BIOGRAPHIE – N° 13 : DESTIN D’ACTRICES : LA MOULINOISE SUZY CARRIER (1922-1999), VEDETTE DE CINÉMA DES ANNÉES 1940 et 1950

MISE À JOUR : 28 JUIN 2017

Maurice SARAZIN

• Dans un dictionnaire du cinéma on trouve cette notice sur Suzy Carrier : « Après des études de piano et des cours au Conservatoire de Paris avec Denis d’Inès, elle se lança dans le cinéma où elle devint une des plus charmantes jeunes premières des années 40; jolie, photogénique et talentueuse, elle s’imposa dès son premier film et devint rapidement une vedette populaire. Sa grande période se situe pendant l’Occupation allemande et tout de suite après.  Le changement de mode des années 50 lui fut fatal et, après une dernière apparition dans Marie-Antoinette (1955), elle disparut des écrans et se laissa oublier. Mais ses anciens admirateurs se souviennent de ses rôles de Sybille de Ransac dans Pontcarral, son premier rôle, de Claire dans Secrets, d’Arlette dans L’Aventure est au coin de la rue. Dans ce dernier, elle montra qu’elle pouvait exceller aussi bien dans le comique que dans le dramatique, ce qu’elle confirma, sous la direction d’E. T. Gréville dans une excellente comédie douce-amère, Dorothée cherche l’amour. Elle a malheureusement rencontré trop rarement les metteurs en scène de valeur qui auraient pu exploiter complètement toutes les possibilités de son personnage, et sa carrière en a souffert… ».

• L’essentiel est dit dans ces quelques lignes. Il nous reste à les développer afin de tenter de raconter ce que fut la vie et l’œuvre de cette artiste bourbonnaise. Une artiste qui, comme la Commentryenne Yvonne Rozille, sa contemporaine, semble avoir laissé peu de traces dans la mémoire des cinéphiles bourbonnais.

SUZY CARRIER, NÉE EN 1922 À MOULINS

  • Albert Carrier, père de Suzy, était né le 26 décembre 1893 au lieu-dit le Cerisier, à Saint-Aubin – commune du canton de Bourbon-l’Archambault, qui prendra en 1904 le nom de Saint-Aubin-le-Monial. Mais ses parents habitaient Moulins : le père, Louis Carrier, âgé de 36 ans, était tailleur de pierre ; la mère, Marie Besson, était âgée de 22 ans. Les deux témoins, ses grands-parents : Antoine Besson, 55 ans, journalier, demeurant au Cerisier, et François Carrier, 59 ans, demeurant au bourg ne signèrent pas l’acte de naissance, ne sachant pas écrire. Seul le déclarant, Louis Carrier, le signa, avec l’officier d’état-civil. Albert Carrier contracta mariage à Paris (1er arrondissement) le 15 juillet 1922 avec Catherine Birot, née à Pessac (Gironde) en 1904. Le ménage vint s’établir à Moulins. Albert Carrier exerçait alors la profession de cuisinier (1).
    La cathédrale de Moulins et la rue de Paris, vers 1910-1920…

    … et la rue de Decize, vers 1900. Entre les deux, la rue Regnaudin où résidaient les Carrier
  • Selon l’acte de naissance n° 380 de l’année 1922 du registre des naissances de la ville de Moulins : « Le treize novembre mil neuf cent vingt-deux, une heure, est née, rue Regnaudin, 8 : Susy [sic], du sexe féminin, de Albert Carrier, et de Catherine Birot, son épouse ». La rue Regnaudin relie la rue de Paris à la rue de Decize. C’est là qu’Albert Carrier mourut, le 2 avril 1928. Il était alors veuf. La fillette, devenue orpheline, fut élevée par une tante. Elle fit ses études secondaires au lycée de jeunes filles de Moulins (actuel collège Anne de Beaujeu).

    Le Lycée de jeunes filles de Moulins (actuel collège Anne-de-Beaujeu)

SUIVRE L’EXEMPLE DE SA TANTE ÉLIANE, PIANISTE 

Denis d’Inès, professeur d’art dramatique de Suzy Carrier

• Une autre tante de Suzy Carrier, Éliane Carrier, née en avril 1907 à Moulins, faisait carrière dans le chant (2). C’est probablement son exemple qui incita le jeune Suzy à se rendre à Paris pour tenter une carrière de pianiste de concert. Dans ce but, elle fréquenta le Conservatoire de musique. Mais elle se rendit rapidement compte qu’elle ne possédait pas les fortes qualifications qu’exigeaient ce métier. Elle s’orienta alors vers l’art dramatique, toujours soutenue par sa tante. Après avoir fréquenté les cours de Denis d’Inès et de Solange Sicard (3), elle fut classée première sur 50 concurrentes en jouant, le 13 janvier 1942,  une scène tirée de la pièce de Jean Sarment (1897-1976), Mamouret, qui avait été crée au Théâtre de Paris, le 11 février 1941. En mai 1943, elle obtint un engagement au théâtre dans La Dame de Minuit, une pièce de Jean de Letraz (1897-1954).

 

 LE DÉBUT DU VEDETTARIAT SOUS L’OCCUPATION

  • Suzy Carrier apparut dans un film documentaire d’une demi-heure tourné en 1942 dans les écoles privées d’art dramatique et dans lequel on pouvait la voir en compagnie de Fernand Ledoux, Daniel Gelin, Georges Marchal, Jean-Louis Barrault, Simone Valère, Sophie Desmaret, Julien Bertheau, Charles Dullin, Maria Casarès, Maurice Escande, René Simon, Raymond Rouleau, tous acteurs qui devaient faire  leur chemin.
  • Pontcarral, colonel d’empire...Le film de Jean Delannoy qui révéla Suzy Carrier 

    Le metteur en scène Jean Delannoy l’ayant remarquée, l’engagea pour son film Pontcarral qui sortit en décembre 1942 et qui obtint un immense succès. La carrière de Suzy Carrier était lancée. Elle se fit rapidement une place dans le monde du spectacle. C’est ainsi qu’Albert Rancy, patron de cirque, qui avait été le conseiller hippique pour Pontcarral, fonda, à Neuilly, un manège où les artistes de cinéma pouvaient s’intéresser à l’équitation. Ce manège fut inauguré le 5 janvier 1943, et ce fut Suzy Carrier et Pierre Blanchar qui furent marraine et parrain des « Cavaliers de l’écran« , nom de ce manège. Une photo dans Paris Soir du 7 janvier 1943 montre les deux artistes pendant cette cérémonie, qui se déroula en présence de nombreuses autres vedettes.

    La passion de l’actrice pour le cheval, évoquée à la une de 7 jours (1942)

    Le magazine Actu se penche aussi sur les premières leçons d’équitation de Suzy Carrier
  • Secrets (1943) un film dans lequel Suzy Carrier retrouve Pierre Blanchar mais comme réalisateur

    Suzy Carrier apparut ensuite dans Secrets, un film dirigé par Pierre Blanchar, qui sortit en salles le 17 mars 1943. Dans Le Journal du 29 juin 1943 le chroniqueur Jean Roméis citait « Suzy Carrier, vedette J3, lancée au ciel étoilé du cinéma grâce au tremplin de la publicité où elle se maintient et se maintiendra par le secours d’un réel talent« . Il mentionnait le vœu de la jeune actrice: entrer à la Comédie-Française. Mais, dans cette entreprise, elle subit un échec. On lit ainsi  dans Paris municipal du 25 juillet 1943 : « La jeune et ravissante Suzy Carrier, consacrée pourtant par l’écran et la scène, ne celait pas son dépit d’avoir fait chou blanc« . « On n’a pas non plus l’idée quand on est l’interprète de M. de Lettraz de concourir dans « Agnès », disait une gentille camarade » (4). Suzy traita le jury « d’assemblée de vieux gâteux et d’octogénaires cacochymes« . Elle s’était mariée le mois précédent, à Paris (6ème arrondissement), le 19 juin 1943, avec Georges Loublié, né à Paris en 1911, docteur en médecine depuis 1936.

  • L’escalier sans fin (1943): Suzy Carrier aux côtés d’une pléiade de vedettes du 7ème Art

    Elle joua, la même année,  l’un des principaux rôles dans L’Escalier sans fin, film de Georges Lacombe, qui sortit le 25 août 1943. On pouvait lire, à ce propos, dans Paris Soir du 2 novembre 1943 : « Le gala organisé le samedi 6 novembre, à 19 h 30, par le cirque Albert Rancy au profit des œuvres de la piste s’annonce sous les meilleurs auspices. Le spectacle déjà attrayant par lui-même, s’augmentera d’attractions de choix et absolument inédites, telles que le baptême de quatre lionceaux qui ont vu le jour au cirque Rancy le 16 octobre dernier dont les marraines seront Mmes Suzy Carrier, Catherine Fontenay, de la Comédie Française, Jane Renouard et Madeleine Sologne ». On trouve une  photo de cette cérémonie  dans Le Matin du 8 novembre 1943. La dernière fois que Suzy Carrier apparut dans une production tournée sous l’Occupation, ce fut dans  L’Aventure est au coin de la rue,  film de Jacques Daniel-Norman, sorti le 18 février 1944.

    Paris-Soir (7 janvier 1943): Suzy Carrier avec Pierre Blanchar, lors du baptême  des Cavaliers de l’écran
    Le Matin (8 novembre 1943): Suzy Carrier et Albert Préjean  participent à un gala en faveur des anciens artistes

    À la une du magazine DI (20 avril 1944) « Suzy Carrier, vingt ans, dans son 4ème film, » l’aventure est au coin de la rue », son dernier film tourné sous l’Occupation.

UNE CARRIÈRE POURSUIVIE APRÈS GUERRE, MAIS QUI NE DURERA PAS

  • Peu après la Libération, elle joua dans une comédie intitulée Colette et le Chat Tigre, pièce recommandée par l’Humanité, ce qui prouve que Suzy Carrier n’avait pas eu d’attitude compromettante durant l’Occupation, comme ce fut le cas pour d’autres artistes. Le 9 novembre 1945, sortit le film d’Edmond T. Gréville Dorothée cherche l’amour, dont Suzy Carrier est l’une des vedettes. En 1946, on la retrouve dans trois films dont elle était l’héroïne : Les Clandestins (17 avril),  Gringalet (28 août) et Désarroi (22 novembre).

• À Coblence, dans la zone d’occupation française en Allemagne, furent organisée des Journées du film français, du 16 au 31 octobre 1946, placées sous le patronage du ministère de l’Information. 150 personnalités avaient été invitées à ces journées qui obtinrent un grand succès. Parmi elles, figuraient deux comédiennes : Madeleine Sologne et Suzy Carrier.

Marie Antoinette de Jean Delannoy (1955): seulement un second rôle pour Suzy Carrier

• Dans l’immédiat après-guerre, elle continua sur sa lancée, mais par la suite elle accepta de jouer dans des films de qualité parfois assez médiocre. Jean Delannoy, qui l’avait révélée en 1942, lui offrit une nouvelle chance en 1955 dans son film Marie-Antoinette, où elle interprétait un second rôle. Mais il était trop tard : « L’écran français avait renouvelé ses cadres dans tous les domaines et les ingénues perverses étaient maintenant préférées au type classique de l’ingénue tout court… » expliquait Joe Van Cottom dans Ciné revue, daté du 11 novembre 1981.  Comble de malchance, elle fut victime en 1957 d’un terrible accident de voiture en plein Paris,qui lui causa un traumatisme crânien, la laissa vingt-quatre heures dans le coma, et entraîna de sévères pertes de mémoire.

• Le Journal du Centre, dans son édition du 5 décembre 1957, écrivait à ce propos : « Suzy Carrier avait été blessée dans un accident de voiture. La 14ème  Chambre du tribunal correctionnel de la Seine a examiné hier après-midi les circonstances dans lesquelles s’était produite une collision de voitures le 27 juillet vers 1 h 30 du matin, rue de Ponthieu. Deux automobiles se tamponnèrent très violemment : l’une était pilotée par un Américain, M. Bobby Davis, l’autre par la comédienne Suzy Carrier qui fut blessée assez sérieusement à la tête. Une de ses amies, Mme Barba, qui se trouvait à ses côtés, eut la rotule brisée. Suzy Carrier, que représentaient Me Charles Delaunay et Gérard Rosenthal, demandait 300 000 francs de dommages – intérêts pour le traumatisme crânien dont elle dit avoir souffert… »

GEORGES LOUBLIÉ, RAYMOND SCHMITT, ALEXANDRE BORGIA…TROIS MARIAGES ET AUTANT DE  DIVORCES 

  • Suzy Carrier en 1969

    Bien que le mariage de Suzy Carrier avec le Docteur Loublié ait été dissous par jugement du tribunal civil de la Seine le 1er juillet 1949, ce dernier resta néanmoins un ami sûr pour elle. Le 17 janvier 1952, elle s’était remariée avec un banquier, Raymond Léopold Schmidt, né à Paris en 1915, mariage lui aussi dissous par le même tribunal le 6 septembre 1957. C’est sans doute à cette époque qu’elle acquit une somptueuse villa située au Vesinet, au cœur d’un vaste parc qu’elle baptisa Villa Pontcarral, en souvenir du film qui avait lancé sa carrière: « Si elle a depuis longtemps quitté Le Vésinet, Suzy Carrier y a laissé le souvenir d’une voisine discrète, désormais estompé. La villa a conservé son nom jusqu’au début du XXIe siècle, les nouveaux occupants n’ayant sans doute plus la nostalgie des barons d’Empire« , peut on lire sur le site histoire-vesinet.org.

  • En troisièmes noces elle épousa, à Antibes, le 10 avril 1958, Alexandre Borgia, né en 1921 à Istambul. Nice Matin du vendredi 11 avril 1958 consacra un article à cette cérémonie : « Un nouveau mariage qui a provoqué le déplacement de reporters photographes de presse et de la radio a eu lieu hier à Antibes où Mlle Suzy Carrier,vedette de cinéma, a convolé en justes noces avec le comte Alexandre Borgia. M. Marc Pugnaire, maire d’Antibes, a procédé à l’union des jeunes époux. De nombreux amis et connaissances avaient tenu à féliciter la jeune vedette et son mari. Suzy Carrier était simplement, mais élégamment habillée d’un tailleur bleu roi, tandis que le comte Alexandre Borgia portait un strict costume bleu marine. Les nouveaux époux habiteront au cap d’Antibes dans une charmante villa, »La Sabrina ». Le comte Alexandre Borgia est administrateur de sociétés et exploite, d’autre part, une plage au cap d’Antibes. Les nouveaux époux et leurs invités ont regagné en  voiture leur résidence du Cap, accompagnés de leurs invités, où un lunch avait lieu ».  Son union avec Alexandre Borgia dura beaucoup plus longtemps qu’avec ses précédents. Mais ils finirent par se séparer en 1972 et le divorce fut prononcé par jugement du tribunal de grande instance de Grasse rendu en mars 1975, confirmé par un arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence rendu le 27 août suivant.

    Sans titre
    Suzy Carrier et son 3ème époux, Alexandre Borgia(1958)
La villa Pontcarral, au Vésinet, jadis propriété de Suzy Carrier

 

UN   ULTIME FILM EN 1985

  • Suzy Carrier fit une ultime apparition au cinéma, en 1985, dans Seul le vent connaît la réponse, un film du réalisateur allemand Alfred Vohrer. Elle vécut ensuite dans la retraite à Grasse. Dans les premiers temps, elle était reconnue dans la rue par des gens qu se souvenaient de ses films, et elle retrouvait alors son lumineux sourire. Elle eut encore de graves  ennuis de santé : atteinte d’un cancer, elle dut être opérée plusieurs fois.  Face à toutes ces épreuves, elle tirait un réconfort de la musique qu’elle n’avait jamais cessé d’aimer. Elle se consacrait également avec beaucoup de dévouement à « La Roue tourne », une œuvre destinée à venir en aide aux vieux comédiens déshérités,fondée par le comédien Paul Azaïs.

    Les Cahiers bourbonnais (n° 176 – été 2001), une des rares publications bourbonnaises à avoir annoncé le décès de l’actrice… mais avec 18 mois de retard

• Peu à peu l’oubli ensevelit Suzy Carrier, au point que sa mort passa inaperçue. Son acte de décès, dressé par la mairie de Grasse, est ainsi rédigé : « Le vingt-neuf novembre mil neuf cent quatre-vingt-dix neuf, à dix-neuf heures quarante cinq minutes, est décédée, route de Clavary, Susy [sic] Carrier, née à Moulins, Allier, le 13 novembre 1922, retraitée, domiciliée à Grasse, Alpes-Maritimes, 14 avenue Thiers… ». Dans son Bourbonnais natal, il semble bien que Les Cahiers bourbonnais furent les seuls à signaler sa disparition,  mais avec un peu de retard, dans leur n° 176 (été 2001, p. 116.). Hasard des dates, le même numéro qui ne consacrait que quelques lignes à Suzy Carrier, comportait 7 pages  dédiées au « Fabuleux parcours d’une jeune (comédienne de cinéma)  bourbonnaise : Audrey Tautou ». Fin de parcours dans un quasi-anonymat pour l’une, accélération de carrière au cinéma et tambour médiatique  pour l’autre…

SUZY CARRIER, VEDETTE DE CINÉMA

FILMOGRAPHIE 

 

I- LES FILMS RÉALISÉS SOUS L’OCCUPATION

1 –  Pontcarral, colonel d’Empire

  • Albéric Cahuet, né en 1887 à Brive-la-Gaillarde, critique littéraire à l’Illustration, littérateur et historien, décédé le 31 janvier 1942, avait publié en 1937, chez Fasquelle, dans la collection « Bibliothèque Charpentier« , un roman de 285 pages sur les demi-soldes : Pontcarral. Le réalisateur Jean Delannoy (1906-1995) l’adapta pour l’écran avec des dialogues de Bernard Zimmer.
Jean Delannoy, réalisateur

Résumé de cette comédie dramatique  : Un officier resté fidèle à Napoléon (Pontcarral : Pierre Blanchar) épouse par dépit une orgueilleuse jeune femme Garlone de Ransac (Annie Ducaux) dont il tue en duel l’ancien amant (Hubert de Rosan : Jean Marchat). Il est tenté un instant de refaire sa vie avec sa jeune belle-sœur (Sybille : Suzy Carrier). À l’avènement de Louis-Philippe, il part combattre en Algérie et il y meurt.

  • Malgré les rigueurs de l’époque, on ne ménagea pas les efforts pour rendre la mise en scène somptueuse. Comme le rapportait la Vie parisienne du 25 décembre 1942 : « 123 tonnes de plâtre ont servi à la construction des 45 décors conçus par Pimenoff  (5), 150 machinistes, menuisiers, 50 peintres et 50 staffeurs ont travaillé sans relâche à cette construction pendant plus de dix semaines. 1 200 costumes, 350 paires de bottes et 300 perruques furent distribués aux acteurs. L’élégance d’Anne Ducaux fera sensation dans ce film : pour elle Annekoff (6) a spécialement dessiné 25 toilettes étonnantes ; 25 pour la ravissante Suzy Carrier ; Pierre Blanchar n’a que 12 changements…mais quels uniformes! »
Annie Ducaux et Pierre Blanchar
  • On pouvait lire dans Comoedia du 27 juin 1942 : « Jean Delannoy tourne Pontcarral. Une jeune fille tout à fait inconnue, Suzy Carrier, à qui a été confié le rôle extrêmement important de Sybille : cette jeune artiste de 19 ans achève sa première année de Conservatoire. Ses affinités physiques avec le personnage de Sybille l’ont fait choisir (…) La semaine dernière, la timide et rougissante Suzy Carrier connut son premier émoi de vedette : elle fut abordée à la sortie de son hôtel par un jeune homme qui lui demanda un autographe… « Il m’a semblé, confessa-t-elle plus tard, que je ne savais tout à coup plus écrire : j’étais beaucoup plus intimidé que mon interlocuteur… »

Les extérieurs  tournés dans la campagne charentaise, aux environs d’Angoulême, à partir du 11 juin 1942, furent achevés en juillet 1942. La première représentation pour toute la France eut lieu le mercredi 25 novembre 1942 au Pathé cinéma, à Lyon, dans le cadre de la campagne annuelle de propagande du comité de Lyon de la Croix-Rouge française. Une autre représentation eut lieu le 30 novembre à Angoulême, puis à Paris, avec la sortie officielle,  à partir du 11 décembre. Dans la presse, l’accueil fut chaleureux. Qu’on en juge à la lecture des extraits suivants:

Lucien Rebatet, alias François Vinneuil

◘  Pour François Vinneuil (7dans le Petit Parisien, (20 octobre 1942),« … Le mouvement est excellent, la narration vivante, variée, d’un intérêt qui ne faiblit pas un instant. Les nombreuses péripéties s’enchaînent à merveille. Les paysages périgourdins, les décors, les costumes sont traités non seulement avec un soin extrême, mais un goût, un sens du pittoresque qui donnent à ce très bon film populaire une véritable qualité artistique (…) Pontcarral nous apporte même une nouvelle vedette, Suzy Carrier, qui, à 19 ans, a peu d’expérience, bien entendu, mais beaucoup de fraîcheur, d’enjouement et de simplicité » 

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◘ « …Outre la mise en scène extrêmement soignée de Jean Delannoy, l’interprétation de Pontcarral est l’un des attraits du film (…) Dans le rôle de Sybille une jeune débutante, Suzy Carrier, se révèle. Elle est l’ingénue-type, et l’on ne pouvait trouver pour le personnage une interprète qui fut avec plus de justesse Sybille de Ransac. Dans cette active prospection qui est faite actuellement dans les milieux « jeunes », il semble que Suzy Carrier soit la vraie révélation de l’année... »  écrit Roger Régent dans les Nouveaux temps (12 décembre 1942) (8).  

◘ Six ans plus tard, dans son livre Cinéma de France sous l’Occupation, il  reviendra sur Pontcarral:  « La réalisation de Jean Delannoy était fort bien ajustée  à la ligne de l’histoire (…). On ne saurait parler de Pontcarral qui devait être un des plus grands succès commerciaux de ces quatre années cinématographiques sans dire combien l’interprétation rehaussa encore le prestige du film « . Reprenant l’argument de l’absence d’ingénue dans le cinéma français, il ajoute à propos de Suzy Carrier: « Celle-ci, qui lui était donnée, était jolie et, si elle était encore inexpérimentée dans son jeu, il ne fallait point s’en étonner puisque, moins de deux mois plus tôt, elle donnait la réplique dans un cours d’art dramatique et qu’elle avait été pour ainsi dire livrée à la comédie par l’entremise exclusive de ce rôle de Sybille qu’on lui avait fait travailler syllabe par syllabe. Elle montrait des dons et une fraîcheur que l’on n’avait pas retrouvée depuis les premières apparitions de Madeleine Ozeray. Nos scénaristes qui n’osaient plus faire dans leurs films la plus petite place pour Agnès, faute d’interprète, allaient pouvoir écrire de nouveau le langage de l’innocence« 

◘ Dans L’Appel (9du 17 décembre  1942)  Pierre Ducrocq note que « … Le public n’a aucun effort à faire pour y trouver ce qu’il veut, de l' »élite » au spectateur le plus populaire. Rien d ‘ésotérique en cet ouvrage. De l’action qui se suit passionnément, une histoire d’amour et de guerre, un son de grondement de tambours sous les battements de trois cœurs… » 

◘ Le Journal, (17 décembre 1942) parle d’un « film grandiose, très français de conception, et qui plaira à tous les publics de chez nous « .

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◘ Le Matin,  daté du 5 décembre 1942, met l’accent sur les deux « révélations » du film: « On peut dire que l’un des mérites de Pontcarral est de nous révéler deux jeunes nouveaux visages qui, si nous ne nous trompons pas, seront avant longtemps sur nos écrans ; il s’agit tout d’abord de Suzy Carrier qui pour ses débuts assume la tâche d’un rôle très lourd. Elle sort de cette pépinière de jeunes comédiens qui au sein de la firme Pathé reçoivent une formation « cinématographique » (…) ; l’autre jeune révélation est Simone Valère« . Précisons que   celle-ci interprétait le rôle de Blanche de Mareilhac.  

Suzy Carrier (1942), lors de la sortie du film

◘ Hélène Garcin dans Aujourd’hui, (19 décembre 1942) écrit: « …Jean Delannoy (…) a réalisé une œuvre solide, brillante, ample, très cinéma (…) On aimera le sujet de Pontcarral, cette exaltation du sentiment de l’honneur et du patriotisme – autant pour ses vertus positives que pour son absence de prétention moralisatrice; Ce beau sujet méritait un beau film…  » 

« Auprès de Pierre Blanchar et d’Annie Ducaux, couple idéal de cette réalisation sensationnelle, une inconnue, Suzy Carrier, apparaît comme la révélation de 1943. C’est une nouvelle vedette qui vient et dont l’éclat ne tardera pas à briller plus encore » prophétise Ouest Éclair (23 décembre 1942).

«  Suzy Carrier délicieuse et pleine de talent« …

◘ « Le film de Jean Delannoy est nerveux, adroit, intelligent et mâle ; les images de Christian Matras [1903-1977] sont d’une perfection étonnantes, les décors de Pimmenoff d’un goût très sûr et la musique de Louis Beydts [1895-1953] de tout premier ordre (…) L’interprétation est dominée par la composition de grande classe de Pierre Blanchar qui est un Pontcarral plus que parfait : inoubliable. La petite Suzy Carrier dont ce sont pratiquement les débuts à l’écran est délicieuse et pleine de talent«  selon la Vie parisienne (25 décembre 1942).

Un reportage sur Pontcarral, publié peu avant sa sortie, dans CinéMondial (20 novembre 1942)

Au milieu de ce concert d’éloges, on ne s’étonnera guère de trouver le magazine L’Illustration, dont Albéric Cahuet, prématurément décédé après avoir approuvé le scénario de Bernard Zimmer, était l’un des plus anciens collaborateurs. Il y  tenait notamment la critique littéraire.

SORBETS Gaston (1930) - Copie
Gaston Sorbets

Dès le 15 août 1942, L’Illustration (n°5188) avait publié un premier reportage consacré au tournage des extérieurs du film, dans les environs d’Angoulême,  sous la signature de Bernard Zimmer…dialoguiste du film: « Garlone, Sybille de Ransac, le colonel Pontcarral (…), toutes ces créations de passion, de   gloire, de douleur (…) ont réellement pris à Angoulême une consistance plus épaisse que celle d’une ombre, une existence plus vraie que la nôtre (…). Ils aideront les pauvres humains de 1942 à s’évader du temps présent« , prédit Bernard Zimmer.

Pontcarral (Pierre Blanchar) face à Sybille de Ransac (Suzy Carrier)

◘ Dès sa sortie en salle, Pontcarral est salué sur deux pages, abondamment illustrées, dans le n° 5205 daté du 12 décembre 1942. C’est Gaston Sorbets, le rédacteur en chef de l’Illustration en personne, qui s’en charge: « Le film tiré du célèbre roman de notre  éminent et regretté collaborateur Albéric Cahuet (…) vient d’être offert au public. Il a pris d’emblée la place parmi les plus grands films français« , n’hésite-t-il pas à affirmer dès les premières lignes.

Pontcarral encore à l’affiche des cinémas montluçonnais en janvier 1944

Comme nombre de ses confrères, Gaston Sorbets  met en vedette Suzy Carrier en écrivant: « Quant à cette délicieuse création d’Albéric Cahuet, qui a nom Sybille de Ransac, pour la personnifier les animateurs  (sic) du film, dans la recherche d’une interprète qui fût une toute jeune fille pleine de fraîche spontanéité et de grâce native, on trouvé une élève de leur école préparatoire et ils l’y ont essayée. Or Mademoiselle Suzy Carrier, c’est Sybille de Ransac elle-même. Inconnue d’hier que voila consacrée vedette ».

► Visionner un extrait de Pontcarral, colonel d’empire :

PONTCARRAL, UN FILM « RÉSISTANT« ?

  • Pierre Dejussieu, Compagnon de la Libération,  alias Pontcarral dans la Résistance

    Un peu abusivement, le film a été présenté comme adoptant une attitude de résistance à l’occupant. Pierre Blanchar incarnait un héros qui nargue le pouvoir, donc un résistant. C’est notamment le point de vue affiché par Roger Régent, dans son livre Cinéma de France sous l’Occupation, publié en 1948: « On ne peut aujourd’hui parler de Pontcarral sans divulguer les intentions secrètes dont les auteurs avaient chargé leur film. En plus d’un endroit et sous diverses formes, l’ouvrage allait sournoisement caresser le patriotisme enfoui par obligation dans le coeur des spectateurs ». Et  de poursuivre: « À une heure où le drapeau français était rigoureusement banni du territoire, où toute musique militaire, toute manifestation nationale étaient considérées comme subversives et dangereuses, le film  apportait des échos de gloire et d’héroïsme qui ne pouvaient tromper les esprits avertis. Pour quiconque avait l’habitude de jauger une salle de cinéma, de prendre la température de ces masses assemblées devant un écran, il n’y avait pas de doute possible: Pontcarral allait fouetter chez les Français le sentiment national. Dès les premières représentations,  des manifestations eurent lieu, en effet, qui firent craindre l’interdiction pure et simple du film. Au cours de la projection et notamment quand dans les dernières images, le colonel défile en tête de son régiment et part pour l’Afrique dont la conquête commence, les applaudissements ne manquèrent jamais d’éclater« .

  •  De ce point de vue, le retentissement qu’il eut dans l’opinion est prouvé par le fait que des résistants adoptèrent le pseudonyme de Pontcarral : c’est le cas de Pierre Dejussieu (1898-1984), chef de bataillon en 1940, affecté à Clermont-Ferrand, qui entra rapidement dans un mouvement de Résistance et qui dirigea l’Armée secrète au plan national. Il fut nommé compagnon de la Libération. Un autre résistant, connu au plan local, adopta le même pseudonyme. Il s’agit de Roger Dudenhoffer (1901-1998), ingénieur des Mines, qui travaillait au ministère de la Production industrielle à Vichy, et qui représenta la Résistance au moment de la Libération de Vichy, fin août 1944.
Alberic Cahuet, auteur du roman Pontcarral

• Ce film – l’un des 32 tournés en 1942 en France – n’est pourtant qu’une très libre adaptation d’un roman historique et régionaliste d’Albéric Cahuet. Il n’empêche que  Pontcarral connut  un succès considérable, à Paris comme en province. Le Journal des Débats du 11 novembre 1943 annonçait la projection de Pontcarral, colonel d’Empire, au cinéma « Capitole » à Clermont-Ferrand. Il était toujours projeté à Montluçon sur les écrans du Palace et du Cinémonde  en janvier 1944, soit plus d’un an  après sa sortie nationale. Après la Libération, il fut de nouveau admiré. On lisait dans le quotidien parisien Ce soir, dirigé par Louis Aragon, à la date du 15 octobre 1944 :

Bernard Zimmer (1893-1964), auteur des dialogues du film

« ...La censure allemande crut, en supprimant quelques passages,   – rétablis depuis – retirer au film de Jean Delannoy le souffle de l’insurrection qui traverse tout le film. Peine perdue! Tout Paris, et toute la France l’ont reconnu avec cet instinct infaillible,d’un peuple uni par le malheur. On reverra avec joie dans ce film la silhouette de Pierre Blanchar,qui a tant fait pour la résistance du cinéma français » (10).  Suzy Carrier, comme on l’a vu,  posséda au Vésinet une propriété de 3 700 m², avec villa de style néo-classique construite vers 1870. Consciente de ce que sa carrière devait au film de Jean Delannoy, elle lui avait donné pour nom  Pontcarral (11).  En 1996, enfin,  une cassette vidéo du film a été commercialisée dans la collection « Le cinéma français sous l’Occupation« .

Suzy Carrier et Pierre Blanchar

DEUX POINTS DE VUE SUR UN  FILM « RÉSISTANT »

• Dans son livre La France de Pétain et son cinéma (éditions Henri Veyrier – 1981), Jacques Siclier (1927-2013), journaliste, critique cinématographique et historien du 7ème Art, a consacré plusieurs pages à « Pontcarral, colonel d’empire »: « Avec Pontcarral, colonel d’empire de Jean Delannoy (…), le cinéma français connut l’un de ses plus grands succès. C’est là sans doute que l’association Bernard Zimmer, adaptateur et dialoguiste, et Pierre Blanchar, interprète principal, fut la plus heureuse depuis  « Le coupable ». L’opposition acharnée d’un ancien colonel, dignitaire  d’empire retiré en « demi-solde » à Sarlat, à la société de la Restauration, de Louis XVIII à Charles X,  son mariage avec une aristocrate à laquelle il se heurte,  qui l’humilie et dont il se venge, avaient de quoi enthousiasmer un public très attaché au mythe napoléonien, aux grandeurs des temps de victoire, et qui se trouvait ainsi attaché au conformisme moral ambiant ». Jacques Siclier évoque ensuite un Pierre Blanchar « dont l’emphase devenait ici une qualité (qui) se montra superbe, face à Annie Ducaux, excellente Garlone de Ransac« . Il ajoute que « Suzy Carrier, ingénue s’éveillant à l’amour (…) faisait de beaux débuts. Pierre Blanchar devait ensuite la diriger  dans « Secrets », où elle eu beaucoup moins de présence« .

•  Sur la question de l’esprit de Résistance affiché par le film, Jacques Siclier se veut nettement plus nuancé que Roger Régent: « Il s’est établi autour de Pontcarral une sorte de légende de « film résistant » qui,  si elle n’est pas tout à fait fausse, est tout de même abusive, écrit-il. Les dialogues acérés de Bernard Zimmer y sont bien pour quelque chose, lorsqu’ils brocardent le pouvoir royal.  Mais fallait-il y voir vraiment des allusions contre le régime de Vichy?  Si j’en juge par mon expérience personnelle, on n’a pas tellement senti cela à l’époque. Pétain étant encore révéré des Français, lesquels ne songeaient pas à le comparer à Louis XVIII et à Charles X. Il y avait dans Pontcarral davantage un  esprit de fronde que de résistance. Ce film flattait avec habileté un patriotisme passant par les gloires du premier empire (…) à l’allusion finale à notre empire colonial« . Jacques Siclier qui se dit « insensible à ce chauvinisme, n’en reste pas moins un défenseur de ce film historico-romanesque qui avait du panache et du style et résiste, sur ce plan-là, à l’épreuve du temps« . Et  d’assurer que « c’est évidemment bien meilleur, dans la carrière de Delannoy, que l’Eternel retour« .

• Autre point de vue, celui d’Henry Coston, un journaliste  qui fut très impliqué dans la Collaboration. Dans  L’âge d’or des années noires (Publications Henry Coston, 1996), il conteste cette vision « résistante » du film: « En sollicitant les textes et les scènes, on a découvert, après coup, que Pontcarral, de Jean Delannoy, était un film résistant: le héros, rôle tenu par Pierre Blanchar (qui devait être après la libération  un « épurateur » féroce), répliquait à son juge: « – Sous un tel régime, Monsieur, c’est un honneur que d’être condamné »… Bien sûr, ceci se passait sous la Restauration, il n’empêche que les spectateurs les moins pétainistes avaient pu y voir une allusion au régime de Vichy ». C’est ce qui fera écrire à Jean Tulard, dans son Dictionnaire du cinéma: « Indiquant son interprétation de Pontcarral comme  un acte de résistance, Pierre Blanchar jouera, semble-t-il, les épurateurs à l’égard de ses confrères« 

2- Les autres films tournés sous l’Occupation

Secrets (1943)

  • Pierre Blanchar ne fut pas seulement un acteur de cinéma, il réalisa aussi deux films : Un seul amour et Secrets. Ce dernier est une adaptation d’une pièce d’Ivan Tourgueniev (1818-1883) : Un mois à la campagne. Le dialoguiste, Bernard Zimmer,  déjà à la manœuvre pour Poncarral, avait choisi de situer l’action en 1942, mais n’a pas pour autant trahi l’œuvre de l’écrivain russe. La musique est d’Arthur Honegger (1892-1955). D’Arles, le 20 septembre 1942, Bernard Zimmer (12) écrivait à son ami Henri Pourrat, à Ambert : « Depuis plus d’une semaine nous voici « en »Arles à tourner les extérieurs d’un film qui met en scène et où joue Pierre Blanchar. Nous partons très tôt pour les extérieurs dans une grande propriété, à 25 kilomètres et rentrons tard le soir… »

• Cette comédie dramatique – sortie sur les écrans le 17 mars 1943peut se résumer brièvement ainsi : dans une famille provençale aisée, le précepteur (Michel Aylias : Gilbert Gill) d’un jeune garçon (Pitou : Carlettina) sème le trouble dans les âmes féminines : la maîtresse de maison (Marie-Thérèse : Marie Déa), sa filleule, Claire, interprétée par  Suzy Carrier. A la fin, Pitou devient bon élève et Claire se fiance à Michel.

Les principaux interprètes du film (© http://www.unifrance.org)

La critique fut favorable, quasiment sans exception. En témoignent les extraits suivants :

◘ « L’interprétation par Pierre Blanchar lui-même d’un rôle qu’il dit souhaiter modeste mais que sa forte personnalité ramène malgré lui au tout premier plan ; celles de Marie Déa, de Jacques Dumesnil, de Carlettina – en petit garçon – de l’exquise Suzy Carrier, de Gilbert Gil et de Marguerite Moreno ajoutent à ces Secrets celui du succès » (Le Matin, 20 mars 1943).

◘ « Suzy Carrier prête toute sa fraîcheur et l’ingénuité de sa jeunesse [au rôle] de Claire. Elle est parfaite de naturel ainsi que Gilbert Gil (Michel)… » (A. Diard dans La France socialiste, 20 mars 1943).

◘  « Le talentueux comédien P. Blanchar a gagné une belle partie. Avec Secrets il a débuté brillamment dans la mise en scène. Son film est une réussite tant au point de vue technique que spectaculaire… » (Jean Laffray dans L’Ordre 22 mars 1943).

◘ « …Et louons particulièrement Suzy Carrier au minois ravissant, à la sensibilité si vive ; après Pontcarral voilà un second rôle qui la classe définitivement » (André Le Bret dans Paris Soir, 23 mars 1943)

◘ « L’interprétation est hors de pair. Qu’il s’agisse de Marguerite Moreno, de Carlettina, de Gilbert Gil, de Suzy Carrier, de Marie Déa, de Jacques Dumesnil, on est émerveillé de ce que peuvent « rendre », sous la direction d’un metteur en scène vivant par et pour le cinéma, des comédiens doués par la nature et sûrs de leur métier… » (Le Journal, 25 mars 1943).

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◘ »… Ce film n’a guère cessé de m’ennuyer que pour m ‘irriter (…) L’erreur initiale est dans le scénario (…) M. Blanchar est sorti de ce métier qu’il connaît pour s’essayer à un autre qu’il ignore complètement (…) Je ne vois à excepter dans Secrets que Mme Marguerite Moreno, la petite Carlettina (…) et surtout Mlle Suzy Carrier, charmante « J3 », ajoutant cette fois l’aisance et un gracieux élan à la fraîcheur qu’on lui connaît depuis Pontcarral… » (François Vinneuil dans Je suis partout, 26 mars 1943).

◘ « …En Suzy Carrier gauchement gracieuse, comme un petit canard, fleurit toute la joie, toute la tendre innocence de la jeunesse... » (Hélène Garcin dans Aujourd’hui,  27 mars 1943).

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◘ »…Secrets est un film très agréable qui porte doucement à la rêverie et vous conduit sans heurt ni regret de la première à la dernière image (…) Suzy Carrier, fine, jolie et primesautière ne déçoit pas les espoirs qu’on nourrit autour de sa jeune personne… » (Arthur Hoérée dans Comoedia, 27 mars 1943).

• Dans son livre Cinéma français sous l’Occupation, Roger Régent emboîte le pas à ses confrères: « Quant à Suzy Carrier, qui était devenue depuis Pontcarral l’ingénue type du cinéma français, ses qualités  dans « Secrets » paraissaient plus vives encore ». Et de s’interroger, cinq ans après la sortie du film sur le parcours de l’actrice: « On comprend mal qu’une carrière aussi fermement commencée n’ait su garder sa rectitude et cela nous montre à quel point toute prophétie, toute spéculation sont vaines au cinéma et combien fragile est la destinée des vedettes et de toutes celles qui paraissent le mieux équipées  pour aller au bout du succès« 

 • Le 29 avril 1943, Suzy Carrier assista à Moulins à la projection de Secrets, à l’« Artistic« , place Garibaldi. Elle fut applaudie par le public et donna des autographes.  À  Clermont-Ferrand, la projection de Secrets « le gros succès de Pierre Blanchar » débuta au cinéma  « A.B.C. », le 7 octobre 1943.

L’escalier sans fin (1943)

  • Georges Lacombe (1902-1990), sur un scénario et des dialogues de Charles Spaak (1903-1975) – l’un des meilleurs scénaristes de l’époque – réalisa un film de 1 heure 40, qui sortit le 25 août 1943 : L’Escalier sans fin, ainsi annoncé dans le Matin du lundi 23 août 1943 : « De Madeleine Renaud, Suzy Carrier, Colette Darfeuil, qui l’emportera auprès de Pierre Fresnay? C’est ce que vous saurez en voyant à partir de mercredi la nouvelle réalisation de Georges Lacombe, L’Escalier sans fin, scénario original et dialogue de Claude Spaak, qui passera en double exclusivité au Colisée et l’Aubert-Palace ».

Le thème est le suivant: Émilienne est assistante sociale, amoureuse de l’un de ses clients, Pierre, qui vit largement d’expédients. Malgré les avances de cette dernière, c’est avec Anne, la jeune sœur d’Émilienne, qu’il choisira de refaire sa vie et de rentrer dans le droit chemin » (Wikipédia).

  • Georges Lacombe, réalisateur du film

    Dans le générique on remarque : Florence (Colette Darfeuil), Fred (Raymond Bussière), Stéphane (Fernand Fabre). Suzy Carrier incarne Anne Périer la jeune sœur de l’assistante sociale (Emilienne Périer : Madeleine Renaud) : à la fin, elle épouse Pierre (Pierre Fresnay), pauvre garçon qui a toujours vécu sans principes moraux ; tandis que l’assistante sociale continue de gravir « l’escalier sans fin » des misères à soulager. « Pierre Fresnay n’était pas très à l’aise en mauvais garçon. Ce registre convenait davantage à Jean Gabin pour qui d’ailleurs ce rôle avait été écrit. Comme il était parti aux États-Unis, Fresnay le remplaça » (Georges Lacombe dans : C. Gilles, Le cinéma des années quarante par ceux qui l’ont fait, tome III, l’Harmattan, 2000, p. 122).

    Les principaux interprètes du film (© http://www.unifrance.org)

• Le côté mélodramatique appuyé du film a été souligné par certains. Mais la plupart des critiques se déclarèrent satisfaits de cette comédie dramatique, avec cependant quelques exceptions :

◘ « Bon film (…) Bon scénario surtout et excellent dialogue d’un Charles Spaak bien inspiré (…) Suzy Carrier réjouit le regard, mais semble dépassée par les quelques scènes dramatiques que comporte son rôle… », écrit  François Holbane dans Paris Midi, (29 août 1943)

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◘ »…Le scénario de M. Charles Spaak est rempli de bonnes intentions, mais il est exagéré dans la forme et dans le fond (…) Malgré tout on peut aller voir ce film sans regretter sa soirée (…) Citons Suzy Carrier, Colette Darfeuil et Bussières, tous les trois excellents… » (Jean Laffay dans un journal daté du 30 août 1943 et  non identifié).

◘ Le 1er septembre, le même journal revient à la charge: « Si l’on pardonne à Georges Lacombe certaines longueurs (…) cet Escalier sans fin se classe parmi les meilleurs films de la saison. Pierre Fresnay nous apparaît sous la casquette du mauvais garçon (…) La sensibilité de Madeleine Renaud s’emploiera à le ramener dans le sentier, sinon de la vertu, du moins de la morale. Mais le miracle que son cœur (…) n’aura pas su accomplir ,sa jeune sœur l’accomplira sans même s’en rendre compte ; il faut dire que cette jeune sieur ressemble plus qu’une jumelle à l’exquise  Suzy Carrier...« 

◘ »A l’encontre des autres films que le cinéma français nous présente pour l’instant, dans celui-ci au moins « il se passe quelque chose ». Dommage que ce « quelque chose » ne soit pas grand chose » (Foyers de France, supplément au Moniteur du Puy-de-Dôme, n° 38)

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◘ « Suzy Carrier, sœur de l’assistante sociale, reste Suzy Carrier, avec la fraîcheur de la jeunesse, des cheveux et des prunelles dont les éclairages savent faire jouer les limpides reflets. Voilà donc un film de plus qui vient démontrer que l’on peut offrir au public une œuvre saine où l’esprit et l’art conservent leurs droits sans risque d’insuccès...  » (Émile Condroyer dans Le Journal 2 septembre 1943)

◘ Toujours dans ce même quotidien du  8 mai 1944, le film est ainsi jugé : « Un thème usé entre tous, qui souffre par surcroît d’un dialogue faux, et voilà pourtant un excellent film, dont la carrière sera justement brillante à Lyon (…) Suzy Carrier de son côté est largement en progrès« .  (Pour situer dans le temps cette dernière appréciation, on doit signaler que le bas de cette page 2 du quotidien est consacrée à « l’attaque anglo-américaine contre les côtes de Normandie... »).

Roger Régent qui avait déjà fait l’éloge de Suzy Carrier pour son interprétation dans Pontcarral et dans Secrets, reste sur la même ligne laudative:  » À  côté  de ces deux grands acteurs,  Mlle Suzy Carrier faisait un peu figure de novice, de coryphée auprès de sociétaires à part entière. L’autorité et la puissance dramatique de Madeleine Renaud et de  Fresnay l’écrasaient et  semblaient paralyser tous ses moyens. Elle aurait succombé sans doute à cette confrontation redoutable si, dans la dernière partie du film, une longue scène avec Pierre Fresnay,  ne l’avait sauvée in extremis. Scène capitale (…) au cours de laquelle Suzy Carrier n’avait pas à dire un mot. Seuls devaient opérer le charme et la grâce instinctive d’une jeune fille: avec son regard transparent, cette innocence et cette fraîcheur qu’elle était alors seule à avoir à ce degré dans le cinéma français, l’interprète de « L’escalier sans fin » opérait le miracle et rendait vraisemblable une situation difficile à faire admettre. Une comédienne plus experte y eût peut être échoué. Mlle Suzy Carrier, à défaut de métier, avait pour elle la limpidité, la pureté des sources et toutes les grâces de l’adolescence qui rendent les miracles naturels« …Rien de moins.

  • Arthur Hoérée  

    Le musicologue et compositeur Arthur Hoérée (1897-1986), dans Comoedia du 4 septembre 1943 manifeste une opinion nettement plus  nuancée : « Suzy Carrier, à part quelques scènes muettes de qualité, déçoit plutôt dans ce film, après avoir brillamment débuté dans Pontcarral ; elle avait su plaire dans Secrets où son rôle n’était guère commode. Dans L’Escalier sans fin elle apporte une attitude, une voix, des manières de petite fille qui s’accordent mal avec un caractère aussi décidé. On attend la revanche ».

 • Le Journal des débats du 11 novembre 1943 annonçait la projection de L’Escalier sans fin, «  à Vichy, au cinéma « Lux » : 16 h ; 20 h 30. Dans le n° du 8 août 1944 , il était annoncé au « Paris », de 18 h à 22 heures. Il fut projeté à Moulins, au « Colisée », à la fin du mois d’avril 1944.

Pierre Fresnay, face à Suzy Carrier

• Dans La France de Pétain et son cinéma (éditions Henri Veyrier, 1981), Jacques Siclier qualifie L’escalier sans fin de « curieuse étude de mœurs sur le thème rebattu de la rédemption sociale d’un mauvais garçon par l’amour.  Palefrenier à « l’Arizona », boîte de nuit présentant des numéros équestres, (…), lié à une bande de voleurs et de trafiquants, Pierre Fresnay rencontrait sur son chemin une assistante sociale (Madeleine Renaud) s’efforçant par ses bons conseil de le ramener dans le droit chemin. Un sourire et quelques mots tendres de sa sœur ingénue (Suzy Carrier) accomplissaient le miracle qu’elle n’avait pas su réussir. Ce film jonglait presque constamment avec l’ordre moral pétainiste.  La boîte de nuit,  lieu de plaisir et de débauche, était plus attrayante que le dispensaire où Madeleine Renaud et Suzy Carrier offraient un réveillon à des vieillards nécessiteux« . Pour Jacques Siclier, il ne fait guère de doute que  « Sans l’autorité morale de Fresnay et surtout sans le talent de Madeleine Renaud, le film, pourtant bien mis en scène, aurait sombré dans la confusion« .

Madeleine Renaud et Pierre Fresnay

• En conclusion, Jacques Siclier  écrit: « En dépit de la fraîche séduction de Suzy Carrier, que les spectateurs étaient ravis de voir partir avec Fresnay,  régénéré comme dans un mélodrame,  il demeure de « L’escalier sans fin »,  un portrait assez insolite de  » femme de devoir » atteinte  dans ses certitudes, découvrant la vie réelle et amenée à réfléchir sur elle-même« .

L’aventure est au coin de la rue (1944)

  • Suzy Carrier figura dans trois films de Jacques Daniel-Norman (1901-1979. Le premier, L’Aventure est au coin de la rue fut tourné, pour les extérieurs, en septembre 1943 à Neuilly, Longjumeau, Melun, et dans la vallée de Chevreuse, au château d’Orsay. Il sortit le 18 février 1944. Le directeur de la photo, Claude Renoir (1914-1993) était le fils du comédien Pierre Renoir, le petit-fils du peintre Auguste Renoir et le neveu du cinéaste Jean Renoir. La musique était due à Vincent Scotto.
Jacques Daniel-Norman

Cette comédie policière se résume ainsi : Pierre Trévoux (Raymond Rouleau) se vantant de son courage, ses amis lui montent un canular en simulant le cambriolage de sa villa et l’enlèvement de la jeune Arlette interprétée par Suzy Carrier.  Mais de vrais gangsters interviennent et Arlette est de nouveau enlevée. Pierre triomphe. Parmi les autres interprètes on note : Michèle Alfa, Jean Parédès, Denise Grey, Roland Toutain, Odette Talazac, Pierre Palau, Michel Vitold, Paul Amiot.

  • Là encore, la critique se montra satisfaite dans l’ensemble :

◘ « Toute la seconde partie est de la meilleure veine comique. En outre, c’est fort bien joué . R. Rouleau, Michèle Alfa, R. Toutain, Suzy Carrier,  Génier… et le champion Rigoulot qui joue un petit rôle avec la plus plaisante simplicité et participe à une de ces rudes bagarres qui font toujours la joie du public… » (Paris soir, 25 février 1944) (13)

Michèle Alfa, Suzy Carrier, Denise Grey, les trois vedettes féminines du film

◘ « … Que l’on n’attende pas un chef d’œuvre! (…) Le sujet qui n’est pas inédit, loin de là! est excellent dans ses développements (…) Suzy Carrier a toutes les grâces de l’adolescence … » (Roger Régent, dans Les Nouveaux Temps, 26 février 1944).

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« Tel qu’il est et malgré certaines maladresses de découpages et un abus un peu lassant de l’humour forcé [ce film] est plaisant à voir et une fois que la double action est bien engagée, il retient toute notre attention » (Robert Brasillach dans la Gerbe du 23 mars 1944).

« Eine gute Kriminalfilm »(« Un bon film policier ») : c’est sous ce titre que K. H. Bodensiek en donne un compte rendu dans la Pariser Zeitung du 2 mai 1944 (14).

  • Pour Jean Tulard, historien du cinéma, ce film est « une trépidante comédie à l’américaine avec un Raymond Rouleau égalant Cary Grant  (…) un charme fou se dégage de ce petit chef-d’œuvre d’aventures fantaisistes ». Pour Philippe d’Hugues c’est « l’un des tout derniers grands succès du cinéma de l’Occupation et l’un des plus mérités » (Les oubliés du cinéma français, Ed. du Cerf, 2000).

Son exploitation commerciale s’étala à la fois sur la fin de l’Occupation et l’après-guerre, car on lit dans L’Humanité du 5 décembre 1944 : « Après une longue exclusivité à l’Ermitage au printemps 1944, L’Aventure est au coin de la rue passe dans les salles de quartier ».

suzy-carrier

II- LES FILMS RÉALISÉS APRÈS GUERRE, DE 1945 à 1955

◘ Dorothée cherche l’amour (1945) d’Edmond T. Gréville

  • Edmond T. Gréville (1906-1966) avait réalisé son premier grand film Le Train des suicidés en 1931. Il était l’auteur de Remous, qui avait marqué la production de l’époque. Il avait été l’assistant d’Abel Gance pour Vénus aveugle (1940). Il ne retrouva du travail qu’en 1945. Son film, Dorothée cherche l’amour sortit le 9 novembre 1945.
  • Edmond T. Gréville

    Cette « agréable comédie douce-amère, mais sans grande originalité«  peut se résumer ainsi : Pour avoir le droit d’aller au Paradis,un vieux milliardaire, Monsieur Pascal (Jules Berry),égoïste, et qui vient de mourir,doit faire le bonheur de quelqu’un. Il guidera une jeune fille, Dorothée, rôle dévolu à Suzy Carrier dans les méandres de l’amour. Ce film a retenu l’attention de la Cinémathèque française (Cahiers de la Cinémathèque française n° 12, hiver 1974), qui dans le cadre d’une rétrospective Edmond T. Gréville, l’a projeté dans ses salles en 2006.

◘ Les Clandestins (1946) d’André Chotin

  • André Chotin (1898-1954) réalisa une douzaine de films de 1931 à 1946. Les Clandestins qui sortit sur les écrans le 17 avril 1946, fut le dernier. Sur un scénario et des dialogues de Pierre Lestringuez,c’est un »Roméo et Juliette à l’ombre de la croix gammée » selon l’historien du cinéma Raymond. Chirat. L’auteur de l’œuvre originale, Lucien Barnier, qui se fit surtout connaître comme chroniqueur scientifique, résida en Bourbonnais. Il avait fait ses études à l’école primaire supérieure de Saint-Pourçain-sur-Sioule, de 1930 à 1934. Après sa démobilisation, en 1940, il revint chez sa mère, qui habitait Charroux. En 1941, il entra aux Compagnons de France, puis rejoignit Alger, où il collabora à Radio France en 1943. Il s’inscrivit au Parti communiste – dont il sera écarté en 1959. Il mourut à Paris en 1979 après avoir publié chez Fayard, en 1978 : J’ai quitté le parti pour Dieu.

    Les principaux acteurs des Clandestins©http://www.unifrance.org
  • Sur un fond de feu et de sang, dans un climat de peur et de tortures, le film relate les amours contrariés d’un journaliste « résistant » et de la fille d’un »collabo ». « Un film hardi pour la période, mais qui n’eut guère de succès » note Jean Tulard. Suzy Carrier incarne Nicole, l’héroïne principale. Les autres interprètes sont : Georges Rollin, Constant Rémy, Samson Fainsilber, Guillaume de Sax, André Reybaz.

• Plusieurs journaux issus de la Résistance en donnèrent des comptes rendus. Parmi eux, on peut citer Le Franc Tireur (5 mai 1946) et  Les Lettres françaises (3 mai 1946)

◘ Gringalet (1946), d’André Berthomieu

  • Vers 1930, André Berthomieu (1903-1959) avait été considéré comme l’un des espoirs du cinéma français. Mais dix ou quinze ans plus tard, il ne produisait, le plus souvent, que des films commerciaux de qualité mauvaise, voire nulle. Ce cinéaste pouvait cependant, à l’occasion, faire preuve de qualités réelles.

    Suzy Carrier et Paul Vandenberghe, dans une scène de Gringalet
  • Gringalet était à l’origine une pièce en quatre actes du dramaturge et aussi acteur Paul Vandenberghe (1916-1961), représentée en octobre 1944. Berthomieu l’adapta pour le cinéma, avec des dialogues de l’auteur de la pièce. Gringalet sortit en salles le 28 août 1946.

  • André Berthomieu

    Le sujet peut se résumer ainsi : Comment Francis, dit le Gringalet (Paul Vandenberghe),enfant de l’amour ou péché de jeunesse, ramène la joie et le plaisir dans la somptueuse demeure de son père, l’industriel Lucien Ravault (Charles Vanel), et comment il sait s’effacer devant son demi-frère, Philippe Ravaul, à l’occasion d’une rivalité amoureuse. Suzy Carrier interprète Josette Blanchard, la fiancée de Philippe (Jimmy Gaillard).

 ◘ Désarroi (1946) de Robert-Paul Dagan

  • Le réalisateur Robert-Paul Dagan (1904-1983) donna Désarroi, d’après la pièce de Victorien Sardou : Odette, avec des dialogues de Roger Ferdinand. Le film sortit le 22 novembre 1946. 
    Suzy Carrier et  Jean Mercanton

    • Résumé de cette comédie dramatique : La veille de son mariage,Martine (Suzy Carrier) apprend que sa mère, Odette (Valentine Tessier) – qu’elle croyait morte – mène de casinos en cercles et de boîtes en tripots, une vie d’aventurière. Pierre (Jean Mercanton), son fiancé, ne pouvant vaincre l’opposition de sa famille à la révélation de cette nouvelle, se décide à enlever Martine. Mais l’aventurière, qui ne se fait pas reconnaître de sa fille, consent à quitter la France. La famille du jeune homme ne met plus d’obstacle au mariage. Dans le générique figurent : Jules Berry, Jean Debucourt, Gabrielle Dorziat. Plusieurs journaux donnèrent des comptes rendus du film en 1947 : La Libre Belgique (14 février), La Nation belge (14 février), le Populaire (24 avril), Ce soir (27 avril), L’Aurore (27 avril), Le Canard enchaîné (30 août).

◘ Pas si bête (1947), d’André Berthomieu

  • C’est encore André Berthomieu qui réalisa Pas si bête, tourné en 1946 à Louviers et aux studios des Buttes-Chaumont, dont les dialogues sont aussi de Paul Vandenberghe et dont la musique a pour auteur Georges Van Parys. Il sortit en salles le 19 mars 1947.

    Suzy Carrier à la une de Mon Film (30 avril 1947)
  • Résumé : Léon Ménard (André Bourvil) est un paysan normand, plus matois que naïf. Chez son oncle, le comte de Bellemont (Jacques Louvigny), on se gausse lourdement de lui. Il se venge en confondant les pique-assiettes, les coureurs de dot et les imposteurs et en favorisant les amours de sa cousine Nicole (Suzy Carrier) avec l’aimable Didier de Bellemont (Bernard Lancret).
  • Suzy Carrier, dans une des premières scènes du film

    « Cinéma bon enfant qui se laisse voir pour peu qu’on veuille bien jouer le jeu de l’indulgence. Il ne faut pas mésestimer ce genre de cinéma bien plus représentatif et moins apprêté que certaines œuvres dites « de prestige »… » écrit Daniel Collin. Le film a effectivement su trouver son public. Parmi les cent films ayant réalisé les meilleurs scores d’entrées en salles, Pas si bête se trouve au 47ème  rang, avec le chiffre de 6 195 419. Quant à Bourvil – pseudonyme d’André Raimbourg (1917-1970) – il débutait alors sa carrière dans le cinéma.  Un DVD vidéo de 1 heure 40 minutes a été édité  par M6 interaction en 2010. On peut également visionner directement le film sur le site YouTube.

Pour visionner le film

◘ Un flic (1947) de Maurice de Canonge

 

  • Maurice de Canonge

    Le 3 décembre 1947 sortait Un Flic, film de Maurice de Canonge (1894-1979) dont le scénario et l’adaptation sont de Jacques Companaeez (1906-1956). Ce réalisateur s’était consacré, à partir de 1931, à la production de nombreux films à caractère strictement commerciaux, avec une prédilection pour les policiers et les films d’espionnage. Il s’agit d’un « drame de famille chez les flics« . A la fin de l’Occupation, un commissaire de police arrête son beau-frère grièvement blessé au cours d’une rafle. Le jeune homme, qui avait commencé par faire du marché noir et s’était lié à des gangsters y laisse sa peau.  Suzy Carrier interprète le rôle de Josette.

  • Selon Daniel Collin « le film est intéressant pour sa description du côté officiel de la période qui a suivi la Libération. Cet aspect inhabituel fait oublier quelque peu la réalisation assez terne« . Signalons que Lucien Coedel, qui jouait le rôle du commissaire de police, mourut accidentellement le 28 juillet 1947 en tombant du train dans un tunnel, la nuit, près de Dijon.

◘ Le Diamant de cent sous (1948), de Jean Daniel-Norman

  • Le Diamant de cent sous est le deuxième film de J. Daniel-Norman dans lequel tourne Suzy Carrier. Il sortit le 7 janvier 1948. Le scénario est de Frédéric Gorfurt et Victor Skutezky , la musique de Vincent Scotto.

    Raymond Pellegrin, Jean Parédès, Gaby Morlay, Jean Carmet, et Jean Tissier: une brochette d’acteurs débutants ou chevronnés, aux cotés de Suzy Carrier

• Résumé de cette comédie dramatique : Par jeu et pour éblouir sa femme, le romancier Clive Morgan (René Dary) vole une bague et s’en débarrasse au rayon « Bijoux fantaisies » d’un Monoprix. Sophie (Suzy Carrier) achète le diamant, ce qui oblige le romancier à se lancer dans de folles aventures qui voient leur conclusion au tribunal correctionnel. Morgan, mis en prison pour quelques jours, peut écrire tranquillement son nouveau roman. Dans le générique on trouve des jeunes acteurs comme Raymond Pellegrin (Tony), Jean Parédès (Charles) ou  Jean Carmet (l’invité),  ainsi que des acteurs confirmés, Jean Tissier (le président), et  Gaby Morlay notamment.

◘ Une mort sans importance (1948) d’Yvan Noé

© ca.notrecinema.com
  • Le journaliste, romancier, auteur dramatique Yvan Noé (1895-1963), aujourd’hui tombé dans l’oubli, réalisa des films de 1930 à 1953. Une mort sans importance, – film tiré d’une de ses pièces, jouée sous ce titre au théâtre de la Potinière, à Paris, à partir du 1er octobre 1947 – sortit le 12 mai 1948.
  • Le sujet se résume ainsi : Un homme qui a conclu un pacte avec la mort doit désigner le membre d’une famille qui doit mourir le lendemain. Après bien des hésitations, il sacrifie l’innocente jeune fille, Suzy (Suzy Carrier) pour qu’elle ne connaisse pas l’infamie des siens (trois des membres de sa famille avaient tenté d’empoisonner l’aïeul pour bénéficier de l’héritage).

• Parmi les interprètes de ce film, dont la musique est de Wal Berg on peut noter Jean Tissier (Duvernay), Marcelle Géniat (tante Agathe), Jeanne Fusier-Gir (Joséphine), Jean Marchat (Georges Dourville). Pour Jean Tulard, il s’agit d’une « jolie comédie aux confins du fantastique« .

◘ Bichon (1948), de Jean de Létraz

  • Jean de Letraz

    Jean de Létraz (1897-1954), romancier, auteur dramatique spécialisé dans le vaudeville, était l’auteur de Bichon, pièce en 3 actes, crée au théâtre de la Michodière à Paris le 3 mai 1935, et qui fut reprise de nombreuses fois par la suite. Elle avait été jouée notamment au Casino des Fleurs à Vichy en avril 1944. René Jayet (1906-1953) – qui réalisa près de vingt films, de 1928 à sa mort,- adapta cette pièce au cinéma. Bichon  sortit sur les écrans le 21 mai 1948. Suzy Carrier interprète le rôle de Christiane, fille de l’industriel Fontange (André Alerme).

◘ Halte…Police! (1948) de Jacques Séverac

  • Halte…Police! réalisé par Jacques Séverac (1902-1982), sortit le 9 juillet 1948. Résumé de cette comédie policière : François Darrac (Roland Toutain), reporter à Paris Inter, et Nicole Artaud (Suzy Carrier), journaliste au Soir Express, se connaissent, rivalisent et finissent par s’aimer au fil des trois enquêtes policières qu’ils suivent pour leurs journaux.

◘ Trois garçons, une fille  (1948) de Maurice Labro

  • Maurice Labro

    Roger-Ferdinand (1898-1967) avait créé au théâtre du Gymnase, à Paris,le 19 avril 1947, une comédie en 3 actes : Trois garçons, une fille. Maurice Labro (1910-1987),- dont  Jean Tulard écrivait : « Ce n’est pas le cinéaste des inquiétudes métaphysiques et des revendications sociales, mais il connaît son métier » réalisa, en 1948, d’après la pièce de Roger Ferdinand, avec des dialogues du même auteur  Trois garçons et une fille, En voici le sujet: dans une famille jusque là unie, le père Georges Dourville (Jean Marchat) annonce son intention de divorcer. Les enfants – dont Christine (Suzy Carrier) –  se mobilisent pour empêcher leur père de partir et ils y parviendront de justesse.

◘ La Vie est un rêve (1949) de Jacques Séverac

  • La Vie est un rêve, de Jacques Séverac, réalisé en 1948, sortit le 29 juin 1949. Les dialogues de ce film sont de l’écrivain et auteur dramatique Jean Sarment (1897-1976). Pour éprouver le jeune homme que son parrain veut lui faire épouser, Martine (Suzy Carrier) se fait remplacer dans son rôle de châtelaine par son amie Sylvette. Jacques de Figeac, le prétendant au mariage, a la même idée et se fait remplacer dans son rôle de visiteur par son employé Paul. La vérité se fera sur les identités réciproques et deux mariages au lieu d’un seront célébrés. Tout s’arrange à merveille au pays des marivaudages.

    Jacques Severac (réalisateur) et Jean Sarment (dialoguiste du film)

◘ Histoires extraordinaires, à faire peur ou à faire rire (1949) de Jean Faurez

  • Jean Faurez (1905-1980) réalisa des films de 1943 à 1959. « Modeste et discret« , il est aujourd’hui oublié, mais gagnerait peut-être à être mieux connu. Son film Histoires extraordinaires, à faire peur ou à faire rire qui sortit le 27 octobre 1949, s’inspire principalement des contes de l’écrivain américain Edgar Allan Poe (1809-1849) qui parurent sous ce titre en 1840 et dont c’est l’une des rares adaptation à l’écran. Celle-ci est de Guy Decomble. La musique est de Georges Van Parys. Le rôle de Léontine est interprété par Suzy Carrier. Parmi les autres acteurs et actrices figurent Fernand Ledoux, Jules Berry, Paul Frankeur, Roger Blin, Olivier Hussenot, Jacques Dufilho,  Marina de Berg, Jandeline, Marcelle Féry. Les cinéphiles pourront visionner le film directement sur le site YouTube

► Pour visionner le film complet :

◘ Dakota 308, (1951) de J. Daniel-Norman

  • Dakota 308, de J. Daniel-Norman, sur un scénario et des dialogues d’André-Paul Antoine, sortit le 25 avril 1951. A partir d’un avion, quatre gangsters, une femme détective et un inspecteur de police cherchent à s’emparer de caisses de lingots d’or : tel est le sujet de cette comédie policière, dont les principaux rôles sont : Clara Sanders (Suzy Carrier), Lady Vernon (Ketty Kerviel), André Villeneuze (Jean Pâqui), l’inspecteur Jaillot (Louis Seigner), le pilote de l’avion (Roland Toutain) et lord Vernon (Jacques Charon).

    Suzy Carrier et Jean Paqui, à la une du Film Complet,  lors de la sortie de Dakota 308

◘ Les Mémoires de la vache Yolande (1951) d’ Ernst Neubach

  • Ernst Neubach (1900-1968) réalisa, après la Seconde guerre mondiale, des films français, allemands et autrichiens, dont : Le Signal rouge, sorti en salles à Paris en 1949, et Les Mémoires de la vache Yolande, qui sortit le 2 mai 1951. Le scénario est d’Émile Edwin Reinert et les dialogues d’André Tabet. Cette comédie relate les aventures et les tribulations d’un figurant, Hercule (Rellys) obligé de s’occuper d’une vache apparaissant dans un film, et qui a des démêlés successifs avec la police, le fisc et un boucher. La vache pendra malgré tout la direction de l’abattoir et Hercule s’éloignera sagement la jeune Isabelle (Suzy Carrier) qui l’avait consolé de ses malheurs.
  • Lise Bourdin, une autre actrice née en Bourbonnais

    Dans ce film, le rôle d’Huguette Montréal est interprété par une Bourbonnaise, Lise Bourdin. Louise Marie Odette, dite Lise, Bourdin était née le 30 novembre 1925 à Néris-les-Bains, où son père, René Bourdin, tenait l’hôtel Léopold et Albert 1er, place des Thermes. Lise suivit ses parents à Vichy où ils avaient acheté l’hôtel du Globe, rue de Paris, peu avant la guerre. Elle posa pour des photos dans des magazines féminins et se fit connaître outre-Atlantique. Comme elle passait ses vacances à Cannes, elle reçut des propositions de la Metro Goldwyn Mayer. En 1948 elle présenta dans les grandes villes des États-Unis le film Arc de Triomphe (The Arch of Triumph) de Charles Boyer et Ingrid Bergman. Sa carrière cinématographique fut un peu parallèle à celle de Suzy Carrier, puisqu’elle tourna dans quatorze films de 1948 à 1959, le dernier étant : The last Blitzkrieg (Espions en uniforme) de la Columbia Films. Roland Bourdin (1922-2005), frère de Lise, fut animateur et dramaturge pour la radio.

◘  Les Vacances finissent demain (1953), d’Yvan Noé

© http://www.encyclocine.com/
  • Yvan Noé, qui avait déjà eu l’occasion de diriger Suzy Carrier Une mort sans importance, tira un film d’un roman dont il était l’auteur : Les Vacances finissent demain. Tourné en 1950, il sortit seulement le 17 juillet 1953.
Michel Barbey, dans le rôle de Gino

• Résumé : Un joyeux groupe de filles et de garçons part en camping après avoir gagné à un concours publicitaire. Un mauvais garçon Gino (Michel Barbey) s’est substitué à l’un des gagnants et il jette son dévolu sur Denise (Suzy Carrier),vaguement fiancée à Jacques. Gino découvre que Denise n’a pas connu les aventures sentimentales qu’elle raconte. Il la laisse partir. D’autres péripéties émaillent cette escapade. Ce film a été commercialisé sous forme d’une cassette vidéo en 1994 dans la collection « Étoiles et toiles« .

◘ Le Père de Mademoiselle (1953) de Marcel L’Herbier

  • Marcel L’Herbier (1888-1979) est connu comme l’une des figures majeures de l’avant-garde cinématographique des années 1920, avec des films comme El Dorado (1922) et L’Argent (1928). Sa carrière se poursuivit en tant que cinéaste, fondateur de l’I.D.H.E.C. en 1943, homme de télévision et théoricien du cinéma. Un colloque lui a été consacré à la Bibliothèque nationale de France le 7 décembre 2006.

    Suzy Carrier, dans le rôle de Françoise Marinier

• Son dernier film, Le Père de Mademoiselle qu’il réalisa avec Robert P. Dagan, d’après une comédie de Roger Ferdinand, et dont la musique est de Michel Damase (1928-2013) – sortit en salles le 17 juillet 1953.

Suzy Carrier à la une du Film complet et de Mon Film, lors de la sortie de Le père de mademoiselle
  • Résumé : Françoise Marinier (Suzy Carrier) fait croire à ses parents qu’elle est richement entretenue ; en fait elle est la secrétaire d’Édith Mars (Arletty), une actrice. De nombreux malentendus résultent de ce mensonge, mais aussi un mariage avec un membre influent d’un cabinet ministériel, Michel Leclair (Jacques François). André Luguet interprète le rôle du père de Françoise et Denise Grey celui de sa mère. Ce film existe en version DVD vidéo (1 h 36 min.) réalisé par les éditions René Château en 2010. Il peut également être visionné sur le site YouTube.

Pour visionner le film complet

◘ Fantaisie d’un jour (1954) de Pierre Cardinal

  • Pierre Cardinal a réalisé trois films, dont le dernier, en 1954, s’intitule Fantaisie d’un jour. Le scénario est de Jacques Companéez (1906-1956) et la musique de Joseph Kosma (1905-1969). Parmi les interprètes on trouve Suzy Carrier, Philippe Nicaud, Gaby Morlay, Yves Deniaud, Amédée, Jane Sourza, Denise Grey.fant
  • Résumé : Thérèse Bénard (Suzy Carrier), jeune dactylo, fiancée à François (Philippe Nicaud), gagne dans un concours deux cent mille francs, à choisir dans un grand magasin. Ses parents et futurs beaux-parents s’en réjouissent. Mais elle rentre à la maison avec une cape de lynx de cent quatre vingt-dix-neuf mille francs, ayant ainsi réalisé son rêve de toujours. S’ensuivent les reproches des parents, la jalousie des voisins. Thérèse retrouve le bonheur après s’être séparé de son gain. Ce film a été raconté dans l’hebdomadaire Le Film complet, n° 562, du 24 avril 1956.

◘  Marie-Antoinette (1956), de Jean Delannoy

Marie Antoinette de Jean Delannoy: seulement un second rôle pour Suzy Carrier
  • Marie-Antoinette, film franco-italien d’une durée de deux heures, en technicolor, de Jean Delannoy, a été réalisé d’après une pièce de l’historien Philippe Erlanger (1903-1987), avec un scénario et des dialogues de Bernard Zimmer et sur une musique de Jacques Simonot (1912-1961). Le film est apparu sur les écrans le 27 avril 1956. La version italienne est titrée  Maria-Antonietta, la version anglaise: Marie-Antoinette Queen of France, et  Shadow of the Guillotine. Le film fut nominé au Festival de Cannes. Il a été commercialisé en cassette vidéo de 1 h 55 min. par Gaumont.

    Une reconstitution somptueuse de la Cour
  • Les interprètes principaux sont : Michelle Morgan (Marie-Antoinette) – au sommet de son art -, Richard Todd (comte Axel de Fersen), Jacques Morel (Louis XVI), Suzy Carrier (Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI), Jeanne Boitel (Mme Campan), Marcelle Arnold (Mme Adélaïde), Jane Marken (Mme Victoire), Jacques Dufilho (Marat), Michel Piccoli (un prêtre réfractaire)…La Cour de Louis XVI et Marie-Antoinette est somptueusement reconstituée.

◘ Na (1973) de Jacques Martin

  • Le comédien, animateur et producteur Jacques Martin (1933-2007) réalisa Na! dont il était aussi l’auteur du scénario et de la musique. Jean Tulard résume et juge ainsi ce film, sorti le 7 juin 1973 : »Jean (Jacques Martin), un ancien séminariste lutte pour les vieillards lésés par une grève de la Sécurité sociale. Curieux sujet, curieux film et un Jacques Martin inattendu ». Il existe en une cassette vidéo de 1 h 45 min. réalisée en 1993 par l’éditeur Fil à film. Suzy Carrier interprète l’un des quatorze rôles de Na!, en compagnie de Henri Crémieux, Danièle Evenou, Marcelle Arnold, Jean Gras, … On peut visionner le film sur le site YouTube.

téléchargement

Pour visionner le film complet:

 

◘ Seul le vent connaît la réponse (1974) de Alfred Vohrer

*Le cinéaste Alfred Vohrer est né à Stuttgart en 1928 et mort à Munich en 1986. Selon Jean Tulard, « c’est dans le policier fantastique qu’il a su montrer un talent mineur, mais certain« . Il réalisa en 1974, d’après un roman de Johannes Mario Simmel (1924-2009) un film de 1 heure 45 : Die Antwort kennt nur der Wind, dont la version anglaise porte le titre de : Only the Wind knows the Answer, et la version française : Seul le vent connaît la réponse. Le roman : Seul le vent connaît la réponse a été publié par le Livre de poche (380 pages).

  • Alfred Vohrer

    Résumé de cette comédie policière : Un banquier richissime disparaît alors qu’il navigue sur son yacht. La compagnie d’assurances, soupçonneuse, envoie un enquêteur définir les conditions de cette dernière promenade. VIP international l’a enregistré en 1979 en une cassette vidéo (1 h 30 min.)

• On remarque dans le générique de ce film franco-allemand – présenté au Festival international du film, à Moscou – : Marthe Keller, Maurice Ronnet, Raymond Pellegrin, Christian Barbier. Suzy Carrier, dont c’est la toute dernière apparition à l’écran, -interprète un rôle secondaire.

UNE ÉPHÉMÈRE CARRIÈRE  AU THÉÂTRE

Le théâtre de l’Apollo où Suzy Carrier fit ses débuts sur scène

◘  Suzy Carrier a également accompli une carrière, plus modeste et plus brève, au théâtre. C’est ainsi qu’on pouvait lire dans Comoedia du 29 mai 1943 : « Mlle Suzy Carrier, la vedette de Pontcarral, va faire ses débuts dans la comédie. C’est elle qui créera « La Dame de minuit ». L’avantpremière de gala eut lieu le 29 mai à 20 heures au théâtre de l’Apollo, à Paris. Il s’agissait d’une comédie de Jean de Létraz.

comoedia

  • Le journaliste Max Frantel n’apprécia guère ce spectacle et l’écrivit dans Comoedia : »Disons tout net que cette histoire d’un papa renonçant à se remarier pour ne pas contrarier ses trois enfants et récompensé cependant « in extremis » de son sacrifice est sotte et platement contée (…) Pauvres comédiens qui ont tant de talent et qui le dépensent en pure perte! »

• Cependant la pièce semble avoir tenu l’affiche plusieurs mois. Le 22 octobre 1943, Suzy Carrier fit sa rentrée à l’Apollo dans « le grand succès de Jean de Létraz, »la Dame de Minuit » qui était jouée tous les soirs à 20 heures.

Le théâtre, boulevard des Capucines

Ce Soir  daté du  13 septembre 1944 annonçait : « Raymond Segard va faire ses débuts d’auteur ». Cet acteur, né en 1911, avait joué dans des films tournés de 1936 à 1942, notamment dans Le Dernier des six (1941) de Georges Lacombe, et La Femme que j ‘ai le plus aimée (1942) de Robert Vernay. Et le 20 octobre suivant,ce quotidien parisien précisait que la location était ouverte au théâtre des Capucines pour la comédie en 2 actes et 5 tableaux : Colette et le Chat tigre, « tirée d’un conte de Hartl, écrivain interné en Silésie. »

  • On précisait dans L’Humanité du 20 octobre : « C’est au profit des FFI du département de la Seine que sera donnée samedi à 19 heures aux Capucines la première représentation de gala de « Colette et le Chat Tigre » comédie de MM. Mouezy-Eon (15) et Raymond Segard, dont Suzy Carrier, G. Rallu, R. Segard, E. Rues, G. et Y. Demange seront les principaux interprètes ». Deux jours plus tard il était précisé que « le rôle de Colette sera tenu par Suzy Carrier, la ravissante vedette du film Pontcarral« .

◘  La dernière apparition de Suzy Carrier sur les planches semble avoir été dans : La grande Pauline et les petits chinois, comédie en 3 actes de l’auteur dramatique et journaliste René Aubert (1899-1994)) ; avec Mary Marquet (1895-1979) dans le rôle de Pauline Caradouce de Montjoie, Charles Moulin (1909-1992) dans celui de l’amant, Suzy Carrier (la petite-fille) … La mise en scène était de Pierre Valde (16).  La première eut lieu au Théâtre de l’Étoile, à Paris, le 11 février 1950.

 

QUELLE POSTÉRITÉ ET QUELLE PLACE DANS LE 7ème ART POUR SUZY CARRIER ?

 

  • Suzy Carrier 2Au terme de ce parcours à travers une tranche de l’histoire du cinéma français, on peut juger de la place qu’y tint l’actrice moulinoise. De 1942 à 1956, on la trouve presque chaque année dans des films où elle occupe le plus souvent le rôle central. Elle contribua à offrir au public des spectacles, de distraction essentiellement, avec des scénarios où il était surtout question d’amour et de mariage, et au moyen desquels elle recueillit un large succès populaire. Les accidents de la vie l’amenèrent à interrompre pratiquement en 1956 cette carrière qui avait commencé en fanfare en 1942. Elle ne fit plus ensuite que des come-back sans lendemain, en 1973 et 1974, dans des rôles secondaires.

Suzy Carrier 3Elle était pourtant classée par le Quid parmi les « jeunes premières des années 1940 » avec : Michèle Alfa (+ 1987), Blanchette Brunoy (+ 2005), Louise Carletti (+ 2002), Irène Corday (+ 1996), Jeannine Darcey (+ 1993), Josette Day (+ 1996), Marie Déa (+ 1992), Renée Faure (+ 1995), Jacqueline Gautier (+ 1982), Claude Géniat (+ 1979), Odette Joyeux (+ 2000), Micheline Presles, Dany Robin (+ 1995), Madeleine Sologne(+ 1995), Gaby Silvia (+ 1980) ,Lise Topart (+ 1952), Simone Valère (+2010). On notera que la nonagénaire Micheline Presle est, à ce jour, la seule survivante de cette liste.

  • 15366961295_2fe9ec88e6Suzy Carrier n’a certainement pas démérité du 7ème art, bien que , du point de vue des critiques, sa carrière soit jugée de valeur inégale, avec beaucoup de films passables et quelques-uns médiocres. Un parcours professionnel  que l’historien du cinéma Roger Boussinot résumait ainsi dans son Encyclopédie du cinéma (éditions Bordas, 1980): « Blonde aux yeux bleus, Suzy Carrier qui (était) douée pour la comédie, a retenu quelque temps l’attention du public, mais son emploi d’ingénue l’a limitée très vite et, très vite, elle n’a plus tourné que dans des films sans importance« .  Cette ingénuité qui avait été saluée aussi bien dans Pontcarral que dans Secrets ou dans L’escalier sans fin, aurait donc été fatale à sa carrière.
Suzy Carrier 4 1969 téléfilm
Suzy Carrier en 1969. Sa carrière est alors presque achevée

•Mais, finalement,  ce qui nous intéresse avant tout, c’est  elle est avec Gabrielle Robinne, Yvonne Rozille ou Lise Bourdin  l’une des rares actrices d’origine bourbonnaise et elle figure parmi les célébrités de l’Allier : dans la liste établie par  « Wikipédia », elle se trouve entre Louis Auguste de Richemont, général d’Empire, et Jacques II de Chabannes la Palice, maréchal de France (17). Que dire de mieux? Il ne resterait donc plus qu’ à lui rendre hommage. La Montagne, dans son édition de Moulins du 1er avril 2015 avait publié un article de P. Larcher évoquant  « un projet de rue ou de place pour Suzy Carrier, ancienne actrice moulinoise« . Sa consœur Yvonne Rozille n’a toujours pas la sienne à Commentry, tandis que Gabrielle Robinne a dû attendre 2006 pour que son nom soit donné au théâtre de Montluçon. Espérons que pour le vingtième anniversaire de sa disparition, en 2019, ce souhait puisse être exaucé. La balle est dans le camp de la municipalité moulinoise…

photo dédicacée S. Carrier
Photo dédicacée de Suzy Carrier (non datée)

  NOTES

(1) D’après Bernard Trapes, Figures célèbres de l’Allier (2002), p. 64

(2) Éliane Carrier, née à Moulins, le 8 avril 1907, débuta à l’Opéra-Comique en 1936, parut sur la scène de l’Opéra de Paris en 1938, participa notamment à la création de : L’Enfant et les sortilèges, le 17 mai 1939. Elle se retira de l’Opéra en septembre 1947. Elle s’était mariée à Paris le 18 décembre 1937 avec Michel Knabel. Elle est décédée en son domicile, promenade des Anglais, à Nice, le 13 septembre 1955.

(3) Denis d’Inès (1885-1968), acteur de théâtre et de cinéma, fut sociétaire de la Comédie-Française, de 1920 à 1953. Quant à  Solange Sicard, elle  joua dans 23 films, de 1934 à 1960.

(4) Agnès, jeune fille innocente, élevée par Arnolphe dans L’École des femmes, de Molière.

(5) Serge Pimenoff (Yalta 1895 – Boulogne-Billancourt 1960), chef décorateur, avait débuté en 1927 comme directeur artistique du Napoléon d’Abel Gance.

(6) Georges Annenkoff, né en Russie en 1889, installé à Paris, peintre, décorateur de cinéma,  costumier; décédé à Paris en 1974.

(7) François Vinneuil était l’un des meilleurs critiques cinématographiques de la presse parisienne. C’était le pseudonyme de Lucien Rebatet , écrivain, journaliste à l’hebdomadaire Je suis partout, critique, né en 1903. Il est l’auteur  de Les décombres, un récit pamphlétaire  violemment antisémite, qui fut un des succès de l’édition sous l’Occupation. Condamné à mort à la Libération pour collaborationnisme, puis gracié, il est  décédé en 1972.

(8) Roger Régent (1905-1989) était  critique cinématographique, principalement dans la Revue des Deux Mondes.   Les Nouveaux temps, quotidien du soir, était dirigé par Jean Luchaire, né en 1904, journaliste et écrivain, condamné à mort pour faits de collaboration et exécuté le 22 février 1946. Il publia en 1948 Cinéma français sous l’Occupation, une des toutes premières tentatives de synthèse sur la question.

(9) L’Appel qui parut de mars 1941 à août 1944, était l’hebdomadaire de la Ligue française . Il était dirigé par Pierre Costantini (1889-1986).

(10) Pierre Blanchar présida le comité de libération du cinéma à partir du 19 septembre 1944.

(11) On pourra se reporter à l’article « Habitants célèbres du Vésinet, Suzy Carrier, Pontcarral » sur le site : histoire-vesinet.org,(avec photos)

(12) L’écrivain de théâtre  Bernard Zimmer (1893-1964) fut très actif au cinéma comme scénariste et dialoguiste de près de 28 films tournés entre 1932 et 1956 . Il était l’auteur du  scénario de Pontcarral.

(13) Charles Rigoulot, né au Vésinet en 1903, haltérophile, coureur automobile et catcheur, mort à Paris en 1962.

(14) La Pasiser Zeitung, journal de langue allemande parut à Paris de 1941 à 1944. – La Bibliothèque nationale de France conserve plusieurs livres de Karl Heinz Bodensiek,  publiés de 1933 à 1976.

(15) André Mouëzy-Eon (1880-1967), auteur de vaudevilles et de livrets d’opérettes, fut aussi directeur du théâtre du Châtelet, à Paris, en 1946-1947.

(16) Pierre Valde, pseudonyme de Pierre Duchemin, né en 1907 à Brioude, metteur en scène, réalisateur de télévision, avait reçu en 1946 le premier prix au concours des Jeunes Compagnies ; décédé à Paris en 1962.

(17) Parmi les autres vedettes de cinéma bourbonnaises, on peut citer Lise Bourdin (née à Néris-les-Bains en  novembre 1925 ) et qui connut son heure de gloire dans les années 1950, avec une carrière au delà de l’Hexagone. On n’oubliera pas non plus Audrey Tautou, née en 1976 à Beaumont, qui a passé son enfance et son adolescence à Domérat, en région montluçonnaise. Sa carrière commencée en 1998 avec Venus Beauté lui a valu une consécration à l’international. Dix de ses films ont réalisé plus de 1 millions d’entrées, le record étant détenu par Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, totalisant 8,5 millions d’entrées en 2001.

BIBLIOGRAPHIE 

◘ Ouvrages consultés :

  • Bessy (Maurice) et Chirat (Raymond), Histoire du cinéma français, Encyclopédie des films 1940-1950 – Pygmalion, 1986.
  • Boussinot (Roger), Encyclopédie du cinéma (tome I), Bordas, 1980
  • Dureau (Christian), Dictionnaire mondial des comédiens. – Distar, 1984
  • Encyclopédie Alpha du cinéma. – Alpha éditions, 1978-1981
  • Régent (Roger),  Cinéma de France sous l’Occupation, 1948 (réédition éditions d’aujourd’hui, 1980
  • Tulard (Jean), Dictionnaire du cinéma, les acteurs.- Bouquins, 2005
  • Tulard (Jean), Guide des films. – Bouquins, 2002

◘ Ressources Internet :

  • Archives départementales de l’Allier (collections de presses numérisées)
  • BiFi (Bibliothèque du film)
  • BnF Gallica (collections de presse numérisées)
  • IMBD (Internet Movies Data Base)
  • Site http://www.legrenierdemonmoulins

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       Jean-Paul PERRIN

  • Gabrielle Robinne (1886-1980) : le nom d’un théâtre mais pas seulement…

https://vudubourbonnais.wordpress.com/2017/05/01/%E2%97%98-biographie-gabrielle-robinne-1886-1980-le-nom-dun-theatre-mais-pas-seulement/

 

MAI 68…EN BOURBONNAIS AUSSI. MAIS AU FAIT, QUE FAISIEZ-VOUS EN MAI 68 ?

MISE À JOUR: 21 JUIN 2017                  Contact: allier-infos@sfr.fr

Mai 68 au Quartier Latin…Mais pas seulement

• Que faisiez-vous en mai 68? Pour certains, la question pourra paraître un brin indiscrète… D’autres, « vétérans de 68 », trouveront qu’elle a des airs d’interrogatoires  de police… Certains considéreront que  ressasser ces vieilles histoires « d’anciens combattants soixante-huitards » n’a strictement aucun intérêt… En fait, rien de tout cela. 

• Les Éditions de l’Atelier, héritières des éditions Ouvrières et éditrices depuis plusieurs décennies du Maitron (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social) lancent, en partenariat avec le site d’informations en ligne Mediapart, un appel à témoignages pour collecter une histoire « concrète et vécue » de Mai-Juin 1968. Un défi éditorial  que Vu du Bourbonnais ne pouvait pas ne pas relayer localement.  Explications…

Centre Matin (quotidien montluçonnais), daté du 13 mai 1968, annonce la grève générale.

CINQUANTE ANS APRÈS : COLLECTER UNE HISTOIRE « VIVANTE, CONCRÈTE ET VÉCUE »DE MAI 68

• À l’approche du cinquantenaire des événements de mai 1968 (un demi-siècle déjà !), l’objectif est  de sortir d’une histoire « édifiante », racontée par les « héros » ou les « vedettes » médiatiques de ces événements:  « Le cinquantenaire de mai 1968 sera célébré l’an prochain. Mais qui va célébrer quoi ?, peut-on lire sur le site Médiapart. Verra-t-on encore les mêmes préposés aux célébrations nationales ? Des acteurs devenus des célébrités et qui accaparent l’expression de ce que fut ce mouvement social sans équivalent, et qui se sont fait une rente viagère médiatique de présenter leurs engagements d’hier comme des moments d’égarement, voire d’aveuglement ? Entendra-t-on encore le refrain usé sur mai 1968 comme date de naissance d’un individualisme décomplexé, du chacun pour soi dans la course à la consommation et à la réussite ? Réduira-t-on ce vaste mouvement revendicatif impliquant les salariés à sa seule composante étudiante ? ». C’est donc pour éviter cet écueil qu’est née l’initiative des éditions de l’Atelier.

• Si l’on n’ignore presque rien de ce que furent les action, les faits et gestes d’un Daniel Cohn-Bendit au Quartier Latin,  on ne sait finalement pas grand-chose  du vécu personnel de chacun des ouvriers montluçonnais qui ont occupé Dunlop ou la Sagem par exemple. Pas plus que de celui du paysan du bocage bourbonnais, solidaire avec les grévistes, ou encore  du lycéen ou du professeur de Banville à Moulins…Voire des employés de la vénérable Compagnie fermière à Vichy.

Mai 1968 à l’usine Sagem de Domérat: « Pour nos 40 heures…Smic à 1000 francs…Retraite à 60 ans…« 

• Le but premier est donc de reconstituer  la multiplicité de ces vécus, des  expériences, des engagements, des ébranlements, des luttes, mais aussi des déceptions, des joies,des tristesses, des espoirs, des emballements, et pourquoi pas des désillusions suscités par Mai-Juin 1968, à la fois dans l’instant et dans la longue durée, que ce soit  au plan personnel,  familial ou collectif. L’objectif de cette initiative est donc d’utiliser les moyens participatifs de la révolution numérique pour collecter une histoire vivante, concrète et vécue, de Mai-Juin 1968.

▲ Des femmes en lutte: le piquet de grève devant l’usine textile Rousseau,  et devant l’atelier de confection Hermel, à Montluçon  ▼ 

QUI EST CONCERNÉ PAR CETTE INITIATIVE ?

• Lors des événements de Mai-Juin 68 que faisiez-vous ? Vous étiez peut-être apprenti, fonctionnaire, étudiant, ouvrier, employé, artisan, lycéen, commerçant,  paysan, ou même encore enfant ? Vous avez, dans votre famille, dans vos relations, parmi vos voisins, au bureau, un aîné ou une aînée qui a pris part à une occupation d’usine, à un piquet de grève, à une manifestation, à une échauffourée ? Ou un proche vous a raconté comment ces semaines l’ont marqué ?

La grande manifestation du 25 mai 1968: des milliers de manifestants arpentent le boulevard de Courtais à Montluçon
L’arrivée du cortège place Jean-Jaurès, devant l’hôtel de ville

COMMENT MOBILISER UNE MÉMOIRE PRÉCIEUSE?

Comme en 1936, la solidarité paysanne avec les grévistes à Montluçon

• Mobiliser cette mémoire précieuse, rappeler ce que furent ces journées et ces moments dans les usines, les bureaux, les villages, ou simplement dans les familles… Oui, mais comment ? Quels que soient leur forme, leur taille, leur style ou leur contenu, tous les « éclats de mémoire » qui peuvent aider à reconstituer la mosaïque de ces deux mois sont les bienvenus. Et pas question de s’interdire d’apporter son témoignage au prétexte qu’on ne « sait pas écrire » ou qu’on n’a « pas fait grand-chose » !

• Il s’agit de retrouver la parole des innombrables « soixante-huitards »  qui ont été des acteurs, même modestes, de ces évènements. Cet appel n’exige pas des témoignages obligatoirement « bien écrits », bien calibrés. Ce qui est attendu, ce sont des souvenirs bruts, authentiques, qu’ils soient courts ou longs. Des souvenirs qui fassent remonter de tous les endroits (campagnes, villes moyennes, grandes villes), de tous les milieux sociaux, de toutes les générations, la parole de celles et ceux à qui l’occasion d’en parler n’a jamais été donnée, ou trop rarement.

Les paysans se font aussi entendre…Un barrage routier installé en mai 1968 sur la RN 145

TÉMOIGNER… MAIS SOUS QUELLE(S)  FORME(S) ?

Affiche conçue par des étudiants des Beaux Arts en mai 1968

• Il n’y a aucun cadre préformaté, ni plan type...Chacun des récits peut être un texte racontant ce que vous avez fait pendant les événements (en indiquant brièvement qui vous étiez et ce que vous faisiez à l’époque), décrivant vos impressions d’alors, ou en mettant ce souvenir en perspective, en montrant comment Mai 68 a eu un effet sur votre vie. Ce peut être, beaucoup plus simplement encore, une scène qui vous a frappé, un fait  qui a pu vous sembler, a priori, anodin mais qui, au fil du temps, a fini par  vous paraître significatif, un moment d’émotion ou de bonheur, une prise de bec en famille, une rencontre marquante, …

Les grévistes dans la cour de l’usine Dunlop, à Montluçon

• Toutes les formes de témoignages sont les bienvenues : copie ou scan de photos noir et blanc gardées précieusement dans un carton, vieux tracts, feuille de paye amputée à cause des grèves, dessins, notes personnelles… Tous les supports sont acceptés : texte papier, même manuscrit,  vidéo (format mp4, mov, mpeg…), audio (format mp3)… Une seule contrainte : la date limite d’envoi fixée au 15 septembre 2017.

ET APRÈS … QUELLES UTILISATIONS SERONT FAITES DE CES TÉMOIGNAGES ?

Érick Neveu …

•  Et après ? Un livre est en préparation aux Éditions de l’Atelier. Il bénéficiera de la caution scientifiques de deux chercheurs, Boris Gobille (maître de conférences de science politique à l’École normale supérieure de Lyon) et Erik Neveu (professeur de Science politique au sein de l’équipe Arenes – CNRS des universités de Rennes) qui en assureront l’édition. Il inclura certains des témoignages reçus, récits, documents. Tous ne pourront malheureusement pas y figurer, le format livre n’ayant matériellement pas l’élasticité, le caractère extensif d’un site internet.

…et Boris Gobille, maîtres d’oeuvre du projet

• Il ne s’agira en aucun cas de  « sélectionner » les « meilleurs » mais de proposer au lecteur papier un itinéraire lui permettant de se repérer au sein d’une variété de thématiques couvrant les aspects connus et surtout méconnus de Mai 68. Le livre renverra lui-même au site de Mediapart pour les lecteurs qui voudraient prolonger cette expérience en se plongeant dans la profusion des témoignages et, ainsi, revivre dans sa pluralité l’expérience qui fut la leur à l’époque.

• Sources : Médiapart et Éditions de l’Atelier : d’après les textes de Bernard Stephan, directeur des éditions de l’Atelier et Edwy Plénel, directeur de la publication de Médiapart.

Affiche conçue par des étudiants des Beaux-Arts en mai 1968

►Archives de l’I.N.A. : Extrait d’un JT de 1998, proposant une rétrospective des événements de mai 68

INFOS PRATIQUES: L’ESSENTIEL

Date limite d’envoi (impérative) : 15 septembre 2017

► Pour envoyez une contribution par mail:

◘  mai68parceuxquilontfait@editionsatelier.com

Attention…Le poids des pièces jointes étant  limité à 10 Mo, au-delà, les documents devront être envoyés  par wetransfer : https://wetransfer.com

► Pour envoyez une contribution par  voie postale :

Les Éditions de l’Atelier: « Projet Mai 1968 »

51-55, rue Hoche   –  94200 Ivry-sur-Seine

► Pour suivre l’avancement de cette collecte de témoignages (types de témoignages reçus, types de témoignages manquants (profils sociaux ou encore géographiques) :

  https://blogs.mediapart.fr/mai68parceuxquilontfait/blog

► Pour accéder au site des éditions de l’Atelier :

◘  http://www.editionsatelier.com/

Un autre article à consulter sur ce site, à propos du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (Le Maitron) et du Dictionnaires des fusillés: 

◘ https://vudubourbonnais.wordpress.com/2016/10/24/le-dictionnaire-maitron-des-fusilles-1940-1944-en-ligne/

 

BIOGRAPHIE- N° 12 : DESTIN D’ACTRICES: LA COMMENTRYENNE YVONNE ROZILLE (1900-1985), UN INJUSTE OUBLI

Mise à jour: 24 JUIN 2017

Laurence DEBOWSKI

 

« Quand on retourne dans sa ville natale, on s’aperçoit que ce n’était pas l’endroit qu’on regrettait,  mais son enfance » … (Sam Ewing).

 

• Qui, parmi les cinéphiles, se souvient encore d’Yvonne Rozille, Marie-Yvonne Gilberte Rouzille pour l’état civil, née en 1900 à Commentry (Allier) ? Le Septième art lui a pourtant fait les yeux doux avec vingt-deux films à son actif, dont le dernier, « Faîtes sauter la banque »,  sorti en 1964, a totalisé plus de 1,9 million d’entrées dans les salles. Qui, parmi les amateurs de théâtre, se rappelle qu’elle a  été à l’affiche  de nombreuses pièces, dans les années 1925-1935 ?  

• Yvonne Rozille est décédée à Grasse (Alpes Maritimes), en 1985, après une vie bien remplie entre le chant, le théâtre et le cinéma. Pourtant, sa disparition n’a suscité que peu d’échos médiatiques. Trois décennies plus tard, il est donc  temps de revenir sur le parcours de cette actrice aujourd’hui injustement oubliée, y compris dans son Bourbonnais natal, avec lequel elle avait conservé des liens et  où elle a choisi de reposer parmi les siens.

 Commentry vers 1900: la Forge et l’entrée des ouvriers par le portail de la place Martenot
La place du 14 juillet et l’hôtel de ville vers 1900

MARIE YVONNE GILBERTE ROUZILLE, NÉE À COMMENTRY, EN 1900…

François Rouzille et son épouse, née Françoise Fanechère

• Le 5 Janvier 1900, Marie Yvonne Gilberte Rouzille, la future Yvonne Rozille,  naît dans un Commentry alors en plein essor.   Son père, François Rouzille (1869-1955), employé, est un enfant de cette même ville et sa mère, née Françoise Fanechère (1872-1946), est originaire de Chamblet, la commune voisine. Bien que le couple réside à Montluçon,  Françoise Rouzille est revenue accoucher à Commentry, dans la maison de son père, Gilbert Fanechère, employé de commerce.  Âgé de 55 ans, il demeurait alors  rue de la Folie (actuellement rue Jean-Jaurès).L’enfant grandit  « Villa Saint-Honoré« ,  rue de Sébastopol, l’actuelle rue Jean Moulin.

L’acte de naissance d’Yvonne Rouzille
La « Villa Saint-Honoré« , rue de Sébastopol. Au portail, à droite: ses parents, François et Françoise Rouzille (vers 1900)
Sur seuil de la maison commentryenne en 1913 (de gauche à droite): Gilbert Fanechère, Françoise et François Rouzillle, Yvonne Rouzille 

• Yvonne fréquente d’abord l’école de Commentry, puis poursuit ses études à Clermont-Ferrand où elle prépare son brevet.  Une représentation des « Cloches de Corneville » au théâtre de Commentry est une véritable révélation pour elle. C’est décidé, elle se vouera au théâtre.

▲ Le théâtre de Commentry où l’on joue Les cloches de Corneville

• Ses parents, conscients de son talent vocal, lui font donner des cours de chant, tout lui faisant poursuivre ses  études : elle passe son brevet élémentaire, puis son brevet supérieur et d’autres examens qui lui donnent accès à l’administration des Postes. Elle est nommée à Paris, à tout juste 20 ans. Le jour, derrière un guichet, elle est la « demoiselle des postes ». Le soir, ses qualités d’artiste prennent le pas sur une existence bien rangée : elle travaille sa voix, pratique le piano et la danse. Dès  septembre 1922, elle se produit brièvement sur la scène du théâtre de Néris-les-Bains, en interprétant Thésée, chant d’amour.en seconde partie d’une soirée de  gala, 

▲ Une des toutes  premières et brèves apparitions d’Yvonne Rozille sur scène au théâtre du Casino de  Néris-les-Bains (1922)  ▼

1925 : DES DÉBUTS PROMETTEURS AU THÉÂTRE      

Yvonne Rouzille, devenue Yvonne Rozille, au début de sa carrière

• Une audition qu’elle passe en 1925  pour  PLM, une opérette en trois actes de Rip, alias Georges Gabriel Thenon (1884-1941), sur une musique de Christiné,  lui permet de donner libre cours à son tempérament artistique. Elle est choisie pour reprendre le rôle de Suzette O’Nil, Cri-Cri,  sur les planches des Bouffes Parisiens.

PLM (1925): les débuts d’une carrière sur les planches pour Yvonne Rozille
Georges Gaillard (1877-1953), ami puis époux d’Yvonne Rozille

• Une nouvelle vie s’ouvre désormais à elle, entre théâtre et cinéma.  Elle se lie d’amitié avec Georges Gaillard (1877-1953), de 23 ans son aîné, préfet honoraire, industriel, administrateur de société   et officier de la Légion d’honneur. Egalement homme de lettres et amateur de théâtre, il aura la capacité de la  soutenir dans sa carrière. Georges Gaillard, qui  a été codirecteur du Théâtre du Vaudeville, a  fondé la Revue de Hollande,  une revue littéraire qui consacrait de nombreux auteurs célèbres, notamment André Maurois. Il est par ailleurs directeur du Monde colonial illustré. Toutefois, leur union ne sera officiellement célébrée que le 25 mai 1940, à la mairie de Neuilly-sur-Seine.

Portrait d’Yvonne Rozille dans la pièce de théâtre M. de Saint-Obin (1925-1926)
M. de Saint-Obin, pièce créée en 1925 au Théâtre des Variétés et reprise en 1926 au théâtre de la Renaissance
Les chevaux de bois (1933) au théâtre de la Potinière (caricature de Pierre Payan)

1925 – 1939 : DES RÔLES QUI SE SUCCÈDENT SUR SCÈNE ET SUR GRAND ÉCRAN

Vive Le Roy, fantaisie opérette en 3 actes  au Théâtre des Capucines (1929): Yvonne Rozille joue aux côtés de  Dranem, Jean Sablon, Arletty, Jane Cheirel et Suzanne O’Neill 

• Pour Yvonne Rouzille devenue Rozille, les rôles se succèdent au théâtre et au cinéma. Sur scène, son nom figure à l’affiche d’une quinzaine de pièces entre 1925 et 1933. Cette dernière année, on ne dénombre pas moins de 5 pièces dans lesquelles elle joue.

Les premières apparitions d’Yvonne Rozille au cinéma, avec des débutants qui s’appellent Edwige Feuillère ou Claude dauphin

• Au cinéma, sous la direction de metteurs en scène comme Abel Gance, Yves Allégret, Julien Duvivier ou encore Henri Diamant-Berger, elle a des partenaires prestigieux qui s’appellent Edwige Feuillère, Jean Gabin, Claude Dauphin, Louis de Funès ou Jean-Pierre Marielle. Sa filmographie, qu’on retrouvera à la suite de cet article, atteste de la richesse et de la variété de son parcours.

 

De La coqueluche de ces dames à Golgotha...Des genres totalement différents
Cinémonde (1935), retrace la parcours d’Yvonne Rozille

• C’est entre 1935 et 1939 que sa carrière sur grand écran  se révèle la plus prolifique avec  une quinzaine de films, dont 5 pour la seule année 1935, 3 en 1937 et 4 en 1939. Cette année-là, elle joue dans Louise, sous la direction d’Abel Gance (1889-1981) qui, lui aussi, a passé une partie de son enfance à Commentry, auprès de ses grands-parents Perthon, qui demeuraient rue de la Ganne. La seconde guerre mondiale met sa carrière cinématographique entre parenthèses. Après la victoire des Alliées, les tournages se feront plus rares, avec seulement 3 films, dont le dernier, « Faites sauter la banque », de Jean Girault, le futur réalisateur de la série des Gendarmes à Saint-Tropez. Yvonne Rozille côtoie un acteur en pleine ascension, Louis de Funès.

Yvonne Rozille, au sommet de sa carrière théâtrale et cinématographique, à la fin des années 1930
Tout va très bien, madame la marquise (1936), aux côtés de Noël-Noël, Maurice Escande et Marguerite Moreno
Faites sauter la banque (1963), son ultime film aux côtés de Louis de Funès et de Jean-Pierre Marielle
Yvonne Rozille (à droite), associée à d’autres vedettes, dans une publicité 

• À l’instar d’autres jeunes vedettes, Yvonne Rozille avait été sollicitée par les agences de publicité. On peut ainsi la retrouver, dans les années 1930,  associée à plusieurs « canons de beauté » de l’époque, afin  de vanter l’efficacité d’une « crème du Docteur Muller ».

• Ses partenaires publicitaires s’appellent Christiane Dargyl, danseuse à l’Opéra de Paris, Maud Loty (1894-1976), Gaby Morlay (1893-1964) ou Nadine Picard (1896-1938), toutes actrices comme elle. Yvonne Rozille pratiquait également beaucoup l’équitation et elle fut membre fondateur du Club des Amazones. C’est d’ailleurs avec un numéro d’équitation qu’elle participait régulièrement au Gala de l’Union des artistes.

Publicité extraite du programme de l’opérette de Maurice Yvain « Pas sur la bouche« 
Yvonne Rozille, sportive et cavalière émérite
Yvonne Rozille dessinée par Isabelle Bouesnard en 2011

 DES LIENS CONSERVÉS AVEC COMMENTRY ET SON BOURBONNAIS NATAL

• Bien qu’installée à Paris, Yvonne Rozille n’en cultivait pas moins ses attaches bourbonnaises avec un goût prononcé pour le terroir, l’architecture et la gastronomie. Elle s’adonnait d’ailleurs avec joie au jardinage dans une propriété à la campagne.  Malgré son éloignement, elle restait fidèle à sa ville natale et ne manquait pas d’envoyer des cartes postales à sa famille.

Une carte postale adressée à sa famille, depuis Monaco

Décédée à Grasse, le 1er décembre 1985, Yvonne Rozille avait choisi de reposer en terre bourbonnaise, au cimetière de Commentry. Sur la stèle de la famille Vénot – Fanechère – Rouzille – Gaillard, on note une inscription que le visiteur distrait remarquera à peine: « Yvonne Gaillard, née Rouzille, dite Yvonne Rozille, artiste dramatique 1900-1985« . Rien de plus. C’est également là que sont inhumés ses parents, Françoise et François Rouzille, ses grands parents Fanechère, ainsi que son époux, Georges Gaillard, décédé lui aussi à Grasse,  en 1953.

La tombe d’Yvonne Rozille et des siens, au cimetière de Commentry.

FILMOGRAPHIE

Maurice Diamant-Berger, le premier réalisateur à avoir donné sa chance à Yvonne Rozille

Le titre de chacun des films est suivi entre parenthèses  du rôle interprété par Yvonne Rozille, lorsqu’il est crédité au générique.  (Source principale: Raymond Chirat : Catalogue des films français  de long métrage : 1929-1939 et 1940-1950).

1931

  • Ma tante d’Honfleur de D.B. Maurice (Maurice Diamant-Berger), d’après la pièce de Paul Gavault, avec Yvonne Rozille, Jeanne Cheirel, Florelle, Yvonne Garat, Daniel Lecourtois…

◘ « Une petite chanteuse, sur le point d’être abandonnée par son amant, déclenche une poursuite générale dans la petite ville où il s’est réfugié. Y participent, l’ami de son amant, la tante de l’ami, le secrétaire de l’ami, l’ami conquis et enfin l’amant reconquis. »

  • Mariage d’amour d’Henri Diamant-Berger avec Max Berge

1932

  • Clair de lune de Henri Diamant-Berger, avec Yvonne Rozille (Berthe Lydiane) Blanche Montel , Jeanne Cheirel, Florise, Claude Dauphin…

« Un garçon et une fille partent naviguer et font naufrage sur une île où vit un philosophe qui leur conseille de profiter de la vie. Comme la nuit est à eux, ils s’aiment, puis apprennent plus tard que le philosophe est un fou échappé d’un asile ».

1935

  • La Route heureuse de Georges Lacombe, avec Yvonne Rozille (Tante Anna), Edwige Feuillère, Rosine Deréan, Claude Dauphin… Film tourné en Italie

◘ « Une jeune citadine ne s’accommode ni de la vie à la campagne ni de la vie de famille que lui offre l’homme qu’elle vient d’épouser. Aussi boude-t-elle ses beaux-parents et décide-t-elle, d’erreur en malentendu,  d’abandonner cette existence qui la lasse. L’espoir d’une maternité la ramène cependant à la grande ferme familiale »

  • L’Ecole des vierges de Pierre Weill, avec Yvonne Rozille, Dolly Davis, Monique Rolland, André Roanne, René Ferté…

« Persuadée que son mari la trompe, une jeune femme veut se venger en le trompant, à son tour,  avec un ami du ménage. Heureusement l’irréparable est évité grâce à la cousine de la jeune femme, petite pensionnaire en vacances, qui séduit l’ami et qui se fait épouser ».

  • Golgotha de Julien Duvivier avec Yvonne Rozille, Edwige Feuillère, Jean Gabin, Robert Le Vigan, …Film tourné en Algérie.

◘« Les derniers jours de la vie de Jésus, depuis son entrée à Jérusalem jusqu’à sa crucifixion et sa  résurrection ».► Visionner le film complet: 

  • Le train d’amour de Pierre Weill avec Yvonne Rozille, Wanda Gréville, Colette Darfeuil, Alice Tissot, Georgius, Nino Costantini, Pierre Juvenet…

◘« Extrêmement jalouse des clientes de son mari, la femme d’un médecin demande le divorce. Le mari se propose d’épouser la fiancée d’un de ses malades à qui, pour guérir sa timidité, il a prescrit de prendre une maîtresse. Le client fait la cour à l’ex-femme de son médecin. Finalement, tous les couples engagés dans cette aventure trouvent le bonheur auquel ils aspiraient… »

  • La Coqueluche de ces dames de Gabriel Rosca, avec Yvonne Rozille, Lisette Lanvin, Gaby Basset, Jeanne Fusier-Gir, Alexandre Dréan, Louis-Jacques Boucot, Georges Peclet…

◘« Un jeune compositeur s’aperçoit avec terreur que sa fiancée demande au Prince-Mystère des conseils pour la conduite de son futur ménage. Le Prince-Mystère est un présentateur de radio adoré par ses auditrices. Pour se débarrasser de ce personnage encombrant, le jeune homme fait passer un de ses camarades pour la fameuse idole,  devenue le pire des mufles ».

1936

  • Tout va très bien madame la marquise, de Henry Wulschleger, avec Yvonne Rozille, Marguerite Moreno, Colette Darfeuil, Noël-Noël, Maurice Escande, Félix Oudart…Musique de Paul Misraki.

◘« Yannick est congédié parce que sa négligence a causé l’incendie du château de la marquise de Ploevic. Le voici à Paris où il apprend avec honte l’inconduite de sa sœur et où il échoue piteusement dans la carrière dramatique. Il regagne, tout heureux, son village breton pour retrouver la petite fiancée un instant négligée ».

  • La Madone de l’Atlantique de Pierre Weill avec Yvonne Rozille (Madame Dorland), Josseline Gaël, Alice Tissot, Wanda Warell, Nino Costantini, Jean Lumière…

« Une jeune femme pour qui le mariage est un sport, passe son temps entre les presbytères et les tribunaux. Elle vient de rompre sa septième union et quelques prétendants décident de lui donner une bonne leçon. Elle est victime d’un enlèvement simulé et accorde sa main au plus valeureux des jeunes gens. Mais pour combien de temps ? »

1937

  • Un soir à Marseille de Maurice de Canonge, avec Yvonne Rozille, Colette Darfeuil, Jeanne Fusier-Gir, Milly Mathis, Fernand Charpin. Antonin Berval, Pierre Larquey, Paul Demange…

◘ «À Marseille, l’inspecteur Francis aidé d’une journaliste, enquête sur l’assassinat de la femme d’un riche industriel. Les soupçons se portent sur l’amant puis sur le mari de la victime. Mais le coupable est une artiste de cirque, craignant que la jeune femme ne reprenne la place qu’elle avait quittée pour se marier ».

  • Arsène Lupin détective d’Henri Diamant-Berger, avec Yvonne Rozille, Suzy Prim, Rosine Deréan, Suzanne Dehelly, Jules Berry, Gabriel Signoret, Robert Ozanne…Dans ce film, le dernier tourné par Gabriel Signoret, décédé en mars 1937, figure au générique Arlette Stavisky,  l’épouse du célèbre escroc mort en 1934.► Visionner le film complet:

◘ « Le sympathique gentleman – cambrioleur monte une agence de renseignements sous le nom de Barnett. Arsène Lupin, fidèle à lui-même, se joue de ses clients et de la police avec laquelle il collabore. Il piège les coupables du meurtre d’un caissier mais se voit démasqué par un journaliste qui le dénonce. L’homme de presse a bénéficié d’un tuyau. Un criminel a en effet reconnu, sous les traits de Barnett, le fameux gentleman – cambrioleur. Lupin se retrouve avec la police à ses trousses, bien décidée à le mettre derrière les barreaux. Arrêté par la police, il parvient à s’enfuir, avec la maîtresse de l’assassin… »

 

  • La Fessée de Pierre Caron, sur un scénario de Jean Nohain, avec Yvonne Rozille (La princesse Henriette), Mireille Perrey, Marguerite Moreno, Micheline Presle, Albert Préjean, Claude Dauphin, Julien Carette, Armand Bernard, Robert Ozanne…

◘ « Un mari outré par les insolences de sa femme, la corrige devant la fenêtre. Un habitant de la maison d’en face a photographié la scène et la photo fait le tour de Paris, devenant entre les mains d’ouvriers en grève, le symbole de la révolution, puis, l’opinion s’étant retournée, l’image de l’ordre fustigeant l’anarchie… »

1938

  • L’avion de minuit de Dimitri Kirsanoff d’après le roman de Roger Ladric avec Yvonne Rozille (Mrs Clark), Colette Darfeuil, Ginette d’Yd, Muguette Belval, Jules Berry, André Luguet, Robert Le Vigan, Abel Jacquin, Nino Costantini,…

◘ « Le temps d’une escale, le pilote de ligne Morel et Colette filent le parfait amour. Elle a soin de lui cacher qu’elle est compromise dans les agissements d’une bande de malfaiteurs.  Colette parvient à échapper à ses dangereux amis tandis qu’une fusillade extermine les mauvais garçons. »

1939

  • Le Moulin dans le soleil de Marc Didier, avec Yvonne Rozille (Benjamine), Orane Demazis, Milly Mathis, Jacqueline Pacaud, Gaston Rullier, Robert Vattier,  Fernand Sardou, Marc Dantzer…

◘ « L’aventure sentimentale d’un vieux célibataire dans la quarantaine, maire de son village et riche propriétaire du moulin qui s’est soudain amouraché d’une jeune parisienne de 20 ans, alors que cette dernière aime son neveu. Cette folie met toute sa maison en déroute. Après avoir esquissé un acte vengeur, le meunier retrouve son amie d’enfance qui ne demandait qu’à le rendre heureux…»

  • Face au destin d’Henri Fescourt, avec Yvonne Rozille, Gaby Sylvia, Josselyne Gaël, Marguerite Pierry, Georges Rigaud, Jules Berry, Jean Max…

◘ « Jean et Madeleine, tous deux employés modestes, rêvent de mener pour un soir la grande vie. L’expérience tourne à la catastrophe. Plus tard, après avoir épousé un aristocrate allemand qui, en réalité est un espion, Madeleine retrouve Jean qui s’était engagé dans la Légion. L’allemand démasqué, ils peuvent enfin se marier ».

  • Sidi-Brahim de Marc Didier, sur un scénario d’Yves Mirande, avec Yvonne Rozille, Colette Darfeuil, René Dary, Abel Jacquin, Henri Bosc,  Raymond Aimos…Le film tourné en 1939 n’est sorti sur les écrans qu’en 1945. Il a été aussi parfois exploité sous le titre Les diables bleus.

◘ « Un commandant des chasseurs alpins est accusé d’espionnage et condamné à mort. Il est innocenté à l’ultime minute par les aveux d’une espionne sur le point d’être exécutée ».

  • Louise d’Abel Gance, sur un scénario de Roland Dorgelès, d’après l’opéra comique de Gustave Charpentier. Avec Yvonne Rozille (une cliente), Grace Moore, Suzanne Desprès, Ginette Leclerc, Pauline carton, Robert Le Vigan, Georges Thill…

◘ « Louise, petite ouvrière, est amoureuse du compositeur Julien, son voisin. Devant le refus obstiné de ses parents de consentir à son mariage, elle s’enfuit en compagnie du musicien. Elle revoit, un jour, son père malade et malgré ses supplications, Louise retourne à son destin ».

1945

  • Mensonges de Jean Stelli avec Yvonne Rozille (Madame Dumontel), Gaby Morlay, Jacqueline Porel, Mona Dol, Jean Marchat, Henri Nassiet, Dominique Nohain, … Le film est d’abord sorti sous le premier titre de Histoires de femmes.

◘ «  Bellâtre d’une petite ville, Olivier a séduit la femme du médecin. Condamnée à dix ans de prison parce qu’Olivier a tué son mari,  cette dernière entreprend de se venger à sa sortie de prison, d’autant plus qu’elle a appris que son amant était le véritable coupable et  qu’il tente maintenant de séduire la fille de sa victime. Elle finit par le tuer, avant de se jeter dans un étang».

1949

  • Manèges d’Yves Allégret, avec Yvonne Rozille, Simone Signoret, Jane Merken, Mona Dol, Bernard Blier, Jean Ozenne,Gabriel Gobin, …

◘ « Au chevet de sa femme, victime d’un accident de la route, Robert revoit leur passé et assiste à un suffocant déballage de linge sale, de la part de sa belle-mère. Dora lui a grimacé la comédie de l’amour, l’a trompé continuellement, envisageant de le quitter, ne pensant qu’à l’argent, aidée sournoisement par sa belle-mère… Atterré et dégoûté, Robert abandonne les deux femmes, dont l’une restera paralysée...».

1963

  • Faites sauter la banque de Jean Girault, avec Yvonne Rozille (Laura, la femme entretenue par Durand-Mareuil) Anne Doat, Yvonne Clech, Louis de Funès, Jean-Pierre Marielle, Georges Wilson, Claude Pieplu, Dominique Zardi, Jean Lefebvre… Sorti le 25 février 1964, le film n’est resté que deux semaines en exclusivité sur les écrans parisiens avec plus de76 000 entrées cumulées sur cette période, car il a subi une concurrence sévère entre L’Homme de Rio et La tulipe noire, sortis en même temps. Sur l’ensemble du territoire français, le film a atteint les 950 000 entrées, dans un premier temps. Louis de Funès étant devenu une star du cinéma français, Faites sauter la banque ! finira par atteindre 1 918 785 entrées.► Visionner un extrait du film:

◘ « Victor Garnier, petit commerçant en articles de pêche,  a perdu presque toutes ses économies en suivant les conseils de Dubois-Mareuil, directeur de la banque, située en face de son commerce. Ruiné à la suite de ces mauvais placements, une idée géniale lui vient à l’esprit : si la banque lui a volé son argent, lui-même volera la banque. Pour ce faire, avec l’aide de toute sa famille il entreprend de creuser à partir de sa cave une galerie menant à la banque, de l’autre côté de la rue. Cependant, sa fille aînée Isabelle est courtisée par Philippe, un jeune banquier stagiaire qui travaille justement chez Durand-Mareuil…»

THÉÂTROGRAPHIE

Le théâtre des Bouffes Parisiens, où Yvonne Rozille débute sa carrière en 1925, dans PLM, une opérette de Rip

1925

  • P.L.M, opérette en 3 actes de Rip, alias Georges Gabriel Thenon (1884-1941), sur une musique de Christiné – Théâtre des Bouffes Parisiens. Yvonne Rozille reprend le rôle Cri-Cri, interprété par Suzette O’Nil.
  • Pas sur la bouche, opérette de Maurice Yvain – Créée au Théâtre des Nouveautés, avec Jeanne Cheirel, Berval, Pauline Carton.  La pièce est ensuite reprise en provinces dans le cadre des tournées théâtrales Max, avec Yvonne Rozille

1926

  • Monsieur de Saint-Obin comédie en trois actes d’André Picard (1873-1926) – Théâtre des Variétés – Yvonne Rozille joue le rôle d’Isabelle Corquefou.                             

1927

  • Monsieur de Saint-Obin – Comédie reprise au Théâtre de la Renaissance

    Yvonne Rozille dans la pièce de théâtre M. de Saint-Obin
  • L’Eunuque, comédie dramatique en 3 actes d’Henri Duvernois et André Birabeau – Théâtre Femina. Avec Yvonne Rozille, Jane Chevrel, Mady Berry…

1928

  • L’Arpète, pièce gaie d’Yves Mirande et Gustave Pinson, sur une mise en scène d’Edmond Roze – Théâtre de la Scala. Avec Yvonne Rozille, Jacqueline Parisys, Georgette Daria, Robert Bossie…
  • Brout, pièce en 3 actes de Léon Régis, sur une mise en scène de Camille Corney – Studio des Champs-Elysés (Théâtre des jeunes auteurs). Avec Yvonne Rozille, Georges Adet, Louis Allibert, Laurent Zacharie…

1929

  • La dame en gris, d’après le roman de Georges Ohnet (1895), sur une mise en scène d’Harry Baur – Théâtre de La Comédie Caumartin. Avec Yvonne Rozille, Marie Lecomte, Hubert Prélier, …
    ▲  Vive Le Roy  ▼

  • Vive Le Roy, fantaisie opérette en 3 actes – Théâtre des Capucines du 5 au 30 mai 1929. Avec Yvonne Rozille, Dranem, Jean Sablon, Arletty, Jane Cheirel…

1933

  • En deuil de l’amour, pièce de Rachilde et George Karouké – Théâtre Camille Choisy – La Potinière. Avec Yvonne Rozille et Jeannette Doisy…
  • L’Orgie, drame en 3 actes de M. Duliant – Théâtre Camille Choisy – la Potinière. Avec Yvonne Rozille, Maryse Leroy, Eve Lyne, Marcelle Renot …
  • Un visage dans la nuit avec Yvonne Rozille, Jeannette Choisy, Eve Lyne, Gérard Férat…
  • Les chevaux de bois, comédie en 3 actes de AP Antoine et Maxime Lévy – Théâtre Camille Choisy – la Potinière – Théâtre de la Renaissance. Avec Yvonne Rozille, Marie Lecomte, M Duteil, –

 

◘  SAVOIR PLUS…

 GEORGES GAILLARD, ÉPOUX D’YVONNE ROZILLE

Georges Gaillard (1877-1953), ami puis époux d’Yvonne Rozille

Georges Gaillard, né le 26 janvier 1877, à Bougie, en Algérie, est décédé à Grasse (Alpes-Maritimes) le 22 novembre 1953. Son père, Paul Gaillard, avocat et bâtonnier du barreau de Constantine, descendait d’un magistrat lyonnais républicain qui avait été condamné à la déportation en Algérie pour avoir soutenu la révolte des Canuts. Georges Gaillard avait trois frères qui, tous engagés volontaires en 1914-1918, se distinguèrent aux combats, durant lesquels l’un d’eux fut mortellement blessé.

• Après un doctorat en droit à Paris, Georges Gaillard, plus jeune avocat de France, s’inscrivit au  barreau d’Alger. Totalement opposé à la peine de mort, il devait quitter rapidement les prétoires   pour entrer dans l’administration préfectorale, occupant plusieurs postes de sous-préfet (1901-1911),  puis de chef de cabinet du ministre de la Marine. Engagé volontaire en 1914, comme ses frères,  il accomplit d’importantes missions comme officier du 2ème  bureau, notamment aux Pays-Bas et en Belgique. À partir de ses observations et de témoignages, il rédige anonymement des articles pour les journaux français (Le Temps, Excelsior, Le Matin...), dans lesquels il dénonce les exactions allemandes en Belgique. Entre 1916 et 1917, mandaté par Georges Clemenceau,  il participe à plusieurs missions secrètes en Espagne.  Il négocie ainsi  au nom de  la Direction générale des fabrications d’artilleries du Ministère de la Guerre pour finaliser des accords entre le Comité des Forges français, dont il est délégué, et les métallurgistes espagnols. Il s’agit de favoriser les approvisionnements en métaux destinés à l’armée française.

• Après avoir épousé en première noce l’héritière des Laminoirs, tréfileries, câbleries  de Lens, il a quitté définitivement l’administration préfectorale en 1911, avant de prendre la tête de cette entreprise, à laquelle il donne un nouveau souffle (1918-1938). Il est  en même temps administrateur de nombreuses autres sociétés (chantiers maritimes, grands hôtels…).

Proche des milieux radicaux-socialistes, opposé à la droite anti-dreyfusarde au moment  de l’Affaire Dreyfus  et admirateur de Jaurès, il a développé une activité sociale importante dans son usine de Lens.  Ayant soutenu le capitaine Dreyfus, il était lié à son frère, Mathieu Dreyfus. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il recueillit et cacha dans sa propriété de campagne les enfants de la petite-fille de Mathieu Dreyfus pour les soustraire à la déportation. Proche du général Giraud, rival du général de Gaulle, Georges Gaillard a travaillé secrètement à une tentative de réconciliation entre les deux hommes après 1945.

Mlle Yvonne Rozille  aux côtés de Georges Gaillard qu’elle a épousé en 1940, dans la création d’une entreprise en 1941

• C’est seulement  en mai 1940 qu’il a épousé Yvonne Rozille, qu’il avait probablement connu par sa fréquentation des théâtres. Grand lettré, il a compté parmi ses relations amicales  aussi bien André Maurois que Sacha Guitry, Yves Mirande ou Colette. C’est ce qui le conduisit à s’investir  dans la presse littéraire, en co-fondant la Revue de Hollande. Décédé à Grasse en novembre 1953, Georges Gaillard qui était notamment officier de la Légion d’honneur, à titre militaire, repose au cimetière de Commentry, aux côtés de sa seconde épouse et de ses beaux parents.

© Laurence DEBOWSKI

QUELQUES DOCUMENTS …

Revue Cinémonde (1935)
L’exposition Allons au théâtre, à la Pléiade de Commentry (2011) (extrait de La Montagne)

◘ Principales sources

►BIFI

► BnF Gallica – Revue Comoedia programmes

► Espace Culturel la Pléiade (Ville de Commentry) – Fonds Yvonne Rozille

► Documents Famille Gaillard-Meyer

►Collection personnelle de Laurence et Patrick Debowski,

► Photos Encyclopédie multimédia de la comédie musicale théâtrale en France de 1918 à 1944 (sources Internet).

À LIRE ÉGALEMENT SUR CE BLOG, DANS LA SÉRIE DESTINS D’ACTRICES

Maurice SARAZIN

• La Moulinoise Suzy Carrier (1922-1999), vedette de cinéma des années 1940 et 1950

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        Jean-Paul PERRIN & Maurice SARAZIN

  • Annie Mourraille (1913-1984), comédienne de théâtre  mais aussi complice de l’assassinat de Marx Dormoy

https://vudubourbonnais.wordpress.com/2016/11/23/annie-mouraille-du-theatre-et-de-lecriture-a-lassassinat-de-marx-dormoy/

       Jean-Paul PERRIN

  • Gabrielle Robinne (1886-1980) : le nom d’un théâtre mais pas seulement…

https://vudubourbonnais.wordpress.com/2017/05/01/%E2%97%98-biographie-gabrielle-robinne-1886-1980-le-nom-dun-theatre-mais-pas-seulement/ 

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« VOUS CONNAISSEZ PIERRE PAPILLAUD ? »…ROZANA BIEN SÛR, MAIS AUSSI SAINT-YORRE, VICHY CÉLESTINS ET CHATELDON

Jean-Paul PERRIN

Mise à jour: 24 juin 2017         Contact: allier-infos@sfr.fr

Décédé le 13 juin, à l’âge de 81 ans, Pierre Papillaud aurait pu rester le très discret actionnaire majoritaire et patron du groupe  Alma, basé à Alençon dans l’Orne. C’est Alma qui embouteille et commercialise notamment les eaux Saint-Yorre, Vichy Célestins et Châteldon, autant de sources bourbonnaises dont la notoriété n’est plus à démontrer. Pourtant, c’est une autre source, Rozana, qui a fait connaître sur le tard Pierre Papillaud   auprès du grand public. Rares sont les téléspectateurs qui ont pu échapper à l’une de ces publicités, vantant les vertus de Rozana, liées à sa teneur en magnésium. Pierre Papillaud, debout, interpellant directement le consommateur,  dans une tonalité un rien kitsch, plus proche de la « réclame » que de la publicité moderne, y faisait l’article pour son eau. Un personnage haut en couleur, atypique et paternaliste à souhait, qui s’était hissé en quelques années au rang de 67ème fortune de France, et  sur lequel Vu du Bourbonnais a choisi de revenir.

« VOUS CONNAISSEZ ROZANA ? »

Pierre Papillaud, il y a quelques mois

• « Vous connaissez Rozana ? »… Dans ses spots publicitaires télévisés, consacrés à cette eau minérale longtemps anonyme, messages à la ringardise assumée et fleurant bon la réclame d’antan, Pierre Papillaud, président de la société Roxane, propriétaire de Rozana,  répétait inlassablement cette question pour interpeller le consommateur en puissance. Il fallait lui  faire prendre conscience des vertus uniques  de son eau pétillante, « na-tu-rel-le-ment gazeuse! » et « riche en magnésium« . Le tout débouchant sur une interrogation à la réponse plus que  téléphonée : « Les autres marques peuvent-elles en dire autant ? ». Une publicité qui avait fait de lui, sur le tard, une « vedette » de la communication, le propulsant même au rang de phénomène sur Twitter : un compte parodique qui y avait été ouvert a pu réunir plus de 27 000 suiveurs.

CHEZ ROXANE, DEPUIS PRÈS DE  60 ANS

Saint-Quentin-de-Chalais, village natal de Pierre Papillaud

• Derrière l’image de « l’acteur » publicitaire, se cachait l’histoire d’un presque  self made man, qu’il avait partiellement dévoilée  en décembre 2015, sur le plateau de  France 5, lors d’une interview fortement commentée sur les réseaux sociaux : « J’ai fabriqué des caisses quand j’étais jeune avec un marteau et des clous et je me levais à 4 h 30 du matin », avait-il alors déclaré en préambule. Il en rajoutait même parfois, comme dans une interview donnée en  janvier 2016 à La Charente Libre:  » Quand je disais qu’on se lavait qu’une fois par an, qu’on changeait les draps qu’une fois tous les trois mois, ça étonne mais c’est vrai. J’ai connu l’extrême pauvreté. Mon père, officier de l’armée, s’était fait baiser (sic) en Belgique pendant la guerre et il a été fait prisonnier. J’ai été élevé par ma grand-mère à Saint-Quentin. Il y avait deux vaches, 16 hectares de serres et on marchait pieds nus. C’est comme cela. » Et d’ajouter: « Ce sont des années qui m’ont appris beaucoup, la bonté et aussi un peu le commerce ». Une image forte, mais qui ne doit tout de même pas pour autant  lui forger celle  d’une enfance de gamin à l’abandon,  à la Dickens. Selon le quotidien Ouest-France, « Celui qui se revendiquait autodidacte paternaliste, un peu «anti-tout», était volontiers provocateur ».

Une enfance difficile: « On ne se lavait qu’une fois par an« … affirmait  Pierre Papillaud

• Né le 1er juillet  1935, à Saint-Quentin-de-Châlais (Charente) , il était le fils d’un officier de l’armée et d’une institutrice de Vignonet (Gironde).  Cette dernière avait trouvé refuge en Normandie, à La Roche-Mabile (Orne), durant la seconde guerre mondiale, alors que son mari était prisonnier en Allemagne. À l’adolescence, Pierre Papillaud  avait intégré le Prytanée militaire de La Flèche, se destinant alors à une carrière militaire. Il aurait pu entrer à  Saint-Cyr mais il y avait, disait-il,  volontairement renoncé,  en raison de  la politique que menait alors la France en Indochine. Son expérience militaire, ce devait être  l’Algérie jusqu’en 1959, en tant que sous-officier de réserve.  Autre confidence du roi de l’eau minérale :    « Enfant, je gardais les vaches, sabots aux pieds. Certificat détudes en poche, jai commencé à latelier en mettant de leau en bouteille. Après des vacances en Algérie, je suis rentré en France, dans l’Orne, travailler avec Lucien Lobjoit, un commerçant en vins et liquoreux qui se lançait dans la limonade. »

Lucien Lobjoit, mort à 103 ans...

• En fait, Lucien Lobjoit avait lancé son entreprise d’embouteillage d’eau  en 1954, à la Ferrière-Bochard, une petite commune de l’Orne où se trouve toujours le siège de Roxane. Il   avait préssenti la diminution de la consommation du vin et il avait alors compris qu’il lui faudrait sans doute négocier, un jour ou l’autre, un virage vers la commercialisation des boissons non alcoolisées. Autant l’anticiper plutôt que le subir. C’est en 1959 que Pierre Papillaud avait rejoint Roxane, après avoir épousé la fille du propriétaire des terrains sur lesquels se trouvaient  les sources Roxane qu’exploitait Lucien Lobjoit.

LA CONSTRUCTION D’UN EMPIRE DES EAUX MINÉRALES

La Ferrière-Bochard (Orne), le berceau du groupe Roxane

• En quelques années, sur fond de  30 Glorieuses, avec l’essor de la consommation des sodas et des eaux minérales, qu’il avait été un des premiers à commercialiser  en bouteilles plastique, tout en profitant de la multiplication des grandes surfaces, Roxane avait connu une croissance  rapide. La PME familiale s’était ainsi  informatisée dès 1964, avait recruté des ingénieurs agro et des polytechniciens, ce qui passait pour incongru, et elle avait commencé à s’implanter au Benelux et  aux États-Unis. La croissance s’était aussi faite par le rachat de sources aussi diverses que la très populaire Cristaline (vantée sur les écrans par le très économe Guy Roux)  ou la très sélecte  et « quasi-royale » Chateldon, dont la marque avait été relancée… En s’affranchissant, il est vrai, de la vérité historique, comme l’a rappelé Maurice Sarazin dans un autre article de Vu du Bourbonnais. Avec Cristaline, il avait eu une idée « de génie«  lui permettant de réduire considérablement le coût du transport: faire embouteiller sous une même marque une eau provenant de sources différentes. Ainsi la Cristaline bue à Marseille n’aura pas la même provenance que celle bue à Lille.

Cristaline, l’eau de source(s) la plus vendue en France, aujourd’hui, longtemps vantée par le très économe Guy Roux ▼

Guy-Roux-Cristalline

Vichy Célestins, toute comme Saint-Yorre ▼, deux eaux tombées dans l’escarcelle de Pierre Papillaud…
ainsi que Chateldon, « la royale »

• Avec Vichy Célestins, Saint-Yorre et de nombreuses autres sources, le groupe Alma dont Pierre Papillaud était devenu l’actionnaire majoritaire en 2008,  pouvait se vanter d’être présent dans 43% des foyers français. Fort de ses 60 sources, de ses   42 usines d’embouteillage employant plus de 3 000 personnes  dans toute l’Europe, il produit 4 milliards de bouteilles par an.  Aux eaux minérales, il faut ajouter les boissons sucrées dont les sodas avec la célébrissime marque Pschitt. De quoi constituer le 3ème groupe mondial du secteur derrière les mastodontes Nestlé et Danone.

La chaîne d’embouteillage de la Saint-Yorre: 60 millions de bouteilles produites par an
L’usine d’embouteillage de Chateldon: 4 millions de bouteilles verre par an

LA 67ème FORTUNE PROFESSIONNELLE DE FRANCE 

téléchargement challen,ges• Source par source, de rachat en prises de contrôle,  Pierre Papillaud s’était bâti un véritable empire des eaux minérales, au point de figurer dans le top 100 des fortunes françaises établi par le magazine Challenges... malgré l’extrême discrétion du groupe Alma qui laisse filtrer peu d’informations sur son chiffre d’affaires. En 2016, dans la dernière édition, il était classé avec sa famille  au 67ème  rang, avec le commentaire suivant : « Ces discrets Normands contrôlent 51 % du 3ème  distributeur d’eau en France (CA : environ 850 M€). Les 49 % restants ont été vendus au japonais Otsuka ». De son côté, La Montagne le décrivait ainsi en 2016 : « Malin et discret, ce géant de l’eau âgé de 80 ans réalise un chiffre d’affaires estimé à 750 millions d’euros – il ne publie pas ses chiffres. Papillaud a réussi un joli coup de com en apparaissant en personne dans les pubs de la marque auvergnate Rozana »

La holding Alma-Roxane ou l’empire Papillaud

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• Bien que très loin derrière les Liliane Bettencourt, Bernard Arnault et autres Gérard  Mulliez et consorts, sa fortune professionnelle n’en était pas moins estimée à 1 050 M€ en 2016 Le même magazine rappelait qu’elle ne s’élevait qu’à 100 M€ en 2006 mais qu’elle avait bondi à 500 M€ en 2008, à 800 M€ en 2013 et qu’elle avait atteint la barre du milliard d’euros en 2015.  Des chiffres qui peuvent surprendre quand on pense à l’image « modeste » que donnait de lui Pierre Papillaud. Y compris dans son apparence vestimentaire, qui affichait une sobriété banale, que ce soit dans la publicité pour Rozana ou dans les rares émissions de télévision où il était apparu, notamment sur France 5, fin 2015.

Sans titreb
Pierre Papillaud, 67ème fortune professionnelle de France, ex-aequo avec la famille Badinter (Publicis) et Jacques-Antoine Grangeon (Vente-Privée.com)

• Pas de Rotary ni de Lion’s club pour celui qui était pourtant devenu plus qu’un notable de province. Ouest France écrit d’ailleurs à ce propos que   « Pierre Papillaud savait qu’il n’avait que peu d’amis dans l’establishment industriel local ». Ce que l’intéressé lui-même aimait à rappeler : «Je ne suis pas du genre à fréquenter les CCI ni les unions patronales.» Selon Alain Lenormand, le maire de La Ferrière-Bochard (Orne) où  Roxane avait son siège depuis un demi-siècle,  «Il ne vivait que pour l’entreprise et si Roxane en est là c’est grâce à lui ».

Quelques-unes des marques d’eaux minérales et d’eaux de source du groupe Alma

VICHY CÉLESTINS, SAINT-YORRE ET CHATELDON DANS L’ESCARCELLE DE PIERRE PAPILLAUD

• Dans son escarcelle, aux côtés de Cristaline, de Vernière, de Courmayeur, de Thonon, de Vals et de nombreuses autres marques « régionales », Pierre Papillaud avait engrangé trois grandes sources bourbonnaises : Saint-Yorre (60 millions de bouteilles par an), Vichy Célestins (40 millions) et la très chic Chateldon (seulement 4 millions), pour laquelle,  a contrario de la plupart des autres,  il avait choisi de conserver la bouteille en verre, ornée d’une luxueuse étiquette, revoyant au règne de Louis XIV. Plus de 100 millions de bouteilles partent de l’usine d’embouteillage de Saint-Yorre qui s’étend sur une quarantaine d’hectares et emploie 150 salariés. Plusieurs restructurations avaient toutefois fait fondre les effectifs.

L’usine de Saint-Yorre, site d’embouteillage à la fois  de la Saint-Yorre et de la Vichy Célestins

• Au début des  années 2000, ils étaient encore plus de 600 mais, comme le rappelle La Montagne – Entreprendre, « l’automatisation de la chaîne d’embouteillage et la recentralisation des activités du groupe a fait fondre les effectifs. Les deux eaux bourbonnaises ont aussi perdu des parts d’un marché très concurrentiel, où leur richesse en sodium n’est plus un avantage. L’activité du site est désormais concentrée sur un seul bâtiment ». Seule la Saint-Yorre, captée pratiquement sous l’usine,  est presque immédiatement embouteillée, après passage par la case dégazéification.

Vichy Célestins…Pour « un teint dans tous ses éclats« 

• L’eau des Célestins est acheminée sur plusieurs kilomètres par une conduite, depuis la source située dans le centre de Vichy jusqu’à l’usine d’embouteillage où 75 000 bouteilles sortent chaque heure de la même ligne de production que la Saint-Yorre. Seule la  Châteldon, proposée dans la restauration et vendue dans les épiceries de luxe, est embouteillée dans la petite usine située dans le bourg de la commune du même nom, dans le Puy-de-Dôme voisin. On se rappelle que cette source fut jadis la propriété d’un certain Pierre Laval, fils d’aubergiste et homme politique qui « finit mal » mais qui fut aussi un homme d’affaires avisé.

« POURSUIVRE CE QU’IL A FAIT, DANS L’ALLIER COMME AILLEURS… »

Des publicités qu’on ne verra probablement plus

• Pour Luc Bayens, directeur général de la société Alma et membre du directoire, qui a appris la nouvelle de la disparition de Pierre Papillaud alors qu’il se trouvait à Saint-Yorre,  «C’était le dernier grand spécialiste dans son domaine, et un meneur d’hommes extraordinaire, qui adorait ses équipes. En 60 ans, il a construit son groupe avec ses hommes autour de lui. Et d’ailleurs, ces hommes avaient fait en sorte de lui permettre de prendre un peu de recul et de se reposer ces derniers temps. Cette équipe très unie ne pourra pas faire autre chose que poursuivre ce qu’il a fait, dans l’Allier comme ailleurs. Il ne faisait pas de distinctions entre les petites et les grandes sources. C’était quelqu’un de très humain, et il nous l’a inculqué. C’est une société familiale, et nous continuerons à nous battre avec les membres de la famille, à travailler ensemble». Quant à l’hebdomadaire L’Orne Hebdo, il a voulu  saluer « une personnalité, un tempérament de feu, un caractère ».

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Cristaline, Saint-Amand, Courmayeur…des sources du groupe Alma
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Roxane et Castel, des sources du groupe Alma (© Aquamania.net)

UN AUTRE VISAGE DE  PIERRE PAPILLAUD

• « Un tempérament de feu » qui a pu aussi conduire Pierre Papillaud à quelques excès dont les médias se sont (parfois) fait l’écho. Derrière l’image bonhomme et un peu roublarde  du bateleur vantant la teneur en magnésium de son eau, sur fond de paysage auvergnat, pouvait aussi se cacher un patron affirmant le peu d’estime dans laquelle il tenait aussi bien les syndicats et organismes  professionnels, que les administrations: « Oui il m’arrive de traiter les gens de cons (sic) et même des gens soit disant importants », reconnaissait-il dans une interview publiée dans La Charente Libre en janvier 2016. Quand on lui parlait de syndicat, il répondait ironiquement par une question: « C’est quoi ca? ». Quant aux journalistes, il ne cachait pas la méfiance qu’ils lui inspiraient. Une anecdote, souvent reprise par les médias, évoque un Pierre Papillaud donnant l’ordre de  faire déplacer par un Feenwick un véhicule d’un représentant de l’administration, pour cause de stationnement gênant sur le parking de son entreprise.

chez vous en 24 heures
▲ ▼ Des campagnes de publicité en faveur de l’eau du robinet qui avaient suscité une contre-campagne de Pierre Papillaud, via Cristaline

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•  Le grand public avait d’ailleurs découvert son nom avec ses  emportements à répétition contre l’eau du robinet et contre les campagnes des collectivités en faveur de cette eau. Le plus spectaculaire de ses éclats datait de janvier 2007. Il avait lancé une campagne d’affichage massive en faveur de la Cristaline, « la moins chère des eaux ».  Une des affiches montrait une cuvette de WC barrée d’une croix avec le slogan « Je ne bois pas l’eau que j’utilise ». À côté de l’exclamation « Qui prétend que l’eau du robinet a toujours bon goût ne doit pas en boire souvent ! », figurait un robinet avec trois flèches rouges pointées vers l’eau qui coulait en indiquant « nitrates »« plomb »,« chlore ». Ce qui n’avait pas manqué de faire  réagir Nelly Olin,  qui était alors la ministre de l’environnement.

▲ Deux  contre  publicités, jugées dénigrantes,  qui avaient valu à Pierre Papillaud quelques soucis avec la justice ▼

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• Des plaintes avaient été déposées, notamment par Eau de Paris, l’organisme  produisant et distribuant l’eau potable dans la capitale, ce qui avait valu    à la société Cristaline d’être finalement condamnée à 100 000 € de dommages en avril 2015. Malgré cela, récemment encore, il n’en démordait pas devant un journaliste de La Charente libre: « Les stations d’épuration n’épurent pas tout, en particulier les résidus de médicaments que l’on donne aux cancéreux. Je le sais très bien, j’ai moi-même un cancer », confiait-il en janvier 2016.

• Autre image moins sympathique du patron d’Alma… Selon plusieurs témoignages, Pierre Papillaud pratiquait  un management humain un peu « rude », d’une autre époque, alternant attentions paternalistes et humiliations. Avec une nette préférence pour le rudoiement verbal de plusieurs de  ses collaborateurs.  Là encore, plusieurs affaires se sont terminées devant les tribunaux. En  2012, le responsable du centre de gestion de l’entreprise, décrit par d’autres employés comme « le souffre douleur » de Pierre Papillaud, avait tenté de mettre fin à ses jours. Amputé des deux jambes, il avait accusé la constante pression morale exercée à son encontre. D’autres cadres avaient dénoncé  l’atmosphère qui s’était installée à l’intérieur de l’entreprise et les méthodes de travail de Pierre Papillaud, certains allant jusqu’à parler « d’injures et d’humiliations publiques ».

Sans titre
Capture d’écran du Site Atlantico (5 décembre 2014)

• Dans un autre ordre d’idées,  le nom de Pierre Papillaud faisait partie de la longue liste des noms qui avaient été cités  en 2016 dans l’affaire dite des  Panama Papers, à propos de Krewitt Ltd, une société installée dans le paradis fiscal des îles Vierges britanniques. Sans toutefois que l’affaire aille plus loin.

©Le Monde (9 avril 2016): Une mystérieuse société Krewitt Ltd

PDG ROZANA: UN COMPTE PARODIQUE SUR TWITTER

Capture d’écran du compte Twitter parodique…Où il est beaucoup question du magnésium…

Le défenseur acharné des « bienfaits naturels » de ses eaux minérales riches en magnésium, au look improbable,  était devenu, involontairement une star sur Twitter. En décembre 2013, un compte parodique @PDGRozana avait fait son apparition sur le réseau social, reprenant slogans publicitaires et annonces politiques détournés, y compris dans sa formule de présentation du compte : «L’eau exceptionnellement riche en magnésium. Les autres comptes Twitter peuvent-ils en dire autant ? »  Un compte parodique suivi tout de même par  près de 27.000 personnes et qui a disparu  avec celui qui l’avait inspiré.

Pour retrouver les publicités de Rozana :

Pour en savoir plus…

Le classement des 500 plus grandes fortunes de France dans la revue Challenges : https://www.challenges.fr/classements/fortune/2016/

Pierre Papillaud, un patron qui fait des bulles, à lire sur le site de La Charente libre:http://www.charentelibre.fr/2016/01/13/un-patron-qui-fait-des-bulles,3010901.php

Cristaline condamné pour avoir dénigré l’eau du robinet dans ses pubs. À lire sur le site France info : http://www.francetvinfo.fr/economie/cristaline-condamne-pour-avoir-denigre-l-eau-du-robinet-dans-ses-pubs_879535.html

Harcèlement moral : les étranges méthodes d’un des plus grands distributeurs d’eau français, sur le site Atlantico : http://www.atlantico.fr/decryptage/harcelement-moral-etranges-methodes-plus-grands-distributeurs-eau-francais-rozana-pierre-papillaud-alain-vidal-gilles-gaetner-1889111.html

Maurice Sarazin: Louis XIV et l’eau de Chateldon, de la légende à la vérité historique:  https://vudubourbonnais.wordpress.com/2017/04/19/%E2%97%98-louis-xiv-et-leau-de-chateldon-de-la-legende-a-la-verite-historique/

Site parodique Twitter : https://twitter.com/PDGRozana

Les pouvoirs stupéfiants du magnésium, vus par des internautes facétieux…

 

 

EXPOSITION: « ROLL AND SWING », LA BATTERIE EN VEDETTE AU MUPOP, À MONTLUÇON

MISE À JOUR: 14 JUIN 2017        CONTACT: allier-infos @ sfr.fr

UNE NOUVELLE EXPOSITION  AU MUPOP  DU 1er JUILLET AU  31 DÉCEMBRE

  • Après les expositions temporaires consacrées à Michel Polnareff (2015) et aux Années Disco (2016), le MuPop (Musée des musiques populaires de Montluçon) a choisi de mettre à l’honneur la naissance de la batterie en France et son histoire. Ce sera « Roll and Swing », une exposition riche d’une quarantaine d’instruments rares, visible du 1er juillet au 31 décembre. C’est Philippe Nasse qui en assume le commissariat, en collaboration avec Éric Bourgougnon, conservateur du MuPop. Musicien et réalisateur de films documentaires sur les percussions, il a consacré une dizaine d’années à ses recherches sur l’origine des batteries en France.

 ◘ UN APPORT ESSENTIEL DES COLLECTIONS PRIVÉES

Éric Bourgougnon, conservateur du MuPop

Le montage de cette exposition a nécessité plusieurs années,  Philippe Nasse et Éric Bourgougnon reconnaissant  y avoir travaillé, « de manière officieuse »  depuis 2010. Seules trois ou quatre  batteries ont été extraites des collections du MuPop. Toutes les autres, soit une quarantaine, sont issues de collections  privées. Il a fallu souvent déployer de savants efforts pour convaincre leurs propriétaires de les  confier au MuPop.  La famille Bergerault a ainsi prêté des modèles imaginés par Albert Bergerault, l’inventeur des batteries automatiques et créateur d’une entreprise installée en Touraine depuis 1926.

◘  POUR SORTIR LA BATTERIE DE L’OMBRE

  • Philippe Nasse, commissaire de l’exposition

    Premier objectif affiché par Éric Bourgougnon: sortir de l’ombre cet instrument, pourtant essentiel à la qualité d’un groupe, mais encore trop souvent méconnu. Philippe Nasse rappelle, de son côté, le dicton selon lequel «il n’y a pas de bons orchestres, il n’y a que de bons batteurs ». Ce choix s’explique aussi par la volonté du MuPop de varier les thèmes de ses expositions temporaires, pour ne pas se cantonner à «  des biographies ou des répertoires, sous peine de lasser le public», confie Éric Bourgougnon.

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« Anatomie » d’une batterie © Société philharmonique du Châtelet-en-Berry

◘ UNE PREMIÈRE EN EUROPE 

  • Extrait du dossier de presse du MuPop

    Avec une quarantaine de batteries présentées, Philippe Nasse considère que ce sera « la première exposition de cette nature en Europe ». Elle doit permettre de retracer l’histoire de l’instrument, qui fête ses cent ans d’existence, entre la fin du XIXème  siècle et les années 1960 : « Notre idée était de mettre l’homme au cœur de cette exposition. On reproche souvent aux musées de ne pas raconter les histoires qui vont avec les objets présentés», insiste Philippe Nasse. Pour Éric Bourgougnon, « Cette exposition raconte l’histoire du XXe siècle à travers un instrument ». La batterie a fait son apparition en France en 1917, pendant la Première Guerre mondiale. En important le jazz, des soldats américains ont également fait pénétrer sur le sol français et, au delà, européen, cet instrument devenu ensuite incontournable. À partir des années 1920, « alors que le pays a besoin de lâcher prise après la guerre », il n’y plus un orchestre de bal qui puisse se passer  de la batterie. On voit même une entreprise comme Maugein frères, spécialiste de l’accordéon, installée à Tulle, proposer ses propres modèles de batteries. Par la suite, l’instrument  continuera à s’enrichir de trouvailles et d’inventions, tout au long du XXème  siècle.

    ▲La batterie: un instrument que même Gaston Rivière et son orchestre musette ont adopté dans les années 1930▼

◘ DES PIÈCES D’EXCEPTION À DÉCOUVRIR

  • La « mythique » Ludwig Black Oyster

    Parmi les batteries exposées, figurent quelques pièces rares, dont certaines n’avaient jamais été présentées. On pourra aussi  admirer  des modèles « mythiques« , comme un exemplaire de la fameuse Ludwig Black Oyster, rendue célèbre par Ringo Starr, le batteur des Beatles. Elle  trônera dès l’entrée de l’exposition. Un instrument d’exception quand on sait que celui qu’utilisait Ringo Star a atteint 2,2 millions de dollars lors d’une vente aux enchères en 2015…Bien plus qu’un Stradivarius…

    Le Pélican: Nina Jazz et sa formation

    ◘ L’INTERACTIVITÉ EN VEDETTE

  • L’exposition, qui comme les précédentes joue sur l’interactivité, sera enrichie de documents visuels et sonores exceptionnels:  sur une vingtaine d’écrans, on pourra visionner  trente-cinq films, dont certains remontant à 1928, au moment de l’apparition du cinéma parlant. Une quarantaine de points d’écoute seront dispersés dans l’exposition. Les visiteurs auront tout loisir d’y écouter des enregistrements du début du XXe siècle, parmi lesquels « le premier solo de batterie ». Trois écrans tactiles seront également proposés. Enfin, des ateliers accompagneront l’exposition.

    Le Trio-Jazz et la désormais incontournable batterie

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◘ LE PARCOURS DES VISITEURS

▲Extraits du Dossier de presse du MuPop▼

L’orchestre Germaine et ses Loustics, avec la batterie trônant au centre

Savoir plus : Consulter le Dossier de presse de l’exposition : http://www.mupop.info/images/Musee/ALaffiche/ExpoTemporaire/2017/DPexpoBatterie_Web.pdf

Pas d’orchestre de mariage sans batterie…ni accordéon
Pour en savoir plus sur l’histoire dE la batterie 

INFOS PRATIQUES

Mupop: 3 rue Notre-Dame 03100 Montluçon

Tél: 04 70 02 19 60 et 04 70 02 19 62

http://www.mupop.fr

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Les Fernandos Musette: batterie, violon, banjo et accordéon

► Pour découvrir le Mupop et ses ressources: un reportage de France 3

POUR SE RENDRE AU MUPOP

LES HORAIRES ET LES TARIFS

◘ ARCHÉOLOGIE, PATRIMOINE, ASSOCIATIONS CULTURELLES, ARTS, EXPOSITIONS: N°7 (MAI – JUIN 2017)

Mise à jour : 17  juin 2017                    Contact: allier-infos@sfr.fr

ARCHÉOLOGIE

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Une reconstitution du Néris antique

◘ NÉRIS-LES-BAINS: APRÈS LES FOUILLES, L’ÉTAPE DU TRI ET DU CLASSEMENT 

  • Le site de Cheberne en cours de fouilles

    Dans les années 1980, Michel Desnoyers et des équipes d’archéologues, souvent des étudiants, avaient réalisé d’importantes fouilles sur différents sites archéologiques à Néris-les-Bains, que ce soit à Cheberne, au Péchin, aux Grandes Vignes ou aux Billoux. Ils avaient ainsi pu  exhumer des dizaines de milliers de vestiges gallo-romains, de toutes sortes. Depuis plusieurs mois, une équipe  constituée de Vincent Serrat, doctorant en céramologie à l’université de Clermont-Ferrand, de Simon Baraton et de Fabien Huguet, archéologues, a relevé un défi titanesque. Ils ont inventorié  et classé l’ensemble du « trésor », soit 2 000 cagettes renfermant chacune une centaine d’objets.

    Archéologues, élus et visiteurs sur le site de Cheberne en 2012

    •L’opération, débutée en 2016, s’inscrivait dans le cadre d’un programme collectif de recherches et de travaux  sur la cité antique de Néris-les-Bains et elle a bénéficié de deux contrats. Il y avait urgence à réaliser ce travail,  car, parmi les fragments de céramiques, les ossements, les enduits peints, les bronzes et autres vestiges mis au jour, on avait pu constater des signes d’altération. La totalité de l’inventaire a été retranscrite sur des bases de données, à destination des professionnels comme des étudiants. Les recherches nérisiennes sont toutefois loin d’être closes, puisque la plupart des sites déjà  fouillés renferment encore des milliers de vestiges.

◘ DISPERSION DE LA COLLECTION GIRARD À CLERMONT-FERRAND

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Un morceau de sarcophage égyptien

• Le 22 mai 2017, à l’hôtel des ventes de Clermont-Ferrand a été dispersée une  très hétéroclite collection d’objets archéologiques. Elle avait été  réunie durant une quarantaine d’années par le Docteur Girard, qualifié par le commissaire priseur Philippe Jalenques « d’érudit local aux multiples facettes ». Elle comportait  plus de 200 lots aussi divers que variés, parmi lesquels se côtoyaient masque indonésien, morceau de sarcophage égyptien, vase de l’antiquité grecque et autres vestiges de civilisations disparues. Les ventes de ce type étant plutôt rares, celle-ci a ravi les amateurs, d’autant qu’il y en avait pour toutes les bourses, « de quelques dizaines d’euros pour un pot funéraire jusqu’à 6.000 €€ pour un haut de cercueil momiforme égyptien », selon les estimations. Celles-ci ont été confirmées puisque les enchères sont allées de 10 €, pour un crémier en métal argenté, jusqu’à 6 700 € pour une urne funéraire  de la civilisation zapotèque. On pourra retrouver le détail des enchères sur le site Interenchères. 

PATRIMOINE

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Plan de Montluçon au XVIIIème siècle, avec les 41 tours ponctuant les murailles de la cité

◘ MONTLUÇON:  JOURNALISTE ET  HISTORIEN À LA RECHERCHE DES TOURS  DE LA CITÉ  MÉDIÉVALE

  • La plus originale…Rue Porte-Bretonnie

    Que reste-t-il dans le paysage actuel des tours édifiées aux XIVè et XVè siècles et qui ponctuaient les murailles du Montluçon médiéval ? La cité était alors  dominée par son château, lui-même défendu par une enceinte comportant dix tours.  C’est pour répondre à cette question que Fabrice Redon, journaliste à La Montagne, a fait appel à un spécialiste, l’historien Olivier Troubat. Le résultat de leurs investigations a été publié dans La Montagne (3 juin). Point de départ de leur enquête,  un plan de la cité datant du  XVIIIè siècle, conservé aux archives municipales, qui recense effectivement  41 tours. En trois siècles, un grand nombre d’entre elles ont disparu sous les assauts des démolisseurs, au gré des transformations urbaines et des ventes. Il en resterait effectivement une douzaine, plus ou moins bien conservées. Olivier Troubat explique que  « pendant des siècles, Montluçon a été une ville fortifiée. Au XVIIIè siècle, la ville avait besoin d’argent. C’est là qu’on a commencé à vendre des tours et des fossés. Les murailles n’étaient pas adaptées aux canons ».

Le dossier publié dans La Montagne (édition de Montluçon) le 3 juin
  • La plus originale est la tour tronquée située à l’angle du boulevard de Courtais et de la rue Porte-Bretonnie. Elle abrite en rez-de-chaussée une brûlerie de café depuis 1962. Dans les années 1950, c’était encore « un endroit malfamé, un tripot avec des filles de joie», selon le propriétaire actuel.
Le château dominant la ville et le boulevard de Courtais dont le tracé  circulaire épouse celui des anciennes murailles
  • La mieux conservée, dite de La Tour Fondue…

    La mieux conservée, dite de la Tour-Fondue, du nom de l’ancien hôtel particulier abritant l’office de tourisme, auquel elle est accolée,  se situe au 67 boulevard de Courtais. Elle a été inscrite aux Monuments Historiques en 1935. Si les meurtrières ont été remplacées par des fenêtres, on distingue toujours la partie plate qui  correspondait à l’entrée de la Porte des Forges. Les seuls vestiges de tours encore prolongées par des murailles sont visibles dans le jardin des Remparts, en contrebas de l’actuel jardin Wilson  et deux d’entre elles ont même conservé leurs dimensions d’origine.

  • La plus récente, la Porte-Fouquet (XVIIè siècle), d’après une carte postale de 1905

    Enfin, la plus récente   date  du XVIIè siècle.  Situé au 8 rue Porte-Fouquet, elle témoigne de l’exil montluçonnais auquel la femme et  la mère de Nicolas Fouquet, avaient dû se plier, après la disgrâce du surintendant des Finances de Louis XIV. Installées au château  de la Gaieté et souhaitant disposer d’un chemin plus court pour se rendre à l’église Saint-Pierre, elles avaient obtenu le droit  de faire aménager une porte, à leurs frais. Celle-ci s’était ajoutée aux quatre autres existant déjà : les deux principales (Saint-Pierre et Le Marchio) et celles des Forges et de Bretonnie.

MONTLUÇON  AU CHEVET DE SON PATRIMOINE RELIGIEUX

  • L’église Saint-Pierre, enchâssée au milieu des constructions, au fil du temps

    Depuis le mois de janvier, l’église Saint-Pierre, la doyenne des églises montluçonnaises, édifiée au XIIè siècle, est l’objet d’importants travaux, avec la restauration des 154 m2 de la toiture de la nef. Un chantier qui fait suite à celui de la couverture du clocher. Pour ce faire, la charpente a dû être mise à nu et chapeautée par un échafaudage supportant une couverture en tôle. Selon le responsable du chantier, « La toiture était fatiguée, à bout d’usure. Il y avait des éléments de bois qui tenaient par miracle (sic). La charpente avait fini par s’incliner sur la droite».  Une restauration de la  charpente avait bien été réalisée dans les années 1950-1960, mais Richard Duplat, l’architecte en chef des bâtiments de France, considère que ces travaux  « relevaient davantage du bricolage ». On avait alors installé dans la charpente un portique en métal avec des tirants. Autre difficulté que doivent surmonter  les entreprises spécialisées dans les monuments historiques : l’accessibilité. Au fil des siècles, l’église s’est retrouvée enchâssée dans les maisons qui ont été construites autour, en se collant à ses murs. Une fois la toiture atteinte, les charpentiers doivent changer les éléments  « malades » sans prendre appui sur la nef. La voûte  étant accrochée directement sur la charpente, « si les intervenants s’appuient dessus, ils passent à travers ». La fin du chantier (313 000 €) subventionné à 80% est prévue pour septembre.

  • L’intérieur de l’église Saint-Paul, avec son ossature métallique originale

    Autre église qui nécessite des soins, l’église Saint-Paul dans le quartier de la Ville-Gozet. De style néo-gothique, elle a été construite dans les années 1864-1867, sur les plans de l’architecte parisien Louis Auguste Boileau. Elle présente l’originalité d’avoir été un des tout premiers édifices à structure métallique. Les colonnes et l’ossature en fonte ont été fondues par les ouvriers de l’usine Saint-Jacques. Déjà, entre 2004 et 2009, elle avait bénéficié de travaux d’ampleur avec la restauration de son clocher, revenu à son style initial, et des toitures hautes. Un chantier de plus de 3 M €.  Les travaux projetés, pour mettre fin aux infiltrations d’eau seront plus « modestes » (300 000 €) et porteront sur les murs du chevet ainsi que sur  la couverture et les murs de la sacristie.  Ils devraient débuter en fin d’année et durer environ 18 mois.

  • L’église Notre-Dame

    De même, en 2018-2019, ce sera au tour de l’église Notre-Dame de faire l’objet de travaux. La cour, située du côté du MuPop, sera remise en état et le toit des 3 chapelles, protégé provisoirement par une couverture métallique, sera restauré. Montant estimé : 550 000 €.

◘ MOULINS: UNE THÈSE POUR TOUT SAVOIR SUR L’HISTOIRE DU CHÂTEAU  DUCAL 

  • Celia Condello

    En avril 2016, Célia Condello, originaire de Cusset, a soutenu une thèse d’histoire consacrée au « Château ducal de Moulins (Allier), de Louis II de Bourbon à Anne de France : étude historique et archéologique d’une résidence princière (XIVè – XVIè siècles) ». Un pavé de 1 000 page  qui a nécessité quatre années de recherches, sur le terrain et dans les archives, et qui lui a valu une mention « Très honorable » de la part du jury, dans lequel siégeait notamment le Bourbonnais Olivier Mattéoni. C’est lors d’une visite du château ducal, alors qu’elle était étudiante à Lyon, en quête d’un sujet, qu’elle l’a choisi comme thème de sa future thèse. Selon elle, de nombreuses zones d’ombres dans l’histoire de l’édifice restaient à éclaircir et « cette thèse  (qui) mêle  l’histoire et l’histoire de l’art, part surtout d’une réflexion archéologique sur les bâtiments subsistants. C’est en cumulant et en confrontant ces diverses approches que l’étude  a pu être la plus complète ».

La Malcoiffée, au XVIIIè siècle… 
La Malcoiffée, de nos jours.

• Les deux premières parties de sa thèse s’adressent à un public motivé. Elles portent sur la mise en place des éléments archéologiques et historiques, ouvrant la voie à la troisième partie qu’elle juge «la plus intéressante». Il y est question  du château de Louis II de Bourbon, des matériaux utilisés, des systèmes de défense mis en place, ce qui n’exclut pas l’étude du « confort de la résidence ». Travailler sur un site qui n’est ouvert que partiellement et seulement en période estival depuis 2016, n’a pas été une mince affaire. Pour faire partager le résultat de ses recherches, Célia Condello envisage  dans un premier temps la publication d’un livre d’une centaine de pages, un condensé à destination des touristes. Mais, d’ici à 2018, elle compte bien  éditer sa thèse, dans une version nécessairement allégée et remaniée pour la rendre accessible à un public plus large. Rappelons que le château construit par Louis II de Bourbon a été transformé en prison à partir du XVIIIème siècle, une fonction qu’il a conservée jusqu’en 1983. Il a été racheté en 1983 par le Conseil général, prédécesseur du conseil départemental. Des campagnes de fouilles y ont été organisée entre 2011 et 2013.

Résumé de la thèse soutenue devant l’université Lumière (Lyon) le 8 avril 2016: Le château ducal de Moulins, s’il a subi diverses destructions, comporte aujourd’hui encore des éléments qui méritent d’être étudiés de près, afin de restituer son état initial. On connaît d’après les sources écrites au moins deux grandes campagnes de construction, la première fut amorcée par le troisième duc de Bourbon, Louis II, à la toute fin du XIVe siècle. La tour maîtresse « Mal-Coiffée » étant datée par dendrochronologie vers 1399/1400. Un second chantier d’agrandissement et de réaménagements débute après 1488, commandité cette fois par le duc de Bourbon Pierre de Beaujeu et son épouse Anne de France, sœur de Charles VIII. Cet agrandissement se terminera au tout début du XVIe siècle avec la construction d’un portique d’architecture renaissante, très précoce en France. Cette thèse mêle l’histoire et l’histoire de l’art mais part surtout d’une réflexion archéologique des bâtiments subsistants. C’est en cumulant et en confrontant ces diverses approches que l’étude a pu être la plus complète.

► INFOS PRATIQUES: POUR VISITER LA MALCOIFFÉE
Et la visite commence par…les anciens cachots

► Du 15 avril au  30 juin et du  1er septembre au 30 octobre, le château est ouvert aux visiteurs les mercredis à 14 h 30 et les samedis à 10 h.

►Du 1er juillet au 31 août, les plages d’ouverture sont plus larges : du lundi au samedi, de 10 h à 11 h et de 14 h à 17 h. Les dimanches, les visites s’étagent de 14 h à 17 h. La visite qui dure  1 h 30 s’attarde d’abord sur le passé carcéral du site, avant de monter dans les étages où sont abordés  l’histoire des ducs de Bourbon et leur quotidien. Elle s’achève par le courtine, avec « vue imprenable » sur Moulins.

◘  VICHY: LES DÉCORS DE SCÈNE DE L’ OPÉRA AU FIL DU TEMPS…EN  740 PAGES ET 1300 PHOTOS

  • Le Musée de l’Opéra de Vichy est le seul fonds d’Europe qui possède,en plus de ses projets de décors de scène, une centaine de décors historiques originaux des plus grands opéras du Répertoire. Tous ont été créés pour la scène du Grand Casino de Vichy, par son atelier de décors, dans la première moitié du XXe siècle. Pour mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel, le Musée vient de publier un catalogue raisonné portant sur Les décors de scène de l’Opéra de Vichy, un ouvrage en deux tomes (740 pages)  rehaussés par une iconographie en noir et blanc et en couleur, riche de 1 300 illustrations.  Il sera disponible au prix de 55 € à compter du 1er juin, soit au Musée de l’Opéra, soit à l’office de tourisme de Vichy, mais aussi en librairie.
Antoine Paillet, directeur du Musée de l’Opéra

• C’est « une promenade dans les jardins de la mémoire » , écrit Alain Duault dans sa préface. L’idée a germé après la récupération d’anciens décors, dont ceux d’Aïda,retrouvés dans une grange à Chantelle, en décembre 2013. Elle s’est concrétisée sous la direction d’Antoine Paillet directeur du Musée de l’Opéra. Ce dernier, qui a succédé à Josette Alviset, précise toutefois que sans elle « ce catalogue n’existerait pas et (que)  le patrimoine de Vichy ne serait plus qu’un souvenir ».  Une équipe s’est ensuite  attelée à la tâche. Elle regroupe, outre Antoine Paillet, Fabien Noble, adjoint à la direction du musée de l’Opéra, Patrick Boyer, Sacha Mesniankine et Philippe Segard.

2 volumes, 740 pages et 1 300 illustrations

Le Tome 1  (416 pages) est centré sur les esquisses, les maquettes construites, les études préparatoires et la plantation de décors d’opéras et de ballets des spectacles donnés au Grand Casino de Vichy. Leur production se faisait dans les ateliers de décors situés boulevard Denière, à Vichy. L’ouvrage met notamment en valeur le décorateur Louis ContessaOn lui doit, en 1896, le nouveau rideau de scène du théâtre de Vichy ancré alors dans l’actuel Palais des congrès. À l’époque le Journal de Vichy le qualifiait de « peintre décorateur habile et délicat ». Il est également  le créateur des décors d’ Aïda, opéra joué lors de l’inauguration du Grand Casino en 1901, et de ceux de Faust. On relève aussi le nom de  Lucien Jusseaume qui œuvrait pour l’Opéra-Comique à Paris et qui s’installa, en pleine gloire, à Vichy pour y exercer son art. il est le créateur du rideau de scène du Grand casino installé en juin 1901. Autres personnalités évoquées, le décorateur Julien Grandjean qui « fut le premier chef résident de l’atelier de décor du Grand Casino », ainsi que Marcel Robert, son successeur, et  Maurice Boucard.

Une des maquettes de décor présentées dans l’ouvrage

►  Le tome 2 (328 pages), quant à lui, s’intéresse aux décors historiques et aux archives photographiques des décors conservés au Musée de l’Opéra. Les photographies, la plupart en noir et blanc, ont été prises par des photographes de la Société du casino, filiale de la Compagnie fermière qui gérait alors le Grand Casino. S’y ajoutent les photographies en couleur des  décors retrouvés en 2013, comme ceux d’Aïda, du Roi de Lahore, ou de Victoria et son hussard. Celles prises sur scène « sont pour la plupart issues des ateliers Arloing et Mougins de Vichy. ».

Infos pratiques : Les décors de scène de l’opéra de Vichy. Préface d’Alain Duault. 2 volumes cartonnés : Tome I : 416 pages – Tome II : 328 p, 1 300 illustration en noir et blanc et en couleur, éditions Musée de l’opéra de Vichy, 55 € . Contacts : 04 70 58 48 20

◘ LE PATRIOTISME DANS L’OEUVRE D’ÉMILE MÂLE

• Dans la revue Histoire, économie, société (2017/1, p. 106-127),  Raphaëlle Maraval,  traite du   » patriotisme dans l’œuvre d’Émile Mâle (1862-1954)« . Un important article qui aborde l’oeuvre de l’historien et académicien commentryen sous un angle original et que la jeune historienne résume ainsi :  « Le nationalisme a fait l’objet de nombreuses études et analyses. Il a ses historiens attitrés et ses figures de proue. Doit-on craindre d’être redondant en s’aventurant sur ce terrain de recherche? Il nous semble que le prisme à travers lequel nous avons coutume d’aborder la question pour la période 1870-1950 (nationalisme républicain universaliste ou nationalisme conservateur intransigeant)  ne prend pas suffisamment en compte l’existence, plus répandue qu’on ne le croit, d’un patriotisme ardent, sans être extrême,foncièrement républicain en même temps que conservateur. L’historien d’art religieux Émile Mâle, nous parait être une figure emblématique de ce courant de pensée ».

► Savoir plus: http://www.revues.armand-colin.com/histoire/histoire-economie-societe/histoire-economie-societe-12017

◘ VICHY: RÉOUVERTURE DU MUSÉE DES ARTS D’AFRIQUE ET D’ASIE

  • Le musée installé avenue Thermale, à Vichy

    Fermé au public en 2016, le Musée des arts d’Afrique et d’Asie, installé avenue Thermale à Vichy, a renouvelé ses espaces muséographiques, en portant de deux à cinq le nombre de salles dédiées aux expositions temporaires. Celle présentée lors de la réouverture en mai 2017 est axée sur le thème des critères esthétiques dans différents continents sous les intitulés :  « Culturoscope » , « Je suis beau »,  « La fabrique des animaux« . L’exposition est visible jusqu’au 31 octobre.

    Trois thèmes d’expositions à découvrir au Musée des arts d’Afrique et d’Asie

► Pour en savoir plushttp://musee-aaa.com/

◘ PROCESSION DES RELIQUES À CHANTELLE, VERSION 2017

L’église de l’abbaye Saint-Vincent de Chantelle  avait bénéficié de nombreux dons de reliques rapportées de Terre sainte par des croisés.  Dans son Histoire de Chantelle (1862), l’abbé Boudant (1808-1867) en a publié la liste (p. 36-37) dressée par un religieux de cette abbaye en 1653 :  « 1 : du bois de la vraie croix… de la robe de Notre Seigneur et de l’Éponge ; 2 : du lait de la glorieuse vierge Marie et cheveux ; 3 :  des os des patriarches Abraham et Isaac; 4 : un des doigts de saint Pierre apôtre…« . La liste compte au total  62 numéros. La procession des reliques cessa en 1793 mais reprit en 1840.  Cette année, elle s’est déroulée le 28 mai. Le cortège était accompagné de la confrérie de l’Ordre des Fins Palais, de la Lyre chantelloise et des membres de l’association des Amis de saint Jacques en Bourbonnais.

◘ LES SOUS-VÊTEMENTS ONT AUSSI UNE HISTOIRE…

  • Au Donjon, l’association Loisirs et culture a organisé à la Maison du patrimoine, du 4 au 31 mai, une exposition sur le thème de l’évolution du  sous-vêtements de 1900 à nos jours, avec la participation de « Histoire2linge« . Lors du vernissage, Nathalie Trussac a donné des explications sur certaines pièces uniques et anciennes, ainsi que sur l’évolution des sous-vêtements. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les paysannes portaient comme unique sous-vêtement une chemise longue qui assurait l’hygiène du corps et l’isolait de la robe ; elles ne portaient pas de culotte jusqu’en 1830 ; puis apparurent les pantalons-culottes, fendus qui descendaient jusqu’au dessus des chevilles, puis toutes sortes de sous-vêtements, comme les soutien-gorges et autres.
La gare de Vichy, vue par Bellini

• Dans une vente aux enchères à Paris, le 21 avril 2017, figuraient de très nombreux tableaux d’Emmanuel Bellini (Monaco 1904 – Cannes 1989) présentant des vues de Paris, Nantes, Nice, Cannes, ainsi que 9 vues de Vichy peintes au début du XXe siècle, dont celle-ci représentant la gare, à la Belle époque (huile sur toile).

◘ FINANCEMENT PARTICIPATIF: LES MUSÉES S’Y METTENT AUSSI…

• Pour financer partiellement une œuvre d’art « multisensorielle«  à destination des personnes déficientes visuelles, le musée départemental de la céramique de Lezoux (Puy-de-Dôme), ouvert en 2007, a décidé de faire appel au financement participatif. Le conseil départemental compte récolter ainsi, via la plateforme Commeon, 8 000 € sur les 60 à 80 000 € nécessaires. Le projet court jusqu’au 14 juilet.  Baptisé « 25 m2 de vibrations » doit s’adresser à tous les sens, autres que la vue, sur une surface de 25 m2 et être transportable ». Sur les 27 artistes qui avaient fait acte de candidature,  trois ont été retenus et le lauréat sera connu fin juin. L’œuvre, parrainée par le sculpteur volvicois Thierry Courtadon devrait être dévoilée au musée au printemps 2018. Tout en faisant partie de ses  collections , elle sera itinérante et elle pourrait ainsi  être prêtée à des maisons du handicap.

► Pour en savoir plus sur le projet, le financement  et  les artistes sélectionnéshttp://musee-ceramique.puy-de-dome.fr/le-musee/commande-artistique.html

• En 2016, la Fondation du Patrimoine Auvergne a collecté 72 219 € de dons. Elle intervient pour soutenir des projets de restauration de chapelles et autres bâtiments religieux ou historiques.

L’église d’Hauterive a été construite sur les plans de l’architecte Abel Madeleine de 1863 à 1867, à emplacement de l’ancien édifice religieux devenu vétuste, seul son clocher ayant été conservé. Sa restauration a commencé en juin 2017. Le souhait de la municipalité est de lui redonner son aspect originel et de stopper  l’humidité qui la ronge.

◘ MOULINS ET SES MUSÉES S’AFFIRMENT COMME « UN VRAI PÔLE CULTUREL« 

Le CNCS à Moulins, premier site culturel du département en 2016, avec 72 000 visiteurs

• Sur les 905 000 visiteurs enregistrés  en 2016 sur 55 sites touristiques bourbonnais, le parc de loisirs du Pal  truste à lui seul 591 000 entrées (61%). Derrière pointent plusieurs sites à vocation culturelle. En tête, figure le Centre national du costume de scène à Moulins  avec 72 000 visiteurs. Il bénéficie ainsi de la dynamique de fréquentation liée à ses deux expositions temporaires annuelles.  À elle seule, l’exposition Déshabillez-moi, les costumes de la pop et de la chanson a pu séduire 32 000 visiteurs, au cours de l’hiver dernier.Loin derrière, on trouve Paléopolis à Gannat (23 000 entrées) et le MuPop, musée des musiques populaires à Montluçon (21 000 entrées contre 25 000 en 2015). Quant aux  trois musées départementaux,  ils cumulent 40 000 visiteurs. Selon le Comité départemental du tourisme, « Moulins  s’affirme comme un vrai pôle culturel ». Le CNCS, la Maison Mantin, le musée Anne -de-Beaujeu (Mab),  le Musée de l’illustration jeunesse, (Mij),  la Malcoiffée, le musée de la Visitation et le triptyque du Maître de Moulins concentrent à eux seuls 48% de la fréquentation globale… en dehors du Parc de loisirs du Pal.

Le Journal des arts a distingué le Centre national du costume de scène en le classant 4ème sur 126 dans le palmarès national 2017 des musées de communautés d’agglomérations et urbaines. Ce classement prend notamment en compte la programmation des expositions temporaires, un domaine dans lequel le CNCS a démontré son savoir faire. C’est ainsi que  la dernière exposition hivernale, dédiée aux costumes de chanteurs pop ou de variétés, a su attirer un public nombreux pour cette période en général plus creuse en terme de fréquentation.  Pour le Journal des arts,  avec une fréquentation moyenne en hausse de 20% en 2016, grâce aussi  à un public de fidèles,  c’est une belle performance   pour un musée « bien loin des chemins touristique internationaux« .

◘ FIN DE PARCOURS POUR HENRI HOURS AUX ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DU PUY-DE-DÔME

• Directeur des Archives départementales du Puy-de-Dôme depuis 22 ans, Henri Hours doit prendre sa retraite en juillet 2017. Il a été honoré, le 29 mai, par le personnel et plusieurs personnalités dont le président du Conseil départemental Jean-Yves Goutebel. La numérisation des archives a été l’un de ses grands objectifs.À  ce jour, plus de 2,4 millions de documents sont disponibles sur le site qui se révèle comme l’un des plus riches à l’échelle nationale.

◘ UNE EXPOSITION AU MUSÉE DE LA MINE DE LA MACHINE (NIÈVRE)

•  « MERCI à tous » …Tel est le thème de la nouvelle exposition présentée au Musée de la Mine à la Machine (Nièvre), du 1er avril au 31 octobre 2017. Cette année, le musée a décidé de remercier l’ensemble des bienfaiteurs qui ont depuis de nombreuses années participé à l’enrichissement de ses collections. Sculptures, appareillages techniques, minéraux, fossiles, documents photographiques, archives, cartes postales, livres ont été déposés pour être conservés dans ses réserves ou présentés dans ses expositions permanentes. De nouvelles présentations ont ainsi été créées ou complétées : salle de fossiles, des minéraux, des modèles, hall des maquettes. Un grand centre de documentation a pu voir le jour et les archives ont été complétées, tandis que  les réserves ont été réorganisées.

• Ces dépôts ou dons, souvent anonymes mais toujours désintéressés, sont primordiaux pour le développement constant du musée et son inscription dans la mémoire locale. Ils permettent de mieux comprendre l’impact de la houillère sur la transformation de la ville, mais aussi  de mieux appréhender la vie des mineurs machinois et de pouvoir proposer de nouveaux espaces de visite.  Pour ses responsables, plus que toute chose, c’est grâce à la participation de chacun que le musée pourra continuer jour après jour son travail de collecte et de mémoire. Le vernissage s’est déroulé 18 mai, réunissant  élus, donateurs et visiteurs.

infos pratiques : Musée de La Machine : 1 avenue de la République 58260 La Machine (03 86 50 91 08). Le musée est ouvert  tous les jours, de 14 h à 18 h, du 15 juin au 15 septembre, ainsi que les dimanches et jours féries  du 1er mars au 14 juin et du 16 septembre au 31 octobre.

ASSOCIATIONS CULTURELLES

◘ LE CIERV POURSUIT SES RECHERCHES SUR VICHY

• Fondé en avril 2016, le Centre d’études et de recherches de  Vichy sur l’histoire de la France de 1939 à 1945, présidé par Jacques Thierry, compte déjà 300 adhérents. Il s’est donné pour but d’ouvrir la connaissance scientifique au plus grand nombre, sur une période complexe de l’histoire de France tout en combattant des idées reçues encore tenaces sur les années 1939-1945. Outre le succès qu’ont  connu en novembre dernier  les toutes premières  Rencontres initiées par le CIERV, Jacques Thierry se dit « agréablement surpris par  l’attrait que le grand public porte à (son) association ». Résolument apolitique, le CIERV fait appel  pour ses conférences à des  spécialistes de cette période sensible de l’histoire, universitaires  nationaux ou internationaux reconnus.

• Les Rencontres 2017 sont dores et déjà programmées et elles s’articuleront en deux parties :

Le 24 novembre, de 14 h à 17 h, au lycée Albert-Londres,il sera question des « Mémoires de la seconde guerre mondiale ».

Jean-Pierre Azéma, un des principaux intervenants annoncés pour les prochaines Rencontres

Le 25 novembre, dans les locaux de l’Aletti Palace, plusieurs conférences sont programmés sur le thème de « Une histoire culturelle des années 1940-1945 ». Parmi les intervenants, figureront des spécialistes renommés comme Jean-Pierre Azéma, Fabrice Grenard ou Jean-Pierre Rioux. Selon Michel Promérat, trésorier de l’association, il est « indispensable d’intéresser les plus jeunes à cette période de l’histoire ». Pour ce faire, une demi-journée sera dédiée à l’ensemble des lycéens de l’agglomération : « La transmission est importante et je ne pense pas qu’il y ait un désintérêt des jeunes pour cette période, note Michel Promérat qui connaît bien la question pour avoir été professeur d’histoire et Inspecteur pédagogique régional. Il faut simplement qu’ils aient l’occasion d’en entendre parler ».

Le samedi 22 avril, à l’Aletti Palace, François Romon (Université de Paris Nord) a donné une conférence consacrée aux « écoutes radio dans la Résistance française : le rôle des écoutes d’Hauterive». Dès le lendemain de l’armistice, Gabriel Romon (le père du conférencier) et quelques-uns de ses camarades, officiellement devenus  ingénieurs des PTT, restèrent secrètement officiers de l’armée de terre et interceptèrent les messages radio de l’occupant. Des écoutes « au son » eurent lieu notamment au centre principal du Groupement des contrôles radioélectriques basé à Hauterive, dans la tour carrée du château des Cours (actuelle mairie). Parmi les membres de ce réseau beaucoup ont payé leur engagement de leur vie, comme Gabriel Romon, mort en déportation

► Pour en savoir plus : http://cierv.fr/conferences/

PASSAGES EN REVUE(S)

Les Amis de Montluçon

  • L’association que préside Jean-Paul Michard a publié en mai son bulletin annuel (n°67 – année 2016), toujours aussi copieux. Il s’ouvre sur un article intitulé  Bien-Assis 2016 dans lequel sont évoqués  la fin de la restauration des peintures par Jean-Yves Bourgain et l’attribution du prix Émile Mâle 2016 : « Depuis plus de quarante ans, Bien-Assis est l’objet de travaux de sauvegarde, de restauration et d’aménagement, écrit Jean-Paul Michard. D’autres travaux seront à prévoir dans les prochaines années car, comme l’écrivait André Guy en 1972 : “ Beaucoup reste encore à faire mais les Amis de Montluçon sont fiers de leur château de Bien-Assis. Ils l’ont acquis pour le sauver. Certes, tout n’est pas fait dans ce domaine, mais nous sommes sur la bonne voie” »

Au sommaire du Bulletin: Émile Mâle et les écrivains bourbonnais : Villon, Banville, Achille Allier, Guillaumin, Valery Larbaud (Raphaëlle Maraval) – L’Épuration en région montluçonnaise (1944-1949) (Jean-Paul Perrin) – Les finances des seigneurs de Bourbon et leurs créanciers au XIIIème siècle (Dominique Laurent) – Édition de documents : Enquête de commodo et incommodo relative à la réunion de la paroisse de Saint-Bonnet de Châteauvieux à celle de Notre-Dame de Montluçon (1674) (Samuel Gibiat) – Excursion de l’année 2016  dans les Combrailles en mai 2016 (Monique James) – Bilan des activités de la saison 2015-2016 et compte rendu de l’assemblée générale de décembre 2016.

• À la fin de 2016, les Amis de Montluçon comptaient 322 adhérents. Des effectifs stables par rapport à 2015

Société d’émulation du Bourbonnais

•  Bulletin du 2ème trimestre 2017 : Éditorial – Nécrologie : Pierre Étienne, dit Noël (Jeanne Chassard) – Qui étiez-vous Nelly Dionnet ? (André Recoulès) – Une terre fort disputée : Roussang à Langy (François-Xavier Duchon) – Regard touristique sur un loisir thermal : l’âne et son ânier à Vichy au XIXème siècle (Pascal Chambriard) – Bibliographie.

• La 107ème excursion annuelle de l’Émulation, qui se déroulera le 25 juin, aura pour cadre le Pays de Lurcy-Lévis.

Société bourbonnaise des études locales (S.B.EL.)

• Bulletin n° 349: Moulins et la guerre de 1870 (Marie-Thérèse Téty) – Les manifestations contre la vie chère en septembre 1911 (Dominique Laurent) – Bibliographie.

 Allier Généalogie (n° 117, mars 2017)   

  • La source Larbaud et l’établissement thermal (vers 1900)

    Éditorial de la présidente (Aline Berna) – Les entretiens d’Allier Généalogie: Jean-Louis Périchon, Charlotte Benoit – 1777 : La Fayette part à la conquête de l’Amérique (Aline Berna) – À la légation de Roumanie à Vichy, entre juillet 1940 et août 1944, il y avait des diplomates mais aussi des hommes de lettres (Maurice Sarazin) – Quartiers généalogiques – Larbaud aîné (Larbaud-Labry (1811-1895), frère, associé, puis concurrent de Larbaud Saint-Yorre (1822-1889) : contribution à l’histoire de la source et de l’établissement thermal Larbaud (Maurice Sarazin) – L’histoire d’un cheminement de meules achetées en Auvergne et livrées dans le Bourbonnais (Claude Ray) – Marcellin Desboutin, prince des bohèmes (Aline Berna) – La baraque Adrian de Broût-Vernet et ses milliers de petite sœurs (AlineBerna) – Louvel, l’assassin du duc de Berri (A. Berna)…

Allier Généalogie fondée en 1987 comptait 427 adhérents au 31 décembre 2016.

► Société d’histoire et d’archéologie de Vichy et des environs,

 • Bulletin n° 168 (1er trimestre 2017) : Histoire des bibliothèques de Vichy, 1866-2016 : 150 ans de péripéties (Fabienne Gelin) – A la recherche de Vichy antique : retour sur 150 ans de recherches archéologiques (Lise Augustin) – Note sur des pratiques funéraires à Lubillet-Lapalisse sous l’Ancien régime (Jacques Corrocher) – L’hôpital de Vichy de 1920 à 1970 (Dr Denis Wahl) – Voyage d’automne à Ebreuil et Chareil-Cintrat (Sylvie Wahl) – Vichy et ses environs en cartes postales et documents anciens (Dr Patrick Kessker, Alain Carteret, Michel Laval).

Azi la garance  (Broût-Vernet)

• La  feuille de Garance (n°39): Jean-François Glomet, Philippe Carré et  Isabelle Gonon, responsable scientifique de la mission archéologique, résument l’extraordinaire découverte d’un site mérovingien,  sur  la place de l’église, à Broût-Vernet:  « Jusqu’alors, tous nos travaux de recherches étaient le résultat d’exploration d’archives publiques ou privées, anciennes ou récentes. C’est la première fois qu’une découverte exceptionnelle se produit sur notre sol ! (…).  Sept sondages archéologiques ont été ouverts durant cette campagne de diagnostic, indique Isabelle Gonon. Ils ont permis de mettre au jour plusieurs niveaux d’utilisation du cimetière paroissial. Le décaissement de la place, en 1864, laisse supposer que les niveaux modernes ont alors disparu. Au nord-est de l’église, ils sont préservés. Les datations effectuées sur les ossements humains ont livré une réponse finale indiscutable. Les deux sépultures provenant des sarcophages fouillés sont d’époque mérovingienne (Ve-VIIe siècles). La sépulture localisée devant l’église, est datée entre 425 et 595 après J-C, tandis que le premier individu inhumé dans l’autre sarcophage l’est entre 575 et 640. Ces données confirment la présence d’une nécropole mérovingienne préservée. »  Philippe Carré conclut ainsi:  » Maints indices indiquaient un réseau routier plus ou moins dense à l’époque gallo-romaine et dont des tracés sont encore empruntés aujourd’hui. Les voies antiques auraient donc été entretenues entre la fin de l’empire romain et l’an mil, preuve de la présence d’une population sur place durant cette période. Ces découvertes archéologiques appellent un constat : l’éperon de Broût ne semble pas être au haut Moyen Âge le petit bois de broussailles dans lequel s’est retiré saint Mazeran au XIe siècle. »

• Fin juin,  paraîtra un nouvel ouvrage de Jean-François Glomet qui retrace L’étonnante histoire de Gaston Mazerolle, charcutier. Gaston Voguet, « le Caruso français , devenu  Marzolli, ténor de l’opéra. Il est préfacé par Josette Alviset, fondatrice du Musée de l’opéra de Vichy (1 vol. br, 110 p,  illustrations n-b et couleur, éd. Association Azi la Garance, 20 € – 27 € franco). Une souscription reste ouverte jusqu’au 25 juin avec prix préférentiel (18 €).

http://brout-vernet.over-blog.com/

► Aumance-Tronçais magazine

• Au sommaire du n° 60 (année 2017): Mes souvenirs de la douce ambiance qui régnait à Hérisson avant la déclaration de guerre de 1939 (Roger Vénuat) – À propos… (Jacques Gaulme) – Quelques nouvelles d’Hérisson – Scrutin de ballottage à Hérisson en 1908 …

Revue d’Auvergne

• n° 620/I, 2016: Des volcans aux nuages. L’Observatoire de physique du globe de Clermont-Ferrand(406 p.,30 €). L’Observatoire de physique du globe de Clermont-Ferrand ou OPGC est l’héritier direct de l’observatoire météorologique du puy de Dôme inauguré en 1876 et de la chaire de géologie de l’Université de Clermont-Ferrand créée vers 1860 par Henri Lecocq. Sa configuration actuelle date de 1985 lorsqu’il est devenu l’un des tous premiers observatoires des sciences de l’univers du CNRS et quand ont été agrégés à l’observatoire les laboratoires de météorologie et de géologie de l’université Blaise Pascal. Dans le volume I sont abordés l’histoire de l’OPGC depuis ses origines jusqu’à nos jours.  la 2ème  partie est dédiée à la présentation des services d’observation de la terre, dont l’OPGC a la responsabilité. Les chercheurs-enseignants et ingénieurs de l’OPGC dressent un état des lieux de la recherche actuelle sur les volcans et la Terre interne ou sur la dynamique et la chimie de l’atmosphère terrestre.

Groupe Patrimoine 71

• Fondé il y a quarante ans, le Groupe 71 s’est fixé pour objectif de promouvoir la découverte et la connaissance des différents patrimoines du département de la Saône-et-Loire. Son bulletin, Images de Saône-et-Loire propose chaque trimestre plusieurs articles, avec illustrations, sur 24 pages. Pour retrouver les sommaires des 140 premiers numéros, ainsi que la liste des collaborateurs et celle des communes ayant fait l’objet d’un article, on pourra se reporter au site du groupe Patrimoine 71.

http://www.groupepatrimoines71.fr/

•  Au sommaire de la revue Images de Saône-et-Loire (n°189): Préserver le patrimoine scolaire, oui mais pour quoi ? ( Patrick Pluchot) –  Hôtels et bureaux de poste en Saône-et-Loire (Alain Dessertenne) – Flaneries : Tournus, patrimoine mondial – Vous avez dit Thiard ?(Claude Peter Haverkamp) – Les mascarons de Chalon (Claude Elly) – Les chemins du Roman (Centre d’études des patrimoines du Charolais Brionnais) – Votre bibliothèque.

► Société Historique et Régionaliste du Bas Limousin (SHRBL)

Le numéro 218 de la 7ème série de la revue régionaliste et félibréenne Lemouzi vient de paraître, neuf mois après le décès de Robert Joudoux. Vu du Bourbonnais (Archéologie, patrimoine – mars-avril) a rappelé le rôle essentiel qu’avait joué ce dernier depuis 1959 dans le maintien puis dans l’essor de la revue et de la Société Historique et Régionaliste du Bas Limousin. il a  laissé derrière lui plus de 600 ouvrages, articles, critiques et textes. Sous la présidence de Paul Valière la SHRBL a donc décidé de poursuivre son œuvre et  un comité de rédaction s’est mis en place pour reprendre la diffusion de la revue Lemouzi, au rythme de 2 numéros par an, au lieu de 4 précédemment, compte tenu « de la difficulté de la tâche ». Il est piloté par Jean-Claude Blanchet, ancien conservateur général du patrimoine et Jean-Michel Valade, professeur d’histoire et auteur d’ouvrages historique. S’il n’est pas question de modifier l’esprit de la publication, il a été décidé en revanche de moderniser sa présentation, en la rendant « plus aérée, plus lisible, bien illustrée avec un cahier de 16 pages en couleur et une couverture entièrement remaniée ». Le comité de rédaction souhaite «élargir l’éventail des auteurs » en attirant « des étudiants en Sciences Humaines, en master (qui)  pourraient publier une synthèse de leurs travaux».

La nouvelle équipe de la SHRBL devant le centre Robert Joudoux

Au sommaire de Lemouzi n° 218: Une large place est consacrée à des hommages à Robert Joudoux. Figurent ensuite des articles sur des objets préhistoriques trouvés à Voutezac, Cosnac, Sadroc, Saint-Mexant, des contes en occitan, traduits en français, suivis de quelques pages sur «la Corrèze vue en 1801 par son premier préfet», le citoyen Verneilh. Le département comptait alors plus de 230.000 habitants et était très enclavé. Un important dossier de quarante pages, réalisé par Liliane Guillaumie, est consacré à  la verrerie de Saint-Jal (1785-1798). D’autres articles conduisent ensuite le lecteur à l’arboretum de la Sédelle, en Creuse, puis «du côté de chez Marcelle, de Chamberet au Mont Gargan» avant de s’arrêter sur le portrait de l’abbé Léon Lachèze. Dans ce même numéro, on  apprend que le département de  la Corrèze a adopté la commune de Courrières en 1943, une ville minière du Pas-de-Calais particulièrement sinistrée pendant la guerre, en lui accordant notamment une subvention de 500.000 francs. Un dernier article évoque l’histoire de Violetta Parck, un parc d’attraction installé dans les années 1920 à quelques kilomètres de Tulle et dont il ne reste aujourd’hui que des cartes postales anciennes. Enfin, Lemouzi se referme sur  la table des matières des numéros 201 à 217.

► Médioromanie (n° 14): Atlas des agencements territoriaux en France médiane

Ni du nord, ni du Midi...Telle est la devise de la Médioromanie, ou France médiane, dont le concept a été imaginé par Pierre Bonnaud, géographe né en 1931 qui a longtemps enseigné à l’université clermontoise. Cette Médioromanie, Jean-François Meunier, professeur d’histoire géographie à Cosne-sur-Loire, a cherché à la détourer, dans le n° 14 de la revue éponyme, sous le titre Atlas des agencements territoriaux en France médiane.  Il la définit comme « une large bande qui traverse tout le centre de  la France, des Alpes à l’Atlantique, où l’on observe des liens culturels et linguistiques qui dépassent la traditionnelle frontière entre langues d’oïl et d’oc ». Tout en s’avouant peu convaincu par le dernier redécoupage régional, il a exhumé les cartes des découpages régionaux appliqués à la France médiane, depuis la Révolution française.

Le Royaume de France et ses routes au XVIIIème siècle.

• Il s’est aussi penché sur  toutes les circonscriptions qui ont pu voir le jour, qu’elles soient  administratives, militaires, judiciaires ou religieuses . L’étude montre que la régionalisation n’est finalement pas un fait récent mais que l’idée à émergé, pour « favoriser le développement économique » dès le milieu du XIXème siècle. Entre 1791, au début de la Révolution, et 1941, sous le régime de Vichy, l’atlas de Jean-François Meunier ne  recense  pas moins de 26 propositions régionales, au gré des ajouts et des retraits, avec même une tentative de restauration des provinces d’Ancien Régime, le tout créant un « festival de provinces imaginaires ». Le département de la Nièvre apparaît ainsi comme un des plus instables, baladé tantôt entre l’option Berry-Bourbonnais, et l’option Bourgogne. Finalement, comme l’écrit Julien Rapegno dans Centre-France magazine, la seule constante est que « Chaque carte se doit de contredire la précédente ». (Médioromanie  n° 14Contact : jean.blanchon2@wanadoo.fr ou 04 73 79 10 26)

• Le Congrès de la Fédération des Sociétés savantes du Centre de la France se tiendra à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) du 25 au 27 mai 2018 sur le thème : Pèlerinages, échanges, cultures.

Société historique et archéologique du Forez :  Bulletin de la Diana (1er trimestre  2017) :

La municipalité de Montbrison en 1765-1768 – Un habitat rural fortifié : la maison de Chivet (Champoly) – Le pont Henri sur la Loire à Montrond – L.J. Gras (1868-1926), historien de la région stéphanoise – Entrées dans les archives de la Diana – Actualités.

Cercle d’études de la deuxième guerre mondiale, Thiers et sa région.

Marguerite Gonon, figure de la Résistance en Forez

 Bulletin n°37 (avril 2017): parmi les articles :  « Celles-sur-Durolle : un médecin lorrain dans la commune, de 1941 à 1944″ : le Dr Jacques Auer eut à soigner des pathologies caractéristiques dans cette période de restriction. « Arthun, Loire : Une visite inattendue : « Bonjour,Général! » : Marguerite Gonon (1914-1996), institutrice à Arthun y rencontra le comte Guy Courtin de Neufbourg (1988-1986), propriétaire du domaine de Beauvoir. Il s’engagèrent assez rapidement dans la Résistance, cachant des armes,organisant un maquis, recevant des parachutages. En 1948, le général de Gaulle et son épouse annoncèrent leu visite au château de Beauvoir ; il y furent reçus par le comte en présence de Marguerite Gonon et des anciens résistants de son groupe. Elle faisait partie de la Société historique et archéologique du Forez, la Diana ; elle mourut à Feurs, âgée de 82 ans après avoir publié notamment en plusieurs volumes, parus de 1933 à 1980 :  Chartes du Forez antérieures au XIVe siècle.

LES ARTS

PEINTURE ET ARTS GRAPHIQUES

JOËL ROCHE : UN ARTISTE QUI SAVAIT ALLIER « HUMOUR VERBAL ET HUMOUR PICTURAL  »

Joël Roche (1943-2017)

• Le dessinateur, graphiste et peintre  Joël Roche est décédé brutalement le 15 mars, à Willgottheim, en Alsace, où il s’était installé depuis plus d’une vingtaine d’années. Né le 8 septembre 1943 à Vichy, il était issu d’une vieille famille bourbonnaise. Son grand-père, Albert Roche, avait été négociant en vin à Montluçon. Son père, Maurice Roche (1914-1983)  avait fait toute  sa carrière dans l’administration préfectorale. Son intervention en juin 1944, à Tulle, avait permis d’épargner des vies face à la sinistre division SS Das Reich. C’est pourtant une toute  autre voie qu’avait choisie Joël Roche, passionné par le dessin.  Après avoir fait ses premières armes chez Publicis, il avait intégré l’École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg  dont il était sorti diplômé. Ultérieurement, il devait être couronné par le titre de Meilleur ouvrier de France, dans la catégorie illustrateur. Alors qu’il  travaillait  comme chef de publicité dans l’entreprise de chocolaterie Loriot-Meunier, il avait fait la connaissance de sa future épouse, Astrid Françoise Steiner, qui était alors maquettiste. Leur mariage devait être célébré en 1970, à Bischeim (Bas-Rhin). .

Le château de la Souche à Doyet, propriété de la famille Roche, de 1966 à 1992.

• En 1974, le couple avait opté pour le statut d’artistes indépendants en fondant son  propre studio de dessin. De l’imagination de Joël Roche,  qui dessinait aussi bien pour la publicité que pour la presse régionale ou le grand public, devaient naître « les Piroe », des personnages humoristiques, qu’il avait mis en scène dans plusieurs  albums. Avant de s’installer définitivement en Alsace, Joël Roche avait élu domicile à Doyet, au château de la Souche, qu’avait acquis son père en 1966 et dont  il avait hérité.  En 1987, dans le cadre des cérémonies liées au millénaire des Capétiens, Joël Roche avait présenté à la maison du vieux Montluçon l’exposition « Fleurs de lys et fleurs de pierre », une série de dessins consacrés aux vieilles bâtisses, châteaux-forts et demeures seigneuriales. On pouvait notamment y voir le Vieux Château de Montluçon, ainsi que des vues de Bourbon,-l’Archambault, Jaligny, Hérisson, Murat ou Chantelle. Quant à son épouse Astrid, elle présentait ses  peintures sur soie.

Sans titre

• En 1989, les deux artistes avaient récidivé avec  une nouvelle exposition « Nature sacrée et chants d’oiseaux » : « À travers la peinture sur soie, l’aquarelle ou la plume, les artistes ont restitué des sentiments, voulant souvent faire passer une émotion mais aussi une inquiétudes face aux atteintes à l’environnement », pouvait-on lire dans les Cahiers Bourbonnais (n°131).

• Dans cette même revue, il avait publié deux courtes bandes dessinées, Le pays d’Allen (n° 114 – 4ème trimestre 1985) et Je suis Bourbonnais (n° 126 – 4ème trimestre 1988). Sollicité par les vignerons saint-pourcinois, il avait accepté d’ illustrer la toute première Ficelle, en 1987. Une manière pour lui de défendre et de promouvoir le Saint-Pourçain qu’il considérait comme « le sang de sa terre natale ». Après avoir vendu le château de la Souche, en 1992, il avait quitté le Bourbonnais,  pour retourner avec son épouse en Alsace, où il avait poursuivi sa carrière artistique. Participant à de nombreuses expositions pour lesquelles il arborait  toujours chapeau et costume alsacien, il s’était ainsi forgé une silhouette aisément reconnaissable.

« Le pays d’Allen » (Cahiers bourbonnais n° 114 – 4ème trimestre 1985)…où l’on reconnaît les personnages caractéristiques de Joël Roche
Chevalier dans l’ordre national du Mérite en 2013

• Parallèlement à sa carrière artistique, Joël Roche s’était aussi beaucoup  investi dans le bénévolat, au sein de  la protection civile, de la Croix Rouge, mais aussi des sapeurs-pompiers volontaires,  ce qui lui avait valu, en 2013, d’être fait  chevalier dans l’ordre national du Mérite. Il était aussi soucieux de partager son art avec la très jeune génération, en donnant des cours de dessin. En 2016, il avait fait paraître, La résistance d’un secrétaire général de préfecture : les archives secrètes de Maurice Roche.  Un récit inédit d’après les archives et documents officiels originaux de son père qui avaient été   mis en dossier par l’historien Nicolas Mengus.   Les obsèques de Joël Roche,  célébrées le 20 mars en l’église de Willgottheim, ont suscité de nombreux messages de sympathie : « Un homme simple et honnête mais aussi, un humoriste qui d’un coup de crayon savait si bien et sans méchanceté, décrire le fil d’une actualité ou d’une situation » peut-on lire dans  l’un d’eux. De son côté, Jean-Pierre Petit, directeur des Cahiers Bourbonnais, écrit : «Joël nous a enchantés lors de son bref et fructueux passage en Bourbonnais. Astrid et lui-même nous ont laissé le souvenir de leurs aimables personnalités. Joël Roche alliait l’humour verbal à l’humour pictural avec talent, douceur et justesse. Il aima le Bourbonnais autant que le logis paternel de La Souche ».

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Quand Joël Roche affirmait sa « bourbonnitude » dans les Cahiers bourbonnais (n° 126-4ème trimestre 1986)

◘ UNE EXPOSITION RÉTROSPECTIVE À L’OCCASION DES 90 ANS DU PEINTRE PIERRE LAFOUCRIÈRE

• A l’occasion des 90 ans de Pierre Lafoucrière, la ville de Montluçon et la Galerie Ecritures proposent  du 3 juin au 23 juillet une exposition rétrospective de son œuvre, sous le titre  « Les Musiques du Silence ».  À cette occasion,  a été également présentée la monographie publiée par la galerie Ecritures, sous le titre Pierre Lafoucrière « Un Chemin de Lumière »

images (1)• Né en 1927 à Louroux-de-Bouble, au cœur du Bourbonnais, Pierre Lafoucrière, qui a exposé pour la première fois à l’âge de vingt ans,  s’est formé à l‘École des Métiers d’art de Paris, tout en suivant les cours de l’École supérieure Estienne. Au programme: un an de vitrail et deux ans d’arts décoratifs, avant de choisir la voie de l’enseignement. Aujourd’hui, il vit et travaille à Meudon, en région parisienne, et dans l’Allier, à Valignat. Si de nombreuses rencontres artistiques ont jalonné sa vie, deux d’entre elles  ont profondément marqué son parcours de peintre : celle de Paul Gay dans les années 1950 et celle de  Nane Stern en 1974. Parti de la figuration, il a très vite évolué vers une abstraction lyrique, très gestuelle. Proche du « Nuagisme » dans les années 1960, sa peinture est devenue ensuite plus violente, le graphisme plus incisif et les formes plus rigoureuses. Depuis quelques années, Pierre Lafoucrière « paraît être entré dans une perspective poétique dictée par une appréhension moins baroque, à la fois plus raffinée et plus écrite, de l’espace et du signe vital« . Puisant son inspiration dans « les paysages, la nature, les impressionnistes«  comme « Cézanne pour le dessin et Monet pour la couleur« , il affirme clairement qu’il n’y a pas de message caché dans ses œuvres: « Je ne travaille pas pour moi, je laisse les gens libres devant mon travail.  Ils peuvent aimer ou ne pas aimer ». Quant à l’absence de titre pour certaines de ses créations, il la revendique: « Le visiteur peut trouver son propre titre et sa propre évocation sans que je sois là pour le guider ».

  • À la fois peintre de la lumière et de la transparence, Pierre Lafoucrière est particulièrement inspiré par l’art sacré. C’est en revenant à ses passions premières, qu’il a réalisé des vitraux à Louroux-de-Bouble, mais aussi à Corny et Pont de l’Arche dans l’Eure. On lui doit aussi  ceux de l’église claustrale de Ligugé, dans la Vienne, une de ses plus importantes réalisations, avec pas moins de  35 fenêtres. Dernièrement, il a créé ceux du Centre diocésain de Saint-Désert dans la Sarthe.  Inspiré aussi par les auteurs, en même temps qu’ami des poètes, il a  illustré des éditions originales de J-M. Barnaud, d’Alain Borne, de Louis Dallant, ou encore d’Henri Kera et de  Jean-François Manier. Il a, par ailleurs,  calligraphié et illustré de manière monumentale la « Messe sur le Monde » de Teilhard de Chardin, acquise par le Musée Mandet, à Riom.

►L’exposition est visible à Montluçon  au Fonds d’art moderne et contemporain (rue des Faucheroux 03100 Montluçon) du mercredi au samedi de 14 h à 19 h et le dimanche de 14 h à 17h30 (Renseignements au 04 70 02 55 24), ainsi qu’à  la Galerie Écritures (1 rue Pierre-Petit 03100 Montluçon) du mardi au vendredi de 15 h à 18 h ainsi que le samedi, de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h – Renseignements au 06 70 09 36 63. Entrée gratuite.

Pour en savoir plus: http://www.pierre-lafoucriere.com/

LE PEINTRE FLORANE  À l’HONNEUR , À MONTVICQ,  LE 14 JUILLET

  • Florane, par Joseph Prémilhat

    L’association Florane et son époque s’est donné pour but de réunir les amateurs du peintre Florane, alias Louis Blanchard (1872-1939), afin de faire connaître son œuvre et de le situer dans le genre artistique de son époque.Vu du Bourbonnais, de son côté,  a consacré un article à la biographie du peintre et à ses œuvres.  Une exposition de ses tableaux aura lieu dans la salle de l’ancienne gare de Montvicq, le 14 juillet prochain, de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 19 h 30.  Pour animer cette journée, des voitures des années 1930 seront également  exposées sur le terrain de l’ancienne gare ainsi que des objets  Art Nouveau et Art Déco.

Contact : 06 14 92 49 65

◘ (RE)DÉCOUVRIR JOSETTE BOURNET (1905-1962) ET SES TOILES

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Josette Bournet (autoportrait)

Josette Bournet, née en 1905 à Vichy,  décédée en 1962, s’était fait  connaître comme peintre de portraits, de paysages, de marines et de compositions murales. En 2015 un musée qui lui est consacré a été installé au rez-de-chaussée du château au bourg de Saint-Félix et il présente chaque année une nouvelle exposition. Cette année, ce sont 58 tableaux illustrant les différents thèmes de Josette Bournet ainsi qu’une vingtaine d’œuvres en céramique qui sont présentés. Un site est par ailleurs dédié à la vie de Josette Bournet et à ses œuvres. On peut  y retrouver une série d’autoportraits et un panorama thématique des ses tableaux

► Savoir plus: http://www.josette-bournet.com

• Jusqu’au 31 mai, à l’Office de tourisme de Varennes-sur-Allier, Reidroc alias Jean-Pierre Cordier, a présenté une exposition d’une trentaine de ses œuvres, dessins et peintures, illustrations sur toile et papier, toutes  extraites de ses divers ouvrages.

 

◘ L’ÉCOLE DE MUROL S’EXPOSE

L’abbé Boudal, un des « pères » de l’école de Murol

L’abbé Boudal, qui fut curé de Murol pendant 44 ans, aimait la peinture et c’est ce qui le poussa  en 1911  à faire venir son ami Victor Charreton.  D’autres peintres séjournèrent à Murol créant l’école de Murol qui s’éteignit avec les décès de l’abbé Boudal (1934) et de Charreton (1936). Le souvenir de cette école fut  ranimé par Nicolas Chabrol dans les années 1990 et un musée fut créé en 2000 avec plus de 200 tableaux. Il  accueille aujourd’hui quelque 5 000 personnes chaque année. En 2006  a été fondée l’association des amis du musée de Murol qui acquiert des tableaux. Cette année une exposition rétrospective de dix ans d’acquisition est proposée jusqu’au 31 octobre. 70 tableaux ont été ajoutés à l’exposition permanente (http://www.musee-murol.fr)

La chapelle des Cordeliers,place Sugny, à Clermont-Ferrand, a accueilli du 19 au 23 mai 2017, la 22ème édition des Arts en balade, une exposition du Fonds départemental d’art contemporain présentant 140 artistes  et leurs œuvres.

◘ DÉCOUVRIR ALBERT VALLET, MODELEUR D’ARGILE

• L’exposition Albert Vallet, modeleur d’argile proposée du 20 mai au  30 septembre, au Musée du Grès de Saint-Amand-en-Puisaye,  est consacrée à la céramique architecturale, avec une trentaine de pièces . Elle retrace l’itinéraire artistique d’Albert Vallet (1923-2015), un céramiste hors du commun. En 1954, il avait installé four et atelier aux Grands Moussus d’Arquian, pour y développer une œuvre céramique de sculptures et de panneaux muraux en grès, exclusivement consacrée à la création de rondes-bosses et de reliefs, imprégnée des philosophies grecque et extrême orientales qui le conduisent à la réalisation d’œuvres monumentales. Albert Vallet a pu bénéficier de commandes publiques et ses œuvres  ornent aujourd’hui nombre d’établissements scolaires du Nivernais, que ce soit à  Saint-Amand-en-Puisaye, à Cosne-sur-Loire, à Dornes ou à Nevers.  Composées d’œuvres et maquettes, l’exposition décline les différentes périodes de sa carrière artistique : euclidienne, chamanique et cosmique.

• En parallèle, à la galerie l’art et la matière, l’association Terre de Création accueille l’exposition À la croisée du chemin, jusqu’au 2 juillet. C’est l’occasion de découvrir une diversité de créations mêlant art pictural et céramique à travers les œuvres d’Alain Gaudebert, Jean Gaudaire-Thor, François Marie Billard, Claire Boitel et Alexis de Raphelis.

Musée du grès : château de Saint-Amand-en-Puisaye : contact : 03 86 39 74 97 et musees@nievre.fr

►Galerie L’art et la matière: contact: 06 37 01 31 98 et galeriesaintam@gmail.com

 

MUSIQUE(S)

◘ LA BATTERIE, MISE À L’HONNEUR AU MUPOP de MONTLUÇON DU 1er JUILLET AU 31 DÉCEMBRE

Affiche2_Expo-RollAndSwing-2017• Après les expositions temporaires consacrées à Michel Polnareff (2015) et aux Années Disco (2016), le MuPop (Musée des musiques populaires de Montluçon) a choisi de mettre à l’honneur la naissance de la batterie en France et son histoire. Ce sera «Roll and Swing », une exposition riche d’une quarantaine d’instruments rares, visible du 1er juillet au 31 décembre 2017. C’est Philippe Nasse qui en assume le commissariat, en collaboration avec Éric Bourgougnon, conservateur du MuPop. Musicien et réalisateur de films documentaires sur les percussions, il a consacré une dizaine d’années à ses recherches sur l’origine des batteries en France. On pourra se reporter à l’article que Vu du Bourbonnais a consacré spécialement à cette exposition.

◘ LUTHERIE: DES ENCHÈRES EXCEPTIONNELLES LORS D’UNE VENTE À VICHY 

• Lors d’une vente de lutherie organisée à Vichy par Vichy Enchères, du 6 au 8 juin, plusieurs objets ont franchi le seuil des 100 000 €. Le record, avec 205 000 €, a été atteint par un violoncelle de l’école italienne du XVIIIème siècle, conçu à Milan entre 1755 et 1760 et œuvre de Carlo Fernandino  Landolfi. Il avait été mis en vente à 60 000 € pour une estimation initiale comprise entre 80 000 et 100 000 €. À signaler également un violon de 1770 qui a été adjugé à 138 000 € et un archet de Dominique Pecatte qui a trouvé preneur pour 100 000 €.

◘ L’ACTUALITÉ DES AUTEURS ET DES ÉDITEURS: N° 7 (MAI-JUIN 2017)

Mise à jour: 24 JUIN  2017               Contact: allier-infos@sfr.fr

DU CÔTÉ DES AUTEURS…

◘ VALERY LARBAUD, CITOYEN DU MONDE

•  Valery Larbaud, citoyen du mondeC’est le thème du tome 53 des Cahiers des amis de Valery Larbaud. Fondés en 1967, en écho à  la remise du Prix Valery Larbaud, les Cahiers dont la publication est annuelle, ont pour objectif  de   recenser les acquis du Fonds Larbaud ainsi que  les travaux et recherches sur l’écrivain et son œuvre.  Au sommaire du tome 53 (1 vol. br, 220 p, éd. Classiques Garnier, 35 €), publié  sous la direction d’Amélie Auzoux et Gil Charbonnier :   Valery Larbaud, citoyen du monde : introduction (Amélie Auzoux et Gil Charbonnier) –  Une lettre de Paul Morand à Jacques Chardonne à l’occasion de la mort de Valery Larbaud (Michel Collomb) –  Valery Larbaud, arpenteur et citoyen de l’Empire (Julien Knebusch) – L’Amérique paradoxale de Valery Larbaud. Du cosmopolitisme de proximité au cosmopolitisme égotiste (Alexis Buffet) – Cosmopolitisme, avant-garde et classicisme. Identité nationale et création littéraire chez Valery Larbaud (Nicolas Di Méo) –  Concurrence littéraire mondiale et « amour-propre national» chez Valery Larbaud (Amélie Auzoux) –

• Larbaud critique du « Précis d’histoire littéraire de l’Europe depuis la Renaissance » de Paul Van Tieghem ou comment faire de la littérature comparée (Delphine Viellard) – La traduction comme modèle de la transgression du texte, du sujet et de l’identité chez Valery Larbaud (Vera Elisabeth Gerling) –  « A. O. Barnabooth , son journal intime » de Valery Larbaud ou le sens d’une écriture européenne (Frédéric Roussille) –  « Le Bateau ivre » du cosmopolitisme larbaldien. Sur les rails de « L’Ancienne gare de Cahors » (Christine Kossaifi) – Autour de Valery Larbaud : Prix Valery Larbaud 2016 – Comptes rendus – Roger Grenier, Françoise Lioure et Jean-Marie Laclavetine : In memoriam – Association internationale des Amis de Valery Larbaud. Assemblée générale du samedi 28 mai 2016 (Paule Moron) – Résumés.

◘ SIMENON, MAIGRET ET LE BOURBONNAIS

• À Moulins, l’association LACME et son président Joël Talon ont organisé des animations sur le thème « Georges Simenon et le Bourbonnais« , à propos de deux de ses romans : Les Inconnus dans la maison (Gallimard, 1940) et L’Affaire Saint-Fiacre (Fayard, 1932). Trois se sont déroulées à Moulins les 14, 15 et 16 juin en soirée, avec des déambulations, qui ont rassemblé quelques dizaines de personnes au total, sur les lieux évoqués par Simenon . Celle du 16 juin a été suivie de la projection du film Les Inconnus dans la maison (1942) qui a enregistré 38 entrées. À Paray-le-Frésil, le 18 juin, dans l’après-midi, une marche- promenade, longue de 5 km, a rassemblé 65 participants pour la découverte de lieux emblématiques : la rue principale, la maison Tatin, l’église, le château. Une conférence donnée par Bernard Trapes et Jean-Emmanuel Stamm  a été  suivie du film de Jean Delannoy, Maigret et l’affaire Saint-Fiacre (1959) : près de 70 personnes ont assisté à cette conférence et/ou à la projection du film.

L’arrivée de Maigret et de la Comtesse au château de Saint-Fiacre

Visionner la bande annonce du film de Jean Delannoy, Maigret et l’affaire Saint-Fiacre (1959) :

Visionner un extrait du film de Henri Decoin, Les inconnus dans la maison (1942): la scène de la plaidoierie interprétée par Raimu

◘ ALBERT LONDRES: « UN  CERTAIN EMBARRAS » À LA LECTURE  DE SES REPORTAGES 

  • Dans Le Monde (25-26 mai),  Jean-Philippe Rémy revient sur la réédition des grands reportages à l’étranger d’Albert Londres, préfacés par Étienne de Montéty (éd. Arthaud, 860 p, 35 €). Le volume qui regroupe La Chine en folie, Le chemin de Buenos-Aires, Terre d’ébène et Le juif errant, a suscité des critiques positives dont Vu du Bourbonnais (L’actualité des auteurs – mars-avril) s’est fait l’écho. Pourtant, le journaliste du Monde saisit l’occasion pour s’interroger sur ce qu’il appelle  le mythe Albert Londres. Sous le titre « La couleur de la peau d’Albert Londres », il écrit : « L’homme est un mythe, une légende du journalisme. Non sans défaut pourtant : une relecture de ses reportages suffit pour s’en convaincre ». Et d’ajouter que « ce n’est pas faire injure à Albert Londres (1884-1932) que de s’interroger sur la nature du mythe édifié autour de son nom. Reporter prodigieux,  découvert pendant la première guerre mondiale, mort en mer au retour d’un ultime voyage, il a été statufié depuis en prince des journalistes ».
Le Petit Parisien, qui publie les reportages d’Albert Londres: un des premiers tirages de la presse parisienne
  • Côté positif, Jean Philippe Rémy inscrit au crédit du « voyageur infatigable et redresseur de torts » ses combats contre le bagne de Cayenne, la dénonciation de  l’horreur des hôpitaux psychiatriques ou encore la révélation à ses lecteurs de ce que pouvait être la vie dans les colonies…pour les colonisés. Bien loin des échos qu’en donnait la grande presse où des mises en scène des expositions coloniales. Toutefois, celui qui affirmait n’avoir de cesse que de « porter la plume dans la plaie», savait aussi se mettre en scène au cœur de ses récits, ne se séparant jamais de son unique bien revendiqué, « sa valise en peau de porc », « s’engageant à dire avec la même liberté ce qu’il avait vu, entendu et pensé ». Albert Londres était-il donc un vrai journaliste ou avant tout un conteur, comme beaucoup d’autres de ses confrères, à la même époque ? Jean-Philippe Rémy opte  pour la synthèse entre les deux en notant que pour Londres, « le reportage était d’abord une manière de raconter des histoires », notamment aux lecteurs du Petit Parisien, un des géants avec Le Matin de la presse parisienne, qui tirait à plus d’un million et demi d’exemplaires et que « le prince des reporters » avait rejoint au début des années 1920. Reprenant les propos de Pierre Assouline, biographe de Londres, selon lequel « on n’est pas forcé de le croire », Jean-Philippe Rémy écarte toutefois d’emblée toute accusation de « bidonnage »…mais en y ajoutant un bémol, « encore que les moyens d’être tout à fait certain du contraire fassent défaut ». Les seuls « inventions » ne seraient donc que d’ordre « stylistique pour les besoins du récit et des dialogues ».

  • En fait, c’est sur un autre terrain que Jean Philippe Rémy « cherche » Albert Londres, lequel susciterait « un certain embarras ». Selon lui, Londres qui  parle dans ses reportage «  du Jaune » comme « du Nègre » « dessine un monde où la couleur de la peau conditionne la nature du récit ». Au-delà des anecdotes et du « pittoresque » inscrites dans les reportages « londoniens », le journaliste  se montre finalement plutôt sévère dans sa conclusion, à l’encontre du reporter bourbonnais : « Qui peut lire sans ciller ces pages bourrées de poncifs racistes,  de caricatures d’êtres cruellement infantilisés ?(…). Tout accaparé par l’horreur du sort des colonisés, Albert Londres n’a pas songé un instant à les penser en égaux ».

◘ IL Y A 85 ANS…LA DISPARITION TRAGIQUE D’ALBERT LONDRES

Toujours à propos d’Albert LondresIl y a 85 ans,  le   16 mai 1932,   le  journaliste disparaissait  dans l’incendie du paquebot Georges-Philippar, alors qu’il revenait de Chine. Une disparition brutale qui a suscité de nombreuses hypothèses…Pour en savoir plus:

► Sur le site de France Inter: Une évocation de la mort d’Albert Londres dans la cadre de l’émission Autant en emporte l’histoire, diffusée le 26 juin 2016

https://www.franceinter.fr/emissions/autant-en-emporte-l-histoire/autant-en-emporte-l-histoire-26-juin-2016

►Sur le site de L’Humanité: Mais qu’allait donc faire Albert Londres en Chine?