FRANÇOIS MITTERRAND, UN FILON ÉDITORIAL

 Mise à jour: 22 MAI    2017                            Jean-Paul PERRIN                    

 

UN CENTENAIRE MARQUÉ PAR UNE “AVALANCHE”  DE LIVRES … ENTRE NOUVEAUTÉS ET RÉÉDITIONS                                                                                                      

000_arp1393025Le filon éditorial  François Mitterrand   n’est pas près de se tarir...Janvier 2016, avec le 20ème anniversaire de sa mort et mai 2016, avec le 35ème anniversaire de son accession au pouvoir, avaient donné lieu à une floraison de titres. Ajoutons-y  le 100ème anniversaire de sa naissance, à Jarnac, le 26 octobre 1916. Parce qu’il a été un élu de la Nièvre voisine et parce qu’il a entretenu des liens étroits avec le Bourbonnais, Vu du Bourbonnais fait le point sur cette vague de publications, dont plusieurs sont en fait des rééditions, à peine complétées. Les passages en italiques sont des extraits des présentations fournies par les éditeurs. Au fur et à mesure que de nouveaux titres seront publiés, cet article sera régulièrement actualisé.

• Le premier éditeur à ouvrir le bal est les éditions du Rocher qui ont publié François Mitterrand (192 p, illustrations, 24,90 €), un album richement illustré, conçu par  Florence Pavaux-Drory et Fabien Lecœuvre, avec une préface de François Hollande. S’y ajoutent un avant-propos de Jack Lang et une postface de Jean-Christophe Cambadélis.

  • 004396155 L’année 2016 marque le centenaire de la naissance de François Mitterrand, occasion de rééditer l’ouvrage paru en 2011. Cependant, ce livre-objet devait rester unique, c’est pourquoi pour cette réédition, l’ensemble des photographies et documents historiques personnels ou publics, dont nombre d’entre eux sont inédits, sont présentés sous forme de livre illustré. Plus qu’une présidence de la République française, François Mitterrand a incarné toute une époque, à l’orée d’un siècle nouveau. En impulsant à son pays un virage vers la modernité, il a inscrit son nom dans l’histoire de France, et ce bien avant sa disparition survenue le 8 janvier 1996. C’est à travers le prisme singulier et émouvant de tous ces documents d’époque que nous plongeons dans le destin hors du commun de François Mitterrand.Le travail des auteurs Florence Pavaux-Drory, ancienne collaboratrice de François Mitterrand, et Fabien Lecoeuvre, qui le rencontra à plusieurs reprises, met en exergue les grandes étapes de l’ascension politique de cet enfant de Jarnac, qui a traversé les chahuts du XXe siècle avant de présider aux destinées de la France quatorze années durant, de 1981 à 1995. Récit en images d’un personnage d’exception, ce livre – événement, véritable documentaire pour passionnés de politique ou d’histoire, permettra à chacun de vivre ou de revivre des moments d’émotion.

• En même temps, les éditions Gallimard ont publié dans leur collection de poche Folio Histoire  François Mitterrand, la biographie écrite par l’historien Michel Winock, parue initialement en 2015 (éd. Gallimard, 512 p, bibliographie, index, 8,70 €).

  • telechargement-5« Prince de l’ambiguïté», personnalité ondoyante, maître de l’équivoque, François Mitterrand a souvent déconcerté ses contemporains : vichyste et résistant, homme de droite devenu chef de la gauche, anticommuniste allié aux communistes, dénonciateur de la VeRépublique dont il finit par incarner comme personne les formes et les usages les plus discutables. Cet homme doublement enraciné dans sa Saintonge natale et dans son fief du Nivernais, aussi féru de littérature et d’histoire que de politique, sut cultiver le secret, dérouter ses partisans et se montrer un jouteur de première force, combatif mais patient, stratège jamais découragé par l’échec.Devenu Président, François Mitterrand a marqué en profondeur la vie politique française. Figure originale d’un monarque de gauche, il réussit à imposer l’alternance et, par là, à consolider la Constitution. S’il échoue à réaliser les espérances socialistes, il ouvre à la France le nouvel horizon de la construction européenne. Honni ou adulé, complexe et séduisant, il a suscité des fidélités inconditionnelles et des rancunes indélébiles. Chez lui, le privé et le public paraissent si intimement noués que l’un n’est intelligible qu’à la lumière de l’autre. Michel Winock les met en miroir pour explorer la vérité d’un enfant du siècle, qui a traversé les époques, les milieux et les idées sans jamais en renier aucun.

• Le journaliste Jean Daniel, un des piliers du Nouvel Observateur, propose  un Mitterrand l’insaisissable (éd. du Seuil,  336 p, 21 €) nourri par 40 ans  d’échanges entre les deux hommes.

  • mitterrand-daniel Lorsque Jean Daniel se rapproche de François Mitterrand, celui-ci, alors député de la troisième circonscription de la Nièvre, mais déjà plusieurs fois ministre de la IVe République, parvient à mettre l’intouchable général de Gaulle en ballottage à l’élection présidentielle de 1965. C’est le début d’un long compagnonnage, d’abord intellectuel et politique, mais aussi littéraire et philosophique. Ce livre en est le témoignage vibrant, parfois militant, parfois plus distant. Car dès leur rencontre se noue une relation complexe, faite d’amitié, de complicité forte, mais aussi de silences. Étalés sur plus de trente ans, les textes ici rassemblés dressent le portrait d’un homme riche en contrastes, séduisant et séducteur, au destin fascinant et romanesque. La lente conquête du pouvoir, les grandeurs et les servitudes de son exercice, les dates marquantes et les mouvements de fond de cet âge d’or mitterrandien, ses secrets et ses scandales, rien n’échappe à la plume acérée de Jean Daniel qui a su concilier son intransigeante objectivité de journaliste et son empathie d’homme.
  •   Aux éditions Ouest-France, Louis Charles Foulon propose un album illustré,  François Mitterrand, un siècle de passions  (1 vol cartonné., 184 p, illustrations, 30 €).
  • 9782737361036fs Marqué par cinquante ans d’opposition au gaullisme et trente-cinq ans d’engagement pour incarner un socialisme à la française, le destin politique de François Mitterrand s’est accompli dans ses fonctions de président de la République quatorze années durant. De celui qui fut le plus jeune ministre de toutes les Républiques, on avait parlé comme d’un ambitieux impatient. Le politologue Alain Duhamel l’a décrit comme un artiste affranchi souverainement des lois ordinaires de la morale. Dans son parcours, l’historien René Rémond distingua au contraire, dès 1977, l’itinéraire d’un homme d’État : L’unité d’une personnalité, la permanence d’un tempérament, la cohérence d’une réflexion, une trajectoire parfaitement rectiligne, un dessein invariable : réconcilier justice et liberté. Ses deux septennats ont mis le président aux prises avec les rudes réalités de la conjoncture internationale, sans qu’il cesse d’être un Européen obstiné. Par des images parfois inconnues, à travers les témoignages de ceux qui militèrent et gouvernèrent avec lui ou furent ses adversaires, cet ouvrage retrace une destinée d’exception. Il n’élude pas les polémiques que suscitèrent des fidélités amicales complexes, une vie privée compliquée et des décisions publiques parfois mal comprises mais toutes éclairées d’une obsession : laisser une trace dans l’Histoire.
  •  François Gerber, avec   Mitterrand, entre Cagoule et Francisque (1935-1945)  (350 p,  éd. L’Archipel, 22 €) a choisi de revenir sur la jeunesse « très à droite »  du futur président et les amitiés fortes qu’il a pu y nouer, un épisode longtemps occulté de sa biographie.
  • telechargement-6Que François Mitterrand, né en 1916, ait côtoyé l’extrême droite dans ses jeunes années n’est plus un mystère depuis la parution de Mitterrand, une jeunesse française, de Pierre Péan (Fayard, 1994) Depuis, l’accès à des archives restées jusque-là secrètes apportent des éléments plus détaillés. Avant la Résistance, sa proximité avec le Comité social d’action révolutionnaire (CSAR), que la presse surnommait la Cagoule,  témoignent du personnage déconcertant, bien que fascinant, que reste François Mitterrand. Son intimité avec Eugène Schueller, âme damnée de la Cagoule, lui fit notamment connaître Jacques Corrèze (devenu numéro 5 de l’Oréal), à qui le président Mitterrand remettra la Légion d’honneur. Mais il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg. Les amitiés qu’a pu entretenir Mitterrand avec des militants fascistes allaient plus loin encore. L’ombre portée du président disparu en 1996 n’a pas fini d’obscurcir sa légende…

• La jeunesse de François Mitterrand, c’est le même thème qu’ont choisi Philippe Richelle et Frédéric Rébéna pour  leur livre Mitterrand, un jeune homme de droite paru aux éditions de Sèvres. L’originalité du livre tient à son traitement sous la forme d’une bande dessinée, probablement la première qui ait été  consacrée à l’ancien président de la république (1 vol. cartonné, 152 p, illustrations, éd. de Sèvres,  18 €).

telechargement-7• Personnage controversé et mystérieux s’il en est, figure incontournable de la Cinquième République, Mitterrand n’en finit pas d’intriguer. Philippe Richelle nous propose de découvrir ses années de formation, entre 1935 et 1945 (entre ses 19 et 29 ans). Il sera notamment fait prisonnier pendant la guerre, s’évadera avant de s’impliquer pour l’aide à la réinsertion des prisonniers sous le régime de Vichy. Outre ses rapports avec nombre de figures historiques telles que le maréchal Pétain, Laval ou Giraud, ce roman graphique donne à voir un leader et surtout un fin politicien en construction. BD Ado-Adulte.

Pour en savoir plus… http://www.gregoiredetours.fr/livres-histoire/xxe-siecle/philippe-richelle-frederic-rebena-mitterrand-un-jeune-homme-de-droite/

• Hubert Védrine, ancien conseiller très proche du président sous les deux septennats, publierest l’auteur de  Les mondes de François Mitterrand: à l’Élysée (1981-1995) (éd. Fayard, 784 p, index, 34 €). Il s’agit en fait de la réédition d’un ouvrage  paru en 1996.

  • telechargement-8 Hubert Védrine, proche collaborateur de François Mitterrand pendant quatorze ans, conseiller diplomatique, porte-parole puis secrétaire général de l’Elysée, raconte et explique de l’intérieur comment le quatrième président de la VeRépublique a affronté et traversé, durant ses deux septennats, les formidables événements des années 1981-1995. Il fait revivre la bataille des euromissiles, la « guerre des étoiles », le terrorisme, le conflit du Golfe, la réunification allemande, la recherche de la paix au Proche-Orient, le drame yougoslave, entre autres chapitres de cette histoire. Et, surtout, le passage d’un monde à l’autre, de la compétition Est-Ouest à l’effondrement de l’URSS et au triomphe de l’économie globale de marché. Dans les pas de Hubert Védrine, témoin de premier plan ou acteur, on suit la réflexion et la confrontation des grands décideurs de notre époque, on comprend le cheminement de leur pensée, leurs dilemmes, leurs oppositions, leurs convergences. On voit fonctionner les lieux et modes de pouvoir : sommets des Sept, conseils européens, déplacements présidentiels, conseils des ministres, conseils de défense, rencontres en tête à tête… On voit progresser l’interdépendance entre les Etats et les économies, le poids des médias. Les décisions capitales côtoient l’anecdote, les controverses revivent, les grands hommes et les grandes forces s’affrontent, tous sont replacés dans la perspective de l’histoire longue de notre pays et de ses relations avec le reste du monde. Livre de référence aussi passionnant qu’irremplaçable, précis, documenté, rigoureux, l’ouvrage de Hubert Védrine est la chronique politique et diplomatique d’une décennie et demie qui a vu basculer dans le passé le monde issu de 1945 et commencer celui où nous vivons aujourd’hui.

• L’écrivain Alain Bergounioux a choisi un autre axe, celui des Mots de François Mitterrand (éd. Dalloz, collection A savoir, 160 p, 3 €),   avec une étude sur les  réflexions et les traits d’esprit de l’homme politique.

  • téléchargement (9).jpg François Mitterrand aimait les mots. Il a souvent dit qu’il aurait aimé être écrivain, si la politique n’avait pas été la passion de sa vie. Homme de culture, féru, avant tout, de littérature et d’histoire, éduqué dans le goût de l’éloquence, il a beaucoup parlé et écrit. Il a vécu toutes les situations dans une longue vie politique, commencée, de fait, dès 1943 et connu plusieurs générations d’hommes et de femmes politiques. Il a été un combattant qui n’a cessé de mener des controverses et des polémiques avec ses adversaires comme avec ses « amis » politiques.Ses réflexions, ses jugements, ses traits d’esprit constituent en florilège d’une grande diversité qui, mis bout à bout, dessinent un portrait de l’homme et du Président.Ils éclairent aussi sur la nature de la politique.

• Croire aux forces de l’esprit. François Mitterrand en quête spirituelle (220 p, 19 €) de Marie de Hennezel, publié par les éditions Fayard, renvoie à la formule étrange qu’avait utilisée François Mitterrand, le 31 décembre 1994, lors de ses ultimes vœux présidentiels: « Mes chers compatriotes, je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas « , avait-il alors déclaré, suscitant maints commentaires et exégèses. Hors du champ politique, la psychologue Marie de Hennezel, qui a accompagné la fin de vie du président, a choisi de privilégier « l’homme intérieur curieux des choses de la mort et de l’esprit ».

croire-aux-forces-de-l-esprit• Extrait de l’introduction: « “Je crois aux forces de l’esprit.”…Éclairer cette phrase, je pouvais tenter de le faire, puisque j’ai eu la chance d’être témoin pendant douze ans de la soif spirituelle de François Mitterrand. Un témoin privilégié, qu’il avait choisi lui-même. […] Ce n’est pas l’homme public, ni même l’homme privé, que j’ai appris à connaître, mais l’homme intérieur, aux prises avec ses interrogations métaphysiques, curieux des choses de la mort et de l’esprit. L’homme profond, à certains égards mystique, ayant un sens du divin, une expérience sensible de Dieu, qu’il a dû garder toute sa vie au secret. » Psychologue, psychothérapeute et conférencière, Marie de Hennezel est l’auteur de nombreux ouvrages, dont “La Mort intime”, préfacé par François Mitterrand. En tant que chargée de mission auprès du ministère de la Santé, elle a remis deux rapports qui ont contribué à l’évolution des pratiques d’accompagnement de la fin de vie.

• Jean Battut, avec François Mitterrand, les trois années inconnues (1969-1971): au pied d’Épinay  (1 vol. br, 260 p, index, bibliographie, éditions l’Harmattan) s’intéresse plus particulièrement à ces années charnières, entre la déroute de la gauche socialiste lors de l’élection présidentielle de 1969, et le congrès refondateur  d’Épinay.  François Mitterrand est alors député de la Nièvre, un territoire qui devient un champ d’expérimentation. Jean Battut est également  l’auteur de François Mitterrand le Nivernais 1946 1971 la Conquête d’un Fief , publié chez le même éditeur.

9782343102139r• La période de janvier 1969 à juin 1971 a longtemps été définie comme un « trou noir » de l’histoire socialiste. Le silence unanime des biographes de François Mitterrand sur ces deux années et demie contraste avec la très médiatisée prise de pouvoir au congrès d’Épinay à laquelle elle aboutit.

Que faisait donc François Mitterrand dans ce laps de temps qui précède le moment où son destin politique allait prendre le tournant décisif ?

• Dans   La promesse  (éditions Grasset), Anne Lauvergeon livre  son témoignage sur les années qu’elle a passées à l’Elysée, en tant que secrétaire générale adjointe et sherpa de François Mitterrand, lors des grandes réunions internationales, avant de présider aux destinées d’Areva.

  • telechargement-10 Extrait de l’introduction : « Oui, Mitterrand manque. Et il me manque, pourquoi ne pas le dire? J’aimerai tant pouvoir échanger avec lui sur la situation actuelle. Dans des cadres conviviaux, on pouvait l’entretenir de tout. Les discussions n’étaient jamais à sens unique, il fallait souvent être sur le qui-vive  et déployer une acuité mentale et intellectuelle. A chaque nouveau sujet, il vous obligeait à faire un pas de côté, à changer votre perspective et vous vous surpreniez alors à penser : «Tiens, je n’avais pas vu cela sous cet angle ». Il était aussi capable à partir d’un faisceau d’événements en apparence disparate de discerner, de relever des lignes de force. Mais dans l’exercice de ses fonctions, il n’y avait jamais place pour le relâchement. Jamais .Beaucoup d’ouvrages lui ont été consacré et qui reprennent comme dans une farandole éditoriale jusqu’à l’étourdissement les termes « énigme », « masque », « florentin », « sphinx »…Je ne conteste pas le fait qu’il est difficile sinon impossible d’appréhender François Mitterrand dans sa globalité, dans le vain espoir d’en avoir une image complète pour mieux pouvoir l’assigner à résidence, l’étiqueter, le ranger dans un des tiroirs du grand magasin des curiosités historiques. D’abord parce que l’homme ne se prêtait guère à ce genre d’exercice, et c’est tant mieux. Ensuite parce que sa personnalité était extrêmement complexe, et c’est heureux. C’est précisément cette complexité que j’ai eu le souci de respecter et de retranscrire ici. J’ai voulu dans cet ouvrage tendre des miroirs afin que se reflètent les différents facettes de François Mitterrand et montrer combien un homme – peut-être a plus forte raison un homme d’Etat – singulier parce que pluriel est plus proche de nous que ceux, lestés par le vide du vide, qui sont revenus de tout sans être allés nulle part. Pour lui, rien ne pouvait rivaliser avec l’expérience d’une vie et surtout pas les artifices de la communication. Alors, oui, il me manque et ce livre est aussi un des moyens de renouer nos conversations autant que d’honorer cette promesse donnée un certain soir de juin, il y a presque vingt ans ».
  • Jean VIGREUX avec  François Mitterrand, la Nièvre et le Morvan (130 p, éditions  Universitaires de Dijon, 9 €) a choisi de privilégier ces deux lieux qui ont été essentiels dans l’ascension et la carrière du futur président de la République.vigereux-miterrantd
  • L’histoire de François Mitterrand et du département de la Nièvre est une aventure inattendue, mais intense de 1946 jusqu’à nos jours. François Mitterrand, né le 26 octobre 1916 à Jarnac dans une famille bourgeoise catholique, n’était pas prédestiné à devenir le Nivernais sans doute le plus célèbre… C’est cette histoire singulière qui invite à penser l’histoire politique des IVe et Ve République, mais aussi des réseaux, des amitiés, des fidélités sans négliger le rôle de laboratoire que le département nivernais a pu constituer pour François Mitterrand qu’offre ce livre. D’autre part, l’ouvrage revient sur des éléments spécifiques comme la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et le rapport du Président de la République de 1981 à 1995 et son fief électoral.

• Sous la direction de WINOCK Michel,  Le dossier Mitterrand, vingt ans après dresse un bilan du parcours politique de François Mitterrand.  Une partie du livre est constituée d’articles publiés par la revue L’Histoire (1 vol. br, 192 p,  éd. Ophrys – Éditions de la République, coll. l’Histoire,  12 €).

  • page_1.jpgVingt ans après la mort de François Mitterrand, les Editions Ophrys et le magazine « L’Histoire » rouvrent le dossier d’une personnalité indéchiffrable, de sa carrière politique, de son bilan à la tête de l’État. De Vichy à la Résistance : toute la lumière sur une trajectoire controversée. Comment ce jeune homme de droite est-il devenu le leader de la gauche ? Était-il vraiment socialiste ? Quels étaient ses rapports avec l’argent ? Le stratège : comment a-t-il amené la gauche au pouvoir en 1981 ? Qu’a-t-il fait de sa victoire ? De quelle manière gouvernait-il ? Que faut-il retenir de ses deux septennats ? Où sont ses archives et comment peut-on les consulter?

Philip SHORT, journaliste anglais, consacre à l’ancien président une nouvelle  biographie: François Mitterrand: Portrait d’un ambigu, qui s’appuie notamment sur l’exploration des archives américaines, britanniques et françaises (1 vol. br, 900 p, éd. Nouveau Monde éditions,  coll. Nouveau Monde Poche – Histoire – Chronos, 12,90 €).

telechargement-1Il fallait sans doute le recul des ans, et celui de l’observateur étranger, fin connaisseur de la France, pour obtenir tant d’informations inédites et produire une biographie de François Mitterrand qui fasse à ce point référence. Correspondant de la BBC à Paris pendant les années Mitterrand, Philip Short brosse le portrait d’un homme aux talents et aux défauts exceptionnels, d’un esthète machiavélien qui pendant ses deux mandats a conduit la France dans la modernité. Homme de contradictions, François Mitterrand fut à la fois le dirigeant d’un mouvement de résistance décoré par Vichy, un jeune parlementaire conservateur et l’artisan de l’Union de la gauche. Imposant les communistes au gouvernement, il fut le fossoyeur du Parti communiste français. Féroce opposant à de Gaulle et à la Constitution de la Ve République, il sut cependant user à merveille du système constitutionnel et s’inscrire dans une forme d’héritage gaullien. Tout cela en ayant une vie privée extraordinairement compliquée… Biographe réputé, toujours à bonne distance de son sujet, Philip Short apporte de nombreux détails inédits sur les «deux familles» de Mitterrand, ses maîtresses, son rapport ambigu à l’argent et à ses riches amis. Grâce aux archives américaines, britanniques et françaises, il dévoile également de nombreux épisodes jusqu’ici inédits de ses relations avec Reagan, Thatcher, Kohl, Gorbatchev… Cette biographie menée d’une plume alerte a été saluée par la presse anglo-saxonne.

  • LE DRIAN Jean-Yves, VÉDRINES Hubert (sous la direction de) : François Mitterrand et la Défense. Paroles publiques d’un président(1981-1995). 1 vol. br, 260 p, éd. Nouveau Monde éditions – Ministère de la défense, 22 €.

Sous le haut patronage du Président de la République, le Colloque François Mitterrand et La Défense, organisé par le Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et Hubert Védrine, président de l’Institut François Mitterrand et ancien Ministre, a réuni les 20 et 21 mai 2015  à l’amphithéâtre Foch de l’Ecole Militaire des experts, témoins, chercheurs français et étrangers qui ont évoqué les axes et enjeux de la politique de défense des deux septennats du Président François Mitterrand. Quatre grands thèmes ont été abordés : « François Mitterrand et les militaires »,  « De la guerre froide aux nouveaux enjeux de sécurité », « La dissuasion » et « Les opérations ».

Présentation de l’éditeur: « François Mitterrand n’aimait pas la guerre. Il fut pourtant le chef de l’État qui engagea le plus grand nombre d’opérations militaires depuis la fin du conflit algérien. Dans l’opposition, il avait dénoncé le développement de la force de frappe et la sortie de l’organisation militaire intégrée de l’Alliance atlantique. Élu président, il devint le farouche défenseur des deux. Comment expliquer ces apparentes contradictions ? Dans la variété des formats, des thèmes et des époques abordés, les textes réunis ici offrent une mise en perspective inédite à l’échelle des années Mitterrand. Mêlant grands discours et allocutions de circonstance, interviews écrites et orales, l’ensemble restitue la parole publique du chef de l’État en matière de défense, qu’il s’agisse de la politique du pays ou des communautés et organisations qui en ont la charge. Chaque texte est mis en perspective et commenté par des spécialistes. Le fil des années et des crises affrontées dévoile ce que furent les axes de l’action de François Mitterrand, dans ses principes comme dans ses réalisations. Véritable ouvrage de référence, ce recueil permet de mesurer comment ce Président qui n’aimait pas la guerre composa avec elle, dans le souci combiné de ce qu’il estima être la défense de l’intérêt national et le progrès de l’ordre international. »

Pour en savoir plus sur le colloque : http://www.mitterrand.org/Colloque-Francois-Mitterrand-et-la-813.html

• ADLER Laure: François Mitterrand : journées particulières (1 vol. br, éd. J’ai Lu, collection Littérature générale – biographie, 8,50 €) – à paraître le 10 mai 2017

► Il s’agit de la réédition du livre de Laure Adler, publié pour la première fois en  2015 par les éditions Flammarion.  La journaliste et écrivaine, qui fut conseillère culturelle de l’ancien Président de la République de 1989 à 1993, raconte les moments clefs de la vie de François Mitterrand.

Couverture de la première édition (Flammarion, 2015)

► Extrait de la présentation du livre lors de sa sortie en 2015  (site de France Info)

• Laure Adler est une biographe expérimentée (Marguerite Duras, Françoise Giroud ou encore Simone Weil). Mais pour ce nouvel ouvrage, la journaliste est un témoin privilégié. Sa proximité avec François Mitterrand donne à ce livre un caractère plus intime qu’une simple biographie. Elle livre 176 journées particulières de François Mitterrand. « J’ai pris des journées à la fois amoureuses, politiques et amicales parce que c’était quelqu’un qui avait le culte de l’amitié, J’ai essayé, au lieu de faire une biographie au sens classique du terme, de le prendre comme figure tutélaire du XXe siècle et de raconter la vie de ce pays auquel très étrangement, dès la fin de son adolescence, il s’est profondément identifié ».

• Laure Adler commence son livre avec l’arrivée de François Mitterrand à Paris. Un jeune provincial un peu perdu. « Puis, il va petit à petit faire son chemin à l’intérieur de ce milieu estudiantin. Progressivement, il va commencer à comprendre quelque chose de très important, c’est qu’il a de l’ascendance sur les autres ». François Mitterrand était connu pour être un séducteur, Laure Adler le confirme : « Quand il aime quelqu’un et que ce quelqu’un est une femme, il va l’encercler, même si cette femme veut lui échapper. Il va arriver à la séduire et à essayer de maîtriser son désir pour que ce désir soit réciproque ». 

• Même si Laure Adler a bien connu François Mitterrand, ce livre est aussi le fruit d’un long travail d’enquête. On apprend notamment que François Mitterrand avait rédigé une lettre de démission. « Personne ne sait pourquoi François Mitterrand, en 1990, au beau milieu de l’été, et juste avant l’invasion de l’Irak, a décidé de donner sa démission. Démission qu’heureusement Michel Charasse a arrêtée », révèle Laure Adler dans sa biographie. 

  • ADLER Laure : François Mitterrand, le roman de sa vie. 1 vol. br, 642 p, biblio, éd. J’ai lu, coll. Littérature générale – biographie, 8,50 €.

Avant d’être ce président qui a marqué la mémoire collective, François Mitterrand aura avant tout été un homme à la vie intensément romanesque. C’est à la rencontre de ce personnage hors du commun que nous invite Laure Adler, dans ce livre écrit comme une enquête, qui veille autant à ne jamais juger qu’à éviter toute complaisance. Afin d’approcher au plus près la complexité de l’ancien président, elle met en scène une centaine des journées « particulières » qui ont forgé l’homme, décidé de son parcours personnel comme de ses combats publics. De son arrivée dans la capitale en 1934 aux derniers instants émouvants du chef de l’Etat, ce livre, à l’aide de multiples entretiens et archives inédits, propose un portrait biographique, politique et psychologique du premier président de gauche de la Ve République.

  • MITTERRAND Frédéric : Le pays de l’innocence : enfance et adolescence de François Mitterrand. 1 vol. br, 144 p, illustrations n-b et couleur, éd. Robert Laffont, 19 €.

« Mon oncle François, entièrement tourné vers l’action et la conquête du pouvoir, a rarement évoqué son enfance. Elle n’apparaît que par bribes dans les livres qui lui ont été consacrés. On retient généralement qu’elle fut heureuse et qu’il en retira les ressources indispensables pour mener cette carrière éclatante dont même ses contempteurs les plus acharnés reconnaissent l’obstination et la puissance mystérieuse. Mon père, son aîné d’un an, évoquait souvent leurs premières années, avec un réel talent de conteur qui faisait revivre une famille inconnue de moi, des histoires anciennes et un cadre de vie provincial et suranné. En m’appuyant sur le souvenir de ces récits, j’ai cherché à reconstituer l’enfance de François, à partager ses premières affections et ses chagrins, ses émotions et ses ambitions. J’en ai conçu une profonde nostalgie pour ce pays de l’innocence qui fut celui de sa prime jeunesse. »Agrémenté d’une centaine de photos inédites, “ Le Pays de l’innocencereprend, en l’enrichissant, le texte écrit par Frédéric Mitterrand pour son documentaire du même nom, diffusé en 2017 par La Chaîne Parlementaire – Assemblée nationale.

Pour  en savoir plus sur le film documentaire 

• François Mitterrand, personnage romanesque dont la course au pouvoir, dans les années 1950-1960, a été un véritable roman, entre affaires, manipulations et scandales…C’est ce qui a conduit  Patrick Rotman à choisir l’angle romanesque dans « Un homme à histoires » (1 vol. br, 480 p, éd. du Seuil, collection Points, 8,10 €).

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur:  Au milieu des années 1950, François Mitterrand n’a pas quarante ans et ambitionne déjà les sommets de l’État. Il aimante les femmes, et collectionne les ennuis. Il est au cœur de tous les  » scandales  » qui défraient la chronique, de l’affaire des fuites en 1954 à l’attentat de l’Observatoire en 1959… Vingt ans après, un de ses amis, un journaliste qui collabora à L’Express et fut de toutes les coulisses, raconte ces années troubles. Des dessous des négociations de Genève au chaudron du 13 mai 1958 à Alger, des plateaux de cinéma hantés par un Mitterrand en quête de starlettes aux dîners chez Lipp, des Conseils des ministres aux déjeuners chez Pierre Lazareff à Louveciennes où défile le Tout-Paris, voici le vrai roman d’une époque où se croisent des personnages bien réels, Mitterrand, Salan, Mendès France, Mauriac, Camus, Françoise Giroud et tant d’autres, flics de l’ombre et agents doubles. À la fois roman historique et polar politique, Un homme à histoires se lit comme on regarde un film, pour notre plus grand bonheur. Écrivain et réalisateur, Patrick Rotman a entre autres publié aux éditions du  Seuil « Génération » (en collaboration avec Hervé Hamon, 1987-1988) ainsi qu’un roman, « L’Âme au poing » (2004). Il est l’auteur de nombreux films documentaires : « Mitterrand, le roman du pouvoir » (avec Jean Lacouture), « Été 44 », « Un Mur à Berlin »,notamment. On lui doit aussi plusieurs scénarios, dont « L’Ennemi intime » (2007) et « La Conquête » (2011).

Couverture de la première édition (mars 2016)

Extrait d’un article de Christophe Barbier publié par l’Express (29 février 2016), à l’occasion de la sortie de la première édition de l’ouvrage : « Les années 1950, leurs troubles et leurs scandales… Dans « Un homme à histoires », Patrick Rotman raconte le roman très vrai d’une époque, et cette guerre de l’ombre où s’opposent le futur président socialiste et le pilier du gaullisme. Trois affaires, deux hommes, un roman. En 1954 éclate le scandale des fuites (qui a transmis aux communistes des renseignements militaires sur la guerre d’Indochine?). En 1957 se joue le drame du bazooka (qui a tenté d’assassiner, à Alger, le général Salan?). En 1959 survient l’affaire de l’Observatoire (François Mitterrand a-t-il monté un vrai-faux attentat contre lui-même?).   Car c’est lui, le futur président, cet “Homme à histoires”  dépeint par Patrick Rotman, suivi pendant cinq ans par un journaliste de L’Express – notre journal est au cœur de l’ouvrage… L’autre personnage clef, c’est Michel Debré, concerné au premier chef par ces dossiers. En 1988, avant son élection à l’Académie française, il fut, usage oblige, reçu à l’Elysée, mais Mitterrand l’ignora, conversant seulement avec Jean d’Ormesson, chaperon officiel… » 

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JOURNAL POUR ANNE (1964-1970) et LETTRES À ANNE (1962-1995)

  • Au delà de ces différents titres,  c’est la publication de deux volumineux ouvrages rassemblant des textes de François Mitterrand lui même qui a retenu l’attention de la critique.  La décision de  publier  le Journal pour Anne (1964-1970) et les  Lettres à Anne (1962-1995), la correspondance de François Mitterrand à Anne Pingeot, avait été prise en 2015. Un an plus tôt, ces mêmes documents avaient été proposés à  l’Institut François Mitterrand qui travaillait déjà sur le centenaire de  la naissance de l’ancien président: « Ont-ils reculé devant l’ampleur de la tâche, y a-t-il eu des dissensions internes? Je l’ignore« , a confié Jean-Louis Champion, responsable  de l’édition chez  Gallimard. C’est Anne Pingeot qui s’est chargée de la retranscription et de l’édition des lettres, « un travail immense, à la fois exaltant et périlleux mais dont elle tenait à s’occuper elle-même« , selon Le Monde . En revanche, elle a  souhaité    « rester en retrait pendant la promotion de ces deux livres« …Ce qui ne l’a toutefois pas empêchée de participer à une série de cinq entretiens, avec Jean-Noël Jeanneney, sur France Culture, dans le cadre de l’émission À voix nues.
  • BLA_Mitterrand_Lettres_CV.indd Premier titre publié le 13 octobre, par les éditions Gallimard, dans leur collection Blanche:  Lettres à Anne (1962-1995) de François Mitterrand (1 volume broché, 1280 pages, 35 €), « trois décennies de tendresse et de partage« , selon  le critique Jean Birnbaum. D’après le magazine professionnel Livres Hebdo, les Lettres à Anne ont connu un véritable succès avec  62 400 exemplaires vendus entre le 13 octobre et le 31 décembre 2016. Un résultat remarquable au vu de la nature de l’ouvrage, de sa pagination et de son prix.
  • Présentation de l’ouvrage par l’éditeur: « En 1962, un homme politique français de quarante-six ans rencontre à Hossegor, chez ses parents, une jeune fille de dix-neuf ans. La première lettre qu’il lui adresse le 19 octobre 1962 sera suivie de mille deux cent dix-sept autres qui se déploieront, sans jamais perdre de leur intensité, jusqu’en 1995, à la veille de sa mort.  Les lettres de celui qui fut deux fois président de la République nous dévoilent des aspects totalement inconnus d’un homme profondément secret que chacun croyait connaître. Deux lettres, parmi des centaines, témoignent de la constance de cet amour. 15 novembre 1964 : « Je bénis, ma bien-aimée, ton visage où j’essaie de lire ce que sera ma vie. Je t’ai rencontrée et j’ai tout de suite deviné que j’allais partir pour un grand voyage. Là où je vais je sais au moins que tu seras toujours. Je bénis ce visage, ma lumière. Il n’y aura plus jamais de nuit absolue pour moi. La solitude de la mort sera moins solitude. Anne, mon amour.»  Et la correspondance prend fin le 22 septembre 1995 : « Tu m’as toujours apporté plus. Tu as été ma chance de vie. Comment ne pas t’aimer davantage?».
  • journal Simultanément, les mêmes éditions Gallimard ont édité   Journal pour Anne (1964-1970) (Collection Blanche, 1 volume cartonné,  496 p, illustrations en noir et blanc et en couleur, 45 €). Il s’agit du journal que François Mitterrand a adressé à Anne Pingeot, de 1964 à 1970, « entre  confiance perdue et angoisse d’abandon« , écrit Le Monde (7 octobre).
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