PAGES D’HISTOIRE : DISPARITION D’ANDRÉ TOURET (1929-2018) :  BIEN PLUS QU’UN SIMPLE “HISTORIEN LOCAL”

Mise à jour: 24 mars 2018

Jean-Paul PERRIN

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ANDRE TOURET - Copie
© La Montagne

• “Voyez donc André Touret…Il pourra  certainement  vous renseigner”…Voilà une phrase qu’on n’entendra plus, aussi bien dans les salles de rédaction des journaux et des radios, que chez les étudiants en histoire ou chez les amateurs d’histoire bourbonnaise, en difficulté dans leurs recherches. C’est dire si  André Touret était devenu la ressource incontournable sur tout ce qui touchait à l’histoire montluçonnaise et bourbonnaise, qu’elle soit politique, sociale, syndicale ou qu’il s’agisse des campagnes et de leurs mutations. Une situation dont il ne tirait au passage aucune gloriole, sans jamais se départir de sa modestie, de son affabilité, de sa disponibilité et de  sa capacité d’écoute  coutumières.

• Cette phrase, ou plutôt ce refrain tant il était sollicité, on ne pourra plus l’entendre: le professeur d’histoire et historien, l’auteur d’ouvrages marquant sur  l’histoire bourbonnaise et Montluçonnaise, ainsi que de la seule biographie véritablement complète de Marx Dormoy, est décédé le 10 mars, dans sa 89ème année. Ses obsèques ont été   célébrées le jeudi 15 mars, en l’église Sainte-Thérèse de Montluçon. Vu du Bourbonnais a choisi de lui rendre hommage en retraçant  sa riche carrière, depuis le temps du professorat  d’école normale  et de lycée à Moulins, jusqu’à celui de  la publication de ses cinq ouvrages fondamentaux entre 1997 et 2005.

 

PROFESSEUR D’HISTOIRE À MOULINS,

ENTRE L’ÉCOLE NORMALE ET LE LYCÉE BANVILLE

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André Touret (4è rang, 4è  à gauche) en classe de 6ème,  en 1941

• André Touret était né à Montluçon, le 1er avril 1929, dans une famille issue de la petite paysannerie locale. Après l’école primaire et malgré une santé fragile, entre  1941 et 1948, il avait pu poursuivre ses études au lycée  de garçons de Montluçon (l’actuel collège Jules-Ferry). Là, il avait  côtoyé notamment Maurice Pinguet (1929-1991), futur professeur de littérature à l’université de Tokyo  et à  la Sorbonne, ainsi que Pierre Miquel (1930-2007), le futur et prolifique historien de la Grande guerre et de la IIIè République.

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André Touret (4è rang, 1er à gauche) en classe de Première en 1947

• De cette période, il avait gardé un grand attachement au lycée, devenant un membre fidèle de l’amicale des anciens élèves. En janvier 2005,  il avait eu la joie de retrouver Pierre Miquel, invité d’honneur lors de la traditionnelle  Rencontre des  anciens élèves du lycée.

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Retrouvailles avec Pierre Miquel (à gauche) en janvier 2005

• Le bac en poche, André Touret  avait poursuivi ses études  à la faculté des lettres de  Clermont-Ferrand, où il avait obtenu un diplôme d’études supérieures de géographie, porte d’entrée vers l’enseignement secondaire. Il avait  enseigné l’histoire et la géographie d’abord aux lycéens de  Bourges, puis à ceux de Châteauroux, avant de poursuivre sa carrière à Moulins, entre 1965 et 1989. Durant ce quart de siècle, dans la préfecture de l’Allier, il avait commencé par dispenser son enseignement aux élèves de l’école normale d’instituteurs, donnant le goût pour l’histoire à  de nombreux futurs “maîtres d’école” bourbonnais.

s-l1600• Pour leur permettre d’instiller une dose d’histoire locale dans l’enseignement général et montrer que l’histoire se vit aussi jusqu’au tréfonds de la province, il avait collaboré au dernier volume des  Textes d’histoire bourbonnaise, des origines à nos jours, publié sous l’égide de la Société bourbonnaise des études locale et sous la direction de Jacques Lelong et d’Ovide Delaunay. Dans ce troisième tome,  sorti en 1977 des presses de l’imprimerie Pottier, il avait réuni avec Jacques Lelong une trentaine de textes, couvrant les XIXè et XXè siècles. De quoi permettre aux élèves  de suivre et de comprendre l’histoire telle qu’elle  avait été  vécue en Bourbonnais. Chaque texte était accompagné d’une note sur l’auteur, avec une présentation du  contexte ou de la situation particulière ayant présidé à l’événement. On y trouvait ensuite une série de thèmes à développer, dans le cadre d’une  explication de texte. La méthode était à la fois  très pédagogique et vivante pour aborder l’histoire nationale à travers le prisme Bourbonnais, comme André-Georges Manry et Martial Chaulanges l’avaient fait pour l’Auvergne.

UN DES MEMBRES ÉMINENTS

DE LA SOCIÉTÉ BOURBONNAISE

DES ÉTUDES LOCALES

ETUDES BOURB• Peu de temps  après son arrivée à Moulins, il avait adhéré à la Société bourbonnaise des études locales, dont il était  devenu le premier vice-président dans les années 1970- 1980.  Dans les colonnes du bulletin trimestriel  Études bourbonnaises, il avait signé de nombreuses études, parmi lesquelles on peut citer : Sur les origines du vignoble de la région montluçonnaise,  L’influence d’Émile Guillaumin sur le syndicalisme paysan avant 1914,  Les fermiers généraux sous la IIIè république,  La société rurale en Bourbonnais  entre 1870 et 1914, Vie et travail dans les campagnes bourbonnaises aux environs de 1900, Le syndicalisme agricole de l’Allier de 1890 à 1940… Autres sujets abordés : Les ministres bourbonnais de la IIIè RépubliqueLes municipalités montluçonnaises de 1944 à 1983 et  Les municipalités moulinoises  de 1944 à 1983.

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Les Cahiers bourbonnais (n°73)

• Cet intérêt marqué pour la paysannerie, le syndicalisme agricole et la vie rurale en Bourbonnais, explique qu’André Touret en ait fait le thème de sa thèse de doctorat de 3ème cycle  soutenue devant la faculté des Lettres de  Clermont-Ferrand en 1973, sous le titre Les campagnes bourbonnaises sous la IIIè République de 1870 à 1914, aspects économiques et sociaux.  Cette somme sur un sujet qui avait été peu exploré lui avait valu d’être distingué  par le tout premier prix Émile-Guillaumin, décerné par le conseil général de l’Allier.  La remise du prix, le 11 décembre 1974,  s’était faite en présence de Suzanne Souchon-Guillaumin et de Jean Émile Guillaumin, les deux enfants du Sage d’Ygrande. C’est aussi à cette époque qu’il avait participé au colloque du centenaire d’Émile Guillaumin, organisé à Moulins, le 20 octobre 1973, sous la présidence de Lucien Gachon et de Jean Fourastié, de l’Institut. Il y avait présenté une étude sur “L’influence d’Émile Guillaumin sur le syndicalisme paysan de l’Allier avant 1914”.

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Le lycée Banville au début des années 1970

• Après l’école normale, André Touret  était passé au Lycée Banville où il avait achevé sa carrière en 1989, aux côtés de son épouse qui y enseignait les lettres. Un professeur qui savait passionner ses élèves, dont  beaucoup avaient gardé de lui un souvenir attendri.  Des années plus tard, l’un d’eux, le journaliste Jean-Yves Vif lui rendait hommage, dans la préface de Destins d’Allier.  Il y saluait  “ Celui qui a fait découvrir et aimer l’histoire à plusieurs générations de futurs enseignants  et de lycéens bourbonnais,  faisant même naître des vocations de chroniqueur politique”. 6399_1 En 1985, André Touret  avait accepté de collaborer à la Nouvelle histoire du Bourbonnais, des origines à nos jours, publiée sous la direction d’André Leguai, par les éditions Horvath. Sa contribution portait sur L’évolution économique et sociale et les progrès des techniques de 1815 à 1939, ainsi que sur L’époque contemporaine. L’année suivante, il avait récidivé, en apportant une importante contribution à L’histoire des communes de l’Allier : l’arrondissement de Montluçon, ouvrage publié sous la même direction et chez le même éditeur. Il était l’auteur d’une étude sur Montluçon, de la Révolution à nos jours.

LE BIOGRAPHE DE MARX DORMOY (1998)

• À l’heure de la retraite, il s’était installé aux confins de Montluçon et de Domérat, près de la Côte-Rouge et de l’usine SAGEM, mettant son temps libre à profit pour se consacrer à la publication de plusieurs ouvrages centrés sur l’histoire contemporaine du Bourbonnais en général et sur la région montluçonnaise, plus particulièrement. Entre 1998 et 2005, il publiera ainsi 5 titres qui font désormais chacun autorité dans leurs domaines respectifs.   Ce faisant, il s’était aventuré sur des terres jusqu’alors peu ou pas explorées, traitant de sujets parfois “sensibles”.

livre 1• Premier de ses ouvrages, sa biographie consacrée à Marx Dormoy (éd. Créer, 1998), préfacée par Georges Rougeron. Si ce dernier avait rédigé en 1956 un brève biographie de celui dont il avait été le secrétaire, c’est la première fois qu’était envisagé un portrait de l’homme politique dans sa triple dimension : le militant politique devenu parlementaire, le maire visionnaire de Montluçon et, enfin, le ministre du Front populaire, avant de clore l’étude sur Les sombres journées de 1939 à 1941, jusqu’à la fin tragique de Marx Dormoy, déchiqueté par une bombe, le 26 juillet 1941, à Montélimar. Sans tomber dans l’hagiographie, en se basant sur une étude critique des documents et témoignages,  il avait brossé un portrait sincère de l’homme politique, sans parti pris ni concessions,  sans taire ses faiblesses ou ses hésitations : “ N’étant ni un admirateur inconditionnel de Marx Dormoy, ni un détracteur à tout prix,  esprit libre et sans  a priori,  je me suis efforcé de brosser de l’homme public un portrait qui se voudrait impartial et véridique (…).  Ne cachant ni les ombres, ni les lumières d’un homme public, j’ai découvert un personnage fascinant et, à certains égards, unique”, écrivait-il en introduction. De son côté, dans sa brève préface, Georges Rougeron avait salué cette somme : “Monsieur André Touret vient de réaliser un très remarquable travail. Souci de l’information, recherche approfondie en ont guidé la trame. Dans un exposé sans faille, j’y retrouve mon « patron », tel que je l’ai connu, au cours de nos années de collaboration (…). Objectif et véritablement exhaustif, le Marx Dormoy de M. Touret mérite l’intérêt avec lequel il ne saurait manquer d’être accueilli ”.

BLUM et DORMOY à VICHY
Léon Blum et Marx Dormoy en 1940

• La biographie, bien que publiée par les éditions Créer,  un éditeur régional auquel André Touret est resté fidèle, avait été jugée suffisamment importante et novatrice pour que Le Monde y consacre, le 11 septembre 1998,  un  article signé par Pierre-Robert Leclercq : “Aujourd’hui, écrivait-il,  à Paris, Marx Dormoy, c’est une rue et une station de métro, mais le personnage est bien oublié. André Touret répare cet oubli avec la première biographie de celui qui fut, à Montluçon, un maire à l’avant-garde des œuvres sociales, et qui, ministre de Léon Blum, fut son ami et plus proche collaborateur dans l’application des accords Matignon et, bientôt, en prenant une part active dans les mesures prises contre les ligues. Au lendemain du suicide de Salengro, cible privilégiée de l’extrême droite, c’est tout naturellement que Blum nomme Dormoy à l’Intérieur”. Après avoir retracé la carrière de Dormoy et analysé le livre, le journaliste concluait ainsi : “Homme politique comme il en est peu d’une République à l’autre, Dormoy est une figure qu’avec talent et érudition André Touret nous donne à découvrir. En un temps où politiciens et scandales vont souvent de pair, il serait dommage d’ignorer ce récit d’une vie exceptionnelle vouée au bien commun et qui est une part de notre histoire”.

• Quant aux Cahiers Bourbonnais (n°166), ils concluaient l’analyse du livre par ces mots : “ Si une biographie n’est jamais définitive,  il n’en reste pas moins que celle-ci, au demeurant fort agréable à lire, marquera durablement  l’historiographie montluçonnaise, régionale et nationale”. Pour cet ouvrage, André Touret avait été couronné par le prix Achille-Allier 1998 décerné par le conseil général.

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Marx Dormoy redécouvert” – Le Monde – 11 septembre 1998

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Les Cahiers bourbonnais: Notes de lecture (n°166) – J-P Perrin

RETOUR SUR L’HISTOIRE

DES CAMPAGNES BOURBONNAISES (1999)

 Livre 6• Intitulé Les campagnes bourbonnaises, il y a cent ans,  son second ouvrage, préfacé par Jean Émile-Guillaumin et publié en 1999, s’appuyait sur sa thèse de doctorat, mais avec une volonté d’en faire un livre à destination d’un public plus large. Les Cahiers bourbonnais (n° 170) en avaient publié une longue analyse (voir ci-dessous), soulignant  “un ouvrage qui allie clarté, concision et objectivité”, qui dresse un état des campagnes bourbonnaises  en rejetant la vision par trop simplificatrice qui avait alors cours et qui “permettra aussi de comprendre les différences  et les divisons qui taraudent le monde agricole bourbonnais, près d’une siècle plus tard”.

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Les Cahiers bourbonnais: Notes de lecture (n° 170) – J-P Perrin

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Études bourbonnaises (n°287) – Jacques Lelong

L’HISTORIEN DU MONTLUÇON

DES “ANNÉES SOMBRES”

ET DE “LA MÉMOIRE RETROUVÉE” (2001)

En 2001, André Touret s’était attelé à un sujet difficile parce que touchant à une période ultra-sensible, celle des années de guerre et d’occupation, entre 1940 et 1944, qui plus est lorsque cette histoire est disséquée sous l’angle local. D’autant qu’on ne disposait guère sur ces années sombres,  outre quelques travaux d’étudiants malheureusement relégués dans les archives universitaires, que d’un seul et unique titre : Montluçon sous la botte allemande. Ce livre d’Armand Gourbeix et Louis Micheau, qui était un témoignage à chaud, publié en 1945, ne pouvait prétendre ni à l’exhaustivité, ni au recul nécessaire.

Livre 2• Dans son avertissement, André Touret écrivait : “ L’historien n’est pas un moraliste, ni un polémiste. Il s’efforce de cerner au plus près l’authenticité des faits, essayant d’expliquer les motivations de chacun. Il ne saurait être de parti pris, mais il demeure subjectif dans le choix de la documentation (…). Quel que soit le camp auquel ils appartiennent,  il n’y a aucune condamnation morale des individus. Seuls les événements  auxquels ils ont pu participer, les écrits dont ils ont pris la responsabilité ou les paroles prononcées, au cours de réunions publiques sont exposés et le cas échéant commentés”. Et de s’en remettre au seul jugement des lecteurs, sur “une période de violences, de passions, de propagande sans nuance, de haines parfois”, en leur apportant  des éléments nécessaires pour “comprendre l’évolution des événements et des mentalités”. Là où d’aucuns se prétendant historiens traiteront quelques années plus tard de cette période sombre en recherchant trop souvent le sensationnalisme, André Touret préférait travailler au scalpel, observant strictement les faits et les analysant. De quoi en faire et sans doute pour longtemps un livre de référence. Dans Études bourbonnaises (n° 291), après avoir analysé l’ouvrage Jacques Lelong concluait d’ailleurs ainsi: “ Un ouvrage parfaitement équilibré, très bien informé, que toute synthèse éventuelle devra prendre en compte”. Ajoutons que Montluçon 1940-1944 avait valu à André Touret  le Prix spécial Bourbonnais du Conseil général de l’Allier.

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Les Cahiers bourbonnais: Notes de lecture (n° 178) – J-P Perrin

MONTLUÇON (1944-1947)

APRÈS LA TOURMENTE”   (2003)

Livre 3• Deux ans après ce travail remarquable, André Touret avait dû se plier à la demande de ses lecteurs désireux d’explorer la suite de cette histoire. Il s’y était donc attaqué avec  Montluçon, après la tourmente (1944-1977),  un livre double couvrant à la fois la période agitée de la libération et de l’immédiat après guerre, puis l’histoire de Montluçon et de son déclin industriel au fil des Trente Glorieuses. Les sujets polémiques ne manquaient pas, à commencer par la question de l’épuration au plan local et de l’histoire du camp de Tronçais : “ Dans un esprit que je voudrais dépassionné, et sans a priori, je me suis efforcé de faire un travail d’historien, non de moraliste ou de polémiste ” avait-il écrit dans son introduction. Comme toujours, il avait appliqué la “méthode Touret”, basée sur l’analyse méticuleuse et critique des documents et des témoignages.

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Les Cahiers bourbonnais : Notes de lecture (n° 185) – J-P Perrin

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La Montagne – septembre 2003

 “DESTINS D’ALLIER (1945-2000)”,

SON DERNIER LIVRE (2005)

Livre 4• Quittant l’aire strictement montluçonnaise, André Touret avait choisi pour son ultime livre d’aborder les Destins d’Allier (1945-2000) : population et économie, les grands événements et l’évolution de l’opinion, le tout suivi d’une galerie d’une centaine de portraits de Bourbonnais marquants durant  cette période, autant dans les domaines  économique et social, que politique, artistique et littéraires. Dans sa préface, le journaliste Jean-Yves Vif, qui avait bénéficié de ses cours au lycée Banville, saluait l’exploit en écrivant : “Peu de chercheurs se hasardent à étudier l’histoire locale  contemporaine, tant le décryptage de l’actualité  et la mise en scène d’acteurs encore en action  apparaissent lourds de conséquences. André Touret a relevé ce défi. Avec la rigueur qu’on lui connaît, il a livré un ouvrage incontournable  pour la compréhension de l’Allier d’aujourd’hui et de demain. Seul un historien passionné, doublé d’un observateur inlassable pouvait en effet analyser la mutation des cinquante dernières années”. Et de souligner la méthode : “La mise en exergue des contrastes d’un département, encore souvent à la recherche de son passé et toujours tiraillé par des clivages sans cesse réactivés (…). Destins d’Allier, Par la globalisation de son approche contemporaine, offre des éléments de compréhension pour le futur immédiat”. Comme pour ses précédents titres, les Cahiers bourbonnais (n°194) avaient livré une analyse de Destins d’Allier, couronné par le prix Allen .

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Les Cahiers bourbonnais – Notes de lecture (n° 194) – J-P Perrin

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La Montagne – décembre 2005

UN HISTORIEN TOUJOURS DISPONIBLE,

OUVERT AUX CHERCHEURS ET AUX ÉTUDIANTS

Officier dans l’ordre des Palmes académiques, André Touret avait été aussi pendant quelques années correspondant du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale.  Après la parution de Destins d’Allier et la disparition, en mai 2007,  de son épouse qui l’avait constamment secondé dans ses recherches, il avait quelque peu ralenti ses activités, sans pour autant se renoncer à sa vocation d’historien. C’est ainsi qu’il avait présenté  plusieurs  conférences devant les Amis de Montluçon qui ont donné lieu à publication dans la 3ème série du Bulletin annuel : Vignerons de Domérat et métayers d’Ygrande, au temps des “Visites aux paysans du Centre”, de Daniel Halévy (n° 44 – 1993),  L’action municipale de Marx Dormoy, à Montluçon, entre 1928 et 1940 (n° 47 – 1996) et Jean Billaud et Pierre Kaan, deux destins interrompus (n° 53 – 2002). En 2009, son ultime conférence devant les Amis de Montluçon avait porté sur l’histoire de Montluçon, après la libération (1944-1947). À Domérat, lors de conférences organisées par la médiathèque, il avait retracé devant un public fidèle le parcours de Jules Rougeron, fondateur de la Ruche viticole de Prunet, avant d’évoquer l’histoire de Montluçon, d’abord dans la période des années sombres , entre 1940 et 1944, puis après la libération.

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André Touret (2009) © La Montagne

Toujours disponible, il répondait avec une grande humilité aux sollicitations nombreuses d’étudiants, de chercheurs ou de journalistes qui souhaitaient vérifier ou approfondir tel ou tel point de l’histoire. Parfois il s’agissait d’une préface, qu’il rédigeait en l’accompagnant le cas échéant de remarques et de conseils  toujours constructifs. Ce fut le cas pour Domérat, la mémoire du temps publié en 2000.   Chaque fois, il livrait une analyse claire et d’une profonde honnêteté, d’aucuns n’hésitant pas à parler à propos de sa méthode de travail d’une “démarche à la André Touret”, synonyme de probité intellectuelle. Un chercheur sud-coréen, Haksu Lee (Université de Pukyong Pusa) féru de l’histoire sociale, politique  et syndicale des campagnes bourbonnaises du début du XXè siècle l’avait consulté, tout comme un de ses confrères nippons, travaillant sur la même thématique. Plus récemment, la journaliste Anne Nivat, l’avait rencontré, alors qu’elle préparait son livre Dans quelle France on vit (éditions Fayard). Ce panorama de cette France, qu’on dit “périphérique”,  comportant un important chapitre dédié à Montluçon, André Touret avait pu longuement échanger avec elle sur l’histoire et l’évolution économique et sociale du bassin montluçonnais. Ces rencontres étaient pour lui un vrai plaisir, car elles lui permettaient de mettre en application son sens du partage. Avec un minimum de notes, il était toujours  capable de livrer une synthèse brillante devant son interlocuteur, parfois pendant des heures.

• Jamais il ne témoignait la moindre condescendance de celui qui sait à l’encontre  de  celui qui ne sait pas  et  qui  cherche à savoir. Bien au contraire, André Touret en homme courtois, toujours affable et accueillant, savait faire partager et diffuser son savoir, suscitant autant de  vocations que de  velléités de recherches.  Il laisse une œuvre qui marquera pour de longues années  l’historiographie montluçonnaise et bourbonnaise, empiétant même au plan national par sa biographie de Marx  Dormoy, désormais “incontournable”. Des livres qui seront pour longtemps une  bénédiction autant pour les étudiants, que pour les journalistes et les amateurs d’histoire dans leurs recherches, à défaut de pouvoir consulter leur auteur, au point qu’on dira peut être: “Regardez donc, ça doit certainement être dans l’un des Touret”.

LES HOMMAGES DES MÉDIAS

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LMT TOURET
L’hommage du Journal La Montagne (13 mars 2018)

► Savoir plus...André Touret avait 14 ans lors du Massacre de la carrière des Grises le 14 août 1944

SEMAINE ALLIER

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L’hommage de La Semaine de l’Allier (15 mars 2018)

Les radios montluçonnaises  lui ont également rendu hommage:

RMB Journal du 13 mars 2018

RJFM Journal du 13 mars 2018

► Enfin, on peut  consulter sa notice biographique sur Wikipedia.

Contact: allier-infos@sfr.fr

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