sur la guerre d’Algérie.

• Il en ainsi tiré une Bibliographie  de la guerre d’Algérie (1954-1962), plus d’un demi-siècle après  la fin du conflit.  En plus de 620 pages, celui qui fut bibliothécaire adjoint à la bibliothèque nationale d’Alger, entre  1957 et 1962, a tenté  dans un premier volume une synthèse de tout ce que le conflit a pu inspirer comme écrits en tout genre de  1954 à 2009.

• Livres, brochures, numéros spéciaux de revues, la tâche était immense, compliquée par le fait que nombre d’ouvrages ont pu être publiés à compte d’auteurs ou par des éditeurs à l’existence éphémère. Il en fallait davantage pour décourager l’auteur qui a ramené dans ses filets pas moins de 3 511 références. Aux livres, s’ajoutent des articles publiés dans différents img043ouvrages collectifs qui ont été méticuleusement dépouillés et répertoriés. Pour y parvenir, Maurice Sarazin, outre l’exploration des données de la base bibliographique de la BnF, s’est appuyé sur les travaux de Benjamin Stora, avec son Dictionnaire  de la guerre d’Algérie, tout en recentrant son travail sur les ouvrages documentaires, en excluant « la littérature d’imagination ». Le résultat est à la hauteur du défi : sans prétendre à l’exhaustivité – mais était-elle envisageable compte tenu de l’immensité du champ d’exploration ? – Maurice Sarazin s’en est approché.

• Chacune des références classée alphabétiquement, par auteur ou par  titre, comporte les éléments bibliographiques traditionnels mais, dans de nombreux cas, les notices sont complétées par quelques éléments d’analyses ou citations.  En fin de volume, on trouvera un index des sujets, prolongé par un index des dates et un ultime addendum, recensant quelques titres qui avaient pu échapper à la vigilance initiale du bibliographe.  Au total, il n’est guère douteux que cette bibliographie fera date et apportera une aide précieuse à ceux qui voudront se pencher, dans l’avenir, sur ces « évènements » requalifiés en « guerre d’Algérie», « dernier de nos grands drames nationaux, dont les retombées n’ont probablement pas fini de peser sur les destin de la France ». Comme pour la Grande guerre et bientôt pour la seconde guerre mondiale, les acteurs vont aller en se raréfiant et le temps de la mémoire pourra se concilier avec celui de l’histoire d’un conflit qui reste encore à écrire. Le détour s’imposera immanquablement par « le Sarazin ».

Couv Biblio Guerre Algérie 02◘ Bibliographie de la guerre d’Algérie (1954-1962) : Volume 1: Ouvrages en langue française parus de 1954 à 2009 (1 vol. br, 628 p, index,  éd. Dualpha, coll. Patrimoine des lettres, 41 €)

► Pour compléter et mettre à jour ce premier volume, un second tome vient de paraître, sur le même principe. Ce supplément quinquennal comprend plus d’un millier de titres de livres, de brochures, de magazines et de numéros spéciaux de revues en langue française, parus entre  janvier 2010 et décembre 2014. On y trouve aussi quelques références complémentaires n’ayant pas pu figurer dans le volume précédent.

◘ Bibliographie de la guerre d’Algérie (1954-1962) : Volume 2:  Ouvrages en langue française parus de 2010 à 2014 (1 vol. br, 448 p, index,  éd. Dualpha, coll. Patrimoine des lettres, 37 €)

img041► Au-delà de cette bibliographie déjà imposante sur la guerre d’Algérie, le même auteur a voulu explorer la piste des thèses et mémoires universitaires que le conflit a suscités. Dans ses filets, il  a ramené 666 titres…Pas un de moins… Chaud, voire plus que brûlant pour certains aspects, le conflit a pourtant inspiré maints travaux universitaires, de 1960 à 2011. Quand on sait la difficulté pour accéder à telle ou telle thèse, a fortiori quand elle a été soutenue il y a plusieurs décennies, on n’en mesurera que mieux l’exploit accompli par l’auteur.

• Classée alphabétiquement par noms d’auteurs, cette bibliographie apporte pour chaque œuvre les renseignements habituels, prolongés parfois par un aperçu de la problématique qui est développée. En bon professionnel, Maurice Sarazin  complète son travail par trois index  qui rendront de grands services aux chercheurs : sujets, directeurs de thèses ou de mémoires, et universités. Au vu de cette somme,  on constatera que la connaissance historique du conflit a sérieusement progressé, tant sur le plan civil et militaire que politique. C’est aussi le moyen de distinguer les directions différentes qu’a prises la recherche, selon les époques, tout en mesurant  ce qu’il reste encore de vastes champs thématiques à explorer.

• L’intérêt pour la guerre d’Algérie n’étant pas près de s’éteindre, les  apprentis historiens et leurs mentors universitaires feront nécessairement  étape par ce précieux guide avant de choisir leur sujet d’étude. Du moins, on ne peut que le leur conseiller

666 thèses et mémoires en langue française sur la guerre d’Algérie (1954-1962) (1 vol. br, 222 p, index, éd. L’Harmattan, 22 €).

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